Templiers: L’enseignement intérieur du Temple

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Templiers: L’enseignement intérieur du Temple
John Charpentier

Il est un point qu’il faut prendre garde de ne pas oublier, quand on se propose d’approfondir la question des Templiers, c’est que ces défenseurs des Lieux Saints furent non seulement des chrétiens, mais des catholiques. Ils sont convaincus, comme le concile de Latran l’a proclamé le 11 novembre 1215, qu’«il n’y a qu’une Église universelle hors de laquelle personne n’est sauvé». Partout ils donnent de leur piété des signes évidents. Trois fois par an, ils se consacrent à l’adoration de la croix, en grande procession, la tête découverte et faisant plusieurs stations pour dire, agenouillés, à haute et intelligible voix : «Ador te Crist, et benedise te Crist, qui per la sancta tua crou resemit.


L'enseignement intérieur du Temple

Nulle hypocrisie dans ces manifestations unanimes. Et comment, au fort des batailles, pourraient-ils charger avec tant de fougue en invoquant Dieu, son Fils, s’ils n’y croyaient pas de toute la ferveur de leur âme? La croix demeure pour eux le symbole qui apparut à Constantin et conduisit à la victoire son armée : «In hoc signo vinces !»
Leur charité est exemplaire. A toutes les veilles des grandes fêtes ils distribuent en boules le pain aux pauvres, et libéralement, prodiguent l’argent pour les infirmes. Lors d’une de ces effroyables famines qui désolaient périodiquement le Moyen Age et où l’on voyait les paysans errer comme des fantômes par les campagnes, ronger des racines, piler l’écorce des arbres avec les os des morts arrachés à leur sépulture, les Templiers de la commanderie de Renne-ville firent, en un seul jour, l’aumône à onze mille cent vingt misérables. Et ce geste n’est pas isolé ; en toute occasion il se renouvelle.
Captif, Molay se lamente de ne pouvoir faire ses dévotions, communier. Nombre de ses frères de même, pour qui «le corps et le sang de Jésus-Christ sont véritablement contenus dans le sacrement de l’autel» et qui languissent d’être privés du pain de vie… Tous paraissent imbus de l’orthodoxie la plus rigoureuse. Après Jean-Baptiste, leurs patron et patronne sont saint Polycarpe de Smyrne, qui s’était attaché, jeune, au Précurseur, et sainte Euphénie de Chalcédoine, l’un et l’autre martyrs de leur foi. Ils les honorent d’édifiante manière ; et jamais on ne contesta qu’ils aient apporté au déroulement des rites des modifications qui prêtassent à une équivoque quelconque. Nul n’eût osé, avant le procès, les accuser d’être des dissidents, encore moins des hérésiarques.
S’il existe, comme il convient de le dire maintenant, une doctrine secrète à l’intérieur du Temple, elle se trouve tout à fait à son aise dans le cadre du dogme, dans le giron de l’Église au nom ou sous l’égide de laquelle elle s’est lentement élaborée. Interprétative de ses textes, elle n’en sape aucunement les assises. Du maître de Samos dont l’enseignement ne fut pas perdu pour eux, les Templiers ont retenu cette injonction consignée dans les Paroles d’Or : « Les dieux immortels, tout d’abord, ainsi qu’il est fixé par la loi, honore-les…» Et Pythagore ne parle pas seulement, ici, le langage de la prudence. Notre vérité divine, c’est celle du pays où nous sommes nés, de notre groupe ethnique, celle que notre hérédité et notre sensibilité, notre façon de comprendre la vie nous préparèrent à recevoir. Et de religion, en est-il une plus belle, de portée plus étendue que la catholique?…
Enfin, l’association de l’idée d’hérésie à celle de chevalerie est chose inconcevable au Moyen Age, la chevalerie étant une institution essentiellement chrétienne. Le respect de la religion est la première des vertus que pratique le défenseur de la veuve et de l’orphelin, du faible et du malade. Gardien de la tradition, il ne saurait agir que dans la règle, servir que dans l’obéissance. C’est de l’extérieur (de l’Asie) que viennent les éléments hérétiques qui contaminent la noblesse du Midi de la France, au XIIIe siècle. La rigueur chevaleresque s’est muée en gentillesse courtoise dans cette civilisation brillante, italique et arabe, trop proche de la Méditerranée, où il n’y avait plus — au lieu de féodalité — qu’une aristocratie amollie, efféminée…
On a accusé les Templiers d’être des gnostiques ; mais on a négligé, ce faisant, de tenir compte que, sous l’étiquette «gnose» se trouvent rassemblées bien des notions hétéroclites, sans rapport les unes avec les autres, et parfois même inconciliables. Aussi bien pourrait-on dire qu’il n’y a pas une gnose, mais des gnoses dont les enseignements divers s’étendent sur des siècles et des peuples très différents. Ils ont une base commune à ce qu’il semble : le pythagorisme, d’essence hellénique. Néanmoins, ce pythagorisme varie selon les nuances qu’y apportent les éléments judaïques, égyptiens, arabes, persans, qui le surchargent.
Palestinienne à son origine, Matter voit la Gnose se diviser en trois branches : la syriaque, l’égyptienne et l’asiatique, et se ramifier encore en petites écoles, sorties des sectes d’Egypte. Il faut chercher là, dans son inépuisable individualisation, la cause de son mal. Ses adeptes accusent de plus en plus la tendance à se suffire à eux-mêmes, pour assurer leur salut. Elle se trouve mêlée à la goétie, s’entache de magie noire, en dégénérant.
Son ambition première, comme son nom l’indique (gnôsis veut dire connaissance) était de rendre accessible à l’intelligence le grand Mystère. Elle enseignait à ses zélateurs que tous les êtres spirituels émanent d’une seule lumière, qui est Dieu. Toutefois, la créature ayant transgressé la loi, son âme ne réintégrera le sein de l’Unique qu’au terme d’une lente épuration progressive. La nature est bonne, puisqu’elle est l’œuvre du Créateur ; elle a été gâtée, non par la civilisation (comme le croira Rousseau), mais par le péché, autrement dit l’éloignement et l’oubli de notre origine divine. Le salut est promis à l’âme si, au lieu de les en détourner pour se laisser séduire par les apparences, elle fixe ses regards sur celui dont elle vient. Les gnostiques croient à la faute originelle ; leur doctrine est donc fondée sur l’idée du rachat, de la rédemption.
Mais il n’est pas du propos de ce livre de définir le gnosticisme, sur lequel, du reste, on ne possède guère d’autres renseignements que ceux fournis par ses adversaires, les auteurs chrétiens (les Pères), et qui sont entachés, bien entendu, de partialité. Il suffit de dire, pour l’éclaircissement des principes sur lesquels les Templiers vécurent, que sa tendance était nettement éclectique. Réconcilier la pensée de l’Occident avec celle de l’Orient, et vice-versa, voilà à quoi il visait. Ses tenants raisonnaient ainsi : les Hellènes n’ont qu’une mythologie et s’enlisent dans le scepticisme le plus vain, le plus stérile ; les Juifs ignorent la sagesse suprême parce qu’ils n’ont reçu la loi que d’un démiurge ; enfin, l’Église, qui détient la Vérité, a vu, par la faute de l’incompréhension des Apôtres, ses disciples altérer les textes qu’eux-mêmes leur avaient laissés…
