Archive pour juillet, 2010

Saïda et les Templiers

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Saïda
Troisième plus grande ville du Liban, son nom signifie « pêcherie »

 

Sidon ou Saïda en arabe est une ville de Phénicie (1) sur la Méditerranée qui fut bâtie en partie sur une île. Elle est aussi appelée Sagette ou Sayette durant les Croisades (nom donné par les Francs) et Sidon dans la Bible. C’est la troisième plus grande ville du Liban. Elle est située dans le gouvernorat du Sud du Liban, à environ 40 km au nord de Tyr et à 40 km au sud de la capitale, Beyrouth. Son nom signifie « pêcherie ». La ville était construite sur un promontoire s’avançant dans la mer. Ce fut le plus grand port de la Phénicie sous son roi Zimrida, au XVIIIe siècle.

Vers 1200 avant J.-C., elle fut prise par les Philistins (2) et ce fut Tyr qui passa au premier plan. Elle possède une longue et riche histoire et traversa les siècles avec des destinées diverses au contact des différents peuples qui la contrôlèrent comme : Les Phéniciens, les Assyriens (3) qui la ruinèrent en -677, les perses Achéménides (4), les Macédoniens (5), les Séleucides (6), les Romains et plus tard les Croisés, les Arabes, les Ottomans, les Français, etc. Les rois Eshmounazar II, dont le tombeau a été découvert en 1855, et Tabnit, qui ont régné vers 550-530 av. J.-C., y furent enterrés. La chronologie des rois de Sidon est bien connue entre 372 et 333 av. J.-C. par leurs monnaies qui étaient datées annuellement par l’année de règne.

La cité offre aujourd’hui une multitude de vestiges à visiter comme : le Château de la mer, le château de la terre (Château de Saint-Louis (7), 1228-1270), le temple d’Eshmoun dont l’édification remonte au VIIe siècle av. J.-C., la médina (la ville médiévale), la colline de Murex, le musée du savon, le Khân el-Franj « la maison des Français » (Ancien consulat de France), etc. Homère (8) (poète grec de la fin du VIIIe siècle av. J.-C) a salué l’habileté des artisans de la ville dans la production de verre et la fabrication de teinture pourpre dont Sidon était réputée. La pourpre, une teinture obtenue à partir des pigments de la coquille d’un murex (9) (Murex trunculus).

L’antique Sidon serait l’une des plus vieilles villes de la côte phénicienne, fondée par le fils de Canaan (10), petit-fils de Noé (11).

Elle fut la capitale du royaume cananéen (12) aux environs du XVe siècle av. J.-C. Avec Tyr et Byblos, ses rivales, elle développa le commerce maritime et fut l’un des plus importants ports de la Méditerranée orientale aux environs du XIIIe siècle av. J.-C., avant sa dévastation probable par les Peuples de la Mer et l’hégémonie de Tyr aux environs du IXe siècle av. J.-C. Elle fut ensuite soumise aux puissances du Proche-Orient. Tributaire de l’Assyrie, s’étant révoltée, Assarhaddon (13) la détruisit en 677 av. J.-C.. La ville fut reconstruite par les Babyloniens, et reprise par les Perses vers 540 av. J.-C.. Lors des guerres médiques (14), elle fournit des contingents navals à la bataille de Salamine (15), et en 351 av. J.-C., elle fut brûlée après un soulèvement contre la Perse. Affaiblie, elle se rendit sans lutte à Alexandre le Grand, en 333 av. J.-C.. Sidon connut une nouvelle prospérité aux XVIe siècle et XVIIe siècle, jusqu’à ce que Beyrouth la détrône.

En 551, Sidon vivra un violent séisme. Ancien évêché, la ville est assez modeste et sans grande importance lorsqu’elle est prise par les Arabes en 637. Elle sera finalement prise en 1110 par les Croisés de Baudouin (16), roi de Jérusalem, avec l’aide de la flotte norvégienne de Sigurd Ier. Son blocus durera 47 jours. Baudouin la donne alors à l’un de ses fidèles barons, Eustache de Grenier (17), le titrant comte de Sidon et de Césarée. Lui-même et ses descendants règneront jusqu’en 1260 sur la ville et ses environs.

Sidon deviendra chef-lieu de la seigneurie de Sagette, englobant le château de Beaufort au sud-ouest, seconde des quatre baronnies du royaume de Jérusalem. Reprise au comte Renaud de Grenier (18) par Saladin (19) en 1187, ses remparts seront rasés. Envahie par les Arabes, rendue aux de Grenier par Saladin avant sa mort, attaquée par les Mongols, Sagette sera vendue par le comte Julien de Grenier (20) aux Templiers (21). La ville sera le refuge des survivants du siège de Saint-Jean-d’Acre (22).

Après le départ des Croisés, Sidon deviendra le port de Damas et connaîtra une relative prospérité. La France y installera même un consulat. Cependant, l’expulsion des Français en 1791 portera un coup fatal à son commerce, ce dont Beyrouth saura profiter. Saïda deviendra un modeste port de pêche, et le restera jusqu’à nos jours.

Notes

(1) Le territoire de la Phénicie correspond au Liban actuel auquel il faudrait ajouter certaines portions de la Syrie et d’Israël.

Les Phéniciens étaient un peuple antique d’habiles navigateurs et commerçants. Partis de leurs cités-États en Phénicie, ils fondèrent dès – 3000 de nombreux comptoirs en bordure de la Méditerranée orientale, notamment Carthage (en – 814). Rivaux des Mycéniens pour la navigation en Méditerranée au IIe millénaire av. J.-C., ils furent d’après ce qu’on en sait les meilleurs navigateurs de l’Antiquité.

L’invasion des Peuples de la Mer va ravager les cités phéniciennes, de même que Mycènes et les autres territoires qu’ils traversent, mais c’est ce qui va permettre aux Phéniciens de trouver leur indépendance vis-à-vis des puissances voisines qui les avaient assujettis puisque celles-ci seront elles aussi détruites par ces invasions. La chute de Mycènes en particulier va leur permettre de dominer les mers.

Après avoir supporté les assauts des Athéniens, des Assyriens, de Nabuchodonosor puis de Darius III, la Phénicie disparut finalement avec la conquête par Alexandre le Grand en – 332.

Selon Pline, « le peuple phénicien a l’insigne honneur d’avoir inventé les lettres de l’alphabet ».

(2) Les Philistins sont un peuple de l’Antiquité connus par différentes sources textuelles (assyriennes, hébraïques, égyptiennes) et archéologiques.

Les Philistins apparaissent dans des sources égyptiennes au XIIe siècle av. J.-C. et sont présentés comme des ennemis de l’Égypte venus du nord, mélangés à d’autres populations hostiles connues collectivement sous le nom de peuples de la mer.

Après leurs affrontements avec les Égyptiens, les Philistins se sont fixés sur la bande côtière du sud-ouest de la terre de Canaan, c’est-à-dire dans une région longeant la Méditerranée depuis l’actuelle bande de Gaza jusqu’à Tel-Aviv.

Leurs cités ont dominé la région jusqu’à la conquête assyrienne de Teglath-Phalasar III en -732. Ils sont par la suite soumis aux empires régionaux, et semblent progressivement s’y assimiler. Les dernières mentions des Philistins datent du IIe siècle av. J.-C., dans le premier des Livres des Macchabées.

La langue des Philistins reste inconnue, dans la mesure où on ne leur connaît aucune production textuelle. Il est possible que ce soit à l’origine une langue Indo-Européenne, mais les preuves en sont ténues.

(3) La dénomination ethnonationale « Assyrien » a été introduite au XIXe siècle par des missionnaires protestants américains et britanniques pour désigner d’abord les chrétiens nestoriens, puis l’ensemble des chrétiens d’Orient parlant un dialecte néo-araméen (chaldéens, syriaques orthodoxes, syriaques catholiques, Assyriens protestants). Elle est surtout utilisée en diaspora et par des non-Assyriens, par exemple en Arménie et en Géorgie où c’était l’ethnonyme officiellement d’usage à l’époque soviétique (Aisor), et par certains mouvements nationalistes « mésopotamiens », qui ont même parfois tenté, par exemple dans les mémorandums remis aux conférences de paix après la Première Guerre mondiale, d’y inclure les Maronites, les Mandéens (Sabéens) et les Juifs targumiques (« Juifs kurdes », néo-araméophones).

La question de la dénomination fait débat parmi les personnes concernées, les chercheurs et les journalistes utilisent tant Assyriens qu’Assyro-Chaldéens, voire Araméens, ou encore des termes distincts selon la communauté religieuse : Syriens/Syriaques, Jacobites, Nestoriens, Chaldéens.

Ceux qui s’étaient installés en Russie, devenue URSS, sont les seuls à avoir bénéficié d’une reconnaissance en tant que « peuple » (narod), c’est-à-dire groupe ethnique, en tant que tel, avec préservation de leur langue et de leur culture sans distinction selon leurs appartenances confessionnelles, sous la dénomination Aisor (Assyriens).

Dans les autres pays de la région, toute affirmation d’une identité ethnonationale minoritaire a été combattue par les différents gouvernements, voire réprimée dans le sang comme en Irak, ce qui explique en partie le problème de la construction nationale et de l’autodénomination commune.

(4) L’Empire achéménide (Vieux perse : Hakhāmanishiya), est le premier des Empires perses à régner sur une grande partie du Moyen-Orient. Il s’étend alors au nord et à l’ouest en Asie Mineure, en Thrace et sur la plupart des régions côtières de la mer Noire ; à l’est jusqu’en Afghanistan et sur une partie du Pakistan actuels, et au sud et au sud-ouest sur l’actuel Iraq, sur la Syrie, l’Égypte, le nord de l’Arabie saoudite, la Jordanie, la Palestine, le Liban et jusqu’au nord de la Libye.

