Archive pour août, 2009

Famille EGGER et L’ Ordre du Temple

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L’ Ordre du Temple

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En 1114, un chevalier champenois du nom de Hugues de Payns revient en Terre Sainte pour la deuxième fois et s’y installe. Vers 1118 (entre 1119-1120 selon Laurent Dailliez), en compagnie de Godefroy de St Omer et de huit autres chevaliers, il crée une milice : les pauvres chevaliers du Christ. Une milice dont l’objectif est de protéger les pèlerins, d’assurer la sécurité des chemins et la garde du St Sépulcre.

Ils résolurent de vivre en communauté suivant l’exemple des chanoines réguliers, régis par la règle de St Augustin et prononcer les trois vœux : Pauvreté, Chasteté et Obéissance et par un quatrième s’engagèrent à défendre les pèlerins dans leur personne et dans leurs biens.

« La même année 1119, certains nobles chevaliers, pleins de dévotion envers Dieu, religieux et craignant Dieu, se remettent entre les mains du seigneur patriarche pour le service du Christ, firent profession de vouloir vivre perpétuellement selon la coutume des chanoines en observant la chasteté et l’obéissance et en repoussant toute propriété. » Guillaume de Tyr

« Le roi, ses chevaliers et le seigneur patriarche furent remplis de compassion pour ses nobles qui avaient tout abandonné pour le Christ, et leur donnèrent certaines propriétés et bénéfices pour subvenir à leurs besoins. Et parce qu’ils n’avaient pas d’église ou d’habitation qui leur appartint, le roi les logea dans son palais, près du Temple du Seigneur. L’abbé et les chanoines réguliers du Temple leur donnèrent, pour les besoins de leur service, un terrain non loin du palais. » Jacques de Vitry

Et parce que l’enclos du Temple de Salomon devint ainsi leur lieu d’hébergement, ils changèrent leur dénomination de « pauvre Chevalier du Christ » en celle de « Chevaliers du Temple, ou Templiers »

On ne saurait préciser la date à laquelle ce changement intervint mais ce fut sous le règne de Baudouin II de Jérusalem.

Malgré des débuts difficiles, l’Ordre va assurer la sécurité à travers le Royaume de Jérusalem pendant près de neuf ans. En 1127, Hugues de Payns et certains chevaliers reviennent en terre de France afin de se faire connaître et obtenir de l’aide. A la recherche d’une légitimité, ils demandent audience au Pape Honorius II qui les écoutera.

Bernard de Clairvaux qui est la plus haute autorité spirituelle de l’époque leur soumet une règle de vie qui sera validée lors du concile de Troyes.

Celui-ci se réuni donc le 13 Janvier 1128 dans la cathédrale de Troyes, présidé par le légat du pape, le cardinal Mathieu d’Albano assisté des archevêques de Sens et de Reims, de dix évêques et d’un grand nombre d’abbés, de scoliastes et de clercs. Parmi les dignitaires du siècle figurent le comte Thibaud de Champagne et le comte de Nevers.

Les frères chevaliers Godefroi, Roland, Joffroi, Bisot, Archambaud de St Amand et Payen de Montedidier assistaient Hugues de Payns.

Celui-ci exposa au chapitre « la manière et l’établissement » de son Ordre :
« Et modum et observantiam equestris ordinis par singula capitula ex ore ipsius predicti magistri hugonis audire meruimus » relate Jehan Michel qui rédigea le procès verbal, et de rajouter : « ac, juxta noticiam exiguitatis nostrae sciencae, quod nobis videbatur bonum et utile colaudavimus ; verum enimvero quod nobis videbatur absurdum… »
( Et selon la connaissance de la petitesse de notre science, ce qui nous paru bon, nous l’approuvâmes, ce qui parut déraisonnable nous l’évitâmes.

La milice prend alors le nom de « Ordre du Temple »

Hugues de Payns et ses compagnons, munis de la règle du nouvel ordre, s’étaient dès le printemps 1128, dispersés à travers toute l’Europe pour recruter de nouveaux membres et obtenir des aides matérielles et financières indispensables.

L’idéale Templier, en ce qu’il comportait de vertus chevaleresques et d’esprit de charité, répondait à merveille aux inquiétudes spirituelles.

« Une nouvelle chevalerie est apparue dans la terre de l’incarnation. Elle est veuve, dis je, et non encore éprouvée dans le monde, où elle mène un combat double. Tantôt contre les adversaires de chair et de sang, tantôt contre l’esprit du mal dans les cieux. Et que ses chevaliers résistent par la force de leur corps à des ennemis corporels, je ne juge pas cela merveilleux, car je ne l’estime pas rare. Mais qu’ils mènent la guerre par la force de l’esprit contre les vices et les démons, je l’appellerai non seulement merveilleux, mais digne de toutes les louanges accordées aux religieux….

Le chevalier est vraiment sans peur et sans reproche qui protège son âme par l’armure de la Foi, comme il couvre son corps d’une cotte de mailles. Doublement armé, il n’a peur ni des démons ni des hommes. Assurément, celui qui souhaite mourir ne craint pas la mort… » St Bernard de Clairvaux

De nombreux dons des plus divers vont affluer : chevaux, armures, manteaux, braies, chemises, terres et maisons….

L’ enthousiasme gagna les plus grands seigneurs de la chrétienté.

En 1130, en Espagne, Raymond III, comte de Barcelone et Marquis de Provence, prend l’habit et donne ses châteaux de Granena et Barbera.

En 1132, le comte Urgel Ermangaud donne lui aussi son château.

En 1134, Raymond IV de Barcelone et vingt-quatre de ses chevaliers se mettent au service de l’Ordre pendant un an.

Le roi, Alphonse de Castille et d’Aragon ayant enlevé la place de Calatrava aux maures, la donne à la gérance de l’Archevêque de Tolède qui confit la sécurité de la cité aux Templiers. Ce même souverain voulu partager son royaume entre les Templiers et les Hospitaliers car il n’avait point de descendance. Les Templiers refusèrent l’offre en prétextant qu’il n’était point de leur attribution d’être les gérants d’un royaume. Devant leur modestie, le roi leur confia alors les châteaux de Calamera, Montjoie, Curbin, Ramonila, Monzon.

Au Portugal, Don Alphonse, fils de la reine Thérèse, leur donna la forêt de Céra, encore accupée par les Sarrasins. L’ordre les en chassa et fonda les villes de Coïmbra, Ega et Rodin.

Le 29 mars 1139, le Pape Innocent II publie sa Bulle « Omne datum optimum ». Il va permettre au Temple de prendre son indépendance face au Patriarche de Jérusalem. L’ordre ne payera plus la Dîme mais pourra la percevoir sur ses domaines. Enfin il pourra construire ses propres églises et avoir ses cimetières.

Dés lors, l’Ordre ne cessera de s’émanciper en France puis dans le reste de l’Europe ainsi qu’en Terre Sainte.

De retour en Palestine, L’Ordre est engagé chaque fois que cela est nécessaire. Les Templiers prennent une place importante dans le dispositif militaire défensif du monde chrétien et des Etats Latins et reçoivent de nombreux châteaux : tel que Tortose qui devient leur maison chevêtaine, la Roche Guillaume, Chastel Blanc, Sidon, Beaufort et Gaza. Ils reçoivent aussi une partie de Jéricho et le Temple de Salomon.

Leur nombre, leur organisation, leur discipline, permet à l’Ordre de garantir un dispositif permanant et efficace qui force le respect de ses alliés et suscite la crainte dans les rangs ennemis.

« Lions en guerre, agneaux en paix. Durs et féroces avec les ennemis du Christ, ils marchent précédés d’une bannière noire et blanche, qu’ils appellent Baussant ou Baucéant. »

Le Gonfanon Baussant noir et blanc (qui veut dire mi-parti, s’y ajoute après 1145 une croix de gueule). Il est le point de ralliement des chevaliers lors des batailles. Ils doivent l’entourer du mieux qu’ils le pourront. Un frère ne doit baisser la bannière sous aucun prétexte, même pour se défendre. C’est une faute grave qui est sanctionné par la perte de l’habit.

En 1147, le pape Eugène III assiste à un chapitre, en présence de 130 chevaliers et du maître de France Evrard des Barres. Impressionné, il leur octroie le droit de porter la croix vermeille sur le coté gauche.

« Que cet insigne, leur serve de bouclier et qu’ils ne tournent jamais bride en face d’aucun infidèle. » La croix symbolise également le martyre et le sang du Christ.

Pendant les croisades, des milliers de pèlerins vont sur les routes en direction de Jérusalem. Hors celles-ci sont peu sûres et bien souvent des brigands et autres coupe-jarrets les détroussent de tous leurs biens. C’est pourquoi, les templiers vont proposer des « attestations de crédit ». Contre une somme déposée dans une des nombreuses commanderies jalonnant sa route, le pèlerin se verra remettre une lettre de change à son nom, sans valeur pour d’autres. Une fois arrivé à Jérusalem, la somme lui est restituée.

Avec la chute de Jérusalem le 23 août 1244 où les templiers payeront un lourd tribut avec la perte de trois cents d’entre eux, les Etats latins tombent les uns après les autres. Les dernières forces Occidentales se regroupent à St Jean d’Acre. Mais à partir du 5 avril 1291, le nouveau Sultan Qalâwun assiège la cité.

Acculé comme les autres défenseur de la ville, les templiers se retirent dans leur couvent-forteresse de « la voûte d’Acre » et se battent jusqu’au dernier. Le 28 mai, ils furent ensevelis avec deux milles adversaires après l’effondrement de la voûte de la commanderie. Cela scella le sort des Francs en Orient.

Ceux qui auront réussi à rejoindre Château Pèlerin, embarqueront pour Chypre le 12 août 1291.
L’ordre va continuer à prospérer après les croisades, achetant des terres et vendant le fruit de ses productions agricoles et artisanales.

Mais pour beaucoup le commerce n’est pas concevable pour un ordre qui prétend vivre dans la pauvreté, de plus la présence de commanderies est mal acceptée par les autorités cléricales locales.

