22 mars 1312 – Le pape abandonne les Templiers

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22 mars 1312 – Le pape abandonne les Templiers

 Signe de l’affaiblissement du pouvoir pontifical, Clément V se soumet aux exigences de Philippe Le Bel Le pape Clément V se soumet aux exigences de Philippe Le Bel. Illustration Dominique Rousseau En savoir plus Retrouvez – Notre série sur l’histoire mouvementée des Papes en Avignon Chaque jour sous la forme d’un reportage d’actualité illustré par Dominique Rousseau, un épisode de l’histoire mouvementée des Papes en Avignon. Dieu aurait-t-il reconnu les siens hier soir en la cathédrale Saint-Maurice de Vienne ? On peut en douter, tant la décision que vient de prendre Clément V, six mois après l’ouverture du concile, semble relever de la realpolitik plus que de la justice, qu’elle soit divine ou bien humaine. En décidant in fine d’abolir l’ordre des Templiers, le pape ouvre une nouvelle ère dans l’histoire de la Chrétienté, qu’on imagine sans peine pleine de bruit et de fureur. Car le pape, provisoirement installé en Avignon, a pris la responsabilité, pour complaire à Philippe le Bel, d’abandonner un ordre loyal et jadis puissant qui fut son bras armé en Terre sainte mais aussi en Europe… Pathétique épilogue de la déchéance de ces chevaliers arrogants qui se croyaient au-dessus des lois et des rois, triste constat de l’insigne faiblesse du pape face au monarque français. « Les Templiers en avaient certes rabattu depuis la perte de Saint-Jean d’Acre et leur départ de Terre sainte, mais ils représentaient encore 15000 hommes, dont 1500 chevaliers entraînés au combat, rappelle un observateur avisé, croisé dans les couloirs du concile. Surtout, ils possédaient des richesses considérables, grâce aux dons des pèlerins qu’ils étaient chargés de protéger, et ils prêtaient de petites fortunes aux monarques… En France, l’Ordre était un véritable État dans l’État. Et ça, le roi ne pouvait plus le supporter ». De fait, Philippe Le Bel oeuvre de longue date à la chute des Templiers, qu’il tient pour hérétiques, idolâtres et sodomites, sur la foi de témoignages plus que douteux. Fin stratège, il sait que les abattre, c’est porter un coup sévère à la papauté, car l’ordre est souverain et à ce titre dépend du pape et de lui seul. Dès lors, comment ne pas voir dans la spectaculaire arrestation des Templiers français, le 13 octobre 1307 au petit matin, une manière de mettre Clément V au défi ? De lui signifier une fois de plus que le roi de France refuse la suprématie du successeur de Pierre dans la conduite des affaires du royaume ? Clément V n’a pas oublié, personne n’a oublié d’ailleurs, le célèbre attentat d’Anagni, qui a vu des hommes de Philippe faire prisonnier le pape Boniface VIII, il y a moins de dix ans. Le nouveau pape est certes Français, issu de la noblesse gasconne, mais il est peu probable qu’il fasse de son plein gré le jeu du roi de France, même si les chroniqueurs italiens font plus que l’insinuer. Sollicité à de multiples reprises, Clément V n’a jamais donné sa bénédiction ni à l’arrestation des Templiers, ni a fortiorià l’extorsion d’aveux « providentiels » sous la torture. Au contraire, il a longtemps cherché à les protéger, en assurant vouloir établir lui-même la vérité dans cette sombre affaire d’hérésie et de moeurs dépravées. « Malgré cela, écrivait-il au roi le 27 octobre 1307, vous avez commis ces attentats sur la personne et les biens des gens qui sont soumis immédiatement à nous et à l’Église romaine. Dans ce procédé précipité, tous remarquent un outrageant mépris de nous et de l’Église romaine… » Des mots tranchants, mais juste des mots, car le pape se sait faible et n’aura cherché ces dernières années qu’à gagner du temps, cédant sur à peu près tout, jusqu’à laisser à Paris un archevêque dévoué au roi envoyer au bûcher 54 Templiers revenus sur leurs aveux. Le pape s’est réservé pourtant de statuer en personne sur le sort de l’Ordre, et c’est l’un des principaux points du concile qui s’est ouvert à Vienne voici plus de six mois, en terre d’Empire. On en connaît l’issue, même si Clément V doit encore fulminer la bulle qui abolira définitivement l’ordre. Tout était-il joué d’avance ? Beaucoup le pensent, car le pape ne défend plus guère les Templiers depuis qu’il a négocié avec le roi l’abandon du procès en hérésie de son prédécesseur, Boniface VIII, qui le mettait par ricochet en grand danger. Pire, les sept Templiers qui se sont présentés au concile pour défendre l’honneur de leur ordre sont venus pour rien. De peur qu’ils ne se montrent trop convaincants, le pape a fait adopter sa décision d’abolir l’Ordre par un consistoire secret avant même qu’ils ne comparaissent. De fait, la messe est dite depuis que Philippe Le Bel a débarqué à Vienne voilà deux jours avec ses gens d’armes… Le sort des Templiers est désormais scellé et la vie de ses hauts dignitaires, à commencer par le Grand maître Jacques de Mollay, ne vaut plus grand-chose. Et dans la période d’incertitudes qui s’ouvre, une question domine: comment le pape, qui apparaît désormais comme une marionnette entre les mains du puissant monarque, pourrait-il restaurer la puissance pontificale, à Rome ou ailleurs ?

