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Fraternité, Solidarité, Réciprocité…..

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Le mot fraternité vient du latin Fraternita qui définit le lien de consanguinité indissociable, existant entre les enfants d’une même parenté. Progressivement, cette définition s’est étendue aux liens profonds, mais virtuels, pouvant exister entre proches amis.

Le terme solidarité apparaît seulement à la fin du XVIIIème siècle au dictionnaire de l’Académie Française dans lequel il est défini en 1835, comme :

« Responsabilité mutuelle qui s’établit entre une ou plusieurs personnes ». Le grand Larousse la définit actuellement comme « un devoir moral fondé sur l’interdépendance d’un groupe social.»

 

La solidarité indique une relation entre personnes ayant conscience d’une communauté d’intérêt (économique, social, politique, moral, spirituel) qui entraîne une obligation morale de ne pas desservir les autres et de leur porter assistance. Le concept de solidarité introduit également la notion de dépendance réciproque. Le devoir de fraternité et l’obligation morale de solidarité sont assez proche l’un de l’autre, par la démarche volontaire qu’ils impliquent, par contre la réciprocité indissociable de la solidarité est totalement indépendante de la notion de fraternité.

La notion de réciprocité permet également d’établir la différence entre solidarité et assistance, solidarité et charité. La nuance qui n’est pas toujours claire est cependant d’importance

A la différence de la fraternité ou de la charité dans lesquelles le sentiment prend une part importante, la solidarité peut être impersonnelle et ne pas comporter de dimension affective. La fraternité qui implique l’égalité diffère également de la charité et de l’assistance dans lesquelles celui qui donne et celui qui reçoit ne sont pas placés au m^me niveau.

 La fraternité est un lien, un sentiment irraisonné, temporel entre une ou plusieurs personnes qui n’a pas besoin de matérialité pour s’exprimer. La solidarité implique une prise de position, un engagement, donc au minimum : un sujet de réflexion et l’identification de « partenaires en solidarité ». Elle doit logiquement déboucher sur une action. La fraternité est une façon d’être, la solidarité une façon d’agir.

« La fraternité, ce n’est pas de donner ce que l’on a, c’est avant tout offrir ce que l’on est ». C’est de cette manière que Marie Solemme définit la fraternité, la distinguant ainsi clairement de la solidarité.

 Parabole :

Un homme tombe dans un trou et se blesse, viennent à passer différents personnages, qui l’abordent de la sorte :

La cartésien lui dit : « Vous n’êtes pas rationnel, vous auriez pu éviter ce trou »

Le spiritualiste : « Vous avez dû commettre quelques fautes »

Le scientifique mesure la profondeur du trou

Le journaliste : l’interroge sur ces douleurs

Le yogi lui explique que le trou n’existe que dans son imagination, tout comme sa douleur.

Le médecin lui propose deux comprimés d’aspirine

Le psychanalyste l’incite à chercher dans sa relation avec sa mère les causes de sa chute

Le positiviste l’exhorte : « Quand on veut, on peut ! »

L’optimiste lui dit : « Cela aurait pu être pire, vous auriez pu vous casser quelque chose ».

Le pessimiste : « Vous risquez des complications ! »

C’est alors qu’un  Ami passa et lui tendit la main.

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 14 novembre, 2007 |1 Commentaire »

La noblesse, vous dis-je..

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La noblesse, Dangeau, n’est pas une chimère,
Quand, sous l’étroite loi d’une vertu sévère,
Un homme issu d’un sang fécond en demi-dieux,
Suit, comme toi, la trace où marchaient ses aïeux.
Mais je ne puis souffrir qu’un fat, dont la mollesse
N’a rien pour s’appuyer qu’une vaine noblesse,
Se pare insolemment du mérite d’autrui,
Et me vante un honneur qui ne vient pas de lui.
Je veux que la valeur de ses aïeux antiques
Ait fourni de matière aux plus vieilles chroniques,
Et que l’un des Capets, pour honorer leur nom,
Ait de trois fleurs de lis doté leur écusson :
Que sert ce vain amas d’une inutile gloire,
Si, de tant de héros célèbres dans l’histoire,
Il ne peut rien offrir aux yeux de l’univers
Que de vieux parchemins qu’ont épargnés les vers ;
Si, tout sorti qu’il est d’une source divine,
Son cœur dément en lui sa superbe origine,
Et n’ayant rien de grand qu’une sotte fierté,
S’endort dans une lâche et molle oisiveté ?
Cependant, à le voir avec tant d’arrogance
Vanter le faux éclat de sa haute naissance,
On dirait que le ciel est soumis à sa loi,
Et que Dieu l’a pétri d’autre limon que moi.
Dites-nous, grand héros, esprit rare et sublime,
Entre tant d’animaux, qui sont ceux qu’on estime ?
On fait cas d’un coursier qui, fier et plein de cœur,
Fait paraître en courant sa bouillante vigueur ;
Qui jamais ne se lasse, et qui dans la carrière
S’est couvert mille fois d’une noble poussière.
Mais la postérité d’Alfane et de Bayard,
Quand ce n’est qu’une rosse, est vendue au hasard,
Sans respect des aïeux dont elle est descendue,
Et va porter la malle, ou tirer la charrue.
Pourquoi donc voulez-vous que, par un sot abus,
Chacun respecte en vous un honneur qui n’est plus ?
On ne m’éblouit point d’une, apparence vaine :
La vertu, d’un cœur noble est la marque certaine.
Si vous êtes sorti de ces héros fameux,
Montrez-nous cette ardeur qu’on vit briller en eux,
Ce zèle pour l’honneur, cette horreur pour le vice.
Respectez-vous les lois ? fuyez-vous l’injustice ?
Savez-vous pour la gloire oublier le repos,
Et dormir en plein champ le harnais sur le dos ?
Je vous connais pour noble à ces illustres marques.
Alors soyez issu des plus fameux monarques,
Venez de mille aïeux, et si ce n’est assez,
Feuilletez à loisir tous les siècles passés ;
Voyez de quel guerrier il vous plaît de descendre
Choisissez de César, d’Achille, ou d’Alexandre :
En vain un faux censeur voudrait vous démentir,
Et si vous n’en sortez, vous en devez sortir.
Mais, fussiez-vous issu d’Hercule en droite ligne,
Si vous ne faites voir qu’une bassesse indigne,
Ce long amas d’aïeux que vous diffamez tous,
Sont autant de témoins qui parlent contre vous ;
Et tout ce grand éclat de leur gloire ternie
Ne sert plus que de jour à votre ignominie.
En vain, tout fier d’un sang que vous déshonorez,
Vous dormez à l’abri de ces noms révérés ;
En vain vous vous couvrez des vertus de vos pères,
Ce ne sont à mes yeux que de vaines chimères ;
Je ne vois rien en vous qu’un lâche, un imposteur,
Un traître, un scélérat, un perfide, un menteur,
Un fou dont les accès vont jusqu’à la furie,
Et d’un tronc fort illustre une branche pourrie.
Je m’emporte peut-être, et ma muse en fureur
Verse dans ses discours trop de fiel et d’aigreur :
Il faut avec les grands un peu de retenue.
Hé bien ! je m’adoucis. Votre race est connue.
Depuis quand ? répondez. Depuis mille ans entiers,
Et vous pouvez fournir deux fois seize quartiers :
C’est beaucoup. Mais enfin les preuves en sont claires,
Tous les livres sont pleins des titres de vos pères ;
Leurs noms sont échappés du naufrage des temps.
Mais qui m’assurera qu’en ce long cercle d’ans,
A leurs fameux époux vos aïeules fidèles,
Aux douceurs des galants furent toujours rebelles ?
Et comment savez-vous si quelque audacieux
N’a point interrompu le cours de vos aïeux ;
Et si leur sang tout pur, avecque leur noblesse,
Est passé jusqu’à vous de Lucrèce en Lucrèce ?
Que maudit soit le jour où cette vanité
Vint ici de nos mœurs souiller la pureté !
Dans les temps bienheureux du monde en son enfance,
Chacun mettait sa gloire en sa seule innocence ;
Chacun vivait content, et sous d’égales lois,
Le mérite y faisait la noblesse et les rois ;
Et, sans chercher l’appui d’une naissance illustre,
Un héros de soi-même empruntait tout son lustre.
Mais enfin par le temps le mérite avili
Vit l’honneur en roture, et le vice anobli ;
Et l’orgueil, d’un faux titre appuyant sa faiblesse,
Maîtrisa les humains sous le nom de noblesse.
De là vinrent en foule et marquis et barons :
Chacun pour ses vertus n’offrit plus que des noms.
Aussitôt maint esprit fécond en rêveries,
Inventa le blason avec les armoiries ;
De ses termes obscurs fit un langage à part ;
Composa tous ces mots de Cimier et d’Ecart
De Pal, de Contre-pal, de Lambel, et de Face,
Et tout ce que Segond dans son Mercure entasse.
Une vaine folie enivrant la raison,
L’honneur triste et honteux ne fut plus de saison.
Alors, pour soutenir son rang et sa naissance,
Il fallut étaler le luxe et la dépense ;
Il fallut habiter un superbe palais,
Faire par les couleurs distinguer ses valets :
Et, traînant en tous lieux de pompeux équipages,
Le duc et le marquis se reconnut aux pages.
Bientôt, pour subsister, la noblesse sans bien
Trouva l’art d’emprunter et de ne rendre rien ;
Et, bravant des sergents la timide cohorte,
Laissa le créancier se morfondre à la porte.
Mais, pour comble, à la fin, le marquis en prison
Sous le faix des procès vit tomber sa maison.
Alors le noble altier, pressé de l’indigence,
Humblement du faquin rechercha l’alliance ;
Avec lui trafiquant d’un nom si précieux,
Par un lâche contrat vendit tous ses aïeux ;
Et, corrigeant ainsi la fortune ennemie,
Rétablit son honneur à force d’infamie.
Car, si l’éclat de l’or ne relève le sang,
En vain l’on fait briller la splendeur de son rang.
L’amour de vos aïeux passe en vous pour manie,
Et chacun pour parent vous fuit et vous renie.
Mais quand un homme est riche, il vaut toujours son prix.
Et l’eût-on vu porter la mandille à Paris,
N’eût-il de son vrai nom ni titre ni mémoire,
D’Hozier lui trouvera cent aïeux dans l’histoire.
Toi donc, qui, de mérite et d’honneurs revêtu,
Des écueils de la cour as sauvé ta vertu,
Dangeau, qui, dans le rang où notre roi t’appelle,
Le vois, toujours orné d’une gloire nouvelle,
Et plus brillant par soi que par l’éclat des lis,
Dédaigner tous ces rois dans la pourpre amollis ;
Fuir d’un honteux loisir la douceur importune ;
A ses sages conseils asservir la fortune ;
Et, de tout son bonheur ne devant rien qu’à soi,
Montrer à l’univers ce que c’est qu’être roi :
Si tu veux te couvrir d’un éclat légitime,
Va par mille beaux faits mériter son estime ;
Sers un si noble maître ; et fais voir qu’aujourd’hui
Ton prince a des sujets qui sont dignes de lui.
Nicolas Boileau

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 22 octobre, 2007 |2 Commentaires »

N’était pas Chevalier qui veut !

