Archive pour août, 2010

Quid de la chevalerie aujourd’hui ?

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Quid de la chevalerie aujourd’hui ?

 

 

 

La grande difficulté pour faire admettre et comprendre l’intérêt de la philosophie, vient de l’état d’esprit contemporain, notamment dans deux de ses traits de caractères :

le primat de l’efficacité, et la réduction du savoir aux seuls critères de la science positive.

Etat d’esprit utilitaire : Le savoir doit servir à produire.

Ainsi par exemple, la recherche scientifique doit arriver à des résultats industriellement exploitables pour pouvoir se dire sérieuse. Les études doivent offrir des « débouchés » pour être jugées dignes d’être poursuivies. La formation et les expériences professionnelles doivent développer la rentabilité pour justifier leurs coûts. Etc. … Tout est jaugé à l’étalon de l’efficacité. Comment dans cette perspective, s’étonner que faire de la philosophie semble bien inutile. Celle-ci offre peu de prolongements pragmatiques, elle cultive une grande part de recherche pour le seul plaisir de savoir, elle n’offre aucun métier !

 Scientificité moderne: Les sciences se spécialisent à outrance. Chaque branche d’hier se divise aujourd’hui en plusieurs sous branches, elles-mêmes amenées sans doute plus tard à éclater. Ces sciences ne retiennent pour vrai que ce qu’elles démontrent avec le plus de rigueur, en s’approchant tant que faire se peut du modèle mathématique. Leur objet est de plus en plus techniquement élaboré, et exige des investissements matériels formidables. Leur intérêt se porte presque exclusivement aux limites du savoir humain: la particule la plus petite, la galaxie la plus éloignée, l’ancêtre le plus âgé, le froid le plus absolu, etc. … Or la philosophie procède exactement à l’inverse : elle tend vers une vision unifiée au travers de divisions peu nombreuses et mutuellement ordonnées, elle ne se limite pas à l’absolument certain, mais balaye tous les niveaux de connaissance, l’élaboration de son objet n’a rien à voir avec la technique: pas de laboratoire ni d’instruments sophistiqués, et elle s’intéresse autant, voire plus, au courant de la réalité qu’à ses cas limites.

A cela s’ajoute une deuxième source d’incompréhension: le reniement des philosophes contemporains. Devant l’envahissement victorieux de cet état d’esprit moderne, les philosophes du siècle, plutôt que d’affirmer la légitime spécificité de leur discipline, ont crû bon de se réfugier dans deux attitudes d’abandon:

‑ Soit ils ont embrayé le pas des savants et des efficaces, et les ont singés en prétendant apprendre une ou plusieurs sciences positives ( Michel SERRE ne déclare-t-il pas qu’on ne peut se dire philosophe si l’on n’a pas fait le tour complet de l’ensemble du savoir scientifique ! ), ou en affirmant que la philosophie peut apporter une efficacité imparable dans la solution de certains problèmes notamment humains ou sociaux.

‑ Soit ils se sont cantonnés dans des spécialités secondaires, et parfois bizarres, que la science et l’efficacité ont encore épargnées: l’esthétique, la linguistique, la mystique (de préférence orientale), etc.

En conclusion, la domination de l’esprit positif et la lâcheté des philosophes ont consommé l’incompréhension vis à vis de la philosophie traditionnelle.

La victoire de la mentalité moderne parait pourtant de plus en plus précaire. Fréquemment, l’esprit d’efficacité à petite ou moyenne échelle montre sa dangereuse incapacité à plus grande échelle: ainsi par exemple l’accroissement considérable de la productivité agricole engendre des surplus alimentaires qu’il faut détruire, alors qu’à quelques milliers de kilomètres, la famine fait rage sur le tiers du globe; de même, le succès dans la manipulation périlleuse de l’atome s’est accompagné d’un risque de destruction inimaginable auparavant; également, le développement sans précédent des moyens de communication est si concomitant à l’extension de l’inculture et de l’analphabétisme, qu’on ne peut s’empêcher de se demander s’il n’en est pas la cause; et que dire de la génétique, qui cause aujourd’hui plus de mort que de vie ? …

Parallèlement, la méthodologie scientifique classique subit le doute de façon renouvelée depuis plusieurs décennies. Le hasard et l’indéterminisme l’envahissent de plus en plus et bouleversent sa rigueur mécaniste, l’atomisation extrême des sciences actuelles perd le savant qui devient spécialiste d’une partie de partie d’un sujet; enfin l’irréductibilité de la plupart des faits à l’idéal mathématique devient une évidence chaque jour plus claire.