Dépouillée des adjonctions parasitaires qui, par la suite, l’ont dénaturée, la Gnose apparaît, à bien voir, d’inspiration non pas païenne, mais chrétienne, ou plutôt elle est de la même essence que le christianisme en qui elle reconnaît la révélation même de l’Esprit — si elle ne se confond avec lui.
A une époque où les certitudes de l’Église étaient encore assez lâches ou flottantes pour laisser quelque marge aux interprétations, les limites imposées par le dogme ne durent pas être de nature à la gêner. Elle ne présente, toutefois, aucun des caractères de ce qu’on appellera le protestantisme. Elle n’est point protestantisme avant la lettre. Son imagination le lui interdit ; Elle est ensemble trop mystique et trop sensible pour qu’on la dise évangélique. Cette liberté, qui rend tout frémissant le christianisme à peine sorti de la phase initiatique où il élabora sa doctrine, c’est en la Gnose qu’elle se montre le plus impatiente. Ses fidèles, qui s’apparentent aux Esséniens, se font remarquer par leur ascétisme. Aussi, Clément d’Alexandrie les tenait-il pour si honorables qu’il attribue leur nom aux bons chrétiens dans ses Stromates : « Heureux, s’écrie-t-il, ceux qui vivent dans la sainteté de la Gnose ! » Les cinquième et sixième livres de ces mêmes Stromates roulent tout entiers sur la perfection gnostique. On y peut relever notamment ceci : « Celui qui a mérité le nom de gnostique résiste aux séductions et donne à quiconque demande. »
On se tromperait, toutefois, si l’on déduisait de là que les gnostiques aient appartenu nominalement, même au début de leur existence, au christianisme. Quoique le plus considérable de leurs représentants ait des parties de chrétien, il n’en a pas trahi la foi après l’avoir reçue. Pour être infidèle à l’Église, il eût fallu qu’il la servît d’abord. Il n’en est pas sorti, n’ayant jamais fait partie, que l’on sache, de son corps militant1. Les gnostiques ne se soumettaient pas aux idées chrétiennes ; mais ils ne les battaient pas non plus en brèche. Parce qu’un Simon le Magicien niait la divinité de Jésus-Christ, ce n’est pas une raison pour faire partager à tous les gnostiques son incrédulité.
Il a existé une Gnose, mettons de nuance chrétienne, très accentuée, qui procédait de ce même Valentin (si près de saint Paul), dont E. de Paye a écrit qu’il fut un «moraliste chrétien et un spéculatif de haut vol» (Gnostiques et gnosticisme).
C’est à cette Gnose que les Templiers se rattachent lointainement ou dont ils ont recueilli quelques-unes des leçons. Ce sont celles de Clément d’Alexandrie, cité plus haut, et disant que la philosophie hellénique est — au même titre que l’Écriture Sainte — une manifestation du Verbe. Ce sont également celles d’Origène déclarant que «la loi naturelle est plus près de l’Évangile que la Loi, à moins que la Loi ne soit interprétée spirituellement»…
La Gnose n’a pas, à proprement parler, le caractère d’une religion, encore moins d’une philosophie ou d’une ontologie. Elle est une révélation dont la source remonte en Chaldée et en Perse, on a même dit jusqu’à l’Inde — au-delà de ces pays du Moyen-Orient où la foi s’égara, se perdit comme un ruisseau dans les sables, en les cultes de Baal (le Soleil) et de Belphégor (le Phallus). Les gnostiques s’attribuaient le privilège de détenir une science émanée directement de Dieu : «Celui qui a été, est, et sera», comme disait Simon le Magicien. Cette science leur avait été transmise de génération en génération, par une race élue pour sa sainteté.
Historiquement, la Gnose apparaît donc comme une effervescence de la Tradition ; elle marque un moment de son évolution, c’est-à-dire de sa transmission, d’âge en âge, par le canal d’une élite — du moins convient-il de l’entendre ainsi pour comprendre qu’il ait pu s’en retrouver quelque chose dans l’enseignement intérieur ou initiatique du Temple. Mais pour parler du gnosticisme des Templiers, il faudrait qu’il eût existé une Gnose active à l’époque où ils vécurent. Or la secte avait disparu, les membres de son corps militant s’étaient dispersés depuis longtemps, au XIIe siècle, quand l’Ordre fut fondé2.- Preuve qu’il s’agissait pour les miliciens éclairés de tout autre chose que d’une doctrine, au sens strict du mot, c’est qu’on n’en a recueilli aucun témoignage probant. Le Temple n’a rien écrit ni professé, et ceux des frères qui — lors du procès — auraient eu des révélations à faire n’ont rien dit. Toute religion, toute philosophie occulte ont tendance à passer de l’ésotérisme à l’exotérisme. Leur secret, si bien gardé qu’il ait été d’abord, finit toujours par être divulgué, il se laïcise en se sécularisant. Pour les Templiers, qui n’étaient instruits qu’oralement, ils n’ont jamais rien laissé transpirer des vérités qu’ils détenaient. Ils ne se sont faits propagandistes que d’idées de caractère social et politique fondées sur la solidarité, le compagnonnage.
Aucun signe extérieur à quoi l’on reconnaît l’autorité du chef spirituel, chez les Templiers; point de grand-prêtre parmi eux, en apparence du moins, ou de grand-pontife qui officie. Ceux qui savent ne sont pas nécessairement ceux qui, aux yeux des profanes, devraient savoir. Rien ne les désigne à l’attention. Le grand-maître, en particulier, on l’a vu par Jacques Molay, peut n’être qu’un soldat peu ou pas lettré, encore moins nourri de notions transcendantes.
Wilke (Geschichte des Tempelherrenordeus) proclame la piété des Templiers, en général, mais suppose, au sein de leur organisation, l’existence d’une doctrine secrète « introduite par le clergé» et réservée aux membres les plus intelligents de l’Ordre. Et qu’il y ait eu dans celui-ci des hommes éclairés, instruits, bien supérieurs, intellectuellement, aux chevaliers qui ne furent que de vaillants chrétiens, on n’en saurait douter quand on voit les défenseurs qu’ils ont délégués se débattre dans les mailles du procès, argumenter en légistes contre les subtilités de leurs juges.
Pour Jean Marqués-Rivière « un groupe exista, au sein des Templiers, qui possédait des buts secrets de puissance, soutenus par un ésotérisme rigoureux». Cette opinion est aussi celle de Probst-Biraben et Mai trot de la Motte-Capron, qui ont écrit que le Temple «visait avant tout à une puissance d’hégémonie», et qui ont parlé, d’autre part, d’une séparation existant chez lui en «Templiers exécuteurs des ordres, hommes d’action, incomplètement au courant des affaires de l’Ordre», et en «Templiers directeurs, peut-être même chefs apparents et chefs secrets, possédant inégalement encore les vues d’ensemble du grand-maître réel».