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N’était pas chevalier qui veut ! Par contre, les personnes de petite naissance pouvaient aspirer à la chevalerie même s’il était peu fréquentqu’un paysan soit adoubé. La majorité des Chevaliers étaient nobles, ou fils de Chevalier.

Pour devenir chevalier, un personnage se doit d’être au service d’un seigneur, d’un noble, d’un ordre ou d’une cause juste. Le chevalier doit toujours placer l’honneur, la bravoure et l’abnégation de soi avant toutes autres valeurs et doit adhérer à un code de chevalerie

Tout chevalier avait droit de sacrer autant d’hommes qu’il le désirait. À l’origine, on adoubait le chevalier autant dans une cérémonie solennelle que sur les champs de bataille. Le futur chevalier était parrainé par un riche comte ou même le roi. C’est lors de l’adoubement que l’on remettait au nouveau chevalier, l’arnure ainsi que les armes qui lui serviraient sur les champs de bataille. Une fois armé, il sautait sur son cheval sans l’aide de ses étriers et démontrait ses talents au maniement des armes sur des mannequins. Il passait alors dans le monde des adultes.

L’église a, par la suite, fait de ce sacrement une cérémonie religieuse. Une veillée de prières précédait la cérémonie de l’adoubement et on baignait l’adoube. Lors de la cérémonie, le prêtre bénissait les armes du chevalier et par la suite, le chevalier lui-même. On ceignait le chevalier de l’armure et celui-ci dégainait trois fois son épée du fourreau. Le chevalier prêtait serment d’utiliser ses armes qu’on lui remettait pour le service de Dieu et la protection des faibles. Puis, l’adoubeur donnait un baiser de la paix suivi de l’accolade puis il frappait de la paume, le cou du chevalier. Cet acte était pour stimuler la foi du chevalier envers le Christ. Les nobles ajustaient alors ses éperons et sa bannière sur laquelle était inscrite des prédictions. Ensuite, il montait à cheval et prouvait son habileté de cavalier en renversant à coup de lance, des mannequins nommés « quintaines ». Pendant deux ans, il se devait de courrir les tournois afin de répandre le nom de la Maison dont il portait les couleurs.
Pour le chevalier, l’armure est bien autre chose qu’un simple moyen de protection, c’est un indicateur de statut social. Ainsi, le chevalier cherchera toujours à posséder l’armure la plus imposante et la mieux ouvragée. l’armure est un outil essentiel. À l’apparence, elle est donc systématiquement ornée de multiples décorations, blasons et autres marques rappelant la bravoure de son possesseur. Un chevalier comme tous les nobles possède un blason, une devise et autres signes distinctifs qui lui permettent de se faire identifier sur le champs de bataille. L’armure de plaques reste le choix favori du chevalier. Les armures en cuir ou en tissu étant réservées aux paysans.

Les chevaliers n’ont aucune limite dans les armes qu’ils peuvent utiliser, mais il existe certaines armes privilégiées que les chevaliers chercheront à apprendre à maîtriser, en priorité :

La lance
L’épée longue
La masse de chevalier

Les armes qui affligent les dommages à distances, seront délaissées par le chevalier car elles mettent en cause sa bravoure au combat, constituant ainsi une violation au code de chevalerie. Le combat à cheval est une spécialité des chevaliers. Ils sont tous virtuellement nés et entraînés sur une selle.

Un chevalier doit suivre un code de conduite et respecter une éthique propre à la chevalerie sous peine de perdre son statut de chevalier. Ces valeurs chevalesques sont :

La Loyauté
La Courtoisie
L’Honneur
La Fièreté et la Bonne Foi
La Bravoure
La recherche de Gloire et de Renommée
L’Obéissance à la Hiérarchie et le Respect de la Parole donnée

Le code de la chevalerie du temps des croisades, se résume en dix (10) commandements, tout comme le décalogue de l’église. Il a surement été le frein aux personnes qui, sans ce code, auraient été sauvages et indisciplinés.

Tu croiras à tout ce qu’enseigne l’église et observeras tous ses commandements.
Cette première règle de la chevalerie est la plus importante de toutes. Si on était pas Chrétien, on ne pouvait devenir chevalier. Le chevalier devait croire en Dieu et avoir en lui, pleine confiance.
Tu protégeras l’église.
Cette règle est le cri d’armes du chevalier. Le chevalier devait servir et défendre l’église.
Tu auras le respect de toutes les faiblesses et t’en constitueras le défenseur.
Le chevalier devait défendre tous les faibles, aussi bien les prêtres que les femmes et les enfants.
Tu aimeras le pays où tu es né.
Le chevalier devait aimer et protéger sa patrie.
Tu ne reculeras pas devant l’ennemi.
Le chevalier devait être une brave personne. Mieux valait être mort que d’être couard.
Tu feras aux infidèles, une guerre sans trève et sans merci.
Cette règle invitait les chevaliers à combattre et haïr les païens.
Tu t’aquiteras exactement de tes devoirs féodaux, s’ils ne sont pas contraires à la loi de Dieu.
Le Seigneur devait protéger son vassal qui lui, en échange, était fidèle à son seigneur. Le chevalier devait aider son seigneur lorsqu’il avait besoin d’aide.
Tu ne mentiras point et seras fidèle à la parole donnée.
Le chevalier ne devait en aucun cas mentir et le respect de la parole donnée allait aussi avec la franchise.
Tu seras libéral et feras largesse à tous.
Le chevalier devait être courtois et sage pour tous. Il devait être aussi généreux.
Tu seras, partout et toujours, le champion du croit et du bien contre l’injustice et le mal.
Le chevalier devait se faire le défenseur du bien et le combattant du mal.

Les vertus de la chevalerie

Loyauté
Le chevalier devait toujours être loyal envers ses compagnons d’armes. Que ce soit pour la chasse ou pour traquer un ennemi, le chevalier doit être présent au combat jusqu’à la fin avec ses compagnons, prêt à les aider en tout temps avec vaillance.
Prouesse
Le chevalier devait être preux et posséder une force musculaire importante pour combattre les adversaires qu’il rencontrerait. Il devait les combattre pour le service de la justice et non par vengeance personnelle.
Sagesse et Mesure
Le chevalier devait être sage et sensé afin d’empêcher la chevalerie de basculer dans la sauvagerie et le désordre. Il avait le contrôle sur sa haine et sa colère de lui-même en tout temps. Les échecs étaient donc de mise pour excercer sa capacité intellectuelle dans la réflexion et le calme.
Largesse et Courtoisie
Un noble chevalier devait partager autant de richesses qu’il possédait avec amis et paysans sous son aile. Lorsqu’il se rendait à la cour, il devait faire preuve de courtoisie, de se faire aimer par sa dame en étalant devant elle toutes ses prouesses. Il devait aussi la servir fidèlement et purifiait en quelque sorte, l’âme du Chevalier.
Justice
Le chevalier doit toujours choisir le droit chemin sans être encombré par des intérêts personnels. La justice se faisait alors par la pitié et l’humilité. Un chevalier se doit de défendre son Seigneur et ceux qui dépendent de lui. Il doit toujours défendre sa nation, sa famille et ceux en qu’il croit fermement et loyalement.
Courage
Un chevalier se doit de choisir le chemin le plus difficile et non le chemin guidé par ses intérêts personnels. Il doit être prêt à faire des sacrifices personnels. Il doit être à la recherche ultime de la vérité et de la justice adoucie par la pitié.
Foi
Un noble chevalier doit avoir foi en ses croyances et ses origines afin de garder l’espoir.
Humilité
Le chevalier ne doit pas se vanter de ses exploits, mais plutôt laisser les autres le faire pour lui. Il doit raconter les exploits des autres avant les siennes afin de leur donner le renom dont il mérite.
Franchise
Le chevalier devait parler le plus sincèrement possible.

 

Voici quelques devises et attitudes propres aux chevaliers :

Courtoisie envers toutes les femmes
L’honneur avant tout et la mort avant le déshonneur
Mort à ceux qui s’opposent à la noble cause
Combattre est une gloire
La bataille distingue le brave
Le respect de ses pairs et de ses égaux
On ne peut mourir qu’en faisant la guerre
Sur le champ de bataille sois toujours sur l’ennemi le plus puissant
Protèges les faibles qui te respectent
Ne refuses jamais un duel
Ne laisses jamais personne te traiter de lâche pour servir, ou pour mourir
Ton corps est une machine à tuer
Si la mort te frappe au combat, souris-lui

Au Moyen-Age, tous les évènements devenaient prétexte pour organiser un tournoi et jouter. Même si les tournois et les joutes s’organisaient dans le respect absolu des adversaires, il arrivait souvent qu’un chevalier se blesse sérieusement ou meurt lors des tournois. Ils étaient principalement pratiqués par les jeunes nobles, récemment adoubés, fils de seigneurs qui les envoyaient apprendre hors de leurs terres les règles de la chevalerie avec leurs compères. Les tournois servaient à déterminer le meilleur chevalier et les vaincus remettaient armes et rancon au vainqueur. De plus, il arrivait qu’une dame remette sa manche à un chevalier afin qu’il se batte pour elle. Il remettait de ce fait les armes et les chevaux des chevaliers vaincus à la dame qui lui avait offert sa manche.

De nombreux cavaliers et nobles créèrent des ordres de chevalerie réunissant en confrérie les meilleurs tournoyeurs. Ceux-ci disposent d’appartements dans un château royal. Ils se doivent assistance réciproque en cas de besoin, et partagent une même foi religieuse. Les joutes et les tournois stimulent les armées, soutiennent le moral des soldats et encouragent, par une guerrière stimulation, les prouesses des chevaliers.

L’esprit de la Noblesse

Le véritable esprit de la noblesse vient d’abord du coeur et de l’esprit. Savoir comprendre les autres, être présent dans leur désarroi, être l’oreille attentive à ceux qui en ont besoin, s’abstenir des commentaires blessants ou passer des jugements sur les autres. C’est faire grand usage de la mesure dans ses paroles et propos.