Le nom « Achéménide » se rapporte au clan fondateur qui se libère vers 556 av. J.-C. de l’État des Mèdes, auparavant son suzerain ; ainsi qu’au grand empire qui résulte de la fusion des deux ensembles. L’empire fondé par les Achéménides menace par deux fois la Grèce antique, conquiert l’Égypte et prend fin, conquis par Alexandre le Grand, en 330 av. J.-C.

(5) Le macédonien est une langue appartenant au groupe slave méridional de la famille des langues indo-européennes.

Le macédonien est la langue officielle de la République de Macédoine, où il compte deux millions de locuteurs.

Le macédonien est également parlé en Grèce, en Albanie ainsi que par une diaspora importante installée en Europe de l’Ouest, en Amérique du Nord et en Australie

Le macédonien s’écrit en caractères cyrilliques.

(6) Les Séleucides sont une dynastie hellénistique issue de Séleucos, l’un des diadoques d’Alexandre le Grand, qui constitue un empire syro-iranien formé de la majeure partie des territoires orientaux conquis par Alexandre, allant de la Syrie à l’Indus. Le cœur politique de l’empire se situe en Syrie antique, même si les Séleucides règnent jusqu’au IIe siècle av. J.-C. sur la Babylonie et la Mésopotamie, dans la continuité des Perses achéménides. La dynastie séleucide a régné de 305 à 64 av. J.-C.

(7) Louis IX de France, plus connu sous le nom de saint Louis ou de Saint Louis , après sa canonisation par l’Église catholique en 1297, est né le 25 avril 1214 à Poissy et mort le 25 août 1270 à Tunis pendant la huitième croisade. Il fut roi de France de 1226 à 1270, neuvième de la dynastie des Capétiens directs.

Il est le fils de Louis VIII (1187-1226), dit Louis le Lion, roi de France, et de Blanche de Castille (1188-1252). Il est aussi le frère aîné de Charles Ier de Sicile (1227-1285), comte d’Anjou, qui fonda la seconde dynastie angevine.

Il développa notamment la justice royale où le roi apparaît alors comme « le justicier suprême ».

(8) Homère est réputé avoir été un aède (poète) de la fin du VIIIe siècle av. J.-C. On lui attribue les deux premières œuvres de la littérature occidentale : l’Iliade et l’Odyssée. Il était simplement surnommé « le Poète » par les Anciens.

Il est encore difficile d’établir aujourd’hui avec certitude si Homère a été un individu historique ou une identité construite, et s’il est bien l’auteur des deux épopées qui lui sont attribuées. Cependant plusieurs villes ioniennes (Chios, Smyrne, Cymé ou encore Colophon) se disputaient l’origine de l’aède et la tradition l’individualisait en répétant qu’Homère était aveugle.

La place d’Homère dans la littérature en grec ancien est tout à fait majeure puisqu’il représente à lui seul le genre épique de la période : on lui a attribué l’Iliade et l’Odyssée dès le VIe siècle av. J.-C. et on lui reconnaît également une parodie de l’épopée : Batrachomyomachia (littéralement « la bataille des grenouilles et des rats »), et les poèmes des Hymnes homériques. La langue homérique est une langue déjà archaïque au VIIIe siècle av. J.-C. et davantage encore au moment de la fixation du texte, au VIe siècle av. J.-C. : elle est associée à l’emploi de l’hexamètre dactylique.

On estime aujourd’hui que la valeur de document historique attribué dans l’Antiquité aux œuvres d’Homère est très mince,ce qui renforce d’autant la valeur poétique de la création littéraire qui fonde en occident le genre de l’épopée qui aura de nombreux héritiers jusqu’aux épigones hollywoodiens du XXIe siècle.

(9) Le murex est un mollusque dont on tirait dans l’antiquité la pourpre de Tyr (teinture).

(10) Canaan est un personnage de la Genèse dans la Bible.

Il fait l’objet de l’épisode rapporté en Genèse 9, 22-27 :

22. Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père et avertit ses deux frères au-dehors. 23. Mais Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent tous deux sur leur épaule et, marchant à reculons, couvrirent la nudité de leur père; leurs visages étaient tournés en arrière et ils ne virent pas la nudité de leur père. 24 Lorsque Noé se réveilla de son ivresse, il apprit ce que lui avait fait son fils le plus jeune. 25 Et il dit: Maudit soit Canaan ! Qu’il soit pour ses frères le dernier des esclaves ! 26. Il dit aussi : Béni soit YHWH, le Dieu de Sem, et que Canaan soit son esclave ! 27 Qu’Elohim mette Japhet au large, qu’il habite dans les tentes de Sem, et que Canaan soit son esclave !

On aura remarqué que c’est le père, Cham, qui commet l’impudicité, alors que c’est le fils, Canaan, qui est maudit par Noé, mais il se pourrait très bien que Canaan ait tenté de commettre un acte honteux sur la personne de Noé et que Cham, l’ayant vu, au lieu de discipliner son fils cadet, alla raconter le déshonneur de son père à ses frères.

Canaan, qui donnera son nom au Pays de Canaan, a trois frères (Genèse 10, 6) : Koush, Misraïm et Pout, éponymes respectifs de l’Éthiopie, de l’Égypte et de la Somalie. Il a dix fils (Genèse 10, 15-18).

(11) Noé est un patriarche biblique lié au récit du Déluge. Sous les ordres de Dieu, il bâtit la célèbre arche portant son nom afin d’échapper aux eaux dévastatrices lancées pour éradiquer l’humanité corrompue. Noé aurait vécu 950 ans, était marié et eut trois fils : Sem, Cham et Japhet. Son histoire est contée dans la Genèse aux chapitres 6 à 9. Au chapitre 10, l’Ancien Testament expose comment les fils de Noé seraient à l’origine de l’ensemble des peuples de la Terre (voir Table des peuples).

Elle correspond fortement, ainsi qu’une partie de la Genèse, à un récit de l’épopée sumérienne de Gilgamesh.

Le Coran présente également Noé comme un prophète.

(12) Le Pays de Canaan est un terme utilisé dans le récit biblique pour décrire la partie du Proche-Orient située entre la Méditerranée et le Jourdain (cette région correspond plus ou moins aujourd’hui aux territoires de la Palestine historique, de l’ouest de la Jordanie, du sud de la Syrie et du Liban), avant sa conquête par Josué et les Tribus d’Israël sorties d’Égypte.

(13) Assarhaddon fut roi d’Assyrie de 680 à 669. Son nom, Assur-aha-iddina, signifie « Assur a donné un frère ».

(14) Les guerres médiques opposent les Grecs aux Perses de l’Empire achéménide au début du Ve siècle av. J.-C.. Elles ont pour origine une révolte des cités grecques asiatiques, sous domination perse, et l’intervention dans ce conflit d’Athènes. Les deux expéditions militaires des souverains achéménides Darius Ier et Xerxès Ier constituent les principaux événements militaires de ce conflit et se concluent par la victoire éclatante des cités grecques européennes, Athènes et Sparte en premier.

Même s’il ne faut pas en exagérer la portée (pour l’empire perse ce conflit semble, au départ du moins, assez périphérique) les guerres médiques apparaissent comme le point de départ de l’hégémonie athénienne en mer Égée mais aussi comme la prise de conscience d’une certaine communauté d’intérêts du monde grec face à la Perse, idée dont s’empare, près de deux siècles plus tard Alexandre le Grand.

L’appellation « médiques » donnée à ce conflit est liée au fait que lors des premiers contacts entre Grecs et Perses au VIe siècle av. J.-C. ces derniers étaient soumis à un autre peuple, les Mèdes, soumission qui s’est inversée vers -550 avec le règne de Cyrus le Grand.

(15) La bataille de Salamine est une bataille navale qui opposa le 29 septembre 480 av. J.-C. la flotte grecque menée par Eurybiade et Thémistocle à la flotte perse de Xerxès Ier.

(16) Baudouin de Boulogne (v. 1065 – 2 avril 1118) est le troisième fils d’Eustache II, comte de Boulogne et d’Ide de Lorraine. Il participe à la première croisade de 1096, suite à laquelle il devient comte d’Édesse de 1098 à 1100, puis premier roi de Jérusalem sous le nom de Baudouin Ier de 1100 à sa mort.

(17) Eustachus Granarius, soit Eustache Garnier, de Grenier, voire d’Agrain, est cité pour la première fois en 1105 à la troisième Bataille de Rama où il est décrit comme l’un des quatre vassaux principaux du Roi Baudouin Ier de Jérusalem.

(18) Renaud de Grenier (né vers 1130 – mort en 1202) était comte de Sidon et un noble franc important de la seconde moitié du XIIe siècle au Royaume de Jérusalem.

(19) Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsuf, ou Saladin (Tikrit, 1138 ; Damas, 4 mars 1193) est le premier dirigeant de la dynastie ayyoubide, qui a régné en Égypte de 1169 à 1250 et en Syrie de 1174 à 1260. Lui-même dirige l’Égypte de 1169 à 1193, Damas de 1174 à 1193 et Alep de 1183 à 1193. Son nom, an-Nâsir, signifie « celui qui reçoit la victoire de Dieu » et Saladin signifie la « rectitude de la Foi ». Il est connu pour avoir été le principal adversaire des Francs installés durant le dernier tiers du XIIe siècle et l’artisan de la reconquête de Jérusalem par les musulmans en 1187.