La raison d’être de l’Ordre résidait dans les croisades. Mais tout cela est maintenant terminé et nombre de ceux qui avaient un idéal sont tombés en Terre Sainte. Il devient évident que son existence est menacée par ceux qui considèrent sa présence comme inutile. L’Ordre parait de plus en plus orgueilleux et ne semble plus attirer que des gens sans scrupules.

En 1293, Jacques de Molay est élu à la tête de l’Ordre. Il refuse la demande du pape Clément V de fusionner avec les Hospitaliers.

A cette époque, les terres du Temple, sont cinq fois plus nombreuses que celle du roi de France, Philippe Le Bel. Ce dernier a du mal à assouvir son pouvoir et son autorité alors que ses barons se gaussent de la situation. De plus le Souverain a des problèmes d’argent et ses relations avec Clément V sont tendues.

C’est son conseiller Nogaret, son conseiller qui va tout manigancer. Il connaît un ancien templier : Esquieu de Floyran chassé de l’Ordre et jeté en prison pour de graves fautes. Celui-ci lui rapporte de soi-disant pratiques d’adorations d’idoles, d’actes obscènes et d’hérésie. Les prétextes de chocs sont trouvés. Nogaret va en informer le roi qui va commander l’arrestation de tous les Templiers.

Tôt le matin du vendredi 13 octobre 1307, toutes les commanderies sont investies par les forces royales.

Philippe le Bel ordonne alors que les templiers soient jugés. A partir du 19 octobre, des interrogatoires seront mis en place et la torture sera utilisée pour les faire avouer.

Trente huit d’entre eux vont mourir en refusant de parler. Mais certains avoueront dans la confusion la plus totale: sodomie, adoration d’idole, reniement de la croix et sympathie avec l’Islam.

Cinquante quatre d’entre eux seront brûlés à Paris le 12 mai 1310. A la suite de cet événement, les templiers avoueront tout et n’importe quoi afin d’éviter le bûché.

Le 22 mars 1312, le Pape Clément V dans sa Bulle « Vox in excelso » prononce non sans amertume l’abolition de l’Ordre du Temple. Ses biens seront redistribués aux Hospitaliers
Le 18 mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay avouent avoir menti et préfèrent mourir l’âme en paix plutôt que de laisser accusé l’Ordre de la sorte.

Le même jour, Philippe le Bel décide de réunir son propre conseil et condamne de relaps les deux templiers. Faisant fi de la bulle qui protégeait l’Ordre, uniquement sous tutelle du Pape et outrepassant ses droits, il le envoie au bûcher installé en toute hâte sur l’île aux juifs face à Notre-Dame.

On dit que c’est sur le bûcher que Jacques de Molay cita le Pape Clément V et le Roi de France à comparaître devant le tribunal Divin avant un an.
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Egger Ph

Famille EGGER

de Rechthalten (Dirlaret) & Sankt Ursen (St-Ours) Canton de Fribourg

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 26 août, 2009 |3 Commentaires »

22 mars 1312 – Le pape abandonne les Templiers

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22 mars 1312 – Le pape abandonne les Templiers

 Signe de l’affaiblissement du pouvoir pontifical, Clément V se soumet aux exigences de Philippe Le Bel Le pape Clément V se soumet aux exigences de Philippe Le Bel. Illustration Dominique Rousseau En savoir plus Retrouvez – Notre série sur l’histoire mouvementée des Papes en Avignon Chaque jour sous la forme d’un reportage d’actualité illustré par Dominique Rousseau, un épisode de l’histoire mouvementée des Papes en Avignon. Dieu aurait-t-il reconnu les siens hier soir en la cathédrale Saint-Maurice de Vienne ? On peut en douter, tant la décision que vient de prendre Clément V, six mois après l’ouverture du concile, semble relever de la realpolitik plus que de la justice, qu’elle soit divine ou bien humaine. En décidant in fine d’abolir l’ordre des Templiers, le pape ouvre une nouvelle ère dans l’histoire de la Chrétienté, qu’on imagine sans peine pleine de bruit et de fureur. Car le pape, provisoirement installé en Avignon, a pris la responsabilité, pour complaire à Philippe le Bel, d’abandonner un ordre loyal et jadis puissant qui fut son bras armé en Terre sainte mais aussi en Europe… Pathétique épilogue de la déchéance de ces chevaliers arrogants qui se croyaient au-dessus des lois et des rois, triste constat de l’insigne faiblesse du pape face au monarque français. « Les Templiers en avaient certes rabattu depuis la perte de Saint-Jean d’Acre et leur départ de Terre sainte, mais ils représentaient encore 15000 hommes, dont 1500 chevaliers entraînés au combat, rappelle un observateur avisé, croisé dans les couloirs du concile. Surtout, ils possédaient des richesses considérables, grâce aux dons des pèlerins qu’ils étaient chargés de protéger, et ils prêtaient de petites fortunes aux monarques… En France, l’Ordre était un véritable État dans l’État. Et ça, le roi ne pouvait plus le supporter ». De fait, Philippe Le Bel oeuvre de longue date à la chute des Templiers, qu’il tient pour hérétiques, idolâtres et sodomites, sur la foi de témoignages plus que douteux. Fin stratège, il sait que les abattre, c’est porter un coup sévère à la papauté, car l’ordre est souverain et à ce titre dépend du pape et de lui seul. Dès lors, comment ne pas voir dans la spectaculaire arrestation des Templiers français, le 13 octobre 1307 au petit matin, une manière de mettre Clément V au défi ? De lui signifier une fois de plus que le roi de France refuse la suprématie du successeur de Pierre dans la conduite des affaires du royaume ? Clément V n’a pas oublié, personne n’a oublié d’ailleurs, le célèbre attentat d’Anagni, qui a vu des hommes de Philippe faire prisonnier le pape Boniface VIII, il y a moins de dix ans. Le nouveau pape est certes Français, issu de la noblesse gasconne, mais il est peu probable qu’il fasse de son plein gré le jeu du roi de France, même si les chroniqueurs italiens font plus que l’insinuer. Sollicité à de multiples reprises, Clément V n’a jamais donné sa bénédiction ni à l’arrestation des Templiers, ni a fortiorià l’extorsion d’aveux « providentiels » sous la torture. Au contraire, il a longtemps cherché à les protéger, en assurant vouloir établir lui-même la vérité dans cette sombre affaire d’hérésie et de moeurs dépravées. « Malgré cela, écrivait-il au roi le 27 octobre 1307, vous avez commis ces attentats sur la personne et les biens des gens qui sont soumis immédiatement à nous et à l’Église romaine. Dans ce procédé précipité, tous remarquent un outrageant mépris de nous et de l’Église romaine… » Des mots tranchants, mais juste des mots, car le pape se sait faible et n’aura cherché ces dernières années qu’à gagner du temps, cédant sur à peu près tout, jusqu’à laisser à Paris un archevêque dévoué au roi envoyer au bûcher 54 Templiers revenus sur leurs aveux. Le pape s’est réservé pourtant de statuer en personne sur le sort de l’Ordre, et c’est l’un des principaux points du concile qui s’est ouvert à Vienne voici plus de six mois, en terre d’Empire. On en connaît l’issue, même si Clément V doit encore fulminer la bulle qui abolira définitivement l’ordre. Tout était-il joué d’avance ? Beaucoup le pensent, car le pape ne défend plus guère les Templiers depuis qu’il a négocié avec le roi l’abandon du procès en hérésie de son prédécesseur, Boniface VIII, qui le mettait par ricochet en grand danger. Pire, les sept Templiers qui se sont présentés au concile pour défendre l’honneur de leur ordre sont venus pour rien. De peur qu’ils ne se montrent trop convaincants, le pape a fait adopter sa décision d’abolir l’Ordre par un consistoire secret avant même qu’ils ne comparaissent. De fait, la messe est dite depuis que Philippe Le Bel a débarqué à Vienne voilà deux jours avec ses gens d’armes… Le sort des Templiers est désormais scellé et la vie de ses hauts dignitaires, à commencer par le Grand maître Jacques de Mollay, ne vaut plus grand-chose. Et dans la période d’incertitudes qui s’ouvre, une question domine: comment le pape, qui apparaît désormais comme une marionnette entre les mains du puissant monarque, pourrait-il restaurer la puissance pontificale, à Rome ou ailleurs ?

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 26 août, 2009 |1 Commentaire »

Les Templiers dans le diocèse troyen ; leur spiritualité jusqu’en 1316

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Les Templiers dans le diocèse troyen ; leur spiritualité jusqu’en 1316

Conférence d’ Abel Lamauvinière

Aussi paradoxal que cela puisse paraître nous connaissons les Templiers où tout du moins nous prétendons les connaître sans qu’aucune étude n’ait porté sur leur pratique religieuse.

Le paradoxe tend à affirmer que l’ordre Templier se confond avec son histoire. Or les pratiques cultuelles ne sont pas de l’histoire mais des dévotions personnelles et collectives greffées à un idéal chevaleresque.

La religion séduit surtout en cet fin de siècle, l’histoire médiévale charme. En témoignent les nombreuses activités développées depuis quelques années par des érudits locaux. Ainsi l’homme cherche à appréhender les deux phénomènes, ce qui est une démarche complexe du fait de deux entités et dialectiques différentes, au demeurant complémentaires.

Cet engouement pour l’histoire médiévale locale est un bienfait car elle permet de vulgariser les pans entiers de notre patrimoine templier d’Avalleur le plus médiatisé, petit hameau sur un plateau Barséquannais, en passant par Sancey, actuelle Saint Julien les Villas sans oublier les nombreux établissements dans notre cité épiscopale troyenne. Ces derniers sont plus importants que nous pourrions l’imaginer. En effet la ville est le lieu par excellence ou une entité politique ou spirituelle doit figurer de manière à être pris en considération. Pour ce faire, cette entité ecclésiale doit entrer dans un rapport de soumission à un autre par un serment de vassalité et d’obéissance ; ainsi la protection de cet hôte puissant, en l’occurrence le comte, a permis l’essor dans notre cité épiscopale.

