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Fraternité, Solidarité, Réciprocité…..

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Le mot fraternité vient du latin Fraternita qui définit le lien de consanguinité indissociable, existant entre les enfants d’une même parenté. Progressivement, cette définition s’est étendue aux liens profonds, mais virtuels, pouvant exister entre proches amis.

Le terme solidarité apparaît seulement à la fin du XVIIIème siècle au dictionnaire de l’Académie Française dans lequel il est défini en 1835, comme :

« Responsabilité mutuelle qui s’établit entre une ou plusieurs personnes ». Le grand Larousse la définit actuellement comme « un devoir moral fondé sur l’interdépendance d’un groupe social.»

 

La solidarité indique une relation entre personnes ayant conscience d’une communauté d’intérêt (économique, social, politique, moral, spirituel) qui entraîne une obligation morale de ne pas desservir les autres et de leur porter assistance. Le concept de solidarité introduit également la notion de dépendance réciproque. Le devoir de fraternité et l’obligation morale de solidarité sont assez proche l’un de l’autre, par la démarche volontaire qu’ils impliquent, par contre la réciprocité indissociable de la solidarité est totalement indépendante de la notion de fraternité.

La notion de réciprocité permet également d’établir la différence entre solidarité et assistance, solidarité et charité. La nuance qui n’est pas toujours claire est cependant d’importance

A la différence de la fraternité ou de la charité dans lesquelles le sentiment prend une part importante, la solidarité peut être impersonnelle et ne pas comporter de dimension affective. La fraternité qui implique l’égalité diffère également de la charité et de l’assistance dans lesquelles celui qui donne et celui qui reçoit ne sont pas placés au m^me niveau.

 La fraternité est un lien, un sentiment irraisonné, temporel entre une ou plusieurs personnes qui n’a pas besoin de matérialité pour s’exprimer. La solidarité implique une prise de position, un engagement, donc au minimum : un sujet de réflexion et l’identification de « partenaires en solidarité ». Elle doit logiquement déboucher sur une action. La fraternité est une façon d’être, la solidarité une façon d’agir.

« La fraternité, ce n’est pas de donner ce que l’on a, c’est avant tout offrir ce que l’on est ». C’est de cette manière que Marie Solemme définit la fraternité, la distinguant ainsi clairement de la solidarité.

 Parabole :

Un homme tombe dans un trou et se blesse, viennent à passer différents personnages, qui l’abordent de la sorte :

La cartésien lui dit : « Vous n’êtes pas rationnel, vous auriez pu éviter ce trou »

Le spiritualiste : « Vous avez dû commettre quelques fautes »

Le scientifique mesure la profondeur du trou

Le journaliste : l’interroge sur ces douleurs

Le yogi lui explique que le trou n’existe que dans son imagination, tout comme sa douleur.

Le médecin lui propose deux comprimés d’aspirine

Le psychanalyste l’incite à chercher dans sa relation avec sa mère les causes de sa chute

Le positiviste l’exhorte : « Quand on veut, on peut ! »

L’optimiste lui dit : « Cela aurait pu être pire, vous auriez pu vous casser quelque chose ».

Le pessimiste : « Vous risquez des complications ! »

C’est alors qu’un  Ami passa et lui tendit la main.

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 14 novembre, 2007 |1 Commentaire »

La noblesse, vous dis-je..

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La noblesse, Dangeau, n’est pas une chimère,
Quand, sous l’étroite loi d’une vertu sévère,
Un homme issu d’un sang fécond en demi-dieux,
Suit, comme toi, la trace où marchaient ses aïeux.
Mais je ne puis souffrir qu’un fat, dont la mollesse
N’a rien pour s’appuyer qu’une vaine noblesse,
Se pare insolemment du mérite d’autrui,
Et me vante un honneur qui ne vient pas de lui.
Je veux que la valeur de ses aïeux antiques
Ait fourni de matière aux plus vieilles chroniques,
Et que l’un des Capets, pour honorer leur nom,
Ait de trois fleurs de lis doté leur écusson :
Que sert ce vain amas d’une inutile gloire,
Si, de tant de héros célèbres dans l’histoire,
Il ne peut rien offrir aux yeux de l’univers
Que de vieux parchemins qu’ont épargnés les vers ;
Si, tout sorti qu’il est d’une source divine,
Son cœur dément en lui sa superbe origine,
Et n’ayant rien de grand qu’une sotte fierté,
S’endort dans une lâche et molle oisiveté ?
Cependant, à le voir avec tant d’arrogance
Vanter le faux éclat de sa haute naissance,
On dirait que le ciel est soumis à sa loi,
Et que Dieu l’a pétri d’autre limon que moi.
Dites-nous, grand héros, esprit rare et sublime,
Entre tant d’animaux, qui sont ceux qu’on estime ?
On fait cas d’un coursier qui, fier et plein de cœur,
Fait paraître en courant sa bouillante vigueur ;
Qui jamais ne se lasse, et qui dans la carrière
S’est couvert mille fois d’une noble poussière.
Mais la postérité d’Alfane et de Bayard,
Quand ce n’est qu’une rosse, est vendue au hasard,
Sans respect des aïeux dont elle est descendue,
Et va porter la malle, ou tirer la charrue.
Pourquoi donc voulez-vous que, par un sot abus,
Chacun respecte en vous un honneur qui n’est plus ?
On ne m’éblouit point d’une, apparence vaine :
La vertu, d’un cœur noble est la marque certaine.
Si vous êtes sorti de ces héros fameux,
Montrez-nous cette ardeur qu’on vit briller en eux,
Ce zèle pour l’honneur, cette horreur pour le vice.
Respectez-vous les lois ? fuyez-vous l’injustice ?
Savez-vous pour la gloire oublier le repos,
Et dormir en plein champ le harnais sur le dos ?
Je vous connais pour noble à ces illustres marques.
Alors soyez issu des plus fameux monarques,
Venez de mille aïeux, et si ce n’est assez,
Feuilletez à loisir tous les siècles passés ;
Voyez de quel guerrier il vous plaît de descendre
Choisissez de César, d’Achille, ou d’Alexandre :
En vain un faux censeur voudrait vous démentir,
Et si vous n’en sortez, vous en devez sortir.
Mais, fussiez-vous issu d’Hercule en droite ligne,
Si vous ne faites voir qu’une bassesse indigne,
Ce long amas d’aïeux que vous diffamez tous,
Sont autant de témoins qui parlent contre vous ;
Et tout ce grand éclat de leur gloire ternie
Ne sert plus que de jour à votre ignominie.
En vain, tout fier d’un sang que vous déshonorez,
Vous dormez à l’abri de ces noms révérés ;
En vain vous vous couvrez des vertus de vos pères,
Ce ne sont à mes yeux que de vaines chimères ;
Je ne vois rien en vous qu’un lâche, un imposteur,
Un traître, un scélérat, un perfide, un menteur,
Un fou dont les accès vont jusqu’à la furie,
Et d’un tronc fort illustre une branche pourrie.
Je m’emporte peut-être, et ma muse en fureur
Verse dans ses discours trop de fiel et d’aigreur :
Il faut avec les grands un peu de retenue.
Hé bien ! je m’adoucis. Votre race est connue.
Depuis quand ? répondez. Depuis mille ans entiers,
Et vous pouvez fournir deux fois seize quartiers :
C’est beaucoup. Mais enfin les preuves en sont claires,
Tous les livres sont pleins des titres de vos pères ;
Leurs noms sont échappés du naufrage des temps.
Mais qui m’assurera qu’en ce long cercle d’ans,
A leurs fameux époux vos aïeules fidèles,
Aux douceurs des galants furent toujours rebelles ?
Et comment savez-vous si quelque audacieux
N’a point interrompu le cours de vos aïeux ;
Et si leur sang tout pur, avecque leur noblesse,
Est passé jusqu’à vous de Lucrèce en Lucrèce ?
Que maudit soit le jour où cette vanité
Vint ici de nos mœurs souiller la pureté !
Dans les temps bienheureux du monde en son enfance,
Chacun mettait sa gloire en sa seule innocence ;
Chacun vivait content, et sous d’égales lois,
Le mérite y faisait la noblesse et les rois ;
Et, sans chercher l’appui d’une naissance illustre,
Un héros de soi-même empruntait tout son lustre.
Mais enfin par le temps le mérite avili
Vit l’honneur en roture, et le vice anobli ;
Et l’orgueil, d’un faux titre appuyant sa faiblesse,
Maîtrisa les humains sous le nom de noblesse.
De là vinrent en foule et marquis et barons :
Chacun pour ses vertus n’offrit plus que des noms.
Aussitôt maint esprit fécond en rêveries,
Inventa le blason avec les armoiries ;
De ses termes obscurs fit un langage à part ;
Composa tous ces mots de Cimier et d’Ecart
De Pal, de Contre-pal, de Lambel, et de Face,
Et tout ce que Segond dans son Mercure entasse.
Une vaine folie enivrant la raison,
L’honneur triste et honteux ne fut plus de saison.
Alors, pour soutenir son rang et sa naissance,
Il fallut étaler le luxe et la dépense ;
Il fallut habiter un superbe palais,
Faire par les couleurs distinguer ses valets :
Et, traînant en tous lieux de pompeux équipages,
Le duc et le marquis se reconnut aux pages.
Bientôt, pour subsister, la noblesse sans bien
Trouva l’art d’emprunter et de ne rendre rien ;
Et, bravant des sergents la timide cohorte,
Laissa le créancier se morfondre à la porte.
Mais, pour comble, à la fin, le marquis en prison
Sous le faix des procès vit tomber sa maison.
Alors le noble altier, pressé de l’indigence,
Humblement du faquin rechercha l’alliance ;
Avec lui trafiquant d’un nom si précieux,
Par un lâche contrat vendit tous ses aïeux ;
Et, corrigeant ainsi la fortune ennemie,
Rétablit son honneur à force d’infamie.
Car, si l’éclat de l’or ne relève le sang,
En vain l’on fait briller la splendeur de son rang.
L’amour de vos aïeux passe en vous pour manie,
Et chacun pour parent vous fuit et vous renie.
Mais quand un homme est riche, il vaut toujours son prix.
Et l’eût-on vu porter la mandille à Paris,
N’eût-il de son vrai nom ni titre ni mémoire,
D’Hozier lui trouvera cent aïeux dans l’histoire.
Toi donc, qui, de mérite et d’honneurs revêtu,
Des écueils de la cour as sauvé ta vertu,
Dangeau, qui, dans le rang où notre roi t’appelle,
Le vois, toujours orné d’une gloire nouvelle,
Et plus brillant par soi que par l’éclat des lis,
Dédaigner tous ces rois dans la pourpre amollis ;
Fuir d’un honteux loisir la douceur importune ;
A ses sages conseils asservir la fortune ;
Et, de tout son bonheur ne devant rien qu’à soi,
Montrer à l’univers ce que c’est qu’être roi :
Si tu veux te couvrir d’un éclat légitime,
Va par mille beaux faits mériter son estime ;
Sers un si noble maître ; et fais voir qu’aujourd’hui
Ton prince a des sujets qui sont dignes de lui.
Nicolas Boileau

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 22 octobre, 2007 |2 Commentaires »

N’était pas Chevalier qui veut !

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N’était pas chevalier qui veut ! Par contre, les personnes de petite naissance pouvaient aspirer à la chevalerie même s’il était peu fréquentqu’un paysan soit adoubé. La majorité des Chevaliers étaient nobles, ou fils de Chevalier.

Pour devenir chevalier, un personnage se doit d’être au service d’un seigneur, d’un noble, d’un ordre ou d’une cause juste. Le chevalier doit toujours placer l’honneur, la bravoure et l’abnégation de soi avant toutes autres valeurs et doit adhérer à un code de chevalerie

Tout chevalier avait droit de sacrer autant d’hommes qu’il le désirait. À l’origine, on adoubait le chevalier autant dans une cérémonie solennelle que sur les champs de bataille. Le futur chevalier était parrainé par un riche comte ou même le roi. C’est lors de l’adoubement que l’on remettait au nouveau chevalier, l’arnure ainsi que les armes qui lui serviraient sur les champs de bataille. Une fois armé, il sautait sur son cheval sans l’aide de ses étriers et démontrait ses talents au maniement des armes sur des mannequins. Il passait alors dans le monde des adultes.

L’église a, par la suite, fait de ce sacrement une cérémonie religieuse. Une veillée de prières précédait la cérémonie de l’adoubement et on baignait l’adoube. Lors de la cérémonie, le prêtre bénissait les armes du chevalier et par la suite, le chevalier lui-même. On ceignait le chevalier de l’armure et celui-ci dégainait trois fois son épée du fourreau. Le chevalier prêtait serment d’utiliser ses armes qu’on lui remettait pour le service de Dieu et la protection des faibles. Puis, l’adoubeur donnait un baiser de la paix suivi de l’accolade puis il frappait de la paume, le cou du chevalier. Cet acte était pour stimuler la foi du chevalier envers le Christ. Les nobles ajustaient alors ses éperons et sa bannière sur laquelle était inscrite des prédictions. Ensuite, il montait à cheval et prouvait son habileté de cavalier en renversant à coup de lance, des mannequins nommés « quintaines ». Pendant deux ans, il se devait de courrir les tournois afin de répandre le nom de la Maison dont il portait les couleurs.
Pour le chevalier, l’armure est bien autre chose qu’un simple moyen de protection, c’est un indicateur de statut social. Ainsi, le chevalier cherchera toujours à posséder l’armure la plus imposante et la mieux ouvragée. l’armure est un outil essentiel. À l’apparence, elle est donc systématiquement ornée de multiples décorations, blasons et autres marques rappelant la bravoure de son possesseur. Un chevalier comme tous les nobles possède un blason, une devise et autres signes distinctifs qui lui permettent de se faire identifier sur le champs de bataille. L’armure de plaques reste le choix favori du chevalier. Les armures en cuir ou en tissu étant réservées aux paysans.

Les chevaliers n’ont aucune limite dans les armes qu’ils peuvent utiliser, mais il existe certaines armes privilégiées que les chevaliers chercheront à apprendre à maîtriser, en priorité :

La lance
L’épée longue
La masse de chevalier

Les armes qui affligent les dommages à distances, seront délaissées par le chevalier car elles mettent en cause sa bravoure au combat, constituant ainsi une violation au code de chevalerie. Le combat à cheval est une spécialité des chevaliers. Ils sont tous virtuellement nés et entraînés sur une selle.

Un chevalier doit suivre un code de conduite et respecter une éthique propre à la chevalerie sous peine de perdre son statut de chevalier. Ces valeurs chevalesques sont :

La Loyauté
La Courtoisie
L’Honneur
La Fièreté et la Bonne Foi
La Bravoure
La recherche de Gloire et de Renommée
L’Obéissance à la Hiérarchie et le Respect de la Parole donnée

Le code de la chevalerie du temps des croisades, se résume en dix (10) commandements, tout comme le décalogue de l’église. Il a surement été le frein aux personnes qui, sans ce code, auraient été sauvages et indisciplinés.

Tu croiras à tout ce qu’enseigne l’église et observeras tous ses commandements.
Cette première règle de la chevalerie est la plus importante de toutes. Si on était pas Chrétien, on ne pouvait devenir chevalier. Le chevalier devait croire en Dieu et avoir en lui, pleine confiance.
Tu protégeras l’église.
Cette règle est le cri d’armes du chevalier. Le chevalier devait servir et défendre l’église.
Tu auras le respect de toutes les faiblesses et t’en constitueras le défenseur.
Le chevalier devait défendre tous les faibles, aussi bien les prêtres que les femmes et les enfants.
Tu aimeras le pays où tu es né.
Le chevalier devait aimer et protéger sa patrie.
Tu ne reculeras pas devant l’ennemi.
Le chevalier devait être une brave personne. Mieux valait être mort que d’être couard.
Tu feras aux infidèles, une guerre sans trève et sans merci.
Cette règle invitait les chevaliers à combattre et haïr les païens.
Tu t’aquiteras exactement de tes devoirs féodaux, s’ils ne sont pas contraires à la loi de Dieu.
Le Seigneur devait protéger son vassal qui lui, en échange, était fidèle à son seigneur. Le chevalier devait aider son seigneur lorsqu’il avait besoin d’aide.
Tu ne mentiras point et seras fidèle à la parole donnée.
Le chevalier ne devait en aucun cas mentir et le respect de la parole donnée allait aussi avec la franchise.
Tu seras libéral et feras largesse à tous.
Le chevalier devait être courtois et sage pour tous. Il devait être aussi généreux.
Tu seras, partout et toujours, le champion du croit et du bien contre l’injustice et le mal.
Le chevalier devait se faire le défenseur du bien et le combattant du mal.

Les vertus de la chevalerie

Loyauté
Le chevalier devait toujours être loyal envers ses compagnons d’armes. Que ce soit pour la chasse ou pour traquer un ennemi, le chevalier doit être présent au combat jusqu’à la fin avec ses compagnons, prêt à les aider en tout temps avec vaillance.
Prouesse
Le chevalier devait être preux et posséder une force musculaire importante pour combattre les adversaires qu’il rencontrerait. Il devait les combattre pour le service de la justice et non par vengeance personnelle.
Sagesse et Mesure
Le chevalier devait être sage et sensé afin d’empêcher la chevalerie de basculer dans la sauvagerie et le désordre. Il avait le contrôle sur sa haine et sa colère de lui-même en tout temps. Les échecs étaient donc de mise pour excercer sa capacité intellectuelle dans la réflexion et le calme.
Largesse et Courtoisie
Un noble chevalier devait partager autant de richesses qu’il possédait avec amis et paysans sous son aile. Lorsqu’il se rendait à la cour, il devait faire preuve de courtoisie, de se faire aimer par sa dame en étalant devant elle toutes ses prouesses. Il devait aussi la servir fidèlement et purifiait en quelque sorte, l’âme du Chevalier.
Justice
Le chevalier doit toujours choisir le droit chemin sans être encombré par des intérêts personnels. La justice se faisait alors par la pitié et l’humilité. Un chevalier se doit de défendre son Seigneur et ceux qui dépendent de lui. Il doit toujours défendre sa nation, sa famille et ceux en qu’il croit fermement et loyalement.
Courage
Un chevalier se doit de choisir le chemin le plus difficile et non le chemin guidé par ses intérêts personnels. Il doit être prêt à faire des sacrifices personnels. Il doit être à la recherche ultime de la vérité et de la justice adoucie par la pitié.
Foi
Un noble chevalier doit avoir foi en ses croyances et ses origines afin de garder l’espoir.
Humilité
Le chevalier ne doit pas se vanter de ses exploits, mais plutôt laisser les autres le faire pour lui. Il doit raconter les exploits des autres avant les siennes afin de leur donner le renom dont il mérite.
Franchise
Le chevalier devait parler le plus sincèrement possible.

 

Voici quelques devises et attitudes propres aux chevaliers :

Courtoisie envers toutes les femmes
L’honneur avant tout et la mort avant le déshonneur
Mort à ceux qui s’opposent à la noble cause
Combattre est une gloire
La bataille distingue le brave
Le respect de ses pairs et de ses égaux
On ne peut mourir qu’en faisant la guerre
Sur le champ de bataille sois toujours sur l’ennemi le plus puissant
Protèges les faibles qui te respectent
Ne refuses jamais un duel
Ne laisses jamais personne te traiter de lâche pour servir, ou pour mourir
Ton corps est une machine à tuer
Si la mort te frappe au combat, souris-lui

Au Moyen-Age, tous les évènements devenaient prétexte pour organiser un tournoi et jouter. Même si les tournois et les joutes s’organisaient dans le respect absolu des adversaires, il arrivait souvent qu’un chevalier se blesse sérieusement ou meurt lors des tournois. Ils étaient principalement pratiqués par les jeunes nobles, récemment adoubés, fils de seigneurs qui les envoyaient apprendre hors de leurs terres les règles de la chevalerie avec leurs compères. Les tournois servaient à déterminer le meilleur chevalier et les vaincus remettaient armes et rancon au vainqueur. De plus, il arrivait qu’une dame remette sa manche à un chevalier afin qu’il se batte pour elle. Il remettait de ce fait les armes et les chevaux des chevaliers vaincus à la dame qui lui avait offert sa manche.

De nombreux cavaliers et nobles créèrent des ordres de chevalerie réunissant en confrérie les meilleurs tournoyeurs. Ceux-ci disposent d’appartements dans un château royal. Ils se doivent assistance réciproque en cas de besoin, et partagent une même foi religieuse. Les joutes et les tournois stimulent les armées, soutiennent le moral des soldats et encouragent, par une guerrière stimulation, les prouesses des chevaliers.

L’esprit de la Noblesse

Le véritable esprit de la noblesse vient d’abord du coeur et de l’esprit. Savoir comprendre les autres, être présent dans leur désarroi, être l’oreille attentive à ceux qui en ont besoin, s’abstenir des commentaires blessants ou passer des jugements sur les autres. C’est faire grand usage de la mesure dans ses paroles et propos.

C’est aussi ne pas faire de distinction entre le faible et le fort, le pauvre et le riche ; c’est se tenir loin de l’arrogant, du méprisant qui n’a jamais compris les autres. Cela peut aussi signifier se sentir aussi à l’aise avec le simple comme le flamboyant. C’est aussi aider (dans la mesure du possible) ceux qui en ont besoin.

Mais c’est aussi être un phare pour les autres. Essayer par tous les moyens d’enterrer nos défauts et de manifester nos qualités. C’est éviter la moquerie, le double language, les stupidités anonymes adressées à n’importe qui.

C’est déja beaucoup d’arriver à faire tout cela. Et il y aurait peut-être encore plus à faire !

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 12 octobre, 2007 |10 Commentaires »

La chevalerie

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Le mot chevalerie exprime, comme le remarque avec raison Philarète Chasles, un ensemble de mœurs, d’idées, de coutumes, particulier au moyen âge européen et dont l’analogue ne se retrouve pas dans les annales humaines.

C’est sans doute qu’à aucune autre époque de l’histoire, la foi chrétienne n’a été plus vivante au sein des peuples et mieux pratiquée par les individus, car la chevalerie ne se rencontre que dans les nations chrétiennes et au moment où elles sont vraiment chrétiennes.

Dès le XIe siècle, la chevalerie nous apparaît comme un fait existant, dont l’origine demeure incertaine. Elle était la consécration de la force au service du droit, du droit des faibles surtout, plus facilement méconnu parce qu’il est désarmé.

Parmi les faiblesses que la chevalerie avait prises sous sa garde, il y en avait une sacrée entre toutes, c’était celle de l’Eglise.

Champion de l’Eglise et béni par elle, le chevalier devait son appui à tous ceux que protège l’Eglise, à l’orphelin, à la veuve, à la femme que le christianisme avait relevée de la dégradation où la retenait le paganisme, en lui rendant dans la famille et dans la société la place qui lui appartient.

Le chevalier s’inspirait donc de sa foi religieuse ; lorsqu’il se faisait le défenseur de la femme et qu’il lui vouait son respect.

Mais à mesure que s’effaça l’idée chrétienne, on vit la chevalerie déchoir : déjà au XIVe siècle, Froissart constatait cette dégénérescence de l’esprit chevaleresque.

La courtoisie se changea en galanterie, le respect de la femme devint une sorte de culte ; aux vertus premières de loyauté, de justice, de dévouement se mêlèrent des sentiments ridicules ou coupables : l’aveugle et servile soumission aux caprices des dames, la recherche des aventures per fas et nefas ; l’honneur se déplaça, ou plutôt le mot perdit sa signification primitive et quand, au commencement du XVIe siècle, « le bon chevalier sans peur et sans reproche fut tué d’un coup d’artillerie », le Loyal Serviteur put écrire avec vérité que ce fut « grosse perte à toute chevalerie ».

Un poète, Alexandre Soumet, a été plus loin et a dit plus juste lorsque, après avoir raconté les derniers moments de Bayard, il ajouta : « Et la Chevalerie, inclinant sa bannière, posa sur ce cercueil sa couronne dernière »

C’en était si bien fait de la chevalerie, de ses mœurs, de ses idées, qu’à cette même époque, la flatterie de courtisans corrompus attribuait le titre de roi-chevalier au moins chevaleresque des rois ; à celui qui favorisait en Allemagne l’hérésie qu’il proscrivait en France ; à l’allié du Turc, vainqueur des chrétiens à Belgrade et à Rhodes ; au prisonnier de Madrid rachetant sa liberté par des promesses menteuses, « que, comme Français, il n’aurait jamais dû signer; que, comme chevalier, il n’aurait jamais dû rompre », dit Sismondi ; au prince licencieux qui fit de la cour une école de mauvaises mœurs ; au roi François Ier.

La vie du chevalier était soumise à des règles qui en déterminaient chaque phase.

L’enfant qu’on destinait â la chevalerie était, dès l’âge de sept ans, retiré des mains des femmes et confié à quelque seigneur dont il devenait en quelque sorte l’élève et même le serviteur, car dit l’Ordène de chevalerie, « il convient qu’il soit subject, devant que seigneur, car autrement ne connaîtroit Il pas la noblesse de sa seigneurie quand il seroit chevalier. »

Cette domesticité temporaire et accidentelle n’avait d’ailleurs, en aucun cas, rien de dégradant, elle ne faisait que resserrer les liens d’amitié et de sympathie qui rattachaient l’apprenti chevalier à ses maîtres et instituteurs.

Ceux-ci ne négligeaient pas l’éducation morale et religieuse de leur élève, qu’ils formaient à l’amour de Dieu et au respect des dames en même temps qu’ils l’exerçaient au maniement des armes.

Ils l’engageaient bientôt à se choisir, parmi les nobles damoiselles qui fréquentaient le château, une sorte de souveraine idéale envers laquelle il ferait preuve de toutes les délicatesses et qu’il devrait servir, lui rapportant ses pensées et ses actions comme à une personnification de sa conscience.

Le page, après avoir passé par les fonctions de varlet et de damoiseau, était mis hors de page en devenant écuyer, ce qui ne s’accomplissait pas sans l’intervention de l’Eglise qui bénissait les armes du futur chevalier.

En dehors des services domestiques qu’on attendait de lui dans la maison de son seigneur, l’écuyer était surtout chargé des soins de l’écurie, nobles soins dans ces temps où la noblesse ne combattait qu’à cheval.

Parvenu au grade de bachelier ou bas chevalier, il accompagnait son maître au combat.

Enfin quand après ce long noviciat, après avoir fait ses preuves en qualité de poursuivant d’armes, le jeune gentilhomme devait être armé chevalier, il s’y préparait par un jeûne de trois jours et par la veille des armes, passant la nuit entière à la porte de l’église, debout et en tenue de guerre ; le matin, il entendait la messe à genoux, vêtu de blanc, portant au cou l’épée qu’il ne pouvait ceindre encore ; il recevait des mains de quelques nobles dames ou damoiselles, les éperons, le haubert, la cuirasse, les gantelets et les autres pièces de son armure qu’il revêtait aussitôt ; puis l’évêque ou son délégué aspergeait l’épée d’eau bénite et recommandait au postulant de l’employer à la défense de la sainte Eglise de Dieu, pour la confusion des ennemis de la croix de Jésus-Christ, et de n’en blesser personne injustement ; les prières, profession de foi et cérémonies religieuses étant achevées, le chevalier ordèneur complétait l’adoubement du récipiendaire par la colée, c’est-à-dire qu’il le frappait sur le col du plat de l’épée nue et lui donnait ensuite l’accolade en disant :

« De par Dieu, Notre-Dame et monseigneur saint Denys (ndlr : ou tout autre saint), je te fais chevalier. »

Le nouveau chevalier, ceint de l’épée, se levait, sortait sa lame du fourreau, la brandissait trois fois en homme, viriliter, l’essuyait sur son bras gauche, comme s’il venait de faire une action de guerre, et la remettait au fourreau.

On lui apportait ensuite l’écu et la lance, on lui amenait son destrier et dès lors il pouvait mener la vie de dévouement, de combats et de gloire à laquelle il avait aspiré depuis tant d’années.

M. Paul Lacroix, à qui nous avons emprunté les éléments de cette notice (Vie militaire au moyen âge), écrit :

« L’Eglise, tout en approuvant la générosité de cette institution, prit à tâche d’en modérer les tendances romanesques et belliqueuses ; son esprit pacifique est exprimé dans les prières du Pontifical pour la bénédiction de l’épée. Mais si l’Eglise protégea la chevalerie et l’investit même d’une dignité presque sacrée, elle refusa toujours d’étendre cette protection aux tournois, joutes, bas d’armes, manifestations brillantes et quelquefois dangereuses de l’esprit chevaleresque, et surtout au duel judiciaire. Malgré la présence d’un prêtre dans la lice, elle n’accordait même pas au duel judiciaire une tolérance tacite. Sans cesse elle protesta avec indignation contre cette coutume barbare enracinée dans les mœurs, s’efforçant de détruire la farouche doctrine qui confondait la force avec le droit ; mais ce fut en vain que, pour s’opposer à l’usage du duel judiciaire, elle se servit de toute son influence, de toute son autorité ; elle dut se borner à atténuer les fâcheux effets des idées généralement reçues. » L’association de l’Eglise et de la chevalerie, de la guerre et de la religion se consomma dans une institution qui se rattache intimement aux croisades, nous voulons parler des ordres religieux militaires ».

César Cantu dit :

« Nulle part, la Chevalerie ne se montra plus digne d’admiration. Là, elle accepte le sacrifice de toutes les affections, le renoncement à la gloire du guerrier comme au repos du moine, et charge du double fardeau de ces deux existences le même individu, en le vouant tour à tour aux périls du champ de bataille et au soulagement de la souffrance. Les autres chevaliers allaient en quête d’aventures pour leur dame et l’honneur, ceux-ci pour secourir l’indigence et la douleur. Le grand-maître des Hospitaliers se faisait une gloire du titre de Gardien des pauvres du Christ, celui de l’ordre de Saint Lazare devait toujours être un lépreux, les chevaliers appelaient les pauvres nos Maîtres : effets admirables de la religion qui, dans des siècles où toute la puissance dérivait du glaive, savait humilier la valeur et lui faire oublier cet orgueil qu’on en croit inséparable. »

L’Ordre vénitien de Saint Marc, fondé en 831, est considéré comme le plus ancien ordre de chevalerie.

Le 16 novembre 1351, le roi Jean II le Bon créa, sur le modèle anglais, l’Ordre de l’Etoile, le premier ordre de chevalerie français connu. Il était placé sous le patronage de Notre-Dame-de-la-Noble-Maison et tous les membres juraient de ne jamais reculer dans le combat. Les insignes étaient un anneau dont le chaton figurait une étoile émaillée, timbrée d’un soleil d’or, et un fermail de même forme à fixer sur le manteau ou le chaperon.

La chevalerie qui rassembla les combattants à cheval puis les nobles, n’était plus qu’un degré de la noblesse à la fin du Moyen Âge.

La Révolution française abolit les ordres de chevalerie le 30 juillet 1791.

Citations

« Les temps de grossièreté, de séditions, de rapines et de meurtres, furent les temps les plus brillants de la chevalerie. » (Voltaire).

« La chevalerie est pour les modernes ce que les temps héroïques étaient pour les anciens. » (Mme de Staël)

« La chevalerie exaltait le sentiment de l’honneur à un degré inconnu des héros de l’antiquité. » (Chéruel)

« Dans la grande et triste figure de don Quichotte, nous saluons la dernière apparition de la chevalerie. » (P. de Saint-Victor)

« La chevalerie, à son origine, était une institution sacrée, un ordre qui obligeait ses profès à des vœux solennels, à de nombreuses observances. » (Ozanam)

« La chevalerie  française ne connut, au moins depuis l’avènement des Valois, que les qualités faciles de bravoure, de frivolité, d’élégance, qui devaient lui faire jouer dans le monde un rôle si brillant. » (Renan)

 

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Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 28 juillet, 2007 |1 Commentaire »

GLOSSAIRE (Temps Modernes)

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Abonnement: Accord où l’on remplace une redevance, une taxe quelconque par un montant négocié une fois pour toute. Capitation, dixième et vingtième, ou les droits d’aides , les droits domaniaux sont souvent abonnés, par les provinces, les villes ou par un ordre tel que le clergé.

Académie:

  • Cercle de savants, d’artistes, d’intellectuels… L’Académie française est fondée en 1635. L’Académie des sciences de Paris est fondée en 1666, celle de Toulouse en 1729.
  • Ecole de niveau secondaire et supérieur qui forme les pasteurs (religion réformée).

 

Accensement: Terre ou tenure mise en cens par un seigneur.

Actes royaux: Lettres de chancellerie signées du roi et enregistrées en Parlement ayant force de loi: ordonnances, édits, lettres patentes

Afféagement: Cession par le seigneur à un acquéreur, contre une redevance, d’une partie du domaine seigneurial ou des terres nobles.

Affinerie: Foyer de forge où l’on transforme la fonte en fer (en diminuant sa teneur en carbone).

Affouage: Droit de prendre du bois de chauffage dans une forêt. Cela peut être le cas pour la communauté d’habitant dans la forêt seigneuriale ou pour le seigneur (chauffage du four banal) dans une forêt qui appartient aux habitants.

Anciens: Chez les calvinistes, Membres d’un consistoire. Ce sont les anciens qui choisissent le pasteur (ou ministre) de la communauté.

Angelus: Son de la cloche qui annonce, le matin, le midi et le soir l’heure de la prière à la vierge.

Apanage: Fief (une partie du domaine royal) octroyé par le roi à ses fils cadets ou à ses frères en renoncement à la Couronne. En cas de disparition de la branche apanagée, le fief revient à la Couronne.

Appel comme Abus: Plainte déposée devant une cour souveraine contre un juge ecclésiastique qu’on accuse de dépasser ses pouvoirs ou qui empiète sur la justice séculière.

Arrêt: Décision souveraine.

Assemblée du clergé: Réunion tous les 5 ans des évêques de France qui gèrent les biens de l’Église, décident du don gratuit (impôt à verser à la royauté) et font part au gouvernement du roi de leurs doléances et observations. Durant cet intervalle de 5 ans, des agents généraux du clergé sont chargés de faire la liaison entre la royauté et le clergé.

Assemblées du désert: Réunions clandestines des protestants, dans des lieux en général peu fréquentés, après la révocation de l’édit de Nantes.

Asséeur ou Collecteur: Personne chargée au sein de la communauté villageoise de répartir la taille et de gérer le rôle (répertoire des personnes soumises à l’impôt ainsi que du montant de leur versement).

Aveu et Dénombrement: description de tout ce qui constitue un fief par le vassal à son suzerain dans les 40 jours qui suivent la foi et hommage. Il en est de même pour le censitaire, mais si, pour le vassal, cette obligation ne lui incombe qu’une seule fois dans sa vie, le censitaire, lui, peut avoir à la refaire selon certains intervalles.

Bailliage ou Sénéchaussée: Circonscription et juridiction royale datant du Moyen Âge. C’est aussi un tribunal de première instance jugeant les causes civiles et criminelles, situé dans l’échelon judiciaire entre la justice seigneuriale et les parlements. D’ailleurs le bailliage juge dans la très grande majorité des cas à charge d’appel aux présidiaux ou aux parlements. Cette circonscription fondamentale à la fin du Moyen Âge se voit perdre son importance sous l’Ancien Régime avec le gouvernement au XVIe (sous la direction d’un gouverneur) puis avec la généralité ou intendance à partir du XVIIe siècle (dirigée par un intendant). Elle ne conserve à la fin du régime plus guère que le pouvoir de convoquer les députés des trois ordres en vue de la réunion du Tiers état.