Mais il y a davantage à dire.

On a comparé la hiérarchie des Templiers à celle des Fatimistes. Toutes deux, cependant, procèdent des pythagoriciens. Point d’associations secrètes qui ne dérivent de la même source : les mystères d’Egypte. Les lois rigoureuses du maître de Samos, qui étudia sur les bords du Nil, sont en grande partie inspirées par les règles des prêtres de Memphis. Les épreuves que faisaient subir les vrais maîtres du Temple à ceux des chevaliers qu’ils voulaient élever à la qualité d’adeptes, durent être par bien des points pareilles à celles que Pythagore imposait à ses disciples : mise en observation du postulant, étude de sa physionomie, de son caractère, de ses discours, de son aptitude à sentir la lumière de l’éternel silence, Ce n’était qu’au bout d’un assez long temps qu’on lui révélait, et avec quelle prudence ! En la distillant, la doctrine sacrée. L’école se divisait, d’ailleurs, en trois catégories : les écoutants, auxquels on enseignait des principes de morale et la pratique de Fentr’aide; les cénobites, instruits de lois philosophiques et des bienfaits de la vie en commun; les initiés, enfin, ou mystes dont on ouvrait l’esprit à la connaissance des grands mystères. Aussi bien, le vêtement blanc des chevaliers de l’Ordre ne serait-il pas celui des disciples de Pythagore, qui furent, eux aussi, persécutés par un tyran, curieux de connaître leur secret, Denys de Syracuse?… On incline d’autant plus à le croire que l’insigne patriarcal du grand-maître, l’abacus, à pomme plate, sur laquelle était gravée la croix de l’Ordre, rappelait — on a eu l’occasion d’en faire la remarque — le bâton pythagoricien3. Mais l’importance que les Templiers attachaient aux nombres, sur quoi l’enseignement de Pythagore est fondé, se montre partout dans ce que l’on connaît d’eux. Comme les pythagoriciens, ils voient dans le déchiffrement du Tetraktys — la toute-puissante décade — le moyen le plus sûr de rendre la nature intelligible. Le Moyen Age ne connaissait que le pythagorisme allégorique, c’est-à-dire conventionnel. Les Templiers l’interprètent symboliquement. Ces banquiers (par nécessité politique) savent en faire un langage. La mythologie de Pythagore a un caractère cosmosophique, et c’est ainsi qu’un de ses initiés, le même Clément d’Alexandrie, cité plus haut, assimile la lune au masque de Gorgone, dans ses Stromates…
Par les nombres, les images de Pythagore ne sont point des figures employées comme signes d’autres choses, elles sont, à la fois, la signification concrète de valeur et celle, abstraite, de ces choses elles-mêmes.
«C’est l’essence du nombre, a dit Philolaùs, qui enseigne à comprendre tout ce qui est obscur et inconnu (…). La vérité seule convient à la nature du nombre et est née avec lui. »
Rien là que le christianisme condamne ou seulement réprouve. On sait, au contraire, à quel point les nombres sont chargés de sens par lui et comme est riche de spiritualité ce qu’il leur demande d’exprimer.
Le triangle reparaît dans toutes les figures que les Templiers nous ont laissées, et l’on voit que la plupart de leurs églises sont construites sur le plan octogonal. Mais on est frappé par leur prédilection pour le nombre trois, «ce nombre qui, a écrit Joseph de Maistre dans ses Soirées de Saint-Pétersbourg, se montre de tous côtés, dans le monde physique comme dans le moral, et dans les choses divines». Lors de sa réception, le prof es devait se présenter trois fois avant d’être accueilli par le chapitre. Il faisait les trois vœux. Les chevaliers prenaient trois repas par jour, mangeaient de la viande trois fois par semaine et observaient trois grands jeûnes dans l’année, où ils étaient tenus de communier trois fois, au cours de trois adorations de la croix. Dans toutes les commanderies ou maisons de l’Ordre, l’aumône se faisait trois fois par semaine. Chaque Templier avait trois chevaux. Il y avait trois façons de punir les coupables; jetés au cachot, ceux-ci se voyaient flageller à trois reprises. Un milicien se devait d’accepter le combat seul contre trois, et de subir trois fois l’assaut de son adversaire, en combat singulier, avant d’attaquer ou de prendre à son tour l’offensive…
Les Templiers honoraient, en agissant de la sorte, la Très Sainte et Indivisible Trinité, les trois hypostases de l’Un, Père, Fils et Saint-Esprit, mais aussi les trois Logos, les trois âmes de Platon, la manifestation parfaite de l’Unité.
Deux, et montés sur un seul cheval, au début de leur association, ils s’adjoignirent sept compagnons peu après, et furent ainsi neuf qui revêtirent le froc monacal en 1118. Pendant neuf ans, jusqu’en 1127, leur nombre reste le même, neuf étant le chiffre de l’accomplissement. Les commanderies du Temple se divisaient en neuf provinces. Ils sont neuf chevaliers féaux qui — le 7 avril 1310 — rédigent et remettent à la commission papale l’admirable mémoire dont il a été parlé en son temps. Neuf autres encore se présentent au concile de Vienne, en 1312, et sont jetés en prison avant d’avoir été entendus.
N’est-ce pas à dessein, d’autre part, que les Templiers élisent à douze — lui treizième — leur grand-maître ? Par le simple fait de rappeler ainsi le Christ et ses apôtres, ne préfiguraient-ils pas leur destin tragique? (Leur pieux fondateur avait exigé d’eux qu’ils récitassent treize Pater chaque matin, et neuf à l’heure des vêpres…)


