AMEN

calice01_s.jpgOMNIA PRAETEREUNT PRAETER AMARE DEUM
TOUT PASSE, SAUF AIMER DIEU

Publié dans : L'ordre des Templiers | le 24 septembre, 2006 |Pas de Commentaires »

Prière que les templiers faisaient dans leurs prisons lorsqu’on leur eut refusé, comme hérétiques, de les admettre à la célébration des saints offices.

schwertgross_pic.jpgDieu éternel et tout-puissant, sage créateur…, sauveur clément et miséricordieux, ô Seigneur, je te demande humblement, et je te supplie de m’illuminer, de délivrer et conserver tous les frères du Temple, et tout ton peuple chrétien, que trouble le scandale de nos malheurs.

0 toi, mon Dieu, toi qui sais que nous sommes innocents, procure-nous notre délivrance, afin que nous accomplissions dans notre humilité, et nos voeux et tes préceptes, afin que nous remplissions ton service pieux et ta volonté sainte : délivre-nous de ces affronts cruels et non mérités que nous causent nos grands désastres, nos terribles épreuves, et nos affreuses tribulations. Nous avons tout souffert jusqu’à présent ; mais nous n’avons plus la force de résister désormais.

Par ta sainte miséricorde, délivre-nous et conserve-nous ; tu sais que nous sommes innocents des crimes dont on nous accuse.

Publié dans : L'ordre des Templiers | le 24 septembre, 2006 |3 Commentaires »

Précis sur les Templiers

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Neuf des chevaliers français qui avaient suivi Godefroi de Bouillon à la conquête de la terre sainte, se consacrèrent à maintenir la sûreté des routes contre les attaques des infidèles, qui maltraitaient les pèlerins que leur piété conduisait à Jérusalem (1).   (1) Voto se solemniter adstrinxerunt ad vias patriae assecurandas. (Martenne thes. anecd. t.3, p. 627.)
Ces Français furent successivement renforcés par plusieurs autres guerriers. Cette milice généreuse parut bientôt avec gloire dans les champs de bataille, et forma l’ordre religieux et militaire des templiers. Le concile de Troyes l’approuva ; une règle fut donnée aux chevaliers (2). On s’empressa d’accorder des encouragements et des récompenses à leur dévouement et à leurs succès.   (2) Elle est insérée dans l’ouvrage de P. Chr. Henriquez : Privilegia ordinis Cistercensis.
«Ils vivent, disait Saint-Bernard (3), sans avoir rien en propre, pas même leur volonté ; ils sont, pour l’ordinaire, vêtus simplement et couverts de poussière ; ils ont le visage brûlé des ardeurs du soleil, le regard fixe et sévère. A l’approche du combat, ils s’arment de foi au dedans et de fer au dehors ; leurs armes sont leur unique parure, ils s’en servent avec courage dans les plus grands périls, sans craindre ni le nombre, ni la force des barbares. Toute leur confiance est dans le dieu des armées, et en combattant pour sa cause, ils cherchent une victoire certaine ou une mort sainte et honorable. 

0 l’heureux genre de vie, dans lequel on peut attendre la mort sans crainte, la désirer avec joie, et la recevoir avec assurance !»

  (3) D. Bernardi exhortatio ad milites Templi.
Les statuts de l’ordre avaient pour bases les vertus chrétiennes et militaires (4). Il nous reste la formule du serment exigé des templiers : elle fut trouvée en Aragon, dans les archives de l’abbaye d’Alcobaza.   (4) In castitate, et obedientia, sine proprio, velle perpetua vivere professi sunt. Ut vias et itinera ad salutem peregrinorum, contra latronum et incursantium insidias pro viribus conservarent. (Guill. Tyr, liv. 10, chap.7) Militaturi summo regi. (Jac. de Vitr. Hist. Hier. c. 65).
«Je jure de consacrer mes discours, mes armes, mes forces et ma vie à la défense des mystères de la foi, et à celle de l’unité de Dieu, etc. Je promets aussi d’être soumis et obéissant au grand-maître de l’ordre… Toutes les fois qu’il en sera besoin, je passerai les mers pour aller combattre ; je donnerai secours contre les rois et princes infidèles, et en présence de trois ennemis je ne fuirai point, mais quoique seul, je les combattrai, si ce sont des infidèles.» (5)   (5) Juroque me verbis, armis, viribus, et vita defensurum misteria fidei… unitatem dei…. promitto submissionem generali magistro ordinis et obedienltiam… ad bella ultra marina proficiscar, quoties opus fuerit. Contra reges et principes infideles praestabo omne subsidium… a tribus inimicis (si infidèles fuerint) licet solus, non fugiam. {Henriquez, loco citato.)
Leur étendard était appele le Baucéant (6) : on y lisait ces paroles : Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam. C’etait après avoir assisté ou participé aux saints mystères, qu’ils marchaient au combat (7), précédés de l’étendard sacré, et quelquefois en récitant des prières. 

Leur sceau portait cette inscription : Sigillum militum Christi.

L’histoire rappelle souvent la gloire et le dévouement de ces chevaliers.

Des témoignages authentiques prouvent que, fidèles à leur serment et à leur institution, ils respectaient les lois de la religion et de l’honneur. Ce n’est point dans les ouvrages écrits depuis leurs malheurs que l’homme impartial doit chercher quelles étaient les moeurs, la conduite et les opinions des templiers. Rarement des proscrits trouvent des apologistes courageux. C’est aux historiens contemporains de ces chevaliers, c’est aux témoins de leurs vertus et de leurs exploits qu’il faut s’adresser, et on doit surtout compter pour beaucoup les témoignages honorables des papes, des rois et des princes qui, peu de temps après, devinrent leurs oppresseurs.

Aucun historien contemporain n’avait jamais accusé ni même soupçonne les templiers d’être coupables des crimes qu’on leur imputa ensuite.

  (6) Vexillum bipartitum ex albo et nigro quod nominant Beauceant (Jac. de Vitri).
En 1237, sous le magistère d’Armand de Périgord, le chevalier qui portait le beaucéant dans une action où les musulmans avaient l’avantage, tint cet étendard levé jusqu’à ce que les vainqueurs, à coups redoublés, eussent percé tout son corps et coupé ses mains.
Reginaldus de Argentonio, ea die balcanifer…. cruentissimam de se reliquit hostibus victoriam. Indefessus vero vexillum sustinebat, donec tibia cum cruribus et manibus frangerentur. (Math. Paris, Hist. angl. p.503.) 

(7) Divino cibo refecti ac satiati et dominicis praeceptis eruditi et firmati, post mysterii divini consummationem nullus pavescat ad pugnam, sed paratus sit ad coronam. (Art. 1 de la règle)

L’adage, boire comme un templier, a été imaginé qu’après l’abolition de l’ordre, et il ne prouve pas davantage contre eux que l’adage plus ancien, bibere papaliter (8), boire comme un pape, ne prouve contre les pontifes romains. 

Les templiers ne furent jamais dénoncés par les troubadours, et l’on sait que les sirventes de ces poètes hardis ne faisaient point de grâce à la dépravation de leur siècle et attaquaient impitoyablement le pape, le clergé, les princes et les grands.

Dans les quinze dernières années qui ont précédé la proscription de l’ordre, on voit les papes s’interposer en sa faveur auprès des rois d’Angleterre, d’Aragon et de Chypre.

Le concile de Salzbourg, tenu en 1292, avait proposé de réunir en un seul ordre les chevaliers templiers, hospitaliers et teutoniques.

Si les templiers n’avaient joui alors d’une réputation au moins égale à celle des autres chevaliers, aurait-on proposé de réunir ceux-ci à un ordre dégénéré ? et puisque les templiers étaient à eux seuls plus puissants, plus nombreux et plus riches que les hospitaliers et les teutoniques, et devaient transmettre nécessairement aux incorporés leurs maximes et leurs moeurs, n’est-il pas évident que le concile de Salzbourg, qui proposait cette réunion, rendait un hommage solennel à l’ordre des templiers ? Il fut en effet question de réunir les trois ordres. Ce projet donna lieu à un mémoire de Jacques de Molay au pape. L’opinion générale est que cet illustre chevalier ne savait pas écrire, mais dans le mémoire qu’il fit rédiger, on remarque des principes de raison et de sagesse, dont le talent d’un homme instruit pourrait s’honorer.

  (8) M. Baluze, à qui rien n’est échappé de ce qui regarde les moeurs de ce temps-là, a trouvé qu’alors on disait bibere papaliter ; mais on ne trouve dans aucun écrivain antérieur à la suppression du temple, bibere templariter. (Mansuetus J., t.II, p.341).
Le grand-maître craint la discorde parmi les frères réunis : on les entendrait se dire les uns aux autres : «Nous valions mieux que vous : dans notre premier état, nous faisions plus de bien» (9).   (9) Nos melius valebamus, et plura faciebamus bona.
Il paraît que la règle et la conduite des templiers étaient plus sevères que celles des Hospitaliers, puisque le grand-maître ajoute : «Il serait nécessaire que les templiers se relâchassent de beaucoup, et que les hospitaliers se réformassent en plusieurs points» (10). En lisant ce mémoire sur la réunion des ordres, et celui sur les moyens de reconquérir la terre sainte, on reconnaît et on admire dans le grand-maître la franchise, la loyauté et le zèle d’un chevalier animé par la religion et par l’honneur, et qui, surtout, avait droit de traiter avec le pape et les souverains sur les intérêts de son ordre, sans craindre qu’on pût lui reprocher l’inconduite des chevaliers. 

Aussi, avant de seconder les mesures violentes de Philippe-le-Bel, le pape ne put s’empêcher de lui témoigner que les accusations portées contre eux ne pouvaient que le surprendre.

  (10) Multum oporteret quod templarii largarentur vel hospitalarii restringerentur in pluribus. (Baluzius, Vita pap.aven. t.2, p.180).
Le roi d’Angleterre rendit en faveur des templiers un témoignage encore plus honorable. Il écrivit aux rois de Portugal, de Castille, de Sicile et d’Aragon, pour les prier de ne pas ajouter foi aux calomnies qu’on répandait contre l’ordre (11).   (11) Circulaire d’Edouard du 4 decembre 1307 (Rymer, t.3, ad annum 1307).
Il écrivit aussi au pape : «Comme le grand-maître, et ses chevaliers, fidèles à la pureté de la foi catholique, sont en très grande considération et devant nous et devant tous ceux de notre royaume, tant par leur conduite que par leurs moeurs, je ne puis ajouter foi à des accusations aussi suspectes, jusqu’à ce que j’en obtienne une certitude entière» (12). 

Ce témoignage authentique et solennel d’Edouard est d’autant plus précieux, que le grand-maître et les chevaliers français étaient alors dans les fers.

Il n’est pas nécessaire d’examiner les raisons politiques qui déterminèrent ensuite Edouard à faire arrêter les templiers en Angleterre. Il suffit de convaincre le lecteur impartial qu’à l’époque de leur infortune les templiers jouissaient généralement de l’estime publique et que non seulement aucun auteur contemporain, aucun ennemi, ni public, ni secret, ne les avait chargés des crimes dont on les a ensuite accusés, mais que les papes et les rois qui les ont fait condamner, rendaient hautement justice et à leur zèle pour la religion et à la pureté de leurs moeurs.

Les écrivains modernes qui ont adopté l’opinion que l’ordre des templiers était alors dégénéré, ne se sont peut-être pas souvenus que la plupart des chevaliers venaient de s’illustrer par de glorieux efforts contre les musulmans. Le grand-maître s’etait trouvé avec ses chevaliers en 1299 à la reprise de Jerusalem ; après les revers que les armes des chrétiens éprouvèrent encore, les templiers retirés dans l’île d’Arad inquiétèrent longtemps leurs ennemis. Trop faibles cependant pour résister à des armées nombreuses, le grand-maître et ses chevaliers furent réduits à se retirer dans l’île de Chypre, où ils se préparaient à la guerre contre les infidèles, quand le pape appela le grand-maître en France. Il arriva avec un cortège de soixante chevaliers vieillis dans les combats, éprouvés par l’adversité, toujours prêts à verser leur sang et à donner leur vie pour la gloire de l’ordre et la défense de la religion.

Peut-on dire de pareils chevaliers qu’ils passaient leur vie dans les plaisirs et dans l’intempérance ?

Tout à coup les templiers sont arrêtés en France, et poursuivis dans toute la chrétienté. On publie contre eux les accusations les plus graves ; on les suppose coupables de crimes atroces contre la religion et les moeurs.

«Tous les historiens sont d’accord, dit Dupui, que l’origine de la ruine des templiers vient du prieur de Montfaucon et de Nofodei, Florentin, banni de son pays, qu’aucuns tiennent avoir été templier. Ce prieur avait été, par jugement du grand-maître de l’ordre, condamné pour hérésie et pour avoir mené une vie infâme, à finir ses jours dans une prison : l’autre, disent-ils, avait éée, par le prévôt de Paris, condamné à de rigoureuses peines».

Et c’est sur la dénonciation de ces deux misérables, flétris par la justice, et dont l’un avait été chassé de l’ordre pour crime d’hérésie et dérèglement de moeurs, qu’on intente une pareille accusation contre l’ordre entier !

Quelle étrange contradiction !

Si le grand-maître punissait solennellement de tels crimes, pouvait-on supposer que la constitution de l’ordre en fît une loi expresse pour les chevaliers ?

Et si une affreuse corruption eût existé dans l’ordre, aurait-on eu besoin d’attendre que tous les chevaliers fussent jetés dans des cachots, pour répandre contre eux cette étrange et horrible calomnie ?

Avant de discuter en détail la nature de l’accusation, les procédures extraordinaires et irrégulières qui eurent lieu, les prétendues preuves que quelques historiens supposent en résulter, les motifs et les formes des jugements de condamnation, il est nécessaire de présenter le tableau des oppressions que les chevaliers proscrits eurent à subir.

Le grand-maître était dans l’île de Chypre ; on l’appelle en France, sous prétexte de réunir son ordre à celui des hospitaliers. Le 13 octobre 1307, ce grand-maître et cent trente-neuf chevaliers sont arrêtés dans le palais du Temple à Paris. On s’empare de leurs biens et de leurs richesses.

  (12) Et quia praedicti magister et fratres in fidei catholicae puritate constantes a nobis et ab omnibus de regno nostro tam vita, quam moribus habentur multipliciter commendati, non possumus, hujus modi suspectis relatibus dare fidem, donec super iis nobis plenior innocuerit certitudo. (Rymer ibid).
Le roi occupe leur palais (13). 

Le même jour, les autres chevaliers sont arrêtés dans toute la France.

  (13) Dupui
Le roi publie un acte d’accusation qui les qualifie de loups ravissants, de société perfide, idolâtre, dont les oeuvres, dont les paroles seules sont capables de souiller la terre, et d’infecter l’air, etc. (14).   (14) Quorum non solum actus et opera detestanda, verum etiam repentina verba terram sua foeditate commaculant, roris beneficio subtrahunt, et aeris inficiunt puritatem. (Circulaire de Philippe-le-Bel, du 14 septembre 1307).
Les habitants de Paris sont convoqués (15) dans le jardin du roi. Toutes les communautés et paroisses de cette capitale s’y rassemblent ; des commissaires, des moines prêchent le peuple contre ces proscrits.   (15) Die dominica sequenti idiis octobris, publicus sermo factus est in viridario regis ubi primo a fratribus, postea a regis ministris causa captionis eorum intimata est, et praedicti casus tacti, ne populus scandalisaretur de eorum subita captione. erant quippe potentissimi divitiis et honore. In quo sermone fuerunt populus et clerus omnium parrochialium ecclesiarum parisiensium. (Joan. canonic. Sci. Victoris).
Il étaient dans les fers. L’inquisiteur Guillaume de Paris, les interroge ; on les isole de tout conseil ; on laisse manquer du nécessaire (16) ces guerriers qui, par leurs privilèges et leur fortune, marchaient naguère à côte des princes.   (16) Nous vous prévenons, disaient-ils à l’autorité, que les douze deniers qu’on nous donne ne peuvent point nous suffire. Sur ces douze deniers on nous fait payer chaque jour pour coucher, 5 deniers. Pour la cuisine, etc. Pour faire ôter les fers chaque fois qu’on nous fait paraître devant les commissaires et pour les remettre, 2 sols, etc. etc.
On leur refuse les secours spirituels, sous prétexte qu’étant hérétiques, ils sont indignes d’y participer (17).   (17) Catalogue des manuscrits de Baluze, p. 525 : Le Grand-Maître demandait quod posset audire missam et alia officia divina.( Dupui, p.130).
S’ils veulent remplir des formalités de justice, aucun notaire n’ose leur prêter son ministère (18). 

Vingt-six princes ou grands de la cour de Philippe-le-Bel se déclarent leurs accusateurs.

De tout côté, les archevêques, évêques, abbés, princes, chapitres, communautés de villes, bourgs et châteaux envoient leur adhésion.

Le roi et le pape obtiennent de divers princes que les templiers subissent, dans la plupart des autres états de l’Europe, le même sort qu’en France.

  (18) Quod mittatis cum ipsis unum vel duos de notariis, qui de dicta appellatione faciant eis publicum instrumentum, cum non inveniant notarios qui velent ire cum ipsis, ad hoc faciendum. (Dupui, p.167).
Avant que les templiers soient jugés par les tribunaux, avant qu’ils le soient par le concile de Vienne, le pape lance une bulle d’excommunication contre toutes les personnes qui accorderaient aide, secours, retraite, ou conseil à ces infortunés (19). 

On promet la vie, la liberté, la fortune aux chevaliers qui avoueront les crimes dont l’ordre est accusé.

  (19) Nos enim omnes et singulos cujuscumque praeminentiae sint, dignitatis, ordinis, conditionis, aut status, etiamsi pontificali praefulgeant dignitate, qui supra dictis templariis vel eorum alicui scienter publice vel oculte prestabunt auxilium vel favorem, vel alias, ipsos vel aliquos ipsorum receptare vel retinere, aut eis ut praemittitur favere praesumpserint, auctoritate praesentium excommunicationis sententia innodamus… Absolutionem praedictorum praeterquam in mortis articulo, ac relaxationem ipsius interdicti nobis nostrisque successoribus reserrantes… Si qui autem hoc attemptare praesumpserit, indignationem omnipotentis Dei et beatorum Petri et Pauli apostolorum ejus se noverit incursurum. Datum Tolosae, 3 kal. Januarii, pontificatus nostri anno quarto.
Pour les y engager, on leur présente de prétendues lettres du grand-maître, par lesquelles ils sont invités à faire cet aveu (20). 

Lorsqu’ils résistent à tous les genres de séduction, on les livre aux tortures ; on leur arrache des aveux, et si, dans le repos de la douleur, ils se rétractent, on les juge hérétiques, relaps, et on les envoie à la mort, non pas pour avoir commis les crimes dont on les accuse, mais pour avoir révoqué leurs aveux.

  (20) Copiam litterarum magi magistri quibus omnibus fratribus suis intimabat quod haec et haec fuerat confessus et quod idem confiterentur omnes.(Joan. canonic. Sti. Victoris) (Contin. de Guill. de Naugis)
La haine et l’animosité sont telles qu’on déterre et qu’on brûle les ossements des templiers morts avant l’accusation (21). 

La plupart des cent vingt-sept chefs d’accusation que le pape envoya aux commissaires apostoliques, aux inquisiteurs et aux evêques pour diriger les informations, paraîtront absurdes, invraisemblables, et même contradictoires.

Cette accusation suppose que lors de la réception des templiers, on leur faisait une loi expresse d’être impies dans leur croyance et dépravés dans leurs moeurs ; qu’ils reniaient Jésus-Christ ; qu’ils crachaient sur la croix, et souffraient des libertés scandaleuses.

Il serait à la fois superflu et affligeant d’entrer dans des détails à ce sujet.

Au lieu de flétrir la mémoire des persécuteurs des templiers, que ne puis-je rejeter sur l’esprit d’un siècle ignorant la honte et le succès d’une dénonciation absurde, et qui peut-être n’a réussi alors que par son absurdité même !

Dans la foule des traits frappants qui feraient juger de l’esprit du siècle, je citerai l’accusation portée contre la mémoire de Boniface VIII. Philippe-le-Bel ou ses courtisans avaient offert de prouver que ce pape s’était souillé des crimes les plus horribles et les plus détestables, qu’il était heretique, qu’il avait livré son âme au démon, etc. Les témoins avaient été entendus juridiquement, et avaient attesté les faits dénoncés. Il fallut que Clément employât beaucoup d’adresse, de fermeté et de ressources, pour éluder le scandale du jugement qui eût flétri la mémoire d’un pontife.

  (21) Ossa cujusdam dudum defuncti scilicet M. Joannis de Thuro exhumata atque combusta. (Joan. canonic. Sti. Victoris)
Guichard, évêque de Troyes, ne fut-il pas accusé d’avoir causé, par sortilège, la mort de la reine Jeanne de Navarre ? A l’extravagance de l’accusation succéda l’extravagance de la preuve ; des témoins déposèrent qu’il était coupable (22). 

A l’époque de la mort de Philippe-le-Bel, l’animosité et la vengeance obtinrent un grand succès contre Enguerrand de Marigni. On le poursuivit d’abord pour avoir dilapidé les finances. Le comte de Valois, qui voulait perdre Marigni, obtint qu’on arrêtât sa femme et sa soeur. Des témoins déposèrent qu’à la sollicitation de ce ministre elles avaient employé un magicien, nommé Jacques de Lor, pour attenter à la vie du roi en faisant de certaines opérations magiques par le moyen de figures de cire.

On mit en prison le prétendu magicien, qui se pendit de désespoir. Des témoins furent entendus ; le crime parut prouvé ; la femme du magicien fut brûlée comme complice, et Marigni fut condamné à être pendu, nonobstant sa qualité de gentilhomme et de chevalier.

Tel était le siècle où les templiers furent condamnés ; tels étaient les moyens violents que les accusateurs étaient dans l’usage d’employer !

On pourrait donc attribuer aux malheurs des temps et à l’erreur du siècle, autant qu’aux passions de quelques hommes puissants, les vexations cruelles, les accusations absurdes dont les templiers furent les victimes.

  (22) Fleuri, Histoire ecclésiastique, livre 92.
Les personnes qui auraient hésité de croire que l’inquisiteur Guillaume de Paris ait procédé contre les templiers d’une manière cruelle, pourraient-elles récuser les attestations des historiens, les plaintes des accusés, les assertions des juges, et surtout l’instruction que l’inquisiteur avait rédigée pour ses commissaires (23) ? 

Elle porte de choisir des gens sûrs, de les instruire en secret, d’exiger d’eux un serment, en leur annonçant que le roi est informé des crimes de l’ordre par le pape et l’Eglise, de saisir les biens et les personnes des templiers, de les emprisonner chacun à part, de les interroger, et d’employer la torture, s’il est besoin.

On devait offrir le pardon s’ils confessaient ce que l’inquisiteur appelait la vérité, et en cas de refus leur déclarer qu’ils seraient condamnés à mort.

L’inquisiteur indique ensuite les faits dont les commissaires ou la torture doivent obtenir l’aveu. Il recommande de ne rédiger les interrogats et de ne les envoyer au roi, qu’autant que les accusés se seront reconnus coupables.

Quelle procédure que celle qui commence par la torture ! Quels juges que ceux qui commencent par déclarer à l’accusé que s’il n’avoue pas les crimes qui lui sont imputés, il est d’avance condamné à mort ! Quelle partialité que de rédiger seulement les réponses à la charge des accusés !

Et qu’on ne dise pas que ces instructions n’ont pas été exactement suivies.

  (23) Chest la forme, comment li commissaires iront avant en besoigne.
esliront prudhommes puissans du pais sans soupçon, chevaliers, eschevins, consuls,et seront enformes de la besoigne secreement et par serment ; et comment li rois est de ce enformes par le pape et par l’Eglise.
et tantost il seront envoie par cascun leu, peur prendre les personnes et saisir leur biens, et ordener de la garde et iront si enforciement, que li frère et leur mesnie (serviteurs) ne puissent contester.
et auront sergens avenc eus, pour eus faire obeir.
Après ce, il metront les persones sons bone et seure garde, singulièrement à cascun par soi. et enquerront de eus premierement la vérité ; et puis apelerontles commissaires de l’inquisiteur, et examineront diligemment la vérité, et par jehine (torture ou question) se mestier {besoin) est. et se il confessent la vérité, il feront ecrire leur deposition, tesmoins apeles.
C’est la manière de l’enquerre. L’en les amonestera premièrement des articles de la foi, et dira comment li papes et li rois sont enforme par pluiseurs témoins bien creables de l’ordre, de l’erreur et de la bougrerie, que il font especiaument en leur entree et en leur profession.
et leur prometeront pardon, se il confessent la vérité, en retournant à la foi de la sainte Eglise ; ou autrement il convient que il soient à mort condempne…
et doivent li commissaires envoier au roi sus les seaux des commissaires de l’inquisiteur, le plus tost qui il porront, la copie de la deposition de ceux qui confesseront lesdites erreurs, especiaument le reniement de notre Seigneur Jehsu-Crît.
(extrait des instructions donnees par l’inquisiteur Guillaume de Paris, imprimees dans l’ouvrage de J.Dupui, edition de Bruxelles in-12, 1713, t.2, p.318, et in-4, 1751, p.201).
Dupui raconte l’interrogatoire de treize templiers de Caen. 

«Le dernier desdits témoins ne voulant rien confesser, il fut mis à la question, etc.» Divers historiens contemporains parlent des tortures que subirent les templiers (24).

  (24) Plurimi autem ipsorum confiteri minime voluerunt quamvis non nulli ipsorum subjecti fuerint quaestionibus et tormentis. (Vita Clementis V. Auct. Bernardo Guidonis)
Alii autem diversis tormentis quaestionati, seu comminatione vel eorum aspectu perterriti, alii blandis tracti promissionibus et illecti, alii arcta carceris inedia cruciati vel coacti, multipliciterque compulsi sunt. (Contin. de Guill. de Nangis)
Ils n’en furent pas même exempts en Aragon, où on n’osa les condamner. (25)   (25) Le concile de Tarragone, tenu en 1312, parle ainsi des Templiers qu’il jugea : Neque enim tam culpabiles inventi, ac fama ferebat, quamvis tormentis adacti fuissent ad confessionem criminum.
en Angleterre, le concile de Londres décida que si, après les avoir interrogés de nouveau, ils persistaient dans leurs dénégations, ils seraient mis à la question, et qu’elle serait donnée de manière qu’il n’y eût pas mutilation incurable de quelque membre, ni violente effusion de sang (26). 

Les cris de l’indignation, les plaintes de la douleur ont traversé le silence des siècles et sont encore entendus par la postérité. Ceux des templiers qui eurent la vertu courageuse de défendre l’ordre devant les commissaires du pape leur reprochèrent sans cesse que c’était surtout par la crainte ou par l’effet de la torture que l’inquisiteur s’était procuré les aveux dont on se prévalait contre l’ordre.

Toutes ces autorités irrécusables ne permettent plus de douter que le moyen cruel et irrégulier de la torture préliminaire n’ait été employé contre ces proscrits.

Il serait inutile et fastidieux d’examiner les divers interrogatoires qui eurent lieu en France ; mais je dois faire quelques observations sur celui des cent quarante detenus au Temple.

Cet interrogatoire, dont Dupui avait donné la notice, est écrit sur un immense rouleau de parchemin, dans la forme d’un procès libératoire. Il est évident qu’il a été rédigé hors de la présence des accusés, sur les notes successivement prises dans les diverses séances. On reconnaît, dans ce manuscrit, tous les caractères d’authenticité matérielle qu’on exige pour les titres de ce temps là ; mais, quant à l’authenticité morale, il est peut-être permis d’élever de grands doutes. Il est très probable que plusieurs chevaliers, séduits par les promesses, épouvantés par les menaces, ou vaincus par les tortures, firent des aveux ; mais ces aveux, obtenus par la séduction ou arrachés par la douleur, aggravent le crime et l’opprobre des accusateurs.

L’interrogatoire suppose que cent trente-sept chevaliers firent des aveux, peut-être il paraîtra évident que, dans le nombre des cent quarante interrogés, il s’en trouva plus de trois qui résistèrent à la séduction, aux menaces et à la torture.

