Archive pour la catégorie 'VALEURS DE FRANCE'

De la chevalerie et de la guerre

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De la chevalerie et de la guerre 
  par Georges LENORMAND

 

L’Eglise a tenté, ce fut l’une de ses plus belles et efficaces actions temporelles, à l’époque de la féodalité et du déclin du pouvoir royal, de faire transmettre des rois aux princes, puis aux seigneurs et enfin aux chevaliers dans leur ensemble, la fonction qui, dans la tradition, revient au souverain : protéger le royaume et sa population, en particulier les églises et les populations sans défense.

Origine et évolution de la chevalerie

En général, la tradition veut que les premiers chevaliers soient issus des milieux pauvres de la société. Cependant, les historiens sont partagés sur ce sujet. Ceux qui minimisent l’ampleur de la mutation féodale des alentours de l’an mil confondent volontiers chevalerie et noblesse. Ceux qui, au contraire, soulignent cette mutation ont tendance à exagérer l’ampleur des troubles qui résultent de l’affaiblissement du pouvoir central et à surestimer la montée d’une nouvelle « classe sociale », celle des chevaliers, issus des couches les plus aisées de la paysannerie.

Malgré ces différences d’opinions, certains faits s’imposent à tous : le rôle de plus en plus important de la chevalerie dans les batailles et l’intérêt que leur portent de nombreux historiens. Un autre fait reconnu par tout le monde, est la grande hétérogénéité sociale de la chevalerie jusqu’au milieu du XIII° siècle. La chevalerie n’est donc pas une classe sociale sui generis. De plus, avant le XIII° siècle, il n’est pas toujours aisé de distinguer la noblesse de la chevalerie.

Cependant, le fait que l’Eglise et la noblesse s’intéressent de plus en plus à la chevalerie permet peu à peu la promotion de son système de valeurs. Ainsi, à la fin du XII° siècle, la noblesse essaie de réserver l’entrée dans la chevalerie à ses fils. De ce fait, on a l’impression d’une évolution totalement opposée entre le XII° s et la moitié du XIII°s. Avant 1250, tous les nobles laïcs adultes sont chevaliers, mais tous les chevaliers ne sont pas nobles, alors qu’après 1250, tous les chevaliers sont nobles, mais tous les nobles ne sont pas chevaliers.

Ce phénomène peut s’expliquer par le coût de l’équipement, celui de l’adoubement (cérémonie d’accès à la chevalerie) et l’introduction de l’hérédité comme seule base de la noblesse amènent les lignages nobles à réduire fortement la possibilité qu’ont leurs fils d’entrer dans la chevalerie.

La puissance des seigneurs locaux s’appuie certes sur les châteaux, mais elle s’appuie au fil du temps sur les chevaliers. Le chevalier est un homme avec une armure qui défend un seigneur, le roi, la reine et les faibles. Les pauvres gens sont rarement chevaliers. Les armes des chevaliers sont : l’épée, le bouclier, la lance de quatre mètres, la hache et la masse d’armes.

Être chevalier signifie :

Etre preux, c’est-à-dire être capable de prouesse (capacité de montrer sa force physique, d’accomplir un exploit militaire),

Etre loyal, faire montre de loyauté (le chevalier est lié par des échanges de service, des obligations ; il ne faut pas trahir les autres)

et être généreux : la largesse (par mépris des richesses, on refuse d’en accumuler et, au contraire, on se doit de les dissiper pour le plaisir et par la fête).

Des personnages devenus mythiques tels Lancelot et Arthur expriment bien ce qu’était l’idéal chevaleresque.

Guerriers à cheval, les chevaliers combattent aussi à pied. Jusque vers l’an mil, on suppose même que la cavalerie avait un rôle moindre en tant que telle dans les conflits. La principale force des cavaliers est la rapidité de leur intervention dans les grandes batailles. Or, la guerre au Moyen Age se traduit plutôt par des coups de mains, des embuscades et surtout des assauts de forteresses et des sièges. Dans ces opérations, le rôle des cavaliers s’efface progressivement. De plus, dans les batailles mêmes, le rôle des chevaliers n’est pas toujours essentiel. Leurs grandes charges sont importantes, mais elles ne deviennent efficaces que lorsqu’elles sont accompagnées par les tirs de l’archerie, les contingents de piétons, une offensive générale des fantassins et des armes de siège.

Un art de faire la guerre propre à la chevalerie

Deux traits principaux différenciaient la cavalerie de la chevalerie. Les cavaliers étaient des guerriers montés, qui le plus souvent mettent pied à terre pour combattre. Même lorsqu’ils combattent à cheval, ils utilisent les mêmes armes et les mêmes usages qu’à pied. L’armure du chevalier connaît une évolution grâce à la nouvelle position de la lance placée horizontalement, qui en permet une nouvelle utilisation. Jusqu’alors, surtout utilisée comme arme de jet à la façon d’une lance, elle devient, dans cette nouvelle position, solidaire du cavalier. En effet, il faut bien imaginer cette arme bloquée sous le bras et en même temps maintenue par lui.

Ainsi, cette nouvelle technique devient caractéristique de la chevalerie. Le principal avantage en est l’extraordinaire puissance de pénétration délivrée par la force de la lance, du cavalier et du cheval, force libérée au même moment. Tout ceci s’accompagne d’un renforcement de l’armement défensif. En effet, les hauberts se doublent et des cuirasses articulées apparaissent. Dés lors, mieux protégés que les autres combattants, et ayant un art de la guerre propre à eux, les chevaliers se distinguent plus encore qu’auparavant.

De la guerre

La guerre à l’époque médiévale ne se déroule pas du tout de la même manière qu’à notre époque. En effet, au Moyen Age, la forme commune de la guerre n’est pas la bataille, mais plutôt l’embuscade et la prise de châteaux pour laquelle interviennent les armes de siège. Les combattants sont différents selon la nature de l’affrontement. La bataille, quant à elle, n’a lieu que très rarement et, souvent, les combattants ne participent qu’à un nombre restreint de batailles dans leur « carrière ». C’est pour qu’ils soient toujours prêts à cette éventualité que les souverains organisent des tournois qui sont des simulacres de combat.

Trois acteurs principaux ont un rôle durant une guerre.

Les chevaliers qui sont le pilier d’une société guerrière en pleine évolution et de plus en plus tournée vers « l’élite de la nation », à savoir la noblesse. Cette évolution se voit aussi à travers leur armure.

Ensuite, deux personnages militaires beaucoup moins connus ont une importance capitale dans le déroulement d’une guerre. Ce sont, tout d’abord, les mercenaires qui représentent le côté toujours sanguinaire, barbare de la guerre car ces hommes se battent simplement pour de l’argent et n’ont, le plus souvent, aucune autre activité.

Enfin, il y a le héraut qui est très mal connu mais qui est pourtant l’expert comptable de la guerre. Ils étaient le plus souvent d’origine humble mais cette fonction leur permettait, au terme de leur carrière, d’entrer dans la noblesse

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 31 janvier, 2007 |16 Commentaires »

La Formation du chevalier au Moyen-Age

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La Formation du chevalier au Moyen-Age 
 par Georges LENORMAND

Au Moyen Âge, membre de la chevalerie ou d’un ordre de chevalerie. On devient chevalier à la suite d’une longue éducation, que sanctionne une cérémonie rituelle : l’adoubement.

Les étapes de l’éducation

7 à 12 ans : Il est valet d’armes

12 à 16 ans : Il apprend à monter à cheval

16 ou 18 ans : Il est écuyer puis page

Enfin vers 20 ans, il est adoubé chevalier

Lorsque la chevalerie devint l’apanage de la noblesse, le rejeton d’une maison noble était placé chez un seigneur puissant et riche, pour le servir et recevoir une éducation essentiellement militaire. A partir de quinze ans, l’adolescent devenait écuyer. Il continuait à servir, avec des responsabilités accrues, et, surtout, il accompagnait son maître dans ses guerres. Parvenu à l’âge d’homme, vers vingt ans, il était armé chevalier, soit par son seigneur, soit par son père, à condition que ceux-ci soient déjà chevaliers.

L’adoubement d’un chevalier

Jusqu’au XIe siècle, l’adoubement (mot qui proviendrait du verbe francique dubban : frapper) est une cérémonie très simple, qui coïncide généralement avec une fête religieuse. Au XIIe siècle, il devient une cérémonie fastueuse et très populaire. Sacralisé par l’Eglise, l’adoubement devient un sacramental.

Le jeune écuyer voulant devenir chevalier est reçu au château de son futur vassal. Après un bain purificateur, le postulant se recueille et jeûne toute une journée. Il passe la nuit à l’église. Au matin, il assiste à la messe, communie et fait bénir son épée. Puis, revêtu des habits militaires propres à sa nouvelle condition. Il est alors emmené par des moines et des serviteurs qui lui donnent les dernières recommandations. Ces préparatifs ont pour but de laisser un temps de réflexion au postulant. Celui-ci doit être parfaitement sûr et libre de son choix. Son engagement est à vie et le serment qu’il prononce, inviolable.

Dans la salle principale du château, en présence de sa famille, des seigneurs voisins et de ses camarades, le jeune écuyer prête serment à son seigneur. Il lui promet fidélité et loyauté à vie. Il reçoit alors son épée, le symbole de son rang, des éperons symbolisant son droit à posséder et dresser un cheval, son bouclier et ses armoiries.

Pour clore la cérémonie, le futur chevalier reçoit la « colée » : une gifle dont il était d’usage de dire que c’était la dernière qu’il recevait sans la rendre. Il s’agit en fait d’un coup asséné du plat de la main sur le cou ou la nuque. La colée se transforme, à la fin du Moyen Age, en « accolade », coup donné du plat de l’épée sur l’épaule du futur chevalier. Cette paumée le consacre chevalier.

Des fêtes concluent la journée. Musiciens, jongleurs et acrobates envahissent la salle, pendant que tout le monde s’attable pour le banquet. La journée se poursuit dans la liesse, ponctuée de joutes et de passes d’armes, jusqu’au soir, où le nouveau chevalier quitte le château de son seigneur.

Le chevalier errant

Rite initiatique, l’adoubement implique aussi l’entrée dans une nouvelle classe d’âge. Jusqu’à son mariage, parfois tardif, le chevalier est qualifié par les textes médiévaux de « jeune ». Sous la conduite d’un chevalier expérimenté, avec quelques compagnons, récents chevaliers comme lui, il quitte le château seigneurial et erre de longues années à la recherche d’aventures, d’exploits, de tournois, de richesses et de femmes. Car prouesse et largesse dissimulent un intense appétit de gains et la quête de riches héritières capables d’assurer au « jeune » un train de vie et une position qu’il ne peut trouver au château paternel.

Pour éviter la dispersion des patrimoines, les lignages nobles veillent à marier leurs fils le plus tard et le mieux possible. Le fils aîné seul peut espérer hériter de la seigneurie lorsque son père ne sera plus en état de la gérer. En attendant, il mène cette vie d’errance ou s’engage dans des expéditions lointaines, comme les croisades, véritable aubaine pour ces jeunes instables et querelleurs. La littérature courtoise, qui trouve chez eux ses lecteurs, ou plutôt ses auditeurs, témoigne de leurs frustrations (d’argent, de femme) et leur propose des modèles conformes à leurs aspirations : le chevalier qui, par sa prouesse, a réussi à dénicher la riche héritière

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 31 janvier, 2007 |225 Commentaires »

Prière des chevaliers

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Prière des chevaliers

Seigneur Jésus, de qui descend toute noblesse et toute chevalerie, apprenez-nous à servir noblement.

Que notre fait ne soit point parade ni littérature, mais loyal ministère et sacrifice coûteux.

Tenez nos âmes hautes, tout près de Vous, dans le dédain des marchandages, des calculs et des dévouements à bon marché.