C’est aussi ne pas faire de distinction entre le faible et le fort, le pauvre et le riche ; c’est se tenir loin de l’arrogant, du méprisant qui n’a jamais compris les autres. Cela peut aussi signifier se sentir aussi à l’aise avec le simple comme le flamboyant. C’est aussi aider (dans la mesure du possible) ceux qui en ont besoin.

Mais c’est aussi être un phare pour les autres. Essayer par tous les moyens d’enterrer nos défauts et de manifester nos qualités. C’est éviter la moquerie, le double language, les stupidités anonymes adressées à n’importe qui.

C’est déja beaucoup d’arriver à faire tout cela. Et il y aurait peut-être encore plus à faire !

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 12 octobre, 2007 |10 Commentaires »

La chevalerie

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Le mot chevalerie exprime, comme le remarque avec raison Philarète Chasles, un ensemble de mœurs, d’idées, de coutumes, particulier au moyen âge européen et dont l’analogue ne se retrouve pas dans les annales humaines.

C’est sans doute qu’à aucune autre époque de l’histoire, la foi chrétienne n’a été plus vivante au sein des peuples et mieux pratiquée par les individus, car la chevalerie ne se rencontre que dans les nations chrétiennes et au moment où elles sont vraiment chrétiennes.

Dès le XIe siècle, la chevalerie nous apparaît comme un fait existant, dont l’origine demeure incertaine. Elle était la consécration de la force au service du droit, du droit des faibles surtout, plus facilement méconnu parce qu’il est désarmé.

Parmi les faiblesses que la chevalerie avait prises sous sa garde, il y en avait une sacrée entre toutes, c’était celle de l’Eglise.

Champion de l’Eglise et béni par elle, le chevalier devait son appui à tous ceux que protège l’Eglise, à l’orphelin, à la veuve, à la femme que le christianisme avait relevée de la dégradation où la retenait le paganisme, en lui rendant dans la famille et dans la société la place qui lui appartient.

Le chevalier s’inspirait donc de sa foi religieuse ; lorsqu’il se faisait le défenseur de la femme et qu’il lui vouait son respect.

Mais à mesure que s’effaça l’idée chrétienne, on vit la chevalerie déchoir : déjà au XIVe siècle, Froissart constatait cette dégénérescence de l’esprit chevaleresque.

La courtoisie se changea en galanterie, le respect de la femme devint une sorte de culte ; aux vertus premières de loyauté, de justice, de dévouement se mêlèrent des sentiments ridicules ou coupables : l’aveugle et servile soumission aux caprices des dames, la recherche des aventures per fas et nefas ; l’honneur se déplaça, ou plutôt le mot perdit sa signification primitive et quand, au commencement du XVIe siècle, « le bon chevalier sans peur et sans reproche fut tué d’un coup d’artillerie », le Loyal Serviteur put écrire avec vérité que ce fut « grosse perte à toute chevalerie ».

Un poète, Alexandre Soumet, a été plus loin et a dit plus juste lorsque, après avoir raconté les derniers moments de Bayard, il ajouta : « Et la Chevalerie, inclinant sa bannière, posa sur ce cercueil sa couronne dernière »

C’en était si bien fait de la chevalerie, de ses mœurs, de ses idées, qu’à cette même époque, la flatterie de courtisans corrompus attribuait le titre de roi-chevalier au moins chevaleresque des rois ; à celui qui favorisait en Allemagne l’hérésie qu’il proscrivait en France ; à l’allié du Turc, vainqueur des chrétiens à Belgrade et à Rhodes ; au prisonnier de Madrid rachetant sa liberté par des promesses menteuses, « que, comme Français, il n’aurait jamais dû signer; que, comme chevalier, il n’aurait jamais dû rompre », dit Sismondi ; au prince licencieux qui fit de la cour une école de mauvaises mœurs ; au roi François Ier.

La vie du chevalier était soumise à des règles qui en déterminaient chaque phase.

L’enfant qu’on destinait â la chevalerie était, dès l’âge de sept ans, retiré des mains des femmes et confié à quelque seigneur dont il devenait en quelque sorte l’élève et même le serviteur, car dit l’Ordène de chevalerie, « il convient qu’il soit subject, devant que seigneur, car autrement ne connaîtroit Il pas la noblesse de sa seigneurie quand il seroit chevalier. »

Cette domesticité temporaire et accidentelle n’avait d’ailleurs, en aucun cas, rien de dégradant, elle ne faisait que resserrer les liens d’amitié et de sympathie qui rattachaient l’apprenti chevalier à ses maîtres et instituteurs.

Ceux-ci ne négligeaient pas l’éducation morale et religieuse de leur élève, qu’ils formaient à l’amour de Dieu et au respect des dames en même temps qu’ils l’exerçaient au maniement des armes.

Ils l’engageaient bientôt à se choisir, parmi les nobles damoiselles qui fréquentaient le château, une sorte de souveraine idéale envers laquelle il ferait preuve de toutes les délicatesses et qu’il devrait servir, lui rapportant ses pensées et ses actions comme à une personnification de sa conscience.

Le page, après avoir passé par les fonctions de varlet et de damoiseau, était mis hors de page en devenant écuyer, ce qui ne s’accomplissait pas sans l’intervention de l’Eglise qui bénissait les armes du futur chevalier.

En dehors des services domestiques qu’on attendait de lui dans la maison de son seigneur, l’écuyer était surtout chargé des soins de l’écurie, nobles soins dans ces temps où la noblesse ne combattait qu’à cheval.

Parvenu au grade de bachelier ou bas chevalier, il accompagnait son maître au combat.

Enfin quand après ce long noviciat, après avoir fait ses preuves en qualité de poursuivant d’armes, le jeune gentilhomme devait être armé chevalier, il s’y préparait par un jeûne de trois jours et par la veille des armes, passant la nuit entière à la porte de l’église, debout et en tenue de guerre ; le matin, il entendait la messe à genoux, vêtu de blanc, portant au cou l’épée qu’il ne pouvait ceindre encore ; il recevait des mains de quelques nobles dames ou damoiselles, les éperons, le haubert, la cuirasse, les gantelets et les autres pièces de son armure qu’il revêtait aussitôt ; puis l’évêque ou son délégué aspergeait l’épée d’eau bénite et recommandait au postulant de l’employer à la défense de la sainte Eglise de Dieu, pour la confusion des ennemis de la croix de Jésus-Christ, et de n’en blesser personne injustement ; les prières, profession de foi et cérémonies religieuses étant achevées, le chevalier ordèneur complétait l’adoubement du récipiendaire par la colée, c’est-à-dire qu’il le frappait sur le col du plat de l’épée nue et lui donnait ensuite l’accolade en disant :

« De par Dieu, Notre-Dame et monseigneur saint Denys (ndlr : ou tout autre saint), je te fais chevalier. »

Le nouveau chevalier, ceint de l’épée, se levait, sortait sa lame du fourreau, la brandissait trois fois en homme, viriliter, l’essuyait sur son bras gauche, comme s’il venait de faire une action de guerre, et la remettait au fourreau.

On lui apportait ensuite l’écu et la lance, on lui amenait son destrier et dès lors il pouvait mener la vie de dévouement, de combats et de gloire à laquelle il avait aspiré depuis tant d’années.

M. Paul Lacroix, à qui nous avons emprunté les éléments de cette notice (Vie militaire au moyen âge), écrit :

« L’Eglise, tout en approuvant la générosité de cette institution, prit à tâche d’en modérer les tendances romanesques et belliqueuses ; son esprit pacifique est exprimé dans les prières du Pontifical pour la bénédiction de l’épée. Mais si l’Eglise protégea la chevalerie et l’investit même d’une dignité presque sacrée, elle refusa toujours d’étendre cette protection aux tournois, joutes, bas d’armes, manifestations brillantes et quelquefois dangereuses de l’esprit chevaleresque, et surtout au duel judiciaire. Malgré la présence d’un prêtre dans la lice, elle n’accordait même pas au duel judiciaire une tolérance tacite. Sans cesse elle protesta avec indignation contre cette coutume barbare enracinée dans les mœurs, s’efforçant de détruire la farouche doctrine qui confondait la force avec le droit ; mais ce fut en vain que, pour s’opposer à l’usage du duel judiciaire, elle se servit de toute son influence, de toute son autorité ; elle dut se borner à atténuer les fâcheux effets des idées généralement reçues. » L’association de l’Eglise et de la chevalerie, de la guerre et de la religion se consomma dans une institution qui se rattache intimement aux croisades, nous voulons parler des ordres religieux militaires ».

César Cantu dit :

« Nulle part, la Chevalerie ne se montra plus digne d’admiration. Là, elle accepte le sacrifice de toutes les affections, le renoncement à la gloire du guerrier comme au repos du moine, et charge du double fardeau de ces deux existences le même individu, en le vouant tour à tour aux périls du champ de bataille et au soulagement de la souffrance. Les autres chevaliers allaient en quête d’aventures pour leur dame et l’honneur, ceux-ci pour secourir l’indigence et la douleur. Le grand-maître des Hospitaliers se faisait une gloire du titre de Gardien des pauvres du Christ, celui de l’ordre de Saint Lazare devait toujours être un lépreux, les chevaliers appelaient les pauvres nos Maîtres : effets admirables de la religion qui, dans des siècles où toute la puissance dérivait du glaive, savait humilier la valeur et lui faire oublier cet orgueil qu’on en croit inséparable. »

L’Ordre vénitien de Saint Marc, fondé en 831, est considéré comme le plus ancien ordre de chevalerie.

Le 16 novembre 1351, le roi Jean II le Bon créa, sur le modèle anglais, l’Ordre de l’Etoile, le premier ordre de chevalerie français connu. Il était placé sous le patronage de Notre-Dame-de-la-Noble-Maison et tous les membres juraient de ne jamais reculer dans le combat. Les insignes étaient un anneau dont le chaton figurait une étoile émaillée, timbrée d’un soleil d’or, et un fermail de même forme à fixer sur le manteau ou le chaperon.

La chevalerie qui rassembla les combattants à cheval puis les nobles, n’était plus qu’un degré de la noblesse à la fin du Moyen Âge.

La Révolution française abolit les ordres de chevalerie le 30 juillet 1791.

Citations

« Les temps de grossièreté, de séditions, de rapines et de meurtres, furent les temps les plus brillants de la chevalerie. » (Voltaire).