Le rôle de l’historien est de livrer au présent notre passé grâce à ses outils dans une démarche conceptuelle. Ainsi l’étude de la spiritualité templière est un défi pour l’historien, vu la rareté des documents et l’absence de témoignages fiables. Néanmoins certains écrits templiers, outre leur thème, livrent des informations, matières à réflexion, permettant ainsi une démarche historienne en les croisant à d’autres sources existantes.

Définir la spiritualité n’est pas chose aisée étant donné la multiplicité des sens que revêt ce terme. Il désigne en premier lieu la qualité de ce qui exclut toute matière ce sont les divinités. Mais également ce qui dépasse la matière et rattache à un monde autre tout en conservant un lien. Ainsi il s’agira de comprendre le mouvement de vie qui résulte de l’acceptation de l’ordre pour comprendre la foi et la pensée qui en découle. Les rites sont l’expression de cette foi en partie, le combat une autre, la confession du péché est une forme. La temporalité nous permet de cerner l’évolution de cette spiritualité dans le temps matériel et immatériel.

N’oublions pas que la religion est inscrite dans la société médiévale, elle répond à une quête de sens, les pratiques représentant un sens donné à la vie terrestre des personnes. En tant qu’humain le templier représente une composante de l’Église. Cette composante répond à des besoins multiples ; défendre le tombeau du Christ, s’enquérir de moyens pour mener une telle action. C’est dans le contexte de la croisade que naît le mouvement des Templiers et développe dès son origine des préceptories nécessaires à drainer les moyens financiers et humains pour leur épanouissement.

L’Église, en canalisant un mouvement destiné à exploiter la violence naturelle de la société féodale, se trouve vite dépassée par sa base. Elle ratifie le mouvement en ordo (ordre) par une règle. Or la situation dans laquelle se trouve l’Église est nouvelle et exceptionnelle : ordre militaire et spirituel ou l’alliance de l’épée et du chapelet.

Comment se vit la spiritualité de ces chevaliers du Christ nés d’une volonté spontanée ? Notre volonté n’est pas de dresser un tableau exhaustif de cette spiritualité, mais de comprendre les pratiques cultuelles et/ou collective. D’où la nécessité impérieuse de s’enquérir des structures juridiques sur lesquelles reposent les soi-disant moines soldats. Cette investigation est la résultante d’une interprétation de lectures composées de manuscrits latins et français originaux parfois oubliés ou jamais dépouillés ! A la suite de cette quête féconde nous pourrons oeuvrer pour le statut de l’ordre révélant ainsi le terreau fertile sur lequel la pratique liturgique doit se greffer. Nous terminerons notre réflexion sur la prière personnelle.

 

 

I. Structures de l’ordre :

 

 

1. Une puis deux règles :

 

 

Nous avons travaillé sur trois règles d’origine et de fortunes diverses mais qui contribuent à faire émerger quelques notions naissantes concernant la loi et le processus de codification qui se met en place. Celui-ci a l’art de nuire à quelques autorités, fussent-elles temporelles comme le roi ou encore le comte ou bien spirituelles, comme le pape ou bien le patriarche de Jérusalem et à un niveau local l’évêque. Les documents sont de type normatif, c’est pourquoi l’analyse de chacun d’eux est essentielle.

Le premier manuscrit comporte soixante-douze articles et quelques annotations du même auteur, écrit en latin il figure en annexe du concile de Troyes du 14 Janvier 1128 jour de fête de la Saint-Hilaire. la lecture de cette règle, nous remarquons le caractère primitif de la hiérarchie militaire appelée  » frates laïcus  » ou frères laïcs qui cohabitent avec les  » frates capellani » ou frères chapelains, ce qui nous amène à penser que la règle s’inspire des préceptes de vie augustiniens, notamment du Praeceptum. Nous formulons l’idée que cette règle est le résultat d’une situation qui se vit en Orient, qu’elle ne fait que légaliser une situation, mais de manière incomplète, malgré la présence attestée et consignée de Bernard de Clairvaux et d’Hugues de Payns requérant.

Le second manuscrit est conservé à la Bibliothèque du Vatican, il est plus précis, structuré, explicatif. Ce manuscrit se révèle être l’outil précieux de la papauté romaine qui, en légalisant, s’approprie de la manière la plus fine un phénomène nouveau qui a pris de l’ampleur, nous le daterions de la fin du XIIe. Cette règle émise par la chancellerie romaine couperait court aux velléités du patriarche de Jérusalem, qui, rappelons-le, est en situation schismatique Gormond (jusqu’en juillet 1228) puis Etienne. Fort est de constater l’influence de la bulle d’Innocent II Omne Datum Optimum de 1139. Dans la structuration écrite de cette règle, nous remarquons une division structurelle et thématique en deux parties ; la première mettant l’accent sur la vie quotidienne disciplinaire et laïque des templiers, la deuxième traite du phénomène purement religieux, mais les deux sphères sont distinctes dans le commandement ;

 » le commandement du commandeur de la terre ne peut tenir chapitre « . C’est-à-dire le chapitre militaire diffère du chapitre spirituel.

Enfin la troisième règle est la copie de la précédente avec quelques annotations, elle est traduite en langue vernaculaire à usage des préceptories. Nous la daterions du XIIIe. Ce qui tendrait à faire dire que la pratique et l’utilisation du latin sont l’apanage d’une élite formée et capable de l’utiliser quotidiennement. Mais aussi, elle révèle la nécessité impérieuse d’œuvres en langues vernaculaires pour les personnes qui pratiquent peu ou prou ce latin au sein une communauté. Ainsi le caractère didactique prime pour permettre le développement de cet ordre religieux, nous avons tendance à oublier la rareté de la pratique du latin dans les campagnes. Par conséquent, l’évangélisation peut se concevoir uniquement si les personnes disposent de moyens d’appréhender le phénomène conceptuel et religieux. Les ajouts ou annotations réalisées sur les différentes règles n’ont pas pour but la remise en cause de l’idée qui est développée, mais une finalité explicative voire  » pédagogique  » . Il est vrai que quelques erreurs de copistes se sont produites mais en aucun cas ne nuisent à la compréhension des textes lorsque nous les croisons avec d’autres sources.

 

 

2. Comtes de Champagne et Templiers :

 

 

Étant donné que l’ordre, bien que né en Terre Sainte, a pour origine la Champagne, il convient d’étudier sommairement les bulles ou actes émanant de la papauté romaine afin de déterminer la nature des relations. Le manuscrit le plus ancien de la chancellerie romaine en notre possession est une bulle du pape Célestin II en 1143. Ce dernier donne des indulgences et des privilèges aux personnes qui s’engagent dans l’ordre. La finalité de cet acte témoigne de l’intérêt de la papauté à développer cet élan missionnaire en utilisant l’argument qui consiste à dire aux personnes ayant péché dans le royaume de France, qu’ils soient chevalier, sergent, clerc ou homme et femme libre, de pouvoir soigner leur âme et de la purifier en s’engageant définitivement dans ce mouvement spirituel. Grâce à la vie en communauté les personnes sont appelées à atteindre le paradis ou Jérusalem céleste.

La chancellerie royale et la chancellerie comtale participent activement à l’essor de l’ordre surtout à partir de la deuxième moitié du XIIe siècle, au vu des actes conservés.

Un acte de 1156 établi à Orléans confirme la donation de « Paganus de Gisdi » aux templiers, sous l’égide de Louis VII et de son vassal le comte Thibaut, ces derniers sont les garants de cet acte puisqu’ils sont cosignataires. L’objet de la transaction est un terrain pour construire un four, ce qui doit permettre à la nouvelle institution de tirer de nouveaux profits, étant donné que le droit de cuire le pain relève d’un droit banal et gratifie l’institution templière locale du rang de seigneurie. Des maisons viennent compléter ce don, l’utilisation peut être personnelle ou bien locative. Enfin la rente de dix sous de cens au marché d’Orléans procure à l’ordre templier un revenu important non-taxable, étant donné que c’est une institution religieuse.

En 1164, Louis VII confirme l’échange qu’il y a eu entre les religieux de Marigny possesseurs de terres à Sancey (actuel Saint-Julien-les-Villas) et les templiers. Grâce à cet acte nous datons l’entrée des templiers dans la région troyenne effective et légale de 1164. La donation la même année par l’abbé de Saint-Loup de moulins et d’étangs confirme cette emprise territoriale dans la contrée épiscopale troyenne, par ailleurs elle accroît les revenus et bénéfices liés à ces charges.

En 1171, Henri comte de Champagne confirme de son sceau la cession faite aux templiers par Henri La Bourde, d’une maison située à Provins, près de l’église de Notre-Dame en échange de la maison dite de Gilbert le Saunier. Dans ce manuscrit, il est fait mention des noms de templiers et de leurs fonctions par ordre décroissant de position hiérarchique. Nous sommes surpris de l’absence totale du mot moine ou encore moine-soldat. Eustache apparaît le premier, nous l’avons côtoyé maintes fois, il est procurateur général de la Gaule ou royaume de France, Pierre est le supérieur de la maison de Provins, il est accompagné du frère Eustache, de Pierre homme de lettre (peut-être attaché à l’enseignement et la formation de ses confrères, ce qui vient corroborer le terme préceptorie plus judicieux que le vocable commanderie), de Godefroy, de Bernard le changeur (dont la fonction semble être liée aux revenus des templiers de Provins) enfin de Dambert.

A Saint Jean d’Acre en 1191, le roi de France Philippe-Auguste accorde aux Templiers du royaume de France une exemption de droits de chancellerie. Cette charte révèle la prépondérance prise par l’ordre sur divers plans. L’institution s’affirme comme indépendante de tout pouvoir temporel, celui du roi, la vassalité qui est sous-jacente n’a plus lieu d’exister. De même elle s’émancipe à sa façon des liens directs qu’elles a vis à vis des évêchés ou siègent les préceptories et maisons templières. Surtout les revenus liés à cette tâche disparaissent et témoignent de la capacité des templiers à créer cette chancellerie, de se doter d’hommes de lettres et de lois de manière à demeurer dans la légalité. Cette émancipation révèle la réalité de l’institution mais également une forme de gallicanisme.