Ban: trois définitions.

  • Toute proclamation publique: Mariage, fauchaison, moisson, vendange…
  • peine qui est du ressort d’une juridiction ou qui consiste à bannir un condamné hors du royaume.
  • Terme issu du Moyen Âge et qui englobe les vassaux tenus envers le roi au service militaire. Pratique devenue obsolète après Louis XIII.

 

Banbois: Partie de la forêt mise en ban (bannie,interdite).

Banc-échoppe: Comptoir, qu’on peut souvent déplacer, appuyé contre un mur.

Béguine: Femme d’une communauté en partie religieuse et en partie laïque dans laquelle on ne prononce pas les voeux perpétuels.

Bénéfice ecclésiastique: bien d’Église (revenu) attribué à un ecclésiastique (voire à un laïque pour les bénéfices réguliers (abbaye) en vertu de la commende) en raison des fonctions qu’il occupe. On distingue les bénéfices séculiers (évêchés, chapellenies, cures) des bénéfices réguliers (abbayes, les offices de chambrier, aumônier, sacristain, etc.). Il s’opère une seconde distinction avec les bénéfices majeurs (évêché et abbaye) où l’évêque et l’abbé sont nommés par le roi (Commende suite au fameux concordat de Bologne en 1516), et les bénéfices mineurs (prieuré, cure, chapellenies, etc.) qui sont nommés par un patron (évêque, abbé, chapitre, seigneur qui est à l’origine d’un édifice religieux, etc.) ou parfois, très rarement, par un concours avec épreuves publiques (cures essentiellement).

Bernardines: Religieuses qui se consacrent presque exclusivement à l’éducation des jeunes filles.

Bief: Cours d’eau détourné pour pouvoir faire fonctionner un moulin (à eau).

Boues et lanternes: taxe dont doivent s’acquitter les propriétaires de maisons à Paris, suite à arrêt du Parlement (1506), pour l’entretien des lanternes et des rues (nettoyage).

Bref: Lettre du pape (toujours brève, sans préface ni préambule) où il communique sa conclusion ou son choix concernant les affaires publiques (par exemple, une question de droit). Le bref contrairement à la bulle ne possède pas le sceau papal.

Brevet: Acte du roi (ne nécessite pas un enregistrement au niveau des Parlements) concernant une nomination voire une grâce quelconque. Le brevet de taille est la somme établie comme devant être le montant de la taille pour l’année concernée.

Breuil ou Breil: lieu (bois, taillis, pré), souvent clos, où paît le bétail.

Bulles: Textes officiels du pape, en caractères gothiques, sur parchemin, et auxquels des boules de plomb (d’où le nom) sont attachées.

Bureaux Diocésains: Une lettre patente de 1616 établit cette juridiction diocésaine afin de répartir les décimes ecclésiastiques. Ces bureaux doivent être composés de l’évêque, du syndic du diocèse, et de députés des curés, des abbés, des communautés régulières et des chapitres. Et ce, pour donner un contrepoids au pouvoir décisionnaire de l’évêque. Ces nouvelles juridictions, en fait, ne changent pas grand chose à l’affaire, c’est toujours l’évêque qui décide.

Cabinet noir: Bureau qui lit secrètement la correspondance privée afin de renseigner les autorités royales. Officiellement supprimé en 1775.

Cadets Gentilshommes: Futurs officiers qui font leur apprentissage militaire dans des corps de troupe. Pour cela Louvois fonde 2 compagnies en 1682 (jusqu’à 9 compagnies aux plus beaux jours). Si elles sont évidemment réservées à la noblesse, certains roturiers peuvent y entrer.

Calendrier Liturgique: Fondamental à l’époque moderne. L’année liturgique est découpée en plusieurs grandes périodes (je ne citerais pas en détail tous les jours qui sont sujets à une commémoration religieuse):
1) L’Avent, marque le début de l’année religieuse. Commence le 4e dimanche avant Noël et se termine à cette date. Les pénitences sont de rigueur: jeûne, abstinence, pas de mariage.
2) Période dite de Récupération (Epiphanie, chandeleur…).
3) Carême, commence 40 jours avant Paques et se termine évidemment à cette date. Autre période de pénitence: jeûne, abstinence, mortifications (pour les plus zélés), pas de mariage.
4) Les Rogations sont les 3 jours d’avant l’Ascencion. Marque jusqu’à la fin juin une période de processions, de bénédictions et de festivités (Pentecôte, Saint-jean Baptiste, Saint-Eloi).
5) Fin de l’année religieuse. L’été marqué par les travaux des champs comprend peu de fêtes. L’année religieuse se termine donc avec le mois de novembre (Toussaint, Trépassés…).

Camisards: Protestants calvinistes, d’origine paysannes essentiellement, qui au début du XVIIIe siècle, dans les Cévennes, entrent en révolte contre la royauté. Leur « uniforme » ou plutôt le moyen vestimentaire de se reconnaître est une chemise blanche passée par-dessus leurs habits (camiso en langue d’oc, d’où leur surnom de camisards).

Capitainerie: Territoire qui forme une seule juridiction en matière de chasse. Ce sont évidemment les capitaineries des maisons royales (Fontainebleau, Vincennes, Compiègne…) qui sont de loin les plus importantes.

Capucins: Frères mineurs (ne sont pas ordonnés prêtres) à l’instar des Franciscains dont ils se sont séparés en 1619.

Carême: Interdiction d’acheter de la viande pendant le Carême (40 jours). Seuls les porteurs d’autorisations ecclésiastiques en ont le droit, mais ils ne peuvent acheter leur viande qu’à l’Hôtel-Dieu pour Paris, ou au boucher dit boucher de carême pour les villes de province.

Cas prévôtaux: crimes et délits du ressort des prévôts des maréchaux (juges militaire) qui réclament une justice rapide. Sont concernés, les mendiants, les repris de justice, les déserteurs, les gens de guerres…

Cas royaux: crimes et délits du seul ressort de la justice royale: hérésie, rébellion, sacrilège, crime de lèse-majesté, assemblée illicite, sédition, fausse monnaie, rapt. Sont aussi des cas royaux tout ce qui a trait aux églises, hôpitaux, communauté, Académies, congrégations ou ordres religieux, impôt, bénéfices ecclésiastiques, le domaine, etc.

Casuel: Rétribution demandée par le clergé pour les baptêmes, mariages, et sépulture.

Catéchèse: Instruction religieuse (enseignement oral).

Célestins: Moines d’une des différentes congrégations bénédictines.

Cénobite: Moine d’une communauté contrairement à l’anachorête (ou à l’ermite) qui, lui, vit seul.

Censier: Répertoire où est consigné le montant du cens à toucher pour chaque tenure.

Censive: Territoire soumis au cens envers un seigneur. Le tenancier, propriétaire utile de sa terre est soumis à la propriété dite éminente du seigneur. D’où redevances envers le seigneur.

Centième denier: Taxe (édit de décembre 1703) perçue lors de toute mutation de propriété ou de jouissance d’immeuble (hormis succession en ligne directe ou donation par contrat de mariage).

Chambres ardentes: Chambres de justice, commissions extraordinaires mises en place pour juger des cas singuliers: personnes peu scupuleuses enrichies suite à des malversations, à certains trafics ou à certaines extorsions, affaires d’empoisonnement (qui défrayent les chroniques de l’époque)…

Chambres de commerce: Institution mise en place par Colbert (1701) car il voulait que les commerçants des principales places du royaume (Lyon, Rouen, Bordeaux, Montpellier, La Rochelle, Lille) soient représentés. Celles de Marseilles et de Dunkerque fonctionnent déjà depuis un certain temps. Les chambres de commerce, au niveau étatique, sont du ressort du contrôle général des finances hormis celle de Marseille qui possède le monopole du commerce avec le Levant et qui dépend des affaires étrangères.

Chambre des comptes: Cour souveraine qui, au niveau du protocole, suit immédiatement le Parlement. Elle est chargée de la conservation et des droits du Domaine, mais aussi de la gestion des finances et notamment le contrôle du maniement des deniers royaux. C’est à la Chambre des comptes qu’on enregistre tous actes concernant les fiefs de la Couronne. Les contrats de mariage de la famille royale, les traités de paix, les baux des fermes, les serments des officiers royaux sont enregistrés à la Chambre des comptes de Paris. Si les Chambres des comptes de province sont sous le contrôle de celle de Paris, la primauté de cette dernière est de plus en plus contestée, d’où le retrait de certaines comptabilités à sa juridiction et une efficacité défaillante du système.

Chancellerie: Lieu où se scellent les lettres et actes qui émanent du roi. La Grande chancellerie, celle qui accompagne le roi, compétente pour tout le royaume est la chancellerie suprême, là où sont scellés les édits, les lettres d’anoblissement, de naturalisation, de légitimation… Les parlements et conseils souverains, quelques chambres des comptes et aussi des cours d’aide ont aussi leur chancellerie. Parallèlement à l’administration royale, les institutions comme les Académies, les Universités, les églises (Notre-Dame), les abbayes, ont aussi leur chancelier et donc leur propre sceau.

Chapitre noble: Communauté religieuse, masculine ou féminine, qui n’admet en son sein que des membres issus de la noblesse.

Châtelet: Tribunal de grande instance de Paris, prévôté et vicomté de Paris, devient présidial en 1552. Le châtelet sous l’Ancien Régime est presque l’égal des parlements.

Clergé: le premier ordre du royaume. Si les membres du haut clergé sont exclusivement issus de la noblesse et vivent sur un pied d’égalité avec les membres laïques de la haute aristocratie, certains curés et vicaires, par les difficultés qu’ils rencontrent, sont plus proches du tiers état et principalement de ses couches populaires.

Coche d’eau: Bateau fluvial qui transporte passagers et marchandises, souvent tiré par des chevaux.

Code: Textes, Ordonnance du Conseil de justice royal, régissant un domaine particulier. Parmi les principaux codes en vigeur sous l’Ancien Régime, on trouve:
1) Code Michau sur l’administration de la justice (1629).
2) Code des Tailles (1634).
3) Code Louis qui régit l’état civil et notamment les registres paroissiaux (1667).
4) Grande Ordonnance des eaux-et-Forêts (1669).
5) Code de procédure criminelle (1670).
6) Code du commerce (1673).
7) Code maritime (1681).
8) Ordonnance coloniale, dite aussi Code noir (1685).

Collège:
1) Communauté religieuse (ex.: collège de chanoine)
2) établissement d’enseignement qui correspond, en gros, à notre secondaire actuel. A l’époque on y enseigne ce que l’on nomme le cycle des Humanités (6 années d’étude), de la classe de grammaire à celle de rhétorique. Les Collèges de plein exercice assurent l’enseignement, en plus des 6 années consacrées aux humanités, de 2 années de Philosophie, soit le cycle secondaire complet.

Colloque: Circonscription religieuse et assemblée, au niveau régional, chez les Protestants. Chaque communauté ou paroisse envoie au colloque en tant qu’assemblée, un pasteur et deux anciens. Généralement les Colloques remplissent un travail préparatoire au synode provincial. Ce sont les colloques qui recensent les dossiers ou les questions à évoquer et ce sont les synodes provinciaux qui tranchent.

Colombier: Seuls les seigneurs hauts justiciers ont le droit de posséder un colombier à pied. Les colombiers (volières) dont le bas sert à une autre fonction (hangar, remise, pressoir…) sont autorisés pour les propriétaires de plus de 50 arpents de terres labourables (nobles et roturiers).

Commende: Garde d’un bénéfice régulier accordée par le roi à un ecclésiastique séculier voire à un laïque. Ce moyen permet au roi de récompenser ses plus fidèles serviteurs et de pourvoir l’Église en scandales. La commende ne s’applique qu’aux monastères d’hommes, l’abbesse étant presque toujours une religieuse issue de l’ordre de l’abbaye qu’elle dirige. Par contre le commendataire n’a aucun pouvoir sur les religieux de son abbaye qui élisent un prieur claustral pour les diriger.

Commis: désigne l’employé dans le privé et le fonctionnaire pour tout ce qui touche à l’administration étatique.

Commise: Confiscation d’un fief pour félonie ou forfaiture envers le suzerain, ou pour désaveu de fief.

Commissaire: employé nommé par commission du roi (charge temporaire). Le commissaire n’est donc pas propriétaire de sa charge à la différence de l’Officier.

Committimus: Lettre du roi permettant de faire juger sa cause par une cour souveraine.

Communauté d’habitants: Ensemble des habitants d’un village, d’une commune ou d’une ville. La communauté d’habitants s’ordonne autour de l’assemblée des chefs de foyer (de feu) sous la férule d’un ou plusieurs représentants (syndic ou consul voire officiers municipaux). Par ce biais, la communauté d’habitants assure la police rurale (assolement, usages, communaux) ou urbaine, peut répartir et collecter la taille et la capitation, administre les biens de la collectivité, et intente même des actions en justice contre un seigneur ou une communauté voisine si elle en ressent le besoin. Malheureusement, aussi bien dans les municipalités urbaines que rurales, ce système génère de mauvaises gestions et débouche sur une certaine « pagaille ». Si bien que Colbert à partir de 1683, les place sous l’étroite surveillance de l’intendant (ce qui peut aussi être un prétexte de l’Etat absolutiste afin d’étendre son contrôle sur les populations).

Communaux: Les terrains qui servent à la communauté (friche, marais, forêt…) et qui permettent d’élever le bétail ou de collecter du bois de construction et de chauffage. C’est un enjeu important dans la vie de la paroisse ou de la seigneurie entre la communauté et les seigneurs ou les gros propriétaires.

Compagnie: L’Etat accorde à un groupes de commerçants et de financiers (la compagnie), un monopole, généralement en faveur du commerce international ou de l’exploitation des ressources coloniales.

Compois: Substitut du cadastre des biens immeubles d’une juridiction ou d’une communauté (compois terrien). Dans le midi, et en particulier dans le Languedoc, on utilise aussi le compois cabaliste qui enregistre les biens meubles.

Concordat: Transaction passée entre le Saint-Siège et un Etat souverain dans le but de régir les rapports entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel (celui de l’Etat souverain). Pour la France d’Ancien Régime c’est le concordat de Bologne en 1516 entre Léon X et François 1er qui est en vigueur durant toute la période.

Connétable de France: chef suprême des armées quand le roi n’est pas à sa tête. La charge est abolie en 1627 par Richelieu.

Conseil souverain ou supérieur: Cours d’appel dont les compétences équivalent à celles des parlements.

Consistoire:

  • Assemblée de cardinaux convoqués par le pape et qui traite des affaires de l’Eglise.
  • Conseil protestant (formé exclusivement de laïcs) chargé de l’administration des églises et d’une certaine juridiction ecclésiastique sur ses membres (veille à la discilpine religieuse et morale des membres de la communauté, de conserve avec le pasteur). On n’en trouve plus guère, à la fin de l’Ancien régime, qu’en Alsace.

 

Consulat: Conseil de ville dans les provinces du Sud dont les membres sont les consuls (synomymes: échevinage ou encore corps de ville).

Corporation: Association soumise à réglement et bénéficiant d’un privilège exclusif, où se regroupent les personnes exerçant le même métier (maîtres, compagnons et apprentis).

Corvée Royale: Obligation pour les ruraux de travailler un certain nombre de jours à la réfection ou la construction des grandes routes du royaume. Cette obligation s’institutionnalise vers les années 1730 avec le contrôleur général des finances Orry. Malgré un certain nombre de péripéties, elle survit jusqu’en 1789 alors qu’il est fortement question de la remplacer par une taxe .

Cour des aides: Cour souveraine qui juge au civil et au criminel tout ce qui touche à la levée de l’impôt (taille, aides, octrois, gabelle) et les appels des jugements des élections, greniers à sel, juges des traites…

Cour des monnaies: Cour souveraine, à partir de 1552, au civil et au criminel, sur tout ce qui touche les monnaies et les métaux précieux. La cour des monnaies de Paris étend sa juridiction sur tout le royaume (hormis les exceptions qui forment la règle) sauf entre 1704 et 1771 ou une cour des monnaies implantée à Lyon lui fait concurrence.

Cours souveraines: Ce sont les cours qui jugent sans appel, hormis cassation par le roi et son conseil: les parlements, le Grand Conseil, les chambres des comptes, les cours des aides, la cours des monnaies, les conseils souverains et supérieurs. Ces cours enregistrent aussi les actes royaux avec droit de remontrance.

Courtille: Terrain non bâti dépendant d’une maison (la jouxtant ou l’entourant).

Coutume: Usages, pratiques qui sont devenus à l’intérieur de chaque province de véritables lois. On a pour habitude d’opposer les provinces du nord avec leurs pays dits coutumiers et les provinces du sud avec leurs pays de droit dit romain où le droit est écrit, mais il semble que la réalité soit un peu plus complexe. Notamment en pays de droit romain où les provinces ont aussi leurs coutumes. Les coutumes à partir du XVIe siècle sont répertoriées par écrit sur des coutumiers.

Crapaudière: Mare, étang.

Croix de Saint-Louis: Médaille, distinction pour faits militaires, créée sous Louis XIV (1693).

Décime: Impôt dû par le clergé au roi suite au concordat de Bologne (1516). Tous les ans le clergé verse au roi les décimes ordinaires et exceptionnellement les décimes extraordinaires si l’État a de gros besoin.

Décimateur: Celui qui perçoit les grosses dîmes de la paroisse, de plus en plus rarement le curé.

Démonologie: Etude de l’influence, de la nature du démon, voire des démons.

Dîme: Impôt dû au clergé portant sur les fruits de la terre et sur les troupeaux. Imposé sous Charlemagne (capitulaires de 779 et 794), l’impôt est destiné à l’entretien de la paroisse, et au soulagement des gens dans le besoin. Sous l’Ancien Régime, les produits de la dîme vont à des décimateurs, abbayes, évêchés, chapitre et même à des seigneurs laïques (dîme inféodée) qui n’ont que faire des paroisses d’où ils proviennent. Si le taux varie selon les endroits, il devrait être au maximum (d’où son nom) d’un dixième. On distingue la grosse dîme (blé seigle, orge, avoine et vin) de la menue dîme (millet, sarrasin, pois, chanvre, lin, fruits vert, légumes). Les animaux d’élevage eux aussi sont imposables: dîme de charnage sur le croît des troupeaux (naissances de l’année) y compris les animaux de basse cour. La dîme est universelle, elle touche les roturiers comme les nobles où la propriété personnelle des ecclésiastiques, même le roi y est astreint (pas de jaloux!). Elle se prélève avant tous les autres impôts dont le champart.

Diocèse: circonscription ecclésiastique. Il y a dans la France de l’Ancien régime en 1789, 139 diocèse dont 18 archevêchés (Reims, Sens, Paris, Rouen, Tours, Bourges, Bordeaux, Auch, Toulouse, Albi, Arles, Aix, Embrun, Vienne, Lyon, Besançon, Cambrai) pour quelque 121 évêchés (…).

Doctrinaires: En 1592 est fondée la congrégation des doctrinaires dans le but d’enseigner le catéchisme au monde rural.

Domaine : le domaine de la Couronne est imprescriptible et inaliénable et il comprend le domaine corporel, c’est à dire les biens immeubles et le domaine incorporel qui comprend tous les droits qui en découlent du fait des droits régaliens et seigneuriaux.

Don gratuit: Sommes que le clergé réuni tous les 5 ans vote et qui sont destinées à la royauté (entretien ou construction de séminaires, d‘hôpitaux, d‘école) . Le clergé a baptisé cette redevance don divin, car il considère cette contribution aux frais de l’État comme une largesse qu’il se dit libre de refuser. Le roi ne semble pas être de cet avis.

Droit canon: Lois et jurisprudence de l’Église.

Droit commun: Lois qui s’appliquent à tous.

Droit féodal: régit tout ce qui concerne les fiefs et les relations entre seigneurs et vassaux.

Droits seigneuriaux: s’appliquent aussi au roi au sein de son domaine royal.

  • Abeillage: droit du seigneur de prélever une certaine quantité de miel dans les ruches de ses vassaux.
  • Afforage: Droit du seigneur à se faire remettre une certaine quantité de vin ou de bière lors de la mise en perce d’un tonneau (perçage du trou destiné au tirage de la boisson).
    Banalité: droit du seigneur à obliger ses censitaires à moudre le grain, cuire le pain, à pressurer les fruits au moulin, au four, au pressoir seigneurial ou banal que le seigneur tient en état ainsi que les chemins qui y mènent (théoriquement). Dans certains cas, moyennant l’acquittement d’un droit envers le seigneur les particuliers peuvent avoir, par exemple, leur four privé.
  • Banvin: droit du seigneur à vendre seul, durant les trente à quarante jours qui suivent le ban (proclamation publique) des vendanges, son vin dans sa seigneurie.
  • Cens: Redevance annuelle, imprescriptible (c’est elle qui détermine que la terre est roturière) que doit le censitaire (censive) au seigneur.
  • Corvée: Service gratuit que doit le censitaire à son seigneur (la jurisprudence la limite à la fin de l’Ancien Régime à douze jours par an).
  • Chambellage: Droit dû, dans certaines provinces (Artois, Flandres, Bretagne, Picardie, Poitou…), au seigneur en cas de mutation d’un vassal.
  • Champart: Portion de la récolte due au seigneur par le censitaire. Varie selon les endroits entre le vingtième et le tiers de la récolte. Le champart s’exerce presque uniquement sur les céréales, rarement sur les autres cultures et récoltes comme la vigne, les légumes ou les fruits. Selon la province, on trouve pour désigner sensiblement le même droit, les termes d’Agrier, agrière, tasque, terrage
  • Chasse: Droit réservé au seigneur haut justicier dans l’étendue de sa haute justice et à chaque seigneur sur son fief. Il est interdit aux autres et sévèrement châtié (jusqu’à la peine de mort).
  • Danger: Droit du seigneur sur les ventes des bois relevant de sa seigneurie (un dixième). Au danger, s’ajoute en Lorraine et en Barrois, envers le seigneur haut justicier, le tiers denier (le ou les vendeurs doivent s’acquitter du tiers du prix de vente).
  • Faitage ou festage: Droit qu’il faut acquitter au seigneur pour construire et posséder une maison.
  • Fumage: Droit dû au seigneur par tout habitant qui fait feu et fumée (le plus souvent en boisseaux d’avoine).
  • Garde seigneuriale: droit du seigneur d’administrer un fief de sa seigneurie (de le tenir sous sa garde et donc d’en percevoir les revenus) alors que son détenteur est mineur.
  • Leyde: le seigneur perçoit un droit sur les marchandises dans les marchés et foires car l’entretien des lieux et la fourniture des poids et mesures lui incombe.
  • Pêche: Contrairement au droit de chasse, il est possible de l’affermer. Théoriquement, le droit de pêche du seigneur s’exerce dans les eaux non navigables et celui du roi dans les rivières navigables.
  • Tonlieu: Quand ce n’est pas un droit de péage, désigne le droit dû au seigneur pour pouvoir faire étalage de ses marchandises dans les foires et marchés.
  • Triage: lors du partage des biens communaux, droit du seigneur de s’en réserver un tiers.
  • droits de mutations
    • Acapte: droit de mutation qui survient à la mort du seigneur ou lors de la mort du censitaire. On utilise le plus souvent l’acapte pour désigner le droit dû à la mort du seigneur et l’arrière-acapte pour désigner le droit dû par le nouveau tenancier à la mort de son prédécesseur. Mais on trouve aussi l’inverse.
    • Aubaine: droit du seigneur sur la succession des biens d’un étranger mort sur ses terres.
    • Lods et ventes: Le plus importants des droits de mutations. C’est une redevance due au seigneur en cas de vente par le tenancier d’une tenure en censive . Le quint est le droit de mutation équivalent en cas de vente d’une terre noble, la tenure en fief.
    • Relief ou rachat: Droit de mutation sur une terre en censive lorsque le changement de propriétaire utile s’effectue autrement qu’en ligne directe ou que par vente.
  • Justice seigneuriale:
    • basse justice: compétente pour les causes civiles mineures (limitée à 10 sols) et celles de police .
    • moyenne justice: compétente pour les délits et les crimes soumis à un châtiment corporel mineur, au bannissement ou à une amende n’excédant pas 75 sols.
    • haute justice: compétente pour les causes civiles ou criminelles avec des peines allant jusqu’à la condamnation à mort mais toujours avec un appel au parlement.
  • Péages: droits seigneuriaux remontant généralement au Moyen Âge pouvant toucher les personnes, les animaux où les denrées qui transitent sur telle route, tel pont ou tel bac appartenant à un seigneur. Le pouvoir d’Ancien Régime s’est efforcé d’en limiter l’usage, sans grand succès.

 

Douairière: Se dit d’une veuve auquel son défunt mari lui permet de bénéficier, en viager, de ses biens propres, ou plus communément, d’une partie de ses biens.

Échevin: magistrat municipal. L’échevinage est généralement le corps de ville.

Economats: Les revenus des bénéfices consistoriaux ou des évêchés en régale remplit la caisse des économats (caisse royale).

Edit: acte du roi concernant un seul point (contrairement à l’ordonnance) . S’applique à une province ou une partie singulière de la population.

Edits somptuaires: Edits promulgués sous l’Ancien Régime (et ils sont nombreux, plus d’une douzaine) qui blâment l’étalage éhonté du luxe et de la magnificence (enrichissons-nous mais gardons une certaine dignité!).

Élection: subdivision de la généralité.

Épices: désigne à l’origine de petits cadeaux offerts aux juges (des parlements) par les plaideurs qui viennent de gagner leur procès. Les petits cadeaux se transforment vite en somme d’argent dont le plaideur doit s’acquitter. La pratique est officialisée par l’édit de mars 1673.

Etat civil: L’ordonnance de Villers-Cotterets d’août 1539 oblige les curés à tenir des registres d’état civil où ils mentionnent la naissance des enfants qui sont baptisés. Ces registres paroissiaux sont confiés au greffe du bailliage dont dépend la paroisse. L’ordonnance de Blois de l’année 1579, les oblige alors à inscrire aussi les mariages et décès. Et pour finir l’ordonnance d’avril 1667, les oblige à tenir deux registres, l’un qu’ils gardent au sein de l’administration ecclésiastique et l’autre qu’ils confient au greffe du juge royal.

États généraux: Assemblée des trois ordres du royaume: noblesse, clergé et tiers état. Avant la convocation de 1789, sa dernière réunion remonte à 1614, d’où la désuétude de l’institution. Il est vrai qu’on ne se souvient de son existence uniquement lorsqu’il s’agit de dénouer une crise.
Réunions des Etats généraux sous l’Ancien Régime: Tours (1505), Orléans puis Pontoise (1560-1561), Blois (1576-1577), Blois de nouveau (1588-1589), Paris (1593), Paris encore (1614-1615), Paris toujours (1789).

États provinciaux: Assemblée des trois ordres (noblesse, clergé, tiers (souvent limité à la bourgeoisie urbaine)) qui, seulement dans les pays d’états, vote l’impôt, en négocie le montant avec les agents du roi, s’occupe de sa répartition puis de sa collecte. Les états en gardent une partie afin de s’acquitter de leurs charges (comme les voies de communication).

Eteule: Chaume qui reste dans un champ après la récolte. Le droit de récupérer la chaume restante.

Exclusif: Obligation des colonies de ne commercer qu’avec la métropole.

Fabrique: Biens et revenus d’une église qui vont à l’entretien de cette église et au frais du culte. C’est aussi le groupe formé par les marguilliers ou encore fabriciens, des laïcs de la paroisse, qui en ont la charge.

Faux-saunage: Contrebande du sel.

Ferme générale: Très tôt le roi afferme la perception des impôts indirects à des fermiers, privés au départ. Il cède d’abord le droit de percevoir les traites, puis les aides et la gabelle. A partir de 1726, une seule institution est compétente pour le perception des impôts indirects et des droits affermés: gabelle, traites, aides, domaines, octrois, tabac, c’est la Ferme générale. Ce qui n’empêche pas la ferme générale de sous-affermer certains droits comme les aides et les domaines à des particuliers ou à des compagnies privées.
Tous les six ans, on adjuge à un particulier le bail de la Ferme générale. Ce particulier n’est qu’un prête-nom que cautionnent les gros financiers (40, puis 60) de l’institution qu’on appelle les fermiers généraux et qui deviennent vite indéboulonnables du fait que l’État ne peut leur rendre leur caution. Et ils en profitent pour faire de gros bénéfices même s’ils sont sous la surveillance, du moins théorique, des intendants ou de la cour des aides. Ce système est particulièrement coûteux pour l’État ainsi que pour le contribuable de l’époque et, en fait, peu rentable (par rapport à ce qu’on pourrait en espérer), si bien que Louis XVI met plusieurs droits en régie (création en 1780 d’une régie générale qui s’occupe essentiellement des aides et d‘une administration générale des domaines et droits domaniaux) mais il ne peut se passer des fermiers généraux dont l’État est devenu tributaire.

Feuille des bénéfices: Charge de celui qui désigne au roi les personnes à nommer aux bénéfices ecclésiastiques qui sont de son ressort.

Fief: Domaine ou partie d’un domaine cédé par un seigneur à un vassal. Domaine noble.

Fief de dignité: Fief dont l’acquisition annoblit obligatoirement: duché, marquisat, comté, vicomté, baronnie.

Filles du roi: Filles, le plus souvent issues d’un orphelinat, à qui la royauté fournie une dot en échange de laquelle elles doivent se marier en Nouvelle-France dans le but de peupler la colonie (1663 à 1673).

Finage: Zone pleinement définie d’une communauté, d’une paroisse ou d’une seigneurie.

Fouage: Imposition qui touche en Bretagne, et en Provence (en Normandie c’est un droit domanial), les feux, les foyers dont le nombre est plus estimatif que réel (on estime à tant de foyer chaque communauté et à elle de fournir la somme correspondante).

Franc-fief: Droit dû au roi par les roturiers quand ils acquièrent un bien noble. Généralement une année de revenu tous les 20 ans.

Frères des écoles chrétiennes: Congrégation fondée en 1684 par Jean Baptiste de la Salle (1651-1719) dont les Frères se consacrent à l’enseignement. Malgré la prononciation de voeux, ils vivent dans le « siècle ».

Froissis: partie en jachère sur laquelle les moutons peuvent paître.

Galère: Navire de guerre utilisé en Méditerranée et dont les rameurs sont sous le coup d’une condamnation (aussi bien des « droits communs » que des « délinquants d’opinion ou de religion » comme les protestants). L’utilisation des galériens est supprimée en 1748.

Gallican: de France. On dit Église gallicane pour dire Église de France.

Gallicanisme: doctrine qui préconise l’autorité du roi et des évêques sur le clergé et les affaires religieuses afin d’affaiblir celle du pape. Le gallicanisme milite en faveur des conciles oecuméniques et contre l’infaillibilité du pape.

Généralité: circonscription supérieure au niveau fiscal dans les pays dits d’élection ou circonscription de perception de la taille.

Glandée: zone forestière qui sert de pâture au porc.

Gouverneur: dirige au début des Temps modernes le gouvernement, circonscription politique et militaire qui correspond généralement aux anciennes Provinces. Le gouverneur à partir du XVIIe siècle est supplanté par l’intendant, suite aux rôles importants joué par certains gouverneurs contre le pouvoir royal lors des guerres de Religion et surtout lors de la Fronde. Le gouvernement n’est plus alors qu’une circonscription militaire commandée réellement par un lieutenant général, voire un commandant, et le gouverneur, membre de la haute noblesse, réside la plupart du temps à Versailles; sous la surveillance du roi. A partir de 1750, il doit même demander l’autorisation du roi pour se rendre dans sa province.
Parallèlement on trouve les gouvernements d’établissements royaux ou de maisons royales: hôtel des invalides, Bastille, Versailles, Trianon, Compiègne, etc.

Gouvernement du roi: Il est formé, à la fin du régime, d’un ministère ainsi composé:

  • le chancelier qui est le chef de la magistrature et qui a la garde des sceaux de France, il est partie prenante de la législation royale. Il est inamovible mais peut tout de même être disgracié, il conserve alors son titre mais n’exerce plus sa fonction, c’est un garde des sceaux nommé par le roi qui le fait.
  • le contrôleur général des finances est le principal ministre du gouvernement puisqu’il dirige l’administration financière du royaume mais aussi l’agriculture, l’industrie, le commerce, les ponts et chaussées, et toute l’administration intérieure du royaume.
  • Les 4 secrétaires d’État avec le secrétaire d’État à la Guerre qui administre aussi les provinces frontières, le secrétaire d’État à la marine (et des colonies), le secrétaire d’État aux affaires étrangères et le secrétaire d’État à la Maison du roi qui s’occupe, en plus de ce qui touche à la Cour, des affaires du clergé, des protestants, de la feuille des bénéfices ou de la ville de Paris. Les secrétaires d’État ont aussi en charge l’administration d’un certain nombre de provinces. Ils sont le lien entre les administrateurs provinciaux du royaume (dont les intendants) et le roi.

A ce ministère vient s’ajouter les différents Conseils

  • Le Conseil d’en haut dit aussi Conseil d’État s’occupe de la grande politique: paix, guerre, relation avec les États étrangers. Les membres du Conseil d’État nommés par le roi portent le titre de ministre d’État au nombre de 7 en 1789. Le seul membre du ministère à y participer (quand il y participe) est le secrétaire d’État aux Affaires étrangères en qualité de rapporteur. Se réunit généralement 2 à 3 fois par semaine.
  • Le Conseil des Dépêches s’occupe de tout ce qui touche à l’administration intérieure du royaume: affaires judiciaires, ecclésiastiques, les municipalités, les pays d’États, les travaux publics… Il peut même revenir sur des arrêts des parlements qui, bien-sur, lui contestent ce droit. Le Conseil des dépêches se réunit une fois par semaine et il comprend le roi, le garde des sceaux, des ministres et des secrétaires d’État ainsi que 2 conseillers d’État (au nombre de 30, nommés par commission et qui ont en charge tout ce qui touche à la monarchie administrative).
  • Le Conseil des Finances gère les revenus de l’État et répartit la taille dans les généralités. Il établit aussi les baux des fermes. Y assistent le roi, le garde des sceaux, les ministres d’État, et un ou deux conseillers d’État.
  • Le Conseil privé ou des parties que préside le chancelier, remplit les fonctions de cour de cassation.
  • Le Conseil des Consciences, est une réunion d’ecclésiastiques réunis autour du roi afin de faire le point sur les affaires religieuses à l‘intérieur de royaume. Ce Conseil s’il n’entre pas dans le protocole officiel du gouvernement du roi, s‘il ne revêt pas la même solennité que les autres, n’en est pas point important puisqu‘il semble bien que la question religieuse est une question pour le moins épineuse.

 

Grand Conseil: créé en 1497, ce tribunal a pour vocation de juger les conflits de bénéfices ecclésiastiques mais aussi les affaires où les parlements sont accusés de partialité.