(20) Julien de Grenier, mort en 1275, fut comte de Sidon de 1239 à 1260. Il était fils de Balian de Grenier, comte de Sidon, et de Marguerite de Brienne.

(21) L’ordre du Temple était un ordre religieux et militaire international issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, ses membres étaient appelés les Templiers.

Cet ordre fut créé le 22 janvier 1129 à partir d’une milice appelée les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. Il œuvra pendant les XIIe et XIIIe siècles à l’accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem dans le contexte de la guerre sainte et des croisades. Il participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des croisades et de la Reconquête. Afin de mener à bien ses missions et notamment d’en assurer le financement, il constitua à travers l’Europe chrétienne d’Occident et à partir de dons fonciers, un réseau de monastères appelés commanderies. Cette activité soutenue fit de l’ordre un interlocuteur financier privilégié des puissances de l’époque, le menant même à effectuer des transactions sans but lucratif avec certains rois ou à avoir la garde de trésors royaux.

Après la perte définitive de la Terre sainte en 1291, l’ordre fut victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel. Il fut dissout par le pape Clément V le 13 mars 1312 à la suite d’un procès en hérésie. La fin tragique de l’ordre mena à nombre de spéculations et de légendes sur son compte.

(22) Acre est une ville de Palestine, située au nord de la baie de Haïfa, sur un promontoire et dotée d’un port en eaux profondes.

Acre est située à 152 km de Jérusalem et dépendant administrativement du district nord. Cette ville côtière donne son nom à la plaine d’Acre qui comporte plusieurs villages. Son ancien port de commerce florissant dans l’Antiquité, est devenu une zone de pêche et de plaisance de moindre importance.

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 25 juillet, 2010 |Pas de commentaires »

Les Templiers à Rennes-le-Château

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Les Templiers à Rennes-le-Château

Au XIIème siècle, le seigneur de BEZU ainsi que deux frères de la famille de REDAS deviennent TEMPLIERS.

Hormis le Seigneur de Bézu, Bernardus Sismondi de Albezuno, lequel par testament se donne au Temple, l’on trouve dans les manuscrits du Moyen-Age deux frères qui sont également Templiers.  Ils se nommant « de REDAS » et possédant des biens à Esperaza, un des lieux les plus proches de REDDAS, fussent les seigneurs demeurant, ainsi que leur nom semble l’indiquer à Reddas, l’actual Rennes-le-Château?
(En général, on ecrivait le nom de famille Redas avec un seul « d », et les noms des lieux, avec deux « dd »; – Beate Marie de Reddas, ou Reddensis pour les Razes.)
On a découvre aux archives de la Haute-Garonne les parchemins dans la série cotée « Fonds Malte. »  Pourquoi?  Parce qu la majorité des biens ayant appartenu à la dite; « sainte milice des templiers de Salomon » furent attribués par le pape d’alors, Clement V, lors de la suppression de l’Ordre des Templiers, à, l’Ordre des Hospitaliers de St. Jean de Jérusalem, devenues plus tard, « Chevaliers de Malte. »  Les documents et archives concernant pratiquement la quasi totalité des tires de propriété des Templiers échouèrent tout naturellement chez ces nouveaux propriétaires.
Ces manuscrits sont relatifs à des actes notariés concernant les possessions, achats, donations, échanges et autres.  En plongeant dans les écrits se XIIeme et XIIIeme siècles l’on y rencontre un certain notaire de Limoso (Limoux) qui signe;
Petrus Busanaps, notaire public en Limoux et la demeure de la milice du temple en Razes, qui a cette charte écrit et signé.
Ces textes sont rédigés en latin, quelquefois en occitan. Parfois on y trouve des noms de lieux dans la langue du pays d’Oc, tels: Vallis-Dei (La Val Dieu), Carlati (Carla ou Carlat) et près de là, les roches de Laouzeto.  Puis il y a Cadrona, qui était anciennement uni au lieu de Campanha et où il y avait aussi un château.  Constantiano – Coustaussa, Albezuna, Le Bézu, Beate Marie de Reddis ou de Reddas, Sainte Marie de Rennes (le-Château), sancti Sebastiani de Campanha, Campagne sur Aude, Beate Marie de Kilhano, Quillan, Esperazano, etc.
C’est possible faire un arbre généalogique pour les frères – les éléments se trouvent dans les parchemins du XIIeme et XIIIeme siècle, 1133 – 1243.  A la première moitié du XIIeme siècle, nous trouvons plusiers actes faisant précisément état de l’appartenance à l’Ordre du Temple de Petrus et Bonneti de Redas, notamment à Esperaza.
De l’étude de ces textes il ressort également qu’apparemment Rennes et le Bézu se trouvent historiguement très liés, autant par la proximité géographique que par les liens parentaux.  Nous pensons qu’il s’agit de la même famille.
Outre ces personnages nommés de Redas, on trouve en 1151 un seigneur du Bézu dont le nom est Bernardus Sismondi de Albesuno.  Ce dernier reedige un testament stipulant qu’il se donne aux « frères du Temple » et qu’à l’heure de sa mort, il sera enseveli dans les locaux de ces derniers.
Le lieu Templier le plus proche du Bézu étant la préceptorerie de Campagne-sir-Aude, nous faisons mème une relation avec les découvertes de sarcophages effectuées lots des trauvaux réalisés vers la deuxième moitié du XXeme siècle par la municipalité au niveau du sol de la rue principale à l’interior du fort.  Les dalles de couvercle étaient gravées – rapporte René Mazières (menbre de la Socièté d’Etudes Scientifique de l’Aude.)  Ce dernier déplore – a juste titre – que nulle trace n’en ait été gardé – ni photo, ni relevé.
Cela aussi bien regrettable pour la mémoire historique de ces contrées au passé tellement riche.  Toutefois, rien n’empêche de penser que l’un de ces sarcophages ait fort bien pu être celui du Templier Bernardus Sismundi de Albesuno, siegneur de Bézu.
Et les deux frères de Redas?  Il semble que Bonnet de Redas a disparu, peut-être il a parti en terre d’Orient, s’il y est mort . . . mais on connait qu’il était Templier entre 1140 et 1148.
Pierre de Redas, sous le nom Pierre de St. Jean, était Templier 1140;  1156, Magister du temple de Douzens; 1159 Procurator à Carcassonne et Reddensis jusqu’a 1169 et à Douzens jusqu’en 1172; Magister honoris militie notamment à Saint Jean de Karreira autour des Années 1168 – 1172.
Quand au fait qui Pierre de Redas ait choisi le nom Pierre de St. Jean, cela pourrait-être lié au lieu de St Jean de Karreira où ce personnage est également responsable, administrateur pourrions nous dire, puisque certains actes l’on trouve son nom lié à ce site qui se situe sur la montagne d’Alaric, dans les Corbières, au sud de Barbaira, lieu dont il subsiste d’intéressants vestiges.
Dans les documents Templiers du pays Audois, on découvre un acte bien antérieur à la création de l’Ordre du Temple, acte relatif au lieu de St. Jean Baptiste de Karreira.  Il s’agit d’ine donation effectuée en mars 1113, destinée au prieur et à ses clercs, qui résidaient en ces lieux et qui n’étaient pas Templiers, puisque cet Ordre n’existait pas encore.
Quelques 50 ans plus tard, alors que ce lieu est propriété à part entière des Templiers, c’est bien Pierre de St.Jean, le frère de Bonnet de Redas qui est présent pour les différentes transactions, il est là en tant que magistri honoris militie . . . il est le Templier Petro de Paderno commendatori domus Sancti Johanni de Karreira.
Parfois les documents donnent le vocable de Sancto Johanni Baptisti de Karreira.  On a l’impression qu’avec le temps, petit à petit, le terme de Baptisti s’est perdu et seule la forme de St. Jean de Karreira aura subsiste.
Note de Val  St. Jean Baptiste était bien aimé par le Templiers, avec Marie Madeleine.

http://writingaboutrenneslechateau.blog4ever.com/blog/lire-article-322270-1854891-articles_pour_les_francais.html

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 25 juillet, 2010 |1 Commentaire »

GRAND PRIEURÉ DE FRANCE DES TEMPLIERS DE JERUSALEM

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PRIEURÉ DE FRANCE DES TEMPLIERS DE JERUSALEM 

  OSMTH – G.P.F.T.J. 

XXXXXXXXX

Si d’aventure, quelques décennies après l’An Mil, vous traversiez l’Europe et la France, vous auriez certainement ressenti quelque surprise devant le chaos où s’était peu à peu enlisé l’Occident.   La première croisade, « la Croisade Populaire » prêchée par Pierre l’Ermite avait entraîné sur les routes une foule immense de malheureux qui périrent en masse bien avant d’apercevoir les rives de la Terre Sainte.   

Disloquée et vidée, l’Europe centrale se défend tant bien que mal contre les invasions des Sarrasins et des Normands.   Dans la France divisée, des luttes d’influence entre seigneurs féodaux empêchent la réalisation de l’unité, souhaitée par le Roi. Seuls, les monastères restent des havres de paix et de culture.   

Au-delà des mers, les progrès de l’Islam, la nouvelle religion révélée par  Mahomet, représentent une terrible menace pour la chrétienté d’Occident.   Dans le temps même où la croisade de Pierre l’Ermite se dispersait aux quatre vents, des armées féodales commandées par Godefroy de Bouillon atteignaient la ville de Jérusalem en juillet 1099. En tant qu’Avoué du Saint Sépulcre, Godefroy de Bouillon y crée un royaume latin et d’autres États, comme ceux d’Antioche et de Tripoli.   