Des rancœurs à l’échelle régionale peuvent découler de cette inégalité qu’engendre cet acte pour les divers établissements religieux. Grâce à ces moyens l’institution ne peut que se développer tant en moyens humains qu’en espaces de production. Ainsi peut s’expliquer brièvement l’essor territorial et politique de cet ordre religieux qui invitent au développement de moyens colossaux nécessaires à l’action militaire et spirituelle.

A la lecture des legs testamentaires, les dons de toutes natures permettent de tirer des richesses, de puiser dans l’actuelle forêt d’Orient les minéraux nécessaires pour la fonderie à Rosson, à Piney, à Géraudot, à la Loge aux Chèvres, à Brienne, des terres cultivables et des maisons à Buxières, Avalleur, Chaource, Chappes, Mesnil, Payns, Saint-Loup, Saint-Phal, Thors, Sancey, La Saulsotte, Villiers-près-Troyes, Villiers Herbisse. Ce bref panorama aubois de l’étendue territoriale incite à deux succinctes interprétations ; à savoir que l’implantation se fait en fonction des possessions territoriales et de la puissance des autres institutions religieuses et la deuxième nous invite à prendre conscience de l’autonomie dont jouissent les templiers au sein de ce comté, laquelle n’est pas forcément bien acceptée par les comtes de Champagne.

 

 

3. Perte du message originel ; la voie de la condamnation

 

 

Notre volonté ne consiste pas à retracer le procès des Templiers étudié par Michelet, traduit dans son intégralité par des chanoines du XVIIe et XIIIIe et des historiens récents. L’ouvrage d’Ivan Gobry donne le sens général de ce procès à juste titre. Nous pourrions compléter ce travail par l’étude de la correspondance et des mémoires entre Philippe le Bel et le Cour de Rome. Au demeurant notre conception ne diffère pas, elle complète le panorama au niveau régional avec des pièces encore vierges de toutes lectures.

Le contexte ébauché précédemment doit être souligné ; à savoir une attitude gallicane de l’ordre Templier à l’égard de la papauté, une institution qui est l’enjeu des Chrétientés Occidentale et Orientale sur fonds de rites divergents, un poids économique et une capacité financière hors du commun, qui attise les convoitises et surtout la perte du message originel corrélatif au déclin des croisades et des seigneuries au profit des centralisations nationales autour d’un roi-représentant de Dieu sur Terre. Tous ces vecteurs de haine débouchent sur l’ordre d’arrestation du 14 Septembre 1307 émanant de Philippe le Bel :

 

 » C’est pourquoi nous vous chargeons et vous prescrivons rigoureusement en ce qui concerne le bailliage de Rouen de vous y transporter personnellement, seul ou deux d’entre vous, d’y arrêter tous les frères dudit ordre sans exception aucune, de les retenir prisonniers en les réservant au jugement de l’Église, de saisir leurs biens, meubles et immeubles, et de retenir rigoureusement sous votre main ces biens saisis , sans consommation ni dévastation quelconque, conformément à nos ordonnance et instructions, qui vous ont été envoyées sous notre contreseing, jusqu’à ce que vous receviez de nous là-dessus un nouvel ordre. D’ailleurs nous donnons l’ordre, par la teneur des présentes, à nos fidèles juges et sujets de vous obéir d’une manière effective et d’être attentifs relativement aux choses qui précèdent ensemble ou séparément, et à celles qui s’y rapportent. Faite à l’abbaye de Sainte Marie, près Pontoise, le jour de la fête de l’exaltation de la Sainte Croix, l’an du Seigneur mil trois cent sept »

 

L’ordre d’arrestation stipule que le jugement est réservé à l’Église mais que l’arrestation est effectuée par les baillis et les représentants du roi de France dans ses provinces, ici à Rouen, autre part à Troyes.

Ce que nous devons opposer à cet arrêté, c’est un texte élaboré par Jacques de Molay  » De unione Templi et Hospitalis ordinum ad Clementem papam Jacobi de Molayo relatio  » ou bien, Réponse de Jacques de Molay, grand maître général de l’ordre du Temple, à l’enquête pontificale sur l’opportunité de la fusion des deux ordres, à savoir l’ordre Templier et l’ordre Hospitalier. La même enquête se retrouve chez les Hospitaliers le 6 Juin 1306. la réponse de Jacques de Molay est la suivante :

 » Très Saint père, à la question que vous me posez relativement à l’union des ordes du Temple et de l’Hôpital, moi, maître du Temple, je réponds comme suit :

Assurément …. le dit pape et Saint Louis voulurent avoir un avis relativement à l’union susdite et leur intention était de ne faire qu’un ordre de tous les ordres militaires religieux. Mais on répondit que les rois d’Espagne n’y consentiraient pas du tout, à cause des trois ordres militaires et religieux qui sont établis chez eux. C’est pourquoi l’on décida qu’il valait mieux que chaque ordre restât dans son état. De même, au temps du pape Nicolas IV, par suite de la perte de la Terre Sainte qui eût lieu alors, parceque les Romains et d’autres peuples se plaignaient avec force qu’il n’eût pas envoyé un secours suffisant pour la défense de ladite Terre, le pape pour s’excuser en quelque façon et pour montrer qu’il voulait remédier en la situation de la Terre Sainte, renouvela ou reprit le projet d’union mais finalement, il ne fit rien. Ensuite le pape Boniface en parla à plusieurs reprises, il préféra abandonner l’affaire…. »

La perte de Saint Jean d’Acre en 1291 discrédite la milice du Temple cette défaite contribue à un affaiblissement militaire double ; structurel, celui qui consiste en la perte de frères guerriers et de représentation symbolique (celle d’un corps dévoué à la bataille qui sort déchu et discrédité dans sa capacité à défendre, ce qui incline peu à rejoindre cet ordre religieux par conséquent aggrave la crise structurelle de recrutement de frères). A juste titre la papauté a remarqué la prépondérance des querelles entre les deux ordres au détriment de leur vocation. Cette querelle entre Hospitaliers et Templiers renforce l’idée papale d’une inutilité de deux corps distincts ayant la même vocation spirituelle et le même lieu ; c’est pourquoi elle tente par tous les moyens d’avoir une mainmise sur l’ordre Templier mais en vain. En effet Jacques de Molay avance à la papauté des arguments capitaux dans de cette Responsa (réponse) lesquels reposent sur un passé prestigieux, n’ayant aucune ambition en Terre Sainte ce qui est contraire à sa vocation, et démontre la capacité financière et humaine de son ordre à survivre contre vents et marées. Jacques de Molay donne tous les arguments nécessaires aux parties adverses que sont la papauté pour gallicanisme et la royauté pour félonie à l’égard de son suzerain en refusant d’engager bataille, d’obéir, de se soumettre au roi.

La rumeur de la décadence, étudiée par Michelet, est le fait d’une situation enviable des Templiers au sein du royaume ce nous avons étudié précédemment. Dans un premier temps la papauté résiste aux tentations du roi Philippe le Bel peu à peu elle doit s’y soumettre après un bref attentisme au cours du mois de septembre 1307.

Appréhender le message spirituel est corrélatif à la situation temporelle vécue par les Templiers. Ainsi des lettres, par lesquelles Philippe le Bel, reconnaît avoir pris cinq mille deux cent livres au Temple sur l’argent de la croisade témoigne non seulement de la capacité financière mais également de la faiblesse du trésor royal. Ce sont les premières lettres trouvées, le roi en est-il à son premier crédit ? Quoi de plus somptueux de la part d’un suzerain que de mettre fin à une structure financière concurrente à la sienne tout en n’omettant pas d’en profiter.

Ce que nous avons trouvé ce sont des quittances du roi de France pour les divers frais d’entretien durant leur emprisonnement. Non seulement elles révèlent le nom des Templiers, le prix dû au seigneur, mais également la durée de leur détention. A la lecture de ces actes nous remarquons la centralisation des prisonniers sur Paris et sa contrée directe comme Senlis ce qui tend à faire comprendre à la papauté de la place cruciale du roi pour cet événement dont il est l’instigateur essentiel. Notons le faible nombre de Templiers dans la province gauloise ce qui tend à prouver le faible nombre de frères comparé à la richesse qu’ils exploitent.

Attardons-nous sur un fait qui interpelle se déroulant en mars 1314 où Philippe le Bel déclare que l’exécution de deux templiers, faite par ses ordres dans l’île du Palais, ne pourra porter aucune atteinte aux droits de haute justice des religieux de Saint-Germain-des-Prés. Ce qui est contraire au droit ecclésiastique en vigueur où la haute justice est le propre du tribunal ecclésiastique précédé d’un interrogatoire appelé question, d’une procédure d’enquête prodiguée par des Franciscains et des Dominicains, enfin d’un jugement rendu par les juges-clercs. Nous comprenons la volonté de Philippe le Bel qui en éliminant deux témoins templiers gênants ou récalcitrants auraient pu faire infléchir le déroulement du procès. Le roi outrepasse ses prérogatives régaliennes pour arriver à ses fins précitées.

Quel que soit la nature des legs historiques que sont les pamphlets, des consultations d’ordre juridique de la Faculté de théologie de Paris, de la correspondance amère du roi avec le pape, de la correspondance du roi avec les souverains étrangers, des décisions pontificales, des arrêtés synodaux bafoués, des procès-verbaux de Paris, de Saint-Pierre, de Chypre, nous remarquons une réticence de la papauté à l’égard de ces procès, une volonté farouche d’en finir avec les Templiers. Cinq années d’instructions pour des procès multiples, une fin selon le dessein du roi Philippe le Bel, tels sont les contenus de ces archives : la condamnation et sa suppression.