Grenier à sel. Lieu de stockage du sel par l’institution chargée de le percevoir (le grenier, sous l’Ancien Régime, désigne le siège de certaines administrations: grenier à blé, à sel…) . Mais aussi tribunal compétent pour les affaires touchant à la gabelle. L’appel se fait devant la cour des aides.

Gruerie: circonscription forestière dont l’officier est le Gruyer. C’est aussi une juridiction compétente pour les petits délits.

Halle ou Halles: A l’époque quand il ne s’agit pas du marché couvert, qualifie l’hôtel de ville.

Hallage: Droit d’octroi sur les produits vendus dans les foires et marchés et notammment les grains.

Hôtel-Dieu: Etablissement hospitalier ou hospice placé sous la direction de l’évêque.

Huguenot: Surnom un brin railleur donné par les catholiques aux calvinistes. Vient de l’allemand « confédéré ».

Humanités: les 6 premiéres années d’étude au collège, de la classe de grammaire à celle de rhétorique.

Indult:
1) Lettre de Monsieur le pape accordant à son destinataire une dispense par rapport à un principe général.
2) Faveur par laquelle Monsieur le pape accorde à un laïc (souvent un prince) un ou des bénéfices ecclésiastiques.

Impôts directs

  • Capitation: Impôt direct créé en 1695, devient permanent à partir de 1701. Vise à l’origine tous les sujets, répartis en 22 classes (chaque classe devant s’acquitter de la même somme). Le clergé se rachète de l’impôt et la noblesse s’en fait exempter. Au final, seuls les roturiers sont taxés.
  • dixième: Impôt de guerre (1710-1713, 1733-1737 et 1741-1749).
  • Taille: Impôt touchant les roturiers. Elle est dite taille personnelle dans le nord et c’est un impôt sur le revenu. Elle est qualifiée de taille réelle dans le sud et c’est un impôt sur les biens immobiliers (foncier). Le gouvernement fixe annuellement la somme qu’il demande pour tout le royaume. Cette somme est partagée au niveau des généralités puis au niveau des élections. Le Bureau d’Élus de chaque élection se charge alors de déterminer la taille à payer par chaque paroisse où des répartiteurs déterminent la part à verser par chaque contribuable. Le collecteur est responsable de la récolte de l’impôt au niveau paroissial, le trésorier particulier en est responsable au niveau de l’élection et le receveur général dans sa généralité.
  • Quartier-d’hiver: redevance en supplément de la taille dont il faut s’acquitter pour financer le logement de la troupe quand il ne fait plus très chaud. Milices, étapes, quartier-d’hiver ou ustensiles qui étaient à l’origine des obligations imposées aux habitants pour subvenir aux besoins de la troupe, avec le temps et le logement de celle-ci dans des casernements, sont devenues des redevances dont le montant (global) atteint les deux tiers de la taille.
  • Vingtième: devient permanent en 1749 et touche tous les revenus et tous les sujets. De nouveau la noblesse est exemptée et le clergé s’en est racheté. De nouveau les roturiers sont les seuls touchés. Pour ceux qui veulent tout savoir, le vingtième se divise en fait en 4 vingtièmes ou en 4 parties: le vingtième foncier, le vingtième des industries (commerçants et industriels), le vingtième des offices et droits (vénalité des offices) et le vingtième mobilier (autres revenus mobiliers). Celui qui rapporte et compte vraiment est évidemment le vingtième foncier, celui que les différents contrôleurs généraux des finances voudront réformé en le remplaçant par une subvention territoriale dont les parlementaires ne voudront pas entendre parler et qui sera l’une des principales pierres d’achoppement entre les deux parties.

Impôts indirects

  • Aides: impôt indirect touchant certains produits comme les métaux précieux, les vins, les alcools, les huiles, les savons, etc. La noblesse et le clergé ne s’en acquittent pas. Parmi les droits d’aides les plus courant (touchent pour la plupart les alcools): gros, augmentation, huitième, quatrième, annuel, cinq sols, subvention, droits de jauge, trop bu (la consommation personnelle du vigneron ou fabricant (de cidre ou d’eau de vie par exemple) est arrêtée à un certain niveau, s’il en reste moins que prévu, taxe! qui est aussi appelée gros manquant)… 
  • Gabelle: Impôt sur le sel. Son taux est fonction de la zone géographique définie par l’administration royale:
    • Pays exemptés (Bretagne (+ actuelle Vendée), Boulonnais, Calaisis, Artois, Flandre, Hainaut, Béarn, Navarre…). Les Provinces exemptées ne payent pas la gabelle.
    • Pays rédimés ( Guyenne, Gascogne, Limousin, Saintonge, Angoumois, une partie du Poitou (hormis l‘actuelle Vendée), Limousin…). Les provinces rédimées sont celles qui s’en sont “rachetées” dès le XVIe (paiement global en une seule fois, montant négocié avec le pouvoir royal).
    • Pays de petite gabelle (Lyonnais, Maçonnais, Beaujolais, Bresse, Languedoc, Dauphiné, Provence, Roussillon, Forez …). Les provinces de petite gabelle (sel de la Méditerranée) payent une taxe et la consommation est libre.
    • Pays de grande gabelle (Île de France, Orléanais, Berry, Bourbonnais, Champagne, Maine, Anjou, Touraine, Picardie, Champagne, Bourgogne, Nivernais). Les provinces de grande gabelle (sel de l’Atlantique) sont celles qui sont le plus fortement taxées avec obligation d’achat d’une certaine quantité de sel pour chaque famille (le privilège dit du franc-salé en exempte notamment les fonctionnaires (commis à l’époque) et les établissements dits charitables qui en plus l’achètent à un prix moindre).
    • Pays de Quart Bouillon (Basse Normandie). Le sel récolté sur les plages doit être épuré de son sable (par ébullition) et le quart de la production revient au roi.
    • Pays de salines (Franche-Comté, Alsace et Lorraine). Dans les provinces de salines (qui ont leurs gisements de sel minéral), les consommateurs payent aussi une taxe (de l’ordre de celle des pays de petite gabelle).

    Ces disparités entre provinces font la joie des trafiquants et des contrebandiers en tout genre, notamment les faux-sauniers.

  • Octroi: taxe que les villes sont autorisées à lever à leur profit. Concerne essentiellement les produits de consommation qui entrent dans la ville. A partir de 1663, ce sont les fermiers du roi qui perçoivent la taxe dont une moitié revient à l’État et l’autre à la commune ou à la ville. 
  • Traites: droit de douanes aux frontières extérieures comme aux frontières intérieures du royaume. Il y a trois grands groupes de provinces au passage desquelles il faut s’acquitter d’un droit de douane.
    • le pays de cinq grosses fermes dit aussi l’étendue. Ce premier groupe comprend l’Île de France, la Normandie, la Picardie, la Champagne, la Bourgogne, le Bourbonnais, le Nivernais, le Berry, l’Orléanais, la Touraine, le Poitou, l’Anjou et le Maine. Dans ce groupe, les provinces commercent librement entre elles et le droit d’entrée et de sortie est le même partout depuis l’ordonnance de Colbert de 1664.
    • Les provinces réputées étrangères. Ce deuxième groupe comprend l’Artois, les Flandres, la Bretagne, la Guyenne, la Saintonge, le Languedoc, la Provence, le Dauphiné, le Lyonnais. Dans ce groupe, les provinces entre elles payent un droit d’entrée et de sortie.
    • Les provinces dites de l’étranger effectif. Ce troisième groupe comprend les provinces rattachées au royaume de France sur le tard: Franche-Comté, Alsace, Lorraine. Ce groupe est séparé du royaume sur le plan douanier et commerce librement avec les États étrangers.

 

Intendant: Commissaire du roi (n’est pas propriétaire de sa charge, est nommé par commission du roi et est recruté le plus souvent dans la haute bourgeoisie) qui a pouvoir en matière de police, de justice et de finances. Cette fonction est créée au XVIe pour mettre fin aux abus des gouverneurs alors seuls maîtres à bord de leur province. L’intendant devient au XVIIe siècle une institution primordiale de la monarchie absolue. Il règne au niveau policier et judiciaire sur une circonscription appelée intendance. Au niveau judiciaire, il peut siéger et présider tous les tribunaux et les cours de sa province (hormis le parlement) et les magistrats sont sous son contrôle. Au niveau policier, il dirige l’administration générale, les municipalités (il n’y a plus d’officiers municipaux élus), la corvée royale ou la levée de milices. L’économie de la province est aussi sous son contrôle. Dans les pays d’états, ses pouvoirs sont moindres. Au niveau fiscal, c’est lui qui dirige la généralité (qui ne correspond pas toujours avec l’intendance). Le vingtième et la capitation sont sous son entière responsabilité et il jouit d’un pouvoir de contrôle sur la taille.
L’intendant est le relais entre l’administration de la province et le gouvernement royal et en particulier les secrétaires d’État, le contrôleur général ou le Conseil de dépêches.

Jésuite: La Compagnie de Jésus est fondée vers 1540 par Ignace de Loyola (1491-1556). Les Jésuites appartiennent au clergé régulier et se sont spécialisés dans l’enseignement (séminaire, collège).

Jurande: Charge de juré (exercée par des membres généralement élus) dans une corporation. C’est aussi l’ensemble des jurés de cette corporation.

Layette: Coffret où l’on dépose ses documents, ses titres. A fini par désigner les documents rangés en liasse.

Lazaret: Lieu de contrôle sanitaire où peuvent être mis en quarantaine voyageurs et marchandises.

Lazaristes: religieux de la congrégation fondée par Vincent de Paul (1581-1660) en 1625. Ils forment les prêtres et assistent les forçats et les galériens.

Légat pontifical: Désigne un représentant du Saint-Siège en mission.

Lettres de cachet: Lettres closes, écrites par le roi, contenant un ordre à exécuter vis-à-vis d’un particulier, ou par rapport à un cas particulier, et qui est souvent un ordre d’emprisonnement ou d’exil.

Lettres patentes: Actes royaux qui doivent être enregistrés en cours souveraines. Ces lettres sont scellées du grand sceau et ne sont pas closes parce que “ce qui a rapport à la justice doit être public et connu de tous, et doit porter la marque la plus authentique et la plus solennelle de l’autorité du roi“ extrait de l’Encyclopédie méthodique.

Liève: Registre des seigneuries où sont mentionnés exactement les versements en espèces ou en nature de leurs censitaires.

Lieutenant général: Président de fait d’un bailliage, le lieutenant général est l’adjoint du gouverneur quand il ne commande pas à sa place où quand il ne se trouve pas à ses côtés à Versailles. Le pouvoir étant réellement exercé alors par le commandant.

Lit de justice: Séance solennelle du Parlement au cours de laquelle le roi s’acquitte de son devoir de rendre la justice royale en imposant sa volonté aux parlementaires qui s’opposent à l’enregistrement d’un acte royal.

Lois fondamentales: Lois essentielles, coutumières et immuables, censées servir de constitution au royaume et tempérer l’absolutisme royale. En fait la seule loi vraiment fondamentale du royaume concerne la succession du roi: héréditaire par ordre de primogéniture mâle.

Mainmorte: Quand il ne s’agit pas de la condition des Mainmortables (voir servage) désigne en parlant des gens de mainmorte, les congrégations religieuses, les collèges, les hôpitaux… dont les biens ne sont ni transmissibles par succession ni aliénables. Evidemment ils sont taxés d’un droit d’indemmnité pour le seigneur et d’un droit d’amortissement pour les finances royales.

Majorité: En général, elle est de 25 ans en ce qui concerne la majorité parfaite (droit de se marier sans l’avis de papa et maman) et de 20 ans pour la majorité féodale, âge à partie duquel le vassal peut prêter “foi et hommage” à son suzerain. La majorité royale semble fixée à 14 ans suite à l’édit de 1375 de Charles V. Mais, il n’est pas rare de rencontrer des auteurs qui la font commencer à 13 ans.

Manufacture: Etablissement industriel conséquent. On distingue plusieurs type de manufacture:
1) La manufacture d’Etat dite aussi manufacture du roi et qui appartient au roi.
2) La manufacture privilégiée dénommée ainsi car elle a acquis un privilège de fabrication sur un type de produits bien déterminé assorti d’un monopole bien précis.
3) la manufacture royale se différencie de la manufacture privilégiée par le fait qu’elle est gardée par des soldats royaux et que les armoiries royales y figurent à l’entrée. Mais elle n’est pas la propriété du pouvoir royal.

Mauristes: Religieux de la congrégation bénédictine de Saint-Maur fondée en 1618. Ce sont généralement des lettrés formés en histoire religieuse et pour remplir des fonctions diplomatiques. Ils disparaissent en 1790.

Mesures (correspondances générales, toutes les mesures ou presque varient selon les endroits).

  • Longueur.
    • Point = un 12ème de ligne.
    • Ligne= un 12ème de pouce.
    • Pouce= un 12ème de pied.
    • Pied, le pied de roi = 0,3267 mètre.
    • Brasse, varie selon les endroits de 5 à 6 pieds.
    • Toise = 6 pieds.
    • Perche = 20 pieds.
    • Lieue, la lieue la plus communément utilisée = 4 180 mètres
  • Superficie.
    • Arpent, l’arpent de Paris = 100 perches carrées (perche = 18 pieds dans ce cas) soit 34, 18 ares.
    • Acre = 2 arpents.
    • Anée = 7 arpents.
    • Journal, correspond à la quantité de terre qu’un homme peut travailler en une journée. journal de Paris = 32, 86 ares, journal de Bordeaux = 31, 93 ares, etc.
    • Hommée, superficie pour les prés (33 ares environ).
  • Capacité.
    • Boisseau vaut dans les 13 litres mais on arrive à des boisseaux de 106 litres, avec celui de Castillon.
      Minot = 3 boisseaux.
    • Setier = 12 boisseaux.
    • Muid = 12 Setiers ou 48 minots.
    • Pinte de Paris = 0, 93 litres.
    • Chopine (de Paris) = 1/2 pinte de Paris.
  • Poids (équivalences pour Paris)
    • Once = 30, 57 grammes.
    • Marc = 8 onces.
    • Livre = 2 marcs = 489, 12 grammes. Unité de poids.
    • Quintal = 100 livres.

 

Métayage: C’est le principal mode d’exploitation sous l’Ancien Régime. Le propriétaire fournit la terre, les bâtiments et le matériel tandis que le métayer fournit les « bras ». Le gain des récoltes ou de l’élevage est partagé à moitié (règle générale).

Monnaie: c’est la monnaie tournois frappée à Tours qui est la monnaie de compte réglementaire à partir de 1667 (la monnaie royale), alors qu’elle était jusqu’ici en concurrence avec la monnaie parisis, d’un quart plus forte.

  • Maille ou Obole: Pièce de monnaie qui vaut 1/2 denier.
  • Denier: Monnaie de cuivre qui vaut le 12ème du Sol et le 240ème d’une livre.
  • Liard: Monnaie de cuivre égale à 3 denier ou à un quart de sou
  • Sol ou Sou: Monnaie de billon qui vaut le 20ème de la livre: le Sol pour livre .
  • Livre: l’unité monétaire comme aujourd’hui l’Euro.
  • Franc: pièce d’argent frappée à partir de 1575 et qui vaut 20 sous. Comme la livre.
  • Écu: Monnaie d’argent égale à 3 livres.
  • Louis: Monnaie d’or qui vaut généralement 24 livres. Date de la fin du règne de Louis XIII.

 

Nécrologe: registre paroissial sur lequel figurent le nom des défunts et leur date de décès.

Noblesse: Second ordre du royaume, et c’est avant tout l’ordre dominant. On trouve la noblesse de cour, la noblesse d’épée qui forment la haute aristocratie, puis la noblesse de robe et enfin la noblesse provinciale dont certains membres n’atteignent pas le niveau de vie de bien des bourgeois.

Nonce: Ambassadeur du Saint-Siège auprès d’un Etat étranger.

Nouvel Acquêt: Droit versé au roi par les mainmortables qui acquièrent un nouveau bien dont ils n’ont, en fait, que l’usufruit pas la propriété (1 an de revenu tous les 20 ans).

Office: charge où l’officier remplit une fonction au service du roi. La charge appartient à l’officier qui peut la vendre (vénalité de l’office) et la transmettre en héritage (hérédité de l’office) en payant une taxe (la paulette). Certaines charges permettent l’anoblissement. Les magistrats des parlements entrent dans cette catégories des officiers et deviennent indépendants grâce à la vénalité et l’hérédité des offices. Les parlements se dressent alors contre le pouvoir royal avec pour principale conséquence, l’impasse; et la convocation des États généraux de 1789.

Officialité: Tribunal d’Église. A la fin de l’Ancien Régime, les officialités se sont pratiquement effacées devant la justice royale . Les délits commis par des ecclésiastiques et qui ne peuvent être jugés par un juge d’Eglise (l’official) sont nommés Cas privilégiés.

Oratiens: Religieux de la congrégation fondée par Pierre de Bérulle (1575-1629) en 1611: l’Oratoire de France. Ils se distinguent dans l’enseignement au niveau des collèges où ils font de l’ombre aux jésuites. Ce sont eux qui, les premiers, ont enseigné en Français à la place du latin comme cela se faisait alors partout ailleurs.

Ordonnance: Acte le plus souvent royal (les Etats généraux lorsqu’ils sont réunis ont aussi cette possibilité), ou texte de loi touchant l’ensemble du royaume et comprenant un certain nombre de matières, de points englobant un vaste sujet: commerce, justice, administration…

Ordres de chevalerie: Le roi quand il veut distinguer un homme qu’il juge méritoire, peut le faire chevalier (de l’ordre de Saint-Michel, de l’ordre de saint-Louis voire de l’ordre du Saint-Esprit). La dictinction de chevalier, comme la Légion d’honneur de nos jours, est très prisée par les gens qui recherchent les honneurs.

Ouvroir: salle d’un couvent où les religieuses se réunissent pour coudre ou tricoter. C’est aussi le lieu où les femmes d’une paroisse se réunissent pour les mêmes travaux d’aiguilles en faveur de celle-ci.

Pairs: Corps limité à 8 pairs ecclésiastiques (prélats) et aux ducs les plus considérés par le pouvoir royal.

Palud: Marais.

Parlement: Cour souveraine de justice au-dessus des prévôtés ou vigueries, des bailliages ou sénéchaussées, et des présidiaux.

  • La grand’chambre juge en appel les grandes causes au civil et au criminel. Elle juge en première instance les crimes de lèse-majesté, les causes des ducs et des pairs, des officiers royaux, des villes, ou les procès qui touchent au domaine royal.
  • La chambre des enquêtes est compétente pour les procès en appel avec preuve écrite et au criminel pour les appels des sentences qui ne comprennent pas de peines afflictives.
  • La chambre des requêtes juge en première instance les causes des privilégiés, reçoit en appel les demandes des plaideurs et délivre les lettres afin de saisir les autres chambres.
  • La tournelle ou chambre criminelle, juge les causes des grands criminels et en appel les affaires ayant entraînées de la part des tribunaux inférieurs une peine afflictive ou déshonorante.

 

Les parlements ont aussi compétence dans le domaine législatif avec la publication d’arrêts de règlements qui apportent des précisions sur la législation royale et par leurs droits d’enregistrement et de remontrance des actes royaux (si les parlements s‘opposent à l‘enregistrement, le roi peut les y contraindre par la procédure dite du lit de justice).
Il y a dans la France de l’Ancien Régime, 13 parlements (Paris, Toulouse, Aix, Besançon, Bordeaux, Dijon, Douai, Grenoble, Metz, Nancy, Pau, Rouen, et Rennes) auxquels on peut rajouter 4 conseils souverains (Roussillon, Alsace, Artois, Corse). Celui de Paris est le plus prestigieux, il comporte une grand’chambre, trois chambres des enquêtes, une chambre des requêtes, et une chambre des tournelles plus une chambre de la marée (compétente au niveau du commerce des poissons de mer ou d’eau douce dans la ville de Paris) et une chambre des vacations (siège quand le Parlement est en vacances, en général du 9 septembre au 27 octobre, et juge les affaires urgentes).

Parties casuelles: le bureau des parties casuelles, fondé en 1522, vend les offices vénaux dernièrement créés ou vacants (tombés en déshérence). Ce bureau perçoit aussi les taxes (comme la paulette) qui assurent à l’office son hérédité.

Paulette: Droit dont s’acquittent annuellement les officiers (propriétaires d’un office) afin d’en garantir l’hérédité. On trouve parfois l’appelation d’annuel pour qualifier ce droit.

Pays d’élection: Province directement soumise à l’administration royale.

Pays d’états: Province d’exception, rattachée plus tardivement que les autres à la couronne (Bretagne, Languedoc, Provence, Bourgogne, etc.) et qui conserve une certaine autonomie fiscale et administrative par l’intermédiaire de ses États provinciaux.

Polysynodie: Mode de gouvernement, sous le régence du duc d’orléans, assuré par des conseils et non plus par un ministère (conseil de la régence, conseil de conscience, conseil de la marine, conseil des affaires étrangères, conseil de la guerre, conseil des finances, conseil des affaires du dedans du royaume). Cette expérience ne dure que 3 ans (1715 à 1718).

Portion congrue: Portion minimale de la Dîme à payer par les décimateurs aux membres du bas clergé qui ne l’ont pas perçue et qui est fixée, par la législation royale, à 500 livres pour les curés et à 200 livres pour les vicaires (réévaluation de 1768).

Portulan: Carte nautique, recueil, où sont dessinées les côtes et répertoriées la position des ports.

Poste: C’est la ferme générale des postes qui s’occupe de l’acheminement du courrier et aussi de celui de voyageurs. 1300 bureaux en 1789. Elle afferme aussi des entreprises, les petites postes notamment dans des villes comme Paris ou Lyon. Parallèlement, il existe de petites entreprises privées et indépendantes comme à Bordeaux, Nantes, Rouen, Marseille…
Le relais de poste désigne l’auberge d’étape pour les voyageur et le courrier (3000 avant la Révolution).

Présidiaux: Tribunaux de la circonscription du bailliage Créés en 1552 pour juger en appel des bailliages. En fait, ils devinrent très vite des tribunaux aux compétences supérieures à ceux du bailliage.

Prévôt: Juges royaux, premier échelon de la hiérarchie judiciaire, en dessous des baillis et des sénéchaux.

Prévôt des marchands: désigne le maire de Paris ou celui de Lyon.

Privilèges: Exemption de règles du droit commun, comme le fait de ne pas s’avoir à s’acquitter de la taille. Les roturiers peuvent en bénéficier autant que les nobles car le fait d’accorder un privilège ne dépend que de la volonté royale.

Protestantisme:

Organisation de l’Eglise calviniste

Provinces ecclésiastiques: circonscription ecclésiastique de plusieurs diocèses dirigée par un archevêque. Qu’on nomme aussi métropolitain (essentiellement au Moyen Âge) car la capitale ecclésiastique de la province est la métropole: Cambrai, Rouen, Reims, Paris, Sens, Besançon, Tours, Bourges, Lyon, Vienne, Albi, Bordeaux, Auch, Toulouse, Narbonne, Arles, Aix, Embrun…

Provinces synodales: La province synodale est la circonscription ecclésiastique ainsi que l’assemblée des calvinistes au niveau de la province. Les communautés protestantes (on peut dire aussi, paroisses) se réunissent en colloques (circoncription ecclésiastique et assemblée) au sein d’une même région. Et les colloques se réunissent (circonscrition et assemblée) en Synode.

Quand le Synode désigne une assemblée, on distingue

  • Le Synode provincial qui se réunit en principe tous les ans, voire deux fois par an si nécessaire. La communauté comme elle envoie ses délégués au colloque (généralement un pasteur et deux anciens), les envoie aussi au synode provincial.
  • Le Synode national qui se réunit tous les deux ans. Cette fois ce sont les Provinces ecclésiastiques qui envoient leurs représentants (deux pasteurs et deux anciens) au Synode national. Seul habilité à réformer les textes disciplinaires ou théologiques de l’Eglise calviniste.

 

Quart de réserve: le quart des bois appartenant à une communauté religieuse ou à des bénéfice doivent être de futaie.

Quarte-funéraire: Quand un paroissien se fait enterré en dehors de sa paroisse, il faut s’acquitter d’un droit envers monsieur le curé.

Recommandaresse: Femme qui, à Paris, tient un bureau de nourrices.

Régale: droit du roi (et il ne s’en prive pas) à percevoir les revenus des évêchés et archevêchés vacants.

Régence: Exercice du pouvoir alors que le roi n’est pas majeur.

Régent: Quand il ne désigne pas celui qui exerce la régence, désigne un professeur de collège, voire celui qu’on qualifierait d’instituteur de nos jours.

Régulier: Le clergé régulier désigne les clercs qui vivent selon une règle (les moines ou les sœurs).

Relaps: Hérétique qui, après s’être converti au catholicisme (souvent une conversion de façade), retourne à l’hérésie.

Remontrances: supplications ou reproches des cours souveraines adressées au roi à l’occasion de l’enregistrement des actes royaux et motivant leur refus de les enregistrer.

Réserve coutumière: Biens qui, en vertu de la ou des coutumes, ne reviennent qu’aux seuls héritiers.

Ressort: Territoire qui relève d’une juridiction ou sur lequel s’emploie une coutume.

Richérisme: Mouvement religieux où les curés contestent les pouvoirs des évêques.

Robe: désigne les magistrats.

Roturier: Non noble.

Saltus: Désigne les terres non bâties et non cultivées (Bois, pâturage, marais, lande, bruyière…).

Séculier: Le clergé séculier désigne les clercs qui vivent dans le siècle (curé, vicaire, évêque…)

Organisation du clergé séculier

Seigneur: Propriétaire d’un fief (ou d’une terre) appelé seigneurie auquel est lié toute une ribambelle de droits (dits seigneuriaux). Le seigneur sous l’Ancien Régime n’est plus forcément noble, nombre de roturiers issus de la bourgeoisie s’étant rendu acquéreur de seigneuries.

Servage: Il existerait dans le royaume de France, en 1789, près d’un million de serfs essentiellement répartis dans les provinces de l’est (Franche-Comté, Bourgogne, Nivernais) et à un niveau moindre dans le Bourbonnais, la Marche ou l’Auvergne. La servitude comprend plusieurs conditions:

  • Taillable à merci: Redevable de la Taille
  • Corvéable à merci: Astreint à la corvée
  • formariage: Si le serf épouse une femme libre ou qui appartient à une autre seigneurie, il lui communique sa servitude.
  • Droit de suite ou de poursuite: Le seigneur peut faire rechercher le serf où qu’il aille.
  • Mainmorte: En règle générale (grande variation, là encore selon les endroits), les biens du serf, ne peuvent être légués à ses descendants que s’ils vivent avec lui, sinon tout (ce qui entre dans la mainmorte selon qu’elle soit de biens meubles et immeubles ou foncière ou seulement de meubles ou, pour finir, d’héritages (seulement les biens serviles)) revient au seigneur (c’est l’échute).

 

On distingue 2 sortes de servage, le servage personnel transmissible à la naissance et par mariage et le servage réel qui ne s’applique que sur un domaine dit servile. Théoriquement il ne subsiste plus au XVIIIe que la servitude réelle. On donne alors aux serfs le nom de mainmortables. En fait, le mainmortable (le plus souvent) est toujours soumis au droit de suite et au formariage, il doit toujours au seigneur des tailles seigneuriales spéciales et des jours de corvée plus nombreux que les autres sujets. Mais en août 1779, paraît un édit dont Necker est à l’origine et qui interdit la mainmorte dans le domaine royal et le droit de suite dans tout le royaume. Au moins le servage est-il presque unanimement condamné dans la société de la fin de l’Ancien Régime.

Sexté: Registres tenus par les greniers à sel sur lesquels sont portés les noms des habitants (et certains renseignements relatifs à l’état civil) qui en dépendent.

Status synodaux: Dispositions prises lors des synodes et que doivent suivre les fidèles et les membres du clergé.

Tenure: Biens (terre, maison…) cédés par un seigneur.

  • Tenure en censive: Le tenancier possède la terre contre paiement de redevances seigneuriales. Tenure roturière.
  • Tenure en fief: Tenure noble, le seigneur la cède à un vassal (survivance du droit féodal).
  • Tenure en franc-alleu: Le tenancier possède la terre en franchise (n’est pas sujette à la dépendance ni aux redevances seigneuriales). Concernent essentiellement les provinces du sud (Languedoc, Dauphiné, Gascogne, Guyenne ou Auvergne) et ce jusqu’à Louis XIV, qui ne peut souffrir le principe du franc-alleu, fasse tout pour revenir sur le principe là où il est couramment accepté.

Terrier: registre où sont reportés les parcelles, les biens et les droits relevant d’une seigneurie. Toute personne ayant des biens et des devoirs inhérents à la seigneurie y est consigné.

Tiers état: Le dernier des trois ordres du royaume. Comprend toutes les personnes qui n’appartiennent pas aux deux premiers ordres (de la haute bourgeoisie aux classes les plus misérables).

Titres de noblesse.Les différents titres de noblesse:

  • Prince, titre de noblesse le plus élevé. Son territoire est la principauté. Descendent en ligne masculine d’Hugues Capet. Portent aussi le titre de prince les enfants naturels du roi, du moins ceux qu’il a reconnus.
  • Duc, son territoire est le duché.
  • Marquis, son fief est le marquisat.
  • Comte, son fief est le comté.
  • Vicomte, son fief est la vicomté.
  • Baron, son fief est la baronnie.

 

Ultramontanisme: Doctrine opposée au gallicanisme et qui postule en faveur de l’infaillibilité du pape.

Ursulines: Religieuses dont la congrégation est apparue en France à la fin du XVIe siècle et qui se consacrent à l’enseignement des filles.

Vaine pâture: Droit de laisser paître son troupeau sur les terres des autres après la récolte ou dans les près quand la première et seconde herbe sont enlevées. Ce droit s’exerce dans une même communauté. Le droit de parcours permet, lui, d’envoyer son troupeau dans la communauté voisine mais toujours en période de vaine pâture. Ces pratiques (auquelles s’accrochent même les seigneurs) expliquent pourquoi il n’y a pas de clôture généralisée des terres sous l’Ancien Régime.

Vicaire: Prètre qui assiste le curé dans l’administration de sa paroisse.

Viguerie: Petite circonscription administrative et judiciaire. Ne survit plus guère, à la fin de l’Ancien Régime, qu’en Provence (21) et dans le Roussillon (3).

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Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 22 juillet, 2007 |Pas de commentaires »

Guide Encyclopedique des Ordres Européens ?

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Pourquoi un Guide Encyclopedique des Ordres Européens

   Pour tout Contact /  Jean Y COLLIN  guideencyclopedique@neuf.fr Parce qu’il n’existe pas de guide moderne. 

Des multiples ouvrages, auxquels il sera fait référence, ont traité dans un passé plus ou moins proche, (tandis que de nouveaux travaux  en font l’ « aggiornamento »), du même sujet. Certains on traité des Ordres dans un cadre plus ou moins rapproché de l’europe, mais seulement au sens, encré dans les concepts politiques et sociaux de la première moitié du XXème siècle. 

D’autres, purement nationaux, se sont dédiés au marché des collectionneurs, négligeant le sens historique de la création et, politiquement, du message signifié par le port (ou l’absence) des insignes de ces ordres par les dignitaires politiques et diplomatiques lors de visite et cérémonies officielles ou protocolaires.[1]

Les Livres historiques, de même que les biographies, qu’elles quelles soient, n’énoncent pas toujours le détail des récompenses (Ordres, décorations, portraits de souverains en médaillon, armes d’honneur ( pour ses deux cas enrichi d’or, de diamants  et de pierreries), octroyés par les souverains, soit parce que l’information ne fut pas suffisamment connue, soit parce que les auteurs n’y attachèrent qu’une importance secondaire.

   L’Histoire, 

            L’Europe est une entité géographique mais aussi, depuis un millénaire, une entité culturelle. Les migrations des peuples qui la composent ont permis de lui donner une civilisation commune. Elle est restée pourtant avec ses différences spécifiques à chaque nation. Chacune est restée jalouse de ses spécificités, que leurs chefs n’ont pas manqué de développer à leur propre avantage pour conserver le pouvoir et porter un titre de « Prince Souverain ». Ils ont tous eu besoin d’hommes liges et en ont fait leurs chevaliers.

Cette civilisation commune fait que tous les souverains d’Europe utilisent, depuis plusieurs siècles déjà, des moyens similaires pour les fidéliser à leur couronne et distinguer leurs meilleurs sujets, « Ils les honoraient en les intronisant au sein d’un Ordre Chevaleresque ».

Ces Ordres devenus rapidement prestigieux n’avaient qu’une classe, strictement réservée, et ils furent sévèrement codifiés. Une religion commune (à cet époque chrétienne et catholique) a renforcé leur structure monolithique et discriminatoire.

Au cours du temps, et particulièrement dans la première moitié du XIXème siècle, ces distinctions ont changé de signification en perdant la notion des prérogatives attribuées à la seule classe de la noblesse chrétienne. Elles se sont diversifiées en y introduisant la notion de Mérite et divers grades au sein même de l’Ordre. Les distinctions honorifiques se sont alors transformées sur le principe même de leur affectation dans la seconde moitié de ce même siècle en les ouvrant à toutes les classes, sans distinction ethnique, ni de religion (sauf exceptions). Quelques très rares Ordres aux origines multiséculaires, ont conservé quasi intacts les symboles les rattachant à la Chevalerie.

Les Ordres ont partout en Europe un esprit et une organisation d’une similitude remarquable.

Jusqu’à maintenant, il n’existait pas d’ouvrage exhaustif mettant en relief cette marque de notre commune civilisation. Cette évidence a conduit des chercheurs spécialisés provenant de divers pays à créer notre Association pour la rédaction d’un ouvrage sur l’évolution comparative de cette Europe des Distinctions.

Il s’agissait pour l’Association des Auteurs de créer un Guide général des Ordres, ce qui constitue une forme originale de la « Maison Europe ».

***

  Présentation de l’ouvrage.

***       

              Le Guide Encyclopédique des Ordres Européens de Chevalerie et de Mérite est destiné à tout public en général, aux historiens, aux professionnels et aux amateurs éclairés.

Il a pour objet d’être, à la fois un instrument de recherche, un document culturel et scientifique, car on peut dire que la phaléristique a été presque totalement ignorée dans les formations académiques ou universitaires. Seule, l’étude personnelle permet d’acquérir une connaissance approfondie en la matière.

La phaléristique ([2]) ne se limite pas à la recherche d’objets de collection. C’est une science auxiliaire de l’histoire dont l’étude doit être conduite dans le cadre d’une vaste fresque encyclopédique.

Nous voulons également développer la philosophie qui conduit les hommes à rechercher des marques tangibles d’honneur destinées à proclamer les mérites de ceux qui les ont reçues. Nous nous efforçons de donner au lecteur les éléments nécessaires à une brève approche historique des états dont elles sont issues. Cette approche permet une meilleure compréhension des événements qui ont conduit les Empereurs, Rois ou Chefs d’états à la création de chaque Ordre. 