Car nous voulons gagner notre paradis non pas en commerçants, mais à la pointe de notre épée, laquelle se termine en croix, et ce n’est pas pour rien.

Nous avons fait de beaux rêves pour Votre amour dans l’obscurité des journées banales, préparez-nous aux grandes choses par le fidélité aux petites et enseignez-nous que la plus fière épopée est de conquérir notre âme et de devenir des saints.

Nous n’avons pas visé moins haut, Seigneur, et nous sommes bien ambitieux, mais heureusement nous sommes faibles et cette grâce, nous l’espérons de Votre miséricorde, nous conservera humbles.

Demandez-nous beaucoup, et aidez-nous ô Vous donner davantage.

Et puisque nous sommes livrés à Vous, ne Vous gênez pas pour nous prendre au mot et pour nous sacrifier :

Nous Vous le demandons malgré le tremblement de notre chair, car nous voulons n’avoir qu’une crainte, celle de ne pas Vous aimer assez.

Et quand, au soir de notre dernière bataille, Votre voix de Chef sonnera le ralliement de tous Vos chevaliers, faites, Seigneur, c’est notre suprême prière, faites que notre mort serve à quelque chose, et accordez-nous la grâce de mourir debout.

Ainsi soit-il.

Père Jacques Sevin

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 31 janvier, 2007 |1 Commentaire »

Ethique et Symboles en Chevalerie

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Ethique et Symboles en Chevalerie 
  par Georges LENORMAND

L’éthique chevaleresque

La chevalerie n’est pas héréditaire. C’est l’aptitude à être chevalier qui l’est. La chevalerie s’acquiert par l’adoubement. Elle se mérite par le respect d’une éthique qui repose essentiellement sur deux vertus : la prouesse et la largesse.

  La première associe vaillance et loyauté : vaillance dans le combat, mais aussi dans la vie quotidienne ; loyauté envers son seigneur, son roi, sa dame ; le preux chevalier des chansons de geste est « sans peur et sans reproche », comme l’est encore le chevalier Bayard au XVIe siècle.

  La largesse comprend la prodigalité, la générosité, le faste. Dépenser sans compter, mais aussi être généreux envers ses adversaires, envers les faibles, tel est le code de l’honneur chevaleresque.

Le chevalier a maintes occasions de prouver ses qualités, dans les tournois ou à la guerre, à la croisade ou dans les fêtes, sur les chemins ou auprès des dames, dans les châteaux. Tous ces sentiments se fondent dans la courtoisie, qui correspond très précisément au transfert de la notion de service. Il s’agit désormais de servir sa dame et de lui obéir en toute circonstance.

La fusion de la noblesse et de la chevalerie a entraîné la diffusion des modèles chevaleresques. Une « idéologie » de classe se forme, qui donne à la noblesse une plus grande cohésion et qui dresse entre elle et le commun une barrière infranchissable. Roman courtois, épopée, poésie lyrique sont littérature de noble, non de vilain.

Si l’éthique chevaleresque a pu apparaître rétrospectivement comme intemporelle et invariable, elle s’est en fait constituée dans la confrontation de multiples valeurs, militaires, religieuses ou païennes. Valeurs qui seront sublimées en un idéal si pur qu’il deviendra universel. Dès le X° siècle puis au XI°, « l’idéologie » chevaleresque n’est plus l’apanage seul du roi.

Elle s’est formée peu à peu, sous l’influence de l’Eglise, de la noblesse, d’un code déontologique et de la littérature.

  L’Eglise cherche d’abord à limiter les méfaits des seuls guerriers, en mettant les chevaliers au service de sa cause, et en en faisant des défenseurs de la chrétienté, des veuves et des orphelins (paix de Dieu et trêve de Dieu). De surcroît, des formules de bénédiction de l’épée royale rappelant le devoir de protection de l’Eglise et des faibles sont utilisés pour des princes.

  La noblesse souligne les idéaux de service et de fidélité au seigneur, et développe une idéologie aristocratique anti-roturière en flattant l’orgueil de caste des chevaliers.

  Le code déontologique forgé dans les guerres et les tournois, valorise le combat à la lance et à l’épée, condamne l’usage des armes de trait (à projectiles), interdit aux chevaliers d’achever un adversaire blessé ou désarmé criant « merci », réglemente les pratiques de rançon ou de butin, et accroît le sens du compagnonnage.

  La littérature, pour sa part, introduit dans le monde brutal de la chevalerie, la dimension féminine en valorisant les vertus de l’amour courtois.

A partir du XIVe siècle, ceux qui ne se conforment pas à ces pratiques sont exclus de la chevalerie.

L’épée : arme par excellence du chevalier

L’épée est l’arme par excellence du chevalier et de l’homme d’arme du Moyen Age. Son origine remonte à la plus haute antiquité et même sans doute à l’âge du bronze. Les Grecs et les Romains utilisaient des épées plutôt courtes (60 centimètres environ) d’abord en bronze puis en fer. Toutefois, leur qualité n’était pas excellente.

L’usage de l’épée longue (environ 90 centimètres), semble débuter à l’époque franque et plus spécialement carolingienne. A partir de cette période, l’épée devint l’arme la plus noble ; son pommeau creux renfermait même parfois des reliques. L’épée était donc très importante pour le chevalier qui la possédait, elle portait souvent un nom (la plus célèbre est Durandal, l’épée de Roland). Parfois même il lui parlait comme à un compagnon, et préférait la briser quand la fin était proche, plutôt que de voir un ennemi s’en emparer.

Pendant le Moyen Age, les mots « branc » et « épée » sont employés pour désigner cette arme. On nommait la lame alemelle ou lumelle ; la poignée le helz, l’endeure, l’enheudeure ou encore le heut ; le pommeau était nommé le pont ou le plommel ; la garde se disait l’arestuel ou les quillons ; et le fourreau s’appelait le fourrel ou le fuere.

Quand on frappait par le tranchant, on parlait d’un coup de « taille », tandis que si c’était une tentative qui visait à planter l’épée dans son adversaire, il s’agissait d’un coup « d’estoc ». Ce genre de coup était interdit en joute (le but des joutes n’était pas de s’entretuer, mais de montrer le potentiel au combat des chevaliers).

Jusqu’au XIIe siècle, l’épée utilisée pour la taille, qui possédait deux tranchants, se terminait par un bout plutôt arrondi. A la fin du XIIe siècle, la poignée devient assez longue pour permettre de se servir de l’arme à deux mains. Ensuite, la forme de l’épée ne se modifie guère jusque vers le milieu du XIIIe siècle. A cette époque, on distingue deux types d’épées : les épées à lames légères, utilisées de taille et d’autres à lames lourdes, plus courtes et destinées à des coups d’estoc. Les chevaliers en possédaient souvent une de chaque, la première utilisée à cheval et la seconde pour le combat à pied.

Au XVe siècle, les armées donnant un rôle important à l’infanterie, équipèrent leurs fantassins de grandes épées à deux mains pouvant atteindre jusqu’à 1m65. Elles étaient utilisées pour faire des ravages contre les escadrons de cavalerie. L’épée perdit de son importance lors du combat avec l’avènement des armes à feu portatives et cessa d’être une arme de guerre dès le XVIe siècle. Elle fut remplacée par le sabre dans la cavalerie.

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 31 janvier, 2007 |3 Commentaires »

Dynastie Capétienne – Rois de France (987-1328) -Rois de Navarre (1305-1349)

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http://www.monarchies.org/etats/france/dynastie_capetienne.htm

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 20 janvier, 2007 |Pas de commentaires »

Le patriotisme

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Le patriotisme

Quels sont les devoirs du chrétien envers la patrie ? Et tout d’abord, en tant qu’homme ?

Le patriotisme est inhérent à la nature même de l’homme, nous naissons dans une patrie, nous ne la choisissons pas, comme nous ne choisissons pas notre famille.

Jean Ousset, dans son ouvrage « Patrie, Nation, Etat », l’exprime de cette manière : « De même qu’il nous faut un père et une mère pour naître, il n’est pas d’homme qui ne doive à une patrie sa première et fondamentale expression d’animal politique » [3]. Ici réside le mensonge de Jean-Jacques Rousseau car la patrie n’est pas un contrat social. La patrie n’est ni un club, ni un parti politique.

C’est dans la patrie, et par elle à travers mes parents, que je reçois la vie et les aliments nécessaires pour le corps et l’âme : l’éducation, la culture, la langue, toutes les caractéristiques qui déterminent ce peuple concret dans lequel Dieu m’a placé. C’est ce que ne peux pas m’arracher du coeur, que je ne peux pas abandonner.

La patrie, dans ce sens, est un facteur d’unité si naturel qu’il est antérieur et supérieur à tous les autres facteurs d’unité artificiels qui divisent les hommes. C’est pourquoi la patrie doit être au-dessus de tous les partis politiques, elle dépasse les classes sociales. C’est le grand mensonge du marxisme : « Prolétaires de tous les pays unissez-vous ».

La guerre de 1914 fit la preuve de l’erreur fondamentale de ce slogan. Pour les marxistes la patrie était une invention de la bourgeoisie pour opprimer le prolétariat. En 1914, l’Internationale Socialiste fut dissoute et fractionnée car les prolétariats allemand, français, italien, autrichien ou anglais réagirent dès le début en tant qu’Allemands, Anglais, Italiens, Français ou Autrichiens et non en tant que prolétaires

.Un homme peut changer de classe sociale, quitter la classe sociale à laquelle il appartient. Il peut progresser et s’ouvrir un chemin dans l’existence. Il peut perdre tout ce qu’il a et se prolétariser, mais il ne pourra pas échapper à l’empreinte indélébile que sa patrie laisse à jamais dans sa personnalité.

On est Argentin, Français, Russe, Chinois, Italien avant d’appartenir à une classe sociale ou à une idéologie déterminée.

La patrie est ce que j’ai en moi, et c’est pourquoi le patriotisme, avant toute autre chose, apparaît comme un sentiment.

Personne n’est venu nous expliquer que c’est un devoir, une obligation ou une vertu que d’aimer et d’honorer ses parents. Nous les aimons de manière naturelle, cela vient spontanément du fond de nous.

De la même façon naît le patriotisme. Il est possible que nous n’ayons pas l’occasion immédiate de le prouver, mais il apparaît comme un sentiment très fort dans les moments de crise ou de difficultés, ou lorsque nous nous trouvons hors de notre patrie.

Le patriotisme est, en premier lieu, un sentiment naturel issu de l’appartenance naturelle à cette patrie où nous naissons et vivons et que nous n’avons pas choisie. Cette appartenance nous impose des obligations, comme nous en avons envers notre famille et nos parents bien que nous ne les ayons pas choisis.

C’est avec la prise de conscience de cette appartenance et des obligations qui en découlent, que le patriotisme devient vertu. Tout d’abord vertu naturelle, vertu humaine.

Il est certain que pour être patriote il n’est pas nécessaire d’être chrétien, il est suffisant d’être un homme. Le patriotisme apparaît donc dans son premier aspect comme une vertu humaine.

Saint Thomas, dans la « Somme Théologique », l’appelle « Pietas » que nous traduisons par piété, en évitant de confondre ce mot avec le sens courant qu’il possède aujourd’hui.

Saint Thomas donne au mot « pietas », un sens très précis : « L’homme est constitué débiteur, à des titres différents, vis-à-vis d’autres personnes, selon les différents degrés de perfection qu’elles possèdent et les bienfaits différents qu’il en a reçus. A ce double point de vue, Dieu occupe la toute première place, puisqu’Il est absolument parfait et qu’Il est par rapport à nous le premier principe d’être et de gouvernement.