Bien que divisés eux aussi, les nouveaux croyant, qualifiés  « d’infidèles » étaient loin d’être vaincus. Ils harcelaient, pillaient, massacraient les pèlerins qui se lançaient sur des pistes aventureuses en direction des Lieux Saints, tels que l’avaient fait les croisés notamment au sac de Constantinople comme le relate Chrétien de Troyes.   En 1118, groupés autour d’Hugues de PAYENS, huit autres chevaliers, décidèrent de se dévouer à la cause des pèlerins perdus en Palestine (officiellement du moins), sous l’appellation de «Pauvres Chevaliers du Christ» Après quelque temps, le roi de Jérusalem Baudouin II leur donna comme résidence une partie des écuries de l’ancien Temple du roi Salomon, d’où leur nom : les Chevaliers de la Milice du Temple, ou Templiers.   

Le trône de Baudouin était fragile, aussi le roi de Jérusalem chargea Hugues de PAYENS d’aller plaider auprès du Pape Honorius l’organisation d’une nouvelle croisade.   En 1128, eut lieu à Troyes un important Concile, auquel assista Bernard de Fontaine, fondateur de l’abbaye de Clairvaux, dont il portera le nom, et dont le rayonnement spirituel s’étendra sur toute l’Europe.   

C’est au cours de ce Concile que l’Ordre du Temple fut officialisé et reçut sa première Règle. En 1148, le Pape Eugène III autorise les Templiers à porter une croix de gueule (couleur rouge), sur le côté gauche de leur manteau blanc, qu’ils choisirent «pattée à pointes rentrées».   Quant à l’étendard de l’Ordre il sera baussant (baucéant ou bausséant), de deux couleurs : de sable et d’argent, sur lesquelles brochait, depuis le concile de 1145, une croix de gueules. Rapidement, après plusieurs voyages, grâce à son intelligence et à son habileté, Hugues de PAYENS développe son Ordre et redonne un idéal à la Chevalerie.   

Le Temple correspond par ses structures et ses buts, aux aspirations du moment : pauvreté, charité, lutte contre les infidèles, puissance et unité face au chaos.   A cela s’ajoute un étonnant réseau d’amitiés de fidélité qui fait de ce moine-soldat un citoyen du monde, avant la lettre. Bénéficiant de franchises administratives, juridiques, religieuses, par la bienveillance de Rome, l’Ordre du Temple essaime, en Orient et en Occident.   

Les  Maîtres qui se succèdent vont alors, bâtir Châteaux et Commanderies. Admirablement protégées, les Commanderies templières deviennent les gardiennes des trésors royaux, seigneuriaux, et monastiques.   Les Templiers font creuser des mines, construisent des forges, des fermes et des manufactures, ouvrent des « banques » ; ils lancent sur les mers une flotte qui commerce bien loin de ses ports d’attache. 

  A côté d’une vie temporelle intense et fructueuse, se développe une vie spirituelle, nourrie de prières, de symbole et de recherche. Par exemple, le nombre «trois» conduit la vie journalière et annuelle de ces moines-soldats : ils communient trois fois par an, font l’aumône trois fois par semaine. Ils célèbrent trois grandes fêtes : La Trinité, la Pentecôte et les deux Saint Jean. Noël et Pâques sont considérées comme fêtes secondaires. Fiers de leur force morale et économique, les Templiers ne seront jamais réellement au service des Rois et des Papes.   En Orient, ils ne travaillaient pas tant à faire triompher la politique royale ou romaine qu’à servir avant tout la grandeur de l’Ordre. En Occident, ni les Seigneurs, ni les Rois, ni la Papauté ne purent supporter cette attitude pendant longtemps, et elle sera l’une des causes de leur perte. 

  Enfin, les Templiers tentèrent, semble-t-il, de mettre fin à la rivalité entre chrétiens et musulmans en préparant le syncrétisme en cherchant à unir au moins les religions du Livre. Ils ont essayé, et nous touchons là un des mystères de l’Ordre, de réaliser une forme de foi œcuménique très large, acceptable pour les uns et les autres, et englobant dans un tout cohérent, les tendances les plus diverses de la pensée occidentale et des pensées orientales, en particulier islamique.   Cette recherche d’unité allait, par conséquent, les conduire à imaginer un nouveau type de société, qui allait bouleverser la vie du Moyen-âge. 

  Estimant que le Christ était venu pour réunir tous les hommes, les Templiers avaient fait serment de ne pas combattre d’autres chrétiens et ne traitaient pas les croyants d’une autre foi ni même les païens comme des ennemis.   Certes, ils avaient dû lutter contre eux, mais ils avaient aussi dialogué, essayé de les comprendre, sans pour autant remettre en cause leur propre foi. 

  Gardiens de la Terre Sainte, ils la voulaient une terre d’unité, pour les vivants de toutes religions.   Allier la puissance, la richesse, la force politique aux plus hautes réflexions philosophiques, tel fut, peut-être leur projet et leur but. 

  Cette ambition stimulée par une réussite totale dans tous les domaines, portait en elle, les germes mêmes de sa destruction.   S’ils ont fasciné « les gens du siècle », les Seigneurs, les autres Ordres de Chevalerie, ils en ont également provoqué l’hostilité. 

  En 1244, Jérusalem tombe aux mains des musulmans et l’armée franque est défaite.   En 1291, la prise de Saint Jean d’Acre marque la fin des États Latins d’Outre-mer. 

  Les Templiers se retirent alors vers Chypre, la Sicile et la France. Cette France qu’ils n’ont jamais véritablement quittée, ils la retrouvent au bord d’un gouffre financier. En l’an 1306, l’émeute secoue les rues de Paris et le roi Philippe le Bel est contraint de se placer pendant quelques temps sous la protection du Grand Maître, Jacques de MOLAY, dans l’enceinte du Temple.   Ambitieux, jaloux, soucieux de préserver la royauté, Philippe le BEL ne pouvant y être accepté et encore moins en être le Grand Maître, rêve d’abattre l’Ordre et de s’emparer de ses richesses, encouragé par son principal conseiller NOGARET, 

  Le Roi tient à sa merci le Pape Clément V (Bertrand de Got). Élu grâce à son appui, au Conclave de Pérouse en 1305 et qui, craignant pour sa sécurité dans Rome, est venu s’installer en Avignon, au milieu d’une cour presque exclusivement française. Clément V.  Faible et hésitant, laissera Philippe le BEL et ses ministres préparer la machine qui  broiera l’Ordre du Temple.   Le 13 Octobre 1307, selon les directives de NOGARET expédiées secrètement aux officiers royaux, les Templiers de France se laissent arrêter sans résistance et jeter en prison, ne pouvant croire à une telle forfaiture. 

  Commencèrent alors les procès que nous connaissons, les aveux, les rétractations, les tortures, les accusations les plus monstrueuses.   Le sang, les crachats souillent la blancheur du manteau de ces moines-soldats qui traversaient naguère, au grand galop de leurs chevaux, les provinces du royaume de France où, de Commanderie en Commanderie, de Château en Château, ils jetaient les fondements d’une vie et d’une société nouvelle, imaginée à l’ombre des collines de Jérusalem. 

  Certes, la conduite de quelques-uns permit de fonder bien des accusations, car avec le temps et l’élargissement du recrutement, certains membres de l’Ordre s’étaient écartés de la Règle primitive et sévère instaurée à la fondation.   Et si ce relâchement de la doctrine et de la morale avait affaibli les structures templières, l’Ordre restait malgré tout la source authentique d’un renouveau que cette époque ne pouvait supporter. 

  Le 3 avril 1312, par la bulle  »Vox in Excelsis » Clément V, sans toutefois le condamner, prononce la suspension modo provisionis de l’Ordre du Temple, en attendant la convocation d’un concile qui n’aura jamais lieu.   Deux ans plus tard, le 18 mars 1314, sur ordre de la justice du roi Philippe le BEL, Jacques de MOLAY, dernier Grand Maître de l’Ordre, meurt comme relaps sur un bûcher dans l’île aux juifs (île Saint Louis) à Paris. 

  Mais en ce soir tragique de mars 1314 seule l’enveloppe chamelle du Temple est réduite en cendres. Seuls des hommes ont brûlé et les flammes qui les consumèrent n’ont pas détruit ce qu’ils portaient en eux, l’Esprit de l’Ordre, son message d’harmonie et d’équilibre qui flotte à jamais sur le temps.                                                        Texte de ROBERT G.   SUCCESSION 

  L’un des points les plus controversés par les historiens a été la succession, véritable ou hypothétique de l’Ordre du Temple. Plusieurs obédiences templières se réclament, il est vrai, de cette succession.   Le Grand Prieuré de France est rattaché historiquement à l’O.S.M.T.H. (Ordo Supremus Militaris Templi Hierosolymitani). Tout porte à croire que cet Ordre serait parmi les plus crédibles des Obédiences templières. 

  Le plus important, pour ceux qui désirent faire partie de la Chevalerie Templière, est de pratiquer l’Idéal de l’Ordre du Temple. Depuis 1374, la succession de l’Ordre a survécu dans plusieurs pays, notamment en Espagne et au Portugal. Également dans d’autres pays, mais de manière clandestine. Une des filiations probables serait celle de Jean Marc LARMENIUS. C’est à ce dernier que Jacques de MOLAY aurait confié ses pouvoirs à travers la Charte dite de « Larmenius ».   Le 13 février 1324, le décret de transmission perpétua l’Ordre à travers les siècles. Cette charte a été signée par tous les Grands Maîtres qui se sont succédés jusqu’à nos jours. De grands noms de l’aristocratie, tels Bertrand du Guesclin, se sont retrouvés à la tête de l’Ordre. 