De sorte que le monde actuel aspire à « autre chose », sans savoir bien quoi, tout en redoutant toujours les disciplines taxées de « pré-scientifiques ». Ainsi, tous les savants, dès qu’ils ont quelque notoriété, se mettent en devoir de réfléchir et d’écrire sur leur science, comme PLANCK, MONOD, REEVES … Ils répondent souvent au désir de traduire en langage courant, non scientifique, la portée des conclusions de leur savoir, afin de se faire comprendre, et, qui sait, de se comprendre eux-mêmes. Plus loin, ils manifestent parfois la volonté de retrouver, à partir de leur science particulière, une conception globale de l’univers et de l’homme.

Même mouvement dans l’éducation et la formation: de nombreux courants rénovateurs de la pédagogie veulent former l’ « humaniste » au-delà du spécialiste. L’idéal est l’homme qui a de bonnes connaissances sur tous les principaux sujets. Dans le domaine économique, par exemple, on recherche de plus en plus des « hommes de synthèse » dont le savoir consiste essentiellement à gouverner, organiser, motiver, au lieu de techniciens pointus.

Pareillement, germe un peu partout le désir d’une vie plus « spirituelle », moins matérialiste, tournée vers la réalisation de soi et d’autrui, au détriment de l’efficience productrice: « être plutôt qu’avoir ! ».

Toutes ces tendances s’avivent mutuellement, refusent encore de se reconnaître comme des remises en cause de l’idéologie contemporaine, et ne savent comment s’y prendre pour parvenir à bon port. La conséquence immédiate, qui fleurit aujourd’hui, c’est que les personnes mues par ces désirs confus sont la proie facile des charlatans nombreux qui prétendent les guider: sectes religieuses, maçonneries de tous bords, centres soi-disant de « formation humaine », carriéristes politiques roses, verts ou caméléons, nombre de cabinets « psy »

En conclusion, deux constatations:

1 °) Ces désirs, comme aspirations, sont ancestraux et impérieux.

2°) Ils sont particulièrement exacerbés aujourd’hui et pourtant notre monde ne sait pas y répondre.

De là à penser que c’est dans ce qu’il rejette que se trouve la vraie solution, il n’y a qu’un pas.

Or les principales questions ont toutes été posées avant SOCRATE, il y a quelques vingt-cinq siècles, au sujet de la nature et de l’homme:

La terre tourne-t-elle autour du soleil ou non ? La matière est-elle composée d’atomes ? Tout n’est-il que matière ? L’univers a-t-il une origine ou est-il éternel ? Le mouvement est-il dialectique ? L’homme vient-il de l’animal ? L’histoire a-t-elle un sens ? Y a-t-il une vérité ou plusieurs ? Où est le bonheur de l’homme ? La démocratie est-elle le meilleur régime politique ? Que peut-on dire de Dieu ? L’homme a-t-il une âme ? Est-il libre ?

Avec le bouleversement scientifique, les inquiétudes de l’homme n’ont pas changé. Les grands types de réponses non plus: Matérialisme, Idéalisme, Moralisme, Opportunisme, Scientisme, Mysticisme, Réalisme.