« Mais ce titre convient aussi, secondairement, à nos parents et à notre patrie, desquels et dans laquelle nous avons reçu la vie et l’éducation. Et donc, après Dieu, l’homme est surtout redevable à ses parents et à sa patrie. En conséquence, de même qu’il appartient à la religion de rendre un culte à Dieu, de même, à un degré inférieur, il appartient à la piété de rendre un culte aux parents et à la patrie. D’ailleurs, le culte des parents s’étend à tous ceux du même sang, c’est-à-dire qui ont les mêmes parents ; le culte de la patrie s’entend des compatriotes et des alliés. C’est donc à ceux-là que s’adresse principalement la piété… »  [4].

Telle est la vertu humaine du patriotisme, la piété qui pour Saint Thomas est une partie auxiliaire de la vertu, de la justice.

Pour la justice, je dois donner à chacun ce qui lui revient. Pour la religion, la forme la plus sublime de la justice, je dois donner à Dieu ce qui lui revient ; pour la piété je dois donner ce qui leur revient à mes parents et à ma patrie, parce que j’ai reçu d’eux la vie, l’existence, parce que des parents et de la patrie j’ai reçu tout ce que j’ai.

C’est la vertu chrétienne du patriotisme. Elle est appelée « piété » mais nous devons la comprendre comme une obligation, comme une dette que nous avons envers cette patrie dans laquelle nous avons reçu l’existence.

Unie à la « piété » se trouve la justice légale, qui est aussi une vertu humaine.

La nation, pour sa part, est une sorte d’entreprise chargée d’assurer la transmission de l’héritage que nous recevons. C’est là que nous trouvons la justice légale.

Saint Thomas distingue la justice commutative. Elle règle ou dirige les relations entre les citoyens, entre les membres de la société, c’est elle qui règle aussi le commerce, achats et ventes, le paiement des dettes, la restitution des prêts.

Saint Thomas distingue aussi la justice distributive qui règle et dirige tout ce qui relie le tout à la patrie, c’est-à-dire les relations entre l’Etat et les citoyens, la distribution des charges, des emplois, des impôts.

Et finalement, nous trouvons la justice légale qui règle et dirige les relations des citoyens avec l’Etat, c’est-à-dire nos obligations envers l’Etat qui a en charge la garde du bien commun.

Ainsi nous avons tout d’abord le patriotisme, qui est un sentiment, un bon sentiment. Il est légitime, mais il peut en être fait un mauvais usage. En deuxième lieu, nous avons aussi le patriotisme en tant que vertu humaine. C’est la piété, c’est-à-dire la dette que nous avons envers la patrie . Et finalement la justice légale, c’est-à-dire que nous sommes au service de la patrie, au service du bien commun de toute la société à laquelle nous appartenons.

Bien entendu, le christianisme ne détruit rien de tout cela. L’Evangile ne détruit pas les valeurs humaines. Saint Augustin, dans « La Cité de Dieu », fait l’éloge des vertus des païens. Un païen de l’Empire Romain pouvait être un patriote et, de fait, il l’était. Comme l’était le poète latin qui écrivait : « Dulce et decorum est pro patria mori » – « Il est doux et honorable de mourir pour la patrie ». Valerius Maximus disait : « Les premiers Romains préféraient être pauvres dans un empire riche que riches dans un empire pauvre ». C’étaient des patriotes, avec un patriotisme naturel, un patriotisme humain.

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 3 janvier, 2007 |Pas de commentaires »

Un instrument au service de Dieu

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Un instrument au service de Dieu

Pour un chrétien, la patrie fait partie de la mission que Dieu lui a donnée. C’est notre mission sur cette terre, notre vocation. Si Dieu a voulu que nous naissions ici et maintenant, c’est qu’à travers cette réalité, Il attend quelque chose de nous. La patrie peut être, elle doit être, un instrument au service de Dieu.

Ce bien commun de la patrie, que nous recherchons, d’une certaine façon, s’ordonne au bien commun surnaturel.

Qu’entend-on par là ? Il est certain que la société ne sauve ni ne condamne l’homme. On peut vivre dans une société peuplée de saints et refuser Dieu au plus profond de son âme et se damner. On peut vivre aussi dans une société corrompue et, héroïquement, être à contre-courant et dire oui à Dieu et sauver son âme.

Mais il est vrai que l’environnement social dans lequel nous vivons influe considérablement sur notre façon de vivre. Quand une société est en accord avec la loi naturelle, quand une société se laisse conduire par les principes de l’Evangile, cette société aide tous ses membres à vivre sur cette terre une vie vertueuse et, de cette façon, aide ses membres à atteindre leur destin ultime et à sauver leur âme. Dans ce sens, le bien commun de la société concrète dans laquelle nous vivons, ordonné au bien commun surnaturel, est ainsi d’un grand secours pour atteindre notre destin ultime.

Mais lorsque la société est corrompue, quand le mensonge, l’erreur, la délinquance, les moeurs deshonnêtes règnent en maîtres, cette société devient un obstacle pour le salut.

De l’ordre qui règne dans la société dépendent le salut ou la condamnation de beaucoup.

Mais, au-delà de cela, la nation peut avoir, dans le plan de Dieu, une mission concrète qui, parfois, n’est pas si facile à reconnaître.

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 3 janvier, 2007 |Pas de commentaires »

Donner sa vie pour la patrie

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Donner sa vie pour la patrie

Si nous sommes capables de donner notre vie par impulsion, dans un instant, en un éclair, il nous en coûte apparemment bien davantage de la donner jour après jour. Lors d’un moment d’exaltation patriotique, le geste héroïque est presque facile, il semble aisé de faire face et de donner son sang. C’est ce qui arrive lors des persécutions et du sacrifice des martyrs. Lorsque les chrétiens étaient conduits au martyre on leur disait : « ou bien vous encensez les idoles, ou nous vous jetons aux lions », et on les menaçait des pires tortures pour qu’ils renient le Christ. Et le martyr proclamait :« Non, je ne renierai pas le Christ » et criant « Gloire au Christ ! » il tombait là, mort.

Les « cristeros » affrontaient le peloton d’exécution en criant « Vive le Christ-Roi ! » comme l’ont crié tant de chrétiens et de prêtres en Espagne pendant la persécution communiste.

Il peut arriver que Dieu, un jour, nous demande cet héroïsme. Comme tout chrétien doit avoir dans son âme la disposition au martyre et donner sa vie pour le Christ en donnant son témoignage envers Lui, de même tout chrétien, tout patriote doit être prêt à donner sa vie pour la patrie. Cela, Dieu le demande à quelques-uns, en certaines circonstances. Ce n’est pas habituel.

Mais ce que Dieu nous demande à tous, en tant que chrétiens, en tant que patriotes, c’est de donner notre vie dans l’effort quotidien, à chaque instant, et cela est souvent le plus difficile.

L’héroïsme quotidien est plus difficile, plus difficile aussi est l’accomplissement du devoir de tous les jours. Il est plus difficile d’édifier la patrie peu à peu avec un effort soutenu de tous les jours. Nous nous enthousiasmons pour quelque chose qui, à un moment donné, va, par un coup de baguette magique, nous apporter la solution à tous les problèmes de la patrie. Nous nous enthousiasmons, mais cet enthousiasme est comme une flambée fugace, comme un éclair soudain, car ce n’était pas là qu’était le fait important. Car ce n’était pas là qu’était la solution des problèmes de la patrie, ce n’était pas cela que Dieu nous demandait.

N’allons pas penser que tout va changer en un jour et que tout sera merveilleux parce que tel parti ou tel autre aura été élu. N’allons pas penser que nous devons jouer le tout pour le tout pour la patrie à l’occasion d’une élection, d’une manifestation, etc… pour ensuite nous décourager, nous essouffler et redire encore : il n’y a rien à faire ! Il faut s’adapter aux temps nouveaux ! Il faut désormais faire comme tout le monde ; toutes expressions d’un scepticisme destructeur.

L’héroïsme au service de la patrie, n’est pas uniquement constitué de ces faits d’armes exceptionnels qui peuvent aller jusqu’au sacrifice de la vie, même si nous devons être prêts à les assumer à un moment quelconque de l’histoire, si Dieu nous le demande.

L’héroïsme au service de la patrie, est d’abord celui du travail silencieux de chaque jour, l’héroïsme quotidien de l’effort nécessaire pour s’occuper de sa famille, l’héroïsme du travail, du témoignage personnel, l’héroïsme de l’engagement pour la vérité, l’héroïsme de celui qui édifie la patrie peu à peu dans sa propre vie comme dans celle des autres, en influant sur ce qui l’entoure : à l’école, au travail, au bureau, à l’usine, à la campagne et à la ville, en étant un témoin du Christ, en témoignant pour la vérité, en sachant marcher à contre-courant, contre la mode, en sachant dire « non » quand tout le troupeau dit « oui » et se laisse entraîner et porter par l’erreur, le mensonge, la propagande.

C’est cet héroïsme quotidien que Dieu nous demande, pour que se réalise la construction de la patrie.

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 3 janvier, 2007 |Pas de commentaires »

Les dictons et expressions médiévales

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Les dictons et expressions médiévales

Voici quelques mots, dictons et expressions encore en usage et dont l’origine remonte à l’époque médiévale.