« La chevalerie est pour les modernes ce que les temps héroïques étaient pour les anciens. » (Mme de Staël)

« La chevalerie exaltait le sentiment de l’honneur à un degré inconnu des héros de l’antiquité. » (Chéruel)

« Dans la grande et triste figure de don Quichotte, nous saluons la dernière apparition de la chevalerie. » (P. de Saint-Victor)

« La chevalerie, à son origine, était une institution sacrée, un ordre qui obligeait ses profès à des vœux solennels, à de nombreuses observances. » (Ozanam)

« La chevalerie  française ne connut, au moins depuis l’avènement des Valois, que les qualités faciles de bravoure, de frivolité, d’élégance, qui devaient lui faire jouer dans le monde un rôle si brillant. » (Renan)

 

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Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 28 juillet, 2007 |1 Commentaire »

GLOSSAIRE (Temps Modernes)

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Abonnement: Accord où l’on remplace une redevance, une taxe quelconque par un montant négocié une fois pour toute. Capitation, dixième et vingtième, ou les droits d’aides , les droits domaniaux sont souvent abonnés, par les provinces, les villes ou par un ordre tel que le clergé.

Académie:

  • Cercle de savants, d’artistes, d’intellectuels… L’Académie française est fondée en 1635. L’Académie des sciences de Paris est fondée en 1666, celle de Toulouse en 1729.
  • Ecole de niveau secondaire et supérieur qui forme les pasteurs (religion réformée).

 

Accensement: Terre ou tenure mise en cens par un seigneur.

Actes royaux: Lettres de chancellerie signées du roi et enregistrées en Parlement ayant force de loi: ordonnances, édits, lettres patentes

Afféagement: Cession par le seigneur à un acquéreur, contre une redevance, d’une partie du domaine seigneurial ou des terres nobles.

Affinerie: Foyer de forge où l’on transforme la fonte en fer (en diminuant sa teneur en carbone).

Affouage: Droit de prendre du bois de chauffage dans une forêt. Cela peut être le cas pour la communauté d’habitant dans la forêt seigneuriale ou pour le seigneur (chauffage du four banal) dans une forêt qui appartient aux habitants.

Anciens: Chez les calvinistes, Membres d’un consistoire. Ce sont les anciens qui choisissent le pasteur (ou ministre) de la communauté.

Angelus: Son de la cloche qui annonce, le matin, le midi et le soir l’heure de la prière à la vierge.

Apanage: Fief (une partie du domaine royal) octroyé par le roi à ses fils cadets ou à ses frères en renoncement à la Couronne. En cas de disparition de la branche apanagée, le fief revient à la Couronne.

Appel comme Abus: Plainte déposée devant une cour souveraine contre un juge ecclésiastique qu’on accuse de dépasser ses pouvoirs ou qui empiète sur la justice séculière.

Arrêt: Décision souveraine.

Assemblée du clergé: Réunion tous les 5 ans des évêques de France qui gèrent les biens de l’Église, décident du don gratuit (impôt à verser à la royauté) et font part au gouvernement du roi de leurs doléances et observations. Durant cet intervalle de 5 ans, des agents généraux du clergé sont chargés de faire la liaison entre la royauté et le clergé.

Assemblées du désert: Réunions clandestines des protestants, dans des lieux en général peu fréquentés, après la révocation de l’édit de Nantes.

Asséeur ou Collecteur: Personne chargée au sein de la communauté villageoise de répartir la taille et de gérer le rôle (répertoire des personnes soumises à l’impôt ainsi que du montant de leur versement).

Aveu et Dénombrement: description de tout ce qui constitue un fief par le vassal à son suzerain dans les 40 jours qui suivent la foi et hommage. Il en est de même pour le censitaire, mais si, pour le vassal, cette obligation ne lui incombe qu’une seule fois dans sa vie, le censitaire, lui, peut avoir à la refaire selon certains intervalles.

Bailliage ou Sénéchaussée: Circonscription et juridiction royale datant du Moyen Âge. C’est aussi un tribunal de première instance jugeant les causes civiles et criminelles, situé dans l’échelon judiciaire entre la justice seigneuriale et les parlements. D’ailleurs le bailliage juge dans la très grande majorité des cas à charge d’appel aux présidiaux ou aux parlements. Cette circonscription fondamentale à la fin du Moyen Âge se voit perdre son importance sous l’Ancien Régime avec le gouvernement au XVIe (sous la direction d’un gouverneur) puis avec la généralité ou intendance à partir du XVIIe siècle (dirigée par un intendant). Elle ne conserve à la fin du régime plus guère que le pouvoir de convoquer les députés des trois ordres en vue de la réunion du Tiers état.

Ban: trois définitions.

  • Toute proclamation publique: Mariage, fauchaison, moisson, vendange…
  • peine qui est du ressort d’une juridiction ou qui consiste à bannir un condamné hors du royaume.
  • Terme issu du Moyen Âge et qui englobe les vassaux tenus envers le roi au service militaire. Pratique devenue obsolète après Louis XIII.

 

Banbois: Partie de la forêt mise en ban (bannie,interdite).

Banc-échoppe: Comptoir, qu’on peut souvent déplacer, appuyé contre un mur.

Béguine: Femme d’une communauté en partie religieuse et en partie laïque dans laquelle on ne prononce pas les voeux perpétuels.

Bénéfice ecclésiastique: bien d’Église (revenu) attribué à un ecclésiastique (voire à un laïque pour les bénéfices réguliers (abbaye) en vertu de la commende) en raison des fonctions qu’il occupe. On distingue les bénéfices séculiers (évêchés, chapellenies, cures) des bénéfices réguliers (abbayes, les offices de chambrier, aumônier, sacristain, etc.). Il s’opère une seconde distinction avec les bénéfices majeurs (évêché et abbaye) où l’évêque et l’abbé sont nommés par le roi (Commende suite au fameux concordat de Bologne en 1516), et les bénéfices mineurs (prieuré, cure, chapellenies, etc.) qui sont nommés par un patron (évêque, abbé, chapitre, seigneur qui est à l’origine d’un édifice religieux, etc.) ou parfois, très rarement, par un concours avec épreuves publiques (cures essentiellement).

Bernardines: Religieuses qui se consacrent presque exclusivement à l’éducation des jeunes filles.

Bief: Cours d’eau détourné pour pouvoir faire fonctionner un moulin (à eau).

Boues et lanternes: taxe dont doivent s’acquitter les propriétaires de maisons à Paris, suite à arrêt du Parlement (1506), pour l’entretien des lanternes et des rues (nettoyage).

Bref: Lettre du pape (toujours brève, sans préface ni préambule) où il communique sa conclusion ou son choix concernant les affaires publiques (par exemple, une question de droit). Le bref contrairement à la bulle ne possède pas le sceau papal.

Brevet: Acte du roi (ne nécessite pas un enregistrement au niveau des Parlements) concernant une nomination voire une grâce quelconque. Le brevet de taille est la somme établie comme devant être le montant de la taille pour l’année concernée.

Breuil ou Breil: lieu (bois, taillis, pré), souvent clos, où paît le bétail.

Bulles: Textes officiels du pape, en caractères gothiques, sur parchemin, et auxquels des boules de plomb (d’où le nom) sont attachées.

Bureaux Diocésains: Une lettre patente de 1616 établit cette juridiction diocésaine afin de répartir les décimes ecclésiastiques. Ces bureaux doivent être composés de l’évêque, du syndic du diocèse, et de députés des curés, des abbés, des communautés régulières et des chapitres. Et ce, pour donner un contrepoids au pouvoir décisionnaire de l’évêque. Ces nouvelles juridictions, en fait, ne changent pas grand chose à l’affaire, c’est toujours l’évêque qui décide.

Cabinet noir: Bureau qui lit secrètement la correspondance privée afin de renseigner les autorités royales. Officiellement supprimé en 1775.

Cadets Gentilshommes: Futurs officiers qui font leur apprentissage militaire dans des corps de troupe. Pour cela Louvois fonde 2 compagnies en 1682 (jusqu’à 9 compagnies aux plus beaux jours). Si elles sont évidemment réservées à la noblesse, certains roturiers peuvent y entrer.

Calendrier Liturgique: Fondamental à l’époque moderne. L’année liturgique est découpée en plusieurs grandes périodes (je ne citerais pas en détail tous les jours qui sont sujets à une commémoration religieuse):
1) L’Avent, marque le début de l’année religieuse. Commence le 4e dimanche avant Noël et se termine à cette date. Les pénitences sont de rigueur: jeûne, abstinence, pas de mariage.
2) Période dite de Récupération (Epiphanie, chandeleur…).
3) Carême, commence 40 jours avant Paques et se termine évidemment à cette date. Autre période de pénitence: jeûne, abstinence, mortifications (pour les plus zélés), pas de mariage.
4) Les Rogations sont les 3 jours d’avant l’Ascencion. Marque jusqu’à la fin juin une période de processions, de bénédictions et de festivités (Pentecôte, Saint-jean Baptiste, Saint-Eloi).
5) Fin de l’année religieuse. L’été marqué par les travaux des champs comprend peu de fêtes. L’année religieuse se termine donc avec le mois de novembre (Toussaint, Trépassés…).

Camisards: Protestants calvinistes, d’origine paysannes essentiellement, qui au début du XVIIIe siècle, dans les Cévennes, entrent en révolte contre la royauté. Leur « uniforme » ou plutôt le moyen vestimentaire de se reconnaître est une chemise blanche passée par-dessus leurs habits (camiso en langue d’oc, d’où leur surnom de camisards).

Capitainerie: Territoire qui forme une seule juridiction en matière de chasse. Ce sont évidemment les capitaineries des maisons royales (Fontainebleau, Vincennes, Compiègne…) qui sont de loin les plus importantes.

Capucins: Frères mineurs (ne sont pas ordonnés prêtres) à l’instar des Franciscains dont ils se sont séparés en 1619.

Carême: Interdiction d’acheter de la viande pendant le Carême (40 jours). Seuls les porteurs d’autorisations ecclésiastiques en ont le droit, mais ils ne peuvent acheter leur viande qu’à l’Hôtel-Dieu pour Paris, ou au boucher dit boucher de carême pour les villes de province.

Cas prévôtaux: crimes et délits du ressort des prévôts des maréchaux (juges militaire) qui réclament une justice rapide. Sont concernés, les mendiants, les repris de justice, les déserteurs, les gens de guerres…

Cas royaux: crimes et délits du seul ressort de la justice royale: hérésie, rébellion, sacrilège, crime de lèse-majesté, assemblée illicite, sédition, fausse monnaie, rapt. Sont aussi des cas royaux tout ce qui a trait aux églises, hôpitaux, communauté, Académies, congrégations ou ordres religieux, impôt, bénéfices ecclésiastiques, le domaine, etc.

Casuel: Rétribution demandée par le clergé pour les baptêmes, mariages, et sépulture.

Catéchèse: Instruction religieuse (enseignement oral).

Célestins: Moines d’une des différentes congrégations bénédictines.

Cénobite: Moine d’une communauté contrairement à l’anachorête (ou à l’ermite) qui, lui, vit seul.