A l’époque d’Aristote et plus encore à celle de Thomas d’Aquin, tant le cadre d’interrogations que les grandes options de solutions étaient déjà posés. Ces deux auteurs sont chronologiquement arrivés au couronnement intellectuel d’une société à l’apogée de sa civilisation, antique ou médiévale. L’étude historique laisserait même entendre qu’avec eux, ces civilisations seraient parvenues au maximum de leur effort. Et comme épuisées par ce dépassement d’elles-mêmes, elles se seraient rapidement écroulées et ne produiraient plus que des épigones d’intérêt moindre, avant de sombrer dans un obscurantisme définitif et de laisser la place à d’autres civilisations: Rome ou la renaissance (Aristote fit une analyse en partie comparable à propos de la naissance de la philosophie en Egypte et nous pourrions sans doute l’appliquer à saint Augustin pour Rome). Cette seule preuve de succès séculaire et général est une invitation à les voir comme les sommets de la philosophie, et la source toujours actuelle d’une véritable sagesse.

C’est sur ce fait historique que doit reposer au départ notre confiance intellectuelle; c’est lui qui doit nous inciter à préférer a priori ces auteurs plutôt que d’autres pour mettre notre initiation sur les meilleures bases possibles.

Notre point de départ pourrait donc être la notion de BIEN car c’est elle qui est finalement à la racine de toute démarche.

 

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Publié dans:L'ordre des Templiers |on 22 août, 2010 |1 Commentaire »

Thomas d’Aquin

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Né en 1225 à Aquino, près de Naples,Thomas d’Aquin appartient à l’une des plus importantes familles de l’Italie.

Il étudie d’abord la grammaire, les sciences naturelles, la science arabe et la philosophie grecque chez les dominicains de Naples.

À dix-neuf ans, il est reçu parmi les novices de l’ordre dominicain, déclenchant une vive opposition de sa famille, qui le fait enlever sur la route qui le conduit à Paris.

Il prononce toutefois ses voeux en 1243 et étudie à Paris, puis à Cologne, où il a pour Maître Albert le Grand et pour condisciples Ambroise de Sienne

et Thomas de Cantimpré.

Il est taciturne …ses compagnons le surnomment « le grand boeuf muet de Sicile »

Mais dans une argumentation qu’il soutient publiquement,il répond avec une dialectique si pointue et si lumineuse qu’Albert le Grand se tourne tout ému

vers ses élèves et leur prédit que « les mugissements de ce boeuf retentiront dans tout l’univers ».

Comme son maître, il est ouvert à la renaissance des oeuvres de l’Antiquité, celles d’Aristote notamment. En 1248, il commence à enseigner à Cologne puis revient à Paris, où il est reçu bachelier

et occupe une chaire de théologie. En 1257, il obtient le grade de docteur

et dirige une des deux écoles du collège de Saint-Jacques.

Dès lors, sa renommée s’étend dans toute l’Europe et les papes qui se succèdent l’appellent à leurs côtés.

Il consacre les neuf dernières années de sa vie à la rédaction de sa grande oeuvre : la Somme de théologie

Il meurt le 2 mars 1274 à quarante-neuf ans, en se rendant au concile de Lyon, où il avait été convoqué comme expert.

La pensée théologique de Thomas d’Aquin repose sur deux axes fondamentaux :

une confiance active en la raison …

une référence permanente à la nature.

Sa vision optimiste réconcilie foi et raison en mettant les ressources de la raison au service de l’intelligence de la foi, au point de constituer la théologie en science – science des choses divines véritable science construite à l’aide de raisonnements et de démonstrations conformes aux principes aristotéliciens.

On pourrait dire que si Saint Augustin a eu la volonté de « christianiser » Platon en l’introduisant dans ses théories religieuses, saint Thomas d’Aquin « christianisa  à son tour Aristote, huit siècles plus tard, avec cette même volonté d’harmoniser le savoir, la sagesse antique et la foi chrétienne.