  (26) Et si… nihil aliud quam prius vellent confiteri, illae fierent absque mutilatione et debilitatione perpetua alicujus membri et sine violenta sanguinis effusione (Rymer, t.3, p.227).
Lorsqu’il fut permis à ceux des templiers qui voulaient défendre l’ordre, de paraître devant les commissaires du pape, soixante-quinze se présentèrent ; dans ce nombre, j’en compte au moins treize (27) des cent trente-sept, qui sont supposés être lors de cet interrogatoire, convenus des crimes imputés à l’ordre.   (27) Ces treize chevaliers sont les 7e, 11e, 30e, 38e, 45e, 59e, 67e, 75e, 100e, 101e, 121e, 127e, 130e.
Pierre de Boulogne, prêtre et procureur-général de l’ordre, âgé de quarante-quatre ans, portait la parole (28).   (28) Voyez les pièces justificatives.
D’après la rédaction de l’interrogatoire, il paraît avoir fait des aveux (29). 

Cependant, il défendit l’ordre avec la plus grande véhémence : il dénonça devant les commissaires la séduction et les tortures qu’on avait employées pour obtenir de quelques chevaliers des aveux mensongers.

Si ces treize défenseurs de l’ordre, et notamment Pierre de Boulogne, qui mettaient tant de zèle et de courage dans leurs assertions, eussent veritablement avoué devant l’inquisiteur les crimes horribles imputés à l’ordre, les commissaires, que l’énergie de cette défense devait à la fois humilier et indigner, eussent-ils manqué de leur objecter qu’ils étaient eux-mêmes convenus de la vérité des crimes dont ils voulaient justifier tous les chevaliers ?

Les expressions mêmes de cette défense prouvent évidemment que ces treize templiers n’avaient encore fait aucun aveu, puisqu’ils disent expressément que si les chevaliers qui en ont fait ne les rétractent pas, c’est parce qu’ils sont tellement accablés de terreur, qu’ils n’osent se rétracter, à cause des menaces qu’on leur fait chaque jour ; et ils demandent que ces infortunés puissent sans péril rendre hommage à la vérité.

Clément V avait regardé comme un outrage fait à son autorité les actes arbitraires qu’on s’était permis contre eux ! Il prétendait que c’était à lui seul de les juger et de les punir.

Il exigea donc que les templiers fussent poursuivis en son nom. Il délégua des commissaires apostoliques, pour prendre une information contre l’ordre.

On avait eu soin de conduire, et de lui présenter, à Poitiers, soixante-douze chevaliers pour confesser les crimes dont on exigeait l’aveu.

  (29) Voyez son interrogatoire, parmi les pièces justificatives.
Quoique un Historien contemporain rapporte (30) que les templiers interrogés par le pape ne cédèrent qu’à la torture, quoique cette forme cruelle de procéder n’eût peut-être rien d’extraordinaire dans le temps, je préfère d’admettre qu’on présenta seulement au pape des chevaliers qui, ayant déja cédé à la douleur ou à la séduction, esperaient qu’à la faveur de leur aveu, ils obtiendraient la vie et la liberté.   (30) Ad quae praedicta aliqui ex eo ordine coeperunt trepidare et ex tormentis coram summo pontifico et rege praedicto confessi sunt. (Chronicon Astense, script. rer. ital., t.12, p.192)
Le sort de ces infortunés était si affreux que l’histoire atteste que plusieurs étaient morts de faim, et que le désespoir en avait porté d’autres à se détruire (31). 

Il eût été très important que Jacques de Molay parût devant le pape, qui se réservait le droit de prononcer sur le sort de ce chef de l’ordre, et de quelques autres. Sans anticiper sur les détails relatifs au grand-maître, je dois remarquer qu’on éluda cette entrevue qui aurait pu jeter un si grand jour sur l’affaire : on nomma des commissaires pour interroger à Chinon le grand-maître et d’autres chefs de l’ordre.

Il est évident qu’on ne voulut presenter au pape que quelques chevaliers, dont on fût très sûr, c’est-à-dire les mêmes qui, apostats de l’ordre, servirent de témoins contre lui, dans cette fameuse information que j’aurai bientôt occasion d’apprécier.

On ne connaît ni les noms, ni les aveux de ces soixante-douze templiers que le pape dit avoir interrogés. Aucun procès-verbal ne fut rédigé ; il n’existe à cet égard que l’assertion du pape. Les agents de Philippe-1e-Bel voulaient seulement fournir au pontife des motifs ou des prétextes contre l’ordre ; ils y réussirent.

Des commissaires apostoliques se rendirent à Paris, et prirent cette fameuse information composée de deux cent trente-un témoins.

Cette information fut produite et lue devant les pères du concile de Vienne. Elle ne leur parut pas offrir des preuves capables de les déterminer à prononcer l’abolition de l’ordre ; et en effet il suffit de quelques observations pour démontrer qu’elle ne mérite pas que l’impartialité du juge ou de l’historien lui accorde la moindre croyance.

La plupart des deux cent trente-un témoins attestent, il est vrai, les prétendus crimes imputés à l’ordre.

L’invraisemblance, l’absurdité, la contradiction de ces prétendus crimes suffiraient pour faire rejeter cette information ; que sera-ce quand on saura de quels témoignages elle était composée ?

Les commissaires apostoliques entendirent en témoins les templiers apostats qui avaient changé leurs rôles d’accusés en celui de dénonciateurs de l’ordre.

Ainsi plusieurs des cent quarante interrogés au Temple, qui par séduction ou par crainte avaient fait des aveux, et qui n’avaient pas la volonté ou le courage de les rétracter furent entendus en témoins.

Ainsi l’on appela de divers lieux les templiers qui, pour sauver leur vie et obtenir leur liberté, avaient cédé aux promesses, aux menaces ou aux tortures.

En rassemblant leurs témoignages suspects et intéressés, on composa cette information.

C’est pour la première fois, peut-être, qu’on a vu des accusés qui obtenaient leur grâce à la faveur de leurs aveux, reparaître ensuite comme dénonciateurs et témoins contre leurs co-accusés.

  (31) Quidam in ipso templo, ut fama proferebat, plures mortuos fuisse, prae inedia, vel cordis tristitia vel ex desperato suspendio periisse. (Joan. canonic. Sti. Victoris)
La très grande partie de ces deux cent trente-un témoins est donc composée de templiers apostats qui, ayant quitté (32) le manteau de l’ordre, avaient été absous par des conciles, et reconciliés avec l’Eglise pour prix de leurs lâches aveux. 

Quelques dépositions sont en faveur de l’ordre, c’est-à-dire qu’elles attestent que lors des réceptions il ne se passait rien que de conforme aux lois de la religion et de l’honneur.

Enfin quelques autres dépositions de témoins étrangers à l’ordre, ne pouvant pas donner des renseignements directs et certains sur le secret du mode de réception, ne méritent aucun egard.

Les pères du concile de Vienne ne firent qu’un acte de justice, en refusant leur assentiment aux prétendues preuves résultantes de cette information.

  (32) Non deferens mantellum ordinis quia voluntarie ipsum dimiserat.
Au surplus, ils n’ignoraient pas que tous ces apostats rassemblés pour déposer contre l’ordre, n’étaient que le très petit nombre des chevaliers (33) et que les autres supportaient leur sort plutôt que de trahir leurs serments et démentir leur vertu (34). 

Ils n’ignoraient pas que cette grande majorité n’avait pas été interrogée, et avait seulement été admise à donner ses défenses par la bouche des soixante-quinze qui comparurent pour l’ordre, et qui parlèrent au nom de cette immense majorité, par-devant les commissaires apostoliques.

Les dépositions contenues dans cette information prise par les délégues du pape, ne sauraient donc être considérées comme formant preuve contre les templiers.

La raison, la loi, l’équité s’accordent à rejeter des dépositions aussi suspectes et aussi intéressées.

On conçoit comment les mêmes individus ont fait des aveux lors de l’interrogatoire du temple, ont été choisis pour paraître devant le pape, et ont ensuite déposé contre l’ordre, par-devant les commissaires apostoliques.

Au reste, sur quoi portaient toutes ces dépositions ?

Elles portaient seulement, ainsi que l’attestent les commissaires eux-mêmes, sur le mode de réception, lorsqu’un chevalier entrait dans l’ordre.

C’etait le même aveu qu’on exigeait partout, et il ne fut pas difficile de l’obtenir.

Les commissaires se décidèrent à clore l’information :

  (33) On lit dans une bulle de Clément V à Philippe-le-Bel, datée d’Avignon 2 nonas maii, Pontificatus quarto anno, que le roi avait témoigné au pape que le retard qu’éprouvait l’affaire des templiers pouvait occasionner de tristes et dangereux effets, puisqu’il avait déjà causé de très grands maux. «Plusieurs des templiers, disait le roi, qui avaient d’eux-mêmes avoué qu’ils étaient coupables, voyant l’affaire traîner en longueur, tombent dans le désespoir, se méfient du pardon ; d’autres au contraire rétractent leurs aveux ; ces retards excitent les murmures du peuple contre votre grandeur et contre moi-même. Il dit que nous ne soucions ni vous ni moi de cette affaire, mais que nous en voulons seulement aux biens que les templiers possédaient.»
Multi enim templariorum ipsorum qui reatum eorum fuerant sponte confessi, intuentes sic ipsum differi negotium, ad desperationem deducti, de misericordia ecclesiae diffidebant ; alii vero revocabant confessiones easdem et in errores pristinos recidebant, quodque propter moras et dilationes praefatas contra nos et tuam magnitudinem populus clamabat et etiam murmurabat dicens quod nec nobis neque tibi de negotio hujusmodi erat curae ; sed de praeda bonorum quae templarii possidebant.
(Bulle inedite de Clément V à Philippe-le-Bel, datée : Avenioni, 2 nonas maii, pontificatus IV anno. elle se trouve cotée n° 19, dans le carton des templiers, n° 3, au tresor des chartres.)
Il fallut donc rassurer les lâches qui avaient fait volontairement des aveux : on leur donna la liberté ; ils renoncèrent à l’ordre et servirent de témoins contre lui. 

(34) Majori et saniori parti viventium pro ipsa veritate sustinenda , sola urgente conscientia. (Défense des 75).

Considérant, disent-ils, que par l’attestation de deux cent trente-un témoins, dont quelques-uns déposent des réceptions faites outre-mer, et des autres témoins entendus dans les diverses parties du monde, contre l’ordre et en sa faveur ; en outre par les aveux des soixante-douze qui avaient comparu devant le pape et les cardinaux ; on est suffisamment instruit, etc. (35). 

Voilà donc à quoi se réduit cette information, que les ennemis des templiers ont présentée comme une preuve irréfragable de leurs crimes et de leurs désordres.

Nul doute que, s’agissant des cérémonies de leur réception, auxquelles les étrangers n’étaient point admis, les dépositions des témoins qui n’avaient pas été templiers, ne pouvaient avoir aucune influence, puisqu’ils parlaient tout au plus d’après des ouï-dire.

Nul doute que les apostats de l’ordre ne pouvaient pas porter valablement témoignage contre lui. Ils étaient évidemment suspects ; la turpitude de leur conduite, l’intérêt personnel et urgent qu’ils avaient à faire déclarer l’ordre coupable, eussent fait rejeter leur témoignage par-devant tous les tribunaux de justice, et à plus forte raison par-devant ceux de l’histoire et de la postérité.

Opposera-t-on que, s’agissant d’un crime clandestin, on ne pouvait en fournir la preuve par des témoins étrangers à l’ordre ; et qu’alors ces témoins apostats devenaient des témoins nécessaires ?

Si, par des actes extérieurs et publics d’impiété, si, par le scandale de leurs moeurs, les chevaliers avaient permis de soupçonner l’existence de ce statut horrible et invraisemblable ; si l’on avait découvert, d’ailleurs, quelque preuve ou indice de ces statuts, alors, peut-être, la justice aurait pu admetttre les dépositions des templiers apostats, et croire qu’il existait dans l’ordre un statut criminel et secret ; ce statut eût paru vraisemblable et presque prouvé par les effets de la conduite impie et dissolue des chevaliers, qui en eût semblé la consequence.

Mais quand on n’articule aucun fait extérieur et public qui permette de justes soupçons ; quand la conduite des chefs de l’ordre et même des chevaliers se trouve justifiée par les attestations les plus honorables, par celles même des papes et des rois qui les ont ensuite persecutés, comment oserait-on appeler témoins nécessaires les apostats de l’ordre, et soutenir d’après leurs dépositions, qu’un pareil statut ait existé, sans motifs, sans intérêt, sans utilité pour l’ordre, ni pour les chefs, ni pour les chevaliers, qu’il eût gratuitement avilis à leurs propres yeux, et à ceux de l’ordre entier !

  (35) Considerantes quod per attestationes ducentorum triginta et unius testium per quorum aliquos deponebatur de réceptionibus factis ultra mare in praesenti inquisitione, et aliorum in diversis mundi partibus examinatorum contra ordinem et pro ipso, una cum septuaginta duobus examinatis per dictum dominum papam et aliquos dominos cardinales in regno Franciae, poterant reperiri ea quae reperirentur per plures, etc (Dupui, p.172.)
et quel doute pourrait tenir contre l’assertion noble et courageuse de ces braves chevaliers qui, du fond de leur prison, fidèles à leurs serments, à la vertu, à la vérité, osèrent, au nombre de soixante-quinze, se porter pour défenseurs de l’ordre opprimé, et parlèrent au nom d’une immense majorité (36) ? 

De pareils témoignages, qui furent punis par un supplice cruel, ne doivent-ils pas prévaloir contre les dénonciations viles et intéressées des apostats, qui rachetèrent leur vie par leur déshonneur ? La défense des soixante-quinze ne fut pas écoutée par les juges du temps ; mais elle le sera par l’impartiale posterité ; il suffit de la transcrire, ou de l’abréger. Je me reprocherais d’ajouter le moindre ornement à son éloquente simplicité et peut-être l’essayerais-je en vain.

  (36) Entre autres, trois cent quarante chevaliers étaient detenus dans dix-neuf maisons d’arrêt.
«Les formes légales (37), disaient-ils, ont été violées envers nous. 

On nous a arrêtés sans procédure préalable.

Nous ayons été saisis comme des brebis qu’on mène à la boucherie.

Dépossédes tout à coup de nos biens, nous avons eté jetés dans des prisons affreuses.

On nous a fait subir les épreuves cruelles de divers genres de tourments.

Un très grand nombre de chevaliers sont morts dans les tortures, ou des suites de ces tortures.

Plusieurs ont été forcés de porter contre eux-mêmes un faux temoignage, qui, arraché par la douleur, n’a pu nuire ni à eux ni à l’ordre.

Pour obtenir des aveux mensongers, on leur présentait des lettres du roi qui annonçaient que l’ordre entier était condamné sans retour, et qu’il promettait la vie, la liberté, la fortune aux chevaliers assez lâches pour déposer contre l’ordre.

Tous ces faits sont si publics et si notoires, qu’il n’y a ni moyen, ni prétexte de les désavouer.

Quant aux chefs d’accusation que la bulle du pape proclame contre nous, ce ne sont que faussetés, déraisons et turpitudes. La bulle ne contient que des mensonges détestables, horribles et iniques.

Notre ordre est pur et sans tache. Il n’a jamais été coupable des crimes qu’on lui impute, et ceux qui ont dit ou qui disent le contraire sont eux-mêmes faux chrétiens et hérétiques.

Notre croyance est celle de toute l’Eglise ; nous faisons voeu de pauvreté, d’obeissance, de chasteté et de dévouement militaire pour la défense de la religion contre les infidèles.

Nous sommes prêts à soutenir et à prouver notre innocence de coeur, de bouche et de fait, et par tous les moyens possibles.

Nous demandons à comparaître en personne dans un concile général.

Que ceux des chevaliers qui ont quitté l’habit religieux et ont abjuré l’ordre, après avoir deposé contre lui, soient gardés fidèlement sous la main de l’Eglise, jusqu’à ce qu’on décide s’ils ont porté un témoignage vrai ou faux.

Quand on interrogera des accusés, qu’il n’y ait aucun laïque, ni personne qui puisse les intimider.

Les chevaliers sont frappés d’une telle terreur qu’il faut bien moins s’étonner s’ils font de faux aveux, qu’admirer le courage de ceux qui soutiennent la vérité, malgré leur péril et leurs justes craintes.

Et n’est-il pas étonnant qu’on ajoute plus de foi aux mensonges de ceux qui pour sauver leur vie corporelle, cèdent à l’épreuve des tourments ou aux séductions des promesses, qu’à ceux qui pour la défense de la vérité, sont morts avec la palme du martyre, et à cette saine et majeure partie de chevaliers qui survivent, et par le seul besoin de satisfaire à leur conscience, ont souffert et souffrent encore chaque jour.»

Telle fut la sublime défense de ces braves chevaliers !

  (37) Processus contra templarios.
J’ai déjà observé que les commissaires du pape devaient se borner à informer contre l’ordre, et ne pouvaient pas prononcer la condamnation individuelle et personnelle des chevaliers. Ce triste soin fut delégué à des conciles provinciaux, à des archevêques ou évêques, qui, chargés d’agir contre les templiers, trouvèrent que les accusés rétractaient leurs aveux, et que ceux qui n’en avaient pas fait, persistaient dans leur dénégation. Ces nouveaux juges en informèrent le pape. Il ne pouvait ignorer que l’inquisiteur et ses délégués avaient commencé les procédures par la torture préliminaire, et il se borna à répondre aux archevêques et évêques que les difficultés qu’ils proposaient se trouvaient décidées par le droit écrit, dont la plupart d’entr’eux étaient instruits, et que ne voulant pas innover, quant à présent, il exigeait qu’on procédât selon le droit (38).   (38) Dubitant etiam, qualiter sic contra pertinaces et confiteri nolentes et contra illos qui suas confessiones sponte factas revocant, procedendum ; super quibus nostras declarationis oraculum postularunt. Cum autem per jura scripta, quorum non nullos vestrum plenam scimus habere notitiam, haec dubia declarentur, et propterea nos ad praesens non intendamus nova jura facere super illis, volumus in praemissis juxta juris exigentiam procedatis. Datum Avenioni, kal. Augusti, ponfificatus nostri anno 4 (Leibnitz, mantissa jar.diploma. t.2, p.90).
Il était dans les principes de la justice et de l’équité de recommencer la procédure devant les nouveaux juges qu’on donnait aux accusés. Mais on craignait que la plupart des templiers ne voulussent plus rien avouer. Alors le pape écrivit à Philippe-le-Bel, qu’il était de principe reconnu que l’information commencée par un juge supérieur ne pouvait pas être terminée par un juge subalterne, surtout quand il s’agissait du pontife romain, auprès de qui réside la plénitude du pouvoir ; mais que cependant pour ne pas entraver l’affaire, et pour l’expédier plus facilement et plus promptement, il consentait que dans les conciles provinciaux on procédât de sa propre autorité, quand même cette manière de procéder ne serait pas conforme au droit (39). 

Le pape décida aussi qu’il ne fallait ni interroger ni informer de nouveau à l’égard de ceux des accusés contre lesquels on avait déjà fait des procédures. Rien ne paraîtra plus monstrueux que cette forme judiciaire, si ce n’est les jugements qui en furent les résultats en France. Le pape avait exigé que l’on jugeât selon le droit.

Le concile de Sens était présidé par le frère d’Enguerrand de Marigni, ministre du roi.

Les informations contre les templiers ne portaient uniquement que sur le mode de réception des chevaliers.

D’après les statuts de leur ordre, le récipiendaire reniait-il Jésus-Christ ? Crachait-il sur la croix ? Etait-il autorisé à la dépravation des moeurs ? etc etc

En supposant qu’ils reniaient Jésus-Christ, on poursuivait les templiers comme hérétiques.

Cependant s’ils faisaient des aveux et demandaient pardon de leurs prétendus crimes, ils cessaient d’être regardés comme hérétiques : on les réconciliait avec l’Eglise.

  (39) Ad dubitationem autem illam praelatorum et inquisitorum eorumdem, videlicet an contra illos vel pro eis de quibus alias per nos extitit inquisitum in provincialibus conciliis sentetiam ferri possit ; duximus respondendum ; certum est enim quod de jure non possunt. Explorati quidem juris est, nec alicui venit in dubium quod coram superiori judice incohata inferiori judicio terminari non possunt ; quomodolibet vel decidi praesertimi coram romano incepta pontifice, penes quem plenitudo residet potestatis. Tamen ne valeat intricari negotium, sed felicius et facilius expediri et praesertim propter enormitatem tanti criminis et horribilitatem facinoris, volumus quod contra ipsos vel pro ipsis in eisdem conciliis auctoritate nostra procedi valeat… Ita tamen quod causae praedictae quae nos movent ad id concedendum, etiam contra juris regulam, in sententiis seu definitionibus expresse ponantur.
(Bulle inédite de Clément V, déjà citée page 61)
Par le jugement du concile de Sens (40), les chevaliers qui avaient fait des aveux et qui persistaient, furent déclarés innocents et mis en liberté. 

Ceux qui n’avaient jamais avoué la prétendue hérésie, qui n’avaient point d’aveux à rétracter, et soutenaient constamment la validité des réceptions, furent condamnes à la prison : ils restaient non réconciliés.

Quant aux autres qui dirent à leurs juges : «Nous avions cédé à la douleur des tortures, mais nous avons révoqué, nous révoquons les faux aveux qui nous avaient été arrachés», le concile décida que, d’après leurs premiers aveux, ils s’étaient reconnus hérétiques ; que rétracter leurs aveux, c’était retomber dans leurs premières erreurs, redevenir hérétiques, et conséquemment être relaps.

  (40) Quidam autem, vestibus illius religionis abjectis et secularibus absumptis, sunt absoluti et liberi demissi.
Nam illi qui praefatos casus enormes de se et de aliis publice confessi sunt et postea negarunt, velut prolapsi combusti sunt.
Qui autem nunquam voluerunt fateri in carceribus detinentur.
Qui vero primo confessi sunt et semper confitentur, poenitentes et veniam postulantes, liberi sunt dimissi.
(Joan. canonic. Sti. Victoris).
Comme hérétiques et surtout comme relaps, ils furent condamnes à être brûlés (41). 

Et ils le furent.

Et ils moururent du moins en martyrs de la vérité, de la vertu et de la religion.

La prévention et l’ignorance ont seules pu avancer que les templiers avaient été punis justement, et punis pour leurs crimes. On voit que les chevaliers qui eurent la lâcheté de se reconnaître coupables furent absous, et qu’on ne condamna au feu que ceux qui rétractèrent leurs aveux.

Qu’on n’oublie jamais cette différence dans les jugements des conciles provinciaux.

Il serait inutile et fastidieux de nous arrêter sur les autres jugements de proscription.

Au lieu d’exciter l’indignation contre quelques tribunaux qui ne sont coupables, peut-être, que d’avoir cédé à l’esprit de leur siècle et aux instigations des ministres du pape et du roi, j’aime mieux reposer mes regards et ceux du lecteur sur les témoignages généreux que les templiers, soit en France, soit en pays étranger, eurent la gloire de rendre à la vérité, et sur la justice que plusieurs de leurs juges eurent la vertu de leur accorder.

Outre les chevaliers qui, en France, osèrent se déclarer les défenseurs del’ordre, et le grand nombre qui furent condamnés à la prison perpétuelle pour n’avoir jamais fait d’aveux, on peut citer honorablement ceux de Metz, qui soutinrent toujours l’innocence de l’ordre, et qui ne furent pas punis de leur courage.

Dans le comté de Roussillon, ils n’avouèrent aucun des chefs d’accusation.

On croit qu’en Bretagne et en Provence, ils furent condamnes à mort, mais ils ne se reconnurent pas coupables.

  (41) Que j’aime à pouvoir opposer à l’injustice de ce jugement, la sagesse de la décision du concile de Ravènes, qui pensa au contraire avec raison que ceux des accusés qui révoquaient les aveux arrachés par les tortures devaient être absous !
Communi sententia decretum est, innocentes absolvi… Intelligi innocentes debere, qui metu tormentorum confessi fuissent ; si deinde eam confessionem revocassent : aut revocare, hujusmodi tormentorum metu, ne inferrentur nova, non fuissent ausi ;dum tamen id constaret. (Harduin concil. general. t.7 p.1317).
A Nismes, il y eut deux enquêtes : les chevaliers interrogés dans la première refusèrent de faire les aveux qu’on exigeait d’eux (42). 

A Bologne et à Ravènes, en Italie, ils furent absous par les conciles.

En Aragon, après être sortis victorieux des tortures, ils furent absous par les conciles de Salamanque et de Tarragone.

En Chypre, ils se livrèrent d’eux-mêmes à la justice, quoiqu’ils fussent armés, puissants et nombreux. Il paraît qu’ils échappèrent à la proscription.

En Allemagne, ils se présentèrent en nombre et en armes au milieu du concile de Mayence : quarante-neuf témoins déposèrent en leur faveur. Les pères de ce concile s’empressèrent de reconnaître leur innocence.

  (42) Catalogue des manuscrits de Baluze, p.525.
Il ne paraît pas qu’en Angleterre ils aient été condamnés à mort ; il nous est parvenu près de cent dépositions des chevaliers anglais, et presque toutes s’accordent à soutenir la légalité des réceptions, à attester la vertu de l’ordre et des chefs, et à nier expressément que l’on crachât sur la croix et qu’on autorisât la dissolution des moeurs, lors de ces réceptions (43). 

Cette diversité de jugements prononcés par les différents conciles est une circonstance, frappante, qui seule suffirait pour prouver l’injustice de la condamnation des chevaliers du Temple.

En effet, pour quels crimes les poursuivait-on ? pour appartenir à un ordre qui, lors de la réception des chevaliers, faisait une loi de l’impiété et de la dissolution des moeurs. C’etait, selon les accusateurs, un statut fondamental auquel tous les récipiendaires étaient soumis.

Si dans plusieurs pays les chevaliers ont été absous, il est évident que l’on y jugeait que le statut n’existait pas, et s’il est ainsi prouvé juridiquement qu’il n’existait pas pour les chevaliers étrangers, il faut alors joindre à l’absurdité et à l’invraisemblance de l’accusation, l’absurdite et l’invraisemblance plus grandes encore que le statut n’existait que pour les chevaliers condamnés en France.

Le concile de Vienne avait été assemblé pour prononcer sur le sort de l’ordre. Une foule de templiers proscrits étaient errants ou réfugiés dans les montagnes voisines de Lyon.

Ce fut sans doute une résolution courageuse et louable que celle qu’ils prirent d’envoyer des députés par-devant les pères du concile de Vienne, pour y plaider la cause de la vertu et du malheur. Les bûchers fumaient encore ; les oppresseurs veillaient toujours sur les proscrits ; la haine n’était pas encore assouvie ; n’importe : ils écoutent ce noble et genereux désespoir qui sied quelquefois à la vertu dans des occasions extraordinaires et solennelles.

Au moment même où on lisait devant les pères du concile de Vienne les informations faites contre l’ordre, paraissent tout à coup neuf templiers, qui offrent de prendre la défense de cet ordre opprimé.

C’était leur droit. Un concile était convoqué contre eux : les maximes de la religion et de la justice exigeaient qu’ils y fussent entendus, puisqu’on devait prononcer sur leur sort, leur fortune, leur gloire et leur réputation, de probité, d’honneur et de catholicité.

C’était leur devoir. Les autres chevaliers le leur avaient légué, du milieu des tortures et du haut des bûchers, où leur dernier soupir avait attesté leur innocence et celle de l’ordre.

Ces neufs chevaliers sont introduits.

Ils exposent franchement et loyalement l’objet de leur mission.

Ils se disent mandataires de quinze-cents à deux mille chevaliers. Ils s’étaient présentés d’eux-mêmes sous la sauvegarde de la bonne foi publique.

Leurs malheurs et leurs proscriptions étaient des titres respectables, surtout devant les pères et le chef de l’Eglise.

Une grande discussion allait s’engager. Le concile seul n’en eût pas été juge : l’Europe, la chrétienté, le siècle, la postérité auraient eu à ratifier ou à condamner le jugement du concile.