  •  
    • le denrée, pain vandu au prix d’un denier
    • le doubleau vendu deux deniers
    • le demie vendu le prix d’une obole = 1/2 denier.
  • A bride abattue
    La «bride» est le «harnais placé à la tête du cheval et destiné à l’arrêter ou à le diriger, selon la volonté du conducteur». Une façon de laisser à la bête l’entière liberté de ses mouvements est naturellement de lui «laisser la bride sur le cou», symbole de parfaite non-directivité. On peut aussi «tourner bride» : faire un demi-tour complet, et généralement détaler dans le sens inverse.
    À brule-pourpoint
    sens : qui est soudain, pertinent et par surprise.
    Au début des armes à poudre vers la fin du moyen age, il était courant que les artilleurs en portant à l’épaule leur canon à main, au moment de faire feu avec leur arme, abiment carrément leur pourpoint et y mettent feu, C’est ainsi que ces mésaventures d’arquebusiers nous ont valu la très brusque expression à brûle-pourpoint, qui veut dire à bout portant, pertinent et très soudain.
    Aller à la danse de Macabré
    sens : La pensée de la mort qui vient est omniprésente à l’époque médiévale. Particulièrement lors des épidémies de peste où on voit apparaitre des fresques représentant morts et vivants dans une danse macabre se tenant par la main de vie à trépas. Toutes les couches de la société y sont représentés car la mort fauche sans distinction.
    «Un jour viendra notre tour d’aller à la danse de Macabré. Qui peut dire à quel moment la Mort viendra nous enlever dans son étreinte glacée? De quelle façon s’y prendra-t-elle, quel sera son bras, son agent? Vers quoi nous emportera-t-elle?»
    Aller au diable Auvert
    À l’époque médiévale sela signifiait s’engager dans une expédition dangereuse. Cette locution s’en tend particulièrement aujourd’hui dans le sens de aller chez le diable, partir en cavalle. Auvert est une corruption de Vauvert; on disait autrefois : Aller au diable Vauvert. Le V a été mangé dans la rapidité du discours.
    Le château de Vauvert ou Val-Vert situé près de Paris, du côté de la barrière d’Enfer, avait été habité par Philippe-Auguste après son excommunication ; il passait depuis cette époque pour être hanté par des revenants et des démons. Saint Louis, pour désensorceler ce château, le donna aux Chartreux en 1257. Aller au diable Auvert prends donc tout son sens.
    À la queu leu leu
    Aujourd’hui l’expression signifie «l’un derrière l’autre».
    Leu est la forme ancienne du mot loup (parfois lou). A la queue leu leu devrait donc se lire à la queue du loup le loup.
    Au Moyen Age, les loups étaient très nombreux et se déplaçaient en bandes, souvent l’un derrière l’autre. Leur apparition était redoutée par la population.
    A tour de rôle
    À l’époque médiévale les édits étaient écrits sur des parchemins volumineux n’étant pas reliés mais roulés autour d’une tige de bois, d’où leur nom de volume (du verbe latin «volvo», je roule) ou leur nom de «rôle». Le «rôle» deviendra le registre sur lequel étaient inscrites dans l’ordre les affaires qui devaient passer devant un tribunal, chacune «à son tour de rôle».
    Autant en emporte le vent
    Rien ne restera, tout sera emporté. Ce proverbe mélancolique évoque l’aspect fugitif et dérisoire des choses humaines: amours, ambitions, désirs, tout est promis à disparaître, comme emporté par le vent. On trouve l’expression chez François Villon, qui en fait le refrain de l’une de ses Ballades. C’est aussi le titre français du célèbre film avec Clark Gable.
    Avoir maille à partir
    Avoir un différend, être en conflit, être en contestation avec quelqu’un.
    La maille dont il est question ici est une monnaie, la plus petite qu’il existait sous les Capétiens alors que partir signifiait partager. On ne pouvait donc pas la partager. Ceux qui devaient le faire finissaient toujours par se disputer. Aujourd’hui, l’homonymie entre maille (monnaie) et maille (tricot) et partir (partager) et partir (s’éloigne, s’en aller) a permis à l’expression de subsister.
    Avoir un nom à coucher dehors
    À l’époque médiévale, les personnes étaient jugées et classés dans les auberges selon leur nom. Les aubergistes de ce temps se fiaient sur celui-ci pour accomoder ou nom les clients. Ainsi, ceux qui avaient des noms de famille nobles pouvaient avoir accès à des chambres dans l’auberge alors que d’autres ne pouvaient pas. Ainsi selon son nom on pouvait refuser une personne d’où est née l’expression «avoir un nom à coucher dehors».
    Avoir plusieurs cordes à son arc
    Expression du XIII
    e siècle où l’on n’avait, à l’époque, que deux cordes à son arc. Le sens de l’expression est : avoir plusieurs types de ressources, divers moyens d’action pour parvenir au résultat.
    Avoir voix au chapitre
    Être consulté, avoir le droit d’exprimer une opinion.
    Le chapitre est l’assemblée des moines ou des chanoines lorsqu’ils se réunissent pour discuter de leurs affaires. Les moinillons, les serviteurs n’avaient pas voix au chapitre.
    Bachelier
    Est le lycéen qui a réussi les épreuves du Baccalauréat. Déjà au Moyen Âge, le terme désignait l’étudiant titulaire du premier grade universitaire.
    Au XI
    e siècle, le bachelier était un jeune noble, chevalier ou écuyer, qui servait sous les ordres d’un seigneur plus âgé. Le jeune homme devait faire ses preuves afin d’héritier du fief paternel. Lorsqu’il ne possédait pas de fortune, il devait redoubler d’audace pour se trouver un protecteur ou un riche beau-père.
    Battre sa coulpe
    Battre sa coulpe signifie se repentir. Les pénitents manifestaient le remords qu’ils avaient de leurs fautes en se frappant la poitrine et en disant «mea culpa» car faute se dit culpa en latin.
    C’est une autre paire de manche
    sens : C’est une autre affaire.
    Au Moyen Âge, les manches des vêtements n’étaient pas cousues de manière définitive, mais simplement ajustées au dernier moment. Les dames pouvaient, en signe d’attachement, remettre leur manche à leur chevalier qui l’arborait alors à sa lance ou à son écu lors des tournois.
    Ce gage amoureux est devenu symbole d’engagement au point qu’on en ait oublié son origine aristocratique et galante.
    Champion
    A l’origine, un chevalier se battait en champ clos pour défendre une cause.
    La justice du Moyen Âge admettait l’épreuve des armes. L’accusé pouvait provoquer en duel son accusateur : Dieu faisait triompher l’innocent. Lorsque l’accusé, malade, trop jeune ou trop vieux, n’était pas en mesure de se battre lui-même, ou si c’était une femme, il pouvait se faire représenter par un champion.
    Chercher noise à quelqu’un
    Quereller quelqu’un souvent pour peu de chose.
    Noise signifiait jadis : querelle bruyante, dispute.
    Aujourd’hui, le mot noise ne subsiste que dans cette expression.
    Chevalier
    A l’origine, les chevaliers n’étaient que de simples combattants, parfois mercenaires, assez forts ou assez riches pour avoir un cheval. Leur prestige était essentiellement militaire.
    A partir du XI
    e siècle, ces guerriers commencent à constituer une classe sociale, unie par une même manière de vivre. Pour éviter les guerres continuelles, les abus de pouvoir et canaliser la violence de ces combattants souvent frustes, l’Église met en place les règles strictes du code chevaleresque. Le chevalier, dont les armes ont été bénies, doit obéir à Dieu et à son devoir, protéger les faibles, aider son prochain…
    Convoquer le ban ou l’arrière-ban, publier le ban
    S’adresser à tous ceux dont on espère l’aide. A l’origine, le ban était une proclamation du seigneur, une défense ou un ordre. Le suzerain avait le droit de mobiliser, en cas de besoin, ses hommes mais aussi ceux de ses vassaux. Il convoquait alors le ban et l’arrière-ban. On publie encore le ban dans les église pour un mariage.
    Une cotte mal taillé
    Estimation approximative, compromis qui ne satisfait personne.
    La cotte (qui s’écrivit longtemps cote) était au Moyen Âge une tunique qui, si elle était mal taillée, ne convenait à personne.
    La cote est un impôt de la fin du Moyen Âge. Lorsqu’elle était taillée, elle signifiait établie, répartie entre les contribuables.
    Un coup de Jarnac
    Sens : Traîtrise, coup bas inattendu.
    Lors d’un duel entre Guy Chabot, comte de Jarnac, et François de Vivonne favori du roi Henri II, Jarnac entailla inopinément et traîtreusement le jarret de son adversaire. Le roi pardonna au comte, car celui-ci avait tout de même préservé la vie de Vivonne. Ce dernier, rageur et honteux, arracha les bandages protégeant sa blessure et en mourut trois jours plus tard.
    La Cour des Miracles
    La Cour des Miracles était située dans le quartier des Halles à Paris. Ce n’est que sous Louis XIV que la police en viendra à bout. Repaire des brigands, des faux estropiés qui mendiaient dans les rues, elle doit son nom à la magie qui le soir faisait retrouver aux infirmes l’usage de leurs membres.
    Courtois
    Les chevaliers du Moyen Âge l’étaient ; aimables, polis, raffinés dans leur parure et leur langage et aussi leurs sentiments. Ils considéraient leur dame comme une maîtresse toute-puissante dont les désirs étaient des ordres. Pour lui plaire, ils surmontaient toutes sortes d’épreuves, physiques et morales, dont la patience n’était pas la moindre.
    A l’origine, courtois signifie qui vit à la cour.
    Crier haro sur quelqu’un
    Crier haro sur quelqu’un signifie manifester énergiquement sa réprobation, l’accuser et réclamer un châtiment pour la personne en question. «Haro! Haro!» était le cri que l’on entendait lorsqu’un badaud se faisait couper sa bourse ou un chevalier arracher son manteau.
    Croquer marmot
    Sens moderne : Attendre, faire le poireau en se morfondant.
    Sens ancien : Croquer voulait dire «frapper». Et croquer le marmot signifiait cogner avec impatience le heurtoir de la porte. Alors cela n’a rien à voir avec un Ogre qui voudrait manger un petit enfant (croquer un marmot) où une marmotte qui serait fort difficile à croquer je l’avoue
    Dans son for intérieur
    Le forum désignait la place publique. Au Moyen Âge, le mot pris le sens technique de juridiction et surtout juridiction ecclésiastique (pouvoirs de l’Église, en matière de justice, et leur étendue.) On distinguait le for intérieur (l’Église pouvait sanctionner les fautes commises par le biais de la confession et des pénitences), du for extérieur (toutes les affaires touchant à la religion, de près ou de loin, étaient jugées par des tribunaux ecclésiastiques). La distinction changea peu à peu de sens avec les siècles : for intérieur étant notre conscience qui nous juge, le for extérieur, les institutions, juges et tribunaux.
    De bon aloi
    Sens moderne : de bonne qualité.
    Sens ancien : Une pièce d’or ou d’argent devait être de bon « aloi ». Ce mot provient en fait du verbe « aloyer », forme ancienne du verbe « allier » : l’aloi est donc l’alliage d’une pièce, c’est à dire la proportion de métal précieux qu’on y retrouve. À l’époque médiévale chaque seigneur pouvait frapper monnaie et pour s’assurer qu’une pièce était « de bon aloi », on pouvait la faire « sonner » sur une surface dure : le son rendu permettait au banquier de distinguer une fausse pièce d’une vraie. Mais beaucoup plus sûr était l’usage du « trébuchet », petite balance de précision pour peser les monnaies. D’où l’expression « espèces sonnantes et trébuchantes ».
    Decouvrir le pot aux roses
    Sens : découvrir le fin mot de l’histoire, le secret, la réalité cachée.
    Expression très ancienne dont on ne connaît pas la véritable histoire.
    Soit pot à fard à joues : Le trouver suppose qu’on connaisse bien la femme qui le possède et qu’elle n’ait plus de secret à cacher.
    Soit essence de rose – produit rare et précieux dont les parfumeurs auraient soigneusement dissimulé les procédés de fabrication. Le pot aux roses serait l’appareil permettant de distiller ce parfum de luxe.
    Soit une poudre produite par les alchimistes au cours de l’une de leurs opérations. Ici, le pot aux roses serait la cornue alchimique, objet bien caché s’il en fut.
    Une denrée
    Sens moderne : Produit commestible servant à l’alimentation commestible de l’homme ou du bétail. On retrouve habituellement ce mot dans les expressions denrée périssable, denrée sèche, denrée rare.
    Sens médiéval : Au XIII
    e siècle cela servait à désigner une marchandise de la valeur d’un denier, principalement une mesure de pain qui sous St-Louis prenait le nom de denrée. À cette époque on retrouvait dans les grosseurs de pain :

Il n’est fait aucune mention du poids des pains à cette époque, parce qu’on se basait, à ce sujet, sur le prix du blé qui faisait forcément varier la grosseur des pains. Le pain doubleau devait être vendu pour le prix de six deniers les trois; le pain denrée devait être vendu six deniers les six. Quant au pain demi il était vendu pour le prix d’une obole.