 » Vous m’avez demandé mon très cher Jean en Notre Seigneur, la méthode dont vous devez user pour acquérir le trésor de la science ; le conseil que je peux vous donner, c’est d’entrer dans les petitds ruisseaux avant d’aborder la pleine mer, parce qu’il faut aller de ce qui est facile à ce qui est plus difficile. Voilà donc ce que j’ai à vous dire pour votre instruction. Ne vous pressez pas de parler et de monter à la tribune, cette prescription est rigoureuse ; faîtes vous une conscience pure, soyez homme d’oraison … soyez aimable pour tous, ne vous occupez en rien des actions des autres, ne vous familiarisez pas trop, parce que la familiarité engendre le mépris et entraîne à négliger l’étude. Ne vous ingérez en aucune façon dans les discours et les actions des séculiers. Evitez surtout les longues causeries. Appliquez vouds à marcher sur les traces des Saints et des hommes de bien. Recueillez soigneusement tout ce qui se dit de bon, sans vous préoccuper de celui qui le dit. Tâchez de bien comprendre ce que vous faîtes et ce que vous entendez … assurez vous de ce qui est douteux, empressez de mettre en réserve dans votre esprit tout ce que vous pourrez, comme un homme qui s’applique à remplir un vase. En suivant cette méthode, vous produirez utilement, pendant toute votre vie, des feuilles et des fruits dans la Vigne du Dieu des Armées et vous atteindrez le but que vous vous proposez. [Epistola de modo studendi, de Saint Thomas d'Aquin, o. p.]

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Bernard de Fontaines

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Bernard de Fontaines

Abbé de Clairvaux

 

Le refondateur

 

Saint Bernard dont on fêtera le 20 Août 2010 le 857ème Anniversaire de la mort

est né en 1090.

Son Père Tescelin était Chevalier du Duc de Bourgogne. Sa mère Alette, était la Fille du Seigneur de Montbard.

Il fut confié tout jeune pour ses études aux Chanoines de l’Ecole de Saint Vorles et choisit, en 1112, d’entrer à Citeaux,

avec trente de ses Parents et Amisqu’il avait convertis à son Idéal.

Moins de quatre ans plus tard,il était chargé de fonder l’Abbaye de Clairvaux « La Claire Vallée »

Rapidement, l’essor de celle-ci permettait de créer les premières abbayes de la filiation claravalienne Trois-Fontaines et Fontenay

Dès 1120, Dom Bernard intervient partout où il pense que l’Eglise est attaquée.

En 1128, au Concile de Troyes,Bernard de Clairvaux reconnaît

l’Ordre des Templiers Moines-chevaliers au service des Pèlerins vers les Lieux Saints.

A partir de 1130, alors que deux papes revendiquent le Siège pontifical, on lui demande d’intervenir.

Il se prononce en faveur d’Innocent II contre Anaclet.

Il rallie le Roi de France et l’Empereur d’Allemagne à la cause de l’Unité de l’Eglise.

Il visite les villes d’Italie pour les rallier à cette Unité.

En 1140, au Concile de Sens, Bernard de Clairvaux rallie Rome à la querelle qui l’oppose à Abélard, Maître dialecticien

de l’Université de Paris.

En 1145, Bernard Paganelli, moine de Clairvaux,devient Pape sous le nom d’Eugène III.

L’Abbé de Clairvaux lui dédit son livre « De la considération »

En 1146, à Pâques, Bernard prêche la seconde croisade à Vezelay.

A Noël, il prêche à Spire.

Il intervient à Mayence pour empêcher les massacres de Juifs par les fanatiques.

[la seconde croisade sera un échec militaire]

En 1153, Bernard meurt en laissant derrière lui une filiation de 68 Abbayes qui créeront elles-mêmes plus de 350 Monastères.

Les écrits de grande valeur de lAbbé de Clairvaux le placent parmi les grands auteurs du XIIème siècle.