 

 

II. Statut de l’ordre :

 

 

D’une manière générale dans tous les ordres monastiques ou canoniques l’exercice des pratiques cultuelles est soumis à des prérogatives. En effet ne peuvent être réalisés que par une catégorie de personnes diligentées les actes religieux. Ces personnes sont appelées « frères chapelains  » dans la règle templière. Ces frères sont des membres de l’ordre par conséquent templiers. Quelle que soit la nature de l’ordre, il y a un âge légal autorisant la desserte du culte et cela après lecture du droit canon en vigueur. Dans l’ordre graduel de la cléricature, il faut avoir 18 ans pour être sous-diacre, 22 ans pour être diacre, 26 ans pour être prêtre. La formation de ces personnels se réalise dans le diocèse d’origine au sein de l’école cathédrale ou dans les précéptories lorsque celles-ci sont suffisamment pourvues de personnels et de moyens livresques. Ce pour quoi nous sommes appelés à émettre un certain nombre de réserves pour la période templière à proprement dite. L’exercice du culte a lieu essentiellement dans les chapelles avec un cérémonial bien précis mais il peut avoir lieu au gré des pérégrinations dans un lieu approprié (autre chapelle, nature, champ de bataille …). Tout frère nouvellement promu dans l’ordre templier peut devenir chapelain à la seule condition double qu’il satisfasse à l’âge légal et à la formation liturgique dispensée par le précepteur et/ou l’école épiscopale. Alors quelle pratique liturgique ? Avec quels livres ?

 

 

1.Ordre monastique ou ordre canonial

 

 

La spécificité du langage est primordiale car elle permet de fonder la théorie. Or il y a une différence fondamentale entre le moine et le chanoine. En effet, les pratiques liturgiques sont différentes, par conséquent le vécu spirituel également ; aussi notre interprétation historique qui en découle peut elle être erronée.

La première règle ne nous éclaire pas : il n’ y est pas inscrit le terme de moine, donc l’expression moine-soldat est une pure construction d’historiens qui se réfèrent à des éléments similaires qui se déroulent en Europe centrale à cette époque. A cela s’ajoute des arrêts de conciles provinciaux confirmés tardivement par la papauté romaine en 1123 en la basilique de Latran «  les moines resteront dans l’enceinte des cloîtres  » les moines se retrouvent dans leur situation originelle cénobitique permettant aux clercs d’occuper la place qui leur revient dans la société de tous les jours. Néanmoins leur omniprésence explique la difficulté d’appréhender le phénomène monial et les confusions qui s’y attachent.

Cependant la généralisation de l’emploi d’un terme, combinée à un effort de vulgarisation, amène des contrevérités. Ainsi l’expression moine-soldat utilisée est fausse pour les Templiers mais s’avère vrai pour l’ordre militaire d’Alcantara d’obédience cistercienne de Morimond où nous constatons à la lecture de la règle une spécificité linguistique latine capitale  » ordo monasticus « . Cette spécificité mériterait une recherche particulière en n’omettant pas de replacer cette institution dans la rivalité entre le royaumes de Castille et de Léon.

Or dans tous les manuscrits templiers que nous avons lus et traduits il n’y a en aucune manière la mention de moine-soldat ou l’équivalent latin ordo monasticus ou miles monasticus ou milites monastici. Ce qui veut dire que le terme n’existe pas. Ce vocable moine-soldat est l’apanage d’hommes à posteriori. Or une élaboration linguistique doit avoir un sens originel correspondant à la vocation du terme. Par conséquent le signifiant et le signifié sont en dichotomie avec la raison d’être. C’est pourquoi la plus grande prudence de lecture doit permettre de mieux cerner ces templiers.

La lecture d’un manuscrit ayant appartenu au chapitre des Templiers de Reims contient la règle de Saint Augustin : le Praeceptum ce qui tend à confirmer que ce qui définit les templiers : ce sont des chanoines suivant les préceptes de vie de l’évêque d’Hippone Augustin que nous appelons faussement la règle de Saint Augustin. En suivant ces préceptes de vie, les Templiers sont un ordo canonicus ou ordre canonique. En 388, lorsqu’Augustin rentre d’Italie pour Thagaste, il crée une communauté de laïcs sous le vocable de Servi Dei. Le Praeceptum de Reims nous livre quelques secrets comme l’exhortation spirituelle mais aussi un coutumier (calendrier, horaires des offices, repas) qui est d’usage chez les Templiers rémois.

Alors pourquoi cette erreur sur nos fameux moines-soldats ? La confusion est l’apanage des historiens du XVIIIè puis du XIXè siècle qui en lisant puis en manipulant les sources du XIVè siècle ont émis comme postulat de raisonnement le terme de moine-soldat après la suppression de l’ordre du Temple. Or cette expression peut être justifiée à partir de la dissolution de l’ordre en 1316. Au cours de cette dissolution, la passation des biens profite aux Hospitaliers. N’oublions pas que l’étymologie grecque nous éclaire car le terme moine signifie solitaire par conséquent le moine est une personne qui s’est retirée du monde pour vivre en ascète et se consacrer à la prière afin de se rapprocher de l’Éternel même si les tentations sont nombreuses d’être acteur dans une société.

Tout comme les historiens, comme M. Bur, nous préférons l’expression de chanoine : nous ajoutons le qualificatif de régulier qui sied à merveille à ces templiers. Or les défis de ces historiens soutiennent notre volonté de prouver cette expression. C’est ce sur quoi nous nous attardons maintenant dans un soucis de recherche permanent, permettant à la science historique de progresser.

 

 

2. Rôle de la spiritualité

 

 

Que se passe-t-il pour les chanoines templiers ? En 1099 au lendemain de la prise de Jérusalem, le Saint-Sépulcre est transformé en cathédrale chrétienne, avec un service hospitalier. Au cours de leur formation, les chanoines ont été en contact avec les divers livres de médecine écrits par des arabes et des juifs. Cette érudition est mise à profit dans leur mission terrestre. Ainsi les maux de toutes sortes endurés par les occidentaux chargés de défendre le tombeau du Christ, sont palliés par ces chanoines.

Par conséquent le patriarche eut à la fois le souci de l’accueil des pèlerins, leur prodiguant des soins tout en les défendant contre d’éventuels agresseurs. La présence de chevaliers chrétiens, qui plus est nobles, permet au patriarche de jouer habilement dans la querelle qui l’oppose au pape. C’est l’outil diplomatique idéal et schismatique rêvé. En effet en reprenant la paix de Dieu et la trêve de Dieu, messages originels du pape, le patriarche de Jérusalem s’approprie les termes et les finalités de la chrétienté occidentale pour asseoir non seulement son pouvoir spirituel, mais aussi sa sphère militaire de grand seigneur de la chrétienté orientale mise à mal par Rome.

C’est la raison pour laquelle les chevaliers défenseurs du Temple de Salomon naissent en tant qu’institution orale et non-écrite. C’est ce que nous appelons à tort les moines soldats. Or ces chevaliers sont un corps distinct dans la grande famille templière où la prééminence religieuse est de droit incarnée par des chanoines dont leur vocation double consiste dans la pastorale et les soins hospitaliers au sein de l’Hôpital Saint-Marie Latine, comme nous le stipulons précédemment.

1127 Hugues de Payns se rend en France pour chercher une aide matérielle et une reconnaissance de l’Église par le biais des abbés comme Bernard de Clairvaux. C’est à ce moment qu’est élaborée à la hâte la première règle templière de soixante-douze articles. Elle obéit aux préceptes de vie augustiniens. L’intervention de Bernard de Clairvaux, fin stratège de la chrétienté occidentale, permet à la milice d’exister. Voici le contexte triple, de croisade, mais aussi de violences caractéristiques de la société féodale et enfin de schisme, qui permet à ce chevalier noble Hugues de Payns d’obtenir l’appui du pape par le biais de ses accointances pour permettre de légaliser des privilèges rendus impérieux pour les croisades. Alors en l’année 1128 du calendrier en vigueur ou 1129 de notre calendrier actuel, à la demande du pape Honorius II et grâce à l’appui du patriarche Étienne la règle templière est élaborée au sein du concile de Troyes. ce qui explique la présence du légat du pape Mathieu d’Albano qui doit permettre d’approfondir et de spécifier les charges dévolues à la grande famille templière. Attardons-nous sur l’utilisation du terme de concile ; est proclamé concile une assemblée de religieux et de souverains-laics qui réfléchissent sur des problèmes factuels concernant la doctrine ecclésiale et son application. Il existe trois types de conciles, néanmoins à la lecture des personnes présentes à Troyes, nous pouvons affirmer que nous sommes en présence d’un concile provincial et non d’un synode. En effet, l’exigence du pape incline à la prise de décisions appelées canon par certains responsables religieux d’où est originaire le requérant, en l’occurrence Troyes pour Hugues de Payns.

Depuis quelques années couve une séparation entre l’Occident romain et l’Orient byzantin, l’année 1054 marque un tournant majeur dans les relations entre les deux parties. Le schisme d’Anaclet bouleverse les règles du jeu, la papauté romaine et le patriarche de Jérusalem s’opposent sur fonds notamment de cette milice templière enjeu de pouvoir et de richesses.

Robert de Craon successeur d’Hugues décédé 24 Mai 1136 obtient la création d’un corps de frères-chapelains ou clercs et de frères-sergents sous tutelle directe du pape. Notons la distinction sibylline en terme de droit féodal. Ces deux catégories d’hommes se complètent ; en témoignent les diverses règles de 1128, puis celle parachevée par des chapelains : c’est la règle de 1180. En histoire du droit canonique, il apparaît normal que des règles se succèdent, car la société féodale n’a pas le souci de précision que nous connaissons depuis le code Napoléon ! Le mode de penser la loi se situe sur un autre registre, celui de perpétuer une certaine idée d’une institution en fonction des contingences politiques qui l’entourent. Précisons que la superposition des ordres, fussent-ils Hospitalier ou Montjoie ou Teutonique, nuit à la connaissance des Templiers, notamment à l’appréhension du phénomène qualitatif des vocations originelles inscrites dans la règle de 1128. Au demeurant des contingences demeurent, quelle que soit la nature des écrits templiers jusqu’en 1316.