On ne peut dissocier l’histoire des Ordres de celle des phaléristiciens, artistes, artisans et créateurs de médailles, tenant compte de la somme de connaissances, du savoir-faire, de la dextérité, de la qualité et des soins dont elles font l’objet de la part de leurs concepteurs et fabricants. Le Guide n’obéit à aucun mobile événementiel et s’efforce de traiter, avec un maximum d’impartialité, de tous les pays de l’Europe, quels qu’aient pu être leurs régimes, passés ou présents. Confrontés à un choix difficile, nous avons arbitrairement admis de donner pour point de départ à nos travaux, les ordres existant et en vigueur au début du XVIIIème siècle.

Nous devons signaler à nos futurs lecteurs qu’il existe déjà pour chaque pays de nombreux et excellents ouvrages présentant les Ordres ayant disparu antérieurement au XVIIIème siècle. Nous en donnerons la nomenclature, non exhaustive, mais la plus étendue possible.

Nous prendrons en compte tous les Ordres existant à cette époque dans tous les états que l’Europe comportait à cette période de l’histoire.

Conscients des multiples implications et de l’influence réciproque que ces ensembles géopoli­tiques ont exercé au sein de l’Europe – d’une manière formelle les uns sur les autres -, nous recherchons les preuves de ces implications et les caractères communs de notre civilisation européenne.

 Il nous est impossible, par contre, de passer sous silence certaines grandes institutions ou congrégations reconnues internationalement qui ont leurs propres Ordres. 

L’Ordre de Malte, plus précisément, constitue un véritable État au sens du droit international public. Il est reconnu à ce jour, comme tel, par près de 60 autres États. Certains, comme la France, le reconnaissent en qualité de personne internationale. C’est d’ailleurs en ce sens, que le 5 septembre 1983, a été signé un accord entre, d’une part « l’Ordre Souverain Militaire et Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte » ; et d’autre part, la France représentée par Monsieur le Ministre des Relations Extérieures. Les décorations de l’Ordre de Malte sont, à ce titre, reconnues officiellement, en France par la Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur. La plupart des états étrangers permettent également à leurs nationaux d’arborer les décorations de l’Ordre de Malte.

D’autres Ordres ne sont pas dans la même situation que l’Ordre de Malte, mais jouissent d’une reconnaissance spéciale. Compte tenu du fait que les États qui les avaient créés ont perdu leur caractère étatique, ils n’ont plus d’existence légale ; mais ils ont un tel prestige et une telle notoriété, que nul ne pourrait les qualifier de « faux Ordres».

C’est pourquoi ils prennent aussi rang dans le Guide Encyclopédique. 

***

Organisation de l’Ouvrage:

L’ouvrage est organisé de la manière suivante.

- Avant-propos

Il est inclus dans le Guide et s’efforce de faire partager aux lecteurs les idées et les intentions qui président à l’écriture de l’ouvrage.

- L’Introduction :

Elle est destinée à faire découvrir la réalité des Ordres, l’histoire de leur origine, de leur développement et des valeurs dont ils sont l’expression. Elle est suivie par

- Le Glossaire :

A l’aide de textes illustrés de dessins de différentes couleurs, il permet de suivre le vocabulaire spécifique à la Phaléristique et à l’Héraldique et de reconnaître avec certitude tous les éléments qui constituent le bijou d’un Ordre.

Mais aussi d’en comprendre la symbolique.

- La Nomenclature :

Chrono-historique, elle est la base du Guide et son épine dorsale (nous la pensons et l’espérons quasi exhaustive), elle prend en compte tous les ordres, traités par pays ou états et par date de fondation.

C’est une lourde tâche, en toute franchise, à cause de la riche et complexe histoire de l’Europe. A cela, s’ajoutent aussi leurs mutations au sein même des états, en raison de la dispersion ou du regroupement de ceux-ci.

La nomenclature permet de s’assurer rapidement que l’ordre examiné a, ou a eu, une existence légale. Elle précise également les dates de sa création, éventuellement celle de son abolition, voire de sa recréation pour certains.

- Le Corpus :

Ensemble des chapitres que l’on retrouve pour tous les pays faisant l’objet du Guide Encyclopédique.

Il se subdivise en trois grands premiers chapitres : 

- Présentation Historique,

- Dynasties,

- Listes patronymiques et alphabétiques de  personnalités.

  - Présentation Historique, Il traite de l’historique des états dans la qui donne un aperçu de l’histoire de cet état suivi des chapitres sur les « Dynasties » qui donne pour les royaumes, empires et principautés la succession des monarques et de leur généalogie succincte, qui en furent les chefs de l’état, durant la période intéressant le Guide.

-  Listes patronymiques et alphabétiques de  personnalités. Elles ont pour but d’offrir à tout particulier, chercheur, phaléristicien ou même généalogiste, un accès rapide à l’objet de sa recherche (personne dont il veut connaître les distinctions, ou ordre dont il veut connaître ou vérifier les titulaires).

Les professionnels et collectionneur pourront également trouver là matière à affiner leur étude d’un bijou et la succession éventuelle de ses possesseurs et des « Ordres», de chaque pays,  état par état, – chacun des Ordres représentant un Chapitre.

 Après le chapitre « Présentation Historique » et pour de presque tous les états sont représentés un portrait officiel du monarque ou du président de l’état avec la liste de ses distinctions honorifiques.

Il s’accompagne parfois celui d’un de ses plus remarquable gouvernant dans les mêmes conditions

Le corpus en lui-même est composé de trois parties à la fois littéraires et techniques, notamment :

  - 1ère Partie :  

Recherche historique et anecdotique ayant pour objet de présenter dans les pays, le ou les fondateurs des Ordres couverts par le Guide. Cette partie historique apportera également des renseignements plus généraux, tant sur les raisons de la création, que du développement des Ordres dans ces pays. Elle évoquera, en fin de chapitre, le plus possible de personnages historiques de premier plan, civils ou militaires, honorés de ces Ordres. Quand elles existeront auprès les Ministères ou des Archives Nationales ou dans des Almanachs et que nous en aurons connaissance, nous en publierons les listes.

  Les titres spécifiques de la première partie sont respectivement :

Création de l’Ordre, Attribution de l’Ordre, 

Nominations dans l’Ordre.   Le paragraphe Nominations dans l’Ordre est une innovation en la matière. En effet, le guide apporte, dans la mesure des possibilités archivistiques les listes les plus exhaustives possibles des récipiendaires, ordre par ordre. Cette introduction permet différents types de recherches : d’abord ceux qui en furent distingués et à quelle époque, les généalogistes familiaux y trouveront souvent confirmation d’une donnée intéressant leur généalogie. Les experts et les collectionneurs confirmeront la trace d’un bijou de l’ordre, celle de son authentification par le lien de la descendante. D’autre part, ce travail en profondeur qui pourrait sembler fastidieux, fait ressortir, par  rapprochement  la valeur relative de l’ordre pour l’État et dans la population.

   - 2ème Partie : 

Elle regroupe essentiellement tous les Ordres en vigueur ou parfois éphémères et disparus, durant le XIXème siècle et les principales modifications officielles de leurs statuts.

Le titre spécifique en est :

Structure de l’Ordre.   - 3ème Partie : 

Pratique et matérielle, elle donnera une description détaillée des différents types de bijoux, insignes des Ordres, médailles adjointes et parfois commémoratives, divers fabricants et fabrications, les noms et origines de ces principaux fabricants, les planches de rubans dans leurs couleurs d’origine avec leurs modifications. Le tout est accompagné d’un maximum d’illustrations.

Les titres spécifiques en sont:

Insignes de l’Ordre, Ruban de l’Ordre, 

Fabricants.   Suivent deux autres chapitres : 

- Les Personnages Illustres : 

Le point commun de tous ces personnages est qu’ils furent tous porteur de la Légion d’Honneur au plus haut niveau de classe de celle-ci.

C’est sur un choix, qui pourrait sembler arbitraire, d’un ensemble de personnages des XIXème et XXème siècles, de premier plan (social, politique ou militaire), qui permettent, grâce à la diversité des Ordres dont ils furent honorés, de bâtir une thèse sur la valeur toute morale des Ordres et l’analogie de ceux-ci dans leurs attributions, mais aussi une interprétations des relations diplomatiques des états et faire apparaître les contradictions créés par les modifications des alliances et leurs revirement entre les « Grands » (Angleterre, Autriche, Espagne, France, Prusse, Russie)  entre 1820 et 1900.

- Les Méthodes de Fabrication : 

Textes écrits par ou en collaboration avec différents fabricants français et étrangers, ainsi que par la Monnaie de Paris sur les Méthodes de fabrication, les problèmes inhérents à ces fabrications et les commentaires des fabricants.

- Les Index : 

Ils compléteront les moyens de recherches, permettant l’identification rapide de chaque Ordre.

Ils sont partagés en deux groupes, le premier par légendes et exergues, couleurs, symboles héraldiques et toute autre manière que chacun maîtrisera bien vite.

Le second par noms des fondateurs.

- La Bibliographie Générale : 

Ensemble des ouvrages édités ou non, soigneusement sélectionnés et auxquels le Guide se réfère. A cet égard, l’apport des spécialistes était de la plus haute importance et les nombreuses correspondances échangées avec eux nous ont largement aidés dans ses recherches. Nous publions les plus importantes, celles inédites ou provenant de personnages aux origines dynastiques nous apportant des éclairages particuliers sur les ordres de leur famille.

Dans nos investigations les collaborateurs du Guide ont été particulièrement attentifs à éviter les erreurs résultant de compilations successives, qui ont maintenu quelques méprises.

- La Nomenclature Bibliographique : 

Elle se caractérise par la liste d’un ensemble d’ouvrages édités qui permettra aux amateurs et aux chercheurs d’accéder aux ouvrages des meilleurs auteurs. Ces ouvrages sont cités, non comme ayant servi de références au Guide, mais en raison de leur existence et de leurs qualités.

L’ouvrage se terminera par la TABLE DES MATIèRES précédée des deux chapitres suivants :

- Le Rôle Général : 

Il est ouvert, pour honorer de leur active participation à notre ambitieux travail d’équipe : les Personnalités, les Membres d’Honneur, les Membres Fondateurs Coauteurs, les Membres Titulaires et les divers participants, qui seront cités avec leur accord. C’est grâce à la collaboration des Membres Coauteurs de l’Association, que ce Guide pourra se réaliser.

- Les Remerciements, 

Ils apportent à tous ceux qui ont cru et participé à la réalisation de l’ouvrage, la reconnaissance des auteurs à leur action de soutien.

Aux membres correspondants bénévoles, souvent eux-mêmes auteurs d’ouvrages qui jouissent dans leur pays d’une grande notoriété, nous adressons nos plus vifs remerciements.

Par leurs encouragements en nous accordant l’autorisation de nous référer à leurs travaux et publications, ils contribuent à l’enrichissement du Guide. En mettant à notre disposition leurs documentations et leurs collections, ils nous apportent une grande quantité de documents iconographiques ou holographiques souvent inédits.

Nous devons une mention particulière à Mesdames et Messieurs les Conservateurs des Musées et leurs collaborateurs, auxquels nous avons eu si souvent recours. En faisant confiance à notre action, ils nous ont conseillés dans nos recherches et ouvert leurs Musées et leurs vitrines pour notre documentation. 

Au début de chaque chapitre des remerciements spécifique sont présentés à ceux qui en sont les principaux collaborateurs.

C’est grâce à tous que ce Guide aura le mérite d’être une véritable Encyclopédie.  

   ***

INTRODUCTION AUX ORDRES.

     Depuis les temps les plus reculés et au moins depuis que l’homme vit en groupes constitués et hiérarchisés, le principe même des récompenses, pour l’acte ou les actes particuliers d’un individu ou d’un groupe d’individus au sein de la communauté, est connu.

Au temps les plus anciens, cette reconnaissance s’est le plus souvent exprimée par l’attribution d’une marque physique offerte par le ou les représentants du groupe, à ou aux auteurs de l’action.

Qu’il s’agisse de tatouages, de cailloux de couleurs, de coquillages pour les peuplades aux civilisations peu élaborées, de couronnes de fleurs ou de feuilles, de coiffes emplumées, de bijoux, de vêtements, d’armes spéciales, de statues et de monuments chez les Grecs et les Romains, qui créeront le premier objet destiné à récompenser les légionnaires sous la forme de Phalères (1), du partage même du butin, fait en fonction de sa place dans la hiérarchie ou de son action au cours des combats. Pourtant rien ne lie entre eux les récipiendaires, à part leur appartenance au clan ou à l’armée.

Les Ordres de Chevalerie au début de l’époque médiévale son déjà une institution internationale dont les membres étaient pairs, la chevalerie, forme chrétienne de la condition militaire, laissait à ses membres toute liberté d’évolution et ne leur imposait que le respect d’un idéal commun.

Un second lien va ce créer entre ces hommes avec l’apparition des « Ordres Charitables » qui se constituèrent pour aider et soigner les pèlerins, sur le chemin des hauts lieux de pèlerinages et de Jérusalem.

Les communautés monastiques religieuses sont à l’origine de tous les futurs ordres de chevalerie qui se constituèrent durant cette période du XIème siècle, en leur transmettant leurs règles. Ces confréries de moines soldats, très hiérarchisées, où une forte discipline était observée, devinrent vite puissantes, riches et illustres, et rendirent de si importants services aux causes qu’elles servaient que les princes, tant dans le but de renforcer leur autorité que de rehausser l’éclat de leur couronne, créèrent des ordres dont ils s’instituèrent Grands Maîtres et dont les membres étaient unis à eux par un serment d’allégeance. 

Cette institution de la chevalerie qui existait donc depuis les temps mérovingiens et le début du Moyen âge, avait donné un éclat prestigieux au titre de Chevalier. Celui-ci était conféré, aux hommes qui s’étaient distingués par leur bravoure et leur loyauté après une cérémonie particulièrement solennelle « l’Adoubement ».

Ce titre était si convoité, que la plupart des souverains de l’Europe se faisaient un honneur de le porter eux-mêmes.

La légende du roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde reste un des grands moments de la poésie féodale.

L’ensemble des Chevaliers adoubés de cette époque, ne constituait certes pas un « Ordre » obéissant à un chef ou à un Grand-Maître. Ils n’étaient même pas liés entre eux par l’Adoubement. Ils partageaient tout au plus quelques règles de vie et de morale issues de la religion chrétienne et ne portaient pas de signe distinctif.

C’est de l’origine latine du mot Ordre « ORDO » : celui qui appartient à une classe sociale (ordre des Sénateurs, ordre des Chevaliers, ordre des Plébéiens), celui qui fait partie d’un groupe social, par extension d’un groupe reli­gieux, que va naître cette notion d’Ordre Chevaleresque.

En Occident, la vie monastique se développe après 370, il lui faudra cent soixante ans avant de trouver son mode de vie. Saint-Benoît de Nursie fonde, en 529, en Italie, le monastère de Mont-Cassin. Il établit la Règle des Bénédictins qui donne au monachisme occidental sa forme définitive. Elle impose de vivre dans un monastère, pauvreté et chasteté, obéissance à l’abbé, travail obligatoire, devoir d’hospitalité en s’occupant des pauvres et de l’enseignement. Ils vivent d’élevage et d’agriculture. Ces règles ordonnent jusque dans leurs moindres détails les actes de leur vie au quotidien. Les membres de l’Ordre (abbés, moines, frères convers) font vœu pour leur vie entière de vivre et de respecter ces règles. Bientôt leurs protections vont s’étendront aux pèlerins et plus tard aux croisés sur les chemins des lieux Saints.

Ces devoirs sont édictés par un chef religieux, avec l’approbation et la garantie du siège apostolique (Saint Grégoire le Grand 590-604) ; les Ordres bénéficieront de privilèges et exemptions remarquables par rapport aux autres groupes de population.

Historiquement, les ordres religieux seront véritablement fixés à l’assemblée d’Aix-la-Chapelle dans les années 815 à 817 sous la direction de Saint Benoît d’Aniane. Ils recevront la protection de Charlemagne et des papes Étienne V et Pascal Ier. Les membres des communautés devront appliquer rigoureusement la règle bénédictine.

L’ère des croisades débutera en 1095 avec le pape Urbain II (1088-1099) et des foules entières se trouveront sur les chemins des pèlerinages. Durant celles-ci, certaines congrégations religieuses participeront à la lutte armée en s’adjoignant des laïcs qui porteront les armes pour eux.

Il faut dire que certains Ordres sont déjà installés sur la route des pèlerins et même jusque dans les lieux Saints. Ils sont protégés depuis le quatrième siècle par l’Empire byzantin devenu entre temps l’Empire Orthodoxe Grec.

Avec l’invasion seldjoukide de la Palestine et la perte de Jérusalem par l’Empire de Constantinople, l’accès en ces lieux de ferveur religieuse et de prière sera plus difficile. Au début, l’église du Saint-Sépulcre, géré par des moines, négocie avec les envahisseurs musulmans des conditions acceptables pour rester dans les lieux et y recevoir les pèlerins. Ils vivent, sinon en bonne intelligence avec les califes, du moins tolérés par l’Islam moyennant de fortes redevances

Le durcissement des rapports entre musulmans chiites et sunnites (Turcs et égyptiens) qui se disputent Jérusalem changera les relations avec les pèlerins[3]. Il faudra alors compter avec les brimades, parfois le pillage et le massacre des pèlerins qui n’ont pas la possibilité de s’acquitter des droits que les musulmans turcs exigent d’eux pour les laisser pénétrer dans l’enceinte de la ville. Cette situation, dans cette deuxième moitié de l’an mille où la ferveur religieuse en Occident est décuplée par la grande crainte de la fin du monde dont on sort tout juste, entraînèrent le pape Urbain II depuis Clairmont d’Auvergne en novembre 1095 à prêcher la première croisade ([4]).

Après le désastre et le massacre des croisés conduits par Pierre l’Ermite ([5]), la première croisade, dite des Barons ([6]) Elle empruntera quatre routes à travers l’Europe pour se retrouver à Constantinople où elle passe des accords avec l’empereur et partira pour sa destination par Nicée, première victoire et premiers massacres. Ceux-ci sur leur route sont aussi dramatiques pour les musulmans que ceux qu’ils ont fait subir aux malheureux pèlerins de Pierre l’Ermite. Ils prendront Antioche d’assaut, puis, le 15 juillet 1099, Jérusalem dans un bain de sang.

En 1099, il y a déjà dans la ville – lors de sa prise par Godefroy de Bouillon – des « Frères Hospitaliers de Saint Jean » bien implantés.

Les Frères Hospitaliers accueillent charitablement le vainqueur et s’empressent auprès des croisés, mais sans doute déjà, prévoient un sombre avenir pour leur relations futures, car, dès cet instant et grâce aux donations de Godefroy de Bouillon, ils préparent leur propre défense d’où émerge un premier Grand-Maître en la personne de Gérard.

En plus de leurs actions caritatives et charitables, ces congrégations organisent la lutte en recevant dans leurs rangs des guerriers laïcs ou des chevaliers peu fortunés, qui trouvent gîte et couverts et bientôt gloire en échange de leur force et de leur bravoure. Avec le temps on donne, à ces ensembles, un seul titre celui de « Chevaliers » : Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem, Chevaliers du Temple, Chevaliers Teutoniques, Chevaliers de Calatrava, etc., en fonction de leurs origines, de leur point de résidence, de leur Saint-Patron, etc.

Ceux qui les composent sont issus d’origines diverses et les ordres sont véritablement mixtes. D’une part, les religieux qui sont voués aux tâches de dévotion à la religion catholique et se dévouent en plus à celles hospitalières. D’autre part, les chevaliers sont le bras armé de l’Ordre.

Bientôt, la renommée aidant, une sélection rigoureuse s’établit pour leur admission dans les rangs de l’Ordre. Les membres doivent être nobles et apportent avec eux leurs écuyers et gens d’armes. Ce sont eux qui font la gloire des Ordres. Pour se reconnaître entre eux, les membres d’un même Ordre portaient sur leurs habits sacerdotaux, leur côte de maille ou leur armure, une marque distinctive. Le plus souvent sous forme d’une chasuble blanche ou de couleur (la coule), ornée des marques de l’Ordre de diverses formes. Ces coules se différencient surtout par la couleur et la forme spéciale de leurs Croix. Ces marques distinctives sont restées dans la mémoire des nations bien après la disparition des Ordres.

A la perte du Levant par les chrétiens, une part importante de ces ordres disparaît ; certains, les cinq plus grands, survivent : Ordres de Saint Jean de Jérusalem (Malte), du Temple, Teutonique, du Saint Sépulcre et de Saint Lazare.

Les Ordres acquièrent une puissance et une richesse consi­dérable car leurs membres, de haute et grande noblesse, leurs apportent des biens et des dons importants. Leurs monastères constituent d’immenses fortunes mobilières et immobilières. Les Ordres s’enrichissent aussi de différents commerces de l’argent.

En principe soumis à l’autorité papale (ils doivent à ceux-ci leurs bulles d’approbation, leurs rè­gles, leurs privilèges et bien entendu  leur bénédiction), mais aussi aux différents souverains qui, en échange de leur aide, leurs ont concédé d’énormes territoires et privilèges. Ils échappent facilement à celle de ces souverains temporels auxquels leurs Grands-Maîtres ou certains grands dignitaires opposent souvent un véritable antagonisme politique. La puissance de certains ordres est telle que leurs plus hauts représentants ne cèdent le pas qu’aux monarques. Les souverains, mais aussi la noblesse, prennent ombrage de cette puissance et de cette richesse, ce qui attire les ordres dans des luttes où ils épuisent fatalement leurs forces. Ils sont sécularisés ou bien dissous, de par la volonté des souverains avec l’appui ou la connivence de la papauté, à laquelle ils ont également échappé, du fait même de leur fonctionnement. Chaque Ordre vit sous l’autorité d’un Grand-Maître élu par les dignitaires de l’Ordre et auquel les Chevaliers jurent obéissance. Cette disposition est à l’origine même du problème.

***

Très tôt pourtant, en Occident, les souverains comprennent le parti qu’ils peuvent tirer de cette notion d’Ordre, comme le définit l’origine latine du mot.

C’est ainsi que, le roi Edward III d’Angleterre (le premier en 1348), le Duc de Savoie, en 1362, le duc de Bourgogne, en 1429, les rois Louis XI en 1469, puis Henri III, en France, l’empereur et roi, Charles Quint, pour l’Espagne et l’Autriche, Marie Thérèse d’Autriche, d’autres encore et bien entendu leurs successeurs, surent attirer pour se les attacher personnellement ou à leur dynastie des hommes de fortes personnalités, en les faisant membres d’Ordres laïques sous le haut patronage de Saints, le tout avec la Bénédiction du Saint-Siège.

En France, l’Ordre de Saint Michel, par ses statuts et sa durée, est le plus ancien que nous possédions de cette sorte, créé par Louis XI. Nous en possédons les statuts. Cet Ordre de Saint Michel, qu’il crée quarante ans après l’Ordre de la Toison d’Or, est véritablement le prototype de ce qui a été exposé précédemment. Le choix en ce quinzième siècle, de l’Archange Saint Michel, est sans doute une survivance du culte voué à celui-ci durant tout le Moyen-Age. Mais il faut surtout y voir la volonté du roi de disposer d’un Ordre dont il serait l’unique Grand-Maître et dispensateur. D’autres Ordres l’ont sans doute précédé, comme les Ordres de la Sainte Ampoule, de l’étoile, de la Couronne de Frise, etc., qui paraissent bien avoir existé. Pour beaucoup ils relèvent plus de la légende que de la réalité et malheureusement, sans leurs statuts nous ne savons rien de suffisant sur leur histoire ni souvent à quoi ressemblaient leurs insignes. Ils avaient tous disparu au XVIIIème siècle.

Pour augmenter le prestige de leurs Ordres les souverains demandaient une approbation pa­pale – ce qui confère à l’Ordre un caractère sacré auquel les Chevaliers sont attachés par le Serment. De cette manière, l’appartenance à l’Ordre les contraint, en même temps, à une obéissance aveugle à leur Grand-Maître, qui était également leur souverain.

Les Ordres de Chevalerie impériaux, royaux ou princiers sont composés à l’origine uniquement de Chevaliers (nobles d’origines militaires), en nombre très restreint (24 pour la Jarretière, 25 pour la Toison d’Or, 25 pour le Saint Esprit). Ces nobles, le plus souvent de très haute lignée, sont capables soit de servir sous les armes, soit de réunir autour d’eux de nombreux hommes d’armes ou des partis influents.

Pour distinguer les membres de l’Ordre des autres dignitaires de leur cour, on leur attribue un ensemble de signes distinctifs, souvent ostentatoire. De là, la naissance des bijoux d’Ordre. Au début, la pratique la plus courante consiste en une représentation du Saint Patron de l’Ordre,’ suspendue par un cordon de soie ou de tissu, très vite ils sont remplacés par un collier (ensemble de motifs en plaques et chaînes d’or, rehaussé d’émaux et de pierreries). Plus tard on place cette représentation au centre d’une Croix émaillée, puis l’on y ajoute devises et souvent dessins héraldiques, issus des armoiries des fondateurs.

Les Chevaliers membres d’un ordre portent le vêtement de l’Ordre. Ce vêtement est essentiellement composé d’un riche manteau de cour sur lequel on a brodé ou cousu une représentation des insignes de l’Ordre. Cette représentation deviendra la Plaque métallique mobile de l’Ordre qui se portera sur la poitrine pour les grades les plus élevés, en même temps que la Croix suspendue au ruban. Peu à peu, le port du collier, sans doute en raison de son prix, est remplacé par un ruban d’une couleur déterminée, porté en sautoir (scapulaire) ou encore en écharpe et auquel est suspendu le bijou de l’Ordre. Cet usage n’a pas lieu pour les Grand-Maître et les dignitaires de l’Ordre, ou ceux des membres qui font fabriquer leur collier.

Les membres de l’Ordre obéissent à des règles de « Tradition » qu’ils doivent fidèlement res­pecter et qui s’accompagnent d’un rituel précis : « Réception dans l’Ordre », « Prestation de Serment des récipiendaires », « Procession solennelle des membres de l’Ordre » (à date fixe), « Office des morts » et surtout par le « Repas Anniversaire », présidé par le Grand-Maître (faut-il y voir un rappel de la Cène et en même temps des banquets des Chevaliers de la Table ronde du roi Arthur ?).

Tous ces Ordres de Chevalerie impériaux ou royaux n’ont qu’une classe de Chevaliers et en nombre restreint pour que l’Ordre représente la récompense suprême.

L’importance de tous ces Ordres, que l’on qualifierait aujourd’hui de confrérie très fermée ou même de secte (ce qui serait injurieux dans la mesure où le but est bien différent des sectes modernes) a une influence sur le comportement de ses membres. Les auteurs contemporains, les historiens, ont souvent décrit le déroulement des cérémonies. Certains des membres donnent souvent lieux à l’écriture de leur biographie. Par-là nous savons à quel point ils sont attachés à l’Ordre à ses devoirs et à ses prérogatives.

Tous les actes des rituels de « Tradition » sont bien connus par des récits, des gravures et de nombreux tableaux de maîtres représentant différents membres de ses anciens Ordres de Chevalerie dans l’accomplissement des rites de leurs Ordres.

De même, nous avons de nombreux témoignages de la fierté qu’en éprouvaient les récipiendaires, par la statuaire : on possède un grand nombre de bustes de Chevaliers portant les insignes de l’Ordre. On peut encore rencontrer ces derniers sur de nombreux gisants et sur tous les attributs des armoiries. A ce sujet, on peut signaler la statue du gisant de Michel de Montaigne, qui bien que titulaire de l’Ordre de Saint-Michel et de l’Ordre du Saint-Esprit, ne porte à sa dernière demeure que celui de Saint-Michel.

L’apparition de la Réforme pose d’importants problèmes aux souverains « Grand-Maître », soit qu’ils adoptent eux-mêmes la Réforme et ne peuvent alors plus conserver un Ordre qui tient une part de sa notoriété du pape (Hohenzollern), soit que des Chevaliers l’ont adopté et il faut les exclure au risque de les voir se retourner contre leur propre Ordre.

Il n’existe alors pas de méthode connue pour pallier cette situation. On assiste alors à un durcissement des règles dans les ordres eux-mêmes et à la création de nouveaux ordres qui permettent, sans exclure les anciens membres d’un Ordre, de l’abandonner et de créer de nouvelles catégories de membres avec certains des anciens et les nouveaux.

L’Ordre du Saint-Esprit en est un des exemples frappant, par rapport à l’Ordre de Saint Michel.

Il en est de même pour le « Mérite Militaire » fondé par Louis XV. Il est exclusivement réservé, dès lors, dans les pays de religion catholique, aux Catholiques, Apostoliques et Romains et qui plaçaient la religion avant tout et, dans les pays protestants, à ceux professant la Religion évangélique. Chez les protestants apparaît déjà une notion de mérite.

Par la suite, à la fin du XVIIème siècle et durant le XVIIIème siècle, lorsque la notion de « mérite » entre dans l’attribution des récompenses – pour élargir notamment le champ des possibilités d’attribution, on procède à la constitution de nouveaux Ordres. Ils se subdivisent en grades ou classes. Ils sont le plus souvent portés à trois classes (parfois deux seulement), désignées le plus souvent par les appellations de : Chevalier, Commandeur et Grand-Croix, véritable survivance de la chevalerie, ou première, deuxième et troisième classe pour en effacer cette même notion. Les échanges entre familles royales deviennent aussi une coutume diplomatique, sous forme d’échanges pour marquer la parenté ou l’alliance. Ce qui du reste présente de nombreux problèmes dans les cas de renversement d’alliances.

C’est au XIXème siècle que la nécessité d’encore élargir le champ des récompenses fait introduire une quatrième (Grand-Officier ou Grand Commandeur), puis une cinquième classe (Officier). Cette unification des formes des subdivisions a le mérite de permettre aux États des échanges à grades égaux

L’Europe suit en cela, avec un peu de retard, l’initiative de l’Empereur Napoléon Ier, qui a créé la Légion d’Honneur, en 1804, directement à cinq classes. Cet Ordre le premier où seule la notion de mérite entre en ligne de compte, peut être accordé à titre civil ou militaire, sans distinction de race ou de religion. Les récipiendaires ne peuvent être promus au grade supérieur que suivant leur mérite, mais ils partent toujours du grade le moins élevé.

Son attribution pour la première fois le 15 juillet 1804 est, à bien des égards, inspirée du faste des anciens Ordres de Chevalerie. Il en va de même que sa division en Cohortes, avec ses Membres, ses Dignitaires, sa Chancellerie et son Grand-Maître.

C’est ainsi que l’on voit naître de nouveaux Ordres en Espagne et au Portugal dès 1815.

Ainsi les États Germaniques, à partir de 1830, sont peu à peu conquis par la gloire posthume de l’em­pereur Napoléon, après la parution du Mémorial de Sainte-Hélène. Beaucoup de rois et de princes créent de nouveaux Ordres sur le même principe que celui de la Légion d’Honneur.

Pour éviter de trop différencier les membres d’un même Ordre, certains pays préférèrent conserver l’appellation de Chevalier en la qualifiant de 1ère, 2ème, 3ème, 4ème et 5ème classe – la plus basse ayant le chiffre le plus élevé.

C’est à la fin du XIXème et au XXème siècles, que l’on voit apparaître une autre sorte de récompense, les Ordres de Mérite spécialisés, réservés à récompenser certaines catégories professionnelles.

La plupart de ces Ordres ne sont qu’à trois classes (Chevalier, Officier, Commandeur) ou 1ère, 2ème et 3ème classe, mais dépendent le plus souvent du Ministère en charge de la catégorie qu’ils honorent et n’ont pas de Grand-Maître.

De nos jours la plupart des pays disposent :

- D’un Ordre de Mérite Militaire, réservé à la récompense des actions guerrières ou les longs services militaires.

- D’un ou plusieurs Ordres de Mérite Civils plus spécialement destinés à honorer les services rendus à l’État ou au développement industriel, commercial et agricole, ou au rayonnement des Arts et des Lettres et de la culture en général.

- D’Ordres de Mérite mixte ayant deux divisions bien distinctes, l’une civile et l’autre militaire.

- Souvent elle est marquée par une différence des couleurs du ruban et surtout la distinction militaire par l’adjonction d’épées croisées.

- Il existe une quatrième catégorie d’Ordres de Mérite complets qui récompensent indistinctement les Mérites Civils ou les Mérites Militaires et dont l’insigne et le ruban sont les mêmes dans les deux cas.

Actuellement, on est arrivé à une définition générale des Ordres qui permet de dire :

Les récipiendaires sont les membres d’une institution civile, créée par un État souverain et sous la protection du chef de l’État qui en est le Grand-Maître. Ils sont dotés de statuts instituant des classes à l’intérieur de l’Ordre, ainsi que les devoirs des membres. L’Ordre et ses membres sont sous la responsabilité d’un ministère ou parfois d’une chancellerie qui lui est propre. Les membres sont admis, à l’origine en fonction de leurs Mérites, Civils ou Militaires, tandis que la différence des classes et grades internes est due aux promotions successives ou en fonction de nouveaux mérites ou à l’ancienneté.

Ces deux dernières conditions ne sont pas respectées lorsqu’un État attribue une distinction, à un chef d’État lors d’une visite officielle, dans le cadre de ce que l’on appelle un échange, ou lors de l’attribution à des personnalités étrangères exceptionnelles. Cette disposition, ainsi que la précédente, et celle sur le port des décorations officielles se retrouve dans les statuts de tous les Ordres issus du XIXème siècle. Tous les Ordres modernes se portent sensiblement de la même manière, suspendus à un ruban, en écharpe, en sautoir ou en boutonnière, suivant le grade ; de même, les insignes sont de tailles variables et de matériaux différents (bronze, argent, vermeil, or) suivant les mêmes règles.

La plupart d’entre eux ont conservé du passé l’appellation de Grand-Maître réservé générale­ment au chef de l’État qui est le plus haut dépositaire de l’Ordre et qui en garantit les institutions.

Le Grand-Maître porte le collier de l’Ordre, symbole de sa charge. Certains Ordres attribuent également un collier de l’Ordre aux Grands Dignitaires de l’Ordre ou le réservent, à titre exceptionnel, aux souverains et aux autres chefs d’États. Cette pratique, assez rare, ne modifie pas les classes de l’Ordre.

Ils sont en fait gérés par une Chancellerie et les promotions se font sur proposition d’un ministère et après vérification par la Chancellerie du bien-fondé de la demande. Les promotions successives se font parfois à l’ancienneté, mais souvent pour de nouveaux mérites. Certains Ordres sont complétés par des médailles pour honorer les personnes dont les mérites sont remarquables mais insuffisants pour justifier de l’attribution de l’Ordre. Ces médailles de mérite peuvent être d’or, de vermeil, d’argent ou de bronze. Elles sont souvent suspendues au même ruban que l’Ordre, toutefois il y a parfois des diffé­rences quant à la taille et aux couleurs. D’autres ont encore une classe supérieure avec l’attribution d’un Collier de l’Ordre. Pour les mérites civils ou militaires particuliers ou réservés à des militaires de haut rang, ainsi qu’à des ministres, souverains ou  chefs d’États.