Censier: Répertoire où est consigné le montant du cens à toucher pour chaque tenure.

Censive: Territoire soumis au cens envers un seigneur. Le tenancier, propriétaire utile de sa terre est soumis à la propriété dite éminente du seigneur. D’où redevances envers le seigneur.

Centième denier: Taxe (édit de décembre 1703) perçue lors de toute mutation de propriété ou de jouissance d’immeuble (hormis succession en ligne directe ou donation par contrat de mariage).

Chambres ardentes: Chambres de justice, commissions extraordinaires mises en place pour juger des cas singuliers: personnes peu scupuleuses enrichies suite à des malversations, à certains trafics ou à certaines extorsions, affaires d’empoisonnement (qui défrayent les chroniques de l’époque)…

Chambres de commerce: Institution mise en place par Colbert (1701) car il voulait que les commerçants des principales places du royaume (Lyon, Rouen, Bordeaux, Montpellier, La Rochelle, Lille) soient représentés. Celles de Marseilles et de Dunkerque fonctionnent déjà depuis un certain temps. Les chambres de commerce, au niveau étatique, sont du ressort du contrôle général des finances hormis celle de Marseille qui possède le monopole du commerce avec le Levant et qui dépend des affaires étrangères.

Chambre des comptes: Cour souveraine qui, au niveau du protocole, suit immédiatement le Parlement. Elle est chargée de la conservation et des droits du Domaine, mais aussi de la gestion des finances et notamment le contrôle du maniement des deniers royaux. C’est à la Chambre des comptes qu’on enregistre tous actes concernant les fiefs de la Couronne. Les contrats de mariage de la famille royale, les traités de paix, les baux des fermes, les serments des officiers royaux sont enregistrés à la Chambre des comptes de Paris. Si les Chambres des comptes de province sont sous le contrôle de celle de Paris, la primauté de cette dernière est de plus en plus contestée, d’où le retrait de certaines comptabilités à sa juridiction et une efficacité défaillante du système.

Chancellerie: Lieu où se scellent les lettres et actes qui émanent du roi. La Grande chancellerie, celle qui accompagne le roi, compétente pour tout le royaume est la chancellerie suprême, là où sont scellés les édits, les lettres d’anoblissement, de naturalisation, de légitimation… Les parlements et conseils souverains, quelques chambres des comptes et aussi des cours d’aide ont aussi leur chancellerie. Parallèlement à l’administration royale, les institutions comme les Académies, les Universités, les églises (Notre-Dame), les abbayes, ont aussi leur chancelier et donc leur propre sceau.

Chapitre noble: Communauté religieuse, masculine ou féminine, qui n’admet en son sein que des membres issus de la noblesse.

Châtelet: Tribunal de grande instance de Paris, prévôté et vicomté de Paris, devient présidial en 1552. Le châtelet sous l’Ancien Régime est presque l’égal des parlements.

Clergé: le premier ordre du royaume. Si les membres du haut clergé sont exclusivement issus de la noblesse et vivent sur un pied d’égalité avec les membres laïques de la haute aristocratie, certains curés et vicaires, par les difficultés qu’ils rencontrent, sont plus proches du tiers état et principalement de ses couches populaires.

Coche d’eau: Bateau fluvial qui transporte passagers et marchandises, souvent tiré par des chevaux.

Code: Textes, Ordonnance du Conseil de justice royal, régissant un domaine particulier. Parmi les principaux codes en vigeur sous l’Ancien Régime, on trouve:
1) Code Michau sur l’administration de la justice (1629).
2) Code des Tailles (1634).
3) Code Louis qui régit l’état civil et notamment les registres paroissiaux (1667).
4) Grande Ordonnance des eaux-et-Forêts (1669).
5) Code de procédure criminelle (1670).
6) Code du commerce (1673).
7) Code maritime (1681).
8) Ordonnance coloniale, dite aussi Code noir (1685).

Collège:
1) Communauté religieuse (ex.: collège de chanoine)
2) établissement d’enseignement qui correspond, en gros, à notre secondaire actuel. A l’époque on y enseigne ce que l’on nomme le cycle des Humanités (6 années d’étude), de la classe de grammaire à celle de rhétorique. Les Collèges de plein exercice assurent l’enseignement, en plus des 6 années consacrées aux humanités, de 2 années de Philosophie, soit le cycle secondaire complet.

Colloque: Circonscription religieuse et assemblée, au niveau régional, chez les Protestants. Chaque communauté ou paroisse envoie au colloque en tant qu’assemblée, un pasteur et deux anciens. Généralement les Colloques remplissent un travail préparatoire au synode provincial. Ce sont les colloques qui recensent les dossiers ou les questions à évoquer et ce sont les synodes provinciaux qui tranchent.

Colombier: Seuls les seigneurs hauts justiciers ont le droit de posséder un colombier à pied. Les colombiers (volières) dont le bas sert à une autre fonction (hangar, remise, pressoir…) sont autorisés pour les propriétaires de plus de 50 arpents de terres labourables (nobles et roturiers).

Commende: Garde d’un bénéfice régulier accordée par le roi à un ecclésiastique séculier voire à un laïque. Ce moyen permet au roi de récompenser ses plus fidèles serviteurs et de pourvoir l’Église en scandales. La commende ne s’applique qu’aux monastères d’hommes, l’abbesse étant presque toujours une religieuse issue de l’ordre de l’abbaye qu’elle dirige. Par contre le commendataire n’a aucun pouvoir sur les religieux de son abbaye qui élisent un prieur claustral pour les diriger.

Commis: désigne l’employé dans le privé et le fonctionnaire pour tout ce qui touche à l’administration étatique.

Commise: Confiscation d’un fief pour félonie ou forfaiture envers le suzerain, ou pour désaveu de fief.

Commissaire: employé nommé par commission du roi (charge temporaire). Le commissaire n’est donc pas propriétaire de sa charge à la différence de l’Officier.

Committimus: Lettre du roi permettant de faire juger sa cause par une cour souveraine.

Communauté d’habitants: Ensemble des habitants d’un village, d’une commune ou d’une ville. La communauté d’habitants s’ordonne autour de l’assemblée des chefs de foyer (de feu) sous la férule d’un ou plusieurs représentants (syndic ou consul voire officiers municipaux). Par ce biais, la communauté d’habitants assure la police rurale (assolement, usages, communaux) ou urbaine, peut répartir et collecter la taille et la capitation, administre les biens de la collectivité, et intente même des actions en justice contre un seigneur ou une communauté voisine si elle en ressent le besoin. Malheureusement, aussi bien dans les municipalités urbaines que rurales, ce système génère de mauvaises gestions et débouche sur une certaine « pagaille ». Si bien que Colbert à partir de 1683, les place sous l’étroite surveillance de l’intendant (ce qui peut aussi être un prétexte de l’Etat absolutiste afin d’étendre son contrôle sur les populations).

Communaux: Les terrains qui servent à la communauté (friche, marais, forêt…) et qui permettent d’élever le bétail ou de collecter du bois de construction et de chauffage. C’est un enjeu important dans la vie de la paroisse ou de la seigneurie entre la communauté et les seigneurs ou les gros propriétaires.

Compagnie: L’Etat accorde à un groupes de commerçants et de financiers (la compagnie), un monopole, généralement en faveur du commerce international ou de l’exploitation des ressources coloniales.

Compois: Substitut du cadastre des biens immeubles d’une juridiction ou d’une communauté (compois terrien). Dans le midi, et en particulier dans le Languedoc, on utilise aussi le compois cabaliste qui enregistre les biens meubles.

Concordat: Transaction passée entre le Saint-Siège et un Etat souverain dans le but de régir les rapports entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel (celui de l’Etat souverain). Pour la France d’Ancien Régime c’est le concordat de Bologne en 1516 entre Léon X et François 1er qui est en vigueur durant toute la période.

Connétable de France: chef suprême des armées quand le roi n’est pas à sa tête. La charge est abolie en 1627 par Richelieu.

Conseil souverain ou supérieur: Cours d’appel dont les compétences équivalent à celles des parlements.

Consistoire:

  • Assemblée de cardinaux convoqués par le pape et qui traite des affaires de l’Eglise.
  • Conseil protestant (formé exclusivement de laïcs) chargé de l’administration des églises et d’une certaine juridiction ecclésiastique sur ses membres (veille à la discilpine religieuse et morale des membres de la communauté, de conserve avec le pasteur). On n’en trouve plus guère, à la fin de l’Ancien régime, qu’en Alsace.

 

Consulat: Conseil de ville dans les provinces du Sud dont les membres sont les consuls (synomymes: échevinage ou encore corps de ville).

Corporation: Association soumise à réglement et bénéficiant d’un privilège exclusif, où se regroupent les personnes exerçant le même métier (maîtres, compagnons et apprentis).

Corvée Royale: Obligation pour les ruraux de travailler un certain nombre de jours à la réfection ou la construction des grandes routes du royaume. Cette obligation s’institutionnalise vers les années 1730 avec le contrôleur général des finances Orry. Malgré un certain nombre de péripéties, elle survit jusqu’en 1789 alors qu’il est fortement question de la remplacer par une taxe .

Cour des aides: Cour souveraine qui juge au civil et au criminel tout ce qui touche à la levée de l’impôt (taille, aides, octrois, gabelle) et les appels des jugements des élections, greniers à sel, juges des traites…

Cour des monnaies: Cour souveraine, à partir de 1552, au civil et au criminel, sur tout ce qui touche les monnaies et les métaux précieux. La cour des monnaies de Paris étend sa juridiction sur tout le royaume (hormis les exceptions qui forment la règle) sauf entre 1704 et 1771 ou une cour des monnaies implantée à Lyon lui fait concurrence.

Cours souveraines: Ce sont les cours qui jugent sans appel, hormis cassation par le roi et son conseil: les parlements, le Grand Conseil, les chambres des comptes, les cours des aides, la cours des monnaies, les conseils souverains et supérieurs. Ces cours enregistrent aussi les actes royaux avec droit de remontrance.

Courtille: Terrain non bâti dépendant d’une maison (la jouxtant ou l’entourant).

Coutume: Usages, pratiques qui sont devenus à l’intérieur de chaque province de véritables lois. On a pour habitude d’opposer les provinces du nord avec leurs pays dits coutumiers et les provinces du sud avec leurs pays de droit dit romain où le droit est écrit, mais il semble que la réalité soit un peu plus complexe. Notamment en pays de droit romain où les provinces ont aussi leurs coutumes. Les coutumes à partir du XVIe siècle sont répertoriées par écrit sur des coutumiers.

Crapaudière: Mare, étang.

Croix de Saint-Louis: Médaille, distinction pour faits militaires, créée sous Louis XIV (1693).