C’est le Personnage le plus célèbre de l’Ordre de Citeaux l’une des Individualités les plus marquantes

de l’histoire médiévale et l’un des Hommes les plus

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TEMPLIERS DANS LES ALPES MARITIMES 1

TEMPLIERS DANS LES ALPES MARITIMES

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Maison du Temple de Biot
Département : Alpes-Maritimes, Arrondissement : Grasse, Canton : Antibes-Biot – 06
L’étude de la commanderie de Biot est de beaucoup plus intéressante étant donné l’importance de la seigneurie que possédèrent les Templiers. La fondation de Biot en tant que maison du Temple possède les mêmes origines que Montfort-sur-Argens. A la fin du mois de mars 1209, Alphonse II, comte de Provence, donnait à la milice du Temple, représentée par Guillaume Candeil, maître de Provence, tous les droits qu’il avait sur la ville, la châtellenie et le territoire de Biot (1). L’acte fut passé à Grasse et Bernard Cornut, évêque de Fréjus assistait à la passation des pouvoirs. Les Templiers s’installèrent bientôt, non loin d’Antibes, siège de l’évêché et aussi port sur la Méditerranée. La dernière invasion musulmane venait d’avoir lieu sur les côtes. Les Templiers de Nice durent se retirer à l’intérieur des terres et en 1195, l’évêque de Vence leur donnait la bastide Saint-Laurent.
Alphonse II voulait-il, par là faire comme son ancêtre en Aragon pour protéger les grands axes face à de futures invasions ? Peut-être.
A Biot, les frères reçurent de nombreuses donations tout en restant sous la dépendance directe du commandeur de Grasse qui prit rapidement le titre de commandeur de Grasse et Biot. Dès 1211, des frères résidants sont cités (2). Les habitants connaissaient cette particularité et lorsque, 1e 9 mars 1213, Narbona et ses fils vendent une pièce de terre située à Biot, ils le font à la maison du Temple de Grasse (2). Tout comme Raimonde qui donne sa terre de Biot au lieu dit Touche Bosse au commandeur de Grasse, Olivier Aidier (2). Biot devint maison régulière, semble-t-il, le 15 août 1233, encore faut-il y voir une union avec Grasse et Nice, ces deux dernières étant déjà réunies sous un même commandeur. Ce jour-là, Bernard de Cambolano, commandeur des maisons de Grasse et Biot par la voie du retrait féodal, prenait possession, au nom de l’Ordre de tous les biens situés à Biot et Saint-Julien, qu’il venait d’acheter à l’évêque d’Antibes, lequel les avait obtenus le 15 octobre 1227 de Raimond de Biot et ses fils (2).
Les achats effectués par les Templiers sont de plus en plus nombreux et même que le commandeur porte le titre des trois, la maison de Biot fut la plus importante si bien que l’on peut sans risque de se tromper dire que vers 1240-1250, le commandeur porte plus facilement sa résidence à Biot plus qu’à Grasse. A Biot le commandeur était tout de même châtelain et surtout il se trouvait tout près de l’évêque qui avait sa résidence à Antibes. C’est aux environs du milieu du XIIIe siècle que l’évêque d’Antibes choisit Grasse comme siège épiscopal. Des divergences éclatèrent. Il faut dire que l?évêque ne demeura pas longtemps sur le siège n’étant pas très commode pour ses ouailles. Lors de son départ d’Antibes la population accepta difficilement ce changement. Il en fut de même des populations environnantes. Plusieurs différents eurent lieu entre Biot et Grasse. Deux arbitres furent désignés et rendirent leur sentence le 3 janvier 1247. L’évêque de Grasse, Raimond de Villeneuve et Geoffroi de Grasse, commandeur de Grasse, Nice et Biot, choisirent Guillaume, évêque de Vence et Rostang de Comps, maître du Temple en Provence (2). Les problèmes de la Provence et surtout l’héritage de Béatrice, fille de Raimond Bérenger V occasionnèrent de nombreuses enquêtes. Ayant épousé le roi de Naples, la comtesse de Provence l’associa au trône et en 1250, lors de l’enquête sur les droits du nouveau comte, le frère P. Capion, commandeur de Biot est cité en témoin (3).
Les biens du Temple de Biot s’étendaient dans la région immédiate. A Valbonne ce furent des biens donnés par R. Salnioze, moine de Valbonne, de l’Ordre de Chalais qui se faisant templier entraîne avec lui tous ses biens meubles et immeubles, ecclésiastiques et laïcs (3)
A la fin du XIIIe siècle deux grandes affaires éclatèrent entre les habitants d’Antibes et de Villeneuve et les templiers de Biot. Il en fut de même au sujet des bois de Clausonne.