Que fit Clément V ? Il m’en coûte de le dire. Mais je dois la vérité à la mémoire de tant d’illustres victimes, au siècle présent, aux vertus mêmes de ces pontifes et de ces prêtres qui, dans des temps plus heureux, font oublier les erreurs de ceux qui les ont précédés. Je dois révéler un secret caché jusqu’à ce jour.

  (43) Ruymer, t. 3. Nova editio conciliorum magnae Britanniae, t.2, Monasticum anglicanum, t.2.
Clément V fit arrêter ces généreux chevaliers ; il les fit jeter dans les fers, et il se hâta de prendre des mesures contre le désespoir des proscrits dont il traitait ainsi les mandataires. Il augmenta sa garde, et écrivit à Philippe-le-Bel, de prendre lui-même des précautions, en lui donnant ces détails que l’histoire aurait peut-être ignorés à jamais, si les circonstances ne m’avaient imposé la loi de les publier (44). 

Le concile de Vienne était composé de trois cents évêques, sans compter les abbés et prieurs, etc.

On conçoit aisément que ce procédé violent de Clément V, ce déni de justice scandaleux excitèrent leur indignation.

  (44) Voyez la lettre de Clément V à Philippe-le-Bel, avec la traduction, parmi les Pièces justificatives.
La lecture des informations prises contre les templiers ne leur offrit point des preuves suffisantes pour les condamner, et d’ailleurs pouvaient-ils ignorer par quels moyens coupables on était parvenu à se procurer des dépositions (45) ? 

Pouvaient-ils accorder quelque confiance à une information, lors de laquelle on avait négligé d’interroger l’immense majorité des chevaliers, qui, comme accusés, avaient le droit incontestable et sacré de donner individuellement leurs moyens de défense, ou de paraître en personne devant le concile ?

Aussi, tous les pères de ce concile, hors un Italien et trois Français, decidèrent-ils qu’on devait, avant tout, entendre les templiers accusés.

Cette délibération, commandée par les lois de la religion et de la justice, ne pouvait qu’amener des résultats qui auraient contrarié les projets du pape, de Philippe-le-Bel et des autres rois qui voulaient disposer des biens des templiers ; mais le pape essaya vainement de fléchir la résistance équitable et courageuse des pères du concile. Il fut réduit à éluder l’autorité sacrée qu’il avait invoquée lui-même ; et, contre le droit et l’autorité des pères du concile, malgré leur décision impérative, il prononça, en consistoire secret, l’abolition provisoire de l’ordre. Le devait-il ?

Le pouvait-il ?

Il serait aisé de répondre à ces questions. Mais qui élèverait encore des doutes sur l’injustice de la proscription de cet ordre, et sur la barbarie du supplice de tant de chevaliers, et de leur illustre chef, Jacques de Molay ?

J’ai dû justifier l’ordre, avant de m’occuper de ce brave et vertueux chevalier.

Il était né en Bourgogne, de la famille des Sires de Longvic et de Raon. Molay était une terre du doyenné de Neublant, au diocèse de Besançon.

Reçu chevalier, vers l’an 1265, il s’était fait connaître à la cour de France, où il fut toujours traité avec distinction. Il avait eu l’honneur de tenir sur les fonds de baptême Robert, quatrième fils de Philippe-le-Bel.

  (45) La plupart des témoins qui trahissaient leur ordre étaient frères servants, inférieurs aux chevaliers. (Guillaume de Tyr, l.12, chap.27, parlant des chevaliers equites, nomme les autres fratres inferiores qui dicuntur servientes).
Ce n’est point le moment de discuter les 231 dépositions, je me borne à transcrire le jugement qu’en a porté M. Moldenhawer qui a traduit et fait imprimer en allemand le Processus contra templarios : «Mon travail, dit-il dans sa préface, p.15, m’a souvent suggéré des observations sur la conduite des commissaires et des chevaliers qui étaient ou défenseurs ou accusateurs de l’ordre, sur la marche du procès, qui par l’interruption la plus noire, la plus infâme, et preparée avec une astuce inouïe, s’éloigna absolument de la direction qu’on avait d’abord annoncé vouloir lui donner… sur l’esprit du temps qui se fait si souvent reconnaître par les traits les plus frappants. Pour le moment je ne publie que les actes tels qu’on les a présentés au pape et au concile de Vienne. les voilà au jour après un laps de près de cinq siècles. Que l’hommeimpartial prononce entre les accusés, les accusateurs et les juges.» (Process gegen der orden des tempelherren, Hamburg, 1792).
Jacques de Molay était absent, quand il fut élu grand-maître à l’unanimite (46). 

Appelé en France par le pape, Jacques de Molay arriva avec un cortège de soixante chevaliers ; il fut bien accueilli par le pape.

Ayant appris que les ennemis de l’ordre répandaient sourdement quelques calomnies, le grand-maître retourna auprès du pape, et demanda lui-même que la conduite de l’ordre et des chevaliers fût examinée.

Cette confiance était permise à sa vertu.

Il paraît que le grand-maître jouissait d’une grande réputation de probité et de bonnes moeurs.

L’amitié et les distinctions honorables qu’il avait obtenues de Philippe-le Bel, les égards du pape, l’attestation du roi d’Angleterre ne laissent aucun doute à ce sujet.

J’invoquerais encore le témoignage même de ses persécuteurs. On ne lui a jamais imputé aucun de ces crimes honteux, aucune de ces dissolutions infâmes, qu’on supposait être autorisées par les statuts de l’ordre.

Cet hommage tacite de ses ennemis est aussi honorable qu’authentique.

Ce chef respectable d’un ordre proscrit, fut jeté inopinément dans les fers, avec les cent trente-neuf chevaliers qui l’entouraient à Paris. L’épreuve des tortures, les menaces de l’inquisiteur, la certitude que les chevaliers seraient condamnés à mort, et que l’ordre serait détruit si on ne cédait pas momentanément aux projets du roi, le désir peut être pardonnable d’épargner le sang des victimes, l’espoir de s’entendre avec le pape et d’apaiser le roi, purent le faire condescendre à un aveu momentané, qui portait avec lui-même sa rétractation, tant il était invraisemblable par son absurdité et par son ridicule. J’admets donc, puisque je le trouve écrit dans l’interrogatoire de l’inquisiteur, et dans quelques historiens, que le grand- maître avait d’abord répondu que, lors de sa réception, il promit d’observer les règles et les statuts de l’ordre, qu’ensuite on lui présenta une croix où était la figure du Christ, qu’on lui ordonna de le renier, et qu’il le renia malgré lui ; et enfin qu’invité à cracher dessus, il avait craché à terre, et une seule fois.

Dès que le grand-maître connut que l’aveu qu’on avait exigé de lui, loin d’amener un arrangement en faveur de l’ordre, pouvait servir de prétexte à de nouvelles injustices et à de cruelles diffamations, il se hâta de donner l’exemple de la rétractation.

Oui, cette rétractation du grand-maître devança celle de tout autre chevalier. Ce fut de la part du chef de l’ordre un rappel courageux aux principes de l’honneur et de la vérité.

Elle fut peut-être plus utile à la cause du malheur et de la vertu, que ne l’auraient été ses dénégations continuelles.

Elle rassura la constance des chevaliers qui n’avaient jamais fait d’aveux, et surtout elle apprit aux faibles qui, en cédant aux tourments, à la crainte, à la séduction, étaient déchus de l’honneur, qu’ils pouvaient encore retourner à leur devoir.

Ainsi l’exemple et le signal du grand maître préparèrent la vertu stoïque et chrétienne de tant de victimes, qui rétractèrent ensuite leurs aveux, et périrent glorieusement pour les avoir rétractés.

Si Jacques de Molay tomba dans une première erreur, cette erreur devint donc pour lui-même, et pour de dignes chevaliers, le sujet d’une gloire nouvelle.

Si non errasset, fecerat ille minus.

Sans cette erreur, peut-être il paraîtrait moins grand.

  (46) Por conformidade de votos sabio eleito Jacobo de Molay.
Como fora eleito ausente seria recebido com grandes acclamaçoens, e com bem fundadas especanças.
Ferreira, Memorias e noticias historicas da celebre ordem militar dos templarios ; Lisboa, 1735, t.1 du supp. p.688).
Que le grand-maître ait été le premier à se rétracter, c’est ce dont il n’est pas permis de douter, d’après le mémoire qu’on trouve au trésor des Chartres, indiqué sous le titre : Mémoires où sont résolues diverses questions touchant les templiers (47). Dans ce mémoire, on observe qu’il avait rétracté ; on ajoute qu’il avait paru revenir à ses premiers aveux, on craint qu’il ne persiste dans sa rétractation. 

Le conseil répond qu’il faut s’en tenir aux premiers aveux.

Cette décision était antérieure au voyage de Chinon.

Il est évident que depuis sa première rétractation, le grand maître a toujours persisté ; s’il eût varié, on n’aurait pas manqué d’en constater la preuve, et il est aisé de démontrer qu’il ne fit plus d’aveux devant les légats du pape, qui osèrent cependant se vanter de les avoir obtenus.

Ce point historique mérite qu’on s’y arrête un instant.

Les conseils du roi crurent nécessaire de faire comparaître par-devant le pape plusieurs chevaliers qui avouassent les crimes dont ils étaient accusés : il n’était pas difficile d’en choisir un certain nombre, vaincus et subjugués par la crainte, ou séduits par les promesses et les bienfaits.

On en trouva soixante-douze dans la multitude des proscrits ; on aurait pu vraisemblablement en trouver davantage, mais le grand point était de présenter les chefs de l’ordre au pape.

On craignait avec raison qu’ils ne se justifiassent, en dénonçant les vexations qu’eux et tous les autres chevaliers éprouvaient depuis longtemps.

Il fallait donc éviter l’entrevue dangereuse du grand-maître et des chefs avec le pape.

Mais, d’un autre coté, c’était donner au pape lui-même des soupçons et des inquiétudes, que de laisser à Paris les chefs de l’ordre, quand on lui presentait quelques chevaliers.

C’était aussi s’exposer aux murmures du peuple, et à la méfiance des rois et des princes.

Les ministres de Philippe-le-Bel trouvèrent un expédient. On transféra, avec les chevaliers,le grand-maître et les autres chefs de l’ordre ; mais on ne conduisit jusqu’à Poitiers que les soixante-douze chevaliers.

Le grand-maître et les chefs restèrent à Chinon, et sous prétexte que quelques-uns d’entre eux étaient infirmes, deux cardinaux vinrent les interroger.

Pourquoi le pape, dans une occasion si importante, dans une affaire qui intéressait si essentiellement la chrétienté, ne se transporta-t-il pas à Chinon, qui n’est qu’à une petite distance de Poitiers ? Pourquoi du moins n’appela-t-il pas à Poitiers ceux des chefs qui n’étaient pas infirmes ? car le pape lui-même avoue qu’ils ne l’étaient pas tous. Pourquoi ne mit-il aucun empressement à entendre lui-même le grand maître qui, dès les premières calomnies, s’était empressé d’accourir auprès de sa sainteté, et de lui attester l’innocence de Fordre ?

Pourquoi enfin, puisqu’on put ramener ces chefs de l’ordre, de Chinon à Paris, ne leur fit-on pas faire le court trajet de Chinon à Poitiers, ayant de les ramener dans leurs prisons ?

Le pape, d’ailleurs, devait être empressé d’entendre Hugues de Peraldo, l’un des chefs de l’ordre, parce que Philippe-le-Bel s’était plaint de ce que les commissaires du pape ayant admis ce chevalier à leur table, il avait profité de cette circonstance pour rétracter ses aveux-precedents.

Quoi qu’il en soit, les commissaires du pape écrivirent au roi que Jacques de Molay, Hugues de Peraldo et d’autres chefs avaient fait des aveux.

Le pape, de son côté, s’en prévalut pour ordonner la poursuite de tons les templiers dans toute la chrétienté.

  (47) Ce rouleau manuscrit n° 32 du carton, Mélange, Templiers, n° 1, paraît avoir été coupé dans la partie supérieure où étaient exposés les faits qui donnaient lieu aux questions sur lesquelles le conseil prononce. Il ne reste donc que les réponses. Elles apprennent que le grand-maître s’était rétracté, peu de temps après ses premiers aveux, elles supposent qu’il avait ensuite renouvelé ses aveux et elles annoncent cependant la crainte qu’il ne persiste dans sa rétractation. Dans cet écrit qui est antérieur au voyage de Chinon, le conseil du roi décide, 1°. que l’on doit s’en tenir au premier aveu, 2°. que l’on ne doit point accorder de défenseur : «à quoi bon donnerait-on un défenseur, si ce n’est (et le ciel en préserve !) pour défendre les erreurs des templiers, qui sont si évidentes par elle-mêmes ? C’est pourquoi l’Eglise tiendrait lieu de défenseur, si elle voyait qu’il y eût lieu de défendre les accusés, mais il n’y a aucun moyen en leur faveur». Atquid ergo dabitur defensor ? nisi, quod absit, ad templariorum defendendos errores, cum rei evidentia reddat rem notoriam ; propterea ecclesia ipsa locum obtinet defensoris, si vidisset quod locus posset esse defensioni, cum tamen nullus sit.
Mais lorsque le grand-maître parut par devant les commissaires qui prirent, à Paris, l’information contre l’ordre, il nia avec indignation d’avoir fait à Chinon,les aveux qu’on lui prêtait, et il demanda de paraître devant le pape (48).   (48) Processus contra templarios.
La seule dénégation du grand-maître, appuyée de toutes les circonstances que j’ai déjà relevées, sur ce qu’on avait empêché son entrevue avec le pape, suffirait peut-être pour convaincre l’homme impartial ou que les cardinaux avaient attesté une faussete, ou, ce qui est peut-être plus vraisemblable, que les agents de Philippe-le-Bel avaient presenté d’autres individus, ce qui était très facile, le grand-maître n’étant vraisemblablement pas connu des cardinaux, n’entendant pas la langue latine dans laquelle on rédigeait la procédure (49), et les formes de ce temps-là n’exigeant point la signature des accusés. 

Mais il me paraît d’ailleurs prouvé d’une manière authentique et incontestable que le grand-maître n’a pas fait cet aveu à Chinon.

Plusieurs bulles adressées parle pape aux divers rois, princes et prelats, et qui annoncent les pretendus aveux du grand-maître faits à Chinon, sont du 2 des ides, date qui correspond au 11 août.

Dans toutes ces bulles, Clément V parle de l’interrogatbîre qu’il suppose fait antérieurement par les cardinaux commissaires apostoliques, et ose se prevaloir des aveux du grand-maître et des autres chefs de l’ordre, pour armer l’opinion publique contre les malheureux templiers.

Rien de plus certain cependant qu’à cette époque du 11 août, le pape ne pouvait annoncer ces aveux, puisque par la lettre que les commissaires apostoliques écrivirent au roi, ils attestent qu’ils ont entendu le samedi après la fête de l’Assomption (15 août), quelques-uns des chefs de l’ordre et, le dimanche suivant, le grand-maître.

Ces commissaires ajoutent que les lundi et mardi d’après, ils ont de nouveau entendu Hugues de peraldo et le grand-maître.

Leur lettre au roi est datée du même jour : mardi après l’Assomption.

Il est donc évident que le 11, le pape annonçait les aveux du grand-maître et des autres chefs, avant même qu’ils eussent été interrogés.

  (49) On était obligé de traduire devant lui en langue vulgaire les interrogatoires et de traduire en latin ses réponses. In confessionibus ipsis eis lectis, et in materna lingua expositis (Spicileg. Dacherii, t.10, p.356, 1ere éd.)
Eis lectae fuerunt de mandato et in praesentia cardinalium dictorum in suo vulgari expositae quilibet eorumdem (Bulle de Clément V, du 2 des ides d’août, an 3 de son pontificat).
Cette contradiction est si frappante et si démontrée, qu’il n’y a aucun moyen de l’expliquer qu’en reconnaissant que l’interrogatoire n’a jamais existé, que les fourbes qui ont trompé à cet égard et le pape et Philippe-le-Bel, ont eu autant de maladresse que de méchanceté. Mentita est iniquitas sibi (50). 

De nouvelles considerations fortifient encore les précédentes.

  (50) Une autre circonstance remarquable touchant l’interrogatoire de Chinon, c’est que d’après les lettres du pape et celles des commissaires eux-mêmes, on suppose que les chefs de l’ordre furent interrogés par trois cardinaux, et par sa lettre rapportee dans le Spicilegium, Dacherii, t.10, p.356, 2e éd.), Clément V annonce que ces commissaires étaient au nombre de cinq. Il joint aux trois autres l’evêque de Preneste et Pierre Colonne.
Dans la supposition des aveux, le pape annonça qne les cardinaux, après que le grand-maître et les précepteurs eurent abjuré l’hérésie, leur avaient accordé, d’après leur prière, l’absolution selon la forme de l’Eglise (51). 

Les cardinaux, en écrivant au roi, lui demandèrent qu’il traitât avec bonté le grand-maître et les autres chefs. Et cependant il est prouvé par les pièces mêmes de la procédure, que quand le grand-maître comparut à Paris par-devant les commissaires apostoliques, il était dans le plus grand dénuement ; il se plaignait hautement de n’avoir pas quatre deniers qu’il pût dépenser pour la défense de l’ordre, ou pour tout autre objet. Il demanda de pouvoir entendre la messe et les offices divins. Il s’obstina à requérir plusieurs fois d’être au plus tôt présenté au pape pour justifier l’ordre devant lui.

Si le grand-maître eût fait à Chinon les aveux qu’on suppose, peut on douter qu’il n’eût aussitôt recueilli le prix de sa complaisance ? L’aurait-on laissé dans une prison et dans un état indigent ?

  (51) Ab ipsis cardinalibus, ab excommunicatione quam pro praemissis incurrerant, absolutionem flexis genibus, manibusque complicatis, humiliter et devote ac cum lacrymarum effusione non modica, petierunt. Ipsi vero cardinales, quia ecclesia non claudit gremium redeunti, ab eisdem magistro et praeceptoribus, haeeresi abjurata expresse, ipsis, secundum formam ecclesiae, autoritate nostra absolutionis beneficium impenderunt (Bulle de Clément V, 2 des ides d’août, an 3).
S’il avait été réconcilié avec l’Eglise, aurait-il été réduit à la nécessité de demander aux commissaires apostoliques la permission d’assister à la messe et aux offices divins (52) ? 

Enfin, s’il eût fait les aveux qu’on supposait, aurait-il osé demander de paraître devant le pape et ces mêmes cardinaux ? Puisque le grand-maître était dans un état d’abjection et d’abandon, puisqu’il était privé des secours spirituels, n’est-il pas évident que c’était à sa rétractation constante qu’il devait un pareil traitement ?

Non, cela ne peut plus être l’objet d’un doute. J’ai cru nécessaire d’y insister pour l’instruction de la postérité, bien plus encore que pour l’honneur de la mémoire de Jacques de Molay : car dût-on admettre quelque faiblesse ou quelque erreur dans le cours de ses revers et de sa vie, sa mort seule suffirait à sa gloire.

Le conseil du roi avait décidé que nonobstant la rétractation du grand-maître, il fallait s’en tenir à son premier interrogat.

Le pape lui-même avait décidé qu’il ne fallait pas interroger de nouveau ni exposer à des rétractations les accusés qui avaient déjà fait des aveux.

Ainsi, malgré la rétractation du grand-maître, après l’interrogatoire du Temple, malgré le démenti formel et judiciaire qu’il avait donné aux cardinaux, qui supposaient de nouveaux aveux faits à Chinon, on jugea le grand-maître, comme si le dernier état des choses eût été de sa part un aveu des crimes imputés à l’ordre et aux chevaliers.

Chacun connaît la manière dont se termina son procès. Le pape s’était réservé de prononcer sur les chefs de l’ordre. Les cardinaux publièrent, dans le parvis de l’église de Notre-Dame, un jugement qui, supposant que le grand-maître avait fait des aveux et qu’il y persistait, le condamnait à la prison perpétuelle.

Le grand-maître et l’un de ses compagnons, au grand étonnement des nombreux assistants, proclamèrent alors la rétractation de leurs aveux, en s’accusant du seul crime de les avoir faits.

Les cardinaux, étonnes, confièrent ces deux prisonniers au prévôt de Paris, pour les garder jusqu’au jour suivant, où ils se proposaient de statuer.

  (52) Les templiers qui, par les aveux qu’on exigeait d’eux, méritaient la faveur d’être réconcilies avec l’Eglise, avaient lors même qu’ils étaient encore détenus prisonniers, l’avantage de participer aux secours spirituels. Voici une quittance de dépense faite pour douze templiers réconciliés, détenus à Senlis.
«A touz ceux qui ces lettres verront et oiront, Robert de Parmentier, garde du ceel de la pévosté de Senlis, Saint. Sachent tuit que pardevant nous vient en present Guillaume de Glarengui, garde de douze templiers réconciliés à Villers St-Pol, en la meson de l’abé Dauchi… reconnut avoir eu et reçu de Renier de Creel, commissaire des biens du temple en la baillie de Senlis… et pour le pretre qui chante les messes au dis templiers trois fois la semaine unt souz.» Doné l’an mil CCC dis au mois de frévrier la veille de la Chandeleur.
La pièce originale en parchemin set rouve dans la collection des manuscrits de M. de Gaignieres à la bibliothèque impériale.
Le roi apprenant cet événement, convoqua aussitôt un conseil, où n’assista aucun ecclésiastique, et il fut décidé que le grand-maître et les chevaliers seraient brûlés sur le champ (53). On voudrait en vain excuser cet acte atroce. 

Le pape ayant ordonné le jugement du grand-maître, et la sentence ayant été prononcée publiquement et légalement, il n’appartenait plus à aucune puissance de la terre de changer le sort des condamnés.

La proclamation que le grand-maître faisait de sa rétractation antérieure publique et judiciaire, n’autorisait point à aggraver la peine.

D’ailleurs, c’était aux seuls juges qui avaient déjà statué, qu’il eût appartenu de statuer encore. Aussi les commissaires apostoliques avaient-ils renvoyé au lendemain.

Le conseil assemblé par le roi devança leur décision et se chargea lui seul de l’odieux d’un supplice ordonné contre toute justice, contre tout droit, contre toute forme.

Le grand-maître monta courageusement sur l’échafaud ; il mourut en chevalier chrétien, en héros martyr.

  (53) Publice de mandato regis Franciae extitit combustus ; qui tamen com concilio praelatorum et peritorum ad aliam paenitentiam peragendam prius fuerant condemnati. Nam Philippus rex Franciae cum consilio suo noluit pati quod, propter revocationem confessionis suae quam prias fecerant, dictus magister militiae templi et multi alii sui ordinis evaderent mortem temporalem, nullo tamen super hoc judicio ecclesiastico convocato, neque ipso expectato. (Vita Clementis V, autore Amalrico Augerii de Biterris).
Et dum a cardinalibus in manu praepositi parisiensis, qui praesens tunc aderat, ad custodiendum duntaxat traduntur, quousque die sequenti deliberationem super iis haberent pleniorem, confestim ut ad aures regis, qui tunc erat in regali palatio, hoc verbum insonuit, communicato quamvis provide cum suis, clericis non vocatis, prudenti consilio, circa vespertinam horam ipsius diei, in parva quadam insula Sequana inter hortum regalem, et ecclesiam fratrum heremitarum posita, ambos pari incendio concremari mandavit. (Continuat. chronic. Guillelmi Nangii).
Son innocence, celle de son ordre et de ses chevaliers ne sont plus révoquées en doute, ne peuvent plus l’être (54). 

La justice des siècles est enfin arrivée pour eux.

  (54) Le grand Arnauld n’avait pas hésité de les croire innocents ; il avait même osé faire de la constance des templiers un argument en faveur des catholiques. «Il n’y a presque personne qui ne croie maintenant que les templiers avaient été faussement accusés de faire faire des impiétés, des idolatries, et des impuretés à tous les chevaliers qu’ils recevaient dans leur ordre, quoique ceux qui les ont condamnés l’aient pu faire de bonne foi, parce qu’il y en eut plus de deux cents qui l’avouaient, et à qui on donnait grâce â cause de cet aveu, mais parce qu’il y en eut aussi, quoique moins en nombre, qui aimèrent mieux être brûlés que d’avoir leur pardon, en reconnaissant ce qu’ils disaient être faux ; le bon sens a fait juger que dix hommes qui meurent, pouvant ne pas mourir en avouant les crimes dont on les accuse, sont plus croyables que cent qui les avouent, et qui, par cet aveu, rachèteat leur vie».
(Apologie pour les catholiques, 1681, t.1, p.360).
Publié dans : L'ordre des Templiers | le 24 septembre, 2006 |Pas de Commentaires »