13 , 9 et 3, des chiffres majeurs dans l’arythmosophie templiere

La réapparition dans leur histoire du nombre treize, qui devait leur être fatal, est, en vérité, chose impressionnante* Treize évêques et archevêques (outre neuf abbés) assistent le légat pontifical lors du concile dont ils reçoivent leur règle. Cinquante-quatre Templiers sont livrés aux flammes le 13 mai 1310. Le 13 octobre 1307, l’arrestation des chevaliers avait eu lieu dans toute la France. 1313 était une date qu’ils pouvaient atteindre, non dépasser. Molay fut brûlé sept ans après l’ouverture du procès de la Milice; et des vingt-deux grands-maîtres qu’elle compte, treize, comme il a été signalé, payèrent tragiquement de leur vie l’honneur d’un magistère qu’on leur enviait.
Anatole France, parlant un jour de Papus, a trouvé plaisant de railler la prétention des occultistes de se rattacher au passé le plus lointain par une filiation secrète. Il ne voulait voir d’autres ancêtres aux mystagogues du XIXe siècle que les illuminés du XVIIIe. Mais les gnostiques se réclamaient déjà d’une antique tradition. De même feront les alchimistes, et au XVIIe ces Rose-Croix à la découverte desquels s’acharna Descartes. L’immortalité que se targuait de posséder — comme le comte de Saint-Germain — le maître Janus d’Axel, ne pourrait-on proposer de sa réalité une explication satisfaisante pour les esprits sceptiques, en disant qu’elle a le caractère d’un symbole, et qu’il faut l’attribuer à la tradition ?
Une telle tradition, c’est proprement la pérennité de l’Esprit-Saint parmi les hommes. Elle annonçait l’Église à naître, non seulement par les prophètes, mais par les philosophes et les poètes païens ; elle affirme, à l’époque des cathédrales, que cette Église commence à peine et que les chrétiens n’ont rien vu en comparaison de ce qu’ils sont encore appelés à voir, comme le pensait Joseph de Maistre…
L’Église est la maison de Dieu, mais le Saint-Esprit n’a pas de demeure encore, s’il doit être adoré un jour ailleurs que dans le cœur des purs. (L’âme, qui est changeante, doit chercher dans l’Esprit — de la nature de qui elle participe — la stabilité.) «Tout mûrit, avait dit déjà Tertullien, et la Justice aussi. En son berceau, elle ne fut que nature et crainte de Dieu. La Loi et les Prophètes ont été son enfance ; l’Évangile, sa jeunesse ; le Saint-Esprit lui donnera sa maturité. »
Le Moyen Age, en ses élites, est tout palpitant du grand espoir de cette éclosion suprême. «Quiconque a la connaissance de Dieu est le Christ et l’Esprit-Saint, va jusqu’à affirmer Amaury de Bène ; car l’Esprit-Saint s’incarne en lui sans qu’il soit besoin de l’efficacité des sacrements et de l’intermédiaire du prêtre…» Ici, l’individualisme rompt les barrières de l’enseignement sacerdotal. Mais François d’As¬sise et ses petits frères sont tout spirituels. La pauvreté, sœur de la charité, voilà leur idéal suprême, et cet idéal n’est qu’amour. Le mot se pare d’un prestige qui transporte les femmes. En 1300, une Anglaise vient en France prêcher qu’elle est le Saint-Esprit incarné… En Allemagne, aux Pays-Bas, des égarés enseignent que l’âme anéantie dans l’amour du Créateur n’a point souci du corps… Et que traduit la légende du Graal, cette recherche de la coupe où furent recueillies par Joseph d’Arimathie quelques gouttes du précieux sang du Sauveur, sinon le désir de la chevalerie épurée d’atteindre par le sacrifice au dernier degré de l’échelle mystique?
Ce que veulent les soldats du Christ, c’est bâtir le Temple du «Libre Esprit», le sanctuaire même de la Coupe autour de laquelle ils veilleront en armes.
André Godard, qui a approfondi le problème paraclétique, écrit dans L’Universelle Rédemption que «les Templiers opposent à l’Église du Christ le Temple du Saint-Esprit». Pourquoi «opposent»? Sans doute, ils ne font pas de Noël, qui célèbre la naissance de Jésus, ou de Pâques, qui en exalte la résurrection, leur grande fête, mais de la Pentecôte, le jour qui vit pleuvoir des langues de feu sur les Apôtres… Le dimanche de la Trinité, ils se prosternent dans leurs chapelles pour vénérer le plus grand des mystères, celui de la triple essence de Dieu, que Ton trouve à la base de toutes les religions.
Le 24 juin, ils commémorent la venue au monde de saint Jean-Baptiste (le chef de l’Église intérieure)… L’agneau, qui ornait les chapiteaux de leurs chapelles (rappelant le Saint-Sépulcre) est bien le symbole du mystérieux habitant du désert que l’imagerie religieuse représente tenant dans ses bras la douce bête sacrifiée d’avance4. Ce n’est pas à dire que les Templiers veuillent substituer l’Église de Jean à celle de Pierre, qui «a fait son temps», comme devaient le déclarer Fichte et Schelling. Mais Jean fut le maître et Jésus le disciple, malgré sa divinité. Pour ce qui est de ce monde et de son existence ou de sa destinée dans le temps relatif, le fils d’Elisabeth, l’épouse de Zacharie, en savait plus que le fils de Marie, la femme de Joseph… Une telle croyance, maintes âmes l’entretiennent, du moins, aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles, et des artistes peignent ou sculptent alors, en toute pureté d’âme, le Baptiste étendant sa protection sur le Nazaréen…
L’heure était-elle à l’époque des Templiers, est-elle aujourd’hui propice à la construction de la maison du Saint-Esprit qui suggérera ce que Jésus a enseigné ? La même question, on voit à diverses reprises, au cours de l’histoire, des groupes d’initiés se la poser anxieusement, et entreprendre l’idéale édification. Spectacle souvent grandiose, mais à tant d’égards décevant… Ah ! N’abandonnez donc pas avant l’heure l’asile de Pierre, le corps baptisé du Christ, pauvres âmes affamées de justice, et qui languissez après le règne tant désiré des saints! A quelle errance, à quels errements misérables ne seriez-vous pas condamnés! Où vous agenouiller, prier, s’il arrivait que son abri vous manquât, Vautre n’étant pas prêt pour vous accueillir?
Ce qui règne parmi les Templiers, ce qu’ils cultivent, ce n’est pas seulement cet «esprit de mysticisme ou de super naturalisme nécessaire aux imaginations rêveuses et délicates » dont a parlé Gérard de Nerval, et qu’acceptait et tolérait, d’ailleurs, le clergé catholique aux premiers siècles de notre ère, c’est l’Esprit tout court. Détenteurs de la Connaissance on comprend que ce soit à l’intérieur de l’Église (qui n’eût rien trouvé d’elle-même à reprendre à leur activité) que les Templiers servirent l’Esprit. Mais ils firent plus, sans doute, que de se livrer à des spéculations. Ils réalisèrent une synthèse des notions éprouvées par l’expérience des hommes dans tous les domaines, et les utilisèrent pour des fins d’un impérialisme hautement désintéressé. Comme ils possédaient la science des nombres, cultivaient les mathématiques transcendantes, ils ont aussi appliqué — avec quel succès ! — le calcul aux opérations bancaires. Avec leur flotte, ils ont couru les mers et, peut-être les premiers, colonisé le Mexique, à la fin du XIIIe siècle. Christophe Colomb, de famille noble, et grand-maître du nouvel Ordre des Templiers, selon Maurice Privas, aurait eu en mains les documents nécessaires à son voyage au Nouveau monde5. Enfin, l’Ordre était instruit d’architecture. Cela ressort de ce qu’on sait des établissements qu’il avait à proximité des édifices religieux que l’on bâtissait, des relations étroites qu’il entretenait avec les compagnons et les maîtres des pierres vives6. Des maisons qu’ils possédaient en tous les lieux où, comme l’a dit le vieux chroniqueur Raoul Glaber, «le monde secouant ses haillons revêtait la robe blanche des églises», les Templiers inspiraient les architectes, guidaient les ouvriers. Et de vivre en Chaldée les incita à approfondir l’astrologie. Rien ne serait moins surprenant, d’autre part, que d’apprendre qu’ils s’adonnèrent à la magie (d’où, peut-être, cette fable de l’enfant qu’ils faisaient rôtir pour oindre de sa graisse leurs idoles) ; cultivèrent les arts divinatoires ou évocatoires, et pratiquèrent l’alchimie. Quoi qu’il en soit, en la pierre philosophale (materia prima magisterium), ils n’ont dû voir que le Parergon, la chose secondaire, l’Ergon, ou chose essentielle, étant la recherche de cette unité de la matière, qui hanta la pensée de Goethe.