  En Espagne, l’Ordre de Montesa devint le successeur légitime du Temple. En 1319, le Maître de l’Ordre de Calatrava envoya dix chevaliers pour former une nouvelle Milice, à la suite d’un accord signé avec le Pape Jean XXII. Au Portugal l’Ordre prit le nom de l’Ordre Militaire du Christ. Il fut fondé le 15 mars 1319, par l’ancien Maître de l’Ordre d’Avis, Frei Gil Mortins, et comme en Espagne, avec l’accord du Pape Jean XXII.   

En France, l’Ordre vécut dans la clandestinité. En 1705, le Régent Philippe, duc d’Orléans en devint le Grand Maître et modifia les Statuts. Les Templiers de Larmenius, furent considérés à Paris comme les dignes successeurs du Temple. Au début du XIXème siècle, Bernard Raymond Fabré-Palaprat devint Grand Maître.   A partir de 1827, il n’y eut plus de Grands Maîtres, mais des Régences. La guerre de 1940 et l’occupation de la Belgique par les Allemands menacent l’existence de l’Ordre. Le Frère Émile Clément Joseph Vandenberg, Régent depuis 1935, fit remettre les Archives de l’Ordre au Frère Antonio Campello Pinto de Sousa Fontes, Grand Prieur du Portugal. Par Décret Magistral du 23 décembre 1942, il lui fit transmettre la Régence et la garde de l’Ordre avec tous les pouvoirs, droits et prérogatives de la Grande Maîtrise.   

En date du procès-verbal du 20 août 1948, le Prince Régent, Don Antonio Campella Pinto de Sousa Fontes, désigne comme successeur à la régence, son unique fils, Don Fernando Campella Pinto Pereira de Sousa Fontes, actuellement Prince Régent de O.S.M.T.H.   TEMPLIER D’AUJOURD’HUI   

De nos jours encore, le nom de « Templier » évoque un aspect magique et mystérieux. Depuis l’extinction officielle de l’Ordre du Temple en 1314, les Templiers ont attiré l’attention des foules, et déchaîné les passions, bonnes et mauvaises.   La succession officieuse de l’Ordre a aussi fait l’objet de multiples recherches par d’éminents historiens. Ici encore, les passions se sont données libre cours. Vraie ou fausse cette succession a permis à nombreuses Obédiences Templières de se réclamer de cet héritage spirituel.   

Quoi qu’il en soit, tous ces différents groupes recherchent à travers cet héritage, le même idéal : Amour, Sagesse, Élévation Spirituelle de l’homme, Épanouissement personnel.   Être Templier aujourd’hui, c’est essayer de sauvegarder toutes ces valeurs, qui ont fait la richesse de notre civilisation et de les transmettre à notre tour.   

Être Templier aujourd’hui, c’est essayer, à travers la vision futuriste de la Chevalerie du Temple, de continuer en l’adaptant à notre temps, l’œuvre entreprise par nos Aînés.   Ceux-ci avaient pour règle, le courage, la bravoure, la loyauté. Ils avaient pour but, la sauvegarde de ces mêmes valeurs, et la défense de la FOI. Aujourd’hui, la Chevalerie n’a d’autre armure que l’Amour, la Tolérance, l’abnégation et le Dévouement. Elle n’est plus une noblesse de nom mais de cœur.   

La Chevalerie, longtemps délaissée, revient en force. Sans doute parce que l’Homme, à notre époque actuelle, manque d’un idéal et de buts dans sa Vie.   L’affairisme, la convoitise, le matérialisme à outrance sont les ennemis du Chevalier.    Être Templier aujourd’hui, c’est essayer de retrouver le juste équilibre. 


 

  PRINCIPE FONDAMENTAL   Obligation est faite à tous les Templiers du Grand Prieuré de France de n’appartenir, sous peine d’exclusion immédiate, directement ou indirectement à aucune organisation tendant à provoquer la discrimination, la haine et la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. 

  PHILOSOPHIE    Le Grand Prieuré de France, s’engage à Offrir la garantie à chaque Templier, Commanderie, Bailliage, d’un fonctionnement porteur des hautes valeurs héritées des 9 pauvres Chevaliers du Christ dans la fraternité du cœur. 

  Il propose également à chacun les éléments de règle de vie qui suivent   - Marche tranquillement au milieu de la hâte et du bruit et rappelle toi quelle paix il peut y avoir dans le silence. 

  - Autant que possible et sans te soumettre, soit en bons termes avec tous.   - Dis la vérité tranquillement et clairement et écoute les autres, même les sots et les ignorants, eux aussi ont leur histoire. 

  - Évite les gens bruyants ; ils sont une offense à l’esprit.   - Si tu te compares aux autres, tu risques de devenir vaniteux ou amer ; car il y a toujours des gens plus grands ou plus 

   petits que toi.   - Réjouis-toi de tes réalisations autant que de tes projets.   

- Intéresse-toi à ta carrière, mais reste humble ; ce sera ta richesse dans les fortunes changeantes de la vie. Sois prudent dans tes affaires car le monde est plein de pièges.   - Mais que cela ne te fasse pas oublier que la vertu existe, que beaucoup combattent pour un idéal et que partout la vie   est pleine d’héroïsme. 

  - Sois toi même. En particulier ne feins pas l’affection. Ne sois jamais cynique à propos de l’amour car en face toute aridité   et désenchantement, il se renouvelle comme l’herbe.   

- Prends avec plaisir le conseil des années en abandonnant gentiment les pensées de la jeunesse.   - Nourris la force de l’esprit pour te renforcer contre les ennuis imprévus. Mais ne te laisse pas décourager par des idées    imaginaires et de la solitude. 

  - Dans une stricte discipline, soit aimable avec toi-même.   - Tu es un enfant de l’univers autant que les arbres et les étoiles et comme eux tu as le droit d’exister. Et que cela soit clair 

   ou non pour toi, tu ne peux douter que le monde soit bâti comme il doit l’être.   - Sois donc en paix avec Dieu, quelle que soit la conception que tu en aies et, quelles que soient tes peines et tes aspirations, dans la bruyante confusion de la vie, soit en paix avec ton âme, malgré la honte, la tromperie et les rêves brisés, le  monde est encore beau. Enfin sois prudent, et bats-toi pour être heureux.   

Fort de ces dimensions, le Templier pourra au titre de Membre d’un ordre héritier spirituel et traditionnel de l’Ordre du Temple, travailler aujourd’hui à la réalisation des mêmes buts qui ont animé les anciens Frères Templiers, soit :   . Participer activement à la création d’un monde dans lequel tout être humain puisse se réaliser pleinement dans l’épanouissement harmonieux et équilibré de toutes ses possibilités,   

. Perpétuer les nobles traditions de notre ancienne chevalerie,    . Défendre les libertés acquises, la promotion des réformes nécessaires, la pratique des œuvres de miséricordes, de bienfaisance et de charité.   La spiritualité templière, est  porteuse d’un christianisme œcuménique très large, l’Ordre restant comme à son origine aux côtés de l’Eglise catholique romaine ; Elle se différencie des divers et nombreux mouvements, comme la Franc-Maçonnerie par exemple, mouvements qui s’en sont parfois inspirés, et qui l’ont souvent suivis par des chemins parallèles, suivant les époques de l’Histoire.    Sans réfuter systématiquement ni repousser les uns et les autres, on peut considérer que son approche tout en étant médiane, se situe plus, dans la dimension ésotérique qu’exotérique, le tout, au service et avec un profond respect de l’homme. 

CONTACTS 

Vous souhaitez,  avoir de plus amples informations sur notre Ordre, nous rejoindre ou simplement entrer en contact pour exprimer vos idées, alors, n’hésitez pas à nous écrire ou nous faire parvenir un e-mail à l’adresse indiquée ci-dessous.  

  Site internet : 

 www.osmth.fr  ou www.osmthfrance.fr      E-Mail: osmth.france@wanadoo.fr

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 22 juillet, 2010 |9 Commentaires »