    D’estoc et de taille
    Sens : De la pointe (estoc) ou du tranchant (taille ou taillant), c’est-à-dire en se battant.
    Frapper d’estoc et de taille signifiait donc se battre avec acharnement, en portant tous les coups possibles. En moyen français, l’expression fut utilisée de manière imagée, parfois en dehors de tout contexte belliqueux, pour dire de quelque manière que ce soit, par tous les moyens.
    Dieu reconnaîtra les siens
    Lors de la croisade contre les cathares, des hérétiques du sud de la France, le légat du pape Arnaud Amaury se présente devant Béziers le 22 juillet 1209., L’assaut est donné par l’armée. La ville tombe et Arnaud Amaury commande à ses hommes, qui ne savaient comment reconnaître les bons chrétiens des hérétiques : «Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens !»
    Mot historique devenu proverbe, on l’emploie chaque fois qu’un châtiment frappe indifféremment innocents et coupables.
    Élevé sur le pavois
    Sens : mettre sur le trône, désigner comme roi et au sens figuré, mettre en honneur, faire grand cas de quelque chose.
    Allusion aux Francs qui avaient coutume, après avoir choisi leurs rois, de les porter en triomphe sur de larges boucliers, appelés pavois.
    Pavois vient de Pavie, en Italie, ville où auraient été fabriqués les premiers de ces boucliers.
    Entrer en lice
    Sens : s’apprêter à combattre, s’engager dans une compétition, intervenir dans un débat.
    Les lices étaient les espaces clos où avaient lieu les tournois à proximité des châteaux. La cour intérieure de ceux-ci était souvent exiguë et toujours encombrée de petits bâtiments: écuries, chenil, four, puits…
    Espèces sonnantes et trébuchantes
    Au Moyen Âge, l’aloi était la proportion d’or ou d’argent contenue dans une pièce de monnaie. Aujourd’hui, de bon ou de mauvais aloi signifie de bonne ou de mauvaise qualité.
    Lorsqu’elles sonnaient, elles étaient de bon aloi car elles rendaient un son vif et plaisant; trébuchantes, parce qu’on pouvait en vérifier le poids à l’aide d’une petite balance encore appelée trébuchet.
    Être grand clerc
    Sens : être très savant, lettré.
    Les membres du clergé étaient les seuls, ou presque, à posséder le savoir. Ils consultaient les manuscrits conservés dans les monastères. Les écoles se trouvaient dans les abbayes et pour s’instruire, il fallait bien souvent entrer dans les ordres.
    Beaucoup de clercs se mariaient et n’entretenaient avec l’Église que des rapports lointains. Ils portaient la tonsure, signe de leur état.
    Au XVII
    e siècle, le mot clerc se teinte d’ironie, et l’expression être grand clerc signifie : un homme qui fait le savant.
    Être sur la sellette
    Sens : être exposé au jugement d’autrui, à la critique ou se trouver en position délicate.
    La sellette était le petit banc de bois sur lequel s’asseyait l’accusé interrogé par ses juges. Le siège était très bas pour des raisons psychologiques et symboliques. L’accusé se trouvait dans une posture tout à la fois inconfortable et humiliante.
    Faire amende honorable
    Sens : présenter ses excuses, reconnaître qu’on a eu tort.
    Au Moyen Âge, à l’époque où peu de gens savaient écrire tout entente se joue sur la parole donnée, sur l’honneur engagé, bref la réputation. Ainsi celui qui commet un crime, manque à sa parole envers son Dieu, son pays, son roi, doit rétablir son honneur en tout premier lieu en amendant celle-ci. Amende honorable prends donc sens de laver son nom en avouant la vérité et demandant pardon à tous. Une faute avouée étant à moitié pardonnée, l’amende honorable pouvait être accompagnée de châtiments publics afin qu’ils servent d’exemples. Les hérétiques ou ceux qui étaient accusés de sorcellerie, étaient condamnés à reconnaître solennellement leurs fautes «faire amende honorable» avant d’être brulé vif. Avec le temps laver son honneur devint moins à la mode et on ne conserva que l’amende moins honorable, c’est à dire celle en $$$.
    Faire bonne chière
    Sens : bien manger.
    En ancien français, chière désignait le visage. Faire bonne chière devenait donc faire bonne mine à quelqu’un, l’accueillir aimablement.
    Faire des gorges chaudes
    Sens : se moquer méchamment, avec joie et devant beaucoup de gens.
    Au Moyen Âge, les gorges chaudes étaient les petits animaux (souris, mulots) que l’on donnait vivants à l’oiseau de proie.
    Faire grève
    Sens : Cesser volontairement le travail pour obtenir des avantages.
    A Paris, les ouvriers sans travail se réunissaient sur la place de Grève, le long de la Seine et attendaient une éventuelle offre d’embauche.
    Faire la nique à
    Sens : se moquer de quelqu’un, le narguer.
    Au Moyen Âge, nique indiquait un signe de mépris qui consistait à lever le nez en l’air avec impertinence.
    S’en fouter comme en l’an quarante
    Sens : Considérer une chose ou un événement comme sans importance et en sourire.
    Cette expression tire probablement son origine d’une expression utilisée depuis les Croisades : «S’en moquer comme de l’Alcoran (le Coran)». Autre explication, la fin du monde aurait été prévue pour l’an 1040. Cette date fatale passée, les gens ne firent qu’en rire et se moquèrent de leurs anciennes angoisses.
    Faire le Jacques
    Sens : se conduire stupidement, faire l’idiot.
    Jacques était le nom donné à l’idiot du village et Jacques Bonhomme, celui du paysan, considéré traditionnellement comme lourd et nigaud. L’expression fait donc aussi allusion à la prétendue bêtise des paysans.
    Faire Ripaille
    Sens : faire bonne chère, mener joyeuse vie.
    Avant de devenir pape en 1439, le duc de Savoie Amédée VIII s’était retiré au prieuré de Ripaille pour se faire ermite. Lui et ceux des seigneurs de sa cour qui l’avaient suivi n’avaient d’ermite que le nom, car ils négligèrent complètement, pendant tout le temps de leur résidence, de se livrer aux austérités du cloître. Tous ceux qui étaient admis dans ce séjour de plaisirs, disent les biographes, étaient logés avec magnificence ; les mets les plus exquis couvraient leur table : ils vivaient plus en honnêtes épicuriens qu’en véritables ermites. Ils portaient néanmoins ce nom, parce qu’ils avaient exclu les femmes de leur société et qu’ils laissaient croître leur barbe comme les capucins. Leur habit était moins rude que celui de ces religieux ; c’était un drap gris très-fin, un bonnet d’écarlate, une ceinture d’or et une croix au cou de la même matière. Amédée jouissait d’un repos voluptueux dans cette maison de délices et de mets princiers faisant ainsi bombance et bonne ripaille.
    Gagner ses éperons
    Sens : obtenir une situation plus élevée, prendre du galon.
    Lors de son adoubement, le nouveau chevalier recevait les armes, signes de son état : l’épée et les éperons symboles de son rôle de guide et de chef. Cette expression sera revamper avec le temps et on dira comme dans la chanson il a gagné ses épaulettes.
    Garnement
    A l’origine, garnement signifie tout ce qui peut offrir une protection : vêtement, équipement et même forteresse. A la fin du Moyen Age, le mot évolue dans le sens de souteneur. Aujourd’hui, de mauvais garçon, le garnement désigne maintenant un enfant, un adolescent. On connait surtout l’expression dans méchant garnement.
    Graisser la patte
    Sens : donner illégalement de l’argent à quelqu’un pour obtenir quelque chose.
    Un gringalet
    Sens : homme ou garçon un peu chétif.
    Ce mot viendrait d’un vieux mot suisse signifiant «minus, demi-portion».
    Jeter aux oubliettes
    Les oubliettes étaient les cachots souvent aménagés dans le sous-sol des donjons. Les seigneurs peu scrupuleux oubliaient parfois ceux dont ils voulaient se débarrasser.
    Aujourd’hui, on jette aux oubliettes les projets de réformes ou les bonnes résolutions qui ne voient jamais le jour.
    Jeter le gant
    Au Moyen Âge, le gant avait une forte valeur symbolique. Il représentait le seigneur lui-même et son pouvoir. Le vassal remettait en signe d’hommage son gant droit à son suzerain. Un chevalier qui en défiait un autre au combat lui jetait son gant. Le relever signifiait que l’on acceptait de se battre. Aujourd’hui, l’expression signifie lancer, accepter un défi.
    Jugement de Dieu
    Au Moyen-Age, quand les lois n’étaient pas toujours claires, les juges pas toujours intègres et les moyens d’exécution pas toujours efficaces, on s’en remettait souvent au «Jugement de Dieu».
    L’accusé pouvait, par exemple être tenu de tremper la main dans l’huile bouillante en jurant qu’il était innocent, tout en devant la ressortir intacte. Ou encore, les parties pouvaient régler leur différend dans un combat à la lance ou en chevalerie. Dieu alors était supposé prendre fait et cause pour la justice et faire triompher celui qui avait raison.
    Jurer comme un templier
    Sacrer comme un charrettier ou comme un templier.
    L’ordre des Templiers fut fondé au XII
    e
    siècle pour assurer la garde des lieux saints et la protection des pèlerins. Les chevaliers du Temple étaient des moines-soldats. Néanmoins, les mœurs militaires semblent l’avoir emporté sur les vertus monastiques.
    L’ordre des Templiers devint aux XIII
    e et XlVe siècles si riche et si puissant qu’il suscita bien des jalousies. En particulier celle du roi Philippe le Bel, qui fit abolir et disperser l’ordre.
    Laid comme les sept péchés capitaux
    Les sept péchés capitaux sont l’orgueil, l’avarice, l’envie, la gourmandise, la luxure, la colère et la paresse ainsi nommés parce que sources de tous les autres péchés. Ils étaient souvent représentés par des figures contrefaites sur les murs des cathédrales.
    L’habit ne fait pas le moine
    Un des plus anciens proverbes de la langue française.
    Sens : il ne faut pas se fier aux apparences qui sont souvent trompeuses.
    Les gens du Moyen Âge avaient horreur du mensonge et de l’hypocrisie. Chacun devait avoir l’air de ce qu’il était vraiment. Les costumes indiquaient de façon précise le rang social de chacun. Les femmes ne pouvaient porter des vêtements d’homme, vice et versa.
    Les loups-garous
    Présents déjà dans l’Antiquité, (voir Pétrone et son Satiricon), la croyance arriva jusqu’au Moyen Âge et se répandit d’autant plus que les loups devinrent très nombreux. Les versipelles prirent le nom de loups-garous, garou signifiant à lui seul homme-loup. Il apparaît dans de nombreux contes modernes, signataire d’un pacte avec le diable, et profitant de l’impunité que lui assure son apparence animale pour assouvir ses mauvais instincts.
    Malin comme un singe
    Au Moyen Âge, malin signifiait «mauvais, méchant», c’était, comme aujourd’hui encore, un des noms du diable. Le singe que l’on trouvait très laid passait pour un animal diabolique. Vers la fin du XVIIIe siècle, l’adjectif malin prit le sens que nous lui connaissons : astucieux, futé, réhabilitant ainsi les pauvres singes.
    Un méchant garnement
    A l’origine, garnement signifie tout ce qui peut offrir une protection : vêtement, équipement et même forteresse. A la fin du Moyen Âge, le mot évolue dans le sens de souteneur. Aujourd’hui, de mauvais garçon, le garnement désigne maintenant un enfant, un adolescent.
    Merci
    Au Moyen Âge, merci signifiait «grâce, pitié» de là les expressions :
    Crier, demander merci – le chevalier vaincu reconnaissait sa défaite et implorait la pitié du vainqueur.
    Être à la merci de: être au pouvoir de quelqu’un de telle manière qu’il soit libre de vous accorder sa grâce ou de vous la refuser.
    Dieu merci! : par la grâce, la faveur de Dieu.
    Sans merci : impitoyable (littéralement : sans que l’un des partis en présence puisse demander merci).
    Mettre Flamberge au vent
    Invitation ironique à tirer l’épée et à se jeter dans la bataille sans réfléchir. À l’époque des chansons de geste, il y avait quatre vaillants chevaliers : les Quatre Fils Aymon. L’aîné des quatre frères s’appelait Renaud de Montauban. Il possédait une épée prestigieuse, Froberge, aussi redoutable que Durandal, celle de Roland. Au cours des siècles, le nom de Froberge devint un nom commun et s’altéra en flamberge, sans doute sous l’influence des mots flamme, flamboyer, etc. L’expression n’est plus utilisée aujourd’hui qu’ironiquement principalement pour se moquer des démonstrations spectaculaires d’héroïsme.
    Mettre la table
    Expression quotidienne qui nous est familière mais incorrecte. Il faudrait dire «mettre le couvert», puisque nos tables ne voyagent plus dans la maison. Au Moyen Âge, les pièces n’avaient pas, comme aujourd’hui, des fonctions très distinctes et la même salle pouvait servir de pièce commune, de salle à manger et de chambre. Aussi, le plus souvent, on  » mettait la table  » à l’heure des repas, c’est-à-dire que l’on apportait une grande planche et des tréteaux. D’où l’usage, chez les seigneurs, de belles nappes destinées à cacher la pauvreté du mobilier.
    Mettre en rang d’Oignon
    Sens : plusieurs personnes qui sont rangées sur une même ligne.
    Rien à voir avec le jardinage et avec les plants d’oignons soigneusement rangés ! L’expression vient en fait d’un grand maître de cérémonies à la cour de Henri II de Valois, Artus de la Fontaine Solaro, baron d’Oignon et seigneur de Vaumoise, qui assignait leurs places aux seigneurs. Il avait coutume de s’écrier : «serrez vos rangs, Messieurs, serrez vos rangs»… et les seigneurs de se moquer des rangs d’Oignon.
    Mettre sa main au feu
    Affirmer énergiquement quelque chose, au point d’y risquer sa main rappelant les lointains jugements de Dieu de l’époque médiévale. Lorsqu’un accusé ne pouvait faire la preuve de son innocence, il pouvait être plongé dans l’eau, pieds et poings liés. S’il surnageait, c’était que l’eau – élément pur et béni de Dieu – le rejetait. S’il coulait comme une pierre, il était innocent… mais parfois noyé! On pouvait également lui plonger la main dans l’eau bouillante, ou le faire saisir un fer rouge. Innocent, Dieu le protégeait et il sortait indemne de l’épreuve. Le plus souvent, il suffisait que la victime guérisse vite ou survive quelques jours pour qu’elle soit – un peu tard! – innocentée.
    Mi-figue mi-raisin
    D’un air à la fois satisfait et mécontent ou à la fois sérieux et plaisant. A l’origine, il devait s’agir de « mêlé de bon et de mauvais ».
    Monter sur ses grands chevaux
    Se mettre en colère et parler avec autorité, prétention. C’et être prêt à se faire faire raison avec l’épée et la lance.
    Ne pas y aller de mainmorte
    Sens moderne : agir avec brutalité, (sens abstrait) exagérer
    Le terme «main» avait à l’époque médiévale le sens de propriété. On connaît bien le sens des expressions «passer de main à main», «mettre la main sur …». Il y a mainmorte, lorsqu’il y a décès. À l’époque médiévale le seigneur jouissait du droit de s’emparer de la succession d’un serf à sa mort. Généralement, le seigneur prenait une partie de l’héritage et renonçait au reste moyennant le versement du droit de mainmorte par les héritiers. Il s’agissait notamment d’empêcher les biens de revenir à des héritiers extérieurs à la seigneurie. Lors du décès des serf probablement que les seigneurs exagéraient sur les droits de succession d’où l’expression que l’on connait aujourd’hui.
    Noël
    Au Moyen Âge, «Noël !, Noël !» était un cri de réjouissance proclamé par le peuple à n’importe quel moment de l’année, pour saluer un événement heureux. Le cri Noël ! Noël pouvait donc être entendu lors du couronnement d’un roi, une naissance, un mariage etc.
    Obole (faire l’)
    Sens moderne : Aujourd’hui «faire l’obole» a le sens de faire une petite offrande, donner une modeste somme d’argent.
    Sens médiéval : L’obole est en fait une ancienne monaie francaise du XIII
    e sciècle qui vallait un demi denier. Comme l’obole était le prix pour une ration de pain (demi denrée), on avait pris l’habitude chez les gueux pour demander la charité, de demander l’obole, bref on demandait de quoi se payer sa ration de pain quotidien.
    Partir en croisade
    Le Moyen Âge a vu de nombreuses croisades, les départs furent presque ininterrompus pendant plus de deux siècles. Une foule immense, composées de chevaliers et d’hommes de guerre, d’artisans, de paysans, de moines et de pèlerins de toutes conditions se mirent en route, poussées par la foi et l’enthousiasme. Parfois aussi par l’attrait du pillage! Aujourd’hui, ceux qui partent en croisade n’ont plus à parcourir des milliers de kilomètres. Mais il leur faut souvent beaucoup de courage pour se lancer dans des luttes difficiles en faveur de causes justes. Les journaux parlent ainsi souvent, d’une manière à peine imagée, de croisades contre la drogue ou contre la misère.