la Synarchie , un objectif de l’Ordre du Temple ?

Mais leur suprême objet nous le connaissons : une synarchie. L’idée en fut stimulée chez eux par l’exemple d’Alexandre, le jeune héros macédonien, qu’auréole une gloire si pure. Alexandre s’empara du monde oriental pour le recréer dans l’harmonie, en le douant d’un haut et fécond idéal. « Se sachant envoyé par les dieux, dit Plutarque, pour être l’arbitre de tous et pour réconcilier les hommes», que voulut-il, sinon que chaque peuple eût une patrie dans l’empire qu’il créait?
Il lui manquait la foi qui soulève les montagnes parce qu’elle prend son point d’appui dans un autre monde que celui-ci. Les dieux grecs, que révérait Alexandre, ne sont que l’incarnation des forces naturelles. Chez les Hellènes, le culte de la paix était en honneur en même temps que celui de la guerre. Offenser les dieux, c’était commettre, plutôt qu’un sacrilège, une offense à la raison, une infraction aux mœurs de la race. C’était violer les lois naturelles et les lois sociales qui réglaient sa manière de vivre. Rien de mystique, de métaphysique même dans la mythologie. En se persuadant qu’il était l’instrument des dieux, Alexandre croyait tenir sa mission des morts, être l’exécuteur de leur volonté. Il obéissait à la voix de ses ancêtres, protestant au nom de la sagesse contre la folie du désordre. Les Templiers, eux, ne séparaient point le Chérubin, qui est l’ange de la Connaissance, du Séraphin, qui est celui de l’Amour. La charité qui les avait animés quand ils s’étaient faits moines les inspirait toujours. Leur but était le perfectionnement moral de l’homme. Ils savaient qu’il n’y a de connaissance qu’en l’amour. La haine, ils ont été à même de constater, pendant les Croisades, comme elle est stérile. Cette paix universelle dont ils rêvent, ils l’imposeront aux peuples en attendant que ceux-ci aient atteint leur majorité, aient acquis la raison nécessaire à l’établissement d’une entente durable, qui permettra la rénovation des âmes.
Dante, chez qui on retrouve la même idée de paix, glorifiait, d’autre part, les Templiers de pair avec l’amour « qui meut le soleil et les autres étoiles » — et par rapport à qui se classent les péchés et s’en mesure la gravité : amour exalté, dénaturé, déficient… Car le monde dont les Templiers se réservaient le gouvernement ou sur lequel ils voulaient faire régner leur autorité morale, c’était celui de l’Évangile. Aux musulmans, dans leur projet, eût été dévolu le rôle d’opposer une barrière à la masse asiatique, confuse, en gestation d’on ne saura jamais quelle ténébreuse possibilité, quelle monstrueuse chimère…
Les Templiers n’ont pas trahi la cause de la chrétienté parce qu’ils ont conçu la possibilité de réaliser un équilibre entre l’Orient et l’Occident, non seulement dans l’ordre matériel, mais dans le spirituel. On voit bien, en étudiant avec impartialité l’histoire, les immenses services qu’ils ont rendus à la civilisation européenne, tant à l’est que dans la catholique Espagne, en tenant l’Islam en échec. Si les Templiers, pivot de la résistance aux envahisseurs dans la presqu’île ibérique, n’eussent pas combattu l’influence mauresque, la prise de conscience de son génie par l’Espagne eût été fort retardée, pour le moins. Présents dans l’île de Chypre, ils se seraient, à coup sûr, opposés comme les chevaliers de Saint-Jean à Malte, à l’avance des Turcs. Schaurer (que cite Finke) l’a justement dit : l’Ordre a approfondi l’idée de l’homme chevaleresque, Yhomo legalis, et il lui a donné une fonction religieuse, «ouvrant ainsi à toute une classe du peuple, pour de longs siècles, des sphères d’activité qui ont exercé une énorme influence et qui sont encore aujourd’hui reconnaissables dans le monde».
Sans doute, la mise à exécution de leur grande pensée d’entente spirituelle et d’union politique des États de l’Europe, en accord avec le pape et le roi de France, était-elle prématurée puisqu’elle se heurta au désir de centralisation monarchique de Philippe le Bel, impatient de constituer un tout puissant royaume, et puisque Clément V se montra indigne, par sa vénalité, de sa haute mission sacerdotale…
