Itinéraire spirituel sur les pas des Templiers

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Itinéraire spirituel sur les pas des Templiers

Ordre de moines soldats fondé en 1119 lors des premières croisades, près de l’emplacement du temple de Jérusalem construit par Salomon sur l’ordre de Yahvé, « le Temple » devint un des plus grands propriétaires terriens de France, rivalisant en Provence avec les abbayes de Montmajour et Saint Victor.

Fondé à l’origine pour protéger les pèlerins en route pour la Terre Sainte, l’ordre du Temple s’enrichit en effet car, malgré leur vœu de pauvreté, les moines pouvaient recevoir des donations, des legs, ester en justice, exercer la plénitude des droits féodaux et pratiquer le prêt monétaire. Ils acquirent ainsi domaines et forteresses, servant bientôt de banquier aux pèlerins puis aux rois. Réputée pour sa fierté et son indépendance vis à vis des autorités ecclésiastiques et civiles, son combat pour libérer l’Espagne du joug islamique, son esprit chevaleresque, la Militia Dei détenait aussi les mystères d’un code d’honneur et de sainteté aux résonances ésotériques pleines de charme pour des nobles provençaux épris tant d’absolu religieux que d’action. L’ordre était protégé en Provence par Raymond Béranger, comte de Barcelone et comte de Provence ainsi que par son cousin, le Comte de Toulouse, maître du marquisat au nord de la Durance. La dynastie raymondine occupa une fonction centrale dans l’ordre du Temple par une politique visant à « rassembler ce qui est épars ».

La tour de Barbentane
C’est par Barbentane au nord du département que nous commencerons cette balade templière. A partir d’Avignon vers le sud, on suivra la rive droite du Rhône par la D2 qui conduit directement à Barbentane. Bâtie sur le flanc de la Montagnette, le bourg est dominé par la Tour Anglica, donjon du château épiscopal construit fin XIVe siècle après le démantèlement du Temple. De celui-ci subsiste « la maison des Chevaliers », ancienne maison forte des Puget- Barbentane construite au XVe siècle sur un site templier comme en témoigne son nom. Elle se situe juste en face de l’église qui lui est antérieure puisque sa construction a commencé au XIIe siècle[1].

On descendra la Grand-rue pour passer la Porte Calendale du XIV è siècle avant de continuer son chemin pour traverser Valabrègue, patrie de la vannerie et qui porte le souvenir d’un vannier célèbre, le Vincent du grand poème de Mistral Miréo. Les templiers possédaient là de nombreuses propriétés.

Les commanderies de Tarascon et de Saint-Rémy

Puis nous descendrons encore au sud pour rejoindre Tarascon. La commanderie n’est plus vraiment visible. En revanche on s’arrêtera pour découvrir les beaux vestiges de celle de Laurade. En sortant de Tarascon, sur la route de Saint Rémy de Provence, le lieu-dit Laurade se situe juste après le croisement entre la D99 et la N570. Cette commanderie, construite sur la commune de Saint-Etienne-du-Grès, a été créée en 1196 sur une donation de Hugues Ricard. Si le domaine a été remanié, la chapelle Saint-Thomas-des-Templiers, présente les caractéristiques architecturales templières : tout en étant bâtie dans un pur style romano-provençal, elle montre les trois travées et les trois portes traditionnelles des églises templières.

Aux Baux de Provence, un blason qui en dit long
On pourra pousser ce périple jusqu’aux Baux de Provence car le blason dudit seigneur des lieux possède une gémellité presque parfaite, quoique inversée, avec celui du seigneur de Blacas (celui qui fit le vœu de tendre un chaîne avec une étoile entre les deux falaises de Moustiers Sainte Marie) fervent templier devant l’Eternel.

 L’Etoile à seize rais est rare en héraldique et pourrait rappeler une origine en relation avec l’étoiles des Mages. La devise des seigneurs des Baux était d’ailleurs « A l’asard Bautesar ! » ( Au hasard Balthaszar). Mais c’est l’alliance d’une couleur le rouge (« de gueules » en héraldique) et d’un métal l’argent sur les blasons des grands familles templières qui rappelle le blanc manteau des tabliers frappé d’une croix pattée rouge. Le rouge représentant le sang, le cœur, le roi, la vaillance, le courage et l’amour « Vive Dieu Saint-Amour) le don de soi, s’allie à l’argent, métal lunaire représentant l’intelligence discursive, la raison illuminée par la connaissance, devenue sophia. De gueules et d’argent, c’est la sagesse dans l’action sacrificielle, comme le miroir reflétée par les rayons du soleil. Rayons du soleil figurée en fait par ce qui apparaît comme une étoile à seize rais. On en profitera pour visiter les vestiges du superbe château des Baux où une cour d’amour chère aux templiers connut son heure de gloire.

Entrons en Arles par le Chemin des Templiers
On reprendra la route d’Arles où la commanderie, fondée entre 1138 et 1143, n’était rien moins que la baylie générale de Provence. Commandant le passage sur le Rhône, elle rassemblait les pèlerins en partance pour la Terre Sainte. Arles présente un ensemble urbain exceptionnel où plane l’ombre des Chevaliers. Il s’agit justement du quartier de la Cavalerie. Il est proche des propriétés des templiers qui se situaient hors les murs au Moyen Age. Du reste, c’est bien par le « Chemin des Templiers » qu’on arrivait dans la ville. Parallèle à la voie ferrée, on peut le rejoindre par le chemin de la fortune que l’on prend au carrefour en haut de l’avenue de Stalingrad. Place Lamartine[2], on passera sous la porte de la Cavalerie pour rejoindre par la rue de la Cavalerie puis, Amédée Pichot puis sur la droite Léon Blum le quai du Rhône et le Musée Réattu, ancien grand prieuré des Chevaliers de Malte où l’on visitera aussi bien le bâtiment impressionnant que les collections picturales puisqu’il s’agit désormais du musée des Beaux Arts qui abrite des œuvres de Picasso, G Richier, Zadkine, Alechinsky… la Commanderie de Sainte Luce a aujourd’hui disparu.