Templiers, les découvertes mystérieuses

Templiers, les découvertes mystérieuses


mappa_piri_reis Le choix des « coordonnées géographiques terrestres pour la fourniture et la cathédrale de Chartres, est de la Loge » Chasse « de Frédéric II de Souabe » (Castel del Monte) est peut-être aussi l’une des trois pyramides de Gizeh montre avec certitude que les architectes de ces grands travaux ont déjà été depuis longtemps, au moins, une conception vague de la forme réelle du globe terrestre. Un autre élément très important de la preuve, encore une fois à l’appui de ce cas particulier, les résultats une analyse approfondie d’une carte ancienne géographique d’origine turque. Découvert en 1929 à Istanbul, en Turquie, pendant la rénovation du «Palais de Topkapi », qui deviendra un important musée de l’ancienne Turquie « , le directeur du Musée national, Halil Edem, en fait, est arrivé à ces documents importants dans une section du bâtiment qui était autrefois destiné à être un « harem ». Ces deux représentations topographiques, faite de « gazelles en cuir, porte la signature de Piri Ibn Haji Mehmed, » l’Amiral de la flotte turque « vécu à l’époque de« Soliman le Magnifique « (par exemple dans la première moitié du XVIe siècle). L’étymologie du nom «Re’is » signifie en fait à l’amiral turc. Ces documents topographie étonnante peuvent être considérées comme inestimables, car ils sont représentés, dans une presque parfaite de la  » Amérique du Sud Afrique longitude à droite, à un moment cu ces terres n’étaient pas connues (du moins pas jusqu’à ce point). Tout cela, cependant, pas tous. Les côtes de l’Amérique du Sud, en plus d’être affiché dans la bonne position, les lieux même de ne pas représenter encore connue au moment de Reis, comme la «Terre de Feu » ou les « îles Falkland »; lieu découvert, selon le responsable «historique», ne en 1592. Certains, enfin, dans les papiers de l’amiral turc, même entrevu la silhouette de «l’Antarctique Continent», une terre connue officiellement que, en 1818. Templiers, les découvertes mystérieuses dans L'ordre des Templiers 1793745507 Le mystère s’épaissit, en outre, si l’on tient compte des observations surprenantes attribué à l’auteur qui affirmait cartes ont fondé, pour leur mise en œuvre, sur une douzaine de représentations topographiques anciennes et d’origines différentes. Ils, selon Reis, en fait, remontent même à l’époque de « Alexander ». Celui-ci décrit le monde connu a également inspiré la Reis a également une carte de la même Columbus pour la compilation des côtes et les îles des Caraïbes. La référence à l’navigateur génois se trouve également sur une carte sur laquelle il ya une inscription en arabe qui a été traduit comme: «Il ya des rapports selon lesquels une Genovese infidèles, nommé Christophe Colomb a découvert ces lieux. » Aussi comme le souligne Reis, en effet, « un livre qui est venu dans les mains de l’infidèle, et il a trouvé que, dans ce livre il est dit qu’à la fin de la mer les côtes de l’Ouest et les îles et il y avait toutes sortes de métaux et pierres précieuses. « Le mystère de la carte de Piri Reis est, en réalité, en prétendant qu’ils ont été effectuées par cartes de connaissances plus tôt que ceux développés dans notre ère. La connaissance de ce qui, selon l’amiral turc, serait largement emprunté même Christophe Colomb. Le voyageur de Gênes, en effet, avait réussi à acquérir les connaissances nécessaires à son « Trans-Atlantic Shipping » (selon des sources bien crédité), Merci à une stratégie de «double Fortunata. Lui, en effet, peut-être pas surprenant, marié Filipa Moniz, fille de Barthélémy Perestrello, gouverneur des Açores et de « Grand Maître » de l ‘«Ordre des Chevaliers du Christ pauvre, filiale directe des Templiers au Portugal après leur l’abolition en 1312. Les Templiers pour survivre, cependant, tous ont convergé vers le nouveau « Conformation-militaire portugaise politique. » Des preuves solides, en fait, entraîner de nombreux chercheurs à croire que la nuit entre 12 et 13 avril 1307, certains lots de navires de Port de La-Rochelle, venez en Écosse, et de là même que nous l’avons déjà mentionné en Amérique. Le nouveau, des données intéressantes sur l’origine du nom « Amérique », en fait, mettre en évidence la racine de ce terme particulier n’est pas né d’une simple déformation de la «Christian Titre » de la « Maritime Fournisseur Amerigo Vespucci, mais mais de ce que les Pères fondateurs « des Templiers, est entré sous les ruines » du Temple d’Hérode. « Dans ces documents, en premier lieu, il a été démontré que les Mandéens » sont les descendants directs de « Nazaréen » (la meilleure de toutes, mais nous en reparlerons prochainement), d’autre part, il a été souligné que, dans ces papyrus anciens, (Merci d’études récentes), il y avait une référence claire à la «terre Mystic stationnées dans l’ouest le globe terrestre sous l’étoile appelée « Merica. » Tout cela peut nous faire comprendre que, parmi les faiblesses de l’histoire « traditionnelle » est certainement d’étudier les différents «événement historique», comme de nombreux « packages en tant qu’entité indépendante», comme si d’analyser en une consonne, une certaine «ensemble de circonstances «significatif, il faut nécessairement se cristalliser au sein de« frontières historiques »très étroit et bien tracée.

Anthony Harold

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 14 juillet, 2010 |1 Commentaire »

Les derniers jours des Templiers

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Les derniers jours des Templiers

Pour la première fois, « Sciences et avenir» déroule pour vous le « rouleau des interrogatoires », conservé aux Archives nationales. Un document clé qui explique la fin brutale de l’ordre du Temple, au XIVe siècle.

Le rouleau de la disgrâce

Ce document de 30 mètres de long a été précieusement conservé à Paris pendant 700 ans. Il n’a jamais fait l’objet d’une exposition au public.

C’est un rouleau de trente mètres de long. Un interminable parchemin en peau de veau jaunie, où a été retranscrite en latin, dans une écriture serrée, l’intégralité des interrogatoires auxquels ont été soumis en octobre 1307, les 138 « pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon » arrêtés à Paris sur ordre du roi Philippe le Bel. A la jonction de chacun des feuillets composant ce document inestimable auquel nous avons eu accès, les signatures de quatre notaires ont été ajoutées aux ligatures de l’archive de façon que rien ne puisse être ni ajouté ni retranché qui ne soit visible. Conformément à ce qui se faisait à l’époque, il ne s’agit pas de la transcription intégrale des propos recueillis sur le vif au moment des interrogatoires, mais des minutes reformulées par la suite. Des dépositions recopiées au propre par les officiers du roi après que ces confessions ont été arrachées aux chevaliers de l’Ordre, les milites templi, souvent sous la torture (lire p. 52). Ces interrogatoires se sont déroulés entre le 19 octobre et le 24 novembre 1307 dans la salle basse du Temple, à Paris, en présence de l’inquisiteur de France, Guillaume de Paris. Ils ont conduit au procès de l’Ordre ainsi qu’à celui de son plus illustre représentant, le grand maître Jacques de Molay, dont les propos tenus sur le bûcher, seront à l’origine du mythe (lire p. 59). Juste avant que ne soit prononcée la dissolution pure et simple de cet ordre militaro-religieux, le plus puissant d’Europe.
Conservé aux Archives nationales dans le quartier du Temple, à Paris, ce document resta à l’abri de la Sainte-Chapelle de Paris avec les archives du roi pendant près de cinq siècles. La grosse tour à enclos aujourd’hui disparue, qui a donné son nom au quartier, appartenait elle-même à l’ordre de chevalerie. L’imposante construction se trouvait située en plein coeur du domaine templier pour lequel les chevaliers avaient, pendant des années, défriché et assaini une zone de marécages insalubres où s’étend aujourd’hui le Marais. Là, ils avaient bâti une résidence fortifiée et une église, à l’instar de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. « Le fonds que nous possédons ici est celui du grand prieuré de France de l’ordre de Malte. Il réunissait les archives des Templiers et celles des Hospitaliers saisis pendant la Révolution. Ces documents s’étendent de 1130 à la disparition de l’Ordre au début du XIV siècle », explique Ghislain Brunel, conservateur aux Archives nationales. Le grand prieuré de France gérait les domaines de l’Ile-de-France, de la Normandie, de la Picardie, de la Champagne occidentale et de la Bourgogne du Nord. Raison pour laquelle les archives des templiers de la Manche, qui se trouvaient aussi à Paris, ont pu être « sauvées » des bombardements alliés pendant la Seconde Guerre mondiale. L’hôtel de Soubise, à Paris, n’est pas le seul lieu où sont conservés des documents templiers. Beaucoup se trouvent dans les archives départementales qui ont récupéré les fonds du grand prieuré de Champagne (Auxerre, Dijon et Troyes), des prieurés de l’Ouest ou du Midi, comme Toulouse et Marseille. Quand aux manuscrits retraçant les règles de l’Ordre, ils sont éparpillés entre la Bibliothèque nationale de France, la bibliothèque de Nîmes, les bibliothèques de Munich, de Prague ou de Bruges : des textes essentiels, en latin et français, sur la discipline monastique, les règles de vie commune et la liturgie, l’organisation des repas et les multiples aspects de la vie militaire des Templiers. Sans compter les archives de la couronne d’Aragon, à Barcelone, riches de la correspondance entre les souverains et les dignitaires templiers de l’Europe entière.
Seuls les chercheurs ont d’ordinaire accès au manuscrit des interrogatoires de Paris, conservé avec les nombreuses pièces de l’affaire dans une dizaine de cartons parfaitement alignés sur des étagères. C’est ici l’une des premières fois qu’il est présenté au grand public. Avec les confessions des chevaliers arrêtés, les correspondances officielles et officieuses entre Philippe le Bel et ses chanceliers, ces notes retracent avec force le dessein d’un homme d’Etat du début du XIVe siècle qui décida de faire plier un pape en anéantissant ses plus fidèles alliés.

http://www.sciencesetavenir.fr/magazine/dossier/099479/les-derniers-jours-des-templiers.html

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 8 juillet, 2010 |Pas de commentaires »

L’implacable machine à broyer de Philippe le Bel

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L’implacable machine à broyer de Philippe le Bel

De leur arrestation en 1307 aux aveux arrachés souvent sous la torture, jusqu’au procès, le plan minutieux du roi de France ne laissa aucune chance aux Templiers, accusés d’hérésie.