Mais l’iniquité commise par le mieux doué des Capétiens a eu un effet funeste, et qui s’est prolongé tard : elle a justifié, en quelque sorte, en créant un précédent, l’arbitraire de la procédure criminelle, empruntée aux méthodes de l’Inquisition, en usage sous l’Ancien Régime. Clément V, en outre, en sanctionnant l’abus de pouvoir de Philippe IV, a sapé l’autorité morale de l’Église. Dissolu comme il fut, il a inauguré une ère de corruption dans les mœurs du Saint-Siège, fait le lit de la licence effrénée des papes lors de la Renaissance, et fourni à la Réforme ses plus valables arguments contre le catholicisme romain.
Soutenus comme ils le furent, à leurs débuts, par un homme exceptionnel, Bernard, qui, sans autre titre que celui d’abbé, était en réalité l’âme du monde chrétien, et dont l’auteur de La Divine Comédie a fait son introducteur auprès de la théologie, les Templiers crurent qu’un pape se trouverait, de la même envergure que lui… Ils se trompèrent. Ils commirent aussi l’erreur de compter sur l’assistance du premier des souverains féodaux de l’Occident, infidèles à la pensée de Charlemagne. Ils devaient périr. On l’a déploré, à juste titre, quoiqu’il faille se répéter, en manière de consolation, que les hommes passent mais que les principes demeurent.
«Si l’on me demandait de citer, a dit Dôllinger (Der Untergang des Templerordeus), en employant le mot dans son sens le plus vrai, le dies nefastus de l’histoire du monde, il ne m’en viendrait pas d’autre à l’esprit que le 13 octobre 1307.»


Notes:

1. Tertullien le qualifie de platonicien. Il eut le tort de quitter, pour Rome, Alexandrie, où il enseignait, et où l’éclectisme était en faveur. L’esprit d’unité, qui régnait dans la capitale de l’Empire, lui fut fatal. On le traita avec rigueur et la dissidence se mit parmi ses disciples.
2. Éon de l’Estoile, dont le nom rappelle la pneumatologie de la Gnose, reste un isolé.
3. L’idée gnostique de saisir la nature de l’Être dans son essence est déjà chez Pythagore. Un signe à quoi, d’autre part, on reconnaît une filiation pythagoricienne, de façon infaillible, dans une école hermétique, est l’importance que cette école attache à la science des nombres. Les Rose-Croix, par exemple, plaçaient au sommet des connaissances, les mathématiques.
4. On trouve encore, parfois, en France, des églises et des chapelles ayant appartenu aux Templiers, qui sont placées sous l’invocation de saint Jean-Baptiste. Dans l’église de la commanderie de Brelvennez (Côtes-du-Nord), on a découvert, notamment, l’image d’un agneau de saint Jean portant une petite banderole surmontée de la croix pattée de l’Ordre.
5. Cf : Écoutez-moi, avril 1934.
6. « Les Templiers se rattachaient à ce que l’on a appelé l’hermétisme, tradition d’origine hellène-égyptienne, souvent mêlée à l’ésotérisme chrétien et à l’ésotérisme musulman. Il comportait, précisément, des connaissances d’ordre cosmologique qui correspondent àl’Art Royal, ce lui explique que des liens aient pu exister de tout temps entre les hermétistes et les artisans initiés. Après la destruction de l’Ordre des templiers, il y eut une réorganisation secrète, qui échappe complètement i l’histoire profane, mais qui permit à cette tradition de se maintenir dans les organisations analogues, mais plus cachées. » (E.-G. Dirieq, Le voile d’Isis, numéro spécial sur le Compagnonnage, 1934.) «Dans le Titurel, écrit Henri Martin (Histoire de France), un héros appelé Titurel fonde un temple pour y déposer le saint Vessel (le Graal), et c’est le prophète merlin qui dirige cette construction mystérieuse, initié qu’il a été par joseph d’Arimathie en personne au plan du Temple de Salomon. La chevalerie du Graal devient ici la Massenie, c’est-à-dire une Franc-Maçonnerie ascétique, dont les membres se nomment les Templistes, et l’on peut saisir ici l’intention de relier à un centre commun, figuré par ce Temple idéal, l’Ordre des Templiers et les nombreuses confréries de constructeurs lui renouvellent l’architecture du Moyen Age. »

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 4 juin, 2009 |33 Commentaires »

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  1. le 28 juillet, 2009 à 1:37 patrick écrit:

    je lis le livre LES ENSEIGNEMENT DU TEMPLE je veux savoir si ce sont les templier qui ont ecrit ce livre. J »ai besoin de savoir pour ma croissance interieur, je suis dans le broilliard, je reussi quand meme mais l’obscuriter en est trop forte. Je ne sais pas quellivre peut m’indiquerlevrai chemain a suivre pour devenirqujedoit etre..