    Payer en monaie de singe
    Jadis, le pont qui relie l’île de la Cité à la rue Saint-Jacques, dit Petit Pont (il porte encore ce nom aujourd’hui), était payant. Mais les jongleurs qui exhibaient des singes savants étaient dispensés du péage à condition qu’ils fassent leur numéro devant le péager. Aujourd’hui, payer en monnaie de singe (on dit aussi payer en gambades) signifie payer en plaisanteries et grimaces, payer de paroles, voire en fausse monnaie. La réputation du singe, habile imitateur de l’homme, n’est sans doute pas étrangère à ce dernier sens.
    Pays de cocagne
    L’ordinaire des repas au Moyen Âge se compose souvent de pain, de légumes. Même le porc reste un luxe réservé aux grandes occasions. Seuls les seigneurs et les bourgeois goûtent aux viandes rôties, aux plats en sauce richement épicés, aux sucreries. Le pays dénommé Cocagne était celui où chacun aurait eu de tout en abondance.
    Pile ou face
    Sous le règne de Saint-Louis, on comptait encore dans le royaume plus de quatre-vingts seigneurs particuliers qui avaient le droit de battre monnaie. Mais il n’y avait que le roi qui eut le droit de faire frapper des pièces d’or ou d’argent. Sur l’une des faces de la monnaie royale, il y avait une croix, et sur l’autre, des piliers, ce qui a fait que, longtemps, les côtés des monnaies se sont nommées croix ou pile. Par la suite, les rois français décidèrent de faire figurer leur propre face à la place de la croix, et leurs armes et la valeur de la pièce de l’autre. Mais le mot pile est resté pour un côté et face pour l’autre.
    Pleuvoir des hallebardes
    L’expression, à défaut d’eau, a fait couler beaucoup d’encre! On croyait jadis que la forme et la trajectoire de grosses gouttes de pluie avaient pu évoquer ces longues armes de la fin du Moyen Âge que sont les hallebardes. Il existe cependant une autre piste, plus savante. Au XVIe siècle, en argot, le mot «lance» désignait l’eau. De la lance à la hallebarde, il n’y avait qu’un pas qui fut peut-être franchi, un jour de pluie, par un pertuisanier facétieux.
    Une poire d’Angoisse
    L’objet était à l’origine une poire de fer que l’on introduisait dans la bouche d’un prisonnier pour l’empêcher de parler. Mais cette sorte de bâillon, qui maintenait très écartées les mâchoires de la victime, était en fait un véritable instrument de torture et les malheureux étaient donc forcés d’obéir s’ils voulaient être délivrés et ne pas mourir de faim. De nos jours, heureusement, les poires d’angoisse ne sont plus utilisées que sous la forme d’image pour désigner de vives contrariétés.
    La pomme d’Adam
    Adam ne put résister à la tentation et mordit goulûment dans le fruit de l’Arbre du Bien et du Mal. Un morceau lui en resta en travers du gosier, et l’on peut encore le voir aujourd’hui chez tous ses descendants : c’est la pomme d’Adam, appelée de nos jours saillie du cartilage thyroïde.
    Pousser des cris de Mélusine
    Mélusine, comme toutes les fées, était d’une rare beauté, mais avait été condamnée, à la suite d’une terrible malédiction, à se transformer en serpente tous les samedis. Elle voulut néanmoins vivre la vie et les bonheurs d’une simple mortelle et pour cela offrit sa main à Raimondin, un jeune chevalier du Poitou. A ce mariage, la fée ne posa qu’une condition: jamais son époux ne chercherait à la voir le samedi. Raimondin consentit à tout et le mariage fut célébré. Très vite, Mélusine apporta à son mari une immense prospérité, elle fit construire de superbes châteaux et lui donna dix fils. Tout allait pour le mieux entre les époux, bien qu’après de nombreuses années l’inévitable se fût produit. Poussé par la curiosité, Raimondin avait épié sa femme et surpris son secret. Mais il avait gardé le silence et Mélusine feignait d’ignorer son indiscrétion. Or, un jour, un des fils de Mélusine et de Raimondin, Fromont, voulut devenir moine. Cette décision rendit furieux son frère Geoffroi à la Grande Dent (ainsi nommé car l’une de ses dents était démesurée, le faisant ressembler à un sanglier). Il mit le feu au monastère, faisant ainsi périr Fromont et de très nombreux moines. La douleur de Raimondin n’eut d’égale que sa colère. Quand Mélusine apparut dans la grande salle du donjon, en larmes, devant tous leurs vassaux, il la traita de sale serpente, de qui rien ne pouvait sortir que de mauvais. L’interdit était violé. Dans la consternation générale, la fée reprit aussitôt sa forme surnaturelle et disparut en poussant des cris lamentables. Elle ne revint jamais. Mais à Lusignan, dans le Poitou, on raconte qu’à chaque fois qu’un malheur allait frapper sa famille, Mélusine l’annonçait par ses cris. Des cris de Mélusine sont donc des cris perçants, semblables à ceux que pousse la fée quand elle revient hanter son château.
    Prendre des vessies pour des lanternes
    Quoique de forme voisine, une lanterne et une vessie sont néanmoins des objets fort différents et les confondre est depuis longtemps considéré comme la pire des méprises. (Les vessies dont il est question ici sont des vessies de porc: gonflées d’air, elles pouvaient servir de ballons ou bien, vides, de sacs étanches.) L’expression est ancienne, puisqu’on la trouve dès le XIIIe siècle. Il s’agissait d’un calembour : en ancien français, vessie et lanterne avaient à peu près le même sens figuré : une lanterne était un conte à dormir debout et une vessie une chose creuse, une bagatelle. La sottise de celui qui prend des vessies pour des lanternes n’est donc pas de confondre deux objets très différents, mais d’accepter une ânerie plutôt qu’une autre !
    Promettre monts et merveilles
    Faire des promesses mirifiques. Au cours du temps, on a dit aussi promettre la lune, chiens et oiseaux, plus de beurre que de pain… L’origine de cette expression n’est pas anecdotique. Aucun conquérant n’a jamais promis à ses troupes de merveilleux royaumes au-delà des monts. Comme le fit le général carthaginois Hannibal, qui fit espérer à ses soldats, du haut des Alpes, la possession de Rome. On disait, au Moyen Âge, de quelqu’un qui promettait monts et merveilles, qu’il promettait les monts et les vaux (c’est-à-dire les vallées). Dans la suite des temps, par un goût pour la répétition, typique de l’ancien français, l’image a été oubliée et les merveilles ont pris la place des vaux, renforçant ainsi le sens du mot mont, au lieu de le compléter comme précédemment. L’ancien français adorait ces couples de mots, de sonorités voisines et de sens proches. Curieusement, beaucoup nous sont parvenus: bel et bien, sain et sauf, sans foi ni loi, sans feu ni lieu, tout feu tout flamme…
    Prud’hommes et prudes
    De nos jours, le prud’homme est membre d’un tribunal constitué de représentants des salariés et des employeurs et chargé de régler les conflits du travail. Le mot avait jadis une signification bien plus large. Un prud’homme était un homme preux, c’est-à-dire plein de valeur. Mais cette valeur n’était pas seulement militaire. Un ermite pieux, un bourgeois honnête et avisé, un vieux et sage chevalier étaient des prud’hommes. Un chevalier courageux mais écervelé ne méritait pas ce titre. L’équivalent féminin du prud’homme était la prudefemme.
    Qui va à la chasse perd sa place
    La «chasse» est un point particulier du jeu de paume. Lorsque cette chasse est obtenue les joueurs changent de côté. Le joueur au service… «perd sa place» favorable. L’origine de cette expression ayant été oubliée, elle a pris par la suite le sens qu’on lui connait.
    Renard
    Au début du Moyen Âge, le petit animal roux que nous connaissons sous le nom de renard s’appelait encore goupil, du latin vulpes.
    Or vers 1170 – 1180, commencèrent à paraître des récits racontant les aventures d’un certain Renart, goupil de son état. Ce Renart était un petit baron, sujet du roi Noble, le lion, et parent du loup Ysengrin. Chétif et menu, il compensait sa faiblesse physique par une ruse quasi démoniaque. Il n’y avait pas d’animal qui n’eût à se plaindre de lui! Le roi lui-même était sa victime, mais son souffre-douleur favori restait le gros et fort Ysengrin.
    Une fois, Renart exigea sa peau pour réchauffer le roi malade. Une autre fois, il le fit pêcher dans un étang gelé où le pauvre loup laissa sa queue. Une autre fois encore, il le fit tomber dans un puits. Bref, il le trompait, l’humiliait de toutes les manières. Et Renart, comme nos héros modernes, sortait toujours vivant des situations les plus délicates.
    Le succès du Roman de Renart fut immense. Du XVe siècle à la fin du Moyen Âge, chacun se délecta des méchants tours du goupil. Les paysans se racontaient ses aventures à la veillée et retrouvaient avec plaisir dans ces récits leur vie quotidienne. Les seigneurs écoutaient les mêmes contes de la bouche des jongleurs qui allaient de château en château. Et les plus savants, les clercs, lisaient eux-mêmes dans les manuscrits les mille et un tours de Renart.
    La popularité du personnage fut telle que petit à petit tous les goupils furent appelés Renart (mot que nous écrivons aujourd’hui avec un «d»).
    Rester sur le carreau
    Le sol d’un jeu de paume était autrefois constitué de carreaux, qui auraient donné le nom au sol même du jeu. L’expression « rester sur le carreau » est devenue symbole de la chute de l’adversaire. Soit qu’il tombe en voulant rattraper la balle, soit simplement qu’il perde la partie.
    Revenons à nos moutons
    Expression que l’on utilise lorsqu’on souhaite ramener au vif du sujet une conversation qui s’égare. L’expression est empruntée à la Farce de Maître Pathelin, une comédie du XVe siècle qui connut un très grand succès.
    Rompre une lance
    Dans les tournois médiévaux, les combattants s’affrontaient à la lance, chacun cherchant à désarçonner son adversaire. Celui qui résistait au choc et brisait contre son écu la lance ennemie marquait un point. Rompre une lance (on dit aussi rompre des lances) avec quelqu’un signifie donc lutter contre lui, l’affronter dans une joute (encore un mot du Moyen Age!), de nos jours souvent purement oratoire.
    Revenons la paille
    Rompre un marché, un accord, se brouiller avec quelqu’un. L’expression est issue du droit féodal et rappelle une coutume très ancienne. Quand un suzerain cédait une terre, ou que quelqu’un vendait un bien quelconque, le vassal ou l’acheteur recevait un fétu de paille en signe de l’accord conclu. La rupture du gage symbolisait celle de l’accord, et le mécontent rompait alors la paille comme il déchire aujourd’hui le contrat.
    Ronger son frein
    Ronger son mors, comme le fait un cheval impatient que l’on force au repos. L’expression, qui date du XIVe siècle, a sans doute été comprise aussi longtemps que le cheval a joué un rôle important dans la vie quotidienne. Puis, le mot mors ayant supplanté le mot frein dans l’usage courant, on ne perçut plus de l’expression que son sens figuré. Sens qui assimile curieusement l’homme au cheval: ronger son frein, c’est réprimer le dépit que l’on éprouve, contenir avec peine son impatience.
    Roue de fortune
    Symbole de la destinée humaine, on représentait en effet la Fortune sous les traits d’une déesse actionnant une roue. Tout en haut de la roue, siègent les rois et les puissants du jour. Tout en bas, les mendiants sont précipités dans le vide. Entre, ceux à qui le destin est favorable s’élèvent peu à peu, tandis que de l’autre côté tombent les malchanceux en disgrâce. Cette image figure très souvent dans les enluminures des manuscrits. Beaucoup de chansons médiévales y font allusion. L’expression «la roue tourne» fait allusion aux vicissitudes de la vie et aux échecs qui suivent parfois les grands succès. C’est d’ailleurs le nom d’une association destinée à venir en aide aux artistes oubliés du public.
    Sans aveu
    Se dit d’un homme sans moralité. Le mot aveu vient du droit féodal, où il désigne la reconnaissance d’une vassalité. Pendant la cérémonie de l’hommage, le vassal prêtait serment de fidélité à son suzerain. Peu après, il déclarait par écrit quels biens et quels fiefs il avait reçus. L’aveu scellait donc l’alliance entre les deux seigneurs. Or, un individu sans aveu n’est reconnu par personne. On peut l’imaginer en dehors de toutes les règles, sociales et morales, capable de tout. A utiliser si l’on veut traiter quelqu’un de crapule en des termes choisis!
    Sentir le fagot
    Jadis, les hérétiques ou ceux qu’on soupçonnait de sorcellerie étaient brûlés vifs. Sentir le fagot signifie donc être promis au bûcher pour des actions ou des opinions contraires à la doctrine de l’Église. Aujourd’hui, le parfum du fagot ne flotte plus qu’autour de ceux qui inspirent une certaine méfiance. A moins que cela ne sente vraiment très fort le roussi…
    Taillable et corvéable à merci
    Au Moyen Âge, la condition des serfs était très dure. Les charges qui pesaient sur eux, quoique variables selon le siècle, la région et le seigneur, étaient le plus souvent lourdes. Parmi elles figuraient la taille, impôt exigé par le seigneur, et les corvées, travaux que les serfs réquisitionnés devaient effectuer gratuitement pour le compte de leur maître. Aujourd’hui, on dit de quelqu’un qu’il est taillable et corvéable à merci si, comme le serf du Moyen Âge, il est sans recours bon pour toutes les corvées.
    Tenir le haut du pavé
    Occuper une place de choix dans la société. Jadis, il n’y avait pas de trottoirs et les rues étaient légèrement en pente pour que les eaux sales puissent s’écouler au milieu. Les passants qui marchaient près de ce ruisseau risquaient toujours de se salir ou d’être éclaboussés jusqu’aux mollets. C’est pourquoi on laissait par politesse la meilleure place, le long des maisons, aux personnes de qualité. Le privilège n’était pas négligeable car, jusqu’à la fin du XIXe siècle, toute promenade en ville, surtout par temps de pluie, tournait à l’expédition.
    Tomber à quenouille
    Au Moyen Âge, les femmes n’étaient pas exclues de la propriété. Elles pouvaient en particulier hériter de biens, mais elles se contentaient le plus souvent de les transmettre à leur époux sans les gérer elles-mêmes. Le suzerain se réservait même jalousement le droit de marier à son gré les héritières de ses vassaux, quand elles étaient orphelines. Il était donc assez rare qu’une femme puisse rester indépendante et s’occuper elle-même des biens dont elle avait hérité et que l’on disait «tombés en quenouille». La quenouille, qui servait à filer, étant l’instrument féminin par excellence. Et comme les femmes passaient pour être de piètres gestionnaires, «tomber en quenouille» ne tarda pas à signifier «tomber à l’abandon, cesser d’être utilisé».
    Travail de Bénédictin
    Cette expression, qui désigne un énorme travail intellectuel, fait référence aux gros ouvrages d’érudition écrits par les moines bénédictins de Saint-Maur au… XIXe siècle. On pense immédiatement aux moines du Moyen Âge qui ont pendant des siècles, dans l’endroit des monastères appelé «scriptorium», recopié et enluminé tant de manuscrits. Ils étaient eux aussi bénédictins (on les appelait souvent moines noirs, de la couleur de leur robe) et leur travail a permis aux grandes oeuvres de l’Antiquité de parvenir jusqu’à nous.
    Travail au noir
    Au Moyen Âge, les associations de métier réglementaient le travail en exigeant qu’il ne soit effectué qu’à la lumière du jour. Or, certains maîtres, pour augmenter le rendement de leurs ouvriers, les faisaient travailler à la chandelle, une fois la nuit tombée, ce qui était interdit par les règles. D’où l’expression «travailler au noir» pour signifier travailler de façon illicite.
    Un Vilain
    A l’époque médiévale un vilain désigne toute personne qui habite une «villa» (une ferme). Le vilain est un paysan, que les nobles et les clercs imaginent aussi laid physiquement que moralement, capable de toutes les «vilenies». En langue française, vilain peut donc se traduire en français moderne par «paysan». Mais avec le temps on en est venu à l’associer à un «rustre» ou un «ignoble individu». .
Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 2 décembre, 2006 |Pas de commentaires »