Les Ordres de Chevalerie

130313108RS154286756.jpgOrdre saint Jean de Jérusalem

Chevaliers de Rhodes, Chevaliers de saint Jean d’Acre

Dès le milieu du XIème siècle, des marchands d’Amalfi avaient obtenu du calife d’Egypte l’autorisation de bâtir à Jérusalem un hôpital, qu’ils placèrent sous l’invocation de saint Jean, et où étaient reçus et hébergés les pauvres pèlerins qui venaient visiter la Terre-Sainte. Godefroi de Bouillon et ses successeurs encouragèrent cette charitable institution, et firent, à la maison de Saint-Jean, des donations considérables. Pierre Gérard, originaire de l’île de Martigues en Provence, proposa aux frères qui desservaient cet hôpital de renoncer au siècle, de revêtir un habit régulier, et de former un ordre monastique, non cloîtré, dont tous les membres prendraient le titre d’Hospitaliers. Le pape Pascal II, en nommant Gérard administrateur de l’hôpital confirma le nouvel institut, prit les Hospitaliers sous sa protection, et leur accorda divers privilèges.Les règles de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem ne prescrivaient pas seulement aux religieux qui en faisaient partie les trois vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance. Ces religieux devaient, en outre, joindre l’exercice des armes à la pratique des devoirs de l’hospitalité, afin de défendre le royaume de Jérusalem contre les entreprises des infidèles. L’occasion s’offrit bientôt à eux de sortir d’un rôle purement charitable et de devenir hommes de guerre.Chassés de Jérusalem par Saladin victorieux, qui en avait repris possession (le 19 octobre 1191), les Hospitaliers furent les derniers à quitter la Terre-Sainte, et transportèrent leur hôpital à Margat, après avoir racheté aux Sarrasins plus de mille croisés captifs. Ils y restèrent jusqu’à la fin du siége d’Acre par les chrétiens, siége mémorable, auquel ils avaient pris une part active et glorieuse, et ils allèrent alors s’établir dans la ville reconquise, en adoptant le nom de Chevaliers de Saint-Jean d’Acre. Expulsés encore une fois de leur nouvelle résidence par les infidèles, les Hospitaliers demandèrent au roi de Chypre la permission de se fixer en ses Etats et de reconstituer la maison centrale de leur ordre dans la ville de Limisso, où ils se rendirent par groupes isolés, à mesure que quelques-uns d’entre eux pouvaient se soustraire aux poursuites des flottes musulmanes. C’était un spectacle vraiment touchant de les voir, au sortir de leurs vaisseaux, épuisés par les fatigues de la guerre, couverts de blessures, ne pouvant surtout se consoler d’avoir survécu à la perte de la Palestine. Le grand maître des chevaliers de Saint-Jean d’Acre, Jean de Villiers, convoqua en Chypre un chapitre général, pour délibérer sur le parti qu’il convenait d’adopter à la suite des derniers désastres de la croisade, et pour prévenir l’extinction complète de l’ordre, qui avait été décimé dans la guerre contre les infidèles. Les Hospitaliers de toutes les nations répondirent à l’appel de Jean de Villiers. Jamais assemblée n’avait été si nombreuses depuis la fondation de l’ordre. Les chevaliers présents, entraînés par la parole éloquente du grand-maître, jurèrent de verser leur sang pour recouvrer la possession du Saint-Sépulcre.En dépit des sages mesures conseillées par Jean de Villiers, les Hospitaliers n’étaient plus en sûreté à Limisso. Ils avaient à se garder de deux ennemis également redoutables : les Sarrasins, qui menaçaient sans cesse l’organisation navale et militaire des chevaliers, et le roi de Chypre, qui semblait avoir l’intention de ruiner l’ordre, auquel il venait d’imposer une capitulation onéreuse. Aussi Villaret, le nouveau grand-maître, proposa-t-il, à ses frères d’armes de se retirer dans l’île de Rhodes, de s’y retrancher, et d’y attendre en toute sécurité le moment propice de rentrer en Palestine. Malheureusement, les forces de l’ordre de Saint-Jean n’étaient pas suffisantes pour tenter une si audacieuse entreprise, et le grand-maître invita les chrétiens d’Occident à entreprendre une nouvelle croisade, en tenant le dessein de son expédition secret. Les croisés accoururent en grand nombre, au port de Brindes, en Italie, où le rendez-vous général devait avoir lieu. Le grand maître se contenta de choisir les plus nobles et les mieux armés, avec lesquels il s’embarqua pour l’île de Rhodes. Il réussit à y débarquer sans obstacle sa petite armée, ses vivres, ses machines de guerre, et il commença le siége de la capitale, qui était bien fortifiée et bien pourvue de défenseurs. Ce siége dura quatre ans, au bout desquels la ville fut prise d’assaut. Les autres forteresses du pays subirent le même sort, et l’île se soumit tout entière à la domination des Hospitaliers (en 1310). Ils devaient, pendant plus de deux siècles, avoir à la défendre contre les attaques, sans cesse renouvelées, des infidèles.Sous le magistère de Joubert ou Jacques de Milly, grand-prieur d’Auvergne, les Chevaliers de Rhodes (les Hospitaliers avaient pris et conservé ce nom, en mémoire d’une victoire si glorieuse pour l’ordre de Saint-Jean) repoussèrent une première fois les Turcs Ottomans (en 1455).Cependant, tout danger n’était pas conjuré pour l’ordre de Rhodes. Une rupture semblait imminente avec le sultan d’Egypte, adversaire non moins formidable que Mahomet II, sultan de Constantinople, et les chevaliers étaient encore obligés de tenir tête aux Vénitiens, qui, ayant opéré une descente dans l’île, y avaient commis plus de cruautés et de ravages que les Sarrasins et les Turcs. Le grand-maître Raimond Zacosta, successeur de Jacques de Milly, profita d’un moment de trêve pour élever un nouveau fort, destiné à défendre la ville et le port de Rhodes. Cette forteresse inexpugnable, construite sur des rochers avancés dans la mer, reçut le nom de Saint-Nicolas, à cause d’une chapelle consacrée à ce saint, qui se trouvait enfermée dans son enceinte.Comme les corsaires turcs faisaient des descentes continuelles dans les îles de la religion, nonobstant la cessation des hostilités, le grand-maître envoya sur les côtes de Turquie les galères de l’ordre, qui usèrent du droit de représailles. Mahomet II en conçut un tel ressentiment, qu’il jura de chasser de leur île les chevaliers de Rhodes. Il confia la conduite de l’expédition à Misach Paléologue, renégat grec de la maison impériale, lequel, parvenu au grade de grand vizir, engageait depuis longtemps le grand-seigneur à s’emparer de l’île de Rhodes. Cent soixante vaisseaux de guerre et une armée de cent mille hommes arrivèrent devant Rhodes, le 23 mai 1480. La flotte turque essayait, par des décharges incessantes d’artillerie, de favoriser le débarquement des troupes, tandis que les chevaliers, protégés par les canons de la ville et des forts, s’avançaient dans la mer l’épée à la main, ayant de l’eau jusqu’à la ceinture, et allaient au-devant des barques chargées d’assaillants.Les infidèles parvinrent enfin à prendre terre, et se retranchèrent sur le mont Saint-Etienne. Après que les chevaliers eurent été vainement sommés de se rendre, un ingénieur allemand, qui avait accompagné Paléologue et qui présidait aux opérations du siége, lui conseilla de concentrer d’abord ses efforts sur la tour Saint-Nicolas, dont la prise le rendrait certainement maître de la place. Plus de trois cents coups de canon abattirent le pan de la muraille qui faisait face à la ville, et les Turcs s’élancèrent à l’assaut. Pierre d’Aubusson, grand-prieur d’Auvergne, récemment élu grand-maître, debout sur la brèche, donna aux chevaliers l’exemple du courage : « C’est ici leur dit-il, le poste d’honneur qui appartient à votre grand-maître ».Exaspéré d’une résistance si énergique, le vizir résolut de se défaire de Pierre d’Aubusson par le fer ou par le poison. Mais un ingénieur, qui s’était chargé de cette odieuse commission, fut découvert et mis en pièces par le peuple de Rhodes, au moment même où on le conduisait au supplice.  Misach Paléologue proposa d’ouvrir une conférence, où l’on traiterait de la capitulation. Le grand-maître y consentit, afin d’avoir le temps d’élever de nouveaux retranchements pour remplacer ceux que le siége avait détruits, et l’entrevue eut lieu sur le bord du fossé, entre un des principaux officiers de l’armée turque et le châtelain de Rhodes. L’envoyé du vizir représenta qu’en l’extrémité à laquelle la ville se trouvait réduite, avec ses murailles rasées, ses tours abattues, ses fossés comblés, il suffirait pour s’en rendre maître, d’un assaut de deux heures. En conséquence, il exhorta les chevaliers à prévenir, par une composition honorable, le massacre général des habitants. D’Aubusson, caché à peu de distance, avait entendu les paroles artificieuses de l’officier turc. Par son ordre, le châtelain de Rhodes répondit au vizir que ses espions l’avaient mal renseigné : que derrière les fossés il y avait des retranchements dont la prise lui coûterait bien du monde, que la ville était défendue par des chrétiens, animés tous de la même ardeur, résignés à sacrifier leur vie au triomphe de la religion, et que l’ordre des chevaliers de Rhodes n’engagerait aucune négociation amiable, si le traité devait porter atteinte à son honneur et aux intérêts de la foi.  

 

L’orgueilleux vizir, irrité de cette noble réponse, jura de passer au fil de l’épée tous les chevaliers : il fit même aiguiser un grand nombre de pieux pour empaler les habitants, et, tandis que le feu de son artillerie redoublait d’intensité, il donna le signal de l’assaut. Les Turcs, qui avaient planté leurs drapeaux sur les remparts, en furent chassés par les assiégés, à la tête desquels combattait le grand-maître : cinq fois blessé, couvert de sang, Pierre d’Aubusson refuse de quitter le théâtre du combat, qu’il soutient par son exemple. Ce sublime héroïsme électrise les chevaliers, qui fondent sur les Turcs avec l’énergie du désespoir, et les mettent en déroute complète. Mais ce n’était point une victoire définitive, qui pût assurer aux chevaliers de Rhodes la tranquille possession de l’île, et les tenir désormais à l’abri de l’agression des Turcs. Depuis la mort de Mahomet II, ils eurent entre les mains un précieux otage qui n’était autre que Zizim, frère du sultan Bajazet, et son redoutable compétiteur à l’empire des Turcs.

En 1522, le sultan Soliman II dit le Magnifique, qui avait trouvé dans les archives de son père un compte-rendu exact de l’île de Rhodes, résolut d’y porter la guerre, sous prétexte de punir les chevaliers des pertes qu’ils faisaient éprouver chaque jour à la marine turque, et de paralyser leurs efforts en faveur de la Terre Sainte. Secrètement instruit de l’insuffisance des forces matérielles de l’île, par la perfidie d’André Amaral, chancelier de l’ordre et grand-prieur de Castille, qui ne pouvait pardonner aux chevaliers de lui avoir préféré le grand-maître Philippe de Villiers de l’Ile-Adam, le sultan entreprit ce siége fatal, où la ruse et la trahison furent ses plus puissants auxiliaires. En vain, il rassemble une flotte de quatre cents voiles, une armée de cent cinquante mille hommes et soixante milles pionniers. En vain, il foudroie les remparts du feu de ses batteries, creuse des tranchées et des mines sans relâche, harcèle les assiégés par des attaques incessantes. L’insuccès de ses armes eût certainement lassé sa persévérance, et il se serait décidé à lever le siége, si le traître Amaral ne lui avait pas fait savoir secrètement le mauvais état de la place de la garnison. Les Turcs donnèrent enfin, le 30 novembre, un assaut qu’on supposait devoir être le dernier. Ils pénétrèrent jusque dans les retranchements, et le combat n’en fut que plus terrible. Avertis du danger par le tocsin, le grand-maître, les chevaliers et les habitants accourent de tous côtés et se précipitent sur les ennemis, qui se croyaient déjà vainqueurs et qui sont contraints de battre en retraite. Chagrin et découragé à la suite d’un tel échec, Soliman II prit le parti d’offrir aux chevaliers de Rhodes une capitulation. Il lança, dans la ville, plusieurs lettres qui exhortaient les habitants à se soumettre, et les menaçaient de la dernière rigueur s’ils continuaient une résistance inutile. Villiers de l’Ile-Adam répondit d’abord que les chevaliers de Saint-Jean ne traitaient jamais que l’épée à la main avec les infidèles. Mais il dut céder aux instances impératives des principaux habitants, qui se montraient déterminés à prendre, malgré lui, les mesures urgentes pour sauver la vie et l’honneur de leurs femmes et de leurs enfants. Le sultan ayant arborer une enseigne de paix, le grand-maître en planta une, de son côté, sur le rempart, et demanda trois jours de trêve afin de régler la capitulation. Mais Soliman, craignant que des secours n’arrivassent aux assiégés, rejeta ces propositions, et ordonna que l’assaut fût donné encore une fois. Les chevaliers, réduits à une poignée d’hommes, n’ayant d’autre abri que la barbacane du bastion d’Espagne, obligèrent encore l’ennemi à se retirer. Le lendemain une attaque plus vive de la part des Turcs rejeta dans la ville les défenseurs du bastion, écrasés par le nombre, et les habitants épouvantés vinrent conjurer le grand-maître de reprendre les négociations. Achmet, ministre de Soliman, qui savait avec quelle impatience son maître souhaitait la fin de la guerre, obtint enfin la reddition de Rhodes à des conditions si honorables et si avantageuses, qu’elles témoignaient hautement de l’estime que les vaincus inspiraient aux vainqueurs.Les chevaliers quittèrent l’île, au nombre de quatre mille, sous la conduite du grand-maître Villiers de l’Ile-Adam. Après avoir erré à Candie et en Sicile, ils se fixèrent enfin dans l’île de Malte, que leur céda Charles-Quint, et qui devint définitivement la résidence de l’ordre (en 1530).Trente cinq ans plus tard, à la fin du règne de Soliman II, les Turcs recommencèrent leur attaque, sous prétexte de tirer vengeance de la prise d’un galion des sultanes, chargé de marchandises d’une grande valeur. Mustapha, bacha de Bude, vaillant capitaine, général de l’armée ottomane, débarqua dans l’île le 18 mai 1565. Après quelques escarmouches, les Turcs attaquèrent avec violence le fort Saint-Elme et s’en emparèrent, malgré l’héroïque défense des chevaliers de Malte (tel était le nouveau titre des membres de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem), défense qui dura vingt quatre jours et coûta la vie à quatre mille Turcs, entre autres aux fameux corsaire Dragut, vice soudan de Tripoli. Le fort de Saint-Michel et le bourg, battus en brèche par les canons de siége, furent réduits en poudre. Malte, qui avait perdu deux mille de ses défenseurs, ne résistait plus que grâce au courage invincible du grand-maître Jean de la Valette et d’un petit nombre de chevaliers, tous résolus à mourir jusqu’au dernier pour la religion. Heureusement don Garcia de Tolède, vice roi de Sicile, vint leur porter secours avec soixante galères. Pendant les quatre mois que le siége avait duré, l’armée turque tira soixante dix huit mille coups de canon, perdit quinze mille soldats et huit mille matelots. De son côté, l’ordre des chevaliers de Rhodes avait à pleurer la mort de plus de trois mille combattants. Le grand-maître décréta que chaque année, la veille de Notre-Dame de Septembre, on réciterait des prières publiques dans toutes les églises de l’ordre, afin de remercier Dieu du secours inespéré qui avait délivré les assiégés, et que le jour précédent on célébrerait un service commémoratif en l’honneur de ceux qui étaient tombés pour la défense de la Foi.Depuis lors, la ville et l’île, où resta le siége de l’ordre, ne furent plus inquiétés par les Turcs, et le grand-maître Jean de la Valette fit bâtir la ville neuve de Malte, appelée de son nom cité Valette 

 

 

Ordre de MalteLes membres de l’ordre de Malte étaient partagés en trois classes : les Chevaliers, les Chapelains et les Frères servants. La première classe comprenait ceux que leur grande naissance et le rang qu’ils avaient occupé précédemment dans les armées destinaient au service militaire. On rangeait dans la seconde classe les prêtres et les chapelains, qui devaient remplir les fonctions ordinaires de l’état ecclésiastique et servir d’aumôniers pendant la guerre. En dernier lieu venaient les frères servants, qui n’étaient ni nobles ni ecclésiastiques. Il suffisait pour être admis dans cette troisième classe, de prouver seulement qu’on était né de parents honorables, qui n’avaient jamais exercé des travaux manuels. On distingua dans la suite les frères servants par une cotte d’armes d’une autre couleur que celle des chevaliers. Quant aux aspirants, ils étaient appelés Douats ou Demi-Croix. L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem n’existait plus que de nom dans les statuts de l’ordre de Malte, quoique les chevaliers de ce nouvel ordre fussent reconnus, à leur réception, comme « serviteurs des pauvres et des malades ». Il y eut encore longtemps, en Espagne, des dames Hospitalières de Saint-Jean de Jérusalem, qui se consacraient au service des hôpitaux et des œuvres de charité. La noblesse accourait des différentes contrées de l’Europe, pour faire partie de l’ordre de Malte, qui avait définitivement remplacé l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et qui fut divisé en huit langues ou nations, chacune sous la direction d’un chef suprême, nommé grand-prieur, savoir : Provence, Auvergne, France, Italie, Aragon, Allemagne, Castille et Angleterre. Le chef de chacune des langues portait le titre de Pilier ou Bailli cenventuel. Chaque langue était divisée en une multitude de commanderies, équivalant à des bénéfices ecclésiastiques, mais ne dépendant que de son grand-prieur.L’habit régulier de l’ordre consistait, pour toutes les langues, en une robe noire avec un manteau à pointe de même couleur. Les chevaliers étaient obligés de porter, du côté gauche, une croix de toile blanche à huit pointes, en signe des béatitudes qu’ils devraient toujours avoir en eux, et qui, suivant un document manuscrit conservé à la Bibliothèque de l’Arsenal, étaient : « 1- avoir le contentement spirituel, 2- vivre sans malice, 3- pleurer ses péchés, 4- s’humilier aux injures, 5- aimer la justice, 6- être miséricordieux, 7- être sincère et net de cœur, 8- endurer persécution ». Plus tard, par suite du relâchement qui s’était introduit dans la règle, les chevaliers ont porté une croix à huit pointes, d’or, émaillée de blancs, suspendue sur l’estomac à un ruban noir.Le candidat, qui voulait faire profession sous l’habit régulier de Saint-Jean de Jérusalem, se présentait devant le grand autel, un cierge à la main et couvert d’une longue robe sans ceinture, pour indiquer qu’il était libre. Le chevalier assesseur lui remettait alors une épée dorée, en lui disant : « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », pour lui enseigner que son devoir lui commandait de dévouer sa vie à la défense de la religion. On lui passait ensuite une ceinture autour des reins, pour marquer qu’il était désormais lié aux vœux de l’ordre. Le profès brandissait l’épée au-dessus de sa tête, en signe de défi porté aux infidèles, et la remettait dans le fourreau, après l’avoir passée sous son bras comme pour la nettoyer, donnant par là à entendre qu’il se conserverait pur de toute souillure. Le chevalier, chargé de le recevoir, lui posait la main sur l’épaule, l’exhortait à servir les pauvres de Jésus-Christ, à accomplir les œuvres de miséricorde et à se consacrer au service de la foi. Le récipiendaire ayant adhéré à ces exhortations, on lui mettait des éperons dorés, pour marquer qu’il devait voler partout où l’honneur l’appellerait, et fouler aux pieds les richesses du monde. Ensuite on lui présentait un cierge allumé, qu’il tenait à la main, pendant qu’on célébrait la messe et qu’on prononçait un sermon, où l’orateur passait en revue les règles et les devoirs imposés à chaque chevalier. Après quoi, on lui demandait s’il avait des dettes, s’il était marié et fiancé, ou s’il n’était pas attaché à un ordre religieux, enfin s’il souhaitait sincèrement appartenir à l’ordre de Saint-Jean. Après avoir répondu à ces questions d’une manière satisfaisante, il était reçu et mené au grand autel. Là, il prononçait ses vœux sur le missel, et on le déclarait aussitôt investi des privilèges accordés à l’ordre par la cour de Rome. On lui rappelait qu’il devait réciter, chaque jour, cinquante Pater et cinquante Ave, l’office de la Vierge, celui des morts et plusieurs Pater, pour le repos de l’âme des chevaliers trépassés.Pendant qu’on le revêtait du costume des chevaliers, on l’instruisait encore de ses devoirs. En passant les manches, on lui remettait en mémoire l’obéissance qu’il devait à ses chefs. En plaçant la croix blanche du côté du cœur, on lui disait qu’il devait toujours être prêt à donner son sang pour Jésus-Christ qui, par sa mort, a racheté les hommes. Tout était symbole dans les insignes extérieurs de l’ordre de Malte : le manteau noir à pointe, orné du capuce pointu, qui ne se portait que les jours solennels, figurait l’habit de poil de chameau, dont était vêtu saint Jean-Baptiste, le patron de l’ordre. Les cordons, qui attachaient ce manteau autour du cou et qui tombaient sur les épaules, étaient destinés à rappeler la Passion que le Seigneur avait soufferte avec tant de douceur et de résignation. Le manteau de poil de chameau n’était en usage que dans les cérémonies, car les membres de l’ordre portaient à la guerre une cotte d’armes rouge, avec la croix à huit pointes. 

Ordre des Templiers ou Chevaliers du Temple

Vingt ans environ après le premier établissement des Hospitaliers, Hugues de Payens et Geoffroy de Saint-Aldemar, ayant entrepris le voyage d’outremer avec neuf gentilshommes, tous d’origine française, avaient obtenu du patriarche Guarimond et de Baudouin II, roi de Jérusalem, l’autorisation de former une association, dont le but était d’agir, de concert avec les Hospitaliers, contre les infidèles, de protéger les pèlerins et de garder le temple de Salomon. Baudouin leur donna une maison dans l’enclos du temple, ce qui leur fit attribuer le nom de Templiers ou Chevaliers du Temple. Ils menèrent d’abord une vie simple et régulière, se contentant de l’humble titre de pauvres soldats de Jésus-Christ. Leur charité et leur dévouement leur acquirent la bienveillance des rois de Jérusalem et des chrétiens d’Orient, qui leur firent de fréquentes et nombreuses donations.Durant les neuf premières années, de 1118 à 1127, les Templiers n’admirent aucun étranger dans leur communauté. Mais cependant, leur nombre s’étant accru peu à peu, bientôt ils demandèrent au Saint-Siége de vouloir bien confirmer leur institut. Au concile de Troyes (en 1228), Hugues de Payens, assisté de cinq de ses compagnons, présenta les lettres que les frères de la milice du Temple avaient reçues du pape et du patriarche de Jérusalem, avec le titre de leur érection. Le cardinal Matthieu, évêque d’Albe, qui présidait le concile en qualité de légat du pape, leur accorda la confirmation authentique de l’ordre, et une règle spéciale fut écrite pour eux sous la direction de saint Bernard.Les Templiers devaient entendre la messe trois fois par semaine et communier trois fois l’an. Ils portaient l’habit blanc, symbole de la pureté, et le pape Eugène III y ajouta une croix rouge, pour rappeler le vœu qu’ils faisaient d’être toujours prêts à répandre leur sang pour la défense de la religion chrétienne. Leur règle était d’une grande austérité : elle leur imposait l’exil perpétuel et la guerre sainte jusqu’à la mort. Ils devaient toujours accepter le combat, fût-ce d’un contre trois, ne jamais demander quartier, et ne jamais donner de rançon. Quelque pénible que pût être l’observance d’une pareille règle, ils ne pouvaient s’y dérober, en passant dans un ordre moins rigide.Les infidèles n’eurent point d’ennemis plus redoutables que ces pauvres soldats de Jésus-Christ, dont on a dit qu’ils avaient la douceur des agneaux et la patience des ermites, et qu’ils montraient à la guerre le courage des héros, la force des lions. Leur étendard, appelé Baucéant, était mi-parti de noir et de blanc avec ces mots : « Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam » (Ne donne pas à nous, Seigneur, ne donne pas à nous la gloire, mais à ton nom).Suivant la constitution de saint Bernard, l’ordre du Temple se composait de Milites ou chevaliers destinés à commander, de frères servants, désignés sous le nom d’Armigeri, hommes d’armes, et de Clientes ou Clients, serviteurs chargés de vaquer aux soins domestiques. Les vœux des Templiers étaient à peu près semblables à ceux de Saint-Jean de Jérusalem. Ils juraient de vivre dans la chasteté, la pauvreté et l’obéissance. Quelques-uns obtinrent la permission de se marier, mais sous la condition de donner à l’ordre une portion de leurs biens après leur mort, et de ne plus porter l’habit blanc. La marque distinctive des Templiers était, suivant les uns, une croix patriarche rouge, potencée, selon d’autres, une croix à huit pointes, également rouge et brodée d’or. Comme ils faisaient tous publiquement profession d’extrême pauvreté, il leur était défendu de se servir de meubles précieux, d’ustensiles d’or ou d’argent, de porter à la guerre des housses de velours, des casaques armoriées, des écharpes de soie et d’autres habillements superflus. Ils ne devaient avoir qu’une cotte d’armes de laine blanche. Il n’y avait guère plus de cinquante ans que l’ordre du Temple était établi, lorsque les chevaliers tinrent à Jérusalem leur premier chapitre général, où se réunirent trois cents gentilshommes et autant de frères servants, dont la plupart étaient Français. Ils élurent un grand-maître, Gérard de Rederfort, et cette élection les détacha de la juridiction du patriarche de Jérusalem. Le grand-maître transporta le siége de l’ordre de Saint-Jean-d’Acre, et il eut plus d’une fois l’occasion, à la tête de ses chevaliers, de signaler sa valeur contre les forces du sultan Saladin, qui voulut reprendre cette ville peu de temps après et qui fut obligé d’abandonner son entreprise.Les biens des Templiers s’augmentèrent, en peu de temps, d’une façon si prodigieuse, par suite d’aumônes, de donations et de legs testamentaires, que quelques historiens les ont estimés à cent douze millions de revenu. D’autres se contentent de dire que l’ordre possédait des richesses immenses dans la chrétienté, avec neuf mille maisons. En 1129, ils avaient déjà des établissements dans les Pays-Bas. Six ans plus tard, le roi de Navarre et d’Aragon, Alphonse Ier, avait institué l’ordre héritier de ses Etats, mais les chevaliers eurent bien de la peine à occuper quelques villes d’Aragon. Ils se trouvaient alors maîtres de dix sept places fortes dans le royaume de Valence. Ils furent dépositaires, dans leur maison de Londres, de la majeure partie des richesses de la commune d’Angleterre, et le roi Philippe Auguste, au moment de partir pour la Terre Sainte, leur confia aussi ses trésors et ses archives.Les Templiers étaient de véritables hommes de guerre, et l’histoire des croisades est remplie de leurs faits d’armes. Il est peu de chevaliers qui aient acquis autant de gloire dans toutes les expéditions d’outremer. Quoique inférieurs en nombre dans leurs combats contre les infidèles, qui les redoutaient plus que les croisés, ils remportèrent presque toujours l’avantage : la défense de Gaza, la bataille de Tibériade, la prise de Damiette, la croisade d’Egypte, sont des témoins éclatants de leur intrépidité et de leur vaillance.L’ordre du Temple avait atteint l’apogée de sa fortune, de sa prospérité et de sa renommée : il ne pouvait plus que déchoir. Regorgeant de richesses, comblés de privilèges qui les rendaient presque souverains, car ils ne pouvaient avoir d’autres juges que la pape ou eux-mêmes, les Templiers finirent par se corrompre dans ce luxe et dans l’oisiveté. Ils oublièrent le but de leur fondation, dédaignèrent de s’astreindre à leur règle et n’obéirent plus qu’à l’amour du gain et à la soif du plaisir. Leur cupidité, leur orgueil, n’eurent bientôt plus de bornes. Ils prétendirent s’élever au-dessus des têtes couronnées, ils usurpèrent et pillèrent indifféremment les terres des infidèles et des chrétiens.Jaloux des Hospitaliers, ils molestent un gentilhomme, vassal de l’ordre de Saint-Jean, et le chassent d’un château que celui-ci possédait auprès de leur résidence de Margat. De là entre les deux ordres une vive querelle qui s’envenime et se change en une sorte de lutte permanente. Le pape se voit dans la nécessité d’écrire aux grands-maîtres des deux ordres, afin de les exhorter à rétablir entre eux l’union et la paix, à oublier leurs rancunes, si dangereuses pour la chrétienté, si funestes pour les intérêts de la Terre Sainte. Un accord apparent fait cesser les hostilités ouvertes, mais les Templiers n’avaient pas renoncé à leur haine et ils négligent aucune occasion de la faire sentir aux chevaliers de Saint-Jean. Au reste, ils ne se souciaient guère alors de soutenir la sainte cause que leur ordre avait mission de défendre. Ils signent un traité d’alliance avec le Vieux de la Montagne, chef de la secte des Assassins ou Ismaéliens, les plus implacables ennemis de la croix, et le laissent, moyennant un tribut, se fortifier dans le Liban. Ils guerroient contre le roi de Chypre et le prince d’Antioche, ravagent la Thrace et la Grèce, où les seigneurs chrétiens avaient fondé des principautés, des marquisats et des baronnies, prennent d’assaut la ville d’Athènes et massacrent Robert de Brienne, qui en était duc.En effet, la conscience de leur force, de leur richesse et de leur pouvoir avait inspiré aux Templiers une indomptable audace. On leur reprochait surtout leur orgueil, qui était proverbial. Leur foi et leurs mœurs étaient suspectes, et, dès l’année 1273, le pape Grégoire X avait pensé à fondre leur ordre dans celui des Hospitaliers. Au commencement du siècle suivant, le roi de France Philippe le Bel reçut les dénonciations les plus graves sur les désordres affreux dont le bruit s’était déjà accrédité, et il en conféra avec le pape Clément V, qui jugea d’abord les faits reprochés aux Templiers tout à fait invraisemblables. Mais le grand-maître ayant insisté pour que l’on examinât l’affaire régulièrement, le pontife demanda au roi un mémoire sur ce qu’il en savait.

Philippe le Bel voulut procéder lui-même et fit arrêter au même jour tous les Templiers dans ses Etats : à Paris, le grand-maître Jacques de Molai qui revenait de Chypre, fut au nombre des prisonniers. Sur cent quarante chevaliers interrogés à Paris, tous, à l’exception de trois, avouèrent que, dans une initiation secrète, les nouveaux chevaliers devaient renier Jésus-Christ et cracher sur la croix, que de plus des pratiques immorales étaient en usage parmi eux. Il y eut aussi plusieurs qui avouèrent des actes d’idolâtrie. Un érudit contemporain, de Wilcke, ministre protestant d’Allemagne, a résumé les travaux de ses deux coreligionnaires : Moldenhawer, qui découvrit, dans la Bibliothèque nationale de Paris, les actes originaux de l’interrogatoire, et Munter, qui trouva, dans la bibliothèque du Vatican, les actes originaux de la procédure faite en Angleterre. Voici le résumé de Wilcke : « Pour ce qui est de renier le Christ et de cracher sur la croix, ces deux faits sont avoués par tous les témoins, à peu d’exceptions près ». Malgré l’éclat des aveux, le pape Clément V avait réclamé avec fermeté contre le procédé de Philippe le Bel, représentant à ce prince que les Templiers formaient un corps religieux et dépendaient immédiatement du saint-siége, que par conséquent le roi avait eu tort de se constituer leur juge, et qu’il ne pouvait porter la main ni sur leurs biens ni sur leurs personnes. Philippe le Bel, non sans murmures, reconnut le droit du saint-siége, et le pape interrogea lui-même soixante douze Templiers, dont les aveux confirmèrent les premières dépositions reçues à Paris. L’enquête fut ordonnée en Angleterre, en Italie, en Espagne, en Allemagne. Il n’y eut point partout uniformité dans les réponses aux interrogatoires. Les aveux sur les impiétés et les immortalités furent cependant en très grand nombre, sauf en Espagne : les Templiers aragonais, ayant pris les armes, se mirent en défense dans leurs forteresses, ils furent vaincus par le roi Jacques II et mis aux fers comme rebelles ; en Castille, les Templiers arrêtés et cités devant un tribunal ecclésiastique furent déclarés innocents.