    Répondu le 28/07/2009

  2. le 21 février, 2010 à 22:06 Chercheur écrit:

    De toute facon,la veritable graal n’a pas d’existance materielle,c’est un secret qui a trait a la mort.c’est un secret qui a trait à la vie eternelle de l’ame.ce secret fut enseigné par Jesus au moment ou ce maitre sentit qu’il allait mourrir.
    Seul Joseph d’aramathie a compris la chose et les hommes simples et purs qui etaient les disciples de jesus n’ont retenu que l’apparence verbale et négligé le sens profond.
    Le secret du graal est la communication avec l’esprit divin
    et par consequent de la délivrance de la terre.
    Avant jesus,Bouddha l’avait decouvert solitairement dans sa meditation,la difference est que celle qui fut enseignée par Jesus avait un caractere d’union collective.
    C’est le veritable GRAAL

  3. le 2 août, 2010 à 20:18 Bouffon templier écrit:

    voici le véritable détenteur de gnose salvatrice et révélatrice,

    http://lh3.google.com/arnasseaux/R6lqUAtVObI/AAAAAAAAA4c/_SqIRrLZxlA/Insolite_Ane_Rit_thumb%5B2%5D

  4. le 27 février, 2011 à 20:00 Edmond FIESCHI écrit:

    A notre époque, comme il en fut lors du siècle passé, le Cherchant rencontre dans sa quête éperdue vers la Sagesse, la Connaissance et l’Amour, quantité de pièges, ronces que constituent les mensonges éhontés de quelques-uns qui les disputent à l’ignorance qu’ils enseignent et le fourvoient vers des fondrières. Ces marchands du Temple perdurent et sont de tous les âges ; leur motivation est l’intérêt vénal. Alors le Cherchant devient Souffrant s’il est sincère dans sa recherche ; puis Persévérant. C’est pour ce dernier que je mettrai en exergue quelques arguments judicieux, afin de l’aider à vaincre le monde de l’Illusion où certains marchands d’orviétans excellent à tromper autrui.

    D’emblée, gardez-vous d’apprécier négativement ou positivement un possible Maître, à priori ; ne jugez point sur ce qu’il semble être ou pas être mais creusez sur ce qu’il fait. On juge un Homme, non pas à ses paroles, trop souvent trompeuses et intéressées, mais à ses actes. N’écoutez pas toujours ce qu’il dit mais ce qui lui échappe ou ne dit pas.

    En ce qui concerne Kundalini, qui est la clef majeure de toute l’Évolution humaine, gardez-vous de ceux qui ont reçu cet Éveil et se croient investis d’une « mission » quasi divine en enseignant ce qu’ils n’ont pas Réalisé. Car le fait d’avoir reçu Shaktipat n’a rien à voir avec une éventuelle Réalisation à ce niveau là ! Celle-ci n’est atteinte qu’après plusieurs décennies de pratique ascétiques, méditatives, afin de stabiliser l’énergie kundalinienne au Sahahrar et de l’ouvrir à son homologue cosmique, selon un processus ascendant et descendant, concomitant, alterné et permanent.

    Enfin je dénoncerai l’hypothétique transmission de l’éveil de Kundalini à distance – sur le vent comme le dénonçait un vrai Maître indou en ce domaine et de ma connaissance – car cette manœuvre ne s’avère point. Il suffirait, si cela s’avérait, de transmettre donc Shaktipat au monde entier et il n’y aurait plus de guerres ; la Terre deviendrait un paradis puisqu’elle serait peuplée uniquement d’Éveillés ! Or, nul ne devient Éveillé par un coup de baguette magique ; mis à part la citrouille de Cendrillon, personne n’a connu semblable transmutation ! Il y a beaucoup d’Appelés mais peu d’Elus.

    Que la Raison soit votre sauvegarde et courage à tous.

  5. le 6 mars, 2011 à 23:42 Films Streaming écrit:

    Mercii Pour Les info

  6. le 7 mars, 2011 à 22:26 Film streaming écrit:

    merci bcp

  7. le 24 juin, 2011 à 22:51 Thuriféraire écrit:

    Bonjour,

    Initiation à la Lumière d’Orient P320-321 Edmond FIESCHI

    Les chackras peuvent être connectés avec n’importe laquelle des Eglises et Centrales d’Energie Psychique. Ainsi, dans le Reiki, le chackra coronal est ouvert en premier puis les six autres. Comment? Par liaison directe avec la Centrale d’énergie nippone, par le moyen de symboles, clefs d’accès à l’égrégore. Dans les Eglises et sectes, il en est de même. Mais, c’est gravissime, il peut s’agir, aussi de vampirisation par le truchement de Centrales, ecclesiales ou autres! Pour le Vaudou, la Macumba, la Franc Maçonnerie, l’Eglise, c’est pareil! Il n’y a pas de Kunalini là dedans. (Fin de citation)

    Cordialement.