     

***

PORT DES INSIGNES ET DéCORATIONS 

Le port des Ordres et décorations est, dans chaque État, régit par des lois très strictes et semblables à celles que nous citons ci-dessous et qui sont elles particulières à la France.

  Extrait du courrier de la Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur.

N° 1929 CB.FS.

Pon des O. Nx d. 131 FD

Du 14 juin 1994

  Adressé au Guide Encyclopédique des Ordres de Chevalerie et de Mérite Européens :


J’ai l’honneur, en réponse à votre courrier du 13 juin courant, de vous préciser qu’aux termes de l’article R 160 du code de la Légion d’Honneur et de la Médaille Militaire (décret n° 62-1472 du 28 novembre 1962).
 « Toute décoration étrangère, quelle qu’en soit la dénomination ou la forme, qui n’a pas été conférée par une puissance souveraine, est déclarée illégalement et abusivement obtenue. ».

Il suit de là, qu’aux yeux de la Grande Chancellerie, sont seules authentiques les décora­tions décernées par la République Française et celles émanant d’un État souverain. En cette dernière hypothèse toutefois, l’article R 161 du Code de la Légion d’Honneur précité, dispose que : «  Tout français qui a obtenu une décoration étrangère, ne peut l’accepter et la porter que sur autorisation délivrée par arrêté du Grand-Chancelier de la Légion d’Honneur. »

L’article R 173 du même code, punit d’une amende prévue par les contraventions de troi­sième classe, toute personne qui aura porté une décoration étrangère qui n’aurait pas été conférée par une puissance souveraine et sanctionne d’une amende prévue pour les contraventions de la deuxième classe, tout français qui aurait porté sans avoir obtenu l’autorisation prévue par l’article R 161, une décoration conférée par une puissance souveraine étrangère.

Pour ce qui est « Ordres étrangers » à caractère religieux, charitable ou hospitalier, autre que ceux qui dépendent directement du Vatican, la Grande-Chancellerie ne peut reconnaître que les Ordres qui bénéficient de la protection juridique ou spirituelle du Saint-Siège : l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem et l’Ordre souverain de Malte (avec extension, pour des raisons histori­ques à sa branche du Grand Bailliage de Brandebourg de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem). En conséquence, l’acceptation et le port par des français d’une distinction conférée par les Ordres préci­tés est soumise à la procédure prévue aux articles R 161 et suivants du Code de la Légion d’Honneur et de la Médaille Militaire.

Sous le bénéfice de ce qui précède, il vous apparaîtra qu’à l’heure actuelle, du moins, outre les Ordres nommément cités au paragraphe ci-dessus, la France ne reconnaît donc que les seuls Ordres de chevalerie et de mérite créés par un État souverain. Elle ne peut consentir à l’acceptation et au port de distinctions conférées par ceux-ci que si ces dernières continuent d’émaner effectivement de cette puissance. Ceci exclut, dès lors, par exemple, qu’un Français puisse être autorisé à les accepter et à les porter dans l’hypothèse où elles lui auraient été remises par un prince n’ayant jamais régné ou un souverain ayant cessé de le faire puisque les décorations en cause seraient, alors, sus­ceptibles de tomber sous le coup de l’article R. 173 déjà cité.
S’agissant des dispositions pénales applicables à la création, à la collation et au port de certaines décorations et grades honorifiques, celles-ci sont contenues au titre IV du Code de la Légion d’Honneur et de la Médaille Militaire, issu du décret n° 81-1103 du 4 décembre 1981. Vous en trouverez, sous ce pli, reproduction pour votre information.

En outre, les infractions de port ou usage illégal de décorations réglementées par l’autorité publique, d’usurpation de titres et d’usage irrégulier de qualité, se trouvent, désormais, prévues et ré­primées par les articles 433-14 à 433-18 du nouveau Code pénal.

Je vous prie…/…

  Extrait du décret n° 81/1103 du 4 décembre 1981, Article Ier.

DISPOSITIONS PENALES

- Article R. 171

  Est interdite la création ou la collation par des personnes physiques ou morales privées ou par des personnes morales publiques autres que l’État de décorations ou insignes de distinctions honorifiques présentant une ressemblance soit avec des décorations ou insignes conférés par l’État français, soit avec des décorations ou insignes conférés par une puissance étrangère souveraine.

Est également interdite la création ou l’attribution de grades ou de dignités dont la dénomination pré­sente une ressemblance avec les grades et dignités conférés par l ’État français ou par une puissance étrangère souveraine.

Les infractions aux dispositions qui précèdent sont punies des peines prévues pour les contraventions de 5ème classe.

- Article R. 172

  Sera puni d’une amende prévue pour les contraventions de 4ème classe quiconque aura porté en public des insignes, rubans ou rosettes présentant une ressemblance avec ceux des décorations conférées par l’État français ou qui aura fait usage de grades ou dignités dont la dénomination présente une ressem­blance avec les grades et dignités conférés par l ’État.

- Article R. 173

  Sera puni d’une amende prévue pour les contraventions de 2ème classe tout Français qui aura porté, sans avoir obtenu l’autorisation prévue par L’article R. 161, une décoration conférée par une puissance souveraine étrangère.

  Sera punie d’une amende prévue pour les contraventions de 3ème classe toute personne qui aura porté une décoration étrangère qui n’aurait pas été conférée par une puissance souveraine.

Nous aborderons maintenant le sujet qui pose le plus de questions au public et qui malheu­reusement donne aussi lieu à toutes les histoires possibles.

**

A qui, pourquoi et comment donne-t-on un Ordre ? 

  La réponse à ces questions est clairement définie par la loi française et nous proposons de larges extraits significatifs du Décret n° 62-1472 du 28 novembre 1962, extraits du Code de la Légion d’Honneur et de la Médaille Militaire.

Le Président de la République.

Sur le rapport du Premier Ministre …/..Vu la Constitution et notamment son Article 37 ;

Vu l’article 1er de la loi du 29 floréal An X ;

Le Conseil d’Etat entendu ;

Le Conseil des Ministres entendu.

Décrète

Article 1er – Il est institué un code de la Légion d’Honneur et de la médaille militaire, conformément au texte annexé au présent décret. Ce code ne peut être modifié ou complété que par décret pris en Conseil d’Etat et en conseil des ministres.

Article 2 - Sont abrogés pour autant qu’ils concernent la médaille d’honneur et la médaille militaire.

Les arrêtés du 13 et du 23 messidor an X. La loi du 9 juillet 1836 article 17.

…/…

Suit une liste de 73 décrets et lois abrogés qui se terminent par : Le décret n° 61/347 du 6 avril 1961 Ainsi que toutes dispositions antérieures contraires à celles du présent code.

Article 3 - Le Premier ministre, le garde des sceaux, ministre de la Justice, le ministre des Affaires Étrangères, le ministre des Armées, le ministre des Finances et des Affaires éco­nomiques, le ministre des anciens combattants et victimes de guerre, le secrétaire d’Etat au­près du Premier ministre chargé de la fonction publique et le Grand Chancelier de la Légion d’Honneur sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret qui se­ra publié au journal officiel de la République française.

  Fait à Paris le 28 novembre 1962

  C. de Gaulle

Président de la République

  Reproduction intégrale des statuts de l’Ordre de la Légion d’Honneur 

  Livre premier

Légion d’Honneur

Titre premier

Objet et composition de l’Ordre.

Chapitre premier

Organisation générale

Articles R 1, R2 , R 3, R 4, R 5, R 6, R 7.

Chapitre II

LE GRAND-MAITRE

Articles R 8 et R 9

Chapitre III

Le Grand Chancelier

Article R 10

Chapitre IV

Le Conseil de l’Ordre de la Légion d’Honneur

Articles R 11, 12, 13

Chapitre V

Admission et avancement dans l’Ordre

Articles R 14 et 15

Titre II

Nomination et promotion dans l’Ordre

Chapitre Ier

Conditions de nomination et de promotion

Articles R 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27

Chapitre II

Modalités de nomination et de promotion

Articles R 29, 30, 31, 32, 33, 34 et 35

Chapitre III

Dispositions, dérogation

Articles R 36 à R 47

Titre III

Réception dans l’Ordre

Chapitre Ier

Effets de la réception

Articles R 48 à 50

Chapitre II

Brevets

Articles R73 à 76

Chapitre III

Traitements

Articles R 77 à 84

Chapitre IV

Electorat

Article R 85

Chapitre V

Honneur et préséance

Articles R 86 à 88

Titre V

Discipline

Chapitre Ier

Pleine discipline

Articles R 89 à 97

Chapitre II

Procédure disciplinaire

Articles R 98 à 105

Chapitre III

Décision et exécution

Articles R 106 à 111

Titre VI

Administration de l’Ordre

Chapitre Ier

Attribution du Grand Chancelier

Articles R 112 à 118

Chapitre II

Attribution du Conseil de l’Ordre de la Légion d’Honneur

Article R 119

Chapitre III

Régime financier

Article R 120

Titre VII

Maisons d’éducation

Chapitre Ier

But de l’institution

Articles R 121 à 123

Chapitre II

Fonctionnement des établissements

Article R 124

Chapitre III

Administration des maisons d’éducation et personnel

Articles R 125 à 127

Titre VIII

Attribution de la Légion d’Honneur aux étrangers

Chapitre Ier

conditions d’attribution

Articles R 128 à 130

Chapitre II

Modalités d’attribution

Articles 131 à 135

Le livre II est consacré à la médaille militaire.

Livre troisième.

Autorisation d’accepter et de porter des décorations étrangères.

(Ce chapitre a déjà été traité précédemment.)

Pour tous les pays de l’Europe, les dispositions sont donc très semblables avec parfois des spécificités comme pour le port des insignes et s’ils sont ouverts à tous ou réservés à une classe ou un sexe.

Nous devons aussi aborder ici le sujet de la valeur vénale des décorations.

Cette discussion fait l’objet de nombreuses polémiques, que nous allons tenter d’éclaircir.

S’il existe des prix pour l’achat des Croix et des insignes d’un Ordre auprès des marchands spécialisés, vendant des objets neufs. Fabriqués le plus souvent par la « Monnaie », aux normes des descriptifs des statuts et des décrets d’application, ou par des fabricants agréés qui exécutent les bijoux des décora­tions et dont les prix sont codifiés et affichés.

En revanche la revente de tels objets ayant été conféré par un État, mais dont l’achat est laissé à la charge du ré­cipiendaire, ne peut faire que l’objet d’une vente de gré à gré qui est du ressort de la brocante ou de l’an­tiquité.

Il n’existe pas de cote officielle, même s’il y a des catalogues de vente et de prix, proposés par des marchands ou des tentatives de cote semblable aux catalogues numismatiques ou philatéliques.

D’autre part, certains Ordres doivent, de par leurs statuts, être rendus au décès du récipiendaire.

Il n’est dès lors pas nécessaire de parler de leur prix.

 On peut toutefois expliquer leur présence sur le marché par le fait que, soit les héritiers n’ont pas respecté cette clause, le plus souvent par ignorance, soit le défunt est mort dans un pays étranger. Soit l’Ordre avait pu être attribué à titre « Etranger » et personne n’était au courant des dispositions légales.

Les ambassades et les consulats sont pourtant habilités à recevoir le retour des insignes d’un Ordre qui serait dans ce cas.

Parfois la dispersion de collections ou de fonds privés font l’objet de ventes publiques. Ces ventes tombent sous le coup des lois régissant le commerce et la valeur des objets qu’elles dispersent dépend plus de l’engouement des amateurs que d’une valeur marchande établie.

Dans cette valeur entre bien sûr des éléments tels que la matière, plus ou moins précieuse, de sa fabrication, son poids, sa taille, sa rareté, mais aussi le prestige de l’Ordre auquel il appartient, ainsi que la qualité de celui qui le portait. Ces derniers éléments étant tout subjectifs.

L’on peut dire que la valeur d’un Ordre est inestimable car en fait il représente une valeur mo­rale.

La mode (courante au XIXème siècle) pour les grades les plus élevés de faire exécuter sa décoration chez un or­fèvre, est aujourd’hui révolue à bien des égards – encore que rien dans la loi ne l’interdise, pour autant que le bijou soit conforme aux statuts.

Lorsque de tels objets sont en vente, alors entre bien entendu la notion de valeur vénale, car ils peuvent être considéré comme de simples bijoux.

Le législateur français a prévu cette situation, dans le cadre de la succession, les décorations, quelle qu’en soit la matière, sont toujours hors héritage et ne font pas partie de l’actif.

Il n’est pas de notre rôle de donner un avis sur le sort réservé aux représentations, de ce qui fut parfois l’honneur et la fierté de celui qui les avaient reçu, mais nous devons constater qu’il est bien triste de les voir sur certains marchés, à terre, au milieux des objets les plus hétéroclites.

*** 

NOMENCLATURE des Ordres

ALLEMAGNE

Empire :

Ordre pour le Mérite

1660-1740

Anhalt :

Ordre du Mérite Civil et Militaire

1811-1812

Ordre d’Albert l’Ours

1836-1918

Ordre du Mérite pour les Sciences et les Arts

1873-1918

Bade : Grand-duché

Ordre de le Fidélité

1715-1918

Ordre Militaire de Charles Frédéric

1807-1918

Ordre du Lion de Zoeringen

1812-1918 
Ordre de Berthold 1er Zoeringen 

1877-1918

Bamberg :

Ordre « Pour le Mérite »

1797 -1803

Bavière : Maison de

Ordre de Saint Hubert ou du Cor

1444 -1918

Ordre Chevaleresque de Saint Michel

1693 -1837

Ordre de Saint Georges

1729 – * * *

Bavière : Royaume de

Ordre de Saint Michel    ( 1880-1837 )

1693 -1887

Ordre Royal de Saint Michel

1887 -1918

Ordre des Dames de Sainte Anne de Wuszbourg

1714 -1918

Ordre de Sainte Elisabeth

1766 -1918

Ordre du Lion de Palatinat

1768 -1808

Ordre des Dames de Sainte Anne de Munich

1784 -1918

Ordre Militaire de Maximilien Joseph (1807 )

1797 -1918

Ordre du Mérite Civil et de la Couronne de Bavière

 1808 -1918

Ordre Royal de Thérèse

1824 -1918

Ordre Royal de Louis de Bavière

1827 -1918

Ordre de Maximilien pour les Arts et les Sciences

1853 -1918

Ordre Royal du Mérite Militaire

1866 -1918

Ordre du Service Sanitaire Militaire

1914 -1918

Brandebourg-Bayreuth :

Ordre de la Couronne

1660 -1712

Ordre de la Sincérité ou de l’Aigle Rouge

1705 -1791

Brunswick : duché

Ordre d’Henri le Lion

1834 -1918

Francfort :

Ordre de la Couronne

1813 -1814

Hanovre : duché et royaume

Ordre de Saint George

1839-1866

Ordre des Guelphes

1815-1866

Ordre d’Ernest Auguste

1837-1866 

Hesse Darmstadt : Grand Duché 

Ordre du Mérite de Hesse

1807-1831

Ordre de Louis

1831-1918

Ordre de Philippe le Magnanime

1840-1918

Ordre du Lion d’Or

1876-1918

Ordre de l’Etoile du Brabant

1914-1918

Ordre des Dames de l’Etoile du Brabant

1914-1918

Hesse Cassel : Maison

Ordre de la Maison du Lion d’Or

1770-1866

Ordre de Guillaume

1851-1866

Ordre du Mérite Militaire

1769-1866

Ordre du Casque de Fer ou du Heaume de Fer

1814-1816

Hesse Nassau :

Ordre du Mérite d’Adolphe de Nassau

1900-1918

Hohenlohe :

Ordre de la Flamme d’Or

1757-1770

Ordre des Chevaliers du Phoenix

1770-1829

Hohenzollern : Maison de

Ordre Princier de la Maison de Hohenzollern

1841-1851 
Ordre « Bene Merenti »  1935-1940 

Isenburg Birstein : 

Ordre de la Maison « Pour mes Amis« 

1809-1815

Lippe Dermolt :

Ordre Princier de la Croix d’Honneur de Lippe

1859-1918

Ordre de la Maison de Lippe

1869-1918

Ordre de Léopold

1906-1918

Ordre de Berta

1910-1918

Ordre de la Rose de Lippe pour les Arts et les Sciences

1898-1918

Mecklenbourg Schwerin : Maison

Ordre du Griffon

1864-1918

Ordre de la Couronne de Wendes

1884-1918

Mecklenbourg Strelitz :

Ordre de la Maison de la couronne de Wendes

1864-1918

Nassau Dillenbourg :

Ordre de la Chasse ou du Noble Divertissement

1712-1739

Nassau :

Ordre de la Maison de Nassau du Lion d’Or

1858-1866

Ordre du Mérite d’Adolphe de Nassau

1858-1866

Oldenburg :

Ordre du Duc Pierre Frédéric Louis

1838-1918

Croix de Frédéric Auguste

1914-1918

Prusse : Royaume

Ordre du Cygne

1843 1440 1848

Ordre de la Générosité

1667-1740

Ordre Supérieur  de l’Aigle Noir

1701-1918

Ordre de l’Aigle Rouge

1734-1918

Ordre « Pour le Mérite »

1740-1918

Ordre de Saint Jean de Prusse

1812-1852

Ordre de la Croix de Fer

1813-1918

Ordre de Louise

1814-1918

Ordre du Mérite Civil des Sciences et Arts

1842-1933

Ordre de la Maison de Hohenzollern

1851-1918

Ordre du Cerf Blanc de Saint Hubert

1859-1930

Ordre de la Couronne

1861-1918

Ordre de la Croix du Mérite

1871-1918

Ordre de Guillaume

1896-1918

Ordre du Mérite de la Couronne Prussienne

1901-1918

Reuss :

Ordre de la Croix d’Honneur

1858-1918

Ordre Noir

?

Salzburg : Évêché

Ordre de Saint Rupert de Salzburg

1701- ? ?

Saxe : Maison

Ordre Militaire de Saint Henri

1736-1918

Ordre de la Couronne de Rue

1807-1918

Ordre du Mérite Civil

1815-1918

Ordre d’Albert le Valeureux

1850-1918

Ordre de Sidonie

1871-1918

Ordre de Marie-Anne

1906-1918

Saxe Weimar : Grand Duché

Ordre du Faucon Blanc ou de la Vigilance

1732-1918 

Saxe : Duchés de Altenbourg, Cobourg, Gotha, Meiningen 

Ordre de la Maison Ernestine (Blanche)

1833-1835

Ordre du Mérite pour les Arts et Sciences

1874-? ? ? 

Saxe-Cobourg-Gotha : 

Ordre de la Probité Allemande

1690-1833

Ordre de Saint Joachim

1771-1804

Saxe : Royaume

Ordre Militaire de Saint Henri

1736 -1829 -1918

Ordre du Mérite Civil

1815-1918

Ordre d’Albert le Valeureux

1850-1918

Saxe Weissenfels

  

Ordre de la Noble Passion

1704-1746

Saxe Hildburghausen :

Ordre de l’Heureuse Alliance

1749-1756

Schaumburg-Lippe :

Ordre de la Croix d’Honneur

1890-1918 

Ordre de Sainte Anne

1753-1796

Schleswig-Holstein-Gottorp : 

Schwarzburg Sondershausen :

Ordre de la Croix d’Honneur de Schwarzburg

1816-1918 
Ordre de Schwarzburg  1868-1918 
Schwarzburg Rudolstadt    

Ordre « Pour les Dames »

1750-1799

Ordre de la Croix d’Honneur

1857-1918

Ordre pour les Arts et les Sciences

1912-1918

Thurn et Taxis :

Ordre de la Parfaite Amitié

1720-1806

Warldeck Pyrmont :

Ordre du Mérite Militaire

1854-1918

Ordre du mérite Civil

  

Ordre Princier de la croix du Mérite

1857-1918

Westphalie :Royaume

Ordre de la Couronne de Westphalie

1808-1813

Würtenberg : Royaume

Ordre de la Tête de Mort (pour Dames )

1652-1720

Ordre de Saint Hubert ou de la grande Chasse

1702 – 1807

Ordre de l’Académie

1702 – ?

Ordre du Mérite Militaire de Charles

1759 – 1818

Ordre de l’Aigle d’Or

1807 – 1818

Ordre du Mérite Civil

1806 – 1818

Ordre de la Couronne de Würtenberg

1818 – 1918

Ordre du Mérite Militaire

1818 – 1918

Ordre de Frédéric

1830 – 1918

Ordre d’Olga

1871 – 1918

Wurzburg :

Ordre de Saint Joseph

1807 – 1814

Weimar : République 1919 – 1930

Ordre pour le Mérite de l’Aigle Germanique

1922 – 1930 

IIIème Reich :( 1934-1945) 

Ordre du Sang

1937 – 1938

Ordre de l’Aigle Germanique

1937 – 1943

Ordre de la Croix de Fer

1939 – 1945

Ordre du Mérite de guerre

1939 – 1945

Ordre de la Croix Allemande de Guerre

1941 – 1945

Ordre Germanique du Grand Reich

1942 – 1945

République Fédérale :

Ordre du  Mérite de la République Fédérale

1951 – * * *

Ordre pour le  Mérite des Sciences et des Arts

1952 – * * *

Ordre Evangélique de Saint Jean

1951 – * * *

Länders  de  R. F. A.

Bavière :

Ordre du Mérite de Bavière

1957 – * * *

Ordre Bavarois de Maximilien pour les Sciences et les Arts

1980 – * * *

Hesse :

Ordre du Mérite de Hesse

1989 – * * *

Basse Saxe :

Ordre du Mérite de Basse Saxe

1961 – * * *

Saar :

Ordre du Mérite de Sarre

1974 – * * *

Rhénanie Palatinat :

Ordre du Mérite de Rhénanie Palatinat

1981 – * * *

Westphalie – Rhin du Nord : 

Ordre du Mérite de Westphalie Rhin du Nord

1986 – * * *

Berlin :

Ordre du Mérite Berlinois

1987 – * * *

  République Démocratique :

Jusqu’en 1990

Ordre de Karl Marx

1953 – 1991

Ordre de Schornhorst

1954 – 1991

Ordre national du Mérite

1954 – 1991

Ordre de la Bannière du Travail

1954 – 1991

Ordre de l’Etoile de l’amitié des Peuples

1959 – 1991

  ALBANIE :

Royaume

Ordre de l’Aigle Noir: Principauté

1914 – 1922

Collier d’Honneur d’Albanie

1922 – 1931

Ordre de la Fidélité

1926 – 1944

Ordre de Skanderbert (occupation italienne)

1925 – 1944

Ordre Héroïque de la Bravoure (Trimnia)

1928 – 1939

 République Populaire

Ordre des Héros du Peuple

1945 – * * *

Ordre des Héros du Travail Socialiste

1945 – * * *

Ordre des Mères Héroïques

1945 – * * *

Ordre de la Liberté

1945 – * * *

Ordre de Skanderbert

1945 – * * *

Ordre de l’Etoile des Partisans

1945 – * * *

Ordre du Travail

1945 – * * *

Ordre Militaire de Service

1945 – * * *

Ordre pour Acte de Courage

1945 – * * *

Ordre de l’Etoile Rouge

1945 – * * *

Ordre à la Gloire des Mères de Famille

1945 – * * *

  AUTRICHE :

Empire : 1805 – 1918

Ordre Teutonique

- 180- 1871

Ordre de la Toison d’Or.1128

1429 – 1712 – * * *

Ordre de la Croix Etoilée

1668 – 1918

Ordre d’Elisabeth Thérèse.

1749 – 1918

Ordre de Saint Etienne de Hongrie.

1764 – 1918

Ordre Militaire de Marie-Thérèse 9 avril 1693

1757 – 1918

Ordre Militaire d’Elisabeth Thérèse

1757 – 1918

Ordre de Léopold   

1808 – 1918

Ordre de la Couronne de Fer.  ( 1805 )  

1816 – 1918

Ordre de François-Joseph.             

1849 – 1918

Ordre d’Elisabeth.

1898 -1918

  République Fédérale 1919-1938

Ordre Allemand ou Ordre Teutonique

1929 – 1938

Ordre du Mérite de Malte

1929 – 1938

Insigne d’Honneur du Mérite de la Croix Rouge

1914 – 1923

Insigne d’Honneur du Mérite de la République

1922 – 1938

Insigne d’Honneur de la Croix Rouge

1929 – 1938 

III ème REICH 1938-1945 (voir IIIème REICH) 

 République

Insigne d’Honneur du Mérite

  

Insigne d’Honneur de la République d’Autriche

1952 – * * *

Insigne d’Honneur pour les Arts et les Sciences

1955 – * * *

Insigne d’Honneur du Tyrol

1955 – 1964

Ordre du Mérite de la Croix Rouge

1955 – * * *

Insigne d’Honneur du Mérite la Basse Autriche

1960 – * * *

Insigne d’Honneur du Mérite de Burgenland

1961 – * * *

Grand Insigne d’Honneur de la Haute Autriche

1963 – * * *

Insigne d’Honneur du Voralberg

1963 – * * *

Insigne d’Honneur du Salzburg

1965 – * * *

Insigne d’Honneur du Mérite de Vienne

1967 – * * *

Ordre de l’Aigle du Tyrol

1970 – * * *

Insigne d’Honneur du Steiermark

1971 – * * *

Insigne d’Honneur de la Haute Autriche

1973 – * * *

Ordre Allemand ou Ordre Teutonique (Ordre privé)

1950 – * * *

Ordre du Mérite de Malte

1950 – * * *

  BELGIQUE Royaume

Ordre de Léopold

1832 – * * *

Ordre de l’Etoile Africaine

1888 – 1961

Ordre Royal du Lion

1891 – 1961

Ordre de la Couronne

1897 – * * *

Ordre de Léopold II

1900 – * * *

  BULGARIE :

Royaume

Ordre de la Bravoure ou Royal Militaire

1879 1880 – 1950

Ordre Royal de Saint Alexandre

1881 – 1948

Ordre du Mérite

1883 – 1947

Ordre du Mérite Civil

1891 – 1947

Ordre du Mérite Militaire

1900 – 1947

Ordre des Saints Apôtres Cyrille et Méthode

1909 – 1950

Ordre de la Bienfaisance

1908 – * * *

Ordre de la Croix Rouge

1900 – * * *

République Populaire 1944-1991

Ordre du 9 Septembre

1944 – 1991

Ordre pour le Courage Militaire

1944 – 1991

Ordre des Libertés du Peuple

1945 – 1991

Ordre des Héros Socialistes du Travail

1945 – 1991

Ordre de la République Populaire de Bulgarie

1946 – 1991

Ordre de Georges Dimitrov

1950 – 1991

Ordre des Mères Héroïques

1950 – 1991

Ordre de Cyrille et Méthode

1950 – 1991

Ordre du Drapeau Rouge du Travail

1950 – 1991

Ordre du Drapeau Rouge

1950 – 1991

Ordre à la Gloire des Mères

1950 – 1991

Ordre du Cavalier de Madara

1966 – * * *

Ordre de l’Etoile de Planina

1966 – * * *

Ordre du Mérite et du Courage Civique

1966 – 1991

Ordre de la Rose (pour les Dames)

1965 – * * *

Ordre des XIII Siècles de la Bulgarie

1981 – 1991

Royaume du DANEMARK :

Ordre de l’Eléphant

1450 – * * *

Ordre du Dannebrog

1671 – * * *

Ordre de l’Union Parfaite

1732 – 1770

Ordre de Mathilde

1771 – 1772

Royaume d’ESPAGNE :

Ordre de Calatrava (Castille 1158)

1489 – * * *

Ordre de Saint Jacques de l’Epée (Castille 1170)

1493 – * * *

Ordre d’Alcantara (Castille 1156)

1495 – * * *

Ordre de Notre Dame de Montésa (Castille 1316)

1587 – * * *

Ordre de la Toison d’Or (Bourgogne 1429)

1701 – * * *

Ordre de Charles III

1771 – * * *

Ordre de la Reine Marie-Louise (pour les Dames)

1792 – 1931

Ordre de Saint Alexandre

  

Ordre Militaire de Saint-Ferdinand

1811 – * * *

Ordre de Saint Hermenegilde

1814 – * * *

Ordre d’Isabelle la Catholique

1815 – * * *

Ordre Royal Militaire d’Isabelle II

1833

Ordre de la Bienfaisance

1857 – * * *

Ordre de la Rose Blanche

  

Ordre de Marie Victoire des Arts et des Sciences

1871 – 1873

Ordre Royal de Marie Christine Militaire et Civil

1890 – * * *

Ordre Royal des Chevaliers d’Espagne

1809 – 1813

Ordre du Mérite Militaire

1864 – * * *

Ordre du Mérite de la Croix Rouge

1864 – * * *

Ordre du Mérite Naval

1866 – * * *

Ordre d’Alphonse XII

1902 – 1931

Ordre du Mérite Agricole

1905 – 1939

Ordre du Mérite Civil de la Santé

1922 – 1931

Ordre du Mérite Civil

1926 – 1931

Ordre Colonial de Mehdalia (Maroc espagnol)

1926 – 1956

République (1931-1936)

Ordre du Mérite de la République

1931 – 1936

Ordre Civil de l’Afrique

1933 – 1936

République Nationaliste (1936-1975) 

Ordre de la Libération de l’Espagne

1936 – * * *

Ordre du Joug et des Flèches

1937 – 1943

Ordre d’Alphonse X

1939 – * * *

Ordre du Mérite Agricole

1942 – * * *

Ordre du Mérite Civil

1942 – * * *

Ordre du Mérite Civil de la Santé

1943 – * * *

Ordre de Cisneros

1944 – * * *

Ordre de la Croix de Saint Raymond de Penefort

1944 – * * *

Ordre du Mérite Aéronautique

1945 – * * *

Ordre Coloniaux:

  

Maroc espagnol

Ordre Militaire de Loyauté

1946 – 1956

Ordre d’Hassania

1949 – 1956

Ordre d’Afrique

1950 – 1956

Ordre du Mérite Postal

1960 – * * *

République de FINLANDE :

Ordre de la Croix de la Liberté

1918 – 1960

Croix de la Liberté. Croix de MANNERHEIM

1940 – 1945

Ordre de la Rose Blanche

1919 – * * *

Ordre du Lion de Finlande

1942 – * * *

FRANCE : Royaume :

Ordre de Saint Michel

1469 – 1789

Ordre du Saint Esprit

1578 – 1789

Ordre de Saint Lazare et de N. Dame du Mont Carmel

1607 – 1789

Ordre de Saint Louis

1693 – 1789

Mérite Militaire (Institution)

1759 – 1789

 Empire :

Ordre de la Légion d’Honneur

1802 – * * *

Ordre de la Couronne de Fer

1805 – 1815

Ordre Royal de l’Union (Hollande)

1806 – 1815

Ordre Royal des Mérites (Hollande)

1806 – 1815

Ordre des deux Siciles (Royaume de Naples)

1808 – 1819

Ordre Royal d’Espagne

1809 – 1813

Ordre de la Couronne de Westphalie

1809 – 1815

Ordre des Trois Toisons d’Or

1809 – 1813

Ordre Impérial de la Réunion

1811 – 1816

 Restauration : (de 1814 a 1848 )

Rétablissement des Ordres de l’Ancien Régime jusqu’en 1830 et conserve la Légion d’Honneur

Second Empire :

Médaille Militaire

1852 – * * *

Les Palmes Académiques

1850 – * * *

 IIIème, IVème et Vème République :

Ordre du Mérite Agricole

1883 – 1963

Ordres Coloniaux

  

Ordre Royal du Cambodge

1864 – 1963

Ordre de l’Etoile d’Anjouan

1874 – 1963

Ordre du Dragon d’Annam

1886 – 1963

Ordre du Nichan el Anouar

1887 – 1963

Ordre de l’Etoile Noire du Bénin

1889 – 1963

Ordres des Ministères : 12

(supprimés en 1963)

Ordre du Mérite Maritime

1930 – * * *

Ordre de la Libération (n’est plus attribué depuis 1947)

1940 – * * *

Ordre des Palmes Académiques

1955 – * * *

Ordre du Mérite Militaire

1957 – 1963

Ordre des Arts et des Lettres

1957 – * * *

Ordre National du Mérite (remplace les Ordres des Ministères)

1963 – * * *

Royaume de GRANDE BRETAGNE

Ordre de la Jarretière

1348 – * **

Ordre du Bain

1399 – * * *

Ordre du chardon ou de Saint André

1540 – * * *

Ordre de Saint Patrick (Patrice)

1783 – 1922

Ordre Royal de Guelphes

1815 – 1837

Ordre de Saint Michel et Saint George

1818 – * * *

Ordre de l’Etoile des Indes

1861 – 1947

Ordre de l’Empire des Indes

1878 – 1947

Ordre de Saint Jean de Jérusalem

1888 – * * *

Ordre Royal de Victoria

1896 – * * *

Ordre du Service distingué

1802 – * * *

Ordre du Mérite

1902 – * * *

Ordre de l’Empire Britannique

1917 – * * *

Ordre des Compagnons d’Honneur

1917 – * * *

Ordre du Service Impérial

1920 – * * *

Victoria Cross

  

Victoria Royal

  

Ordre des Chevaliers Bacheliers

1926 – * * *

Ordre Familial de la Reine Elisabeth II

1953 – * * *

Ordre de Birmanie

1940 – 1948

GRECE : Royaume

Ordre Royal du Sauveur (création: 1829)

1833 – 1973

Ordre de Georges Ier

1915 – 1973

Ordre du Phénix

1926 – 1973

Ordre de la Bienfaisance

1948 – 1973

Ordre de Saint Georges et Saint Constantin

1935 – 1973

Ordre d’Olga et Sophie

1936 – 1973

Ordre de la Croix de la Valeur

  

République

Ordre de l’Honneur

1973 – * * *

Ordre du Sauveur

1975 – 1984 – * * *

HONGRIE : Royaume

Ordre des Chevaliers de l’Eperon d’Or

1310 – 1918

Ordre de Saint Etienne de Hongrie

1764 – 1918

Ordre du Vitez ou Insignes des Héros

1920 – 1944

Ordre Royal du Mérite Hongrois

1922 – 1944

Ordre des Héros

1920 – 1944

Ordre de la Croix Rouge de Hongrie

1922 -      ?

Ordre de la Couronne Sacrée de Saint Etienne

1934 – 1942 – 1949

Ordre du Mérite de la République

1946 – 1949

Ordre de la Liberté Hongroise

1946 – 1949

Ordre de Kossuth

1948 – 1949

République Populaire 

Ordre des Héros du Travail Socialiste

1953 -    *?

Ordre du Drapeau Rouge

1953 -    *?

Ordre de la Liberté Hongroise

1953 -    *?

Ordre de l’Etoile Rouge du Mérite

1953 -    *?

Ordre du Mérite Militaire

1953 -    *?

Ordre du Mérite du Drapeau Rouge

1953 -    *?

Ordre du Drapeau Rouge du Travail

1953 -    *?