  • Le vendredi 13 octobre 1307, au petit matin, une opération de police d’une ampleur inédite est lancée aux quatre coins du royaume de France. A la même heure, où qu’ils soient, tous les membres de l’ordre du Temple sont arrêtés. Compte tenu des moyens de communication limités de l’époque, ce vaste « coup de filet » est d’une efficacité inouïe. L’effet de surprise est total. En quelques heures, toutes les commanderies de France sont investies, leurs occupants emprisonnés et leurs biens mis sous séquestre. Cette opération spectaculaire va tellement marquer les esprits qu’elle alimentera la croyance liée au « vendredi 13 », longtemps considéré comme un jour néfaste. « Nous possédons trois copies de l’ordre d’arrestation lancé par le roi Philippe Bel. Une se trouve ici, aux Archives nationales, une autre à la Bibliothèque nationale de France et la troisième à Lille », explique Ghislain Brunel, conservateur aux Archives nationales. Un mois avant le jour J, cette lettre a été transmise aux commissaires spéciaux et aux baillis et sénéchaux du royaume, ceux-ci ayant « à charge de la garder secrète en attendant le jour fixé pour son exécution », indique clairement le document. La moindre fuite, et c’est la mort assurée. Rien ne doit transpirer du piège tendu par le roi de France et son garde des Sceaux Guillaume de Nogaret aux Templiers dont ils veulent anéantir le pouvoir et se saisir des biens (lire l’encadré p. 56).
    Et personne ne trahira le secret. Car chacun sait à quoi s’en tenir… D’autres arrestations d’envergure ont déjà eu lieu précédement. L’historien Alain Demurger, spécialiste des Templiers, rappelle ainsi qu’un an auparavant, en 1306, Philippe le Bel a fait expulser des milliers de juifs du royaume, après avoir, là encore, fait saisir leurs biens. La France était la proie d’une grave crise monétaire et financière, et le roi se vengeait ainsi du peu d’argent qu’il estimait avoir obtenu de ces sujets, comme l’indiquent les Grandes Chroniques du Royaume. Avant lui, le roi d’Angleterre et certains de ses prédécesseurs tels saint Louis ou Philippe Auguste avaient agi de la même manière.
    Les semaines qui précèdent les arrestations de templiers sont mises à profit pour peaufiner les conditions de leur capture. Il faut d’abord localiser les frères présents sur le sol de France, puis les faire discrètement surveiller. Le roi prend ensuite la précaution de convoquer une assemblée à Tours en 1308 pour obtenir l’adhésion des représentants du peuple et des forces politiques contre tous ceux qui pourraient se révéler ennemis intérieurs et extérieurs. Philippe le Bel sait cependant qu’il ne risque pas de choquer « l’opinion publique », comme on dirait aujourd’hui. La population de l’époque, contrairement à ce qui adviendra au cours des siècles suivants (lire p. 59), n’a pas grande estime pour les Templiers. On leur reproche d’avoir perdu la Terre sainte qu’ils étaient pourtant chargés de défendre, lors d’une bataille contre les mamelouks – les nouveaux maîtres de l’Egypte – le 28 mai 1291. Et surtout d’être exonérés d’impôts quand le peuple croule sous la dîme, perçue au bénéfice de l’Eglise. Mais le roi sait que la force seule ne suffira pas. Il lui faut trouver un prétexte pour faire plier cet ordre qui, soumis à la seule autorité du pape, résiste à son pouvoir et lui refuse son aide financière. Seule issue : les convaincre d’hérésie. Pour ce faire, Guillaume de Nogaret monte secrètement un dossier d’accusation à partir d’informations recueillies auprès de templiers renégats. De son côté, le 22 septembre, l’inquisiteur de France, Guillaume de Paris, adresse des instructions secrètes aux autres inquisiteurs du royaume pour transformer les Templiers en victimes expiatoires idéales. « La question de l’hérésie a souvent été laissée de côté par les historiens, alors qu’elle constitue le levier majeur actionné pour abattre les Templiers », fait remarquer Ghislain Brunel. C’est d’ailleurs par la phrase « Dieu n’est pas content, nous avons des ennemis de la foi dans le royaume… » que débute l’ordre d’arrestation envoyé par Philippe le Bel à ses gens d’armes.
    Les accusations implacables portées contre les chevaliers du Temple ne leur laissent aucune chance. L’interrogatoire auquel ils vont être soumis individuellement a été minutieusement élaboré par Guillaume de Nogaret en collaboration sans doute avec son conseiller Guillaume de Plaisians. « Nous en possédons un brouillon », explique l’historien Sébastien Nadiras. Les Templiers sont accusés d’avoir adoré une « idole ». Un être au visage barbu, qu’une hypothèse récente, développée par l’historienne italienne Barbara Frale, attribue à une relique largement inconnue en Occident à l’époque, mais devenue fort célèbre depuis : le suaire de Turin (lire l’encadré p. 58). Plusieurs templiers succomberont sous les « tourments » (tortures), au cours des séances d’interrogatoire dont le parchemin conservé à Paris retrace le déroulement. En effet, le Manuel d’inquisiteur de Bernard Gui et sa « pratique de l’enquête » l’évoquent tous deux : par exemple, « [ ...] contre un accusé de ce genre [ ...] on aura le loisir [ ...] d’employer la contrainte et de réduire l’accusé par la faim, par la prison où les fers ou de le mettre à la question [ ...] ». D’autres passages plus précis révèlent qu’à Pamiers, le tribunal d’inquisition utilise le chevalet, l’estrapade, les charbons ardents ou les brodequins, après que le reste n’a pas marché. Car il faut surtout éviter la mutilation et la mort.
    Ainsi, le premier d’entre eux à figurer sur ce manuscrit se nomme Pierre de Torteville. Agé de 50 ans, ce frère sergent avoue comment, vingt-six ans plus tôt, il a été reçu dans la commanderie du Temple des Fourches, dans le diocèse de Sens. « C’est avant tout sur cette cérémonie de la «réception» au Temple que l’accusation s’est concentrée », explique Ghislain Brunel. Les accusateurs sont en effet intrigués par les rites d’intronisation que les Templiers avaient la réputation de pratiquer et veulent à tout prix leur faire avouer la perpétration d’actes hérétiques. Les questions, brutales, se succèdent : « Est-ce que lors de [cette] réception, à chaque réception, ou après… [vous reniez] le Christ ? Ou parfois le crucifix ? Ou Jésus ? Ou Dieu ? Ou peut-être même la vierge Marie ? Ou tous les Saints ? Est-ce que [vous adoriez] un chat visible à tous lors de [ces] réunions ? Est-ce que lors de la réception dudit ordre, celui qui [vous] recevait [vous] embrassait, sur la bouche, sur le nombril, ou sur le ventre nu, ou sur l’épine dorsale, ou sur la verge ? » En cas de réponse évasive, les inquisiteurs revenaient à la charge avec des moyens plus coercitifs…
    A en croire le rouleau conservé aux Archives, Hugues de Pairaud (visiteur de France), l’un des plus hauts responsables de l’Ordre, aurait ainsi fini par avouer le déroulement d’une séance. On lui aurait commandé « de renier celui dont l’image était représentée, de cracher sur la Croix ». Ce qu’il aurait fait, dit-il, uniquement dans la forme, sans adhérer sur le fond comme le rapportent les minutes : « Il renia Jésus-Christ de la bouche et non du coeur [...] Il ne cracha pas sur la Croix. » Plus loin, le jeune Raymond de La Fère, 21 ans, avoue lui aussi « qu’il a craché trois fois sur la Croix, mais de bouche et pas de coeur ». Comment expliquer de tels agissements ? Après les avoir longtemps niés, les historiens accréditent aujourd’hui l’existence de ces simulacres d’hérésie à l’intérieur de l’Ordre. « Certains pensent qu’ils auraient fonctionné comme des séances de «bizutage» permettant aux templiers de s’entraîner à supporter des mauvais traitements en cas d’arrestation par les infidèles, en Terre sainte », explique Ghislain Brunel.
    Autre accusation portée contre les Templiers : la sodomie, acte hérétique, et au Moyen Age, une des fautes les plus graves. A en croire le manuscrit, Robert de Sarnay originaire du diocèse de Beauvais, aurait ainsi avoué que « celui qui le recevait lui avait enjoint de s’abstenir des femmes, par contre, il lui a donné la permission, si une chaleur naturelle le poussait à l’incontinence il pouvait la satisfaire près d’un autre frère, mais il ne l’a jamais fait ».
    L’avarice – autre péché capital – est également pointée du doigt. Les Templiers sont accusés de ne pas être assez charitables : « Les aumônes n’étaient pas faites dans l’Ordre comme on aurait dû », mentionne le manuscrit. Pour sauver leur vie, les chevaliers n’ont qu’une issue : avouer, reconnaître leurs fautes réelles ou imaginaires et faire pénitence. La procédure inquisitoire appliquée à l’époque mettant l’aveu au coeur de la justice, celui qui reconnaît ses crimes sauve en effet sa tête. Mais elle établit un crime absolu, celui de « relaps » : nul n’a le droit de revenir sur ses déclarations, sous peine de retomber dans l’hérésie et d’être condamné à mort. Rappelons qu’au cours de ces mêmes années, on continue à traquer l’hérésie albigeoise dans le Midi de la France : les ultimes procès pour réduire les dernières poches cathares se dérouleront du côté de Montaillou, en 1340.
    « A l’issue du procès, la plupart des templiers qui ont reconnu leurs fautes ont été relâchés », précise Ghislain Brunel. Seuls 400 chevaliers seront emprisonnés à vie. Mais 54, déclarés relaps, seront brûlés à Paris le 12 mai 1310. Les responsables de l’Ordre attendront encore longtemps leur condamnation dans les geôles du roi. Parmi eux, le grand maître, Jacques de Molay. Son interrogatoire figure lui aussi dans le précieux manuscrit. Un témoignage inestimable pour mieux comprendre le rôle de ce personnage, devenu presque légendaire à la suite de la malédiction qu’il aurait lancée contre Philippe le Bel lors de son supplice (lire p. 59).
    Pourtant, rien ne prédestinait cet homme décrit comme falot à entrer dans l’histoire. Naïf, il n’a pas pressenti le piège qui allait se refermer sur lui et sur son ordre, allant jusqu’à accepter l’invitation du roi aux obsèques de sa belle-soeur, Catherine de Courtenay, la veille de son arrestation. Soumis aux mêmes mauvais traitements que ses frères, il reconnaît son hérésie, même si ses aveux sont réduits au strict minimum comme l’indiquent les minutes du rouleau. Enfermé pendant de longues années avec l’espoir d’une libération, ce n’est que le 18 mars 1314 que Jacques de Molay apprend qu’il restera en prison à vie. Dans une réaction ultime, il proclame alors l’innocence de l’Ordre et revient sur ses aveux. Geoffroy de Charnay, précepteur de l’Ordre pour la Normandie, fait de même. Pour juguler toute agitation, Philippe le Bel, surnommé aussi le Roi de fer, ordonne de les faire monter le soir même sur le bûcher.
    Leur supplice parachèvera la fin de l’Ordre. Deux ans plus tôt, le 22 mars 1312, sa dissolution avait été prononcée lors du concile de Vienne, et l’ensemble de ses biens transmis à l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. D’abord réticents, les souverains d’Angleterre, d’Aragon et de Castille procéderont à leur tour à l’incarcération de tous les templiers de leur royaume. Ils seront aidés en cela par une bulle Pastoralis preeminentie du pape Clément V qui, soumis à la pression et soucieux de préserver l’institution pontificale, préférera « lâcher » ses anciens alliés et sacrifier l’Ordre en ordonnant l’arrestation des templiers dans toute la Chrétienté.