LA TRADITION – Ses Origines – Son importance

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LA TRADITION – Ses Origines – Son importance

Le mot « tradition » vient du latin. C’est l’ensemble de moeurs et coutumes qui se sont   transmises de génération en génération. C’est la conservation d’éléments d’une culture, d’une philosophie, c’est le fil qui relie l’origine au futur, à l’aboutissement. C’est le rappel d’un usage ancestral, de récits tou­jours répètes qui forment le folklore d’un peuple, d’un pays ou d’une région. Les récits populaires, féeriques, les contes d’épopées ont forgé de tous temps la mythologie. La plupart de ces récits parlent de mystères et relatent l’inex­plicable, II y a aussi les secrets de métier que l’on se passe de bouche à bouche.

Tout  ceci  constitue la tradition exotérique, perceptible par tous, pratiquée même lorsque l’origine se perd dans la nuit des temps, même si les êtres n’en comprennent pas le sens,   l’origine d’un acte répété depuis toujours est sou­vent oubliée.

Mais, au fur et à mesure du développement de l’homme, nous assistons à la nais­sance de l’ésotérisme, du mysticisme. Le mysticisme permet de dévoiler les vérités extraordinaires de l’Univers. La transcendance d’une idée philosophi­que ne peut se faire que par l’intuition ou l’extase mystique. L’être se pose l’éternelle question, d’où venons-nous ? Où allons-nous ? A quoi sert notre passage sur terre ? Devant la beauté de la nature, il cherche à com­prendre la Loi naturelle, la Loi divine, et l’enchaînement des causes. Sa spiritualité s’éveille et il prend conscience d’un nouvel état. C’est aussi sa première démarche vers Dieu.

De tous temps, le monde a eu ses mystiques, ses prophètes. Ce sont eux qui prêcheront que l’infiniment grand ou l’infiniment petit ont une unique origine… Certains mystiques étaient des visionnaires. Ils voyageaient dans l’au-delà et rapportaient des enseignements provenant de l’invisible. Ils voulaient sauvegarder l’Unité de Dieu. Ils acceptaient de se sacrifier car ils pensaient que le sacrifice unit l’homme à Dieu. Ils ont donné aux hommes la notion de l’âme en leur expliquant que chacun d’eux a un corps et un esprit, qu’il est sensation et intellect, mais que pour comprendre l’invisible il fallait qu’il se perfectionne… Il arrivera alors à réaliser qu’il lui faut dépasser le dualisme qui, pour lui, sépare les deux mondes pour parvenir à l’Unité Essen­tielle… Pour découvrir les valeurs morales et spirituelles, créer cette énergie spirituelle à l’image de l’âme.

Les grands mystiques ressentaient le désert intérieur de leur coeur, leur abandon, leur solitude.   Et c’est dans cet abîme de profondeur, dans leur silence intérieur, dans leur ardeur intérieure,   qu’ils entendaient la parole de Dieu. Ils étaient transfigurés par l’illumination car le silence élève l’âme jusqu’à Dieu… Ils admettaient cette force supérieure que l’on a nommée Dieu…   que Dieu est hors de l’espace et du temps…

Qu’il est immuable… Un Tout, puissant, et qu’Il ne peut agir injustement, même dans un monde on pleine fluctuation.