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 26 août, 2009 |1 Commentaire »

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1 Commentaire Commenter.

  1. le 15 septembre, 2009 à 20:27 CHIRHO écrit:

    La paix du MESSIE !
    C’est en toute humilité que j’aborde le thème de l’abandon des TEMPLIERS par CL2MENT V.
    Le roy philippe IV le bel très dépensier devait au temple l’équivalent d’un an et demi de budget du royaume et en voulait encor.
    Le grand Maître Jacques refusa s’appuyant sur le fait que cet argent était propriété de CHRIST et de l’ordre afin de pouvoir rétablir le royaume de DIEU.(rechercher phillippe IV et les Templiers.
    La France d’alors n’était qu’un tout petit royaume avec de puissants vassaux certes mais sans puissance militaire équivalente à celle des TEMPLIERS (15000 lances) prônant l’instauration du royaume sacré selon les Saintes paroles de CHRIST d’où peur, jalousie……..
    Philippe essaya lui même dans sa folie d’intégrer l’ordre pour le dominer et devant l’ineptie de cette requête tentât d’y faire admettre son fils aine.
    Ne pouvant attaquer directement l’ordre, ce dernier profitât des troubles de Rome et fit élire Bertrand de GOT, archevêque de Bordeaux, comme Pape sous le nom de Clément V.
    Devant les réticences de Clément à sacrifier l’ordre sacré, philippe menaçât ce dernier de destitution et de prendre le trône de l’église en qualité de roy de France fille aînée de l’église.
    Les moyens de pression furent multiples, orchestrés dans l’ombre par le vil guillaume de nogaret chef de la police officielle et officieuse du Roy.
    Guillaume préparât l’arrestation des TEMPLIERS environ deux ans à l’avance en se déplaçant auprès des baillis du roy et coordonner cette acte vil pour une seule journée, de peur d’une réaction des TEMPLIERS.
    Cette réaction ne vint point (respect de l’église qui devait les défendre mais qui rien ne fit) et les justes furent incarcérés.
    Devant le cruel dilemme auquel était soumis Clément, ce dernier lança la bulle « VOX IN EXELSO » condamnant les TEMPLIERS pour sauver l’église.
    Plus tard, lorsque l’affaire fut terminée, Clément fit part de ses regrets dans l’édit de CHINON, « AD PROVIDAM CHRISTANI VICANI » ou libéré de la pression royale il put enfin s’exprimer avec son coeur avant de rendre son âme à DIEU.
    Il me semble hasardeux et injuste de condamner la conduite de Clément, qu’aurions nous fait à sa place?

    En toute humilité.
    NON NOBIS DOMINE, NON NOBIS SED NOMINI TUO DA GLORIAM !

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