Le pape, après avoir constaté la réalité de graves désordres parmi les Templiers, d’après l’enquête générale et les aveux qu’il avait reçus lui-même, persévéra à se réserver le jugement définitif sur l’ordre. Mais il donna pouvoir à tous les évêques du monde chrétien d’instruire directement la cause des Templiers de leurs diocèses, d’absoudre les innocents et de condamner les coupables, selon la rigueur des lois. Le concile provincial de Paris livra au bras séculier ceux qui furent déclarés relaps et contumaces : cinquante neuf furent brûlés à Paris, derrière l’abbaye Saint-Antoine. Un autre concile provincial, tenu à Senlis, remit de même neuf Templiers relaps au juge séculier, qui leur fit subir aussi la peine du feu. On assure qu’au moment du supplice, ces malheureux rétractèrent leurs aveux, en protestant de leur innocence. Dès que les commissaires du pape apprirent ces exécutions, ils suspendirent leur procédure, déclarant que la terreur jetée dans les esprits par ces supplices ne laissait pas aux accusés assez de tranquillité d’esprit pour ce défendre. De plus, les commissaires du pape engagèrent le concile de Paris à agir avec moins de promptitude.

Quand les nouvelles informations recueillies de toutes parts furent suffisantes, le pape Clément V, qui avait convoqué le concile de Viennes pour y terminer cette affaire importante, prononça, le 22 mars 1312, plutôt l’abolition que la condamnation de l’ordre des Templiers, réservant leurs personnes et leurs biens à sa disposition et à celle de l’Eglise. En Espagne et en Portugal, ces biens furent appliqués à soutenir les défenseurs des chrétiens contre les entreprises incessantes des Sarrasins et des Maures. Mais la majeure partie des biens Templiers, particulièrement pour la France, furent transférés aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui, en se portant généreusement au secours de la Terre Sainte, continuaient l’oeuvre pour laquelle les Templiers avaient reçu tant et de si riches donations.

Les graves abus et les crimes même qui avaient motivé la suppression de l’ordre n’avaient point heureusement tout envahi. La plupart des Templiers furent mis en liberté et beaucoup en profitèrent pour entrer dans l’ordre de Saint-Jean, en conservant leurs dignités. C’est ainsi, comme le fait remarquer Wilcke, qu’Albert de Blacas, prieur d’Aix, obtint la commanderie de Saint-Maurice, comme prieur des Hospitaliers, et que Frédéric, grand-prieur de la basse Allemagne, garda le même titre dans l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. 

Le pape s’était spécialement réservé le jugement de la cause du grand-maître Jacques de Molai, du visiteur de France et des commandeurs de Guyenne et de Normandie. Des cardinaux légats, plusieurs évêques français et des docteurs de l’Université de Paris, formèrent le tribunal qui devait prononcer au nom du souverain pontife. Après avoir constaté que ces quatre éminents chevaliers avaient réitéré leurs aveux devant une nouvelle commission, le tribunal, convaincu de leur culpabilité, fit dresser un échafaud devant le parvis de Notre-Dame, et, le lundi 18 mars 1314, les chevaliers furent publiquement condamnés à une prison perpétuelle. Mais alors le grand-maître et l’un de ses chevaliers rétractèrent leurs aveux et s’écrièrent qu’ils étaient innocents. Les cardinaux, surpris de cette rétractation, remirent les prisonniers entre les mains du prévôt de Paris, avec ordre de les représenter le lendemain, afin que le tribunal pût délibérer sur ce nouvel incident. Mais Philippe le Bel, apprenant ce qui se passait, réunit précipitamment son conseil, et, le soir même, il fit livrer au feu le grand-maître et le second chevalier qui avaient rétracté leurs aveux réitérés. Ils subirent cet affreux supplice en protestant de leur innocence. Les deux autres chevaliers, ayant persisté à se reconnaître coupables, furent retenus en prison, mais plus tard on les mit en liberté.

 

Autres ordres militaires ou de chevalerie

Il y eut encore, pendant le Moyen âge ou à l’époque de la Renaissance, plusieurs autres ordres de chevalerie, ayant plus ou moins le caractère religieux et militaire. Les principaux et les plus connus sont : – en Espagne, l’ordre des chevaliers de Calatrava, l’ordre des chevaliers teutoniques ; – en Allemagne, l’ordre de la Toison d’Or ; – dans les Pays-Bas, en Espagne et en Autriche, l’ordre de Saint-Maurice ; – en Savoie, l’ordre de Saint-Lazare ; – en Toscane, des chevaliers de Saint-Etienne ; – en France, les ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit, qui furent seulement honorifiques, quoique le premier ordre du Saint-Esprit, fondé en 1352 par Louis d’Anjou, roi de Jérusalem et de Sicile, ait eu pour objet de rétablir une institution chevaleresque et essentiellement militaire en vue d’une nouvelle croisade.

Ordre des chevaliers de Calatrava

Les chevaliers de Calatrava, à qui le fondateur dom Raymond, abbé de Cîteaux, imposa la règle de son monastère (en 1158), se signalèrent par de brillants exploits, surtout contre les Maures d’Espagne et d’Afrique. Les princes qu’ils avaient servis, dans ces guerres qu’on qualifiait de saintes comme les croisades en Orient, leur accordèrent des biens et des privilèges considérables. Les chevaliers, qui faisaient les trois voeux de pauvreté, d’obéissance et de chasteté, portaient une croix rouge fleurdelisée sur un manteau blanc, comme les Templiers. Depuis le règne de Ferdinand le Catholique et d’Isabelle, les rois d’Espagne ont toujours été les grands-maîtres de cet ordre, qui avait acquis et qui conserva longtemps beaucoup d’importance, quoiqu’il ne fût plus qu’une marque distinctive de noblesse. L’ordre d’Alcantara, qui avait eu la même origine que l’ordre de Calatrava, eut aussi les mêmes destinées et la même décadence. Il ne faut pas oublier que l’Espagne était le seul pays qui possédait un ordre militaire de dames. Placentia ayant été défendu héroïquement contre les Anglais par les femmes de la ville, en 1390, le roi de Castille Jean Ier créa en leur honneur l’ordre des dames de l’Echarpe, lequel fut réuni plus tard à l’ordre de la Bande, institué au XIVème siècle pour combattre les Maures.

Ordre des chevaliers Teutoniques

Les chevaliers Teutoniques, dont l’ordre avait été institué en 1128, à Jérusalem, par les croisés allemands, suivaient la règle de Saint-Augustin. Ils avaient en outre, des statuts particuliers, à peu près semblables à ceux des chevaliers de Saint-Jean et du Temple, dont ils obtinrent les immunités. Leur premier grand-maître, Henri Walpot, établit sa résidence près de Saint-Jean d’Acre. L’ordre était divisé, comme celui de Saint-Jean, en chevaliers, chapelains et servants. Les membres portaient, sur un manteau blanc, du côté gauche, une croix noire un peu pattée et ornée d’argent. Pour entrer dans l’ordre, il fallait avoir atteint l’âge de quinze ans, être fort et robuste, afin de résister aux fatigues de la guerre. Les chevaliers, qui faisaient voeu de chasteté, devaient éviter les entretiens des femmes, et il ne leur était même pas permis de donner un baiser filial à leur propre mère, en la saluant. Ils n’avaient, en propre, aucun bien et ils laissaient toujours ouvertes leurs cellules, pour que l’on pût voir à toute heure ce qu’ils faisaient. Leurs armes n’étaient ni dorées ni argentées, et pendant longtemps ils vécurent dans une grande humilité. Le plus célèbre de leurs grands-maîtres, Hermann de Salza (en 1210), reçut du pape Honorius III et de l’empereur Frédéric II, qu’il avait réconcilié avec le saint-siége, de grands biens et de grands honneurs.

Les chevaliers Teutoniques ont conquis la Prusse, la Livonie, la Courlande, et, dès 1283, ils étaient maîtres de tout le pays compris entre la Vistule et de Niémen. En 1309, ils abandonnaient Venise, où le grand-maître avait établi sa résidence ordinaire, vingt ans auparavant, et choisirent Marienbourg pour capitale. L’ordre était alors au plus haut point de prospérité, et sa domination en Allemagne eut pour la Prusse les plus heureux résultats. Mais le luxe altéra bientôt la foi religieuse des chevaliers et des luttes intestines, provoquées par l’élection des grands-maîtres, avaient introduit dans l’organisation de l’ordre Teutonique de nouveaux éléments de décadence. 

Entraîné dans des guerres sans fin contre la Lithuanie et la Pologne, l’ordre, auquel la désastreuse bataille de Grümwald (en 1410) enleva sa bannière, ses trésors et ses principaux défenseurs, dut son salut à Henri de Plauen. Après la mort de cet illustre grand-maître, les chevaliers, qui par le traité de Thorn avaient recouvré leurs possessions territoriales, les perdirent successivement, en peu d’année (1422-1436). Pendant treize ans, le roi de Pologne, Casimir IV, appelé en Prusse par la population que le despotisme des chevaliers avait soulevée, ravagea le pays qu’il s’était chargé de défendre. L’ordre, chassé de Marienbourg et de Konitz, ne conserva plus que la Prusse orientale, sous la dépendance de la Pologne, et le grand-maître, dont Koenigsberg devint la résidence, était prince polonais et conseiller du royaume. Comme la Prusse était un fief de l’Eglise, le grand-maître des religieux connus sous le nom de chevaliers Teutoniques faisait serment de conserver ce fief à l’Eglise et à son ordre. Albert de Brandebourg, dernier grand-maître, était lié par ce serment, et de plus par les trois voeux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance qu’il avait prononcés en entrant dans l’ordre. Pour se débarrasser de la gène de ses serments et de ses voeux, il se fit luthérien et il partagea le domaine de ses religieux avec son oncle, le vieux Sigismond, roi de Pologne, qui lui reconnut, à ce prix, le titre de duc héréditaire de Prusse. Telle fut l’origine de la famille royale de Prusse. Après avoir acquis si facilement un domaine et un titre, Albert de Brandebourg épousa la fille du roi du Danemark. On comprend que l’ordre des chevaliers Teutoniques s’éteignit naturellement.

Ordre des chevaliers de la Toison d’Or

L’ordre des chevaliers de la Toison d’Or ne fut institué qu’en 1449 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne et comte de Flandres, pour engager les seigneurs de sa cour à faire, avec lui, la guerre aux Turcs, et pour attacher surtout, par des liens plus étroits, ses sujets au service de l’Etat. La croisade qui avait été le prétexte de la fondation n’eut pas lieu, mais l’ordre subsista et subsiste encore à titre de distinction héraldique.

Cet ordre, placé sous l’invocation de saint André, était à l’origine composé de vingt quatre chevaliers, d’une haute noblesse, exempts de tout reproche. Le duc de Bourgogne éleva ce nombre à trente et un. Charles Quint le porta ensuite à cinquante et un. L’élection des chevaliers se faisait dans les chapitres de l’ordre, à la pluralité des voix. Le signe distinctif est un collier d’or, émaillé de la devise du duc, qui était de doubles fusils (briquets d’acier) et de pierres à feu entrelacées, avec ces mots : Ante ferit quam micat (il frappe avant que la lumière brille). A l’extrémité du collier est suspendue la figure d’un mouton ou d’une toison d’or, avec cette autre légende : Pretium non vile laborum (prix honorable des travaux). Depuis le mariage de Philippe le Beau, fils de l’empereur Maximilien, et de Marie de Bourgogne, avec Jeanne d’Aragon (en 1496), le roi d’Espagne et l’empereur d’Autriche sont, dans leurs Etats, chefs souverains de l’ordre de la Toison d’Or.  

Ordre des chevaliers de Saint-Maurice et de Saint-Lazare

La Savoie eut aussi un ordre de chevalerie militaire, qui s’est perpétué jusqu’à nos jours. Lorsque Amédée VIII, en faveur de qui la Savoie avait été érigée en duché (en 1416) par l’empereur Sigismond, prit la résolution de vivre dans la retraite, il voulut instituer un ordre de chevalerie séculière dont il serait le chef suprême. Il choisit pour résidence un ermitage, qu’il fit construire à Ripailles, auprès du lac de Genève, et plaça le nouvel institut sous la protection de saint Maurice, patron de la Savoie. Les premiers chevaliers, qui n’étaient d’abord que six, eurent pour marque une croix de taffetas blanc, cousue sur leur habit. Mais les ducs de Savoie, successeurs d’Amédée VIII, avaient tellement négligé cet ordre de chevalerie, qu’il allait complètement tomber et disparaître, quand le duc Emmanuel Philibert obtint, en 1572, pour le relever, une bulle de Grégoire XIII. Peu de temps après, une nouvelle bulle papale réunit les chevaliers de Saint-Lazare aux chevaliers de Saint-Maurice.

Les chevaliers prononçaient les trois voeux, comme les anciens chevaliers du Temple, juraient fidélité aux ducs de Savoie, et s’engageaient à combattre les hérétiques, qui, de Genève, menaçaient sans cesse les frontières du duché. L’ordre possédait de riches commanderies et ses principales maisons étaient à Nice et à Turin.

La marque de l’ordre des Saints-Maurice et Lazare était une croix blanche terminée en fleurons, sous laquelle se trouvait une autre croix arrondie de sinople, avec l’image des deux saints. 

Ordre des chevaliers de Saint-Etienne

Quant aux chevaliers de Saint-Etienne, institués en 1562 par Côme de Médicis, devenu grand-duc de Toscane, ils ont joué un rôle actif, surtout dans les combats de mer, qui avaient pour théâtre la Méditerranée, et on les retrouve souvent donnant la chasse aux galères ottomanes, ou bien opérant des descentes sur les côtes des Etats barbaresques. Ils prétendaient, au milieu du XVIIème siècle, avoir délivré, depuis leur création, plus de cinq mille six cents chrétiens captifs, et de quinze mille esclaves.

Cet ordre avait, dans ses usages et cérémonies, des rapports frappants avec l’ordre de Malte. Il était divisé en chevaliers militaires et en chevaliers ecclésiastiques.

Ordre de L’Etoile, Ordre du Navire

Il y eut, en France, plusieurs ordres de chevalerie militaire, créés par les rois, mais leur caractère honorifique les fit considérer comme des récompenses glorieuses offertes aux bons serviteurs de la monarchie plutôt que comme des engagements solennels de prendre les armes dans un but déterminé. Il ne faut pas parler de l’ordre de l’Etoile, qu’on voulait faire remonter au roi Robert et à l’année 1022, mais dont l’origine véritable date seulement du règne du roi Jean II. Les ordres militaires royaux les plus anciens sont ceux que Louis IX institua pour encourager la noblesse à faire avec lui le voyage d’outre-mer, et à prendre part aux croisades. L’ordre de la Cosse de Geneste, fondé en 1254, fut attribué plus tard aux sergents du roi, garde de cent gentilshommes chargés spécialement de protéger la personne royale contre les assassins envoyés par le Vieux de la Montagne. 

L’ordre du Navire, fondé en 1269, ne survécut guère à la seconde croisade de saint Louis, qui l’avait conféré, avant son départ, à ses principaux compagnons de voyage. 

Ordre de Saint-Michel

Louis XI avait établi l’ordre de Saint-Michel en 1469, pour satisfaire à un voeu de son père, qui eut une dévotion particulière à ce saint, l’ange tutélaire et gardien de la France. Déjà l’image du saint était brodée en or sur la bannière du roi. Louis XI créa donc un nouvel ordre de chevalerie militaire, en l’honneur du « premier chevalier, disent les statuts, qui pour la querelle de dieu batailla contre l’ancien ennemi de l’humain lignage et le fit trébucher du Ciel ». L’ordre se composait de trente six chevaliers de noms et d’armes, sans reproche, ayant pour chef le roi qui les avait nommés. Le collier de l’ordre était formé de coquilles d’or avec la figure de saint Michel terrassant le démon. Les chevaliers, outre ce collier, portaient dans les cérémonies un manteau blanc avec chaperon de velours cramoisi.

Ordre du Saint-Esprit

L’ordre du Saint-Esprit fut le dernier ordre militaire que les rois de France aient distribué eux-mêmes, à la fin du seizième siècle, avec l’ordre de Saint-Michel. On les désignait l’un et l’autre sous le nom d’ordres du roi. Henri III, en 1579, créa cet ordre en l’honneur de Dieu, et particulièrement du Saint-Esprit, sous l’inspiration duquel il avait accompli ses « meilleures et plus heureuses actions », suivant les termes des statuts de l’ordre. Depuis son avènement au trône, il préméditait cette fondation, que lui avait conseillée, dès son enfance, la lecture des statuts du premier ordre du Saint-Esprit, institué à Naples, en 1352, par un des ancêtres, Louis d’Anjou, roi de Jérusalem et de Sicile. Ces statuts se trouvaient soigneusement recueillis dans un précieux manuscrit, dont les miniatures représentaient avec un art merveilleux toutes les cérémonies de l’ordre, manuscrit que la seigneurie de Venise avait offert en présent à Henri III, lors de son retour de Pologne. Ce prince emprunta peu de chose néanmoins aux anciens statuts qui avaient été rédigés en vue des services militaires que des chevaliers de l’ordre, au nombre de trois cents, eussent pu rendre à l’oeuvre des croisades en Palestine. Le nouvel ordre du Saint-Esprit, quoique militaire, devait être destiné surtout à réunir autour du roi, qui était le chef suprême, un corps de cent chevaliers, choisis parmi les plus éminents et les plus illustres personnages de la cour, de l’Eglise et de la noblesse. Les insignes de l’ordre étaient un collier composé de fleurs de lis d’or couronnées de flammes émaillées, aux chiffres du roi et de sa femme Louise de Lorraine, avec une croix ornée d’une colombe d’argent, emblème du Saint-Esprit. Les chevaliers paraissaient, dans les assemblées de l’ordre, vêtus de riches manteaux à collet rond, en velours bleu fleurdelisé d’or. Ces assemblées, qui eurent lieu d’abord dans l’église des Augustins, à Paris, où se faisait la réception solennelle des nouveaux membres de l’ordre, furent transportées au Louvre, où elles étaient célébrées avec une pompe extraordinaire. Les statuts enseignaient bien à tout chevalier laïque d’accourir en armes auprès du roi, dès que celui-ci se disposait à faire la guerre pour la défense de ses états et dans l’intérêt de sa couronne, mais ils ne furent jamais scrupuleusement exécutés sur ce point, et l’ordre du Saint-Esprit, tout en conservant son caractère à la fois religieux et militaire dans les cérémonies extérieures, n’eut jamais qu’un rôle d’apparat et de distinction héraldiques, quoique tous les rois se montrassent très jaloux de la nomination des chevaliers qui devaient en faire partie et qui formèrent pendant plus de trois siècles la véritable garde d’honneur de la Maison de France.

(par Paul Lacroix)

Publié dans : L'ordre des Templiers | le 23 septembre, 2006 |Pas de Commentaires »

Dynastie Robertide puis Capétienne.

fleurdelysbut1.jpgDynastie Robertide puis Capétienne.

Première branche.

I X.

            3 enfants:

                – Charibert. cf:dessous.

                – Aubert moine.

                – Robert.

II Charibert ou Erlebert. Un noble de Neustrie vers 636.

            2 enfants:

                – Robert I. cf: dessous.

                – Saint Lambert abbé de Fontenelle, puis archevêque de Lyon 678-14/04/688. Fête le 14/04.

III Robert I ou Chrodobertus duc, mort en 678.

        épouse: Théoda.

            4 enfants:

                – Lambert I. cf: dessous.

                – Ragnobert exécuté en 678.

                – Folchaide.

                        épouse: Théodon V duc de Bavière, mort en 702.

                – Angadrisma.

                        épouse: Ansbert abbé de Fontenelle et évêque de Rouen 684-693.

IV Lambert I.

            1 enfant:

                – Robert II comte. cf: dessous.

V Robert II comte.

        épouse: Doda morte en 678.

            1 enfant:

                – Lambert II comte. cf: dessous.

VI Lambert II comte, mort en 741.

            1 enfant:

                – Robert I duc en Hesbaye. cf: dessous.

VII Robert I duc en Hesbaye, mort en 764.

        épouse en 730: Williswint fille d’Adalheim comte.

           6 enfants:

                – Ingramm. cf dessous.

                – Anselme comte, tué en 778.

                – Robert abbé de Saint-Germain-des-Fossés.

                – Thuringbert. cf: dessous (Deuxième branche).

                – Cancor abbé de Lorsch.

                – Landrade.

                            1 enfant:

                                – Saint Chrodegang archevêque de Metz 742-06/03/766. Fête le 06/03.

VIII Ingramm ou Robert Cancor comte de Hesbaye.

        épouse: Angila.

            4 enfants:

                – Henri comte de Hesbaye. cf: dessous.

                – Ermengarde ou Ermengardis née en 780, reine d’Aquitaine, puis impératrice d’Occident et reine des

                  Francs, morte le 03/10/818.

                        épouse en 794: Louis I empereur d’Occident.

                – Rachilte religieuse.

                - Euphémie religieuse.

IX Henri comte de Hesbaye, tué en 795.

            2 enfants:

                 – Robert comte, mort en 805.

                             2 enfants:

                                - Cancor comte.

                                - Robert comte.

                – Henri. cf: dessous.

X Henri.

        épouse: Hadaburg.

            2 enfants:

                – Poppo I comte. cf: dessous.

                – Henri mort en 836.

XI Poppo I comte.

            2 enfants:

                – Henri I duc d’Austrasie. cf: dessous.

                – Poppo II duc.

                            2 enfants:

                                - Adalbert comte.

                                - Poppo III comte, mort en 945.

XII Henri I duc d’Austrasie, tué en 886.

            3 enfants:

                - Adalbert comte, exécuté en 906.

                - Adalhard exécuté en 903.

                – Henri II comte. cf: dessous.

XIII Henri II comte, tué en 902.

            2 enfants:

                – Henri III comte. cf: dessous.

                – Hathui morte en 903.

                        épouse en 870: Othon I L’Illustre duc de Saxe, mort en 912.

XIV Henri III comte, mort en 935.

            3 enfants:

                – Henri IV comte, archevêque de Trèves, mort en 964.

                - Berchtold comte de Nordgau, mort en 980.

                        épouse: Eiliswinth de Walbeck.

                – Poppo évêque de Würzburg, mort en 961.


 

 

    

Deuxième branche.

VIII Thuringbert ou Turimbert. cf: dessus (Première branche).

            1 enfant:

                – Robert II duc de Hesbaye. cf: dessous.

IX Robert II duc de Hesbaye, mort en 807.

        épouse: Theoderata morte en 789.

                       Isengarde.

            1 enfant du premier mariage:

                – Robert III comte de Worms. cf: dessous.

IX Robert III comte de Worms, mort en 834.

        épouse en 808: Wiltrud fille d’Hadrian comte d’Orléans.

            3 enfants:

                – Guntram comte.

                – Robert I Le Fort duc de France. cf: dessous.

                – Ode.

                        épouse: Walaho IV comte.

XI Robert IV puis I Le Fort ou Le Macchabée de la France né en 820, marquis de Neustrie (comté d’Anjou + comté du Maine + comté de Tours) et abbé laïc de Marmoutier 859-866, duc des Francs et comte de Blois et comte d’Autun et comte d’Auxerre et comte de Nevers et abbé laïc de Saint-Martin de Tours 861-25/07/866 tué (combat contre les Normands).

        épouse en        : Agane.

                      en 864: Adélaïde fille d’Hugues I comte de Sundgau.

            2 enfants du premier mariage:

                – X (fils).

                – Richilde comtesse de Blois.

                        épouse: Richard comte de Troyes, mort en 930.

            2 enfants du deuxième mariage:

                – Eudes né en 860, comte de Paris et comte de Troyes et comte d’Orléans et abbé laïc de Saint-Denis et

                  abbé laïc de Saint-Germain des Prés 882-29/02/888, duc des Francs et marquis de Neustrie et abbé laïc

                  de Marmoutier et abbé laïc de Saint-Martin de Tours et abbé laïc de Camery et abbé laïc de Villeloin

                  886-29/02/888, puis roi des Francs 29/02/888-28/01/893, puis co roi des Francs 28/01/893-01/01/898.

                        épouse en 881: Théodrate fille d’Aleram comte de Troyes.

                            1 enfant:

                                – Gui né en 888.

                – Robert I roi des Francs. cf: dessous.

XII Robert I (II duc des Francs (etc)) né en 866, abbé laïc de Marmoutier 886-29/06/922, duc de France et marquis de Neustrie et comte de Paris et comte de Troyes et comte d’Orléans et abbé laïc de Saint-Denis et abbé laïc de Saint-Germain-des-Prés et abbé laïc de Saint-Martin de Tours et abbé laïc de Camery et abbé laïc de Villeloin 29/02/888-29/06/922, puis roi des Francs 29/06/922-15/06/923 tué.

        épouse en        : Adèle du Maine.

                      en 895: Béatrice fille d’Herbert I comte de Vermandois.

            2 enfants du premier mariage:

                – Adèle ou Adela ou Hildebrante ou Liégarde.

                        épouse: Herbert II comte de Vermandois, mort en 943.

                – Emma reine des Francs, morte en 934.

                        épouse en 914: Raoul I roi des Francs.

            2 enfants du deuxième mariage:

                – Hugues I Le Grand duc des Francs. cf: dessous.

                – Richilde.

XIII Hugues I Le Grand ou Le Blanc né en 895, marquis de Neustrie et comte de Paris et comte de Troyes et comte d’Orléans et abbé laïc de Saint-Denis et abbé laïc de Saint-Germain-des-Prés et abbé laïc de Marmoutier et abbé laïc de Saint-Martin de Tours et abbé laïc de Carmery et abbé laïc de Villeloin 29/06/922-956, duc des Francs et comte d’Autun et comte d’Auxerre et comte de Nevers et comte de Sens et comte de Chalon et comte de Mâcon 936-956, co duc de Bourgogne 938-16/06/956.

        épouse en 922: Judith morte en 925.

                      en 927: Edith fille d’Edouard I roi du Wessex, morte en 937.

                      le 14/09/937: Hathui ou Hedwige fille d’Henri I roi de Germanie, morte en 965. 

        + Ringare.

            5 enfants du troisième mariage:

                – Béatrice née en 938, morte en 987.

                        épouse en 954: Frédéric I duc de Haute-Lorraine, mort en 978.

                – Hugues Capet roi de France. cf: dessous.

                – Emma née en 943, morte en 968.

                        épouse en 960: Richard I Sans Peur duc de Normandie, mort en 996. 

                – Eudes ou Otton né en 944, duc de Bourgogne et comte d’Auxerre 956-965.

                        épouse en 955: Leudegarde ou Liégarde ou Lentgardis fille de Giselbert duc de Bourgogne.

                         - Henri Le Grand né en 946, duc de Bourgogne et comte d’Auxerre 965-1002.

                        épouse en 972: Gerberge fille d’Othon de Mâcon, morte en 986.

                                      en 992: Gersende fille de Guillaume duc de Gascogne. Divorce en 996.

                                 en 998: Mathilde fille de Lambert comte de Chalon.

                            1 enfant du troisième mariage et 1 enfant adopté:

                                – Aremburge née en 999.

                                        épouse en 1015: Dalmas de Sémur.

                                – Fils adopté: Othon I-Guillaume comte de Bourgogne, mort en 1027.

                – Fils naturel: Hugues ou Herbert ou Héribert évêque d’Auxerre, mort le 16/08/994.