ISLANDE

Ordre du Faucon Islandais

1921 – * * *

ITALIE

Royaume des Deux Siciles :

Ordre Constantinien de Saint Georges

1522 – 1734 – 1861

Ordre Royal de l’illustre Saint Janvier

1738 – 1861

Ordre de Saint Ferdinand

1808 – 1861

Ordre des deux Siciles

1808 – 1861

Ordre de Saint-Georges de la Réunification

1819 – 1861

Duché de Mantou :

Ordre de la Rédemption

1608 – 1853

Ordre Militaire de la Conception

1617 – 1853

Ordre du Duc Alexandre

1806 – 1853

Ordre de Maria Elisa (pour les Dames)

1843 – 1853

Ordre Royal de François 1er

1829 – 1861

1.  Royaume de Naples :

Ordre de Saint Ferdinand et du Mérite

1800

Duché de Parme et Lucque :

Ordre Militaire de Saint-Georges

1833 – 1847

Ordre de Saint Louis du Mérite Civil

1836 – 1847

Duché de Savoie :

Ordre de Notre Dame de l’Annonciation

1362 – 1861

Ordre de Saint Maurice

1434 – 1793

Ordre de Saint Maurice et Lazare

1793 – 1861

Ordre Militaire de Savoie

1815 – 1861

Ordre Civil de Savoie

1831 – 1861

Grand Duché de Toscane :

Ordre du Mérite de Saint Joseph

1814 – 1908

Ordre de Saint Etienne

1561 – 1839

Ordre du Mérite Militaire

1853 – 1909

Ordre du  Mérite Civil

1853 – 1909

Royaume d’Italie

Ordre de l’Annonciation

1869 – 1943

Ordre de Saint Maurice et Lazare

1449 – 1815

Ordre Militaire de la Savoie

 1816

Ordre de la Couronne d’Italie

1868 – 1943

Ordre du Mérite du Travail

1901 – 1943

Ordre Colonial de l’Etoile d’Italie

1914 – 1943

Ordre de l’Aigle Romain

1942 – 1943

République :

Ordre Militaire d’Italie

1947 – * * *

Ordre pour le Mérite du Travail

1923 -194  - * * *

Ordre des Saints Maurice et Lazare

1947 – 1951

Ordre de la Couronne d’Italie

1947 – 1951

Ordre Colonial de l’Etoile d’Italie

1947 – 1951

Ordre du Mérite de la République

1951 – * * *

Ordre de l’Etoile de la Solidarité d’Italie

1947 – * * *

Ordre de Vittorio Veneto

1968 – * * *

LIECHTENSTEIN :

Ordre du Mérite de la Principauté de Liechtenstein

1937 – * * *

LUXEMBOURG :

Ordre de la Couronne de Chêne

1841 – * * *

Ordre du Lion d’Or de Nassau

1858 – * * *

Ordre du Mérite Civil et Militaire d’Adolphe de Nassau

1858 – * * *

Ordre de la Résistance

1946 – * * *

Ordre du Mérite

1958 – * * *

Ordre National du Mérite Sportif

1976 – * * *

MONACO :

Ordre de Saint-Charles

1858 – * * *

Ordre du Mérite Culturel

1952 – * * *

Ordre des Grimaldi

1954 – * * *

Ordre de la Couronne

1960 – * * *

MONTENEGRO : Royaume

Ordre de Danilo ou de l’Indépendance

1853 – 1919

Ordre de Saint Pierre

1869 – 1919

Ordre de Pétrovich Njegosh

1897 -  ?

Pays Baltes

ESTONIE : République

Ordre de l’Etoile Blanche

1928 – 1940

Ordre de la Croix de la Liberté

1919 – 1940

Ordre de la Croix Rouge

1919 – 1940

Ordre de la Croix de l’Aigle

1928 – 1940

LETTONIE : République

Ordre Militaire de Lacplecis

1919 – 1940

Ordre des Trois Etoiles

1924 – 1940

Ordre de Vestardus

1928 – 1940

LITHUANIE : République

Ordre de la Croix de Vytis

1918 – 1940

Ordre du Grand Duc Gedeminas de Lithuanie

1928 – 1940

Ordre de Vytautas le Grand

1930 – 1940

POLOGNE :

Royaume (ou Ière République)

Ordre de l’Aigle Blanc (devint russe)

1707 – 1831

Ordre Saint Stanislas de Pologne (devint russe)

1765 – 1831

Ordre Militaire Virtuti Militari

1792 – 1832

II ème République

Ordre de l’Aigle Blanc

1921 – 1939

Ordre Militaire Virtuti Militari

1919 – 1939

Ordre de la Renaissance de la Pologne

1921 – 1939

Gouvernement en exil 1939-1945

Ordre de l’Aigle Blanc

1939 – 1945

Ordre de Guerre Virtuti Militari

1939 – 1945

Ordre Pologna Restituta

1939 – 1945

République populaire

Ordre de la Croix de Grunwald

1943 – 1985

Ordre Pologna Restituta

1944 – 1990

Ordre Virtuti Militari

1944 – 1990

Ordre des Bâtisseurs de la Pologne Populaire

1949 – 1984

Ordre de l’Etendard du Travail

1949 – 1990

Ordre du Mérite de la République Populaire de Pologne

1974 – 1990

IIIème République

(Rétablissement des distinctions anciennes en 1992)

  

Ordre de l’Aigle Blanc

1992 – * * *

Ordre Pologne Restituta

1992 – * * *

Ordre Virtuti Militari

1992 – * * *

Ordre du Mérite de la République de Pologne

1990 – * * *

PORTUGAL :
 Royaume :

Ordre du Christ

1317 – 1910

Ordre Militaire de Saint Benoit d’Aviz

1162 – 1789 – 1910

Ordre de Saint Jacques de l’Epée

1290 – 1789 – 1910

Ordre de Sainte Isabelle (pour les Dames)

1801 – 1910

Ordre de Notre Dame de Villa Viscosa

1819 – 1910

Ordre Militaire de la Tour et de l’Epée

1459 – 1832 – 1910

Insigne d’Honneur des Trois Ordres (Christ, Aviz, St. Jacques)

 1850-1910

Insigne d’Honneur des deux Ordres (Aviz, Christ)

1850 – 1910

République :

Ordre de Saint Benoit d’Aviz

1910 – * * *

Ordre de Saint Jacques de l’Epée

1910 – * * *

Ordre du Mérite et de la Valeur Militaire de la Tour et l’Epée

1917 – * * *

Ordre du Christ

1918 – * * *

Ordre de l’Instruction Publique

1919 – * * *

Ordre du Mérite Agricole et Industriel

1926 – * * *

Ordre de « Benemerencia »

1929 – * * *

Ordre Impérial (Colonial)

1932 – * * *

Ordre du Prince Henri du Portugal (Don Enrique)

1960 – * * *

Ordre du Mérite Commercial

  

ROUMANIE :

Royaume

Ordre de l’Etoile de Roumanie

1877 – 1944

Ordre de la Couronne de Roumanie

1866 -1881 – 1947

Ordre d’Elisabeth

1878 – 1947

Ordre pour le Mérite Culturel

1881 – 1947

Ordre de Charles 1er

1906 – 1947

Ordre de Michel le Brave

1916 – 1947

Ordre de la Reine Marie

  

Ordre de Ferdinand Ier

1929 – 1947

Ordre du Mérite Aéronautique

1930 – 1947

Ordre pour la Milice

1930 – 1947

Ordre du Mérite pour la Science et les Arts

1931 – 1947

Ordre Roumain de Hohenzollern

1931 – 1947

Ordre de « Bene Merenti »

1932 – 1947

Ordre de la Fidélité

1932 – 1947

Ordre du Mérite de l’Agriculture

1932 – 1947

Ordre de la Maison Régnante

1935 – 1947

Ordre « pour le Mérite »

1937 – 1947

Ordre Militaire de Saint-Georges

1940 – 1947

République Populaire

Ordre de l’Etoile de la République Populaire Roumaine

1948 – 1989

Ordre du Travail

1948 – 1989

Ordre de la Défense de la Mère Patrie

1949 – 1989

Ordre des Mères Héroïques

1951 – 1989

Ordre Maternel de la Gloire

1951 – 1989

Ordre de Tudor Vladimirescu

1951 – 1989

Ordre pour les Services Spéciaux

1958 – 1989

Ordre du 23 août 1944

1959 – 1989

Ordre Socialiste de la Mère Patrie

1963 – 1989

  2.  RUSSIE : Empire et U R S S :

Empire

Ordre de Saint-André

1698 – 1917

Ordre de Pierre le Grand

  

Ordre de Saint Alexandre Nevsky

1725 – 1917

Ordre de Saint Georges

  

Ordre de Saint Vladimir

1782 – 1917

Ordre de Sainte Anne

  

Ordre de l’Aigle Blanc

1831 – 1917

Ordre de Saint Stanislas

  

République Populaire d’URSS

Ordre de Lénine

1930 – ?

Ordre de l’Etoile Rouge

1930 – ?

Ordre du Héros de l’Union Soviétique

  

Ordre du Patriote de Guerre

1942 – ?

Ordre de Suvarov

1942 – ?

Ordre de Kutuzov

1942 – ?

Ordre d’Alexandre Nevsky

1942 – ?

Ordre de Bogdan Khmelnitsky

1943 – ?

Ordre de Ushkov

1944 – ?

Ordre de Nakhimov

1945 – ?

Ordre de la Gloire

1943 – ?

Ordre de la Victoire

1943 – ?

SAINT MARIN, République

Ordre Equestre de Saint Marin

1859 – * * *

Ordre de Sainte Agathe

1923 – * * *

SAINT SIEGE, État du Vatican

Ordre Suprême du Christ

1320 – * * *

Ordre du Saint Sépulcre

1746 – * * *

Ordre de Saint Grégoire le Grand

1831 – * * *

Ordre de l’Eperon d’Or

1841 – * * *

Ordre de Saint Sylvestre

1841 – * * *

Ordre de Pie IX

1847 – * * *

Ordre de la Rose d’Or

  

Croix Pro Ecclesia et Pontifice

1881

  

SERBIE : Royaume

(1878-1929)

Ordre Militaire de Takovo

1865 – 1903

Ordre de Nathalie

1878 – 1903

Ordre de la Croix Rouge

1878 – 1915

Ordre de l’Aigle Blanc

1883 – 1903

Ordre de Saint Sava

1883 – 1915

Ordre Royal de Miloch le Grand

1899 – 1903 
Ordre de Karagorgevitch 

1904 – 1915

SUEDE, Royaume

Ordre de l’Amour du Prochain

1708 – 1751

Ordre de Louise Ulrique ou Ordre de l’Eventail

1744 – 1780

Ordre des Séraphins

1334 – 1748 – * * *

Ordre de l’Etoile Polaire ou du Nord

1748 – * * *

Ordre de l’Epée

1748 – * * *

Ordre de Wasa

1772 – * * *

Ordre de Charles XIII

1811 – * * *

REPUBLIQUES TCHEQUE  ET SLOVAQUE :

   SLOVAQUE :

Ordre de la Croix de Slovaquie

1940 – 1945

Ordre du prince Prbina

1940 – 1945

Ordre de la Croix de Guerre Victorieuse

1939 – 1945

   TCHEQUE  :

Ordre du Faucon (Sokol)

1918 – 1938

Ordre de la Couronne de Fer de Monza

1919 – 1920

Ordre du Lion Blanc

1922 – 1938

Ordre de Charles IV

1936 – 1938

Ordre de la Liberté

1918 – 1938

Ordre de Saint-Lazare

1937 – 1938

   Gouvernement de Londres : (1942-1945) 

Ordre Militaire  du Lion Blanc pour la Victoire

1945 – 1948

Ordre National du Soulèvement Slovaque

1945 – 1948

Ordre de Jean Ziska de Tocnov

1946 – 1948

Ordre Militaire pour la Liberté

1946 – 1948

République Populaire de TCHECOSLOVAQUIE

Ordre du 25 février 1948

1949 – 1990

Ordre du Socialisme

1951 – 1990

Ordre de la République Tchécoslovaque

1951 – 1990

Ordre du Travail

1951 – 1990

Ordre de Clément Gottwald

1951 – 1990

Ordre des Héros de la République  Tchécolovaque

1955 – 1990

Ordre de l’Etoile Rouge du Travail

1955 – 1990

Ordre Militaire de l’Etoile Rouge

1955 – 1990

Ordre du Drapeau Rouge

1955 – 1990

Ordre du Mérite

1957 – 1990

Ordre du Lion Blanc

1961 – 1990

Ordre de la Victoire de Février

1973 – 1990

  TCHECOSLOVAQUIE :République Fédérative Tchèque et Slovaque

Ordre du Lion Blanc

1990 – * * *

Ordre de Thomas Garrigue Masaryk

1990 – * * *

Ordre de Milan Rastislav Stefanik

1990 – * * *

YOUGOSLAVIE : République Populaire Fédérale.

Dissolution de la Fédération en 1990

royaume

(1929-1945) 

Ordre de la Couronne de Yougoslavie

1929 – 1941

Ordre de l’Aigle Blanc

1918 – 1941

Ordre de Saint Sava

1918 – 1941

Ordre de Karageorge

1918 – 1941

   CROATIE : (10 avril 1941-1945)

Ordre Militaire de la Triple Feuille de Fer

1941 – 1944

Ordre de la Couronne du Roi Zvonimir

1941 – 1944

Ordre du Mérite de l’Oustascha (civil et militaire)

1941- 1944

YOUGOSLAVIE :

République Socialiste Fédérative  1945 – 1992

Ordre du Héros National

1943 – 1992

Ordre de l’Etoile Partisan

1943 – 1992

Ordre de la Libération Populaire

1943 – 1992

Ordre de la Bravoure

1943 – 1992

Ordre de la Fraternité et de l’Unité

1943 – 1992

Ordre du Travail

1945 – 1992

Ordre de la Liberté

1945 – 1992

Ordre du Mérite « Pour le Peuple »

1945 – 1992

Ordre du Drapeau de Yougoslavie

1947 – 1992

Ordre des Héros  du Travail Socialistes

1948 – 1992

Ordre du  Drapeau de Guerre

1952 – 1992

Ordre de l’Armée Populaire

1952 – 1992

Ordre du Mérite Militaire

1952 – 1992

Ordre de la Grande Etoile de Yougoslavie

1954 – 1992

Ordre de l’Etoile de Yougoslavie

1954 – 1992

Ordre de la République

  

***

GLOSSAIRE

ÉLÉMENTS DE TYPOGrAPHIES

            Les éléments typographiques que nous donnons sont seulement destinés à une meilleure com­préhension des termes que nous employons. Ils sont tous extraits de textes héraldiques mais en raison des différents pays que nous abordons nous ne garantissons pas qu’ils soient employés de la même ma­nière partout.

            Nous nous sommes efforcés de rechercher les termes modernes les plus appropriés pour ceux que nous n’avions pas trouvé dans les traités d’héraldiques afin que les descriptions des ordres soit les plus claires possibles.

  Éléments constituant le bijoux d’une dÉcoration : 

Croix

Plaque de poitrine 

vocabulaire des Éléments héraldiques

Blasons :
Chiffres et Symboles.
Couleurs et Emaux

Les couleurs héraldiques sont codifiées d’une manière commune à tous les pays. Les principales couleurs sont les couleurs fondamentales et leurs dérivées directes, soit le bleu, le rouge et le jaune pour les couleurs fondamentales et le vert, l’orange et le violet pour les dérivées.

Plus le blanc ou argent et le noir, le jaune est souvent remplacé par l’or.

Rien n’empêche en phaléristique d’utiliser d’autres couleurs, surtout si celles qui composent l’ordre n’ont pas de rapport avec l’héraldique ou si certaines couleurs sont spécifiques à une famille.

Pour le bleu par exemple, on parlera de : bleu roi, bleu de Prusse, etc.

Les couleurs sont souvent remplacées dans les dessins anciens par leurs symboles que nous donnons ici, le thème n’est donné qu’à titre indicatif mais n’a sans doute pas une vraie valeur héraldique.

- d’Argent : argent ou blanc, pas de hachure, ou le couleur blanche (signe d’eau).

- d’Azur : bleu, hachures horizontales (représente le ciel). 

- de Gueule : rouge, hachures verticales (représente aussi le feu et la pureté).

- DE Pourpre : rouge vif légèrement violacé (représente la justice, le sommet de la hiérarchie épiscopale).

- d’Or : or ou jaune, pas de trait seulement un pointillé régulier ou non (symbole de la richesse).

- de Sable : noir, traits croisés verticaux et horizontaux (la mort, la tristesse).

- de Sinople : vert, traits diagonaux du haut droite vers la gauche (représente la nature, l’espérance).

On peut ajouter aux couleurs fondamentales :

la Sanguine :

l’Orange :

Mélange du rouge et du jaune, représenté par des traits verticaux et en diagonale de droite et de gauche.

le Tannι :

Mélange du rouge et du noir, traits en diagonale de gauche à droite et de droite à gauche et traits horizontaux.

la Carnation :

Couleur d’un carnation claire,

le Diapré :

Il faut ajouter les Pannes ou fourrures :

A/ L’Hermine :

mouchettes de Sable sur fond d’Argent, la contre Hermine, mouchettes d’Argent sur font de Sable.

B/ le Vair :

clochettes formant un ensemble dont les unes sont debout et d’Argent et les autres renversées et d’Azur.

vocabulaire

Aigle : toujours au féminin, l’aigle héraldique est de face ; l’animal peut être représenté avec une ou deux têtes. à une tête celle-ci est tournée vers la dextre, si non elle est dite « contournée », stylisé dans sa forme. Les ailes déployées de toute leur envergure vers le haut, se dit : « éployées ». Vers le bas, se dit « au vol abaissé ». Couronnées ou non. Avec fréquemment, pattes, griffes, tête et bec d’or. Les ailes, les rémiges de la queue et le reste du corps sont d’émail noir (sable) le plus souvent, mais rien n’empêche l’utilisation d’une autre couleur. L’aigle de l’empire français est représentée au naturel, en or, tête à gauche ou à droite, posée ou non sur les rayons de la foudre.

bras : paré, revêtu d’une manche, armé, revêtu d’une armure.

Couronné :

Il existe différentes couronnes symbolisant les souverains, voir couronnes.

Plantes fleurs et fruits :

CHARDON, CEP DE VIGNE, BUISSON, CHENE, SAPIN, PIN, FEUILLES DE CHENE ET GLANDS, GERBE DE BLE, EPI DE BLE servent régulièrement dans la construction des armes des royaumes et principautés.

Diamanté :

Partie d’une pièce d’un bijou, taillée en forme de diamant.

Dragon :

Animal mythique et symbolique qui représente en occident le mal ou le diable.

Partie antérieure de lion couvert d’écailles, oreilles pointues, ailes de vampire, pieds de griffon, queue terminée en dard.

ETOILE : normalement a 5 « rais » ou « rayons », la pointe supérieure est en pal. Si elle en a plus, le nombre est indiqué.

Pentalpha : étoile réduite à un filet entrelacé dite aussi étoile Chérifienne.

Didelta : étoile à 6 rais entrelacés, réunion de 2 lettres delta grecque entrelacées, dites aussi bouclier de David.

Faucon : oiseau aux ailes éployées, tête et pattes griffues de face, avec ou sans bonnette.

Paons : se dit rouant lorsqu’il est présenté de face faisant la roue.

Pal : dressé verticalement.(ex. Epée en pal)

Pélican : l’animal au naturel et aux ailes éployées, se perce la poitrine pour nourrir ses petits menacés de mourir de faim, se dit aussi « Pélican avec sa Pitié »

phénix : oiseau mythique, généralement représenté sur un bûcher

FLEUR : Tiercefeuille, Quartefeuille, Quintefeuille, fleuron héraldique à 4 ou 5 pétales ou feuilles pointues.

Fleuron : fleur de lis ou autre très stylisé servant à suspendre la croix ou en cul-de-lampe.

foi : poignée de main (deux Dextrochères se serrant la main)

franc armé : ce dit d’un cavalier bardé de fer de pied en cap, l’épée au point, le tout d’une seule couleur , sauf pour le bouclier qui parfois sert a porter l’écu d’une famille.

Griffon : Tête, poitrine, ailes et pattes d’un Aigle de profil ; corps et queue de Lion rampant a la queue léopardée.

HippocrÈme :

Hippogriffe :

HYDRE : serpent d’eau écaillé avec des pattes palmées et armées, se terminant en 7 têtes de serpent menaçantes.

LéopardÉ :

Licorne : cheval armé au milieu du front d’une corne droite.

Lion Armé :

Lion couronnÉ :

LionnÉ :

Lion Passant :

LUNE : croissant de profil

Main : se dit appaumée si elle montre sa face interne.

MONDE : dit aussi Globe Impérial ou Globe Crucigère (attributs du monde : cerclé en face, bande horizontale, cintré en demi-pal : sur l’hémisphère supérieur ; croiseté : surmonté d’une petite croix)

PASSANT : sur un blason et en héraldique, se dit d’un homme ou d’un animal placé sur ses pieds, dans l’attitude de la marche. Le léopard est passant, le lion rampant. Plusieurs animaux passants placés les un au-dessus des autres avec la tête dans le même sens de l’écu se disent :  passants l’un sur l’autre ; s’ils ont la tête dans des directions différentes ils sont dits : contre passants. 

PhylactÈres : banderole sur laquelle sont inscrites les paroles prononcées par les personnages d’un tableau ou d’un vitrail, par extension banderole sur laquelle est inscrite la devise ou une explication ayant trait au tableau.

Rameau : subdivision d’une des branches d’une famille. Petite branche d’un arbre symbolique : rameau d’olivier, rameau de laurier, rameau de chêne, etc.

RAMÉ (ée) : sur un blason et en héraldique, se dit des bois d’un cerf ou d’un daim d’un émail différent de celui du corps.

ROSE : églantine de face et sans tige, avec 5 pétales entre lesquelles apparaissent 5 feuilles. Le centre est parfois formé par 5 autres pétales. On dit que la rose est tigée et feuillée si elle porte lesdits attributs.

SOLEIL : disque d’or entouré de 16 rais alternativement droits ou flamboyants.

TREFLÉE : fleur héraldique à 3 ou 4 pétales lobées.

Trinacrie : Symbolise les trois caps de la Sicile, emblème en forme de trois jambes droites saisies en pleine course et reliées au niveau de la cuisse.

Les Chiffres et les Symboles 

  Les Anneaux

Les anneaux qui servent à la suspension des décorations sont, on peut facilement l’imaginer, tous différents en fonction de leur taille bien sûr mais aussi de la façon dont il sont fabriqués et de la manière par laquelle ils sont raccordés aux objets qu’ils doivent suspendre.

On détermine d’abord la façon dont ils sont raccordés aux bijoux : mobiles, fixes, soudés, ronds, ovales, à ressorts

Les Couronnes : 

Chaque couronne à un symbole particulier et désigne un personnage bien défini, il n’est pas de notre propos d’enseigner l’héraldique et nous nous contenterons d’aborder ici celles des couronnes qui nous incombent.

Impériales :

Les couronnes impériales se caractérisent par

Royales :

Les couronnes royales se caractérisent par

Princières :

Les couronnes princières se caractérisent par

La Tiare :

  Les Épées

Épées Croisées :

Il s’agit d’épées ajoutées à une décorations pour des raisons distinctes. Quand l’Ordre a deux divisions, une militaire et une civile, la division militaire porte les épées croisées ; elles peuvent passer par le centre de la croix ou être interposées entre l’ordre et le symbole qui la surmonte (couronnes diverses), au-dessus de ce symbole ou sur le ruban

En Pal :

Épée nue pointe en l’air

Brandie :

Dextrochère et Sénestrochère :

Bras droit ou gauche seul avec sa main, peut être armé d’une épée ou d’autre symboles.

  Palmes

Le plus souvent employées sous forme de couronnes : de laurier, de chêne, d’olivier, etc. Dans certains Ordres on les a panachées, chêne et olivier, laurier et chêne, laurier et olivier. Parfois une seule palme d’une seule sorte dans le centre ou une couronne supportant l’Ordre ou l’anglant ; toutes les compositions sont acceptables, les palmes peuvent être en or, en argent, émaillées, de vert ou plus rarement d’une autre couleur, avec ou sans fruits.

Chêne :

Dans la forme héraldique issue du Moyen Age et considérée comme conventionnelle, les feuilles de chêne représentent °°° mais, faute de connaissances ou pour d’autres raisons, ceux qui créèrent de nouvelles armoiries ou des décorations au XIXème siècle et à fortiori le XXème ne les ont pas forcément prises dans ce sens.

Lauriers :

Conventionnellement et déjà bien avant le Moyen-Age, au temps des empereurs romains, les lauriers étaient réservés au triomphe et par extension à la victoire.

Olivier :

De même les palmes d’oliviers étaient elles

  Rayons

La diversité de représentation des rayons peut se répertorier comme suit :

-Lisses, lisse entouré de godrons, lisse avec filets.

- Diamantés,

- rayons solaires, rayonnants, ondulés,  serpentants.

Centres

Le centre des bijoux des ordres

Rubans

Tous les Ordres sont associés à un ruban de couleur.

Il arrive – mais cela n’est pas fréquent – que l’insigne de l’ordre ne soit pas suspendu à ce ruban et soit porté sans ruban. Le ruban alors représente la décoration sur le vêtement porté par le récipiendaire.

La plupart des rubans sont en moire de soie à une ou plusieurs couleurs.

La largeur du ruban, des bandes de couleurs et le nombre qui le composent sont strictement définis dans les statuts de chaque ordre. Si on constate des différences sur les largeurs, il peut s’agir d’une fabrication artisanale en temps de guerre par un gouvernement en exil. Dans ce cas, ses modifications sont connues et répertoriées. Dans d’autres situations, elles peuvent être l’objet d’une indélicatesse. Dans les deux cas, l’amateur sera bien inspiré d’en parler à un expert.

Les rubans, auxquels sont suspendus les ordres, peuvent se présenter sous différentes formes suivant leurs origines territoriales. Les pays germaniques et les pays de l’Est utilisent souvent un pliage en forme de pyramide renversée. Les Allemands d’avant 1914 portaient très souvent leur décoration en brochettes dont les rubans étaient

Pour les Officiers d’un Ordre, en général, le ruban est orné d’une rosette de forme ronde faite dans un morceau du ruban de l’ordre et cousu sur le ruban. La largeur de la rosette est très souvent définie dans les statuts ou dans les ordonnances relatives à leur fabrication.

  Bibliographie générale

23 mai 1999  jeudi 8 mai 2003 19 octobre 2006 

***

Aigles Foudroyés (Les) : – Frédéric Mitterrand, Paris 1996.

Almanach Français ( Royaux, Impériaux et Nationaux ) – périodes de 1732 à 1920.

Almanach Royal de Belgique : – période de 1840 à 1930.

Almanach Royal d’Espagne : – période de 1777 à 1916

Almanach Royal de Pays-Bas : – période de

Almanach Royal  d’Italie : – période de 1870 à 1920.

Almanach whitaker : de grande bretagne : période 1997

Annuaires de la Légion d’Honneur : 1927.

Annuaires de la Noblesse de France : – Borel d’Hauterive, Paris années 1843-1896.

Annuaires du Conseil Héraldique de France : Paris 1894.

Annuaires Burke’s Peerage and Baronetage : Londres 1830. 

Bibliographie Numismatique, Ordres et Décorations : Tomes. I et II, : – Ivo Suetens, Bruxelles, 1977.

Catalogue of British Orders Decorations & Medals : – A. Litherland, B.T. Simpkin, Londres 1990.

Catalogues des ventes publiques, salle Drouot à Paris :

Expert : Christian Blondieau.

Expert : Luc Farhi.

Expert : Daniel Renaud.

Expert : J.P. Stella.

Catalogues des ventes publiques, salle Bordeaux rive droite :

Expert : François Chivaille.

Catherine la Grande : – Henri Troyat ( de l’Académie Française.) – Paris 1977.

Condecoraciones Militares Espanolas : – L. Gravalos Gonzalez, J.L.Calvo Perez, Madrid, 1988. 

Consulat et Empire, (Le) : A. Thiers, Paris 1849.

Couronnes du Monde : – A. Chaffanjon, Paris 1980.

Cruces & Medallas 1807/1987 : – J.L. Calvo Pascual, Pontevedra, 1987. 

Décorations et Ordres Polonais : – W. Bigoszewska, Varsovie, 1989.

Description des Ordres de Chevalerie – . « En usage chez toutes les Maisons Souveraines et autres Gouvernements » : – C. H. de Gelbke Berlin 1832.

Deutsche Orden und Ehrenzeichen : – Geeb, Kirchner, Thiemann, Berlin, 1985. 

Dictionnaire Napoléon : sous la direction de Jean Tulard, Fayard, 1999.

Dictionnaire Historique « le mélange curieux de l’histoire sacré et profane », de Mre. Louis Moréri. Paris 1732.

Dictionnaire d’Histoire et de Géographie : M.N.Brouillet, Paris 1861.

Dictionnaire d’Histoire Universelle : – Michel Moure, Paris 1968.

Dictionnaire Universel des Contemporains : – G. Vaperau, Paris 1870

Die Bayerischen Orden und Ehrenzeichen : – Georg Schreiber, München 1964. 

Distingtions Honorifiques de la Belgique : – A. C. Borné, Bruxelles, 1985.

Europe des Rois (L’) : – Stéphane Bern, Paris 1988.

Fra Korsridder til Ridderfors : – Nils G. Bartholdy, Copenhague 1993. 

Gauthier de Sibert : – Imprimerie royale 1772

Guide des Ordres, Décorations et Médailles Militaires Françaises. et Étrangères. : – A. Souyris-Rolland, (2 volumes) Paris, 1979.

Guide des Ordres Civils, Médailles d’Honneur et de Sociétés : – A. Souyris-Rolland, Paris, 1979.

Handbuch der Ritter und Verdienstorden, aller Kulturstaaten der Welt : – M. Gritzner Leipzig 1893. 

Histoire d’Allemagne : Pierre Gaxotte – Paris 1975

Histoire d’Allemagne : André Maurois (de l’Académie française) – Paris 1965.

Histoire d’Angleterre : André Maurois (de l’Académie Française)  - Paris 1963.

Histoire de l’Europe : – J. et H. Pirenne, – Bruxelles 1962.

Histoire d’Espagne : – Jean Descola – Paris 1979.

Histoire de l’Espagne : Fernando Diaz Plaja 1976.

Histoire de l’Empire des habsbourg : – Jean Bérenger – Paris 1993.

Histoire de France : – A Lavisse

Histoire de France : – Jules Michelet, 1867

Histoire de France : A. Castelot et A. Decaux (de l’Académie Française) Paris 1979.

Histoire d’Italie :

Histoire des peuples d’Europe Centrale – Georges Castellan – Paris 1994.

Histoire de la Suède :- Ingvar Andersson – Traduction de Marcel Bouvier 1973.

Histoire du Portugal :

Histoire de Russie :

Histoire de la Légion d’Honneur : – Ch. Lavauzelle, Paris, 1982.

Histoire, Législation des Ordres de Chevalerie et Marques d’Honneur : – van Hollebeck, Bruges 1875.

Histoire de la Toison d’Or ; – Reissenberg, Bruxelles 1830.

Historiographe des Ordres du Roi : – Poullain de Saint-Foix, Paris 1780.

Insigne Cavalleresche e Medaglie del Regno d’Italia : – E. Armani, Rome 1915 Italian Orders of  Chivalry and Medals of Honour : – Harrold F. Gillingham, New York 1923. 

Légion d’Honneur (La) : – Jules Regnault, Paris 1932.

Légion d’Honneur et l’Ordre du Dannebrog (La) – Nils G. Bartholdy, Chancellerie des Ordres Royaux du Danemark, 1982

Couronnes de l’Exil (Les) : – Stéphane Bern, Paris 1990.

Chevaliers Teutoniques (Les) – Georges Bordenove.

Dynasties d’Europe (Les) : – J. Louda & M. Maclagan, Bordas Paris, 1993.

Génie du Christianisme (Le) : -vte. A de Chateaubriand 1814.

Mémoires d’Europe : – Archiduc Otto de Habsbourg – Paris 1993

Mérite Militaire : –

Monaco et ses Princes : – Henri Métivier, la Flèche, 1865.

Nederlandse en Buitenlandse Ridderorden en Onderscheidingen : – baron C. van Heerdt, Amsterdam 1965. Nederlandse Ridderorden en Onderscheidingen : – Dr W.F. Bax, Rotterdam 1951 

Nobiliaire de Saint-Allais : – Dumas : Paris 1843.

Nouveau Dictionnaire des Ordre de Chevalerie : – Gourdon de Genouillac, Paris 1891.

Odlikovanja Socijalisticke Jugoslavije : – Stojan Rudez, Belgrade, 1987. Onori E Glorie : tomes I, II, III, – Antonio Spada, Brescia, 1983. 

Orden Europa : – J Nimmergut, Munich, 1991. Orden und Ehrenzeichen der Österreichisch Ungarichen Monarchie : – V. Mericka, München, 1974. 

Ordenes y Condeçoraciones de españa 1800-1975: José Manuel Pérez Guerra. Hermanos Guerra, Zaragoza 2000. Orden und Auszeichnungen : – Vaclav Méricka. Prague 1966. 

Orders, Decorations of all Nations : – R. Werlich, Washington, 1974. Orders, Medals and Decorations of Britain and Europe : – P. Hieronymussen, Londres, 1975. 

Orders of Knighthood, Awards and the Holy See : – H. E. Cardinale, Worcester, 1985. Orders Medals and Histotry of Greece (The): – Prince Dimitri Romanoff,  Copenhagen, 1987. 

Orders Medals and Histotry of the Kingdom of Bulgaria (The) : – Prince Romanoff, Copenhagen, 1982. Orders Medals and Histotry of Montenegro (The) – Prince Dimitri Romanoff, Copenhagen, 1988. 

Ordres de Chevalerie et Récompenses Nationales : Administration de la Monnaies de Paris, 1956.

Ordres et Décorations Monégasques : – J. Guiraud-Darmais, Monaco, 1985/ 1995.

Ordres et Décorations de France : – Michel Droit, (de l’Académie Française) Hachette 1981.

Ordres et Décorations : – Claude Ducourtial : édit. P.U.F. Que sais-je ?

Ordre de Malte et la France (L’)  : – Musée National de la Légion d’Honneur, Paris 1989.

Ordres Nationaux de la Finlande (Les) : – Ministère des Affaires Étrangères, Helsinki, 1975.

Ordres Nationaux Belges (Les) : – R. Cornet, Bruxelles, 1982.

Pierre Ier le Grand : – Henri Troyat ( de l’Académie Française ) – Paris 19

Templiers (Les) : – Georges Bordenove.

Templiers (Les) : – Régine Pernoux.

Pour le Mérite und Tapferkeitsmedailla : – K. G. Klietmann,Berlin, 1966. 

Quand flamboyait la Toison d’or: Jean Philippe Lecat, fayard 1997

Recueil Général des Anciennes Lois Françaises : – Jourdan, Decrusy, Isambert, Plon à Paris 1819.

Ribbons and Medals : – H.t. Dorling, Londres, 1983. Russian and Soviet Military Awards : – V. A. Durov, Musée Historique Lénine, Moscou 1990. 

Toison d’O un mythe européen (la) : sous la présidence de Jean Richard, membre de l’Institut, Somogy éditions, Paris 1998.