Au lieu de Clausonne, les Templiers acquirent quelques biens. Le 12 décembre 1258 une sentence était rendue par Guillaume Aicard bailli de Vence au sujet des biens situés à Clausonne que les habitants contestent. Les Templiers ayant été reconnus dans leurs droits, le bailli de Vence rendit le fief de Clausonne à frère Guillaume Clumans, commandeur de Biot, au nom de Bernard de Bellano, commandeur de Grasse et Nice (4). Les habitants d’Antibes ne paraissent pas avoir été en mesure de tenir cette décision. Le 26 décembre 1286, les antibois après avoir molesté les frères du Temple, se retrouvèrent et volèrent plusieurs têtes de bétails qu’ils transportèrent sur leur propriété. Devant ces crimes, Foulques Bérenger, commandeur des maisons du Temple de Nice, Grasse et Biot demande aux officiers de la cour de Grasse d’ouvrir une instruction judiciaire contre plusieurs habitants d’Antibes qu’il accuse des méfaits proférés sur le territoire du castrum de Biot. Le juge de Grasse confie l’enquête au notaire Amboise qui s’en voit dessaisir à la demande de l’évêque qui montre un privilège de juridiction (5). Plusieurs sentences furent rendues par la cour de Grasse. Une affaire à peu près semblable eut lieu avec les habitants de Villeneuve. Certains habitants furent surpris par les hommes du Temple en délit de ramassage de bois dans les forêts de l’Ordre. Les villageois répliquèrent aux semonces en dérobant une ânesse et deux boeufs à la maison du Temple de Biot. Le commandeur s’adressa alors aux juges de Nice qui répondirent vouloir faire le nécessaire pour que les animaux soient restitués (2). Les templiers gagnèrent juridiquement, mais les habitants de Villeneuve ne s’arrêtèrent pas là. En juin 1298, le bailli de Villeneuve fit enlever deux hommes du Temple qu’il fit enfermer dans la forteresse. Un fut libéré, tandis que l’autre resta dans cette prison forcée, aussi le frère Pons Ycard, au nom de Pierre Ricaud son commandeur s’adressa au viguier de Nice lui demandant de faire libérer leur homme surtout que non contents de cela, les habitants continuèrent à commettre toujours quelques méfaits sur le domaine du Temple (2). Les Templiers voyant la lenteur et la carence de la justice du viguier de Nice et du juge de Grasse, furent comme les habitants de Villeneuve et s’emparèrent d’objets appartenant à plusieurs villageois. Le contraire n’étonne pas, le juge de Grasse intervint aussitôt et rendit sa sentence obligeant les Templiers à restituer le plus rapidement possible les biens pris aux villageois. Les frères du Temple furieux de voir comment ils étaient traités, alors que leurs hommes étaient toujours dans la forteresse de Villeneuve déléguèrent le frère Pons Ycard interjeter appel de la sentence, ce qui fut fait le 4 septembre 1298 (2). La lutte ne s’arrêta pas malgré deux sentences rendues par les cours de Nice et de Grasse. Au mois de mai 1300 un autre enlèvement eut lieu. Les habitants de Villeneuve, sous la direction de leur propre bailli enlevèrent 23 juments et 8 poulains aux Templiers de Biot. Le 9 mai, le juge de Grasse, Jean Rodolphe, saisi les officiers de la cour de Nice et leur précisa qu’ils restituent les délinquants à sa juridiction et qu’ils fassent rendre le bétail usurpé (6). Le lendemain, 10 mai, le juge de Grasse recevait la réponse des Chevaliers Bertrand de Reggio et Isnard de Rosseto. Les deux officiers sont prêts à leur donner satisfaction, mais avant tout, ils voulaient entendre les explications des habitants de Villeneuve.
Pour cela le frère Pons Ycard devait se rendre à Villeneuve le jeudi suivant (7).
Cette affaire alla jusque par devant le sénéchal de Provence, Raimond de Lecto qui écrivit au viguier et juge de Grasse ainsi qu’au baillie de Villeneuve leur signifiant qu’il avait appris l’enlèvement du bétail des Templiers de Biot. Il leur ordonne de faire restituer le bétail aux Templiers, lesquels devaient rendre les gages pris aux gens de Villeneuve (7). Quoiqu’il en soit l’homme resta dans la forteresse. On ne sait s’il y mourut ou quoi, la seule chose dont nous sommes certains, c’est que le conflit fut définitivement réglé par le commandeur de l’Ordre de Saint Jean en 1320.
Cela n’empêcha pas les Templiers d’acquérir d’autres biens pendant cette période.
1. Marseille. Archives Départementales, 56 H 5270.
2. Marseille. Archives Départementales, 56 H 5268.
3. Paris Bibliothèque Nationale, ms. latin. 10125.
4. Nice Archives Départementales, H 516.
5. Nice Archives Départementales, G 192.
6. Marseille. Archives Départementales, 56 H 5269.