C’est en fait à l’entrée d’Arles sur la route de Tarascon que se situait l’ancienne commanderie templière car la maison que l’on présente comme telle dans la cité camarguaise n’est pas la bonne ! La légende veut qu’un fantôme hante les lieux déserts la nuit du 13 octobre, date de l’arrestation des Templiers. Un fabuleux trésor y serait même enfoui. Sur la même commune, se trouvent les restes de la commanderie de Saliers et les maisons de Neparomicus et Venrella.

Fos port templier
On rejoindra Marseille par Lançon où l’on visitera l’hôtel de Foresta rue Pavé-d’Amour, la bien nommée puis par les ports templiers de Fos – place forte médiévale où se trouve le château juché sur un promontoire rocheux haut de trente mètres connu depuis le IXème siècle, elle offrait une situation stratégique remarquable (à visiter dans le Vieux Fos).

La commanderie était jumelée à Arles – et de Martigues, patrie de Gérard Tenque, fondateur de l’ordre des Hopsitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem où l’île qui était propriété des comtes de Provence au Moyen Age mérite à elle seule une visite complète. On visitera également l’église de Gignac la Nerthe, de structure templière.

Puis à Marseille, on promènera sur les rives de ce port templier dont il ne reste quasiment rien mais où leur fantôme rôde encore. Car ce sont d’abord les Croisades qui firent la prospérité de Marseille, premier port d’embarquement pour la Terre Sainte. En effet de nombreux pèlerins firent des dons à la commanderie de Marseille avant de quitter la terre ferme. Les chevaliers se firent donc marins. Les nefs du Temple y transportaient environ six mille pèlerins par an sans compter leurs montures sur des bateaux dont les noms sont évocateurs. Ainsi de « La Rose du Temple » ou du « Faucon du Temple ». Ce « commerce » dura jusqu’en 1216. Il faut dire que les templiers avaient inventé le « charter » : ils avaient obtenu des édiles le droit de faire partir de la rade, en franchise de toute taxe et deux fois l’an un navire à destination du Levant. « Le Faucon » était le plus grand bâtiment de charge de la Méditerranée.

La Commanderie de Marseille se situait au fond du Vieux Port, là où se dresse aujourd’hui l’église des Augustins. L’actuel fort Saint Jean aurait été un établissement des hospitaliers. L’île du Frioul quant à elle aurait posséder un autre bâtiment templier ce qui est loin de surprendre étant donné sa situation stratégique puisqu’il permet de surveiller l’entrée du port.

Enfin, on remontera par l’autoroute jusqu’à Aix, où il ne reste rien de la commanderie et de sa puissance. Elle se trouvait à l’emplacement actuel du couvent des Clarisses (rue sainte Catherine) et des Ursulines (désormais la maison d’arrêt derrière le palais de justice). C’est bien là pourtant que les Templiers de Provence arrêtés en 1307 furent torturés puis brûlés sur ordre de Charles II roi de Naples et de Sicile, comte de Provence, qui partagea leurs biens avec le Pape.

La commanderie de Bayle
On prendra le boulevard des poilus sur la droite sur le boulevard extérieur en direction du Tholonet. On se rendra alors à Saint Antonin Sur Bayon où la commanderie de Bayle jumelle de Marseille a conservé de fort beaux restes. Créée par l’abbaye Saint-Victor qui fit don à Pierre Roger ministre du temple des terres de Puyloubier, elle s’enrichit pour entrer bientôt en conflit avec ses donateurs.

Le plateau du Cengle qui fut une station préhistorique de plein air – on notera la proximité d’un castellas important) n’était qu’un immense marais. Il fut asséché par les Templiers pour fonder en 1143 le domaine du Bayle, l’une des premières commanderie de l’ordre en Provence. Ils creusèrent pour cela une tranchée d’écoulement à travers la falaise de la Trenque. Le Bayle est encore habitée. C’est une ferme fortifiée qui se répartit autour d’une grande cour dallée protégée de deux tours . Au fronton de l’une des portes, sont gravées la croix pattée des Templiers et l’étoile à seize rais des seigneurs des Baux, dont nous avons déjà vu la signification ésotérique.

Il s’agit du soleil de la connaissance, bien plus de la rencontre du soleil et de la lune, des pôles masculin et féminin, de l’alpha et de l’omega christique, du commencement et de la fin, tous symboles de l’androgyne primordial présent dans le

Laurence Fritsch-Ory

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 16 septembre, 2009 |4 Commentaires »

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4 Commentaires Commenter.

  1. le 21 septembre, 2009 à 15:26 fofo écrit:

    je suis interressé.

  2. le 15 novembre, 2009 à 12:36 sylv écrit:

    connaissez vous le dvd sur les templiers de l’histoire à la légende allez visiter le site internet rennes-le-chateau.org à voir.

  3. le 25 novembre, 2009 à 11:21 fh357 écrit:

    Mes BAF

    Je me permet de vous communiquer un lien qui peut intéresser certain d’entre vous

    Fraternellement

    http://jeanduboisdecroix.vip-blog.com/

  4. le 27 décembre, 2011 à 0:13 cabanes écrit:

    Dans votre commentaire sur le blason des baux de provence,
    vous dites « l’étoile à 16 rais, rare en héraldique »
    effectivement l’étoile en héraldique est souvent à cinq rais,
    mais le soleil est toujours à 16 rais, donc rien d’étonnant dans ce blason, il représente le soleil tout simplement.
    amicalement

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