Whitaker’s Almanack : – Whitaker and Son publisher. London 1868-1997    [1] Maigne (1833)

[2] Phaléristique : du mot Phalère, plaque de métal que recevaient les légionnaires romains pour leurs actions méritoires et qu’ils portaient sur leur cuirasse ou sur le harnachement de leur cheval. Les Sénateurs qui avaient reçu de telles marques pouvaient les porter sur leur toge, suspendues par une chaîne ou un collier ou par un ruban en écharpe. Phaléristique : étude des médailles portables. 

[3] La ville de Jérusalem sera prise par les Turcs en 1076. 

[4] Le nom de croisé venant du fait qu’ils portent sur leur vêtement une croix de tissu cousue. 

[5] La croisade de Pierre l’Ermite et Gauthier sans Avoir se terminera après des souffrances, des privations et des maladies effroyables, par le massacre complet des pèlerins par les Turcs à   en 1096. 

[6] Elle porte ce nom en raison du fait que les deux plus éminents croisés, l’empereur germanique, Henri IV et le roi de France Philippe Ier, excommuniés, n’y participeront pas. Mais elle sera conduite par leurs grands barons : Robert de Normandie (français du Nord), Godefroy de Bouillon, Baudouin de Flandre, Robert de Flandre (Lorraine et Flandre) Bohémond de Tarente et son neveu Tancrède (Normands d’Italie), le comte de Vernandois, le duc de Normandie, le comte de Toulouse.

Pour tout Contact /  Jean Y COLLIN  guideencyclopedique@neuf.fr 

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 17 juin, 2007 |4 Commentaires »

Seigneuries de France et du territoire de France

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Voici une liste de seigneuries françaises. Les dates sont celles auxquelles j’ai eu confirmation de leur existence.

Baronnies

Beynac (Périgord) : 15ème; devient Marquisat de Beynac sous Louis 13
Biron (Périgord) : 15ème
Bourdeilles (Périgord) : 15ème
Cléry : 15ème. Seigneurie jusqu’en 1477.
Coarraze : 14ème, vassal du Comté de Foix
Ivry : 15ème siècle
Mareuil (Périgord) : 15ème
Joinville : 15ème
Polignac : 14ème
Semblançay : 16ème
Traynel : 15ème siècle

Comtés

Comté Aerschot (?) : 14ème siècle
Albon : 12-13-14ème
Alençon : 13-14-15ème siècle, devient Duché le 1er Janvier 1415
Amiens : 12-13ème siècle
Angers : 9ème siècle
Angoulème : 10-11-12-13-15ème siècle
Anjou : 9-10-11-12-13-15ème siècle
Anjou et Maine : 13-14ème siècle
Arles : 10-11ème siècle
Armagnac : 960 à 1607
Artois : 13-14-15ème siècle. Français, dépend du Duché de Bourgogne au 15ème
Aumale (Normandie) : 13ème siècle
Autun : 9ème siècle
Auvergne : 9-11-12-13-15ème siècle. Vassal du Duché d’Aquitaine.
Auxerre : 9ème siècle
Bar : 12-13-14-15ème siècle
Bar le Duc : 13ème
Barcelone : 8-9-10-11-12-13ème siècle
Beauce (la) : depend du roi de France au 11ème siècle
Beaumont : 12-13ème siècle
Beaumont-le-Roger : 1309
Beauvais : 14-15ème siècle
Béziers : 12-13ème siècle
Bigorre : 11ème
Blois : 9-10-11-12-13ème siècle
Blois-Champagne : 11ème siècle
Blois-Vermandois : 10ème siècle
Boulogne : 11-12-13-15ème siècle. Français, dépend du Duché de Bourgogne au 15ème
Braisne : 15ème siècle
Bretagne : 11-13ème siècle
Brie : dépend du roi de France au 11ème siècle
Brienne : 12-16ème siècle
Carcassone : 819 à 1082
Castres : 15ème siècle
Chalon : 9-10ème siècle
Champagne : 10-11-12-13ème siècle
Charny : 15ème
Charolais : 15ème, Français, dépend du Duché de Bourgogne au 15ème
Chartres : 10-12-13ème siècle
Châteaudun : 9ème siècle
Chiny : 13ème. Vassal du Comté de Bar.
Clermont : 12-13-14-15ème siècle
Comminges : 12-13ème siècle
Crépy : 10ème siècle
Dammartin/Dommartin : 12-15ème siècle
Dreux : 12-13-14-15ème siècle
Dunois : 15ème siècle
Eguisheim : 10-11ème siècle
Embrun/Embrunois : 12-13-14ème siècle
Etampes : 15ème siècle. Dépend du Duché de Bretagne au 15ème siècle.
Eu : 13-15ème siècle
Evreux : 12-13ème siècle
Fezensac : 12ème siècle, disparaît en 1140
Flandre : 9-10-11-12-13-14-15ème siècle. Français, dépend du Duché de Bourgogne au 15ème. Fondé au 9ème, en 1191 il fusionne avec le Comté du Hainaut, en 1280 il y a séparation.
Foix : 11-12-13-14-15ème siècle
Foix et de Couserans : 11ème siècle
Forcalquier : 12-13-14ème siècle
Forez : 13ème siècle
Franche-Comté : 14ème siècle
Gapençais/Gapençois : 12-13-14ème
Gien : 15ème siècle
Guines : 12-14-15ème
Harcourt : créer en 1338
Laon : 5ème siècle
Léon (Bretagne) : 9ème siècle
Ligny : 15ème siècle
Looz et Chiny : C’est le Comté de Chiny.
Lorraine : 15ème siècle
Luxembourg : 13ème
Lyonnais : 13ème siècle
Macon : 10ème siècle
Mailly le Chatel : 15ème siècle
Maine : 9-10-11-12-13-15ème siècle
Mans : 11ème siècle
Marche (la) : 11-12-13-14-15ème siècle
Marle : 15ème siècle
Maurienne : 11ème
Metz : 13ème siècle
Meulan : 15ème siècle
Montbazon : élevé en Comté en 1547, devient duché en 1588
Montfort : 14-15ème siècle. Dépend du Duché de Bretagne au 15ème siècle.
Montgoméry : 16ème
Montmorency : 13ème siècle
Montpellier : 12-13ème siècle
Montpensier : 15ème siècle
Mortain (Normandie) : 13-15ème siècle
Nantes : 9-15ème siècle
Narbonne : 10ème siècle
Nevers : 11-12-13-14-15ème siècle. Français, dépend du Duché de Bourgogne au 15ème
Nivernais : 9ème siècle
Omois : 10ème
Orange : 11-12ème siècle
Orléans : 9-10-15ème siècle
Pardiac : 15ème siècle
Paris : 8-9-10-11ème siècle
Perche : 13ème siècle
Périgord : 10-11-12-13-15ème siècle
Poitiers : 11-12-13-14-15ème siècle
Poitou : 9-10-11-12-13ème siècle
Ponthieu : 11-12-13-15ème siècle, Français, dépend du Duché de Bourgogne au 15ème
Penthièvre/Ponthièvre : 13-14-15ème siècle
Porcien : 15ème, Français, dépend du Duché de Bourgogne au 15ème
Provence : 10-11-12-13-14-15ème siècle
Rennes (Bretagne) : 9-10ème siècle
Rethel : 14-15ème siècle. Français, dépend du Duché de Bourgogne au 15ème
Richemont : 14-15ème siècle. Dépend du Duché de Bretagne au 15ème siècle.
Rodez : 10-13-14ème siècle
Rohan (Bretagne) : 14ème
Roucy : 12-15ème siècle
Rouergue : 10ème
Roussillon : 13ème siècle
Saint-Pol : 13-15ème siècle
Salm : 15ème siècle
Sancerre : 12-13ème siècle
Savoie : 10-11-12-13-14-15ème siècle, fin en 1416
Senlis : 10ème siècle
Sens : 10-11ème siècle
Soissons : 11-15ème siècle
Tancarville : 14-15ème siècle
Tonnerre : 15ème siècle
Toulouse : 8-9-11-12-13-15ème siècle
Tours : 6ème siècle
Touraine : 9-12-13ème siècle
Troyes : 11ème siècle
Troyes et Meaux : 10ème siècle. Devient le Comté de Champagne au 11ème.
Urgel : 12ème siècle
Uzès : 14ème siècle
Valois : 11ème siècle (dépend du roi de France au 11ème siècle)
Varennes (Normandie) : 13ème siècle
Vaudémont : 15ème siècle
Vendôme : 13-14-15ème siècle
Ventadour : 15ème siècle
Vermandois : 9-10-11-12-13ème siècle
Vertus : 15ème siècle. Dépend du Duché de Bretagne au 15ème siècle.

Duchés

Alençon : à partir de 1415, 15-16ème siècle
Anjou : 14-15ème siècle
Aquitaine : 8-9-10-11-12-13-15ème siècle, renait en 909
Auvergne : 14ème siècle
Bar : 14-15ème siècle
Basse Lorraine : 10-11ème siècle
Basse Normandie : 11ème siècle
Berry : 14-15-16ème siècle
Bourbon : 13-14-15ème siècle, disparaît au 16ème
Bourgogne : 15ème, Devient Français au 15ème. Fait parti du Saint Empire Romain Germanique avant cela.
Brabant (Belgique) : 12-13-15ème siècle
Bretagne : Devient français au 15ème siècle
Champsaur : 13-14ème siècle
Etampes : 16ème
Francie : 8ème siècle
Francs (des) : 10ème siècle
Frioul : 8ème siècle
Gascogne : créé en 977, 11-12-13ème siècle. Existe au 7-8ème sous Charlemagne, mais disparaît quand Charlemagne le « conquiert ».
Guyenne = Duché d’Aquitaine : 13-15ème siècle
Limoges : 12-13
Mayenne : 16ème
Mercoeur : 16ème
Montbazon : Comté devient Duché en 1588
Nemours : 15-16ème siècle
Narbonne : 12-13ème siècle
Normandie : 10-11-12-13-15ème siècle
Orléans : 14-15ème siècle
Sancerre : 13ème siècle
Savoie : à partir de 1416, 15-16ème siècle
Villars : 16ème

Marquisats

Angers : 9ème siècle
Catalogne : 10ème siècle
Cézanne : 13-14ème siècle
Gotie/Gothie : 8-10ème siècle
Montferrat : 12ème siècle
Neustrie : 9ème siècle
Provence : 11-12-13ème siècle
Pont : 15ème siècle
Pont à Mousson : 15ème siècle
Septimanie : 9ème siècle

Principautés

Seigneuries

Albret : 14-15ème siècle
Arlay : 14-15ème siècle
Bar : 14-15ème siècle
Baufremont : 15ème siècle
Béthune : 13ème siècle, dépend du Comté de Flandres
Châlus : 12-13ème. Vassale du Duché de Limoges
Chaumont : 15ème siècle
Cléry : 15ème, devient Baronnie de Cléry en 1477
Confolens et de Chabannes : 12ème siècle
Craon : 11-12ème siècle
Dampierre : 15ème siècle
Estouteville : 15ème siècle
Heilly : 15ème siècle
Joinville : 15ème siècle
Mirepoix : 13ème siècle
Mouchy : 15ème siècle
Mouy : 15ème siècle
Nesles : 15ème siècle
Saveuse : 15ème siècle
Torcy : 15ème siècle

Vicomtés

Albi : 11-12-13ème siècle
Anjou : 10ème siècle
Auge : 14ème siècle
Béarn : 12-14ème siècle
Beaumont : 11ème
Bessin : 11ème siècle
Béziers : 10-12-13ème siècle
Bourges : 11-12-13ème siècle
Carcassone : 1082 à 1247. Appartient à la famille Trencavel.
Carlat : 15ème siècle
Castelbo : 14ème
Chateaudun : 12ème
Dijon : 12ème siècle
Domfront : 14ème siècle. 40 paroisses au 14ème siècle.
Gâtinais : 11ème siècle
Limoges : 10-11-12-15ème siècle
Limousin : 13ème siècle
Lomagne : 15ème siècle. Vassal du Comté d’Armagnac en 1325.
Marseille : 11ème siècle
Melun : 13ème siècle
Minerve : 13ème siècle
Murat : 14-15ème siècle
Narbonne : 14-15ème siècle
Nimes : 11ème
Orléans : 6ème siècle
Provins : 12ème siècle
Razes : 12-13ème siècle
Rohan : 15ème siècle
Tartas : 13-14-15ème siècle
Thouars : 11ème siècle
Trencavel : 13ème siècle
Turenne : 15ème
Ventadour : 15ème

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 11 mai, 2007 |1 Commentaire »

Sur l’estime et le respect

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Sur l’estime et le respect

Ce que j’ai dit jusqu’ici des différents jugements des hommes, m’engage à tâcher d’en pénétrer les principes. Toutes les facultés de notre âme se réduisent à sentir et à connaître ; nous n’avons que des idées ou des affections, car la haine même n’est qu’une révolte contre ce qui s’oppose à nos affections.

Dans les choses purement intellectuelles nous ne ferions jamais de faux jugements, si nous avions présentes toutes les idées qui regardent le sujet dont nous voulons juger. L’esprit n’est jamais faux, que parce qu’il n’est pas assez étendu, au moins sur le sujet dont il s’agit, quelque étendue qu’il pût avoir d’ailleurs sur d’autres matières ; mais dans celles où nous avons intérêt, les idées ne suffisent pas à la justesse de nos jugements. La justesse de l’esprit dépend alors de la droiture du cœur. Si nous sommes affectés pour ou contre un objet, il est bien difficile que nous soyons en état d’en juger sainement. Notre intérêt plus ou moins développé, mieux ou moins bien entendu, mais toujours senti, fait la règle de nos jugements. Il y a des sujets sur lesquels la société a prononcé, et qu’elle n’a pas laissé à notre discussion. Nous souscrivons à ses décisions par éducation et par préjugé ; mais la société même s’est déterminée par les principes qui dirigent nos jugements particuliers, c’est-à-dire, par l’intérêt. Nous consultons tous séparément notre intérêt personnel ; la société a consulté l’intérêt commun qui rectifie l’intérêt particulier. C’est l’intérêt public qui a dicté les lois, et qui fait les vertus ; c’est l’intérêt particulier qui fait les crimes, quand il est opposé à l’intérêt commun. L’intérêt public fixant l’opinion générale, est la mesure de l’estime, du respect, du véritable prix des choses, c’est-à-dire, du prix reconnu des choses. L’intérêt particulier décide des jugements plus vifs et plus intimes, tels que l’amitié et l’amour, les deux effets les plus sensibles de l’amour de nous-mêmes. Passons à l’application de ces principes.

Qu’est-ce que l’estime, sinon un sentiment que nous inspire ce qui est utile à la société ? Mais quoique cette utilité soit nécessairement relative à tous les membres de la société, elle est trop habituelle et trop peu directe pour être vivement sentie. Ainsi notre estime n’est presque qu’un jugement que nous portons, et non pas une affection qui nous échauffe, telle que l’amitié que nous inspirent ceux qui nous sont personnellement utiles, et j’entends par utilité personnelle, non seulement des services, des bienfaits matériels, mais encore le plaisir et tout ce qui peut nous affecter agréablement, quoiqu’il puisse dans la suite nous être réellement nuisible. L’utilité ainsi entendue doit, comme on juge bien, s’appliquer même à l’amour, le plus vif de tous les sentiments, parce qu’il a pour objet ce que nous regardons comme le souverain bien dans le temps que nous en sommes affectés.

On m’objectera peut-être que si l’amour et l’estime ont la même source, et que suivant mon principe ils ne différent que par les degrés, l’amour et le mépris ne devraient jamais se réunir sur le même objet ; ce qui, dira-t-on, n’est pas sans exemples. On ne fait pas ordinairement la même objection sur l’amitié ; on suppose qu’un honnête homme qui est l’ami d’un homme méprisable, est dans l’ignorance à son égard, et non pas dans l’aveuglement ; et que s’il vient à être instruit du caractère qu’il ignorait, il en fera justice en rompant. Je n’examinerai pas ce qui concerne l’amitié qui n’est pas toujours entre ceux où l’on croit la voir. Il y a bien de prétendues amitiés, bien des actes de reconnaissance qui ne sont pas des procédés, quelquefois intéressés, et non pas des attachements. D’ailleurs si je satisfais à l’objection sur le sentiment le plus vif, on me dispensera, je crois, d’éclaircir ce qui concerne des sentiments plus faibles.

Je dis donc que l’amour et le mépris n’ont jamais eu le même objet à la fois : car je ne prends point ici pour amour ce désir ardent, mais indéterminé, auquel tout peut servir de pâture, et que rien ne fixe, et auquel sa violence même interdit le choix ; je parle de celui qui lie la volonté vers un objet à l’exclusion de tout autre. Un amant de cette espèce ne peut, dis-je, jamais mépriser l’objet de son attachement, surtout s’il s’en croit aimé : car l’amour propre offensé peut balancer, et même détruire l’amour. On voit à la vérité des hommes qui ressentent la plus forte passion pour un objet qui l’est aussi du mépris général ; mais loin de partager ce mépris, ils l’ignorent ; s’ils y ont souscrit eux-mêmes avant leur passion, ils l’oublient ensuite, se rétractent de bonne foi, et crient à l’injustice. S’il leur arrive dans ces orages si communs aux amans de se faire des reproches outrageants, ce sont des accès de fureur si peu réfléchis, qu’ils arrivent aux amans qui ont le plus de droit de se respecter.

L’aveuglement peut n’être pas continuel, et avoir des intervalles où un homme rougit de son attachement ; mais cette lueur de raison n’est qu’un instant de sommeil de l’amour qui se réveille bientôt pour la désavouer. Si l’on reconnaît des défauts dans l’objet aimé, ce sont de ceux qui gênent, qui tourmentent l’amour, et qui ne l’humilient pas. Peut-être ira-t-on jusqu’à convenir de sa faiblesse, et sera-t-on forcé d’avouer l’erreur de son choix ; mais c’est par impuissance de réfuter ce qu’on objecte, pour se soustraire à la persécution, et assurer sa tranquillité contre des remontrances fatigantes qu’on n’est plus obligé d’entendre quand on est convenu de tout. Un amant est bien loin de sentir ou même de penser ce qu’on le force de prononcer, surtout s’il est d’un caractère doux. Mais pour peu qu’il ait de fermeté, il résistera avec courage. Ce qu’on lui présentera comme des taches humiliantes dans l’objet de sa passion, il n’en fera que des malheurs qui le lui rendront plus cher : la compassion viendra encore redoubler, anoblir l’amour, en faire une vertu, et quelquefois ce sera avec raison, sans qu’on puisse la faire adopter à des censeurs incapables de sentiment, et de faire les distinctions fines et honnêtes qui séparent le vice d’avec le malheur. Que ceux qui n’ont jamais aimé se tiennent pour dit, quelque supériorité d’esprit qu’ils aient, qu’il y a une infinité d’idées, je dis d’idées justes, auxquelles ils ne peuvent atteindre, et qui ne sont réservées qu’au sentiment.

Je viens de dire que des instants de dépit ne pouvaient pas être regardés comme un état fixe de l’âme, ni prouver que le mépris s’allie avec l’amour. Il me reste à prévenir l’objection qu’on pourrait tirer des hommes qui sentent continuellement la honte de leur attachement, et qui sont humiliés de faire de vains efforts pour se dégager. Ces hommes existent assurément, et en plus grand nombre qu’on ne croit ; mais ils ne sont plus amoureux, quelqu’apparence qu’ils en aient.

Il n’y a rien que l’on confonde si fort avec l’amour, et qui y soit souvent plus opposé, que la force de l’habitude. C’est une chaîne dont il est plus difficile de se dégager que de l’amour, surtout à un certain âge : car je doute qu’on trouvât dans la jeunesse les exemples qu’on voudrait alléguer, non seulement parce que les jeunes gens n’ont pas eu le temps de contracter cette habitude, mais parce qu’ils en sont incapables.

Le jeune homme qui aime l’objet le plus authentiquement méprisable, est bien loin de s’en douter. Il n’a peut-être pas encore attaché d’idée aux termes d’estime et de mépris, il est emporté par la passion. Voilà ce qu’il sent ; je ne dirai pas, voilà ce qu’il sait : car alors il ne sait ni ne pense rien, il jouit. Cet objet cesse-t-il de lui plaire, parce qu’un autre lui plaît davantage, il pensera ou répètera tout ce qu’on voudra du premier.

Mais dans un âge mûr il n’en est pas ainsi, l’habitude est contractée ; on cesse d’aimer et l’on reste attaché. On méprise l’objet de son attachement, parce qu’on le voit tel qu’il est, et on le voit tel qu’il est, parce qu’on n’est plus amoureux. Puisque notre intérêt est la mesure de notre estime, quand il nous porte jusqu’à l’affection, il est bien difficile que nous y puissions joindre le mépris. L’amour ne dépend pas de l’estime ; mais dans bien des occasions l’estime dépend de l’amour.

J’avoue que nous nous servons très utilement de personnes méprisables que nous reconnaissons pour telles ; mais nous les regardons comme des instruments vils qui nous sont chers, et que nous n’aimons point, ce sont même ceux dont les personnes honnêtes paient le plus scrupuleusement les services, parce que la reconnaissance serait un poids trop humiliant.

C’est avec bien de la répugnance que j’oserai dire que les gens naturellement sensibles ne sont pas ordinairement les meilleurs juges de ce qui est estimable, c’est-à-dire, de ce qui l’est pour la société. Les parents tendres jusqu’à la faiblesse sont les moins propres à rendre leurs enfants bons citoyens.

Cependant nous sommes portés à aimer de préférence les personnes reconnues pour sensibles, parce que nous nous flattons de devenir l’objet de leur affection, et que nous nous préférons à la société. Il y a une espèce de sensibilité vague qui n’est qu’une faiblesse d’organes plus digne de compassion que de reconnaissance. La vraie sensibilité serait celle qui naîtrait de nos jugements, et qui ne les formerait pas.

J’ai remarqué que ceux qui aiment le bien public, qui affectionnent la cause commune, et s’en occupent sans ambition, ont beaucoup de liaisons et peu d’amis. Un homme qui est bon citoyen activement, n’est pas ordinairement fait pour l’amitié ni pour l’amour. Ce n’est pas uniquement parce que son esprit est trop occupé d’ailleurs ; c’est que nous n’avons qu’une portion déterminée de sensibilité qui ne se répartit point, sans que les portions diminuent. Le feu de notre âme est en cela bien différent de la flamme matérielle, dont l’augmentation et la propagation dépend de la quantité de sa nourriture.

Nous voyons chez les peuples où le patriotisme a régné avec le plus d’éclat, les pères immoler leurs fils à l’état ; nous admirons leur courage, ou sommes révoltés de leur barbarie, parce que nous jugeons d’après nos mœurs. Si nous étions élevés dans les mêmes principes, nous verrions qu’ils faisaient à peine des sacrifices, puisque la patrie concentrait toutes leurs affections, et qu’il n’y a point d’objet vers lequel le préjugé de l’éducation ne puisse les porter. Pour ces républicains l’amitié n’était qu’une émulation de vertu, le mariage une loi de société, l’amour un plaisir passager, la patrie seule une passion. Pour ces hommes l’amitié se confondait avec l’estime : pour nous l’une est, comme je l’ai dit, un simple jugement de l’esprit, et l’autre un sentiment. On ne craint point de dire d’un homme qu’on l’estime et qu’on ne l’aime point ; c’est faire à la fois un acte de justice, d’intérêt personnel et de franchise : car c’est comme si l’on disait que ce même homme est  un bon citoyen, mais qu’on a sujet de s’en plaindre, et qu’on se préfère à la société. Aveu qui prouve aujourd’hui une espèce de courage philosophique, et qui autrefois aurait été honteux.

L’altération qui est arrivée dans les mœurs, a fait encore que le respect, qui chez les peuples dont j’ai parlé était la perfection de l’estime, en souffre l’exclusion parmi nous, et peut s’allier avec le mépris. Le respect n’est autre chose que l’aveu de la supériorité de quelqu’un. Si la supériorité du rang suivait toujours celle du mérite, ou qu’on n’eût pas prescrit des marques extérieures de respect, son objet serait personnel comme celui de l’estime, et il a dû l’être originairement, de quelque nature qu’ait été le mérite de mode ; mais comme quelques hommes n’eurent pour mérite que le crédit de se maintenir dans des places que leurs aïeux avaient honorées, il ne fut plus dès lors possible de confondre la personne dans le respect que les places exigeaient. Cette distinction se trouve aujourd’hui si vulgairement établie, qu’on voit des hommes réclamer quelquefois pour leur rang, ce qu’ils n’oseraient prétendre pour eux-mêmes. Vous devez, dit-on, humblement du respect à ma place, à mon rang ; on se rend assez de justice pour n’oser dire, à ma personne. Si la modestie fait tenir le même langage, elle ne l’a pas inventé, et elle n’aurait jamais dû adopter celui de l’avilissement.

La même réflexion fit comprendre que le respect qui pouvait se refuser à la personne, malgré l’élévation du rang, devait s’accorder malgré l’abaissement de l’état à la supériorité du mérite ; car le respect en changeant d’objet dans l’application, n’a point changé de nature, et n’est dû qu’à la supériorité. Ainsi il y a depuis longtemps deux sortes de respects, celui qu’on doit au mérite, et celui qu’on rend aux places à la naissance. Cette dernière espèce de respect n’est plus qu’une formule de paroles ou de gestes, à laquelle les gens raisonnables se soumettent, et dont on ne cherche à s’affranchir que par sottise, et par un orgueil puéril.

Le vrai respect n’ayant pour objet que la vertu, il s’ensuit que ce n’est pas le tribut qu’on doit à l’esprit ou aux talents ; on les loue, on les estime, c’est-à-dire qu’on les prise, on va jusqu’à l’admiration ; mais on ne leur doit point de respect, puisqu’ils pourraient ne pas sauver toujours du mépris. On ne mépriserait pas précisément ce qu’on admire, mais on pourrait mépriser à certains égards ceux qu’on admire à d’autres. Cependant ce discernement est rare ; tout ce qui saisit l’imagination des hommes ne leur permet pas une justice si exacte.

En général, le mépris s’attache aux vices bas et la haine aux crimes hardis, qui malheureusement sont au dessus du mépris, et font quelquefois confondre l’horreur avec une sorte d’admiration. Je ne dis rien en particulier de la colère, qui n’a guère lieu que dans ce qui nous devient personnel. La colère est une haine ouverte et passagère, la haine une colère retenue et suivie. En considérant les différentes gradations, il me semble que tout concourt à établir les principes que je propose, et pour les résumer en peu de mots.

Nous estimons ce qui est utile à la société, nous méprisons ce qui lui est nuisible. Nous aimons ce qui nous est personnellement utile, nous haïssons ce qui nous est contraire, nous respectons ce qui nous est supérieur, nous admirons ce qui est extraordinaire.

Il ne s’agit plus que d’éclaircir une équivoque très commune sur le mot de mépris, qu’on emploie souvent dans une acception bien différente de l’idée ou du sentiment qu’on éprouve. On croit souvent, ou l’on veut faire croire qu’on méprise certaines personnes, parce qu’on s’attache à les dépriser. Je remarque au contraire qu’on ne déprise avec affectation, que par le chagrin de ne pouvoir mépriser, et qu’on estime forcément ceux contre qui on déclame. Le mépris qui s’annonce avec hauteur, n’est ni indifférence, ni dédain ; c’est le langage de la jalousie, de la haine et de l’estime voilées par l’orgueil ; car la haine prouve souvent plus de motifs d’estime, que l’aveu même de l’estime sincère

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 17 avril, 2007 |Pas de commentaires »

Sur la réputation et la renommée

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Sur la réputation et la renommée

Les hommes sont destinés à vivre en société, et de plus, ils y sont obligés par le besoin qu’ils ont les uns des autres : ils sont tous à cet égard dans une dépendance mutuelle. Ce ne sont pas uniquement les besoins matériels qui les lient ; ils ont une existence morale qui dépend de leur opinion réciproque.

Il y a peu d’hommes assez sûrs et assez satisfaits de l’opinion qu’ils ont d’eux-mêmes, pour être indifférents sur celle des autres ; et il y en a qui en sont plus tourmentés que des besoins de la vie.

Le désir d’occuper une place dans l’opinion des hommes, a donné naissance à la réputation et à la renommée, deux ressorts puissants de la société qui partent du même principe, mais dont les moyens et les effets ne sont pas totalement les mêmes.

Plusieurs moyens servent également à la réputation et à la renommée, et ne différent que par les degrés ; d’autres sont exclusivement propres à l’une ou à l’autre. Une réputation honnête est à la portée du commun des hommes : on l’obtient par les vertus sociales, et la pratique constante de ses devoirs. Cette espèce de réputation n’est à la vérité ni étendue, ni brillante ; mais elle est souvent la plus utile.

L’esprit, les talents, le génie procurent la célébrité, et c’est le premier pas vers la renommée ; mais les avantages en sont peut-être moins réels. Ce qui nous est vraiment utile nous coûte peu ; les choses rares et brillantes sont celles qui exigent le plus de travaux, et dont la jouissance n’est qu’idéale. Deux sortes d’hommes sont faits pour la renommée. Les premiers qui se rendent illustres par eux-mêmes, y ont droit : les autres, qui sont les princes, y sont assujettis : ils ne peuvent échapper à la renommée. On remarque également dans la multitude celui qui est plus grand que les autres, et celui qui est placé sur un lieu plus élevé : on distingue en même temps, si la supériorité de l’un et de l’autre vient de la personne, ou du lieu où elle est placée. Tels sont le rapport et la différence qui se trouvent entre les grands hommes, et les princes qui ne sont que princes. Mais laissant à part la foule des princes, sans les préférer ni les exclure à ce titre seul, ne considérons la renommée que par rapport aux hommes à qui elle est personnelle. Les qualités qui sont uniquement propres à la renommée, s’annoncent avec éclat. Telles sont les qualités des hommes d’état, destinés à faire la gloire, le bonheur ou le malheur des peuples. Quelques-uns des talents qui font la renommée seraient inutiles, et quelquefois dangereux dans la vie privée. Il y a eu de grands hommes qui, s’ils ne l’eussent pas été, faute de quelques circonstances, n’auraient jamais pu être autre chose, et auraient paru incapables de tout.

La réputation et la renommée peuvent être fort différentes, et subsister ensemble. Un homme d’état ne doit rien négliger pour avoir une réputation honnête ; mais il ne doit compter que sur la renommée, qui peut seule le justifier contre ceux qui attaquent sa réputation. Il est comptable au monde, et non pas à des particuliers intéressés, aveugles ou téméraires.

Ce n’est pas qu’on ne puisse mériter à la fois une grande renommée et une mauvaise réputation ; mais la renommée portant principalement sur des faits, est ordinairement mieux fondée que la réputation, dont les principes peuvent être équivoques. La renommée est assez constante et uniforme ; la réputation ne l’est presque jamais. Ce qui peut consoler les grands hommes sur les injustices qu’on fait à leur réputation, ne doit pas la leur faire sacrifier légèrement à la renommée, parce qu’elles se prêtent réciproquement beaucoup d’éclat.

Quand on fait le sacrifice de la réputation par une circonstance forcée de son état, c’est un malheur qui doit se faire sentir, et qui exige tout le courage que peut inspirer l’amour du bien public. Ce serait aimer bien généreusement l’humanité, que de la servir au mépris de la réputation ; ou ce serait trop mépriser les hommes, que de ne tenir aucun compte de leurs jugements ; et dans ce cas-là les servirait-on ? Quand le sacrifice de la réputation à la renommée n’est pas forcé par le devoir, c’est une étrange folie, parce qu’on jouit réellement plus de sa réputation que de sa renommée.

On ne jouit en effet de l’amitié, de l’estime, du respect et de la considération que de la part de ceux dont on est entouré. Il est donc plus avantageux que la réputation soit honnête, que si elle n’était qu’étendue. Qu’un homme illustre se trouve au milieu de ceux qui, sans le connaître personnellement, célèbrent son nom en sa présence, il jouira sans doute avec plaisir de sa célébrité ; et s’il n’est pas tenté de se découvrir, c’est parce qu’il en a le pouvoir, et par un jeu libre de l’amour propre. Mais s’il lui était absolument impossible de se faire connaître, son plaisir n’étant plus libre, peut-être sa situation serait-elle pénible ; ce serait presque entendre parler d’un autre que soi. On peut faire la même réflexion sur la situation contraire d’un homme dont le nom serait dans le mépris, et qui en serait témoin ignoré : il ne se ferait pas connaître, et jouirait au milieu de son tourment d’une sorte de consolation qui serait dans le rapport opposé à la peine du premier que nous avons supposé contraint au silence. Si l’on réduisait la célébrité à sa valeur réelle, on lui ferait perdre bien des sectateurs.

La réputation la plus étendue est toujours très bornée ; la renommée même n’est jamais universelle. À prendre les hommes numériquement, combien y en a-t-il à qui le nom d’Alexandre n’est jamais parvenu ? Ce nombre surpasse ceux qui savent qu’il a été le conquérant de l’Asie. Combien y a-t-il d’hommes qui ignoraient l’existence de Koulikam dans le temps qu’il changeait une partie de la face de la terre ?

La terre a des bornes assez étroites, et la renommée peut toujours s’étendre sans jamais les remplir. Quel caractère de faiblesse que de pouvoir croître à l’infini, sans atteindre à un terme limité !

On se flatte du moins que l’admiration des hommes instruits doit dédommager de l’ignorance des autres. Mais le propre de la renommée est de compter, de multiplier les voix, et non pas de les apprécier ; et dans ce cas-là, il semble que le fruit de la renommée se borne à un hommage rendu aux syllabes d’un nom : cependant plusieurs ne plaignent ni peines ni travaux pour y parvenir ; ne pouvant être illustres, ils tâchent du moins d’être fameux ; ils veulent qu’on parle d’eux, qu’on en soit occupé ; ils aiment mieux être malheureux qu’ignorés. Celui dont les malheurs attirent l’attention, est à demi consolé.

Quand le désir de la célébrité n’est qu’un sentiment, il peut être suivant son objet honnête pour celui qui l’éprouve, et utile à la société ; mais si c’est une manie, elle est bientôt injuste, artificieuse et avilissante par les manœuvres qu’elle emploie : l’orgueil fait faire autant de bassesses que l’intérêt. Voilà ce qui produit tant de réputations usurpées et peu solides.

Rien ne rendrait plus indifférent sur la réputation, que de voir comment elle s’établit souvent, se détruit, se varie, et quels sont les auteurs de ces révolutions. À peine un homme paraît-il dans quelque carrière que ce soit, pour peu qu’il montre des dispositions heureuses, quelquefois même sans cela, chacun s’empresse de le servir, de l’annoncer, de l’exalter : c’est toujours en commençant qu’on est un prodige. D’où vient cet empressement ? Est-ce générosité, bonté ou justice ? Non, c’est envie, souvent ignorée de ceux qu’elle excite. Dans chaque carrière il se trouve toujours quelques hommes supérieurs. Les subalternes ne pouvant aspirer aux premières places, cherchent à en écarter ceux qui les occupent en leur suscitant des rivaux.