Sources : Laurent Dailliez – Les Templiers en Provence – Alpes-Méditerranée-Editions – Nice 1977

Maison du Temple de Biot
En octobre 1207, Alphonse II remit au maître du Temple en Provence, Guilhem Jaufred, le castrum de Montfort avec tous ses droits, dont l’albergue, les cavalcades et les justices. Ce site, où l’ordre établit ou bien réoccupa un point d’appui fortifié « fortalicium », fut rattaché à la maison du Ruou. Deux années plus tard, le comte devait encore concéder aux Templiers la seigneurie sur la villa de Biot. Cette investiture en franc-fief fut à nouveau accompagnée de tous les droits régaliens – albergues, questes, cavalcades, justices.
Raimon Bérenger V, continua à favoriser les établissements des Templiers en Provence orientale, et notamment les commanderies du Ruou, de Biot et de Grasse. En avril 1233, il fait une donation aux maisons de Biot et de Grasse et en novembre 1235, il exempte de péage la commanderie du Ruou, « Recueil des Actes des Comtes de Provence Raimon Bérenger V, n° 176 et 248. »
A Biot, le commandeur du Temple refusa à la fin du XIIIe siècle, de s’acquitter de la taxe imposée par le comte pour la surveillance maritime. En outre, l’érudition a fait remarquer depuis longtemps la pauvreté de l’armement conservé dans les commanderies au moment de l’arrestation des Templiers.
Sources : Damien Carraz – l’Ordre du Temple dans la Basse Vallée du Rhône – 2005. Lyon

D’après «Les Templiers en Pays d’Azur » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 18 € : téléphoner au 04 93 24 86 55

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 20 août, 2010 |Pas de commentaires »

Le château Pèlerin était une des plus grandes forteresses templières en Terre Sainte

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Les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (en latin : pauperes commilitones Christi Templique Solomonici), avaient pour mission de sécuriser le voyage des pèlerins affluant d’Occident depuis la reconquête de Jérusalem.

Dans un premier temps, Payns et St-Omer se concentrèrent sur le défilé d’Athlit, un endroit particulièrement dangereux sur la route empruntée par les pèlerins. Par la suite, l’une des plus grandes places fortes templières en Terre Sainte fut construite à cet endroit : le château Pèlerin.

Le château Pèlerin était une des plus grandes forteresses templières en Terre Sainte, bâtie sur un éperon rocheux qui se situait sur la côte à environ 25 km au nord de Césarée et 12 km au sud d’Acre et du mont Carmel dans le royaume franc de Jérusalem, et à l’est de la tour de Détroit, cette dernière étant déjà en possession des Templiers. Elle se trouve aujourd’hui en Israël.

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 20 août, 2010 |Pas de commentaires »

LES TEMPLIERS A SAINT LAURENT DU VAR

LES TEMPLIERS A SAINT LAURENT DU VAR

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Les Templiers ont joué un rôle considérable dans l’histoire du Moyen-Age.