Par conséquent nos fameux moines-soldats templiers sont en partie des chanoines inscrits sur une liste appelée canon (règle en grec), ayant des préceptes de vie à suivre concernant la foi, la discipline religieuse et pour une autre partie des chevaliers nobles prononçant des vœux obéissant à cette règle. Les chevaliers et les sergents, ces derniers de rang inférieur, sont peu nombreux tant en Terre Sainte que dans le royaume de France. La mesnie qui l’entoure tend à valoriser les effectifs de par la présence au sein des préceptories de sainteurs et des serfs qui ne prononcent pas de voeux. Ces chanoines réguliers , comme  » Gilbert le chanoine chapellain  » de Provins, sont à la tête d’institutions appelées préceptories qui leur permettent d’avoir des revenus substantiels par le biais des prébendes.

Récapitulons : des chanoines réguliers prêtres puis diacres et sous-diacre pour la partie proprement spirituelle qui cohabitent avec une partie temporelle que sont les chevaliers forcément nobles avec leur mesnie, et surtout des sergents non-nobles avec leur mesnie plus restreinte, des sainteurs et des serfs. Nous avons dressé le panorama idéal d’une préceptorie templière néanmoins à la lecture des archives templières, nous nous rendons compte de la diminution du personnel purement ecclésiastique au profit de personnels convers attachés à des immeubles et un espace territorial, sans formation. Or la piété, la vertu et l’ascèse sont les trois fondements de cette communauté de vie augustinienne obéissant au précepteur-prêtre. Cependant la vie canoniale est active dans le monde séculier contrairement aux ordres monastiques bénédictins et cisterciens.

 

 

 

III. La pratique liturgique :

 

 

Pour la période qui nous intéresse jusqu’en 1317, appréhender cette liturgie n’est pas chose aisée en l’absence de témoignages oraux et à cause de la rareté des documents conservés. L’existence d’ouvrages à finalité didactique concède à l’historien un espace encore vierge qui lui permet de reconstituer le vécu spirituel. Ces ouvrages sont de deux natures ; la règle, c’est-à-dire un texte normatif, ce qui n’est pas une preuve de la pratique, et les livres liturgiques qui eux, contrairement à la règle nous indique les manières d’appréhender le vécu spirituel qui est de l’ordre du sentiment. Notre objectif est de restituer afin de percevoir cette sensibilité religieuse.

 

 

1. La prière journalière

 

 

La desserte de l’office du divin est exercée dans un premier temps par des prêtres autres que ceux de la communauté, puis par ceux de la communauté qui ont le titre de chanoine prêtre. Eugène III accorde aux Templiers par une bulle appelée  » Omne datum optimum « , le droit d’avoir des prêtres pour l’office divin dès 1145. Outre l’autonomie spirituelle, la bulle complète la règle, elle légalise une fonction et des lieux appelée chapelles et cimetières ou s’accomplit la vie religieuse templière.

L’historien A. Demurger s’appuie sur la règle pour apprécier les pratiques religieuses ;

 » Le service divin occupe une partie non négligeable de la vie quotidienne…. Elle autorise même à regrouper les offices de Prime, Tierce et Sexte. Mais, hormis ces cas de force majeure, les Templiers doivent se conduire en religieux et suivre les offices, réciter psaumes et patenôtres aux heures canoniales. « 

Reprenant une pratique des Juifs, les templiers observent la prière des Heures et la lecture de psaumes. Elle consiste en synaxes ou réunions quotidiennes ; une le matin puis à midi, une autre le soir pour achever sa journée. Dans les synaxes, le rituel est le même, à savoir des psaumes, des hymnes, des prières, des Notre Père dont  » XIII pater noster por matines de Notre Dame, XIII fois por cele dou jor si li plaist « . Réciter treize Notre Père pour la Vierge Marie, et treize autres pour le Saint du Jour si la volonté ne lui manque sinon il peut les écouter celles de ses frères.

Selon son rang auquel on appartient à savoir, la sphère des chanoines ou la sphère des convers, le repas ne se déroule pas dans le même lieu, il y a deux pièces ou réfectoires pour déjeuner puis souper, notons que ceux-ci se jouxtent.

Pour le repas des chanoines  » Le prestre se il y est, doit faire la beneisson et chacun frere doit dire une pater nostre en pies et puis se doit aseir  » A la lecture de ces lignes nous insistons sur l’idée que l’absence de prêtre peut se faire jour, si ce prêtre existe dans la communauté la bénédiction a lieu debout, ensuite est récité un Notre Père afin que le repas puisse se dérouler. Au cours du repas une lecture sainte émane d’un chanoine dans une atmosphère d’écoute silencieuse. Le repas s’achève par une bénédiction finale à laquelle s’ajoute une action de grâce.

Pour le repas des guerriers et des convers celui-ci se déroule dans un autre lieu, il n’y a pas de lecture durant le repas silencieux celui-ci s’achève par action de grâce à la fin du repas sans bénédicité. Ce qui conforte l’idée d’absence de clerc au cours de ce déjeuner mais surtout le fait qu’il y ait un cloisonnement des êtres selon leur rang.

Étant donné que c’est un ordre canonial, les Templiers suivent le cursus romain, en l’occurrence un office canonial à neuf leçons, six de jours et trois de nuit, cependant la règle permet de regrouper ces leçons afin de pouvoir vaquer aux tâches communes. Le chanoine prêtre dit une messe quotidienne, les Heures restantes sont réalisées par les chanoines-diacres ou sous-diacres si ceux-ci existent dans la préceptorie. A cet égard je rappelle que le diacre du grec serviteur est un clerc ordonné pour prêcher, baptiser et servir à l’autel

La liturgie est obligatoire soit de manière active en chantant soit de manière passive en écoutant. Nous assistons à une réduction du nombre d’Heures qui débouche sur une journée classique avec Prime au matin, la messe qui inclue Sexte ou midi (située avant le repas) puis en fin de soirée None bien souvent couplée à Complies. Chaque templier se doit d’avoir assister à ces offices quotidiens avec le souci d’avoir récité quatorze pater dont  » chacusne heure XIIII pater nostres, dont VII por les hores de nostre Dame (dites debout) et VIII por les hores dou jor (dites assis) ». Une prière pour les Templiers défunts au quotidien complète cet article et renforce l’idée de la résurrection. Celle-ci n’est pas forcément acquise sur Terre. De plus est perceptible le rejet de l’individualisme afin de valoriser le collectif templier dans sa diversité au sein de l’institution.

La prière, pour les défunts, invite la communauté à se pencher sur le premier homme qui a péché Adam. Le Christ par sa mort rachète le péché mais invite l’homme croyant à s’écarter de la tentation omniprésente dans la société médiévale et plus encore pour une communauté canoniale dont le but est d’être le plus pur possible et cela dans une démarche collective ou chaque être de la communauté se sent responsable de la résurection de l’autre. En fin de journée complies se prononce avec toute la communauté, cela consiste en la récitation d’un Notre Père précédé  » d’un vin trempé «  , cette Heure du soir achève une journée de labeur et de prière.

L’office du matin et du soir sont quasi similaires à la différence que le soir est ajoutée une hymne à la lumière hérité d’un usage juif. Ce dernier est de mise dans le patriarcat de Constantinople cela consiste en une prière au moment de l’illumination par le feu du cierge ou du candélabre. Le martyrologe de la fin du XIIIe nous délivre les manières  » d’encenser, d’illuminer, la maison du temple « . Nous apprenons par l’intermédiaire de frère Robert la quantité de cierge nécessaire, la manière de les disposer pour les offices du soir et dominicaux. La liturgie de la lumière a une place essentielle, elle renvoie au passage des ténèbres à la vie, au Christ fils de Dieu venu délivrer le monde par sa mort et sa résurrection, cette liturgie donne à l’homme qui le respecte le salut christique. L’eulogie ou consécration de la lumière renvoie au caractère sacro-saint de l’élément qui génère et accompagne la vie selon la doctrine chrétienne médiévale. Ce martyrologe contient également les messes anniversaires des chanoines du Temple de Reims et du comte troyen Henri III le  » XVI kalendas aprilis obit comes Henri III Trecensis «  . Le fait de rendre grâce au comte Henri et Thibaud témoigne du respect des templiers à leurs bienfaiteurs mais aussi pour leurs confrères morts dans l’espérance du salut chrétien.

Le templier peut être exclu de sa communauté par suite de ses fautes. La faute est appelée péché ; ainsi la prise conscience du péché débouche sur la mise en place du sacrement de le pénitence. La notion de faute est étroitement liée à la règle, c’est à dire le fait de déroger aux principes de vie en communauté. Ainsi les domaines que nous avons répertoriés sont au nombre de quatre ; la faute la plus grave concerne le domaine religieux propre (sacrilège, simonie, nicolaïsme pratiques déviantes, apostasie), le deuxième domaine fait valoir la vie communautaire, l’art militaire relate d’un autre répertoire prévu dans le pénitentiel, enfin le dernier se situe au niveau de l’être humain ( sexualité, mariage antérieur). Selon la gravité des fautes, l’absolution et la confession se fait en fonction de la hiérarchie ecclésiale. Ainsi pour un péché bénin le templier est confessé par un clerc de la préceptories ou de la commanderie à l’inverse pour un péché important et selon sa gravité la faute, l’absolution est prononcée graduellement par l’évêque du diocèse auquel appartient le templier, puis l’archevêque, puis le patriarche et enfin le pape pour la faute très grave.

Une fois confessée la faute au supérieur spirituel au sein du chapitre et portée à la connaissance du commandeur, le pénitent est invité à entrer en pénitence selon la gravité de ses fautes mais demeure et participe aux offices d’une autre manière, de façon à valoriser l’interdit. En effet le templier pénitent prend part aux offices à genoux, cette mise en valeur du templier incline ses confrères au respect de la règle ; de plus il doit sortir après chaque lecture et ne peut pas communier. Cette symbolique gestuelle et comportementale valorise l’aspect sacro-saint de la lecture et de la communion qui ne doivent en aucun cas être souillés. Une fois l’expiation achevée le templier est réintroduit dans la communauté d’une manière solennelle.