XIV Hugues II Capet ou A La Chape né en 941, duc des Francs (etc) 16/06/956-22/05/987, puis roi de France 22/05/987-30/12/987, puis roi associé de France 30/12/987-24/10/996.

        épouse en 968: Adélaïde ou Alaïs fille de Guillaume III duc d’Aquitaine, morte en 1006.

               4 enfants et 1 enfant naturel:

                – Hathui ou Hedwige ou Avoise née en 969.

                        épouse en 996: Reinier IV comte de Hainaut, mort en 1013.

                                      en 1033: Hugues III comte de Dagsbourg.

                – Gisèle née en 970, dame d’Abeville, morte en 1020.

                        épouse en 987: Hugues I comte de Ponthieu, mort en 1000.

                – Robert II Le Pieux roi de France. cf: dessous.

                – Adélaïde née en 973.

                – Fils naturel: Gauzlin ou Gaucelin abbé de Fleury 1004-1013, puis archevêque de Bourges

                  1013-19/11/1030.

XV Robert II Le Pieux né en 970, roi associé de France 30/12/987-24/10/996, puis roi de France 24/10/996-09/06/1017, puis roi associé de France 09/06/1017-17/09/1025, puis roi de France 17/09/1025-14/05/1027, puis roi associé de France 14/05/1027-10/07/1031, duc de Bourgogne 1002-1016.

        épouse en 988: Rozzala fille de Bérenger II roi d’Italie, morte en 1003. Divorce en 992.

                          en 997: Berthe fille de Conrad I roi des Deux-Bourgognes, morte en 1010. Divorce en 1000.

                       en 1002: Constance fille de Guillaume I co comte de Provence, morte en 1032.

                                      1enfant du deuxième mariage:

                – Kind née et morte en 999.

            7 enfants du troisième mariage:

                – Adèle ou Adélaïde née en 1003, comtesse d’Auxerre, morte le 05/06/1063.

                        épouse en 1015: Renaud I comte de Nevers, mort en 1040.

                – Hugues III Le Grand né en 1007, roi associé de France 09/06/1017-17/09/1025.

                – Henri I roi de France. cf: dessous.

                – Sainte Adèle ou Adélaïde née en 1011, morte le 08/09/1079. Fête le 08/09.

                        épouse en 1027: Richard III duc de Normandie, mort en 1028. 

                                      en 1028: Baudoin V de Lille comte de Flandre, mort en 1067. 

                – Robert I Le Vieux ou Sans Terre né en 1011, duc de Bourgogne et comte de Charolais et comte de

                  Langres 1027-1076.

                     épouse en 1038: Hélie fille de Dalmas seigneur de Semur, morte en 1109. Divorce en 1055.

                                      en 1055: Ermengarde fille de Foulques III comte d’Anjou, morte en 1076.

                       – Eudes né en 1013.

                – Constance.

                        épouse: Manassès de Dammartin mort en 1037.

XVI Henri I né en 1008, duc de Bourgogne 1016-14/05/1027, puis roi associé de France 14/05/1027-10/07/1031, puis roi de France 10/07/1031-23/05/1059, puis  roi associé de France 23/05/1059-29/08/1060.

        épouse en          : Mathilde fille de Conrad II empereur du Saint Empire Romain Germanique, morte en 1034.

           en 1043: Mathilde fille de Luidolf margrave de Frise, morte en 1044.

                      en 1044: Agnès fille d’Yaroslav I grand-prince de Kiev, morte en 1089.

            4 enfants du troisième mariage:

                – Philippe I roi de France. cf: dessous.

                – Emma née en 1054.

                – Robert né en 1055, mort en 1060.

                – Hugues I Le Grand né en 1057, seigneur de Chaumont-en-Vexin, mort le 18/10/1102. Il est un des chefs

                  de la Première Croisade.

                        épouse en 1080: Adélaïde comtesse de Vermandois et comtesse de Valois fille d’Herbert IV comte

                                                      de Vermandois.

                            XVII Philippe I né en 1052, roi associé de France 23/05/1059-29/08/1060, puis roi de France 29/08/1060-1099, puis roi associé de France 1099-29/07/1108.

        épouse en 1072: Berthe fille de Florent I comte de Hollande, morte en 1094. Divorce en 1091.

                         en 1092: Bertrade fille de Simon I comte de Montfort, morte en 1117. Divorce en 1104.

                       5 enfants du premier mariage:

                – Constance née en 1078, morte en 1125.

                        épouse en 1094: Hugues I comte de Champagne, mort en 1126. Divorce en 1104.

                        en 1105: Bohémond I prince de Tarente, mort en 1111.

                – Louis VI Le Gros roi de France. cf: dessous.

                – Henri né en 1083.

                – Charles né en 1085.

                – Eudes né en 1087, mort en 1096.

            4 enfants du deuxième mariage:

                – Philippe né en 1093, comte de Mantes.

                        épouse en 1104: Elisabeth fille de Gui seigneur de Montlhéry.

                – Fleury ou Florus né en 1094.

                        épouse X dame de Nangis.

                            1 enfant:

                                – Isabelle née en 1118, dame de Nangis.

                                        épouse en 1136: Anseau de Venisy.

                – Cécile née en 1097.

                        épouse en 1106: Tancrède prince d’Antioche, mort en 1112.

                                      en 1115: Pons comte de Tripoli, mort en 1137. .

                – Eustachie.

                        épouse: Jean comte d’Etampes.

XVIII Louis VI Le Gros ou Le Batailleur né en 1081, roi associé de France 1099-29/07/1108, puis roi de France 29/07/1108-14/04/1129, puis roi associé de France 14/04/1129-13/10/1131, puis roi de France 13/10/1131-25/10/1131, puis roi associé de France 25/10/1131-01/08/1137.

        épouse en 1104: Lucienne fille de Gui I comte de Rochefort. Divorce en 1107. 

                      en 1115: Adélaïde ou Alix fille d’Humbert II comte de Savoie, morte en 1154. 

            1 enfant du premier mariage:

                – Isabelle née en 1105.

                        épouse en 1119: Guillaume de Vermandois.

            8 enfants du deuxième mariage:

                – Philippe né le 29/08/1116, roi associé de France 14/04/1129-13/10/1131 tué.

                – Louis VII roi de France. cf: dessous.

                – Henri né en 1121, évêque de Beauvais 1149-1161, puis archevêque de Reims 1161-13/11/1175.

                – Hugues né en 1123.

                – Robert I Le Grand né en 1123, comte de Dreux (1137) et seigneur de Savigny et seigneur de Torcy et

                  seigneur de Brie-Comte-Robert et seigneur de Chilly et seigneur de Longjumeau 1137-1184 abdique,

                  mort en 11/10/1188. Il participe à la Deuxième Croisade.

                     épouse en 1140: Agnès comtesse de Rochefort et dame de Gournay-sur-Marne et dame de Gomets

                                                      fille d’Anseau seigneur de Gournay-sur-Marne, morte en 1143.

                             en 1144: Hervise comtesse du Perche fille de Gauthier d’Evreux comte de Salisbury, née en

                                                      1118, morte en 1152.

                                      en 1152: Agnès comtesse de Braine et dame de Baudement et dame de La

                                                      Fère-en-Tardenois et dame de Néelle et dame de Pontarcy et dame de Longueville

                                                      et dame de Quincy fille de Gui de Baudement comte de Braine, née en 1130, morte

                                                      en 1210.

                                      – Constance née en 1124, morte en 1176.

                        épouse en 02/1140: Eustache IV comte de Boulogne, mort en 1153.

                                      en 1154: Raymond V comte de Toulouse, mort en 1195. Divorce en 1165.

                                                 Philippe né en 1125, évêque de Paris ?-1159 abdique, mort le 04/09/1161.

                – Pierre I né en 1126, mort en 1179. Il participe à la Deuxième Croisade.

                        épouse: Elisabeth dame de Courtenay et dame de Tanley et dame de Champignelles et dame de

                                       Charny et dame de Montargis fille de Renaud seigneur de Courtenay.

                                           XIX Louis VII Florès ou Le Jeune né en 1120, roi associé de France 25/10/1131-01/08/1137, puis roi de France 01/08/1137-01/11/1179, puis roi associé de France 01/11/1179-18/09/1180. Il est un des chefs de la Deuxième Croisade.

        épouse en 08/1137: Aliénor ou Eléonore duchesse d’Aquitaine et duchesse de Gascogne et comtesse de

                                           Poitiers et comtesse de Bordeaux et comtesse d’Agen et abbesse de Saint-Hilaire fille de

                                           Guillaume X duc d’Aquitaine, morte en 1204. Divorce le 18/03/1152.

                                            en 1154: Constance fille d’Alphonse VII roi de Castille, morte en 1160.

                          en 1160: Alix ou Adèle fille de Thibaud IV comte de Champagne, morte en 1206.

                       2 enfants du premier mariage:

                – Marie née en 1145, morte le 11/03/1198.

                        épouse en 1164: Henri I Le Libéral comte de Champagne, mort en 1181.

                – Alix née en 1151, morte en 1184.

                        épouse en 1174: Thibaud I Le Bon comte de Blois, mort en 1191. 

                – Marguerite née en 1158, reine associée d’Angleterre, puis reine de Hongrie et reine de Croatie, comtesse

                  du Vexin, morte en 1198.

                        épouse en 1170: Henri Le Jeune Roi roi associé d’Angleterre, mort en 1183.

                          en 1186: Béla III roi de Hongrie.

                – Alix ou Marguerite comtesse d’Eu et dame d’Arques, née en 1160.

                        épouse le 20/08/1195: Guillaume II comte de Ponthieu, mort en 1221.

            2 enfants du troisième mariage:

                – Philippe II Auguste roi de France. cf: dessous.

                – Agnès puis Anne née en 1171, impératrice de Constantinople, morte en 1240.

                        épouse en 1183: Andronic I empereur de Constantinople.

                                      en 1204: Théodore Brancas prince d’Andrinople.

XX Philippe II Auguste ou Dieudonné né le 22/08/1165, roi associé de France 01/11/1179-18/09/1180, puis roi de France 18/09/1180-14/07/1223. Il est un des chefs de la Troisième Croisade.

        épouse le 28/04/1180: Isabelle comtesse d’Artois fille de Baudoin V comte de Hainaut, morte en 1190.

          en 1193: Ingeburge ou Insambour fille de Valdemar I roi du Danemark, morte en 1236. Divorce en

                                      1193.

                      en 06/1196: Agnès fille de Berchtold VI duc de Méranie, morte en 1201.

            3 enfants du premier mariage:

                – Louis VIII Le Lion roi de France. cf: dessous.

                – X né le 15/03/1190, mort le 18/03/1190. Jumeau de X.

                – X né le 15/03/1190, mort le 18/03/1190. Jumeau de X.

             2 enfants du troisième mariage et 1 enfant naturel:

                – Marie née en 1198, morte le 01/08/1238.

                        épouse en 08/1206: Philippe I comte de Namur, mort en 1212.

                                      en 04/1213: Henri I duc de Brabant, mort en 1235.

                – Philippe Hurepel né en 1200, comte de Clermont-en-Beauvaisis et comte de Mortain et comte d’Aumale,

                  tué en 1234 (en tournoi).

                      épouse en 1216: Mathilde comtesse de Dammartin et comtesse de Boulogne fille de Renaud comte

                                                      de Dammartin, morte en 1258.

                            2 enfants:

                                – Jeanne née en 1219, comtesse de Clermont-en-Beauvaisis et comtesse d’Aumale, morte en

                                  1252.

                                        épouse en 1241: Gaucher seigneur de Montjoy, mort en 1251. 

                                – Albéric né en 1222, comte de Dammartin, mort en 1284.

                – Fils naturel (légitimé): Pierre-Charbot évêque-comte de Noyon (pair de France) 1240-09/10/1249 (lors de

                  la Septième Croisade).

XXI Louis VIII Le Lion ou Cœur de Lion né le 03/09/1187, roi de France 14/07/1223-08/11/1226.

        épouse le 23/05/1200: Blanche fille d’Alphonse VIII roi de Castille, morte en 1252.

                13 enfants:

                – X née en 1205, morte en 1206.

                – X née et morte en 1207.

                – Philippe né le 09/09/1209, mort en 1218.

                – X née en 1213.

                – Saint Louis IX roi de France. cf: dessous.

                – Robert I Le Vaillant ou Le Bon né en 09/1216, comte d’Artois et seigneur de Bapaume et seigneur de

                  Lens et seigneur de Saint-Omer et seigneur d’Aire et seigneur de Hesdin, tué le 09/02/1250 (lors de la

                  Septième Croisade en Egypte).

                            use en 1237: Mahaut ou Mathilde fille d’Henri II duc de Brabant, morte en 1288.

                 Philippe né en 1218, mort en 1220.

                – Jean né en 09/1219, comte d’Anjou et comte du Maine, mort en 1232.

                – Alphonse III né le 11/11/1220, comte de Poitiers et comte d’Auvergne et comte d’Amiens, mort le

                  21/08/1271. Il participe aux Septième et Huitième Croisades.

                                épouse en 1241: Jeanne comtesse de Toulouse et comtesse de Rouergue et duchesse de Narbonne

                                                      et duchesse de Septimanie et marquise de Provence et comtesse de Quercy et

                                                      comtesse de Nîmes et comtesse de Gévaudan et comtesse d’Albi fille de Raymond

                                                      VII comte de Toulouse, morte en 1271.

                – Philippe ou Dagobert né en 1221, mort en 1232.

                – Bienheureuse (1520) Isabelle ou Elisabeth née en 03/1224, abbesse de Longchamp, morte le

                  23/02/1269. Fête le 23/02.

                – Etienne né en 1225.

                – Charles I né en 03/1226, comte d’Anjou et comte du Maine et comte du Perche 08/1246-07/01/1285, roi

                  de Naples et roi de Sicile et roi de Sardaigne 06/01/1265-29/03/1282, puis roi de Naples et roi titulaire de

                  Sicile et roi de Sardaigne 29/03/1282-07/01/1285, roi d’Albanie 1271-1284, roi titulaire de Jérusalem

                  1277-07/01/1285. Il participe aux Septième et Huitième Croisades.

                                puis                       

                        épouse le 31/01/1245: Béatrix comtesse de Provence et comtesse de Forcalquier fille de     

                                                                Raymond-Bérenger V comte de Provence, morte en 1267.

                                                                  en 1268: Marguerite comtesse de Tonnerre fille d’Eudes de Bourgogne, morte en 1308.

                                 XXII Saint (11/08/1297) Louis IX né le 25/04/1215, roi de France 08/11/1226-25/08/1270 (de la peste à Tunis lors de la Huitième Croisade). Fête le 25/08. Il est le chef des Septième et Huitième Croisades.

        épouse en 1234: Marguerite fille de Raymond-Bérenger V comte de Provence, morte en 1295.

            11 enfants:

                – Blanche née en 1240, morte le 29/04/1243.

                – Isabelle née le 02/03/1241, reine de Navarre, morte le 27/04/1271.

                        épouse en 1258: Thibaud II roi de Navarre.

                – Louis né le 21/09/1243, mort en 1259.

                – Philippe III Le Hardi roi de France. cf: dessous.

                – Jean né en 1247, mort le 10/03/1247.

                – Jean-Tristan né en 1250, comte de Valois, mort le 03/08/1270 (de la peste à Tunis lors de la Huitième

                  Croisade).

                        épouse en 06/1265: Yolande comtesse de Nevers fille d’Eudes de Bourgogne, morte en 1280.

                                                               – Pierre I né en 1251, comte d’Alençon, mort le 06/04/1284.

                             épouse en 1272: Jeanne comtesse de Blois et comtesse de Chartres et comtesse de Dunois et dame

                                                      d’Avesnes et dame de Guise et dame de Condé et dame de Châtillon fille de Jean

                                              comte de Blois, morte en 1291.

                            2 enfants:

                                – Louis né en 1276, mort en 1277.

                                – Philippe né en 1278, mort en 1279.

                – Blanche née en 1252, morte le 17/06/1320.

                        épouse en 1269: Ferdinand I de La Cerda, mort en 1275.

                – Marguerite née en 1255, morte en 1271.

                        épouse en 1270: Jean I duc de Brabant, mort en 1294.

                – Robert né en 1256, comte de Clermont-en-Beauvaisis, mort le 07/02/1317.

                               épouse en 1272: Béatrix dame de Bourbon et dame de Sainte-Juste et comtesse de Charolais fille de

                                                      Jean II comte de Charolais, mort en 1310.                             

                – Agnès née en 1260, reine titulaire de Thessalonique, morte en 1327.

                        épouse en 1279: Robert II duc de Bourgogne, mort en 1306.

XXIII Philippe III Le Hardi né le 01/05/1245, roi de France 25/08/1270-06/10/1285. Il participe à la Huitième Croisade.

        épouse le 28/05/1262: Isabelle fille de Jacques I roi d’Aragon, morte en 1271. 

                      en 08/1274: Marie fille d’Henri III duc de Brabant, morte en 1321. 

            4 enfants du premier mariage:

                – Louis né en 1265, empoisonné en 1276.

                – Philippe IV Le Bel roi de France. cf: dessous.

                – Robert né en 1269.

                – Charles I né en 1270, comte de Valois et comte d’Alençon et comte de Chartres 1285-16/12/1325, comte

                  d’Anjou et comte du Maine et comte du Perche 09/1297-16/12/1325, co empereur titulaire Latin de

                  Constantinople 1300-02/01/1307, puis empereur titulaire Latin de Constantinople 02/01/1307-1313, baron

                  de Châteauneuf-en-Thimerais 04/1314-16/12/1325, pair de France (lettres patentes pour Anjou 09/1297

                  et pour Châteauneuf-en-Thimerais 04/1314).

                                                       puis                           

                        épouse le 16/08/1290: Marguerite comtesse d’Anjou et comtesse du Maine et comtesse du Perche

                                                                fille de Charles II roi de Naples, morte en 1299. 

                                      en 1300: Catherine co impératrice titulaire latine de Constantinople et dame de Courtenay et

                                                      dame de Montargis fille de Philippe I empereur titulaire Latin de Constantinople,

                                                      morte en 1307.

                                      en 06/1308: Mahaut fille de Gui III comte de Saint-Pôl, morte en 1358.

                                                                                                   3 enfants du deuxième mariage:

                – Marguerite née en 1279, reine d’Angleterre, morte en 1317.

                        épouse le 08/09/1299: Edouard I roi d’Angleterre.

                – Louis né en 05/1276, comte d’Evreux et comte de Gien et comte d’Etampes et comte de

                  Beaumont-le-Roger et comte de Mantes et comte de Meulan et comte de Longueville, pair de France

                  (lettres patentes pour Evreux 01/1316), mort le 19/05/1319.

                                                   épouse en 1300: Marguerite dame de Brie-Comte-Robert fille de Philippe seigneur de Conches, morte

                                                      en 1311.

                                            – Blanche née en 1278, morte le 14/03/1305.

                        épouse en 1300: Rodolphe III Le Débonnaire co duc d’Autriche, mort en 1307.

                                                     IV Philippe IV Le Bel (I roi de Navarre) né en 1268, roi de France 06/10/1285-29/11/1314.

        épouse le 16/08/1284: Jeanne I reine de Navarre et comtesse de Champagne et comtesse de Troyes et

                                                comtesse de Meaux et comtesse de Provins et comtesse de Brie et vicomtesse de

                                                Châteaudun et dame de Montagu et dame de Montagne et dame de Vierzon et dame de

                                                Saumur et dame de Coucy fille d’Henri I roi de Navarre, morte en 1305.

                                                            7 enfants:

                – Marguerite née en 1288, morte en 1300.

                – Louis X Le Hutin roi de France. cf: dessous.

                – Blanche née en 1290, morte en 1294.

                – Isabelle La Louve de France née en 1291, reine d’Angleterre, morte le 21/11/1357.

                        épouse le 22/01/1308: Edouard II roi d’Angleterre.

                – Philippe V Le Long ou le Borgne ou Le Grand (II roi de Navarre) né en 1292, comte de

                  Poitiers et seigneur de Salins, pair de France (lettres patentes pour Poitiers 08/1315), puis roi de France et

                  roi de Navarre 19/11/1316-03/01/1322 (empoisonné ?). 05/06/1316-19/11/1316 régent de France.

                        épouse en 01/1306: Jeanne I comtesse d’Artois et comtesse de Bourgogne et dame de Conches fille

                                                           d’Othon IV comte de Bourgogne, morte en 1329.

                            6 enfants:

                                – Louis né en 1316, mort le 08/02/1317.

                                – X (fils).

                                – Jeanne II née en 1308, comtesse d’Artois et comtesse de Bourgogne, reine titulaire de

                                  Thessalonique, pair de France, morte en 1347.

                                        épouse le 18/06/1318: Eudes IV duc de Bourgogne, mort en 1349

                                – Marguerite I née en 1310, morte le 09/05/1382.

                                        épouse en 1320: Louis I de Nevers comte de Flandre, mort en 1346.

                                         Isabelle née en 1312, morte en 1348.

                                        épouse le 17/05/1323: Guigues VIII dauphin de Viennois, mort en 1333.

                                       en 1339: Jean baron de Faucogney.

                                – Blanche née en 1314, religieuse, morte le 26/04/1358.

                – Charles IV Martel (I roi de Navarre) né en 1294, comte de La Marche, pair de France (lettres

                  patentes pour La Marche 03/1316), puis roi de France et roi de Navarre 03/01/1322-01/02/1328.

                        épouse en 1307: Blanche fille d’Othon IV comte de Bourgogne, morte en 1326. Divorce en 1322.

                                      le 21/09/1322: Marie fille d’Henri VII empereur du Saint Empire Romain Germanique, morte en

                                                                1324.

                                      en 1325: Jeanne fille de Louis comte d’Evreux, morte en 1370. .

                            2 enfants du premier mariage:

                                – Philippe né en 1313, mort en 1322.

                                – Jeanne née en 1315, morte en 1321.

                            1 enfant du deuxième mariage:

                                – Louis né et mort en 1324.

                            3 enfants du troisième mariage:

                                – Jeanne née en 1326, morte en 1327.

                                – Marie née en 1327, morte le 06/10/1341.

                                – Blanche née posthume en 1328, comtesse de Beaumont, morte le 08/02/1392.

                                        épouse le 18/01/1344: Philippe comte d’Orléans, mort en 1375. 

                – Robert né en 1297, mort en 1308.

XXV Louis X Le Hutin (I roi de Navarre) né le 04/10/1289, roi de Navarre et comte de Champagne (etc), pair de France (pour Champagne) 02/04/1305-05/06/1316, roi de France 29/11/1314-05/06/1316 (empoisonné ?).

                    épouse le 23/09/1305: Marguerite fille de Robert II duc de Bourgogne, morte en 1315.

                     le 19/08/1315: Clémence fille de Charles I roi titulaire de Hongrie, morte en 1328.

                                                   2 enfants:

                – Jeanne II née le 28/01/1311, comtesse de Champagne 05/06/1316-1318, comtesse de Brie

                  05/06/1316-06/10/1349, co reine de Navarre et comtesse de Mortain et comtesse de Longueville et

                  comtesse d’Angoulême 01/02/1328-1336, puis co reine de Navarre 1336-16/09/1343, puis reine de

                  Navarre 16/09/1343-06/10/1349, pair de France (pour Champagne et lettres patentes pour Angoulême et

                  pour Mortain 27/03/1317). 

                        épouse en 1318: Philippe III Le Bon co roi de Navarre.

                – Jean I Le Posthume né posthume le 15/11/1316, roi de France et roi de Navarre

                  14/11/1316-19/11/1316 (empoisonné ?).

 

 

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Godefroy IV de Boulogne, dit Godefroi de Bouillon

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Godefroy IV de Boulogne, dit Godefroi de Bouillon (1061 – 1100).

Duc de Basse Lorraine (1089-1095),

Avoué du Saint-Sépulcre (1099-1100).

 

 

Il est fait roi du royaume latin de Jérusalem, au lendemain de la prise de la ville en 1099.

Fils de l’héritière des ducs de Brabant et d’Eustache II, comte de Boulogne-sur-Mer, au royaume de France. Il appartient à une famille de haute noblesse qui prétendait compter Charlemagne parmi ses ancêtres, et qui possédait des biens de la mer du Nord au Rhin; l’essentiel de sa puissance s’établissait en pays wallon, en Belgique actuelle, avec, en particulier, le château de Bouillon, dont Godefroy IV prit le nom.

 

En 1076, son oncle Godefroi III le Bossu, duc de Basse Lorraine, sans héritier, lui lègue en 1076 le comté de Verdun et la Marche d’Anvers. Godefroi de Bouillon a soutenu le parti de l’empereur contre le pape Grégoire VII et, en 1084, il participe à l’expédition italienne d’Henri IV. Touché par le comportement du jeune homme et pour le récompenser de ses fidèles et loyaux services, l’empereur germanique le reconnaît en 1089 duc de Basse Lorraine qui s’étend sur la rive gauche du Rhin et qui comprend l’Ardenne, le Hainaut, le Brabant, le pays de Liège. En effet, tout comme ses ancêtres,

 

En 1095, il est l’un des premiers à répondre à l’appel d’Urbain II. Avec ses frères Baudouin et Eustache, il prend la croix; il rassemble ses vassaux, vend une partie de ses biens, dont la seigneurie de Bouillon, et part à la tête d’une armée de chevaliers des Pays-Bas et du nord de la France. Parti de Vézelay avec une suite nombreuse, il passe par Ratisbonne, Vienne, Belgrade et Sofia, arrive à Constantinople, et se heurte aussitôt à Alexis Comnène.

Rejoint par les autres armées de la croisade, il traverse l’Asie Mineure. Après la prise d’Antioche, lassé de la querelle interminable qui oppose Bohémond de Tarente et Raimon de Toulouse, Godefroi se retire temporairement chez son frère Baudouin à Édesse, d’où il rejoint les Croisés lorsqu’ils reprennent enfin la route pour Jérusalem.

Il pénètre le premier à Jérusalem, lors de l’assaut donné le 15 juillet 1099. Personnalité effacée, esprit conciliateur, il est élu seigneur de Jérusalem par les barons, le 17 juillet, parce qu’on ne le craignait pas. Sous la pression du parti clérical qui ne veut pas qu’un souverain laïc soit paré du prestige de l’onction royale à Jérusalem, Godefroi ne prend que le titre d’avoué du Saint-Sépulcre désireux avant tout de protéger les intérêts de l’Église dans l’État latin en formation. Son règne sera court. Quelques semaines plus tard, il livre à Ascalon un combat victorieux, décisif pour l’avenir de l’État latin, contre les Égyptiens.

Il meurt le 18 Juillet 1100, d’une flèche empoisonnée, pendant qu’il dirigeait les opérations du siège d’Acre. Il est inhumé au Saint-Sépulcre. Ses vassaux firent appel pour lui succéder à son frère Baudouin, qui avait conquis le comté d’Édesse, et l’imposèrent comme roi de Jérusalem malgré les prétentions théocratiques du légat du pape, Daimbert, et l’opposition des croisés normands.

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Guillaume I de Nogaret

Guillaume I de Nogaret né vers 1265, seigneur de Calvisson, mort en 05/1314. 1308-05/1314 chancelier de France. Il fut chargé de « l’attentat d’Anagni » contre le pape Boniface VIII et du procès des Templiers

C’est un professeur de droit romain que le roi Philippe IV le Bel nomme, en 1302, chancelier et garde des sceaux. Depuis un an, celui-ci s’oppose au pape avec fermeté. Le roi a arrêté le moine dont Boniface VIII a fait évêque de Pamiers et élevé au rang de siège épiscopal. Qui plus est, le pape affirme, dans la bulle du 18 novembre 1302, que “dans le domaine temporel autant que spirituel, toute créature humaine est en tout, de nécessité de salut, soumise au pontife romain”. Guillaume de Nogaret réplique en dénonçant par un réquisitoire au pape qu’il accuse d’être usurpateur, hérétique et simoniaque. Nogaret part pour Rome, la veille de la publication d’une bulle d’excommunication du roi de France. Il parvient à entrer à Agnani où réside alors le pape et l’arrête. La colère du peuple de la ville contraint Nogaret à libérer le souverain pontife, qui meurt à Rome le 15 octobre 1303. Nogaret convainc encore le pape Clément V d’ouvrir un procès en hérésie contre son prédécesseur. En 1307, c’est Guillaume de Nogaret qui est l’instigateur de l’arrestation des Templiers. Le registre du trésor des Chartes mentionne “L’an 1307, le 22 septembre, le roi étant au monastère de Maubuisson, les sceaux furent confiés au seigneur Guillaume de Nogaret ; on traita ce jour-là de l’arrestation des Templiers.” Guillaume de Nogaret, pour lequel tous les moyens, de l’enlèvement à la torture, auront toujours été bons en politique, meurt quelques mois avant que les Templiers ne soient brûlés non loin de Notre Dame de Paris.