On ne peut voir Dieu, ce n’est pas Lui qui apparaît car il prendrait une forme humaine, mais son reflet qui est une Lumière subtile manifestant sa Volonté et sa Sagesse nous brûlerait. Au contact de ces mystiques, certains êtres ont voulu connaître les secrets du monde. Ils ont toujours été subjugués par le feu qu’ils consi­déraient de tous temps comme une puissance divine. Ils ont senti que Àgni, le feu, est une force ignée Jaillissante. L’inspiration est ignée, toute vie est combustion, et l’on sent le feu de l’âme et du coeur… et plus tard, ils ont représenté ce feu sous la forme du cheval en lui attribuant l’idée de flamme, de lumière, et auréolé de l’inspiration divine. Le cavalier blanc monté sur un cheval blanc est devenu un symbole.

Ces mystiques, ces êtres hors du commun, formaient un groupe d’Initiés qui ont approché la Connaissance et ont voulu la transmettre pour que celle-ci ne soit pas l’apanage de quelques uns, ni le privilège d’une élite intellectuelle.

Transmettre est le fait de conserver ce qui a déjà existé, ce que les Anciens ont découvert, en particulier les textes Sacrés.

Transmettre est l’acte qui, s’adaptant aux diverses civilisations, en fait ressortir les valeurs mythiques, religieuses ou symboliques. On peut transmettre par la parole, l’écriture, l’acte liturgique, ou les symboles qui sont parlants pour tous ceux qui savent les déchiffrer ; par l’acte sacré qui permet l’intériorisation amenant à la commu­nion avec les forces qui nous entourent.

Ces mystiques ont été nombreux dans les races sémites qui ont vécu tant de siècles sur deux déserts, deux cultures, en Egypte et en Mésopotamie. Ils ont eu de nombreuses révélations réservées soit aux prêtres, soit au peuple. Ils ont compris l’harmonie entre les puissances créatrices, ces puissances qui pardonnent aux humains leurs fautes et créent ainsi les Noces Sacrées entre l’être et la Divinité.

L’enseignement secret a d’abord été transmis aux Initiés pour qu’eux-mêmes puissent transmettre à leur tour.

En Egypte, où il y avait un brassage de populations, les Initiés sémites ont découvert des peuples différents chez lesquels d’autres Initiés avaient suivi les mêmes cheminements intellectuels, les mêmes recherches depuis des générations, et ils ont comparé et approfondi leur savoir. Ils ont perçu le cosmos et le subconscient collectif dans lequel chaque peuple a puisé sans même le savoir. Certains pratiquaient l’alchimie, cette science qui traduit le mouvement, la pulsation de l’énergie, la permutation des formes baignées dans la lumière… Ils pratiquaient aussi l’astrologie sacrée…

Ils ont eu la vision de la Lumière, de la clarté des cieux, la vision directe… Et tout ceci a formé une fraternité entre les peuples. Ils ont connu la science des nombres et des lettres… Ils ont pénétré la pensée philosophique qui existait en Egypte, en Syrie, en Mésopotamie, en Iran et aux Indes. Ce sont les Éléments d’origine Syrienne, transplantés en Egypte, qui ont été le plus enrichis. Cette rencontre Orient Occident entre éléments divers a donné aux hommes le désir d’agrandir leur connaissance.

Les Sémites étaient monothéistes ainsi que les tribus de race noire qui vivaient aux confins de l’Egypte, et dont la langue était moitié hindoue, moitié égyptienne. Il y a une mystique du langage que certains initiés connaissent bien…

Les écritures pratiquées en Egypte datent de 4 à 5.000 ans Avant J.C. L’Egypte ayant subi diverses dictatures et invasions, particulièrement à cause de ses révoltes, souvent renouvelées, contre l’Assyrie, a connu de nombreuses langues parlées sur son territoire. Sa situation géographique s’y prêtait, elle avait de nombreux points de contact avec les mondes asiatique, méditerranéen, et africain. Une partie de la population d’Egypte s’est fondue avec les soudanais et les nubiens.

Les Kouchites, rameau sémite, ont été nombreux en Egypte, Ils y ont apporté leurs langues : sémite, soudanaise, berbère, langue d’Afrique Blanche, ainsi que des langues pratiquées aux Indes dont la plus importante est le sanscrit des textes sacrés constituant les Védas. Ces textes s’expriment de quatre façons mais forment un tout. On y trouve des stances, des formules magiques, des mé­lodies liturgiques, le tout transmis par leurs prophètes pour la louange des Dieux…

Tous ces Initiés, quelle que soit leur provenance ont étudié les trois plans principaux : physique, psychique, spirituel que l’homme doit connaître pour arriver à la compréhension du pourquoi des événements et des choses. Certains ont développé les dons qui étaient en eux à l’état latent, mais qu’ils ressentaient. Ces dons, force instinctive, vivent dans le coeur et dans l’esprit mais non dans l’intellect. L’homme doit dépasser son intellect par la révélation cosmique et l’Illumination.

Lorsque les Templiers ont pris part aux Croisades, ils ont rencontré ces peuples différents et ont fait une synthèse spirituelle des courants initiatiques des uns et des autres. Ils ont recherché à travers les philosophies diverses, quelles étaient les causes premières les amenant à la Connaissance, la racine de la vie, du monde passé, du monde invisible qui nous entoure… du combat du « bien et du mal. Ils ont retrouvé des symboles équivalents dans tous les centres initiatiques de l’Orient et de l’Occident. Tout en restant chrétiens, ils ont admis que le prophétisme était la marche vers la Lumière et, comme Daniel et Saint-Jean, ont reconnu que cette Lumière éclairait tous les êtres qui viennent au monde, quels qu’ils soient.

C’est dans les arcanes égyptiennes, environ 5.000 ans avant notre ère, que la marche vers la Connaissance, vers la Lumière, a pris naissance,

Les Templiers ont instruit autour deux ceux qui étaient à la recherche de « quelque chose ». Mais, comme on ne peut dire tout à tous, ils préféraient s’isoler dans une caverne pour instruire leurs disciples. Ils terminaient leurs réunions en partageant le pain.

Ils ont créé des cérémonies initiatiques, ayant des rites sacres. Ils symbolisaient Dieu par un point, origine de l’Univers. Dans l’acte rituel, la puissance cosmique st développe.

Le feu avait sa part et trois flambeaux, évoquant la Trinité, brillaient dans ces cérémonies. Ils ont appris ces pratiques, loin du monde, dans le recueillement, par la méditation et la divination accordée par Dieu à certains êtres. Au court de leurs recherches en Orient et ailleurs, les templiers ont retrouvé des connaissances jugées essentielles par d’autres Initiés,   et que ceux-ci avaient inscrites sur des parchemins ou des plaquettes d’argile. Ces inscrip­tions étaient en diverses langues telles que l’hindou, le, sanscrit, sœur de l’iranien, ou divers dialectes celtiques, germaniques, Scandinaves, etc…

Les Templiers ont été aussi en contact avec les Ismaéliens, Ces derniers ont été, au départ,   fortement influencés par le courant de pensée du creuset ira­nien et, par la suite, par les civilisations des conquérants grecs et arabes. Les Israéliens étaient très nombreux en Iran, Inde, Pakistan. Leurs prophètes prêchaient une religion parfaite comportant 7 degrés initiatiques. Leurs maî­tres de tradition – tout comme les Templiers – donnaient leur enseignement dans des grottes, vers la montagne.

Hasan, le « Seigneur de la montagne », créa un Ordre de Cavalerie spirituelle, une sorte de compagnonnage mystique, dont les membres étaient liée par des sym­boles, et devaient préparer une humanité nouvelle.

Ils recherchaient «l’île verte», lieu de la révélation de leurs prophètes. Cette notion spirituelle est à rapprocher de celles évoquées par l’Adam Kadmon des hébreux, le mont Serrât, les Chevaliers de la Table ronde et les Cathares. Cette Ile représente aussi à leurs yeux, la tradition du Graal,

Templiers et Ismaéliens avaient d’ailleurs des grades initiatiques équivalents. Les templiers étaient monothéistes comme les Sémites et les Islamiques. Ils voulaient réunir ces trois religions dont le fond de pensée était commun. Ils étaient à la recherche du Graal sous des formes différentes. Ils ont développé l’esprit chevaleresque, c’est-à-dire qu’ils ont demandé à l’homme de mieux se connaître pour bannir en lui tout sentiment bas, de développer la pureté spirituelle, la fraternité entre tous, l’amour de Dieu et du prochain, d’être toujours prêts à servir, même quand cela entraîne des sacrifices réels, et de respecter les dix commandements que toute ancienne religion prêchait. En un mot, de mettre leur force et leur amour au service des autres, de combattre le mal dans la simplicité.

Un de leurs symboles était représenté par un triangle dont les sommets étaient « Amour » – « fidélité » – « Humilité ». Puis vint ce procès inique… et la suspension de l’ordre des Templiers.

Alors un homme s’est levé. Dans le plus profond de son esprit et dans son coeur il n’a pu admettre que toutes ces valeurs, toute cette Connaissance millénaire se dispersent… que peu à peu l’oubli  fasse renaître l’égoïsme, la superstition ou même seulement le retour aux religions pratiquées sans âme, d’une façon exotérique.

Cet homme, c’est Jean de Rampillon, le frère d’âmes de ces templiers qu’il a tant aimés. C’est pour cela qu’avec ses fidèles templiers et croisés, il a créé l’Ordre de la Massenie du Saint Graal. Cet Ordre serait dépositaire de l’Esprit du temple et veillerait à ce que cette tradition ne se perde pas et se répande tout en respectant les règles de la chevalerie…

Ainsi l’a voulu Jean ce Rampillon. Durant ses vies successives il a toujours protégé les Massenies, et maintenant plus que jamais car il est devenu un grand Guide.

J’ai suffisamment parlé de la première Massenie qu’il a créée à Toury et de son fonctionnement pour ne pas y revenir.

Des siècles ont passé mais, malgré les vicissitudes de la vie, les Massenies ont survécu et ont porté le flambeau. Depuis des millénaires la Connaissance s’est infiltrée dans l’esprit des hommes, et les Massenies ont contribué à son développement. Jean de Rampillon a voulu que la Massenie de Toury renaisse… elle a créé son égrégore ainsi que son champ de Force et poursuit la route tracée.

Bien sur, les êtres qui la composent sont différents, et peut-être que tous n’ont pas perçu leur juste valeur selon leurs possibilités infinies. Mais, pour bien le réaliser, il faut d’abord se perfectionner et être pénétré de l’importance du message. Il faut éveiller en chacun de nous le «Chevalier» qui sommeille… nous rendre compte que la transmission que nous faisons est nécessaire à l’évolution. Cette même façon de penser crée une fraternité entre les hommes sur plusieurs plans.

Nos Frères en Massenie doivent se souvenir que d’âge en âge, le désir de la connaissance de l’oeuvre divine a grandi, chez les uns et chez les autres… Que ce désir ne doit pas Être une   curiosité du pourquoi des choses, ni un savoir intellectuel, mais une communion avec le cosmos… Que nos vibra­tions «esprit cœur» doivent se fondre dans le tout… que pour arriver à cela nous devons nous intérioriser par la méditation, la réflexion, la prière… oublier tout  ce qui se rapporte à notre vie et n’être plus que sen­sation. à ce moment là, notre perception s’éveillera pleinement et nous serons aptes à recevoir les messages. Nous réaliserons l’importance de la transmission de la pensée que nous répandrons dans le monde… du subconscient… collectif que nous créons… de la chaîne universelles que nous formerons entre tous… où les considérations sociales, raciales et religieuses n’existeront plus… où nous serons le maillon dans le tout… où notre vie aura un sens profond, notre attitude intérieure réagira dans notre vie courante et nous permettra d’aider nos Frères en humanité pour la gloire du Seigneur.

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 29 novembre, 2006 |Pas de commentaires »
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