On dira peut-être qu’il doit être indifférent, par qui les premiers rangs soient occupés, à ceux qui n’y peuvent atteindre ; mais c’est bien peu connaître les passions que de les faire raisonner. Elles ont des motifs et jamais de principes. L’envie sent et agit, ne réfléchit ni ne prévoit : si elle réussit dans son entreprise, elle cherche aussitôt à détruire son propre ouvrage. On tâche de précipiter du faîte celui à qui on a prêté la main pour faire les premiers pas : on ne lui pardonne point de n’avoir plus besoin de secours.

C’est ainsi que les réputations se forment et se détruisent. Quelquefois elles se soutiennent, soit par la solidité du mérite qui les affermit, soit par l’artifice de celui qui ayant été élevé par la cabale, sait mieux qu’un autre les ressorts qui la font mouvoir, ou qui embarrassent son action. Il arrive souvent que le public est étonné de certaines réputations qu’il a faites ; il en cherche la cause, et ne pouvant la découvrir, parce qu’elle n’existe pas, il n’en conçoit que plus d’admiration et de respect pour le fantôme qu’il a créé. Ces réputations ressemblent aux fortunes, qui sans fonds réels, portent sur le crédit, et n’en sont que plus brillantes.

Comme le public fait des réputations par caprice, des particuliers en usurpent par manége ou par une sorte d’impudence, qu’on ne doit pas même honorer du nom d’amour propre. Ils annoncent qu’ils ont beaucoup de mérite : on plaisante d’abord de leurs prétentions ; ils répètent les mêmes propos si souvent, et avec tant de confiance, qu’ils viennent à bout d’en imposer. On ne se souvient plus par qui on les a entendu tenir, et l’on finit par les croire ; cela se répète comme un bruit de ville, qu’on n’approfondit point.

On fait même des associations pour ces sortes de manoeuvres ; c’est ce qu’on appelle une cabale.

On entreprend de dessein formé de faire une réputation, et l’on en vient à bout. Quelque brillante que soit une telle réputation, il n’y a quelquefois que celui qui en est le sujet qui en soit la dupe. Ceux qui l’ont créé savent à quoi s’en tenir, quoiqu’il y en ait aussi qui finissent par respecter leur ouvrage. D’autres frappés du contraste de la personne et de sa réputation, ne trouvant rien qui justifie l’opinion publique, n’osent manifester leur sentiment propre. Ils acquiescent à la fausseté par timidité, complaisance ou intérêt ; de sorte qu’il n’est pas rare d’entendre quantité de gens répéter le même propos, qu’ils désavouent intérieurement. La plupart des hommes n’osent ni blâmer ni louer seuls, et ne sont pas moins timides pour protéger que pour attaquer ; il y en a peu qui aient le courage de se passer de partisans ou de complices ; je ne dis pas pour manifester leur sentiment, mais pour y persister ; ils tâchent de s’y affermir eux-mêmes en le suggérant à d’autres, sinon ils l’abandonnent. Quoi qu’il en soit, les réputations usurpées qui produisent le plus d’illusion, ont toujours un côté ridicule qui devrait empêcher d’en être fort flatté. Cependant on voit quelquefois employer les mêmes manoeuvres par ceux qui auraient assez de mérite pour s’en passer.

Quand le mérite sert de base à la réputation, c’est une grande maladresse que d’y joindre l’artifice, parce qu’il nuit plus à la réputation méritée, qu’il ne sert à celle qu’on ambitionne. Si le public vient à le reconnaître, et il le reconnaît enfin, il se révolte, et dégrade la gloire la mieux acquise. C’est une injustice, mais il ne faut pas le mettre en droit d’être injuste. L’envie à qui les prétextes suffisent, s’applaudit d’avoir des motifs, et les saisit avec ardeur. Elle ne pardonne au mérite, que lorsqu’elle est trompée par sa malignité même, et qu’elle croit y remarquer des défauts qui lui servent de pâture. Elle se console en croyant rabaisser d’un côté ce qu’elle est forcée d’admirer d’un autre ; elle cherche moins à détruire ce qu’elle se flatte d’outrager.

Une sorte d’indifférence sur son propre mérite est le plus sûr appui de la réputation ; on ne doit pas affecter d’ouvrir les yeux de ceux que la lumière éblouit. La modestie est le seul éclat qu’il soit permis d’ajouter à la gloire. Si l’artifice est un moyen honteux pour la réputation, il y a un art, et même un art honnête qui naît de la prudence, de la sagesse, et qui n’est pas à dédaigner. Les gens d’esprit ont plus d’avantages que les autres, non seulement pour la gloire, mais encore pour acquérir et mériter la réputation de vertu. Une intelligence fine aussi contraire à la fausseté qu’à l’imprudence, un discernement prompt et sûr fait qu’on place les bienfaits avec choix, qu’on parle, qu’on se tait et qu’on agit à propos. Il n’y a personne qui n’ait quelquefois occasion de faire une action honnête, courageuse et toutefois sans danger. Le sot la laisse passer, faute de l’apercevoir ; l’homme d’esprit la sent et la saisit. L’expérience prouve que l’esprit seul n’y suffit pas, et qu’il faut encore un cœur noble.

J’ai vu de ces succès brillants, et je suis persuadé que celui même qui était comblé d’éloges sentait combien il lui en avait peu coûté pour les obtenir, mais il n’en était pas moins louable.

J’en ai remarqué d’autres qui avec de la bienfaisance dans le cœur, avec les actes de vertu les plus fréquents, faute d’intelligence et d’à propos , n’étaient pas à beaucoup près aussi estimés qu’estimables. Leur mérite ne faisait point de sensation ; à peine le soupçonnait-on. Il est vrai que si par un heureux hasard le mérite simple et uni vient à être remarqué, il acquiert l’éclat le plus subit. On le loue avec complaisance, on voudrait encore l’augmenter ; l’envie même y applaudit sans sortir de son caractère, elle en tire parti pour en humilier d’autres.

Si les réputations se forment et se détruisent avec facilité, il n’est pas étonnant qu’elles varient, et soient souvent contradictoires dans la même personne. Telle a une réputation dans un lieu, qui dans un autre en a une toute différente : il a celle qu’il mérite le moins, et on lui refuse celle où il a le plus de droit. On en voit des exemples dans tous les ordres. Je ne puis me dispenser d’entrer ici dans quelques détails qui rendront les principes plus sensibles par l’application que j’en vais faire.

Un homme est taxé d’avarice, parce qu’il méprise le faste, et se refuse le superflu, pour fournir le nécessaire à des malheureux ignorés. On loue la générosité d’un autre qui répand avec ostentation ce qu’il ravit avec artifice ou violence ; il fait des présents et refuse le payement de ses dettes : on admire sa magnificence, quand il est à la fois victime du faste et de l’avarice.

On blâme l’insolence d’un homme qui ne fléchit pas avec bassesse sous une autorité usurpée : on reproche l’emportement à un autre, parce qu’il n’a pas porté la patience jusqu’à l’avilissement. Comme elle a ses bornes, les gens naturellement doux finissent souvent par avoir tort mal à propos, quand la mesure est comble. On ne saurait croire combien il importe, pour le bien de la paix, de ne se pas laisser trop vexer, à moins que l’on ne consente à être avili. On vante au contraire la douceur d’un homme entier, opiniâtre par caractère, et poli par orgueil.

Une femme est déshonorée, parce qu’elle a consacré sa faute par l’éclat de sa douleur et de sa honte ; tandis qu’une autre se met à couvert de tout reproche par l’excès de son impudence : celle-ci n’est pas même l’objet d’un mépris secret.

Les hommes haïssent ce qu’ils n’oseraient punir, mais ils ne méprisent que ce qu’ils osent blâmer hautement. Leurs actions déterminent plus leurs jugements, que leurs jugements ne règlent leurs actions. Si l’on passe des simples particuliers à ceux qui paraissant sur un théâtre plus éclairé, sont à portée d’être mieux connus, on verra qu’on n’en juge pas avec plus de justice.

Un ministre est taxé de dureté, parce qu’il est juste, qu’il rejette des sollicitations payées, et refuse de se prêter à ce que les courtisans appellent des affaires : commerce injurieux au mérite, scandaleux pour le public, avilissant pour l’autorité, et dangereux pour l’état.

Un prince passe pour sévère, parce qu’il aime mieux prévenir les fautes, que d’être obligé de les punir ; de cruauté, parce qu’il réprime les tyrannies subalternes, de toutes les plus odieuses. Les lois cruelles contre les oppresseurs sont les plus douces pour la société ; mais l’intérêt particulier se fait toujours le législateur de l’ordre public. Louis XII, un des meilleurs, et par conséquent des plus grands rois que la France ait eu, fut accusé d’avarice, parce qu’il ne foulait pas les peuples, pour enrichir des favoris sans mérite. Le peuple doit être le favori du roi ; et les princes n’ont droit au superflu, que lorsque les peuples ont le nécessaire. Les reproches qu’on osait lui faire ne prouvaient que sa bonté. On porta l’insolence jusqu’à le jouer sur le théâtre. J’aime mieux, dit ce prince honnête homme, que mon avarice les fasse rire, que si elle les faisait pleurer. Les reproches des courtisans valent souvent des éloges, et leurs éloges sont des piéges. à l’égard des réputations de probité, il est étonnant qu’il y en ait si peu d’établies, attendu la facilité avec laquelle on l’usurpe quelquefois. On ne voyait jadis que des hypocrites de vertu ; on trouve aujourd’hui des hypocrites de vice.

Des gens ayant remarqué qu’une vertu austère n’est pas toujours exempte d’un peu de dureté, parce qu’on est moins circonspect quand on est irréprochable, et qu’on s’observe moins quand on ne craint pas de se trahir ; ces gens tirent parti de leur férocité naturelle, et souvent la portent à l’excès, pour établir la sévérité de leur vertu : leurs déclamations contre l’impudence sont des preuves continuelles de la leur. Qu’il y a de ces gens dont la dureté fait toute la vertu !

L’étourderie est encore une preuve très équivoque de la franchise ; on ne devrait se fier qu’à l’étourderie de ceux à qui elle est souvent préjudiciable. La dureté et l’étourderie sont des défauts de caractère qui n’excluent pas absolument, et supposent encore moins la vertu, mais qui la gâtent quand ils s’y trouvent unis. Cependant combien de fois a-t-on été trompé par cet extérieur ?

Si l’on souscrit légèrement à certaines réputations de probité, on en flétrit souvent avec une témérité encore plus blâmable, par passion, par intérêt. On abuse du malheur d’un homme pour attaquer sa probité. On s’élève contre la réputation des autres, uniquement pour donner opinion de sa vertu.

Si un homme a le courage de défendre une réputation qu’il croit injustement attaquée, on ne lui fait pas toujours l’honneur de le regarder comme une dupe, ce soupçon serait trop ridicule ; on suppose qu’il a intérêt de soutenir une thèse extraordinaire. Qu’on se soit visiblement trompé en jugeant défavorablement, on n’est suspect que d’un excès de sagacité ; mais si c’est en jugeant trop favorablement, c’est le comble de l’imbécillité : cependant l’erreur est la même, et le caractère est très différent.

Ces faux jugements ne partent pas toujours de la malignité. Les hommes font beaucoup d’injustices sans méchanceté, par légèreté, précipitation, sottise, témérité, imprudence. Les décisions hasardées avec le plus de confiance font le plus d’impression. Eh ! Qui sont ceux qui jouissent du droit de prononcer ?

Des gens qui à force de braver le mépris, viennent à bout de se faire respecter, et de donner le ton ; qui n’ont que des opinions et jamais de sentiments, qui en changent, les quittent et les reprennent, sans le savoir, ni s’en douter, ou qui sont opiniâtres sans être constants.

Voilà cependant les juges des réputations ; voilà ceux dont on méprise le sentiment, et dont on recherche le suffrage ; ceux qui procurent la considération, sans en avoir eux-mêmes aucune.

La considération est différente de la célébrité. La réputation, la renommée même ne la donnent pas toujours, et l’on peut en avoir sans imposer par un grand éclat. La considération est un sentiment d’estime mêlé d’une sorte de respect personnel qu’un homme inspire en sa faveur. On en jouit également parmi ses inférieurs, ses égaux, et ceux qui sont supérieurs par le rang et par la naissance. On peut dans un rang élevé, ou avec une naissance illustre, avec un esprit supérieur, ou des talents distingués ; on peut même avec de la vertu, si elle est seule et dénuée de tous les autres avantages, être sans considération. On peut en avoir avec un esprit borné, ou malgré l’obscurité de la naissance et de l’état. La considération ne suit pas nécessairement le grand homme ; l’homme de mérite y a déjà un droit ; et l’homme de mérite est celui qui ayant toutes les qualités et tous les avantages de son état, ne les ternit par aucun endroit. Pour donner enfin une idée plus précise de la considération, on l’obtient par la réunion du mérite, de la décence et du respect pour soi-même. l’espèce, terme nouveau, mais qui a un sens juste, est l’opposé de l’homme de considération. Il y en a de tous états. l’espèce est celui qui n’ayant pas le mérite de son état, se prête encore de lui-même à son avilissement personnel : il manque plus à soi qu’aux autres.

Si l’on acquiert la considération, on l’usurpe aussi. Vous voyez des hommes dont on vante le mérite : si l’on veut examiner en quoi il consiste, on est étonné du vide ; on trouve que tout se borne à un air, un ton d’importance et de suffisance ; un peu d’impertinence n’y nuit pas, et quelquefois le maintien suffit. Ils se sont portés pour respectables, et on les respecte ; sans quoi on n’irait pas jusqu’à les estimer.

On doit conclure de l’espèce d’analyse que nous venons de faire, et de la discussion dans laquelle nous sommes entrés, que la renommée est le prix des talents supérieurs, soutenus des grands efforts : que la réputation usurpée par artifice n’est jamais sûre, et devient quelquefois honteuse ; que la plus honnête est toujours la plus utile, et que chacun peut aspirer à la considération de son état.

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 17 avril, 2007 |Pas de commentaires »

Sur la probité, la vertu et l’honneur

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Sur la probité, la vertu et l’honneur

On n’entend parler que de probité, de vertu et d’honneur ; mais tous ceux qui emploient ces expressions en ont-ils des idées uniformes ? Tachons de les distinguer. Il vaudrait mieux, sans doute, inspirer des sentiments dans une matière qui ne doit pas se borner à la spéculation ; mais il est toujours utile d’éclaircir et de fixer les principes de nos devoirs. Il y a bien des occasions où la pratique dépend de nos lumières.

La probité est l’observation des lois. Mais indépendamment de celles qui répriment les entreprises contre la société politique, il y a des sentiments et des procédés d’usage qui font la sûreté ou la douceur de la société civile, du commerce particulier des hommes, et dont l’observation est d’autant plus indispensable, qu’elle est libre et volontaire ; au lieu que les lois ont pourvu à leur propre exécution. Qui n’aurait que la probité qu’elles exigent, serait encore un assez malhonnête homme. Les lois se sont prêtées à la faiblesse et aux passions, en ne réprimant que ce qui attaque ouvertement la société : si elles étaient entrées dans le détail de tout ce qui peut la blesser indirectement, elles n’auraient pas été universellement comprises, ni par conséquent suivies ; il y aurait eu trop de criminels, qu’il eût quelquefois été dur et souvent difficile de punir, attendu la proportion qui doit toujours être entre les fautes et les peines.

Les hommes venant à se polir et s’éclairer, ceux dont l’âme était la plus honnête ont suppléé aux lois générales, en établissant par une convention tacite des procédés auxquels l’usage a donné force de loi parmi les honnêtes gens. Il n’y a point à la vérité de punition prononcée contre les infracteurs, mais elle n’en est pas moins réelle. Le mépris et la honte en sont le châtiment, et c’est le plus sensible pour ceux qui sont dignes de le ressentir. L’opinion publique qui exerce la justice à cet égard, y met des proportions exactes, et fait des distinctions très fines. On juge les hommes sur leur état, leur éducation, leur situation, leurs lumières. Il semble qu’on soit convenu de différentes espèces de probités, qu’on ne soit obligé qu’à celle de son état, et qu’on ne puisse avoir que celle de son esprit. On est plus sévère à l’égard de ceux qui étant exposés à la vue peuvent servir d’exemple, que sur ceux qui sont dans l’obscurité.

Moins on exige d’un homme dont on devrait beaucoup prétendre, plus on lui fait injure. En fait de procédés, on est bien près du mépris, quand on a droit à l’indulgence.

L’opinion publique étant elle-même la peine des actions dont elle est juge, ne saurait manquer d’être sévère sur les choses qu’elle condamne. Il y a telles actions dont le soupçon fait la preuve, et la publicité le châtiment.

Il est assez étonnant que cette opinion si sévère sur de simples procédés, se renferme dans des bornes sur les crimes qui sont du ressort des lois. Ceux-ci ne deviennent véritablement honteux que par le châtiment qui les suit. Il n’y a point de maxime plus fausse dans nos mœurs, que celle qui dit, le crime fait la honte, et non pas l’échafaud. Cela devrait être, mais on se réhabilite d’un crime impuni ; et qu’on ne dise pas que c’est parce que le châtiment le constate, et en fait seul une preuve suffisante.

Les hommes sont plus téméraires que circonspects dans leurs jugements ; mais ils ne sont réellement frappés que des faits matériels et sensibles : cela est si vrai, qu’un crime constaté par une grâce, flétrit toujours moins que le châtiment. On le remarque principalement dans l’injustice et la bizarrerie du préjugé cruel qui fait rejaillir l’opprobre sur ceux que le sang unit à un criminel ; de sorte qu’il est peut-être moins malheureux d’appartenir à un coupable reconnu et impuni, qu’à un infortuné dont l’innocence n’a été reconnue qu’après le supplice. Je crois avoir remarqué une autre bizarrerie dans l’application de ce préjugé. On reproche plus aux enfants la honte de leurs pères, qu’aux pères celle de leurs enfants. Il me semble que le contraire serait moins injuste, parce que ce serait alors punir les pères de n’avoir pas rectifié les mauvaises inclinations de leurs enfants par une éducation convenable. Si l’on pense autrement, est-ce par un sentiment de compassion pour la vieillesse, ou par le plaisir barbare d’empoisonner la vie de ceux qui ne font que de commencer leur carrière ?

Pour éclaircir enfin ce qui concerne la probité, il s’agit de savoir si l’obéissance aux lois, et la pratique des procédés d’usage suffisent pour constituer l’honnête homme. On verra, si l’on y réfléchit, que cela n’est pas encore suffisant pour la parfaite probité. En effet, on peut avec un cœur dur, un esprit malin, un caractère féroce et des sentiments bas, avoir par intérêt, par éducation, par orgueil ou par crainte, avoir, dis-je, cette probité qui met à couvert de tout reproche de la part des hommes.

Mais il y a un juge plus éclairé, plus sévère et plus juste que les lois et les mœurs ; c’est le sentiment intérieur, qu’on appelle la conscience. Les lois n’ayant pas prononcé sur des fautes autant ou plus graves en elles-mêmes que plusieurs de celles qu’elles ont condamnées, et les mœurs n’ayant pas embrassé tout ce que les lois avaient omis ; il est heureux pour les hommes que chacun d’eux ait dans son cœur un juge qui défend les autres, ou qui le condamne lui-même. Combien y a-t-il de choses tolérées dans les mœurs, et qui sont plus dangereuses que ce qu’elles ont proscrit ? Doit-on regarder comme innocent un trait de satyre, ou même de plaisanterie de la part d’un supérieur, qui porte quelquefois un coup irréparable à celui qui en est l’objet ; un secours gratuit refusé par négligence à celui dont le sort en dépend ; tant d’autres fautes que tout le monde sent, et qu’on s’interdit si peu ?

Voilà cependant ce qu’une probité exacte doit s’interdire, et dont la conscience est le juge infaillible. Il y a même bien des choses condamnées par les lois, qui sont tolérées dans les mœurs. Je ne prétends point ici parler en homme religieux ; la religion est la perfection et non la base de la morale ; ce n’est point en métaphysicien subtil, c’est en philosophe moral, qui ne s’appuie que sur la raison, et ne procède que par le raisonnement. Je n’ai donc pas besoin d’examiner si cette conscience est ou n’est pas un sentiment inné ; il me suffit qu’elle soit une lumière acquise, et que les esprits les plus bornés aient encore plus de connaissance du juste et de l’injuste par la conscience que les lois et les mœurs ne leur en donnent.

Cette connaissance fait la mesure de nos obligations ; nous sommes tenus à l’égard d’autrui de tout ce que nous croyons être en droit d’en prétendre. Les hommes ont droit d’attendre de nous non seulement ce qu’ils regardent comme juste, mais ce que nous regardons nous-mêmes comme tel, quoique les autres ne l’aient ni exigé, ni prévu : notre propre conscience fait l’étendue de leurs droits sur nous.

Plus on a de lumières, plus on a de devoirs à remplir ; si l’esprit n’en inspire pas le sentiment, il suggère les procédés, et démontre l’obligation d’y satisfaire.

Il y a un autre principe d’intelligence sur ce sujet, supérieur à l’esprit même ; c’est la sensibilité d’âme, qui donne une sorte de sagacité sur les choses honnêtes, et va plus loin que la pénétration de l’esprit seul.

On pourrait dire que le cœur a des idées qui lui sont propres. On remarque entre deux hommes dont l’esprit est également étendu, profond et pénétrant sur des matières purement intellectuelles, qu’elle supériorité gagne celui dont l’âme est sensible ! Sur les sujets qui sont de cette classe-là. Qu’il y a d’idées inaccessibles à ceux qui ont le sentiment froid ! Les âmes sensibles peuvent par vivacité et chaleur tomber dans des fautes que les hommes à procédés ne commettraient pas ; mais elles l’emportent de beaucoup par la quantité de biens qu’elles produisent.

Les âmes sensibles ont plus d’existence que les autres : les biens et les maux se multiplient à leur égard. Elles ont encore un avantage pour la société, c’est d’être persuadées des vérités dont l’esprit n’est que convaincu ; la conviction n’est souvent que passive, la persuasion est active, et il n’y a de ressort que ce qui fait agir. L’esprit seul peut et doit faire l’homme de probité ; la sensibilité fait l’homme vertueux. Je vais m’expliquer.

Tout ce que les lois exigent, ce que les mœurs recommandent, ce que la conscience inspire, se trouve renfermé dans cet axiome si connu, et si peu développé : ne faites point à autrui ce que vous ne voudriez pas qui vous fût fait. L’observation exacte et précise de cette maxime fait la probité. Faites à autrui ce que vous voudriez qui vous fût fait. Voilà la vertu.

Il semble au premier coup d’oeil que les législateurs fussent des hommes bornés ou intéressés, qui n’ayant pas besoin des autres, voulaient empêcher qu’on ne leur fît du mal, et se dispenser de faire du bien. Cette idée paraît d’autant plus vraisemblable, que les premiers législateurs ont été des princes, des chefs de peuple ; ceux en un mot qui avaient le plus à perdre et le moins à gagner ; aussi les lois se bornent-elles à défendre : en y faisant réflexion, nous avons vu que c’est par sagesse qu’elles en ont usé ainsi. Les mœurs ont été plus loin que les lois, mais c’est en partant du même principe. La conscience même se borne à inspirer la répugnance pour le mal. La vertu supérieure à la probité, exige qu’on fasse le bien, et en inspire le désir.

La probité défend, et la vertu commande ; on estime la probité, on respecte la vertu. La probité consiste presque dans l’inaction, la vertu agit. On doit de la reconnaissance à la vertu ; on pourrait s’en dispenser à l’égard de la probité, parce qu’un homme éclairé, n’eût-il que son intérêt pour objet, n’a pas pour y parvenir de moyen plus sûr que la probité.

Je n’ignore pas les objections qu’on peut tirer des crimes heureux ; mais je sais aussi qu’il y a différentes espèces de bonheurs ; qu’on doit évaluer les probabilités du danger et du succès, les comparer avec le bonheur qu’on se propose, et qu’il n’y en a aucun dont l’espérance la mieux fondée puisse contrebalancer la perte de l’honneur, ni même le simple danger de le perdre. Ainsi en ne faisant d’une telle question qu’une affaire de calcul, le parti de la probité est toujours le meilleur qu’il y ait à prendre. Il ne serait pas difficile de faire une démonstration morale de cette vérité ; mais il y a des principes qu’on ne doit pas mettre en question. Il est toujours à craindre que les vérités les plus évidentes ne contractent par la discussion un air de problème qu’elles ne doivent jamais avoir.

La vertu est dans le cœur ; c’est un sentiment, une inclination au bien, un amour pour l’humanité ; elle est aux actions honnêtes ce que le vice est au crime ; c’est le rapport de la cause à l’effet. En distinguant la vertu et la probité, en observant la différence de leur nature, il est encore nécessaire, pour connaître le prix de l’une et de l’autre, de faire attention aux personnes, aux temps et aux circonstances.

Il y a tel homme dont la probité mérite plus d’éloges que la vertu d’un autre. Ne doit-on attendre que les mêmes actions de ceux qui ont des moyens si différents ? Un homme au sein de l’opulence n’aura-t-il que les devoirs, les obligations de celui qui est assiégé par tous les besoins ? Cela ne serait pas juste. La probité est la vertu des pauvres ; la vertu doit être la probité des riches.

On rapporte quelquefois à la vertu des actions où elle a peu de part. Un service offert par vanité, ou promis par faiblesse, fait peu d’honneur à la vertu ; la simple probité exige alors qu’il soit rendu. On retire un homme de son nom d’un état malheureux, dont on pouvait partager la honte. Est-ce générosité ? C’est tout au plus décence, ou peut-être orgueil.

D’un autre côté on loue, et on doit louer les actes de probité où l’on sent un principe de vertu. Un homme remet un dépôt dont il avait seul le secret ; il n’a fait que son devoir, puisque le contraire serait un crime ; cependant son action lui fait honneur, et doit lui en faire. On juge que celui qui ne fait pas le mal dans certaines circonstances, est capable de faire le bien : dans un acte de simple probité, c’est la vertu qu’on loue.

Un malheureux pressé de besoins, humilié par la honte de la misère, résiste aux occasions les plus critiques. Un homme dans la prospérité n’oublie pas qu’il y a des malheureux, les cherche et prévient leurs demandes. Je les estime, je les loue tous deux ; mais c’est le premier que j’admire.

Les éloges qu’on donne à de certaines probités, à de certaines vertus, ne font que le blâme du commun des hommes. Cependant on ne doit pas les refuser ; il ne faut pas rétrograder avec trop de sévérité sur le principe des actions, quand elles tendent au bien de la société. Il est toujours sage et avantageux d’encourager les hommes aux actes honnêtes : ils sont capables de prendre le pli de la vertu comme du vice.

On acquiert de la vertu par la gloire de la pratiquer. Si l’on commence par amour propre, on continue par honneur, on persévère par habitude. Que l’homme le moins porté à la bienfaisance vienne par hasard, ou par un effort qu’il fera sur lui-même, à faire quelqu’action de générosité ; il éprouvera ensuite une sorte de satisfaction qui lui rendra une seconde action moins pénible : bientôt il se portera de lui même à une troisième, et dans peu la bonté fera son caractère. On contracte le sentiment des actions qui se répètent.

D’ailleurs, quand on chercherait à rapporter des actions vertueuses à un système d’esprit et de conduite plutôt qu’au sentiment, l’avantage des autres serait égal, et la gloire qu’on voudrait rabaisser n’en serait peut-être pas moindre. Heureuse alternative que de réduire les censeurs à l’admiration, au défaut de l’estime !

Outre la vertu et la probité, qui doivent être les principes de nos actions, il y en a un troisième très digne d’être examiné ; c’est l’honneur : il est différent de la probité, peut-être ne l’est-il pas de la vertu ; mais il lui donne de l’éclat, et me paraît être une qualité de plus. L’homme de probité se conduit par éducation, par habitude, par intérêt ou par crainte. L’homme vertueux agit avec bonté.

L’homme d’honneur pense et sent avec noblesse. Ce n’est pas aux lois qu’il obéit ; ce n’est pas la réflexion, encore moins l’imitation qui le dirigent : il pense, parle et agit avec une sorte de hauteur, et semble être son propre législateur à lui-même. On s’affranchit des lois par la puissance ; on s’y soustrait par le crédit ; on les élude avec adresse ; on remplace le sentiment, et l’on supplée aux mœurs par la politesse ; on imite la vertu par l’hypocrisie.

L’honneur est l’instinct de la vertu, et il en fait le courage. Il n’examine point, il agit sans feinte, même sans prudence, et ne connaît point cette timidité ou cette fausse honte qui étouffe tant de vertus dans les âmes faibles ; car les caractères faibles ont le double inconvénient de ne pouvoir se répondre de leurs vertus, et de servir d’instruments aux vices de tous ceux qui les gouvernent. Quoique l’honneur soit une qualité naturelle, il se développe par l’éducation, se soutient par les principes, et se fortifie par les exemples. On ne saurait donc trop en réveiller les idées, en réchauffer le sentiment, en relever les avantages et la gloire, et attaquer tout ce qui peut y porter atteinte.

Les réflexions sur cette matière peuvent servir de préservatif contre la corruption des mœurs qui se relâchent de plus en plus. Je n’ai pas dessein de renouveler les reproches que de tous temps on a fait à son siècle, et dont la répétition fait croire qu’ils ne sont pas mieux fondés dans un temps que dans un autre. Je suis persuadé qu’il y a toujours dans le monde une distribution de vertus et de vices à peu près égale ; mais il peut y avoir dans différents âges des partages inégaux, de nation à nation, de peuple à peuple. Il y a des âges plus ou moins brillants, et le nôtre ne paraît pas être celui de l’honneur. On n’est certainement pas aussi délicat, aussi scrupuleux sur les liaisons qu’on l’a été. Quand un homme avait jadis de ces procédés tolérés ou impunis par les lois, et condamnés par l’honneur, le ressentiment ne se bornait pas à l’offensé, tous les honnêtes gens prenaient parti, et faisaient justice par un mépris général et public.

Aujourd’hui on a des ménagements, même sans vue d’intérêt, pour l’homme le plus décrié. Je n’ai pas, vous dit-on, sujet de m’en plaindre personnellement, je n’irai pas me faire le réparateur des torts. Quelle faiblesse ! C’est bien mal entendre les intérêts de la société, et par conséquent les siens-propres. Si les honnêtes gens s’avisaient de faire cause commune, leur ligue serait bien forte. Quand les gens d’esprit et d’honneur s’entendront, les sots et les fripons joueront un bien petit rôle. Il n’y a malheureusement que les fripons qui fassent des ligues ; les honnêtes gens se tiennent isolés.

On se cachait autrefois de certains procédés, et l’on en rougissait, s’ils venaient à se découvrir. Il me semble qu’on les a aujourd’hui trop ouvertement ; et dès-là il doit s’en trouver davantage, parce que la contrainte et la honte retenaient bien des hommes. Je ne sache que l’infidélité au jeu qui soit plus décriée aujourd’hui que dans le siècle passé ; encore voit-on des gens suspects à cet égard qui n’en sont pas moins accueillis d’ailleurs. La seule justice qu’on en fasse, est d’employer beaucoup de politesses et de détours pour se dispenser de jouer avec eux ; cela ressemble moins au mépris qu’à une précaution.

Mais un homme du monde qui est irréprochable par cet endroit et par la valeur, est homme d’honneur décidé. Quoiqu’il fasse profession d’être de vos amis, n’ayez rien à démêler avec lui sur l’intérêt, l’ambition ou l’amour propre. S’il craint seulement d’user son crédit, il vous manquera sans scrupule dans une occasion essentielle, et ne sera blâmé de personne. Vous vous croyez en droit de lui faire des reproches, mais il en est plus surpris que confus ; il reste homme d’honneur. Il ne conçoit pas que vous ayez pu regarder comme un engagement de simples propos de politesse ; car cette politesse si recommandée sauve bien des bassesses ; on serait trop heureux qu’elle ne couvrît que des platitudes.

Il y a à la vérité telle action si blâmable, que l’interprétation ne saurait en être équivoque. Un homme d’un caractère leste trouve encore alors le secret de n’être pas déshonoré, s’il a le courage d’être le premier à la publier, et de plaisanter ceux qui seraient tentés de le blâmer. On n’ose plus la lui reprocher, quand on le voit en faire gloire. L’audace fait sa justification, et le reproche qu’on lui ferait serait un ridicule auquel on n’ose s’exposer. On commence à douter qu’il ait tort, et on craint de l’avoir. Dans la façon commune de penser, prévoir une objection c’est la réfuter, sans être obligé d’y répondre ; dans les mœurs, prévenir un reproche c’est le détruire.

Un homme qui en a trompé un autre avec l’artifice le plus adroit et le plus criminel, loin d’en avoir des remords ou de la honte, se félicite sur son habileté ; il se cache pour réussir, et non pas d’avoir réussi ; il s’imagine simplement avoir gagné une belle partie d’échecs, et celui qui est sa dupe ne pense guère autre chose, sinon qu’il l’a perdue par sa faute : c’est de lui-même qu’il se plaint. Le ressentiment est déjà devenu un sentiment trop noble, à peine est-on digne de haïr, et la vengeance n’est plus qu’une revanche utile ; on la prend comme un moyen de réussir, et pour l’avantage qui en résulte.

Cette manière de penser, cette négligence des mœurs avilit ceux mêmes qu’elle ne déshonore pas, et devient de plus en plus dangereuse pour la société. Ceux qui pourraient prétendre à la gloire de donner l’exemple par leur rang ou par leurs lumières, paraissent avoir trop peu de respect pour les principes, même quand ils ne les violent pas. Ils ignorent qu’indépendamment des actions, la légèreté de leurs propos, les sentiments qu’ils laissent apercevoir, sont ces exemples qu’ils donnent. Le bas peuple n’ayant aucun principe, faute d’éducation, n’a d’autre frein que la crainte, et l’imitation pour guide. C’est dans l’état mitoyen que la probité est encore le plus en honneur.

Le relâchement des mœurs n’empêche pas qu’on ne vante beaucoup l’honneur et la vertu ; ceux qui en ont le moins savent combien il leur importe que les autres en aient. On aurait rougi autrefois d’avancer de certaines maximes, si on les eût contredites par ses actions : les discours formaient un préjugé favorable sur les sentiments. Aujourd’hui les discours tirent si peu à conséquence, qu’on pourrait quelquefois dire d’un homme qu’il a de la probité, quoiqu’il en fasse l’éloge. Cependant les discours honnêtes peuvent toujours être utiles à la société ; mais on ne se fait vraiment honneur et l’on ne se rend digne de les tenir que par sa conduite. C’est un engagement de plus, et l’on ne doit pas craindre d’en prendre, quand il est avantageux de les remplir.

On prétend qu’il a régné autrefois parmi nous un fanatisme d’honneur, et l’on rapporte cette heureuse manie à un siècle encore barbare. Il serait à désirer qu’elle se renouvelât de nos jours ; les lumières que nous avons acquises serviraient à régler cet enjouement, sans le refroidir.

D’ailleurs on ne doit pas craindre l’excès en cette matière ; la probité a ses limites, et pour le commun des hommes c’est beaucoup que de les atteindre ; mais la vertu et l’honneur peuvent s’étendre et s’élever à l’infini ; on peut toujours en reculer les bornes, on ne les passe jamais.

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 17 avril, 2007 |1 Commentaire »
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