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Grands noms des Croisades

ecu_7.gifDrogon seigneur de Nesle et seigneur de Falvy. Il participe à la Première Croisade.
 
Yves III seigneur de Nesle et seigneur de Falvy, comte de Soissons 1146-1177. Il participe à la Deuxième Croisade.
Jean III seigneur de Falvy et seigneur de La Herelle. Il participe à la Huitième Croisade, épouse : Béatrix fille de Guillaume comte de Joigny, en 1260: Jeanne comtesse d’Aumale et comtesse de Ponthieu fille de Simon comte d’Aumale, morte en 1278.
Jean IV seigneur de Falvy et seigneur de La Herelle, mort en 12/1300. Il participe à la Huitième Croisade, épouse: Marie, Jeanne fille de Jean seigneur d’Audenarde.
Raoul III Le Bon comte de Soissons, mort le 04/01/1236. Il participe à la Troisième Croisade,épouse en 1183: Alix ou Adèle fille de Robert comte de Dreux puis Yolande fille de Geoffroy IV seigneur de Joinville,  Puis, Agnès dame de Hans fille de Jacques seigneur d’Avesnes.

Raoul vicomte de Soissons et seigneur de Cœuvres. Il participe aux Septième et Huitième Croisades, épouse: Comtesse fille de Jean I seigneur de Hangest.

Jean II Le Bon ou Le Bègue comte de Soissons, mort en 1270. Il participe à la Huitième Croisade, épouse: Marie dame de Chimay et dame du Tour fille de Roger seigneur de Chimay puis Mahaud comtesse de Chartres et dame d’Amboise et dame de Montrichard et dame de Chaumont fille de Sulpice III seigneur d’Amboise.
Philippe Le Grammairien mort en 1096 (lors de la Première Croisade). Il participe à la Première Croisade
Robert III comte d’Alençon, mort le 08/09/1217. Il participe à la Croisade des Albigeois, épouse: Jeanne fille de Josbert seigneur de La Guerche puis Emme dame de Laval fille de Gui V seigneur de Laval.
Rotrou II comte du Perche et seigneur de Mortagne, mort en 1143. Il participe à la Première Croisade.

           

        épouse en 1102: Mathilde fille naturelle d’Henri I roi d’Angleterre, morte en 1120 puis  Havoise ou Harvise fille de Gauthier d’Evreux comte de Salisbury, née en 1118, morte en 1152.


Rotrou III comte du Perche, mort en 1191 (lors de la Troisième Croisade),épouse: Mahaut fille de Thibaud II comte de Champagne, morte en 1184.

Etienne duc de Philadelphie, tué le 14/04/1205 (à Andrinople). Il participe à la Quatrième Croisade.
Geoffroy II comte du Perche et comte de Mortagne, mort en 1202. Il participe à la Troisième Croisade, épouse: Mathilde fille d’Henri XII duc de Saxe, morte en 1209.

Gui II comte de Ponthieu, mort en 1147 (lors de la Deuxième Croisade).
Jean I comte de Ponthieu et comte de Montreuil, mort en 1191 (lors de la Troisième Croisade).
Conrad III né en 1093, duc de Franconie, puis roi des Romains et roi d’Italie 13/03/1138-15/02/1152, duc de Bavière 1141-1143. Il est un des chefs de la Deuxième Croisade, épouse en 1136: Gertrude fille de Bérenger II comte de Soulzbach, morte en 1146.

Frédéric I Barberousse (III duc d’Alsace et duc de Souabe) né en 1122, duc d’Alsace et duc de Souabe 1147-03/1152, puis roi des Romains et roi d’Italie 03/1152-18/06/1155, puis empereur du Saint Empire Romain Germanique et roi d’Italie 18/06/1155-10/06/1190 se noie (lors de la Troisième Croisade dont il est un des chefs). Il participe à la Deuxième Croisade, épouse en 1147: Adélaïde fille de Diepold III margrave von Vohburg, née en 1122, morte en 1190. Divorce en 1153     puis en 1156: Béatrice I comtesse de Bourgogne fille de Renaud III co comte de Bourgogne, morte en 1184.

Frédéric VI né en 1167, duc d’Alsace et duc de Souabe 1170-1191. Il participe à la Troisième Croisade, épouse en 1189: X fille de Béla III roi de Hongrie.


Frédéric II-Roger Stupeur du Monde (I roi de Sicile, VI duc d’Alsace et duc de Souabe) né en 1194, roi des Romains 1196-1224, puis empereur du Saint Empire Romain Germanique 1224-13/12/1250, roi de Sicile (etc) 1197-1212 et 1220-13/12/1250, duc d’Alsace et duc de Souabe 1212-1216, roi d’Italie 1215-13/12/1250, co roi titulaire de Jérusalem 1225-1228. Il est le chef de la Sixième Croisade, épouse en 1210: Constance fille d’Alphonse II roi d’Aragon, morte en 1222 puis en 1225: Isabelle II co reine titulaire de Jérusalem fille de Jean I co roi titulaire de Jérusalem, morte en 1228.


Guillaume seigneur de Mello. Il participe à la Troisième Croisade, épouse: Ermentrude de Bulles.

Dreux IV seigneur de Saint-Bris et seigneur de Baulche, mort le 03/03/1218. ? connétable de France. Il participe à la Troisième Croisade, épouse: Ermengarde fille de Dreux seigneur de Moucy.


Guillaume I Le Jeune seigneur de Saint-Bris Dreux seigneur de Loches et seigneur de Châtillon-sur-Indre. Il participe à la Septième Croisade, épouse: Isabelle dame de Mayenne fille de Juhael II seigneur de Mayenne.

Guillaume II seigneur de Saint-Bris, mort en 1248. Il participe à la Septième Croisade
Godefroi I de Bouillon né vers 1058, marquis d’Anvers et comte de Verdun 1076-1096 abdique,

                  duc de Basse-Lorraine (ou de Bouillon) et prince de Stenay et prince de Monzon 1087-1096 abdique,

                  comte de Boulogne (etc) 1093-1096 abdique, puis devient avoué du Saint-Sépulcre

                  22/07/1099-17/07/1100 (empoisonné ?). Il est un des chefs de la Première Croisade.

Baudoin I (adopté par Thoros prince d’Edesse) né en 1058, comte d’Edesse 1098-17/07/1100, puis  roi de Jérusalem 17/07/1100-02/04/1118. Il est un des chefs de la Première Croisade.
Eustache III comte de Boulogne (etc) 1096-1125. Il est un des chefs de la Première Croisade, épouse en 1102: Marie fille de Malcolm III roi d’Ecosse, morte en 1116.

Baudoin II du Bourg né en 1058, comte d’Edesse 17/07/1100-02/04/1118, puis roi de Jérusalem 02/04/1118-21/08/1131. Il est un des chefs de la Première Croisade, épouse en 1101: Morafia fille de Gabriel de Mélitène, morte en 1127.

Guerric I seigneur de Coligny et seigneur de Revermont. Il participe à la Deuxième Croisade.
Hugues né en 1170, seigneur de Coligny et seigneur de Revermont et seigneur de Saint-André-sur-Suran et seigneur de Châtillon et seigneur de Corneille et seigneur de Varey et seigneur de Saint-Sorlin, tué le 02/09/1205. Il participe à la Quatrième Croisade,épouse en 1193: Béatrix dauphine de Viennois et comtesse d’Albon fille de Guigues V dauphin de Viennois, morte en 1228.

Richard prince de Salerne. Il est un des chefs de la Première Croisade, épouse: X fille d’Eudes Le Bon


Bohémond I né en 1054, prince de Tarente, prince d’Antioche 03/06/1098-1104 abdique, mort en 1111. Il est un des chefs de la Première Croisade, épouse en 1105: Constance fille de Philippe I roi de France, morte en 1125

Tancrède prince de Tibériade et prince de Galilée, puis devient prince d’Antioche 1104-1112, Il est un des chefs de la Première Croisade, épouse en 1106: Cécile fille de Philippe I roi de France.


Guillaume V Le Vieux né en 1110, marquis de Montferrat 1135-1190. Il participe à la Deuxième Croisade, épouse en 1133: Judith fille de Léopold III margrave d’Autriche, morte en 1168.

Conrad prince de Tyr 1187-1192, marquis de Montferrat 1190-1192, co roi titulaire de Jérusalem 1192-1192 assassiné. Il participe à la Troisième Croisade, épouse: Théodora fille d’Andronic Ange, en 1190: Isabelle I co reine titulaire de Jérusalem fille d’Amaury I roi de Jérusalem, morte en 1205.

Boniface I né en 1150, marquis de Montferrat 1192-1207, roi de Salonique 1204-1207 décapité par les Valques. Il est un des chefs de la Quatrième Croisade, épouse en 1170: Hélène de Busca morte en 1204, en 1204: Marguerite fille de Béla III roi de Hongrie.

Renaud Barthelemy  tué lors de la Première Croisade en 1096 (à Nicée).

Hugues III seigneur de Broyes et seigneur de Châteauvillain et seigneur d’Arc et seigneur de Baye et seigneur de Néelle et seigneur de Villenosse et seigneur de Champigny-sur-Aube, mort en 1199. Il participe à la Deuxième Croisade, épouse en 1144: Stéphanie fille de Renaud I comte de Bar, en 1178: Isabelle dame de Baudement, morte en 1239.

Nicolas seigneur de Mailly et seigneur de Senlis. Il participe à la Quatrième Croisade, épouse: Ermogie ou Amélie de Beaumont.

Gilles I seigneur de Mailly et seigneur d’Auteville et seigneur de Nedon et seigneur d’Auvilliers et seigneur d’Acheu et seigneur de Vavans et seigneur de Colincamp et seigneur de Ploich et seigneur d’Andinser et seigneur de Meiseroles, mort en 07/1255. Il participe à la Septième Croisade, épouse: Avicie fille de Vautier seigneur de Heilly.

Gilles II seigneur de Mailly et seigneur d’Acheu et seigneur de Ploich et seigneur d’Andinser. Il participe à la Huitième Croisade, épouse: Jeanne dame de Talmas et dame de L’Orsignol et dame de Buire-aux-Bois fille de Thibaut d’Amiens

Etienne comte d’Aumale et comte de Holdernesse, mort en 1127. Il participe à la Première Croisade, épouse: Hedwige.

Etienne III-Henri né en 1046, comte de Blois (etc) et comte de Brie et comte de Meaux et comte de Provins 1089-18/07/1102, comte de Troyes 1093-18/07/1102 tué. Il est un des chefs de la Première Croisade, épouse en 1081: sainte Alix ou Adèle ou Adélaïde fille de Guillaume I roi d’Angleterre, morte en 1137.

Thibaud I ou V Le Bon né en 1130, comte de Blois et comte de Chartres 17/03/1181-1191 (lors de la Troisième Croisade). Vers 1152 sénéchal de France, épouse : Sibylle de Château-Renard puis  en 1174: Alix fille de Louis VII roi de France, morte en 1184.

Louis comte de Blois et comte de Chartres 1191-14/08/1205, duc de Nicée 1204-14/08/1205.  Il participe à la Quatrième Croisade, épouse en 1184: Catherine comtesse de Clermont-en-Beauvaisis fille de Raoul I comte de Clermont-en-Beauvaisis, morte en 1218.

Henri I Le Libéral né en 1126, comte de Champagne et comte de Blois (etc) et comte de Brie et comte de Troyes (etc) 10/01/1152-17/03/1181. Il participe à la Deuxième Croisade, épouse en 1164: Marie fille de Louis VII roi de France, morte en 1198

Henri II né en 1166, comte de Champagne et comte de Troyes et comte de Meaux et comte de Provins et comte de Brie et vicomte de Châteaudun et seigneur de Montagu et seigneur de Montagne et seigneur de Vierzon et seigneur de Saumur et seigneur de Coucy 17/03/1181-1197, co roi titulaire de Jérusalem 1192-1197 se tue en tombant d’une fenêtre (meutre ?). Il participe à la Troisième Croisade,épouse en 1192: Isabelle I co reine titulaire de Jérusalem fille d’Amaury I roi de Jérusalem, morte en 1205

Thibaud V (III comte de Champagne) né en 1179, comte de Champagne (etc) 1197-25/05/1201. Il devait être le chef de la Quatrième Croisade, épouse en 1199: Blanche I fille de Sanche VI roi de Navarre, morte en 1229

Thibaud II (V comte de Champagne, VII comte de Troyes (etc)) né en 1238, roi de Navarre et comte de Champagne (etc), pair de France 10/07/1253-04/12/1270. Il participe à la Huitième Croisade, épouse en 1258: Isabelle fille de Louis IX roi de France, morte en 1271.

Etienne I comte de Sancerre, mort en 1191 (lors de la Troisième Croisade), épouse en 1153: Mathilde ou Alix fille de Geoffroy III seigneur de Donzy.

Henri I né en 1165, duc de Brabant et comte de Louvain et marquis d’Anvers 10/08/1190-05/09/1235. Il participe à la Troisième Croisade, épouse en 1179: Mathilde fille de Mathieu de Lorraine, morte en 1210 puis en 04/1213: Marie fille de Philippe II roi de France, morte en 1238.

Conon comte de Duras (etc) et seigneur de Rochefort. Il meurt lors de la Troisième Croisade.
Gérard I comte de Loos, mort le 02/09/1191 (lors de la Troisième Croisade), épouse en 1135: Adélaïde fille d’Henri comte de Gueldre.

Thierry sénéchal de l’Empire Latin de Constantinople. Il participe à la Quatrième Croisade.

 Guillaume tué en 1206. Il participe à la Quatrième Croisade.

Gérard II comte de Reneck. Il participe à la Sixième Croisade.
Geoffroy IV Le Jeune ou Le Valet seigneur de Joinville, mort en 1190. Il participe à la Troisième Croisade, épouse: Helvide fille de Gui I seigneur de Dampierre.

Jean Boutefeux seigneur de Joinville, mort en 1317. Il s’agit du mémoraliste de Saint Louis. Il participe à la Septième Croisade, épouse en 1231: Ordile ou Adélaïde fille d’Henri V comte de Grandpré. Puis  Alix dame de Risnel fille de Gautier seigneur de Risnel. Puis en 1301: Marguerite fille d’Henri II comte de Vaudémont, morte en 1336.


Guillaume I Le Charpentier vicomte de Melun. Il participe à la Première Croisade.
 
Simon seigneur de La Loupe et seigneur de Marcheville, tué le 11/07/1302 (à Courtrai). 1290 maréchal de France. Il participe à la Huitième Croisade, épouse Marie ou Anne dame de La Salle.

Raoul I seigneur de Montfort (en Bretagne) et seigneur de Gaël, mort en 1097. Il participe à la conquête de l’Angleterre avec Guillaume Le Conquérant et à la Première Croisade, épouse: Emma fille de Guillaume de Breteuil comte de Herefort.

Alain. Il participe à la Première Croisade.
 
Eric seigneur d’Herment, mort le 02/08/1270. 1265 maréchal de France. Il participe à la Huitième Croisade

Louis seigneur de Montferrand et seigneur d’Herment, mort le 26/09/1280. Il participe à la Huitième Croisade.
Pierre I né en 1126, mort en 1179. Il participe à la Deuxième Croisade, épouse en 1150: Elisabeth dame de Courtenay et dame de Tanley et dame de Champignelles et dame de Charny et dame de Montargis fille de Renaud seigneur de Courtenay.

Jean né en 1226, archevêque-duc de Reims (pair de France) 1266-20/08/1270 (lors de la Huitième Croisade).

Ithier II seigneur de Tocy et seigneur de Puisaye. Il participe à la Première Croisade.
Ithier III seigneur de Tocy et seigneur de Puisaye. Il participe à la Deuxième Croisade, épouse: Elisabeth fille de Renaud II comte de Joigny.

Pierre seigneur de Fay et seigneur de Capdeuil. Vers 1090. Il participe à la Première Croisade.
Pons seigneur de Fay et seigneur de Capdeuil et seigneur de La Voûte. Il participe à la Première Croisade.

Henri II Jasomirgott (IV comte palatin du Rhin et XI duc de Bavière) né en 1112, comte palatin du Rhin 1139-1142, margrave puis 1156 duc d’Autriche 1141-1177 tué, duc de Bavière 1143-1156. Il participe à la Deuxième Croisade, épouse en 1142: Gertrude fille de Lothaire III empereur du Saint Empire Romain Germanique, morte en 1143 puis en 1148: Théodora fille d’Andronic Comnène, morte en 1183.

Léopold V Le Pieux né en 1157, duc d’Autriche 1177-1194, duc de Styrie 1192-1194. Il participe à la Troisième Croisade, épouse en 1174: Hélène fille de Géza II roi de Hongrie, morte en 1199.

Bertrand et Hugues de Galard de Béarn participe à la Septième Croisade.
 
Henri I comte d’Eu 1096-12/07/1140. Il participe à la Deuxième Croisade, épouse: Marguerite fille de Guillaume comte de Chartres, morte en 1145.

Robert III Courteheuse né en 1051, duc de Normandie et comte de Rouen 09/09/1087-28/09/1106 abdique, mort le 10/02/1134. Il est un des chefs de la Première Croisade, épouse en 1100: Sibylle fille de Geoffroy comte de Conversano, morte en 1103.
Robert II Le Jérosolimitain comte de Flandre 12/10/1093-03/12/1111. Il est un des chefs de la Première Croisade, épouse en 1092: Clémence fille de Guillaume I comte de Bourgogne, morte en 1129.


Baudoin II de Jérusalem né en 1056, comte de Hainaut (etc) 20/02/1071-1098 (tué lors de la Première Croisade), épouse en 1084: Ide ou Alix fille d’Henri II comte de Louvain, morte en 1139

Henri I né en 1176, empereur Latin de Constantinople 14/05/1205-11/06/1216. Il est un des chefs de la Quatrième Croisade, épouse le 04/02/1207: Agnès fille de Boniface I marquis de Montferrat, morte en 1208 puis en 1209: Marie fille de Kaloyan tsar de Bulgarie puis – Eustache, épouse: X fille de Michel I Comnène despote d’Epire puis – Sibylle morte en 1217 puis épouse en 1195: Guichard III Le Grand seigneur de Beaujeu, mort en 1216.

Baudoin VI (I empereur Latin de Constantinople, IX comte de Flandre) né en 07/1171, comte de Hainaut (etc) et comte de Flandre, pair de France (pour Flandre) 17/12/1195-14/04/1205, empereur Latin de Constantinople 12/04/1204-14/04/1205 capturé et exécuté par les Bulgares. Il est un des chefs de la Quatrième Croisade, épouse en 1186: Marie fille d’Henri I comte de Champagne, morte en 1204.

Mathieu II Le Grand Connétable seigneur de Montmorency et seigneur de Feuillarde et seigneur de Deuil et seigneur de Château-Baffot et seigneur d’Espinay et seigneur d’Herouville et seigneur de Conflans-Sainte-Honorine et seigneur de Taverny et seigneur de Saint-Brice et seigneur de Groley et seigneur d’Attichy 1189-24/11/1230. ? connétable de France.  Il est un des chefs de la Quatrième Croisade, épouse: Gertrude fille de Raoul III comte de Soissons, morte en 1220 puis Emme dame de Laval fille de Gui V seigneur de Laval.

Hermann III Le Gros margrave de Bade 1130-1160. Il participe à la Deuxième Croisade, épouse en 1134: Berthe fille de Simon I duc de Lorraine puis Marie fille de Sobieslav I duc de Bohême.

Hugues III né en 1148, duc de Bourgogne et comte de Charolais et comte de Langres 1162-23/08/1192. Il participe à la Troisième Croisade ,épouse en 1165: Alix fille de Mathieu I duc de Lorraine, morte en 1200. Divorce en 1183 puis en 1183: Béatrix dauphine de Viennois et comtesse d’Albon fille de Guigues V dauphin de Viennois, morte en 1228.

Richard I Cœur de Lion né en 1157, co duc d’Aquitaine (etc) 1169-06/04/1199, roi d’Angleterre et seigneur d’Irlande et comte d’Anjou (etc) et duc de Normandie 06/07/1189-06/04/1199 tué. Du  11/12/1192 au 04/02/1194 emprisonné en Allemagne. Il est un des chefs de la Troisième Croisade, épouse en 1191: Bérengère fille de Sanche VI roi de Navarre, morte en 1230.

Guillaume III né en 1224, mort le 06/06/1251. Il participe à la Septième Croisade, épouse en 1247: Béatrix fille d’Henri II duc de Brabant, morte en 1288.

Guillaume III comte de Nevers et comte d’Auxerre, mort le 21/11/1161. Il participe à la Deuxième Croisade, épouse en 1140: Ide fille d’Engelbert II duc de Carinthie, morte en 1178.

Gui I seigneur de Mirepoix. Il participe à la Croisade des Albigeois où il reçoit la seigneurie de Mirepoix, épouse: Guiburge fille de Simon III seigneur de Montfort

Simon IV seigneur de Montfort et comte de Leicester, comte de Toulouse et duc de Narbonne et duc de Septimanie et comte de Nîmes et comte d’Albi et comte du Gévaudan et comte de Rouergue et comte de Quercy, pair de France 01/1215-25/06/1218 tué. Il est le chef de la Croisade des Albigeois, épouse: Alix fille de Bouchard V seigneur de Montmorency, morte en 1221.

Raoul I comte de Clermont-en-Beauvaisis, mort en 07/1191. ? connétable de France. Il participe à la Troisième Croisade,  épouse: Alix dame de Breteuil fille de Valéran III seigneur de Breteuil.

Cono I seigneur d’Adrianople, mort en 1218. Il est un des chefs de la Quatrième Croisade.
 
Archambaud VII Le Fort seigneur de Bourbon 1126-1171. Il participe à la Deuxième Croisade, épouse: Agnès fille d’Humbert II comte de Savoie.

Archambaud XI Le Jeune seigneur de Bourbon 1238-15/01/1248 (lors de la Septième Croisade).épouse: Yolande comtesse de Nevers et comtesse d’Auxerre et comtesse de Tonnerre et dame du Perche-Goët et dame de Montjoy et dame de Thorigny et dame de Broigny et dame de Donzy et dame de Saint-Aignan fille de Gui I comte de Saint-Pôl.

Hugues I Le Grand né en 1057, seigneur de Chaumont-en-Vexin, mort le 18/10/1102. Il est un des chefs de la Première Croisade, épouse en 1080: Adélaïde comtesse de Vermandois et comtesse de Valois fille d’Herbert IV comte de Vermandois.

Henri (Enrico) Dandolo doge de Venise 01/01/1193-1205. Il est un des chefs de la Quatrième Croisade qui prend Constantinople.
 
Hardouin V baron de Maillé. Il participe à la Septième Croisade, épouse: Jeanne fille d’Hugues seigneur de Bauçay.

Gilbert ou Gauthier Payen. Il participe à la Première Croisade.
 
Calo II seigneur de Caumont. Il participe à la Première Croisade.
 
Foulques seigneur de Beauvau, tué en 1190 (lors de la Troisième Croisade)   épouse: Claudine Landry

Raymond seigneur de L’Isle. Il participe à la Première Croisade.
 
Clérembault seigneur de Noyers. Il participe à la Troisième Croisade, épouse: Alix fille d’André seigneur de Rameru

Jean I seigneur d’Aumont et seigneur de La Neufville-d’Aumont et seigneur du Mesnil. Il participe à la Septième Croisade, épouse: Mabille.

Henri IV né en 1150, comte de Grandpré, tué en 1211 (lors de la Croisade des Albigeois), épouse: Isabeau fille de Raoul I seigneur de Coucy puis Agnès dame de Hans fille de Jacques seigneur d’Avesnes.

Guillaume V Le Jeune baron du Bec-Crespin et seigneur d’Estrepagny et seigneur de Dangu et dame de Mauny et seigneur de Neaufle. Vers 1282 maréchal de France. Il participe à la Huitième Croisade. épouse: Jeanne baronne de Varenguebec et dame de la Luthumière et dame de Mortemer fille de Guillaume de Mortenier baron de Varenguebec.

Decan seigneur d’Uzès, mort le 30/08/1138. Il participe à la Première Croisade, épouse: Marie dame de Posquières fille de Rostaing I seigneur de Posquières.
Raymond I Pelet Le Croisé seigneur d’Alais. Il participe à la Première Croisade, épouse: Agnès.
 
Bernard III seigneur de Moreuil. Il participe à la Quatrième Croisade, épouse: Marie.
Henri seigneur de Boufflers et seigneur de Morlay et seigneur de Campigneulles. Il participe à la Septième Croisade, épouse: Elisabeth de Brimeu
Gauthier III seigneur de Nemours, mort le 28/08/1270 (peste lors de la Huitième Croisade). 1257 maréchal de France,  épouse: Alix.
Guillaume I seigneur de Sabran. Il participe à la Première Croisade.
 
Roger seigneur de Wavrin et seigneur de Saint-Venant et seigneur de Malannoy, mort en 1215. Il participe à la Troisième Croisade, épouse: Adelide fille d’Arnoul I comte de Guînes. Puis de Sibille.
Wallo mort en 1098. Il participe à la Première Croisade, épouse: Humberge fille d’Hugues seigneur du Puiset.
Bernard seigneur de Pardaillan et seigneur de Gondrin. Vers 1230. Il participe à la Huitième Croisade.
 
Golfier Le Grand seigneur de Las Tours et seigneur de Hautefort. Il participe à la Première Croisade, épouse: Agnès fille de Ranulfe III vicomte d’Aubusson
Hugues seigneur de Vergy et seigneur d’Autrey. Il participe à la Troisième Croisade, épouse: Gilles fille de Garnier seigneur de Trainel.
Thierry seigneur de Bitche, comte de Flandre et comte d’Artois 28/07/1128-04/02/1168. Il participe à la Deuxième Croisade, épouse en 1128: Marguerite fille de Renaud II comte de Clermont-en-Beauvaisis, morte en 1130 puis en 1130: Sybille fille de Foulques V comte d’Anjou, morte en 1165.
Jean I comte de Brienne, co roi titulaire de Jérusalem 14/09/1209-1225 abdique, mort en 03/1237. cf: dessus (Première branche). Il est le chef de la Cinquième Croisade, épouse le 14/09/1209: Marie co reine titulaire de Jérusalem fille de Conrad co roi titulaire de Jérusalem, morte en 1212. en 1214: Stéphanie ou Rita fille de Léon II roi de Petite-Arménie, morte en 1219, en 1224: Bérengère fille d’Alphonse IX roi de Castille, morte en 1237.
 

Publié dans : L'ordre des Templiers | le 17 septembre, 2006 |4 Commentaires »

Les querelles théologiques.

CXQE.jpgLes querelles théologiques.



 

Hérésie: opinion contraire au dogme.

Schisme: opinion contraire à la discipline.

Gnoticisme: né au IIème siècle en Egypte: révélation intérieur qui permet d’accéder à la connaissance du divin et à la Rédemption.

Marcionisme: né au IIème siècle en Mésopotamie: dualisme qui oppose Dieu des Juifs à la justice vindicative et le Dieu des chrétiens + miséricordieux.

Montanisme: né au IIème siècle en Afrique: Montanus prêtre phrygien se veut la voix du Saint-Esprit apportant le message complémentaire à l’Evangile pour préparer à la fin du monde imminente. Une morale rigoriste.

Novatianisme: prêtre romain Novatien du IIème siècle qui s’oppose au pardon des lapsi (ceux qui ont renié leur foi lors des persécutions) au contraire du pape.

Le concile de Nicée en 325 le condamne.