Décime: Impôt dû par le clergé au roi suite au concordat de Bologne (1516). Tous les ans le clergé verse au roi les décimes ordinaires et exceptionnellement les décimes extraordinaires si l’État a de gros besoin.

Décimateur: Celui qui perçoit les grosses dîmes de la paroisse, de plus en plus rarement le curé.

Démonologie: Etude de l’influence, de la nature du démon, voire des démons.

Dîme: Impôt dû au clergé portant sur les fruits de la terre et sur les troupeaux. Imposé sous Charlemagne (capitulaires de 779 et 794), l’impôt est destiné à l’entretien de la paroisse, et au soulagement des gens dans le besoin. Sous l’Ancien Régime, les produits de la dîme vont à des décimateurs, abbayes, évêchés, chapitre et même à des seigneurs laïques (dîme inféodée) qui n’ont que faire des paroisses d’où ils proviennent. Si le taux varie selon les endroits, il devrait être au maximum (d’où son nom) d’un dixième. On distingue la grosse dîme (blé seigle, orge, avoine et vin) de la menue dîme (millet, sarrasin, pois, chanvre, lin, fruits vert, légumes). Les animaux d’élevage eux aussi sont imposables: dîme de charnage sur le croît des troupeaux (naissances de l’année) y compris les animaux de basse cour. La dîme est universelle, elle touche les roturiers comme les nobles où la propriété personnelle des ecclésiastiques, même le roi y est astreint (pas de jaloux!). Elle se prélève avant tous les autres impôts dont le champart.

Diocèse: circonscription ecclésiastique. Il y a dans la France de l’Ancien régime en 1789, 139 diocèse dont 18 archevêchés (Reims, Sens, Paris, Rouen, Tours, Bourges, Bordeaux, Auch, Toulouse, Albi, Arles, Aix, Embrun, Vienne, Lyon, Besançon, Cambrai) pour quelque 121 évêchés (…).

Doctrinaires: En 1592 est fondée la congrégation des doctrinaires dans le but d’enseigner le catéchisme au monde rural.

Domaine : le domaine de la Couronne est imprescriptible et inaliénable et il comprend le domaine corporel, c’est à dire les biens immeubles et le domaine incorporel qui comprend tous les droits qui en découlent du fait des droits régaliens et seigneuriaux.

Don gratuit: Sommes que le clergé réuni tous les 5 ans vote et qui sont destinées à la royauté (entretien ou construction de séminaires, d‘hôpitaux, d‘école) . Le clergé a baptisé cette redevance don divin, car il considère cette contribution aux frais de l’État comme une largesse qu’il se dit libre de refuser. Le roi ne semble pas être de cet avis.

Droit canon: Lois et jurisprudence de l’Église.

Droit commun: Lois qui s’appliquent à tous.

Droit féodal: régit tout ce qui concerne les fiefs et les relations entre seigneurs et vassaux.

Droits seigneuriaux: s’appliquent aussi au roi au sein de son domaine royal.

  • Abeillage: droit du seigneur de prélever une certaine quantité de miel dans les ruches de ses vassaux.
  • Afforage: Droit du seigneur à se faire remettre une certaine quantité de vin ou de bière lors de la mise en perce d’un tonneau (perçage du trou destiné au tirage de la boisson).
    Banalité: droit du seigneur à obliger ses censitaires à moudre le grain, cuire le pain, à pressurer les fruits au moulin, au four, au pressoir seigneurial ou banal que le seigneur tient en état ainsi que les chemins qui y mènent (théoriquement). Dans certains cas, moyennant l’acquittement d’un droit envers le seigneur les particuliers peuvent avoir, par exemple, leur four privé.
  • Banvin: droit du seigneur à vendre seul, durant les trente à quarante jours qui suivent le ban (proclamation publique) des vendanges, son vin dans sa seigneurie.
  • Cens: Redevance annuelle, imprescriptible (c’est elle qui détermine que la terre est roturière) que doit le censitaire (censive) au seigneur.
  • Corvée: Service gratuit que doit le censitaire à son seigneur (la jurisprudence la limite à la fin de l’Ancien Régime à douze jours par an).
  • Chambellage: Droit dû, dans certaines provinces (Artois, Flandres, Bretagne, Picardie, Poitou…), au seigneur en cas de mutation d’un vassal.
  • Champart: Portion de la récolte due au seigneur par le censitaire. Varie selon les endroits entre le vingtième et le tiers de la récolte. Le champart s’exerce presque uniquement sur les céréales, rarement sur les autres cultures et récoltes comme la vigne, les légumes ou les fruits. Selon la province, on trouve pour désigner sensiblement le même droit, les termes d’Agrier, agrière, tasque, terrage
  • Chasse: Droit réservé au seigneur haut justicier dans l’étendue de sa haute justice et à chaque seigneur sur son fief. Il est interdit aux autres et sévèrement châtié (jusqu’à la peine de mort).
  • Danger: Droit du seigneur sur les ventes des bois relevant de sa seigneurie (un dixième). Au danger, s’ajoute en Lorraine et en Barrois, envers le seigneur haut justicier, le tiers denier (le ou les vendeurs doivent s’acquitter du tiers du prix de vente).
  • Faitage ou festage: Droit qu’il faut acquitter au seigneur pour construire et posséder une maison.
  • Fumage: Droit dû au seigneur par tout habitant qui fait feu et fumée (le plus souvent en boisseaux d’avoine).
  • Garde seigneuriale: droit du seigneur d’administrer un fief de sa seigneurie (de le tenir sous sa garde et donc d’en percevoir les revenus) alors que son détenteur est mineur.
  • Leyde: le seigneur perçoit un droit sur les marchandises dans les marchés et foires car l’entretien des lieux et la fourniture des poids et mesures lui incombe.
  • Pêche: Contrairement au droit de chasse, il est possible de l’affermer. Théoriquement, le droit de pêche du seigneur s’exerce dans les eaux non navigables et celui du roi dans les rivières navigables.
  • Tonlieu: Quand ce n’est pas un droit de péage, désigne le droit dû au seigneur pour pouvoir faire étalage de ses marchandises dans les foires et marchés.
  • Triage: lors du partage des biens communaux, droit du seigneur de s’en réserver un tiers.
  • droits de mutations
    • Acapte: droit de mutation qui survient à la mort du seigneur ou lors de la mort du censitaire. On utilise le plus souvent l’acapte pour désigner le droit dû à la mort du seigneur et l’arrière-acapte pour désigner le droit dû par le nouveau tenancier à la mort de son prédécesseur. Mais on trouve aussi l’inverse.
    • Aubaine: droit du seigneur sur la succession des biens d’un étranger mort sur ses terres.
    • Lods et ventes: Le plus importants des droits de mutations. C’est une redevance due au seigneur en cas de vente par le tenancier d’une tenure en censive . Le quint est le droit de mutation équivalent en cas de vente d’une terre noble, la tenure en fief.
    • Relief ou rachat: Droit de mutation sur une terre en censive lorsque le changement de propriétaire utile s’effectue autrement qu’en ligne directe ou que par vente.
  • Justice seigneuriale:
    • basse justice: compétente pour les causes civiles mineures (limitée à 10 sols) et celles de police .
    • moyenne justice: compétente pour les délits et les crimes soumis à un châtiment corporel mineur, au bannissement ou à une amende n’excédant pas 75 sols.
    • haute justice: compétente pour les causes civiles ou criminelles avec des peines allant jusqu’à la condamnation à mort mais toujours avec un appel au parlement.
  • Péages: droits seigneuriaux remontant généralement au Moyen Âge pouvant toucher les personnes, les animaux où les denrées qui transitent sur telle route, tel pont ou tel bac appartenant à un seigneur. Le pouvoir d’Ancien Régime s’est efforcé d’en limiter l’usage, sans grand succès.

 

Douairière: Se dit d’une veuve auquel son défunt mari lui permet de bénéficier, en viager, de ses biens propres, ou plus communément, d’une partie de ses biens.

Échevin: magistrat municipal. L’échevinage est généralement le corps de ville.

Economats: Les revenus des bénéfices consistoriaux ou des évêchés en régale remplit la caisse des économats (caisse royale).

Edit: acte du roi concernant un seul point (contrairement à l’ordonnance) . S’applique à une province ou une partie singulière de la population.

Edits somptuaires: Edits promulgués sous l’Ancien Régime (et ils sont nombreux, plus d’une douzaine) qui blâment l’étalage éhonté du luxe et de la magnificence (enrichissons-nous mais gardons une certaine dignité!).

Élection: subdivision de la généralité.

Épices: désigne à l’origine de petits cadeaux offerts aux juges (des parlements) par les plaideurs qui viennent de gagner leur procès. Les petits cadeaux se transforment vite en somme d’argent dont le plaideur doit s’acquitter. La pratique est officialisée par l’édit de mars 1673.

Etat civil: L’ordonnance de Villers-Cotterets d’août 1539 oblige les curés à tenir des registres d’état civil où ils mentionnent la naissance des enfants qui sont baptisés. Ces registres paroissiaux sont confiés au greffe du bailliage dont dépend la paroisse. L’ordonnance de Blois de l’année 1579, les oblige alors à inscrire aussi les mariages et décès. Et pour finir l’ordonnance d’avril 1667, les oblige à tenir deux registres, l’un qu’ils gardent au sein de l’administration ecclésiastique et l’autre qu’ils confient au greffe du juge royal.

États généraux: Assemblée des trois ordres du royaume: noblesse, clergé et tiers état. Avant la convocation de 1789, sa dernière réunion remonte à 1614, d’où la désuétude de l’institution. Il est vrai qu’on ne se souvient de son existence uniquement lorsqu’il s’agit de dénouer une crise.
Réunions des Etats généraux sous l’Ancien Régime: Tours (1505), Orléans puis Pontoise (1560-1561), Blois (1576-1577), Blois de nouveau (1588-1589), Paris (1593), Paris encore (1614-1615), Paris toujours (1789).

États provinciaux: Assemblée des trois ordres (noblesse, clergé, tiers (souvent limité à la bourgeoisie urbaine)) qui, seulement dans les pays d’états, vote l’impôt, en négocie le montant avec les agents du roi, s’occupe de sa répartition puis de sa collecte. Les états en gardent une partie afin de s’acquitter de leurs charges (comme les voies de communication).

Eteule: Chaume qui reste dans un champ après la récolte. Le droit de récupérer la chaume restante.

Exclusif: Obligation des colonies de ne commercer qu’avec la métropole.

Fabrique: Biens et revenus d’une église qui vont à l’entretien de cette église et au frais du culte. C’est aussi le groupe formé par les marguilliers ou encore fabriciens, des laïcs de la paroisse, qui en ont la charge.