En dépit des archives et des travaux qui ont partiellement démystifié leur vocation, les chevaliers de « la croix et des roses » conservent encore une auréole de mystère.

Leur consécration au sommet de la gloire et de la puissance, suivie d’une brutale chute dans l’ignominie n’est pas le moindre des paradoxes attachés au destin singulier de ses moines soldats.

A son apogée en 1253, l’Ordre comptera 15000 frères et 3468 châteaux, forteresses et maisons dépendantes, ainsi que quelques 9000 commanderies en Occident.

Incontestablement, la richesse des Templiers causera leur perte, après avoir suscité la convoitise coupable de leurs détracteurs.

Arrêtés dès  1307, après d’invraisemblables accusations, les chevaliers au blanc manteau à croix rouge périrent dans les flammes après des procès iniques et des aveux incohérents obtenus sous les pires tortures.

Bien que guerroyant contre les Infidèles en Palestine et dans la Péninsule ibérique, leur présence est attestée dans toute l’Europe occidentale, mais c’est sans doute dans les Alpes Maritimes qu’ils sont le mieux « dotés » .

C’est vers 1135, à la suite d’un accord entre le Pape et l’Empereur d’Allemagne, suzerain de la Provence que les Templiers sont appelés dans la région pour défendre les populations contre les dernières invasions sarrasines.

Installés à Nice en 1193, les Templiers vont étendre leur domaine de chaque côté du Var, notamment à Grasse, Biot, Vence et Rigaud.

Ouvert vers la mer et l’Orient, grâce aux ports d’Antibes, Cannes et Nice, ce territoire constitue une base arrière importante. Rappelons qu’à la saisie des biens de l’Ordre, on recensait dans les Alpes Maritimes 724 « tenures » et 654 membres du Temple, en dehors de la Viguerie de Nice et de l’Est du département (faute de documents).

Saint Laurent du Var, installé sur la rive droite du Var, a contrôlé de tout temps le gué le plus direct pour rejoindre Nice.

Si nous savons avec certitude que les Templiers s’installèrent  sur la rive niçoise dès  1135, la première mention d’un hospice fondé en face par Raimbaud de Vence, ne date que de 1162. Cet hospice dédié en 1205 à Saint Laurent, destiné à accueillir pèlerins et voyageurs, passera dans les mains de plusieurs ordres religieux dont  certains prélevèrent un droit de péage pour la traversée du Var à dos de mulet.

Un procès opposera longtemps l’évêque de Vence, seigneur du lieu, aux moines augustins détenteurs temporaires de l’hospice, au sujet des profits accumulés par ces derniers. Ils seront finalement chassés sur l’autre rive en 1328.

Un acte de vente de terres sises à Saint Laurent du Var fut effectué le 23 avril 1208 par devant le notaire Maître Isnard. Le nouveau propriétaire, commandeur des Templiers, se nommait G. Olivier Audier. Ainsi le Temple s’installait sur les deux rives du Var.

Les biens du Temple signalés à Saint Laurent du Var, relevaient de la commanderie de Nice, en charge du passage du fleuve. Les restes de l’hospice, contigus à l’église paroissiale,  sont encore visibles aujourd’hui.

D’après le livre« Un Peu d’Histoire de Saint Laurent du Var » (Editions Sutton) pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 22 € : téléphoner au 04 93 24 86 55

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 15 août, 2010 |Pas de commentaires »

Les Templiers et Voltaire

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 » On accusait les templiers de réunir tous ce que l’on reprochait à ces deux professions : les débauches, la cruauté du guerrier et l’insatiable passion d’acquérir qu’on impute à ces grands ordres qui ont fait vœu de pauvreté. »

Voltaire

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 14 août, 2010 |Pas de commentaires »

Raymond III de Tripoli : La bataille des Cornes de Hattin

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Publié dans:L'ordre des Templiers |on 7 août, 2010 |Pas de commentaires »

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