Ebionites: IIIème siècle, ils nient la divinité de Jésus.

Artotyrites: IIIème siècle, ils célèbrent le repas eucharistique avec du pain et du fromage.

Cyrénaïques: IIIème siècle, ils nient l’utilité de la prière.

Donatisme: en Afrique de nombreux traditores (ceux qui ont livré les Livres lors des persécutions de Dioclétien), or en 311 Cécilien nouvel évêque de Carthage a été ordonné prêtre par un évêque traditores, l’Eglise d’Afrique considère que le sacrement n’est pas valable. En 312 70 évêques numides rejettent l’Eglise des pécheurs pour l’Eglise des saints et élisent Majorinus puis Donat évêque de Carthage provoquant un schisme. Cependant les autres Eglises et l’empereur Constantin reconnaissent Cécilien.

Les donatistes en appellent à un jugement par les évêques Gaulois, Constantin en 313 réunit le concile du Latran (pape préside avec des évêques Italiens et Gaulois) qui condamne Donat mais ce dernier refuse la sentence. Constantin décide de réunir un tribunal épiscopal au concile d’Arles en 314 qui condamne le donatisme + expulse du Clergé les traditores si prouvé par des actes officiels + pénitence pour les lapsi + pas rebaptiser les hérétiques + évêque > confesseur (celui qui a subit des sévices lors des persécutions sans en mourir). Donat fait appel au tribunal impérial, Constantin en 316 condamne le donatisme et par un édit en 317 ordonne aux donatistes de rendre les lieux de culte mais refus, alors Cécilien demande l’intervention de l’Etat provoquant une persécution contre les donatistes. En 321 édit d’unité de Constantin qui laisse aux donatistes les églises et la liberté de culte. Le schisme durera jusqu’au VIIIème siècle.

Arianisme: débat trinitaire: 320 opposition entre Alexandre évêque d’Alexandrie et Arius un de ses prêtres. Il reprend les doctrines subordinationistes en prétendant que les 3 personnes de la Trinité ne sont pas = ni confondus: Dieu le Père est incréé et inengendré et par là est > au Christ Fils et Verbe de Dieu car celui-ci a été créé avant la création du temps mais n’est pas éternel mais une créature exceptionnelle et pas de même substance (nature) que le Père.

Alexandre réunit en 320 un synode (les évêques d’Egypte et de Libye dépendant du patriarcat) à Alexandrie qui excommunie et chasse Arius mais celui-ci à l’appui des évêques palestiniens (tel Eusèbe de Nicomédie). Constantin essaye de réconcilier Alexandre et Arius mais n’y arrive pas, il réunit en 325 un concile œcuménique (l’épiscopat en entier) à Nicée I dont il fixe l’ordre du jour et préside.

Décision: condamnation de l’arianisme + novatianisme + paulicianisme, rédaction du symbole de Nicée (ou Credo) qui résume la doctrine officielle (Jésus engendré et non créé, de même substance que le Père donc éternel (consubstantialité)), date de Pâques établie d’après le calendrier solaire romain et non plus d’après le calendrier lunaire juif, interdiction des transferts épiscopaux, des métropolitains dans chaque chef-lieu de province. Les évêques ariens sont obligés par Constantin de signer le texte, ceux qui refusent (2 dont Eusèbe + Arius) sont exilés.

Macédonianisme: Macédonius (mort en 370) nie la divinité et la consubstantialité du Saint-Esprit.

Le concile de Constantinople I en 381 le condamne et le patriarcat de Constantinople est mis en deuxième position d’honneur après celui de Rome.

Nestorianisme: débat christologique: Nestorien (a étudié à l’école d’Antioche) évêque de Constantinople prône que Marie n’est la mère que de la nature humaine (Christotokos et non Théotokos), les 2 natures (divine et humaine) se sont unies à la naissance. Il y a donc 2 personnes dans le Christ, l’homme et le Dieu, et Marie n’est pas la mère de Dieu.

Le concile d’Ephèse (431) condamne et dit qu’il n’y a qu’une personne dans le Christ et donc Marie est mère de Dieu. Le concile de Constantinople (II (553) confirme cela en condamnant les écrits de 3 nestoriens (« Trois Chapitres »).

Monophysisme: débat christologique: en réaction au nestorianisme Eutychès (mort en 453), soutenu par l’école d’Alexandrie, a appuyé sur l’idée de l’unicité de la personne du Christ, on en est arrivé à ne plus distinguer les 2 natures. Donc 1 seule nature dans le Christ, la nature humaine a été absorbée par celle divine.

A l’intérieur de cette hérésie domine le courant Sévèrien qui admet que le Christ soit consubstantiel à Dieu et à l’homme (donc dérive de 2 natures), mais dans le Christ ne subsiste qu’une nature.

Le concile de Chalcédoine (451) condamne et définit que les 2 natures sont distinctes mais unies dans 1 seule personne. Jacques Baradaï (mort en 578) fonde l’Eglise jacobite qui reprend les thèses monophysites.

Monoénergisme (1 énergie) et monothélisme (1 volonté): débat christologique dont le but est, en 630, de refaire l’unité religieuse de L’Empire. Le patriarche de Constantinople Sergius contourne l’obstacle des natures en disant que le Christ n’a qu’une seule énergie (1 action) et l’édit impérial Psèphos en 633 interdit toute discussion (en raison de l’opposition du patriarche de Jérusalem Sophronios). Le pape Honorius I accepte Psèphos mais relance le débat avec l’unique volonté. En 638 Ekthésis définit officiellement le Foi (d’après la lettre d’Honorius I) et en 648 Typos interdit toute discussion.

Mais opposition du patriarche de Jérusalem (reprend Aristote en disant que l’on ne peut affirmer unicité de l’activité sans affirmer l’unicité de nature) + perte des provinces monophysites + opposition de Maxime Le Confesseur (prend l’exemple de La Trinité pour montre que la volonté se rattache à la nature et non à la personne, donc le monothélisme = monophysisme) + l’opposition des papes (pape Martin, avec l’aide de Maxime Le Confesseur, convoque le concile de Latran qui condamne le monothélisme mais l’empereur ne le reconnaît pas car ne l’a pas convoqué ni présidé).

L’empereur Constantin IV convoque et préside le concile de Constantinople III (680-681) qui condamne le monothélisme. Donc 2 natures + 2 volontés + 2 énergies + 1 personne (hypostase). C’est la fin de l’unité chrétienne, les monophysites se séparent. L’empereur affaiblit doit accepter que sur les monnaies le droit est l’image du Christ, on a remplacé le culte impérial par le culte de l’image.

Pélagianisme: moine breton Pélage (mort en 422) attribue un caractère tout-puissant à la volonté humaine, perfection possible sur Terre, nie la grâce et le péché originel.

Premier iconoclasme: (attention pas une hérésie car porte sur le dogme) l’empereur Léon III veut recentre l’autorité sur l’empereur (ainsi remettre l’image de l’empereur sur les 2 côtés de la monnaie) + il voit dans l’anarchie civile et le siège de Constantinople par les Arabes et l’éruption du Santorin la colère de Dieu contre le culte des images et ses excès (on prête aux images des vertus miraculeuses), dans l’Ancien Testament colère divine contre les idoles donc il faut faire une nouvelle Alliance pour éviter la déportation et l’empereur a le devoir de protéger les chrétiens. La critique ne porte pas sur la représentation mais sur la relation qu’elle suggère avec le divin.

En 730 l’édit impérial Silention condamne les images, le patriarche Germanos refuse de le signer car la décision d’interdire le culte des images ne peut se faire que par un concile et il démissionne (dès avant 730 Germanos s’était opposé à Constantin de Nacoleia sur ce sujet: le second voit dans le culte des saints un polythéisme, à quoi Germanos répond que le Christ est pleinement homme et que les saints ne participent pas à la nature divine et donc ne peuvent être confondus avec des dieux). Le nouveau patriarche suit Léon III mais pas le pape.

L’empereur Constantin V propose une doctrine iconoclaste dans Interrogations: une critique externe en montrant que la vénération des icônes est une idolâtrie, une critique interne en montrant que le Christ est 1 hypostase unissant de façon indissociable les 2 natures à la fois en les confondant et il ne peut donc être représenté (comme représentée la nature divine) donc si l’on est pour le culte des images l’on est soit monophysite (1 nature) soit nestorianiste (en représentant que la nature humaine en la séparant de celle divine), l’image est de même nature que son prototype. Le concile de Hiereia (pas de patriarches présents donc pas œcuménique) s’appuie sur la Bible + Pères + Actes des conciles + thèse impériale pour lancer un anathème contre les images. Constantin V le fait appliqué.

Les réactions hostiles: iconoclasme met en cause l’Incarnation, dénoncée l’ingérence impériale. Germanos continue à lutter, Rome, Jean Damascène est le principal défenseur des images car il vit en terre d’Islam (Palestine) pour qui le culte des images n’est pas une idolâtrie mais une référence à l’Incarnation qui rend Dieu représentable, donc le Christ parfaitement homme peut être représenté car sinon on est monophysiste (on confond les 2 natures), il distingue l’image du prototype (les honneurs rendus remontent au prototype par la vénération, et non l’adoration, de l’image), il propose une échelle de l’image.

Le concile de Nicée II (787): le pouvoir impérial revigoré amène un apaisement, Taraise accepte de devenir patriarche si un concile est réuni. L’impératrice Irène réunit un concile œcuménique qui condamne l’iconoclasme à partir de l’étude des textes sacrés (Bible, Pères, Canons, Vies des saints, récits de miracle) et des lettres de Germanos mais sans faire appel à la pensée damascienne. On assimile les iconoclastes aux Arabes et aux Juifs. On a montré quantitativement la valeur du culte des images mais sans un débat de fond, on est allé très loin en inventant une religion avec le culte des images (au départ la doctrine du pape Grégoire Le Grand semble accepté puis elle est dépassée: les images ne sont pas seulement destinées à l’enseignement des illettrés mais l’on doit les vénérer comme moyen de communiquer avec le prototype, ce n’est plus l’icône qui est à la ressemblance du prototype mais l’inverse).

Deuxième iconoclasme: retour de l’iconoclasme car défaites militaire + anciens évêques iconoclastes sont encore en place + schisme moechien + invocation de Constantin V par la foule et l’armée. L’empereur Léon V veut sauver l’Empire et pense que Dieu l’a abandonné (constate que les empereurs iconoclastes ont gagné leurs batailles et ont fondé une dynastie) et il restaure l’horos de Hiereia (Actes), le patriarche Nicéphore démissionne. Les seules persécutions touchent des moines intransigeants.

Nicéphore s’oppose en disant que le Verbe s’est circonscrit en prenant nature humaine, on peut donc le représenter, si refuser de circonscrire le Verbe s’est nier l’Incarnation et être monophysite. Pour le moine Théodore Stoudite il existe une différence entre l’image réelle (Fils image du Père) qui ne diffère pas de son modèle et l’image art ; l’icône représente le prototype pour celui qui le contemple ; le Christ est circonscrit en tant qu’homme et incirconscrit en tant que Dieu, si pas d’image on nie l’Incarnation, le Christ s’est fait homme et s’est rendu visible, il n’est pas Christ si il ne peut être représenté car alors il n’est pas homme. Donc les images ne sont pas des idoles car elles renvoient à autre chose qu’à elles-mêmes. Constantin V a confondu image et être, l’image est une simple ressemblance, la seule image consubstantielle à son prototype est celle du Fils image du Père dans la Trinité.

L’empereur met fin à l’iconoclasme en 843.

Schisme photien: le patriarche de Constantinople Ignace est élu et s’oppose aux partisans de l’ancien patriarche Méthode (il dépose Grégoire Asbestas). Asbetas fait appel à Rome pour qui l’archevêques n’est plus alors déposé mais suspendu. Or Ignace est remplacé par Photios qui est ordonné par Grégoire Asbestas encore suspendu et il reçoit tous les ordres en 5 jours (déjà des précédents mais pas conforme aux canons).

Un concile anti-ignatien, où présence des légats du pape, confirme la condamnation car désigné par un laïc sans élection. Donc si papauté approuve déposition d’Ignace alors Ignace n’a jamais été patriarche et donc Grégoire jamais déposé donc appel au pape nul et intronisation de Photios valable. Mais le pape Nicolas I confirme l’élection d’Ignace (ses partisans ont fait appel à lui) et condamne Photios car élévation trop rapide et consécration par un évêque suspendu, rejet du synode anti-ignatien. Photios envoie alors une encyclique aux patriarches orientaux où dénoncent les erreurs latines (divergences sur la discipline et la pratique) et convoque un concile qui excommunie Nicolas I en 867. Mais Photios est déposé et le concile de Constantinople IV (869-870) rétablit Ignace d’où réconciliation. Après la mort d’Ignace Photios redevient patriarche et le concile de 879-880 le réhabilite. Le pape accepte ce concile car a besoin de l’armée byzantine face aux Arabes mais la réconciliation n’est que de façade, le concile admet que chaque patriarcat conserve ses pratiques + partage du monde chrétien en 2 hiérarchies égales avec appel réciproque.

Filioque: à partir de la pensée de saint Augustin (l’Esprit procède en premier du Père qui communique au Fils son pouvoir) l’Occident de Charlemagne dit que le Saint Esprit procède du Père et du Fils, l’Orient dit que le Saint Esprit procède du Père à travers le Fils. L’Orient refuse le Filioque comme la destruction de l’équilibre de la Trinité (risque que le Père et le Fils soient 2 principes distincts et indépendants du Saint Esprit) + violation du principe voté à Constantinople I et à Ephèse interdisant de modifier le symbole de Nicée + négation de l’enseignement évangélique (Jean XV, 26 je vous enverrai l’esprit de la Vérité qui procède du Père.

Tétragamie: Début X l’empereur Léon VI interdit les quatrièmes mariages, mais avec ses 3 premières femmes il n’a pas de fils. Sa maîtresse lui en donne un, le patriarche accepte de baptiser l’enfant mais force Léon VI à se séparer de sa maîtresse. Cependant ce dernier la fait revenir et l’épouse, la patriarche lui ferme alors le portes de Sainte-Sophie et Léon VI fait appel à Rome qui lui envoie une dispense. Léon Vi force la patriarche à démissionner. A la mort de Léon VI son frère Alexandre rappel le patriarche qui excommunie tout le Clergé qui a soutenu Léon VI dont le pape. Donc schisme interne en Orient et rupture avec Rome, mais vite les liens se refont.

Schisme de 1054:

Pourquoi: pape couronne Henri II avec le globe d’or symbolisant le monde + encyclique de Photios a mis en évidence des divergences + début de la réforme ecclésiastique en Occident + querelle pour le titre de patriarche œcuménique + Italie du Sud byzantine menacée par les Normands + en Italie du Sud archevêchés de Trani (promut par Byzance) et de Bari (capitale de l’Italie byzantin) passent à l’obédience romaine.

Un lettre de Léon d’Ochrida condense les erreurs liturgiques romaines (pain azyme, carême le samedi, pas mariage des prêtres), le cardinal Humbert y voit une lettre faite par Léon et le patriarche Michel Cérulaire. Le pape Léon IX répond par une lettre adressée à Cérulaire où énumère les hérésies orientales + primauté romaine issue de la donation de Constantin (un faux) + attaque le patriarche. Cérulaire fait alors fermé les églises latines de Constantinople.

Une ambassade, sur la demande de l’empereur Constantin et de Michel (pape  et Humbert pensent alors que Cérulaire a reculé car l’empereur l’y contraint donc la situation est favorable à Constantinople pour que l’empereur lâche le patriarche), avec le cardinal Humbert de Moyenmoutier + Frédéric de Lorraine chancelier + Pierre archevêque d’Amalfi. L’ambassade apporte une lettre pour l’empereur et une lettre pour le patriarche. Le Basileus la ménage car a besoin de la Papauté contre les Normands et l’entrevue se passe bien la lettre plaisant au Basileus, mais le patriarche est hostile et l’entrevue est mauvaise:

    – sur la forme: il les reçoit entouré de son synode, on les place au rang en fonction de leur poste non en tant qu’envoyé du pape (problème de la place d’Humbert qui est placé comme titulaire du petit évêché de Silva Candida car le titre de cardinal est inconnu).

    – sur la forme: Michel ignore, ou feint d’ignorer, qu’Humbert lui a attribué la lettre de Léon d’Ochrida, pour lui il n’a écrit que la lettre de concorde jointe à celle de l’empereur, or la lettre de réponse de Léon IX condamne les rites orientaux avec des menaces d’excommunication. Il est impensable que Léon IX ait répondu ainsi à sa lettre, la lettre est donc une fausse destinée à nuire au patriarche auprès de l’empereur, le crime profite au duc byzantin d’Italie son ennemi d’où tout un roman (Argyros a confisqué la véritable lettre et remplacé par la fausse lors du passage des légats qui ne sont donc que des hommes de paille du duc) qui est faux mais Michel le croira et ne recevra plus les légats d’autant plus que la mort de Léon IX vient le conforter dans son erreur.

Humbert va alors affronter, au sujet des pratiques, le moine Nicolas Stéthatos (le patriarche évite de discuter), mais l’empereur ne peut sacrifier ses objectifs politiques et donc il force le moine à se rétracter, ceci confirme Humbert dans son appréciation erronée des rapports de force (le souci politique de l’empereur l’amènera à faire plier le patriarche).

L’ambassade excommunie le patriarche (dépose le samedi 16 juillet sur le maître-autel de Sainte-Sophie la charte), le lundi l’ambassade s’en va, Michel n’informe l’empereur que le mardi (attente de 3 jours pour avoir le soutien de la foule et du Clergé), le Basileus fait ramener l’ambassade. Le jeudi les légats doivent comparaître devant le synode qui est dévoué au patriarche, Humbert veut la présence impériale (l’empereur ne peut accepter pour des raisons politiques leurs condamnations) mais Michel refuse car ce n’est pas un concile et pas de base canonique à la présence impériale, l’empereur fait alors partir l’ambassade pour sa sécurité. Le synode se réunit et fait comparaître les interprètes, l’empereur fait porter un lettre qui recommande l’excommunication des légats et c’est ce qui arrive. Les légats ont fait une erreur d’appréciation des rapports de force. Le dimanche lecture de la sentence d’excommunication à Sainte-Sophie, elle frappe les légats et leurs conseillers mais pas le pape.

Donc la double excommunication frappe le patriarche et les légats du moment, donc entre hommes (il n’est pas rare que 2 évêques s’excommunient mutuellement). Il ne s’agit donc pas d’un schisme, mais le fossé se creuse de + en + au niveau des rites. C’est 1204 (prise de Constantinople par la quatrième croisade) qui sera la véritable rupture.

Néomessalianisme: apparaît en Anatolie au Xème siècle et est nanichéenne: la nature humaine est mauvaise, les sacrements s’ont aucun pouvoir pour le salut. Après un épreuve les initiés peuvent s’unir à qui ils veulent. Refus de la Croix et de la Vierge.

Secte des Souniens: en Orient, débat trinitaire: Fils et Saint Esprit attributs du Père.

Athinganes: en Orient, secte judaïsante mais refusant la circonsition.

Phoundagiagites: en Orient, secte dualiste.

Paulicianisme: VII-IXème siècles, manichéenne, en Orient. Refus du Clergé, de la Croix, des saints, du mariage. Le Pater est la seule prière. La communion se fait pas l’enseignement du Christ et non par l’Eucharistie. 2 branches: en Arménie Christ adopté par Dieu, en Grèce manichéenne avec Dieu mauvais créateur du monde et Dieu bon créateur du ciel). Les pauliciens sont persécutés.

Bobomiles: Xème siècle, manichéenne, en Bulgarie. Le monde terrestre est mauvais car œuvre de Satan, il faut renoncer au monde matériel. Le Christ pur esprit n’est pas mort sur la Croix mais seulement l’homme Jésus. Seul un noyau dur de fidèles peut se séparer du monde.

Orléans: en Occident, contre le sacrements, ascétisme strict.

Pélagianisme: en Occident, nie pêché originel.

Adoptianisme: en Occident à la suite de Félix évêque d’Urgel en 794.

Bérenger de Tours au XIème siècle refuse la Transsubstantiation.

Schisme d’Aquilée: VI-VIIème siècles les métropolitains d’Aquilée et de Milan (Italie du Nord) refusent de communier avec le pape nommer par l’empereur.

Ratramne nie la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, le corps du Christ dans l’Eucharistie est une figure à la ressemblance du corps historique du Christ. I

Prédestinationisme: Gottschalk moine (mort en 868) , nie le libre arbitre de faire du bien sans la grâce de Dieu qui sait à l’avance et prédestine. L’homme est prédestiné avant sa naissance au salut ou à la damnation.

Le concile de Mayence le condamne en 848.

Dulcinistes ou Apostoliques: Gérard Segarelli (1300) et Dulcrin (1307) disent qu’au règne du Père, puis du Fils, doit succéder celui du Saint Esprit qui mènerait les hommes à la perfection.

Les Vaudois: Pierre Valdès, vers 1180, marchand lyonnais, veut vivre une vie évangélique (imiter la vie des Apôtres). Il vend ses biens, vit d’aumône, sans domicile fixe, reçoit (bien que non prêtre) le droit de prêcher. Mais des abus dans sa prédication amène en 1184 son excommunication par le pape, les Vaudois critiquent le Clergé et les sacrements. Ils fondent une Eglise hérétique.

En 1205 schisme entre les Vaudois Lombards qui veulent faire un travail manuel et les Vaudois autour de Pierre Valdès qui veulent vivre des dons (pauvreté et mendicité).

Catharisme: 1170 papa Nicetas convertit en Lombardie et Languedoc en installant une hiérarchie (diacre, évêque). Un dualisme absolu (Dieu est le Bien et l’Esprit, Satan est le Mal et la Matière) en Languedoc et dans une partie de Lombardie, dualisme mitigé dans le reste de la Lombardie. Ils sont opposés aux sacrements, à la résurrection des morts (l’âme va de corps en corps jusqu’à son retour au ciel), tout ce qui est matériel est l’œuvé du démon. Par le consolamentum (imposition des mains alors que le croyant récite le Pater Noster) on met un terme à la réincarnation de l’âme, on devient un parfait pratiquant l’ascétisme (pauvreté, abstinence, chasteté).

L’Eglise tente d’abord de convaincre, puis croisade des Albigeois et Inquisition.

Jean Wyclif: théologien qui vers 1375 écrit des traités de théologie qui donnent au prince un pouvoir sans limite: seul Dieu commande et possède, le Christ a vécu pauvre pour ne pas s’approprier ce qui est à Dieu, donc l’homme n’a pas le droit de commander et posséder de biens, donc un idéal de pauvreté qui ruine l’édifice social, mais l’imperfection des hommes fait qu’une loi civile est nécessaire et le roi dirige tout même l’Eglise visible. Il va plus loin en acceptant la prédestination (distingue Eglise invisible des Sauvés et Eglise visible (institutions, sacrements) inutile), la Bible est la seule source de foi donc chaque chrétien doit y avoir accès sans intermédiaire pour atteindre l’état de grâce permettant de devenir un Sauvé, il nie la transsubstantiation.

Le concile de Constance en 1414 condamne la pensée de Wyclif et interdit la lecture de la Bible en langue vulgaire. Les Lollards sont les disciples de Wyclif.

Jean Huss: participe à la réforme de l’Eglise de Bohême, mais en 1411 hausse le ton pour critiquer le Clergé et rejette la papauté. Il pousse plus loin la pensée de Wyclif en disant que seuls les prédestinés font partie de l’Eglise.

Le concile de Constance en 1414 le juge comme partisan de Wyclif et il est brûlé. Ses disciples se divisent entre taborites (extrémistes), calixtins ou utraquistes (modérés).

Grand Schisme d’Occident: les ambitions politiques des cardinaux provoquent une division de la Papauté de 1378 à 1417. Angleterre + Saint-Empire + Flandre soutiennent le pape de Rome ; France + Espagne + Portugal soutiennent le pape d’Avignon.

Publié dans : VALEURS DE FRANCE | le 17 septembre, 2006 |Pas de Commentaires »

Quelques Noms celèbres des Croisades

10.gifHugues I Le Grand né en 1057, seigneur de Chaumont-en-Vexin, mort le 18/10/1102. Il est un des chefs de la Première Croisade, épouse en 1080: Adélaïde comtesse de Vermandois et comtesse de Valois fille d’Herbert IV comte de Vermandois.

 - Robert I Le Grand né en 1123, comte de Dreux (1137) et seigneur de Savigny et seigneur de Torcy et seigneur de Brie-Comte-Robert et seigneur de Chilly et seigneur de Longjumeau 1137-1184 abdique, mort en 11/10/1188. Il participe à la Deuxième Croisade.

Pierre I né en 1126, mort en 1179. Il participe à la Deuxième Croisade, épouse: Elisabeth dame de Courtenay et dame de Tanley et dame de Champignelles et dame de Charny et dame de Montargis fille de Renaud seigneur de Courtenay.

Louis VII Florès ou Le Jeune né en 1120, roi associé de France 25/10/1131-01/08/1137, puis roi de France 01/08/1137-01/11/1179, puis roi associé de France 01/11/1179-18/09/1180. Il est un des chefs de la Deuxième Croisade, épouse en 08/1137: Aliénor ou Eléonore duchesse d’Aquitaine et duchesse de Gascogne et comtesse de Poitiers et comtesse de Bordeaux et comtesse d’Agen et abbesse de Saint-Hilaire fille de Guillaume X duc d’Aquitaine, morte en 1204. Divorce le 18/03/1152.

Philippe II Auguste ou Dieudonné né le 22/08/1165, roi associé de France 01/11/1179-18/09/1180, puis roi de France 18/09/1180-14/07/1223. Il est un des chefs de la Troisième Croisade épouse le 28/04/1180: Isabelle comtesse d’Artois fille de Baudoin V comte de Hainaut, morte en 1190.

Robert I Le Vaillant ou Le Bon né en 09/1216, comte d’Artois et seigneur de Bapaume et seigneur de Lens et seigneur de Saint-Omer et seigneur d’Aire et seigneur de Hesdin, tué le 09/02/1250 (lors de la Septième Croisade en Egypte)épouse en 1237: Mahaut ou Mathilde fille d’Henri II duc de Brabant, morte en 1288.

 Alphonse III né le 11/11/1220, comte de Poitiers et comte d’Auvergne et comte d’Amiens, mort le 21/08/1271. Il participe aux Septième et Huitième Croisades.épouse en 1241: Jeanne comtesse de Toulouse et comtesse de Rouergue et duchesse de Narbonne et duchesse de Septimanie et marquise de Provence et comtesse de Quercy et comtesse de Nîmes et comtesse de Gévaudan et comtesse d’Albi fille de Raymond VII comte de Toulouse, morte en 1271.

Charles I né en 03/1226, comte d’Anjou et comte du Maine et comte du Perche 08/1246-07/01/1285, roi de Naples et roi de Sicile et roi de Sardaigne 06/01/1265-29/03/1282, puis roi de Naples et roi titulaire de Sicile et roi de Sardaigne 29/03/1282-07/01/1285, roi d’Albanie 1271-1284, roi titulaire de Jérusalem 1277-07/01/1285. Il participe aux Septième et Huitième Croisades.

Saint (11/08/1297) Louis IX né le 25/04/1215, roi de France 08/11/1226-25/08/1270 (de la peste à Tunis lors de la Huitième Croisade). Fête le 25/08. Il est le chef des Septième et Huitième Croisades,épouse en 1234: Marguerite fille de Raymond-Bérenger V comte de Provence, morte en 1295.

Jean-Tristan né en 1250, comte de Valois, mort le 03/08/1270 (de la peste à Tunis lors de la Huitième Croisade, épouse en 06/1265: Yolande comtesse de Nevers fille d’Eudes de Bourgogne, morte en 1280.

Philippe III Le Hardi né le 01/05/1245, roi de France 25/08/1270-06/10/1285. Il participe à la Huitième Croisade, épouse le 28/05/1262: Isabelle fille de Jacques I roi d’Aragon, morte en 1271, en 08/1274: Marie fille d’Henri III duc de Brabant, morte en 1321.

Publié dans : L'ordre des Templiers | le 17 septembre, 2006 |Pas de Commentaires »
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