Faux-saunage: Contrebande du sel.

Ferme générale: Très tôt le roi afferme la perception des impôts indirects à des fermiers, privés au départ. Il cède d’abord le droit de percevoir les traites, puis les aides et la gabelle. A partir de 1726, une seule institution est compétente pour le perception des impôts indirects et des droits affermés: gabelle, traites, aides, domaines, octrois, tabac, c’est la Ferme générale. Ce qui n’empêche pas la ferme générale de sous-affermer certains droits comme les aides et les domaines à des particuliers ou à des compagnies privées.
Tous les six ans, on adjuge à un particulier le bail de la Ferme générale. Ce particulier n’est qu’un prête-nom que cautionnent les gros financiers (40, puis 60) de l’institution qu’on appelle les fermiers généraux et qui deviennent vite indéboulonnables du fait que l’État ne peut leur rendre leur caution. Et ils en profitent pour faire de gros bénéfices même s’ils sont sous la surveillance, du moins théorique, des intendants ou de la cour des aides. Ce système est particulièrement coûteux pour l’État ainsi que pour le contribuable de l’époque et, en fait, peu rentable (par rapport à ce qu’on pourrait en espérer), si bien que Louis XVI met plusieurs droits en régie (création en 1780 d’une régie générale qui s’occupe essentiellement des aides et d‘une administration générale des domaines et droits domaniaux) mais il ne peut se passer des fermiers généraux dont l’État est devenu tributaire.

Feuille des bénéfices: Charge de celui qui désigne au roi les personnes à nommer aux bénéfices ecclésiastiques qui sont de son ressort.

Fief: Domaine ou partie d’un domaine cédé par un seigneur à un vassal. Domaine noble.

Fief de dignité: Fief dont l’acquisition annoblit obligatoirement: duché, marquisat, comté, vicomté, baronnie.

Filles du roi: Filles, le plus souvent issues d’un orphelinat, à qui la royauté fournie une dot en échange de laquelle elles doivent se marier en Nouvelle-France dans le but de peupler la colonie (1663 à 1673).

Finage: Zone pleinement définie d’une communauté, d’une paroisse ou d’une seigneurie.

Fouage: Imposition qui touche en Bretagne, et en Provence (en Normandie c’est un droit domanial), les feux, les foyers dont le nombre est plus estimatif que réel (on estime à tant de foyer chaque communauté et à elle de fournir la somme correspondante).

Franc-fief: Droit dû au roi par les roturiers quand ils acquièrent un bien noble. Généralement une année de revenu tous les 20 ans.

Frères des écoles chrétiennes: Congrégation fondée en 1684 par Jean Baptiste de la Salle (1651-1719) dont les Frères se consacrent à l’enseignement. Malgré la prononciation de voeux, ils vivent dans le « siècle ».

Froissis: partie en jachère sur laquelle les moutons peuvent paître.

Galère: Navire de guerre utilisé en Méditerranée et dont les rameurs sont sous le coup d’une condamnation (aussi bien des « droits communs » que des « délinquants d’opinion ou de religion » comme les protestants). L’utilisation des galériens est supprimée en 1748.

Gallican: de France. On dit Église gallicane pour dire Église de France.

Gallicanisme: doctrine qui préconise l’autorité du roi et des évêques sur le clergé et les affaires religieuses afin d’affaiblir celle du pape. Le gallicanisme milite en faveur des conciles oecuméniques et contre l’infaillibilité du pape.

Généralité: circonscription supérieure au niveau fiscal dans les pays dits d’élection ou circonscription de perception de la taille.

Glandée: zone forestière qui sert de pâture au porc.

Gouverneur: dirige au début des Temps modernes le gouvernement, circonscription politique et militaire qui correspond généralement aux anciennes Provinces. Le gouverneur à partir du XVIIe siècle est supplanté par l’intendant, suite aux rôles importants joué par certains gouverneurs contre le pouvoir royal lors des guerres de Religion et surtout lors de la Fronde. Le gouvernement n’est plus alors qu’une circonscription militaire commandée réellement par un lieutenant général, voire un commandant, et le gouverneur, membre de la haute noblesse, réside la plupart du temps à Versailles; sous la surveillance du roi. A partir de 1750, il doit même demander l’autorisation du roi pour se rendre dans sa province.
Parallèlement on trouve les gouvernements d’établissements royaux ou de maisons royales: hôtel des invalides, Bastille, Versailles, Trianon, Compiègne, etc.

Gouvernement du roi: Il est formé, à la fin du régime, d’un ministère ainsi composé:

  • le chancelier qui est le chef de la magistrature et qui a la garde des sceaux de France, il est partie prenante de la législation royale. Il est inamovible mais peut tout de même être disgracié, il conserve alors son titre mais n’exerce plus sa fonction, c’est un garde des sceaux nommé par le roi qui le fait.
  • le contrôleur général des finances est le principal ministre du gouvernement puisqu’il dirige l’administration financière du royaume mais aussi l’agriculture, l’industrie, le commerce, les ponts et chaussées, et toute l’administration intérieure du royaume.
  • Les 4 secrétaires d’État avec le secrétaire d’État à la Guerre qui administre aussi les provinces frontières, le secrétaire d’État à la marine (et des colonies), le secrétaire d’État aux affaires étrangères et le secrétaire d’État à la Maison du roi qui s’occupe, en plus de ce qui touche à la Cour, des affaires du clergé, des protestants, de la feuille des bénéfices ou de la ville de Paris. Les secrétaires d’État ont aussi en charge l’administration d’un certain nombre de provinces. Ils sont le lien entre les administrateurs provinciaux du royaume (dont les intendants) et le roi.

A ce ministère vient s’ajouter les différents Conseils

  • Le Conseil d’en haut dit aussi Conseil d’État s’occupe de la grande politique: paix, guerre, relation avec les États étrangers. Les membres du Conseil d’État nommés par le roi portent le titre de ministre d’État au nombre de 7 en 1789. Le seul membre du ministère à y participer (quand il y participe) est le secrétaire d’État aux Affaires étrangères en qualité de rapporteur. Se réunit généralement 2 à 3 fois par semaine.
  • Le Conseil des Dépêches s’occupe de tout ce qui touche à l’administration intérieure du royaume: affaires judiciaires, ecclésiastiques, les municipalités, les pays d’États, les travaux publics… Il peut même revenir sur des arrêts des parlements qui, bien-sur, lui contestent ce droit. Le Conseil des dépêches se réunit une fois par semaine et il comprend le roi, le garde des sceaux, des ministres et des secrétaires d’État ainsi que 2 conseillers d’État (au nombre de 30, nommés par commission et qui ont en charge tout ce qui touche à la monarchie administrative).
  • Le Conseil des Finances gère les revenus de l’État et répartit la taille dans les généralités. Il établit aussi les baux des fermes. Y assistent le roi, le garde des sceaux, les ministres d’État, et un ou deux conseillers d’État.
  • Le Conseil privé ou des parties que préside le chancelier, remplit les fonctions de cour de cassation.
  • Le Conseil des Consciences, est une réunion d’ecclésiastiques réunis autour du roi afin de faire le point sur les affaires religieuses à l‘intérieur de royaume. Ce Conseil s’il n’entre pas dans le protocole officiel du gouvernement du roi, s‘il ne revêt pas la même solennité que les autres, n’en est pas point important puisqu‘il semble bien que la question religieuse est une question pour le moins épineuse.

 

Grand Conseil: créé en 1497, ce tribunal a pour vocation de juger les conflits de bénéfices ecclésiastiques mais aussi les affaires où les parlements sont accusés de partialité.

Grenier à sel. Lieu de stockage du sel par l’institution chargée de le percevoir (le grenier, sous l’Ancien Régime, désigne le siège de certaines administrations: grenier à blé, à sel…) . Mais aussi tribunal compétent pour les affaires touchant à la gabelle. L’appel se fait devant la cour des aides.

Gruerie: circonscription forestière dont l’officier est le Gruyer. C’est aussi une juridiction compétente pour les petits délits.

Halle ou Halles: A l’époque quand il ne s’agit pas du marché couvert, qualifie l’hôtel de ville.

Hallage: Droit d’octroi sur les produits vendus dans les foires et marchés et notammment les grains.

Hôtel-Dieu: Etablissement hospitalier ou hospice placé sous la direction de l’évêque.

Huguenot: Surnom un brin railleur donné par les catholiques aux calvinistes. Vient de l’allemand « confédéré ».

Humanités: les 6 premiéres années d’étude au collège, de la classe de grammaire à celle de rhétorique.

Indult:
1) Lettre de Monsieur le pape accordant à son destinataire une dispense par rapport à un principe général.
2) Faveur par laquelle Monsieur le pape accorde à un laïc (souvent un prince) un ou des bénéfices ecclésiastiques.

Impôts directs

  • Capitation: Impôt direct créé en 1695, devient permanent à partir de 1701. Vise à l’origine tous les sujets, répartis en 22 classes (chaque classe devant s’acquitter de la même somme). Le clergé se rachète de l’impôt et la noblesse s’en fait exempter. Au final, seuls les roturiers sont taxés.
  • dixième: Impôt de guerre (1710-1713, 1733-1737 et 1741-1749).
  • Taille: Impôt touchant les roturiers. Elle est dite taille personnelle dans le nord et c’est un impôt sur le revenu. Elle est qualifiée de taille réelle dans le sud et c’est un impôt sur les biens immobiliers (foncier). Le gouvernement fixe annuellement la somme qu’il demande pour tout le royaume. Cette somme est partagée au niveau des généralités puis au niveau des élections. Le Bureau d’Élus de chaque élection se charge alors de déterminer la taille à payer par chaque paroisse où des répartiteurs déterminent la part à verser par chaque contribuable. Le collecteur est responsable de la récolte de l’impôt au niveau paroissial, le trésorier particulier en est responsable au niveau de l’élection et le receveur général dans sa généralité.
  • Quartier-d’hiver: redevance en supplément de la taille dont il faut s’acquitter pour financer le logement de la troupe quand il ne fait plus très chaud. Milices, étapes, quartier-d’hiver ou ustensiles qui étaient à l’origine des obligations imposées aux habitants pour subvenir aux besoins de la troupe, avec le temps et le logement de celle-ci dans des casernements, sont devenues des redevances dont le montant (global) atteint les deux tiers de la taille.
  • Vingtième: devient permanent en 1749 et touche tous les revenus et tous les sujets. De nouveau la noblesse est exemptée et le clergé s’en est racheté. De nouveau les roturiers sont les seuls touchés. Pour ceux qui veulent tout savoir, le vingtième se divise en fait en 4 vingtièmes ou en 4 parties: le vingtième foncier, le vingtième des industries (commerçants et industriels), le vingtième des offices et droits (vénalité des offices) et le vingtième mobilier (autres revenus mobiliers). Celui qui rapporte et compte vraiment est évidemment le vingtième foncier, celui que les différents contrôleurs généraux des finances voudront réformé en le remplaçant par une subvention territoriale dont les parlementaires ne voudront pas entendre parler et qui sera l’une des principales pierres d’achoppement entre les deux parties.