Pour l’historien ce pénitentiel témoigne des tarifications des fautes, de la nature de celles-ci, de la pratique de la confession, de la codification des fautes. La purification et la réconciliation de l’âme passent par la confession. Cette oeuvre pénitentielle a une vertu égalitaire et didactique pour le prêtre qui administre la sanction devant une communauté qui l’écoute et la partage.

 

 

2. Le calendrier :

 

 

La vie religieuse des Templiers suit la vie du Christ : ce sont les moments cruciaux pour la communauté. Ils sont invités à entrer en procession au sein de  » l’yglise  » pour les fêtes de Pâques, de l’Ascension, de Pentecôte, d’Assomption, de Nativité de la Vierge, de la Toussaint, de Noël, de l’Épiphanie, de la Chandeleur et enfin des Rameaux.

La règle livre à l’historien une liste de trente-deux fêtes célébrées à partir de l’Avent, début de l’année liturgique puisqu’il précède la naissance du Christ. Les célébrations sont essentiellement axées sur le Christ, la Vierge Marie, et les apôtres. La présence de la fête de la Saint Martin le 11 Novembre et de la Saint-Catherine le 25 Novembre incline à penser à la forte présence de la ruralité dans les prières pour ces personnes qui dans les préceptories vivent essentiellement de cette terre nourricière, d’où ces actions de grâce en Occident.

Les jeûnes sont obligatoires pour les fêtes précitées : cette pratique est d’usage depuis le concile complémentaire du 30 mai 1134 sous l’égide d’Innocent II. Ces textes ont été ajoutés à la règle latine, ce qui prouve une fois de plus que la règle latine est plus ancienne que les règles en langue vernaculaire.

 

 

3. Spiritualité et chevalerie : paradoxe

 

 

Moine et soldat sont des termes antithétiques de par leur sens, cependant ils sont complémentaires si nous corrigeons le contenu. Comme il s’agit de chanoines vivants avec une règle, normalement ils ne peuvent combattre. A la lecture des chartes conservées aux Archives Nationales et des manuscrits de la Bibliothèque Nationale, nous pensons que les chevaliers ne sont pas des chanoines templiers, mais des templiers convers. Ainsi de par leur statut, ces chevaliers et ces sergents convers peuvent pratiquer à leur convenance le maniement de l’arme et les obéissances liturgiques tout en n’étant pas dans une situation illégale étant donné que les taches dévolues à chacun relèvent de pratiques coutumières et ancestrales. L’idée peut paraître saugrenue néanmoins référons nous aux Antonins ou Hospitaliers de Saint Antoine, ils sont le résultat d’une regroupement de frères laïcs en 1095 dans le Dauphiné. Ils suivent les préceptes de vie augustiniens, tout comme les Trinitaires de 1198.

Alors est-ce que le chevalier est un chanoine ? Le chevalier ayant prononcé ses vœux cohabite avec le chanoine régulier ayant également prononcé ses vœux, mais ils vivent séparément au sein des préceptories, ils ne mangent pas ensemble, lors des admissions des postulants templiers ils se concertent dans le corps auquel ils appartiennent, soit religieux soit militaire. Ces caractéristiques énoncées dans les règles témoignent d’un état du vécu, celui de cohabitation d’entités dans une vaste familia ou famille.

Dans cette vision de la société féodale nous pourrions représenter les templiers de la manière suivante sous forme pyramidale à savoir le commandeur ou précepteur et le chanoine-prêtre le plus titré, viennent ensuite les sergents et les chanoines-diacres, enfin les serfs et les chanoines-sous-diacre. Nous retrouvons la société tripartite pensée par Adalbéron de Laon qui au demeurant se trouve être une réalité sociale.

La règle explique le déroulement de messes spéciales « les queles sont apeles privées por ce que li frere chapelain et li prestre et li clerc les font privéement sans les autres freres « . Les divisions existent, elles sont notées d’une manière implicite aux différents paragraphes de la règle et dans le rituel de vie. Encore eut-il fallu remettre en cause le postulat selon lequel ces templiers sont des moines soldats. Ainsi le signifiant de chaque terme s’en trouve cohérent avec l’esprit de la société féodale. Par conséquent les taches dévolues à chaque entité se trouve épanoui.

La sacralisation de la guerre est le fait d’une papauté romaine en quête de défense du tombeau du Christ face à la montée du soi-disant Antéchrist c’est un des arguments avancés pour l’appel de Clermont en 1095. C’est la raison pour laquelle Urbain II appelle les personnes disposées ou susceptibles d’accomplir cette tâche à effectuer cet acte de reconquête missionnaire. Des indulgences sont prononcées pour les personnes ayant péché prenant le chemin de la croisade. Les fautes sont absoutes et la grâce est renforcée, ce qui permet à ces personnes viriles que sont ces chevaliers de partir tout leur assurant leur salut personnel mais aussi celui de leur famille et de leur descendance. Nous trouvons la fonction tripartite chère à Adalbéron de Laon, dans la pensée de ce clerc, tout comme son homologue Gérard de Cambrai, Dieu est la source de l’ordre terrestre, de lui découle toute justice. Par l’intermédiaire de son intercesseur, en l’occurrence le pape, les bellatores ou milites deviennent les défenseurs de l’oeuvre du Christ. En 1160 Jean de Salisbury légalise la fonction militaire christique puisqu’il énonce ;

 » la fonction de la chevalerie régulière consiste à protéger l’Église, combattre la perfidie, révérer le sacerdoce, garantir les faibles des injustices, faire régner la paix dans le pays et comme l’enseigne l’origine du serment, de verser son sang pour ses frères et si besoin est, donner sa vie pour eux. « 

Tuer est devenu un acte toléré pour une entité chevaleresque, légalisé à partir du moment que l’acte entre dans les conditions énoncées.

 

 

 

 

Conclusion :

 

L’idéal chevaleresque récupéré par l’Église s’affirme et représente un danger pour cette dernière. C’est la raison pour laquelle l’Église trouve un allié de circonstances en la personne du Roi de France. Ce dernier, quoique affaibli au regard des finances royales, renaît politiquement à travers une affirmation de l’autorité monarchique. Mettre fin à une structure interne, que sont les Templiers en quête d’autonomie, qui plus est représente un énorme patrimoine financier, voilà la véritable motivation. Par ailleurs l’entreprise gallicane laisse présager une fin à plus ou moins long terme puisque Rome dirige et impose. Ainsi l’alliance du prince-Roi et de l’Église apostolique et romaine convergent en ce sens : mettre fin à une structure autonome au sein de l’Église et du royaume et surtout accaparer les richesses des Templiers à un moment donné où le trésor royal est au plus bas. Alors quoi de plus merveilleux que de les éliminer sur leur terrain, c’est à dire celui de la spiritualité, de manière à réintroduire puis affirmer mais surtout dissuader toutes velléités spirituelles autres que celles émanant de papauté romaine. A cela s’ajoute une crise de recrutement de personnels diacres ou prêtres ce qui tend à rendre caduque et inconsistant cette ordre Templier.

Réintroduire la puissance de l’Église contestée en Europe et du Roi contesté par ses vassaux et les communautés urbaines, affirmer la présence du pouvoir intraitable et hégémonique dans une société où les rapports de force sont nombreux et surtout dissuader les phénomènes de déviances structurels qui ne sont pas apostoliques ; tel sont les desseins politique des chancelleries royales et papales. Cette somptueuse diplomatie culmine à partir du moment où le Roi s’attire les sympathies de ses ouailles pour jeter l’opprobre sur une communauté riche.

Cependant est-ce que l’Église dans son schéma organisationnel répond aux besoins spirituels ? Est-elle à l’écoute de ses ouailles ? Là est l’enjeu social et politique qui, nous le savons à posteriori, n’est pas pris en considération.

 

 

 

 

Inventaire des pièces utilisées concernant les Templiers

 

 

 

Archives Nationales ;

 

 

* Cartons des Rois, série K (voir l’inventaire imprimé par J. Tardif), nous sommes en présence de divers actes originaux en assez grand nombre relatifs au Temple, surtout aux XIIe et XIIe siècles. Tardif (J), Inventaires et documents publiés par ordre de l’Empereur, Paris, 1866. (conservé à la bibliothèque municipale de Troyes cote 0047 2, actes des templiers, des comtes de Champagne…)

* Layette, série J (voir Teulet) même observations.

* Bullaire, série L. Nous avons travaillé sur des actes d’indulgences et de privilèges émanant de papes en faveur de l’Ordre tout entier en France. Les destinataires sont divers comme la maison du grand prieuré ou bien le Temple de Paris en particulier. Il y a 300 titres dispersés dans une centaine de cartons. la plus ancienne est de 1143 émanant de Célestin II*, la plus récente de 1558 émanant de Paul IV. Il y a ensuite plusieurs cartulaires soit manuscrits soit imprimés pour des indulgences postérieures. L 227-230, 232, 235-41, 244-55, 258-261, 263-67, 274-75, 280-282, 291, 295, 298, 300, 307-318, 320-21, 323, 325-29, 332-33, 336, 364-365, 367. Voir aussi la série M 1-8 comportant un certain nombre de bulles

Mélanges comportant un certain nombre de pièces du procès notamment des bulles , des actes de condamnation, de compositions avec le Roi de France. Actes du XIIIe et XIVe siècles.

* J 368, 413-417.

 

 

Bibliothèque Nationale ;

 

 

Nabérat de (Fr. Anne), dans sa fonction de commandeur du Temple d’Agen, a eu le privilège de détenir quelques actes dont des bulles originales et transcrites mais aussi un certain nombre de chartes originales. C’est un document du XVIe siècle.