Une puissante confrérie devenue trop encombrante

Fondé par Hugues de Payns sous l’impulsion de l’abbé Bernard de Clairvaux en 1127, l’ordre du Temple est le premier ordre militaire religieux de toute la Chrétienté d’Occident. Cette confrérie cosmopolite de chevaliers laïcs, à prédominance française – mais où l’on compte également des frères d’armes venus d’Espagne, d’Italie, d’Angleterre ou d’Allemagne -, escorte les pèlerins chrétiens qui se rendent en Terre sainte, au Proche-Orient, sous domination chrétienne depuis la prise de Jérusalem à l’issue de la première croisade en 1099. Installés sur le mont du Temple, dans les dépendances de la mosquée d’al-Aqsa, à Jérusalem – site à ne pas confondre avec le centre de l’esplanade sur lequel les musulmans avaient élevé la Coupole du Rocher -, leur mission est de protéger les lieux saints (le Golgotha, le mont des Oliviers… ). En s’engageant, la plupart des chevaliers – qui, n’ayant pas reçu les ordres, peuvent combattre abandonnent leurs possessions à l’Ordre. Celui-ci bénéficie surtout de nombreux dons et legs de biens fonciers. A son apogée, il jouit ainsi d’un patrimoine de 9000 commanderies à travers toute l’Europe et la Terre sainte.
Au service de Dieu, les Templiers ne dépendent que du pape. C’est l’une des causes du bras de fer qui les opposera à Philippe le Bel, les conduisant à leur perte. Car le monarque capétien « veut être empereur en son royaume ». Il n’accepte plus les interférences d’un souverain pontife qui souhaite étendre son autorité sur l’ensemble de l’Europe. Et Clément V va céder, contrairement à son prédécesseur, Boniface VIII, lequel a payé cher sa résistance au roi. En 1303, en effet, Guillaume de Nogaret, le garde des Sceaux de Philippe le Bel, se rend en Italie pour faire plier Boniface qui menace d’excommunier le roi de France. Le pape est fait prisonnier. Selon la tradition, il aurait même été giflé par un noble romain, allié des Français. L’épisode est connu sous le nom d’« attentat d’Anagni ». Boniface VIII meurt quelques jours plus tard, remplacé par Benoît XI puis, en 1305, Clément V, un Français, qui transporte le Saint-Siège en Avignon. Mais une autre raison attise la haine du roi : l’Ordre ne répond plus, selon lui, à l’idéal des croisades qui reste très vif chez ce monarque dévot, petit-fils de saint Louis, canonisé en 1292. Jacques de Molay, le grand maître de l’Ordre, montre en effet peu d’empressement à l’idée d’entreprendre une nouvelle guerre sainte. En Orient, les Templiers ont déjà payé le prix fort lors des six précédentes « traversées », comme on les désigne à l’époque. Deux siècles de présence en Terre sainte leur ont, en outre, permis de tisser certains liens. Il suffit pour s’en convaincre de lire les propos du prince syrien Oussama ibn Mounqidh, seigneur de Chayzar, dans son livre autobiographique, Les Enseignements de la vie (Kitab al-I’tibâr). « Quand j’entrais dans la mosquée al-Aqsa, où logeaient mes amis les Templiers, ils mettaient à ma disposition ce petit oratoire pour que je puisse faire mes prières. » Le prince les distingue très nettement des autres Francs présents sur place. « Certains textes montrent aussi que musulmans, Templiers et pèlerins chrétiens d’Orient (jacobites, coptes, melchites, etc.), priaient ensemble à l’abbaye de Saydnaya, à 35 kilomètres au sud de Damas, en Syrie », ajoute l’historienne italienne Simonetta Cerrini. Une tolérance qui sera rapidement reprochée aux ordres de Terre sainte. Après la défaite d’Acre, repliés sur Chypre et Rhodes, les Templiers continueront à défendre les Etats chrétiens subsistants. Outre son projet de croisade contrarié, Philippe le Bel est aussi en conflit financier avec les chevaliers. Les dépenses militaires de la guerre des Flandres, celles d’un conflit en préparation avec l’Angleterre, et l’imminence de problèmes intérieurs – des émeutes ont eu lieu à Paris et Provins en 1306 – lui font rechercher de l’argent partout (lire l’encadré p. 60). Il se tournera d’abord vers les juifs, avant de les expulser en 1306, puis vers les Templiers. Lesquels refuseront de le financer. Selon le document dit du « chroniqueur de Tyr » apparu pendant le procès, ce dernier refus de prêt fera d’eux un ordre à abattre.

Pour en savoir plus
I Templari e la sindone di Cristo
, Barbara Frale, Il Mulino, Bologne, 2009.
La Révolution des Templiers, Simonetta Cerrini, Perrin, 2007 et collection Tempus, 2009.

Le Temple adorait-il le saint suaire ?

Une hypothèse émise par l’auteur anglais Ian Wilson dans les années 1970 a refait surface en Italie, en 2009, par le biais du livre de l’historienne Barbara Frale. En étudiant des dépositions de templiers lors de leur procès, la chercheuse italienne s’est convaincue que certaines descriptions faisant état « de l’image d’un homme » monochromatique, représentée sur une toile de lin ou de coton, et qualifiée « d’idole » par les accusateurs, n’étaient autres que le saint suaire. Selon Barbara Frale, les chevaliers auraient eu en leur possession ce linge considéré comme sacré par les chrétiens, censé représenter le corps mort du Christ.
« En 1307, en Europe, fort peu de gens ont connaissance de l’existence de cette relique », explique Simonetta Cerrini, autre historienne italienne spécialiste de l’Ordre. Jusqu’en 1204 et la mise à sac de Constantinople par les croisés, le suaire – que de récentes datations au carbone 14 font cependant remonter au mieux entre les VIe et IXe siècles après J.-C (lire S. et A. n° 759, mai 2010) – aurait été conservé par l’empereur de Constantinople. Puis il disparaît pendant près d’un siècle.
L’hypothèse de l’historienne italienne est qu’il se serait retrouvé dans les mains des Templiers, avant de réapparaître à Lirey en Champagne chez Geoffroy de Charny en 1357, puis à Chambéry, chez les ducs de Savoie, enfin à Turin, où il se trouve toujours. « Le saint suaire a pu être exporté en Occident avant 1291, pendant le fort mouvement de reliques qui s’effectue vers après la chute d’Acre », poursuit Simonetta Cerrini. Au cours de leur interrogatoire de 1307, des chevaliers auraient en effet avoué s’être recueillis devant une mystérieuse image durant le rituel de réception dans l’Ordre. Dans les cahiers d’interrogatoires de quelques chevaliers de la sénéchaussée de Carcassonne conservés aux Archives nationales, un frère, Arnaud Sabatier, reçu comme templier dans une commanderie du Roussillon en 1297 indique que « [...] lui furent présentés un crucifix et un linge de lin (lineum) portant l’image d’un homme, qu’il adora trois fois et à chaque fois il crachait sur le crucifix » ; Jean Taylafer, du diocèse de Langres, évoque « une image d’une face humaine. Interrogé sur sa couleur, il répondit qu’elle était quasiment d’une couleur rouge ». « Avec Barbara Frale, je pense qu’il est probable que les représentations évoquées à ce moment-là soient bien celle du saint suaire », affirme Simonetta Cerrini. Une découverte réalisée pendant la Seconde Guerre mondiale dans l’ancienne commanderie de Templecombe, en Angleterre, viendrait conforter cette thèse : un panneau de bois, recouvert d’un visage christique « à la façon » du saint suaire, daté du XIIIe siècle.
« L’utilisation des mêmes traditions iconographiques pour produire ce visage prouvent que ceux qui ont peint ce portrait à l’époque se sont inspirés d’un modèle auquel ils avaient eu accès quelque part », précise l’historienne. Toutefois, les spécialistes explorent d’autres pistes pour comprendre ce qu’étaient ces têtes « adorées ». « Les Templiers possédaient des céphalothèques, des reliquaires avec des crânes. Ils détenaient peut-être le buste reliquaire de leur fondateur Hugues de Payns », poursuit Simonetta Cerrini. Originaires de contrées diverses, il est aussi vraisemblable que les Templiers ne se référaient pas aux mêmes choses quand on leur faisait avouer – sous la torture – avoir adoré « une idole », la plupart du temps une statue de bois (signum fusteum), comme celle dont parle le templier Guillaume Bos.

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 8 juillet, 2010 |1 Commentaire »

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