Impôts indirects

  • Aides: impôt indirect touchant certains produits comme les métaux précieux, les vins, les alcools, les huiles, les savons, etc. La noblesse et le clergé ne s’en acquittent pas. Parmi les droits d’aides les plus courant (touchent pour la plupart les alcools): gros, augmentation, huitième, quatrième, annuel, cinq sols, subvention, droits de jauge, trop bu (la consommation personnelle du vigneron ou fabricant (de cidre ou d’eau de vie par exemple) est arrêtée à un certain niveau, s’il en reste moins que prévu, taxe! qui est aussi appelée gros manquant)… 
  • Gabelle: Impôt sur le sel. Son taux est fonction de la zone géographique définie par l’administration royale:
    • Pays exemptés (Bretagne (+ actuelle Vendée), Boulonnais, Calaisis, Artois, Flandre, Hainaut, Béarn, Navarre…). Les Provinces exemptées ne payent pas la gabelle.
    • Pays rédimés ( Guyenne, Gascogne, Limousin, Saintonge, Angoumois, une partie du Poitou (hormis l‘actuelle Vendée), Limousin…). Les provinces rédimées sont celles qui s’en sont “rachetées” dès le XVIe (paiement global en une seule fois, montant négocié avec le pouvoir royal).
    • Pays de petite gabelle (Lyonnais, Maçonnais, Beaujolais, Bresse, Languedoc, Dauphiné, Provence, Roussillon, Forez …). Les provinces de petite gabelle (sel de la Méditerranée) payent une taxe et la consommation est libre.
    • Pays de grande gabelle (Île de France, Orléanais, Berry, Bourbonnais, Champagne, Maine, Anjou, Touraine, Picardie, Champagne, Bourgogne, Nivernais). Les provinces de grande gabelle (sel de l’Atlantique) sont celles qui sont le plus fortement taxées avec obligation d’achat d’une certaine quantité de sel pour chaque famille (le privilège dit du franc-salé en exempte notamment les fonctionnaires (commis à l’époque) et les établissements dits charitables qui en plus l’achètent à un prix moindre).
    • Pays de Quart Bouillon (Basse Normandie). Le sel récolté sur les plages doit être épuré de son sable (par ébullition) et le quart de la production revient au roi.
    • Pays de salines (Franche-Comté, Alsace et Lorraine). Dans les provinces de salines (qui ont leurs gisements de sel minéral), les consommateurs payent aussi une taxe (de l’ordre de celle des pays de petite gabelle).

    Ces disparités entre provinces font la joie des trafiquants et des contrebandiers en tout genre, notamment les faux-sauniers.

  • Octroi: taxe que les villes sont autorisées à lever à leur profit. Concerne essentiellement les produits de consommation qui entrent dans la ville. A partir de 1663, ce sont les fermiers du roi qui perçoivent la taxe dont une moitié revient à l’État et l’autre à la commune ou à la ville. 
  • Traites: droit de douanes aux frontières extérieures comme aux frontières intérieures du royaume. Il y a trois grands groupes de provinces au passage desquelles il faut s’acquitter d’un droit de douane.
    • le pays de cinq grosses fermes dit aussi l’étendue. Ce premier groupe comprend l’Île de France, la Normandie, la Picardie, la Champagne, la Bourgogne, le Bourbonnais, le Nivernais, le Berry, l’Orléanais, la Touraine, le Poitou, l’Anjou et le Maine. Dans ce groupe, les provinces commercent librement entre elles et le droit d’entrée et de sortie est le même partout depuis l’ordonnance de Colbert de 1664.
    • Les provinces réputées étrangères. Ce deuxième groupe comprend l’Artois, les Flandres, la Bretagne, la Guyenne, la Saintonge, le Languedoc, la Provence, le Dauphiné, le Lyonnais. Dans ce groupe, les provinces entre elles payent un droit d’entrée et de sortie.
    • Les provinces dites de l’étranger effectif. Ce troisième groupe comprend les provinces rattachées au royaume de France sur le tard: Franche-Comté, Alsace, Lorraine. Ce groupe est séparé du royaume sur le plan douanier et commerce librement avec les États étrangers.

 

Intendant: Commissaire du roi (n’est pas propriétaire de sa charge, est nommé par commission du roi et est recruté le plus souvent dans la haute bourgeoisie) qui a pouvoir en matière de police, de justice et de finances. Cette fonction est créée au XVIe pour mettre fin aux abus des gouverneurs alors seuls maîtres à bord de leur province. L’intendant devient au XVIIe siècle une institution primordiale de la monarchie absolue. Il règne au niveau policier et judiciaire sur une circonscription appelée intendance. Au niveau judiciaire, il peut siéger et présider tous les tribunaux et les cours de sa province (hormis le parlement) et les magistrats sont sous son contrôle. Au niveau policier, il dirige l’administration générale, les municipalités (il n’y a plus d’officiers municipaux élus), la corvée royale ou la levée de milices. L’économie de la province est aussi sous son contrôle. Dans les pays d’états, ses pouvoirs sont moindres. Au niveau fiscal, c’est lui qui dirige la généralité (qui ne correspond pas toujours avec l’intendance). Le vingtième et la capitation sont sous son entière responsabilité et il jouit d’un pouvoir de contrôle sur la taille.
L’intendant est le relais entre l’administration de la province et le gouvernement royal et en particulier les secrétaires d’État, le contrôleur général ou le Conseil de dépêches.

Jésuite: La Compagnie de Jésus est fondée vers 1540 par Ignace de Loyola (1491-1556). Les Jésuites appartiennent au clergé régulier et se sont spécialisés dans l’enseignement (séminaire, collège).

Jurande: Charge de juré (exercée par des membres généralement élus) dans une corporation. C’est aussi l’ensemble des jurés de cette corporation.

Layette: Coffret où l’on dépose ses documents, ses titres. A fini par désigner les documents rangés en liasse.

Lazaret: Lieu de contrôle sanitaire où peuvent être mis en quarantaine voyageurs et marchandises.

Lazaristes: religieux de la congrégation fondée par Vincent de Paul (1581-1660) en 1625. Ils forment les prêtres et assistent les forçats et les galériens.

Légat pontifical: Désigne un représentant du Saint-Siège en mission.

Lettres de cachet: Lettres closes, écrites par le roi, contenant un ordre à exécuter vis-à-vis d’un particulier, ou par rapport à un cas particulier, et qui est souvent un ordre d’emprisonnement ou d’exil.

Lettres patentes: Actes royaux qui doivent être enregistrés en cours souveraines. Ces lettres sont scellées du grand sceau et ne sont pas closes parce que “ce qui a rapport à la justice doit être public et connu de tous, et doit porter la marque la plus authentique et la plus solennelle de l’autorité du roi“ extrait de l’Encyclopédie méthodique.

Liève: Registre des seigneuries où sont mentionnés exactement les versements en espèces ou en nature de leurs censitaires.

Lieutenant général: Président de fait d’un bailliage, le lieutenant général est l’adjoint du gouverneur quand il ne commande pas à sa place où quand il ne se trouve pas à ses côtés à Versailles. Le pouvoir étant réellement exercé alors par le commandant.

Lit de justice: Séance solennelle du Parlement au cours de laquelle le roi s’acquitte de son devoir de rendre la justice royale en imposant sa volonté aux parlementaires qui s’opposent à l’enregistrement d’un acte royal.

Lois fondamentales: Lois essentielles, coutumières et immuables, censées servir de constitution au royaume et tempérer l’absolutisme royale. En fait la seule loi vraiment fondamentale du royaume concerne la succession du roi: héréditaire par ordre de primogéniture mâle.

Mainmorte: Quand il ne s’agit pas de la condition des Mainmortables (voir servage) désigne en parlant des gens de mainmorte, les congrégations religieuses, les collèges, les hôpitaux… dont les biens ne sont ni transmissibles par succession ni aliénables. Evidemment ils sont taxés d’un droit d’indemmnité pour le seigneur et d’un droit d’amortissement pour les finances royales.

Majorité: En général, elle est de 25 ans en ce qui concerne la majorité parfaite (droit de se marier sans l’avis de papa et maman) et de 20 ans pour la majorité féodale, âge à partie duquel le vassal peut prêter “foi et hommage” à son suzerain. La majorité royale semble fixée à 14 ans suite à l’édit de 1375 de Charles V. Mais, il n’est pas rare de rencontrer des auteurs qui la font commencer à 13 ans.

Manufacture: Etablissement industriel conséquent. On distingue plusieurs type de manufacture:
1) La manufacture d’Etat dite aussi manufacture du roi et qui appartient au roi.
2) La manufacture privilégiée dénommée ainsi car elle a acquis un privilège de fabrication sur un type de produits bien déterminé assorti d’un monopole bien précis.
3) la manufacture royale se différencie de la manufacture privilégiée par le fait qu’elle est gardée par des soldats royaux et que les armoiries royales y figurent à l’entrée. Mais elle n’est pas la propriété du pouvoir royal.

Mauristes: Religieux de la congrégation bénédictine de Saint-Maur fondée en 1618. Ce sont généralement des lettrés formés en histoire religieuse et pour remplir des fonctions diplomatiques. Ils disparaissent en 1790.

Mesures (correspondances générales, toutes les mesures ou presque varient selon les endroits).

  • Longueur.
    • Point = un 12ème de ligne.
    • Ligne= un 12ème de pouce.
    • Pouce= un 12ème de pied.
    • Pied, le pied de roi = 0,3267 mètre.
    • Brasse, varie selon les endroits de 5 à 6 pieds.
    • Toise = 6 pieds.
    • Perche = 20 pieds.
    • Lieue, la lieue la plus communément utilisée = 4 180 mètres
  • Superficie.
    • Arpent, l’arpent de Paris = 100 perches carrées (perche = 18 pieds dans ce cas) soit 34, 18 ares.
    • Acre = 2 arpents.
    • Anée = 7 arpents.
    • Journal, correspond à la quantité de terre qu’un homme peut travailler en une journée. journal de Paris = 32, 86 ares, journal de Bordeaux = 31, 93 ares, etc.
    • Hommée, superficie pour les prés (33 ares environ).
  • Capacité.
    • Boisseau vaut dans les 13 litres mais on arrive à des boisseaux de 106 litres, avec celui de Castillon.
      Minot =