* Fonds latin ; 8998-9002, 9035, 9748, 10919, 13824, 15045.

* Ordonnances et imprimés divers des XVIIe et XVIIIe siècles dans la collection Delmare.

* Plans et gravures, plan de Tapisserie daté de 1540 photographié, mais surtout le plan de Verniquet de 1791 celui-ci est géométral et à vol d’oiseau.

* Imprimés ; D’Escluseaux, Privilèges des papes, empereurs, rois… 1700, Paris. L’auteur est commandeur du Temple. Barillet, Recherches historiques sur le Temple, Paris 1809.

 

 

 

Quelques côtes qui valent le détour !

 

 

 

Il est possible de saisir le nombre de Templiers en établissant une banque de données sous un tableur comme Excel permettant ainsi de cerner les fonctions, les noms, les lieux de vie de personne etc.. avis aux amateurs ! Il vous sera permis de constater la véracité des propos énnoncés ci-dessus.

 

 

K 23, n° 16-3, original sans sceau malheureusement de 1152 établi à Epernay

Il s’agit d’une donation faite par Henri I, comte de Champagne aux Templiers, de tout ce que son père, Thibaut, comte de Blois, possédait dans le vivier et dansle moulin appelé le Comte, entre Passy et Chatillon.

 

K 24, n°1-2, original scéllé. Orléans 1156.

Confirmation de Louis VII cosigné par Thibaut de la donation faite par Paganus de Gisdi aux Templiers d’un terrain pour construire un four, de quelques maisons et de dis sous de cens au marché d’Orléans.

 

K 24, n°8-2. Original scellé Paris 1162.

Confirmation par Louis VII et comte Thibaut de la donations par Roger de Poissy d’une terre située près de Rosny.

 

K 24, n°9. Paris 1163. Original scellé.

Confirmation par Louis VII et Thibaut de la donation par Thierry galeran aux Templiers de la dime de Vaires. (domnus Theodericus Walerannus).

 

K 24,n° 9-2. Paris 1164. Original scellé.

Confirmation par Louis VII d’un échange entre les religieux de Maurigny et la Templiers, du village et des terres de Sancey contre dix livres à prendre chaque année sur la censive du roi à Etampes.

 

K24, n° 9-6. Paris 1164. Original scellé.

Confirmation par Louis VII de la vente faite par Henri abbé, de l’étang et des moulins de Saint Loup aux templiers. Cosigné par le comte Thibaut.

 

K 25, n°4-6. Provins 1171. Original scellé.
Confirmation par Henri, comte de Champagne de la cession faite aux Templiers par Henri La Bourde, d’une maison située à Provins, près de l’église de Notre-Dame en échange de la maison dite de Gilbert le Saunier.

Répertoire des frères templiers avec leur nom :

 » frater Eustachius canis vice magistri tunc templi procurator in Gallia, frater Petrus de porta, frater Gaudifus Froisse Moraille, frater Petrus elemosinaris, frater Bernadus cambitor, frater Dambertus « .

Alors pour le dénombrement il peut y avoir contestation or la charte de de 1172 (K 25 n°5 original) dénombre cinq frères en plus d’Eustachius et Bernadus. A noter l’appelation de frater Gillgertus capellanus Templi première mention d’un frère templier chapelain. Il s’agit d’une donation faite par Constance, soeur de Louis VII, aux templiers d’une maison située aux Champeaux dont ils jouiront après leur mort.

 

K 26, n°17. original scellé établi à Saint Jean d’Acre en 1191.

Exemption de droits de chancellerie accordée par Philippe Auguste aux Templiers.

 

 

K 31, n°2. Original scellé voir l’Inventaire des sceaux n°11378. Juillet 1255.

Lettres de Blanche, reine de Navarre, comtesse de Champagne et de Brie, de Thibaut, roi de Navarre, son fils et d’Isabelle, fille du roi de France, femme de Thibaut, portant confirmation des possessions et privilèges des Templiers dans le comté de Champagne.

 

 

K 31, n°9. Vincennes Juillet 1258.Original.

Confirmation par Saint Louis des biens des Templiers dans toute l’étendue du royaume.

 

 

K35, n°2. Paris juillet 1282.

Confirmation par Philipe le Hardi d’une transaction entre les Templiers et les bouchers de Paris en vertu de laquelle les premiers sont autorisés à avoir en ladite ville, dans l’étendue de leur mouvance des étaux de boucherie.

 

 

K 36, n°51-2. Paris 29 Mai 1297; Original.

Lettres par lesquelles Philippe le Bel reconnait avoir pris cinq mille deux cent livres au Temple sur l’argent de la croisade et s’engage à en répondre pour les templiers.

 

 

K 38, n° 17 original vers 1300.

Ordre donné par Philippe le Bel à ses baillis de réprimer les empiétements qui acceuillent des hommes de Saint Martin de Tours.

 

 

K 37, n°25. Paris juin 1304. Original scellé.

Amortissement général par Philippe le Bel et Jeanne de Navarre des biens des Templiers.

 

 

K 37, n° 40-3. 6 Janvier 1309 original.

Quittance donnée par Pierre de Plailly, chevalier à Pierre de Senlis, receveur des biens du Temple, dans le bailiage de Senlis, de vingt-trois livres cinq sous parisis, pour l’entretien pendant un mois de dix templiers détenus dans son chateau et de leurs gardiens.

 

 

K 38, n°8-2. Janvier 1311. Original.

Quittance donnée par Pierre de La Cloche à Renier de Creelg, receveur des biens du Temple dans le bailliage de Senlis, de dix-huit livres douze sous parisis, pour la nourriture, pendant un mois, de huit Templiers qu’il garde à Senlis.

 

 

K 38, n°12. Paris mars 1314. Original.

Lettres de non-préjudice par lesquelles Philippe le Bel déclare que l’exécution de deux templiers, faite par ses ordres dans l’île du Palais, ne pourra porter aucune atteinte aux droits de haute justice des religieux de Saint Germain des Prés.

 

 

K 39, n°9. Paris 14 Février 1316. Vidimus de 1317.

Accord entre les officiers de Louis le Hutin et le grand maître de l’Hôpital de Jérusalem mis en possession des biens des templiers sur le paiement de diverses sommes dues au Roi pour la garde de son trésor et les frais du procès qui leur fut fait sous Philippe le Bel.

 

 

 

 

Templiers dans l’Aube

 

 

 

Les commanderies et maisons templières se situent à Sézanne, Barbonne, Resson (La Saulsotte), Trouans, Ramerupt, Arcis, Payns, Pavillon Saint Julie, La Loge au Temple (chapelle saint Luc), Mesnil Saint Loup, Troyes, Gerbeau (Rigny le Ferron), Fresnoy (Montpothier), Serre (Cerres les Montceaux), Le Perchoy (St Phal), Sivrey (Auxon), Bar-sur-Aube, Avalleur, Buxières, Beauvoir (Fontette), Vitry le Croisé, Nuisement, Arrentières, Ville sur Terre, Brienne, Rosson…

 

 

La forêt d’Orient et du Temple méritent toute notre attention, en effet le véritable trésor des templiers c’est l’art de posséder une densité de forêt permettant de faire fonctionner des fours pour la fabrication du fer. Le fait de posséder du fer est un trésor tant pour les armes que pour les pratiques agraires (soc de charrue, pioches …). Ce sont les deux piliers indispensables au véritable épanouissement de l’ordre tant en Terre Sainte qu’en France. Notons comme le souligne Daniel Coquin la présence de minerais métallifères dans la contrée ainsi l’alliance du charbon de bois et de minerais constitue à mon sens un trésor non pas métallique mais de savoir-faire. Par ailleurs Jacky Provence souligne à juste titre la forte consommation de bois pour fabriquer le charbon nécessaire  à une petite quantité de fer. Alors inutile de prendre pelles et pioches pour trouver un quelconque trésor !

Lorsque le seigneur, André de Rosson, se fait templier en 1220, il lègue par la même occasion ses biens. Par ailleurs ou il existe déjà des commanderies non loin de son finage situés à Piney et Bouy. Ainsi l’extraction de minerais et utilisation du charbon de bois sont permis.

Nous trouvons quelques fermes accompagnées de granges à Messon (Errey) et dans la Vallée (Bercenay en Othe).

 

 

 

La liturgie des Heures

 

 

 

Les sept Heures du jour invitent la personne à réciter les sept parties de l’office divin à chaque heure. Une fois de plus la symbolique est présente par le chiffre sept renvoyant aux sept jours composant une semaine, à une vision du monde initiée et achevée par Dieu… Ceci étant l’Heure se décompose de la manière suivante à savoir l’ordinaire puis le propre s’en suivent les psaumes, continués par les hymnes sans oublier les lectures de la bible pour s’achever sur les oraisons.

Ces Heures sont consignées dans un livre dénommé le bréviaire ( en latin cela signifie le résumé). Ce dernier est différent pour les observants réguliers selon la catégorie à laquelle on appartient soit moine ou bien chanoine. Par ailleurs il diffère dans le monde séculier dans son contenu pour les prêtres séculiers.

Les grandes Heures sont les plus longues et les plus solennelles ( matines, laudes et vêpres. Les autres sont appelées  » petites Heures « .

 

 

Rite romain :

 

-matines : office du lever du jour jusqu’au VIIIe siècle puis office de nuit. Dans la pratique les laudes sont réunies à matines.

-laudes (latin louange) : chantées à l’aurore.

-prime (première) : célébrée dès le lever du soleil c’est à dire vers six heures.

-tierce (troisième) : célébrée vers la troisième heure du jour (9 heures)

-sexte (sixième) : célébrée à la sixième heure du jour (12 heures)

-none (neuvième) : célébrée vers la neuvième heure du jour (15 heures)

-vêpres (soir) : office récité ou chanté à la tombée du jour avant le repas dont un Magnificat (  » mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur Luc I, 46-55 « ). Primordial dans l’office canonial.

-complies (achèvement) : dernière heure de l’office avant le repos de la nuit

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 24 août, 2009 |Pas de commentaires »

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