    Thuriféraire

  8. le 29 juillet, 2011 à 11:39 Edmond FIESCHI écrit:

    LE COURAGE

    Par Edmond FIESCHI
    Note
    Toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur, est illicite (Loi du 11 mars 1957, article 40, 1° alinéa).
    Cette représentation ou reproduction illicite, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du code pénal.
    La loi du 11 mars 1957 n’autorise, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article 41, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à l’utilisation collective d’une part et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration.
    Toutes ces considérations sont résumées par la mention de « copyright ».
    LE COURAGE
    « Le mérite est modeste, la nullité présomptueuse ».
    KOURAL
    I) DE LA FATALITÉ AU COURAGE
    Les professeurs, en matière de réussite, ont la coutume de prôner l’excellence de quelques qualités, essentielles, propres à assurer le succès dans la vie. Bien que non exhaustives, évidemment, elles s’avèrent néanmoins. Ce sont :
    La volonté
    L’audace
    L’ordre et la méthode
    La confiance en soi
    La maîtrise de soi
    L’esprit d’initiative
    L’esprit d’observation
    La réflexion
    L’attention
    La mémoire
    La patience
    Ces qualités sont rarement héréditaires. On les acquiert par la culture intérieure et, pour les amener à leur pleine efficacité, un entraînement spécifique est nécessaire.
    A la base de tout avancement, physique ou moral, l’effort est le facteur « sine qua non ». Or, tout sacrifice implique le courage de se mettre à la tâche et d’y persévérer. La clef de tout progrès, de tout changement positif, reste donc le courage.
    Le courage est le fondement de toutes les vertus mais il convient de définir le sens de ce vocable. Il ne s’agit pas, en l’occurrence, des mouvements impétueux, ébouriffants, fracassants que l’on prête d’ordinaire aux héros. En effet, il y a, dans cette sorte de vaillance, beaucoup d’impulsivité vaniteuse et de m’ »as-tu vu ». Enormément de héros se font tuer stupidement, par bravade et pour épater la galerie, ou bien par orgueil et colère. D’autres se précipitent au massacre par mimétisme et impulsion agressive.
    Ces vaillances là n’en sont pas car elles restent des mouvements violents et instinctifs, des accès passionnés souvent brillants mais sans durée. Elles ne sont pas le fruit d’une victoire sur soi-même.
    La véritable hardiesse requiert :
    La réflexion
    Le calme
    La durée
    au sein de l’action.
    Le véritable courage est, de manière générale, obscur et sans éclat, sans bruit non plus. Il passe souvent inaperçu comme celui de la mère de famille qui travaille dur à l’usine, ou aux champs, pendant la journée, et qui entame une seconde journée de travail au foyer, dès son retour, en préparant les repas, raccommodant le linge, « torchant » les gosses et écoutant, souvent, les doléances de l’époux et ses plaintes. Cette tâche est accomplie avec bonne humeur et une patience inlassable.
    L’héroïsme est donc quotidien ou il n’est pas.
    La majorité des individus qui échouent, dans l’existence, doivent imputer leur insuccès, ou bien leurs échecs, à la paresse. Pour n’avoir pas eu le courage de résister à l’attrait du jeu ou aux sollicitations de la farniente, ils ont tout d’abord gâché leurs années d’étude ou d’apprentissage d’un métier. Puis, faute d’avoir économisé, prévu, ils arrivent sans le sou au terme de leur vie. Pour n’avoir pas pris la résolution de changer quelque chose à leurs comportements habituels, ils se sont chaque jour davantage enlisés dans la médiocrité, la banalité et l’inutilité.
    La lâcheté engendre la paresse « mère de tous les vices ». L’échec sur tous les tableaux, le ratage intégral de l’existence, tout cela est la sanction fatale du manque de courage.
    La hardiesse morale est une vertu proliférante. Elle conditionne ou permet l’exercice et l’épanouissement de toutes les autres potentialités vertueuses. Il faut du cœur pour réfléchir sur soi-même, penser par soi-même, chercher la vérité, prendre la décision d’œuvrer à son propre perfectionnement.
    Il est nécessaire d’avoir de la bravoure pour rester patient et persévérant, calme et paisible, résister aux mouvements de l’orgueil et la vanité, la susceptibilité et la colère, aux entraînements des sens.
    Il est indispensable d’avoir du cran pour se tenir ordonné et économe, travailler vite et bien. Il en faut pour tout ce qui va à l’encontre de nos mauvais instincts et tendances nuisibles, nos mauvais désirs et routines, nos préjugés.
    L’effort est requis dans nos rapports sociaux et face à l’adversité. Il en faut toujours et partout dès que l’on a décidé d’être, simplement, un homme, une femme.
    Il est donc logique d’être courageux.
    « Le chien a quatre pattes mais il ne suit pas quatre pistes à la fois. »
    Proverbe bantou
    II) LE COURAGE AU QUOTIDIEN
    La timidité est normale chez l’enfant et l’adolescent ; chez l’adulte elle est le signe d’une certaine immaturité affective. Dans tous les cas elle correspond à une autodéfense passive, une attitude qui vise à désarmer autrui ; elle reste un refuge.
    Comme toute inhibition de ce genre, elle entrave l’épanouissement de la personnalité. Le remède découle d’un constat : le conflit entre l’imagination et la volonté aboutit à la victoire de la première. Par conséquent, la pensée ne peut rien changer par elle-même, au problème. Il faut conditionner le subconscient par une attitude suggestive, adaptée ; en l’occurrence, il convient de respirer largement et à pleins poumons en bombant le torse, le regard franc posé devant soi, la colonne vertébrale droite.
    Pour chaque défaut à vaincre il suffit, généralement, d’adopter une attitude réactionnelle pour progresser vers la vertu contraire et gagner en courage.
    Alors que les actes d’héroïsme ne sont que des mouvements passionnés, des sursauts passagers qui s’éteignent dès que disparaît l’impulsion motrice, les actes de courage quotidien sont les vraies manifestations de la volonté. La répétition affirme et fortifie la ténacité. L’habitude de l’opiniâtreté constitue la volonté elle-même qui n’existe que si elle s’exerce dans la continuité.
    Le premier grain du courage quotidien doit être semé par une discipline de vie adéquate ; ainsi, il suffit de se lever tous les matins à la même heure et dès la sonnerie du réveil, de se laver aussitôt et minutieusement tout en chantonnant et de partir à son travail tous les jours à la même heure. De même, il convient de se coucher tous les soirs, à la même heure, et de faire chaque chose en son temps.
    Cette organisation a pour but de créer de bonnes habitudes qui deviendront une « seconde nature », un conditionnement libérateur du comportement. Ce sont de petits actes qui n’exigent pas un courage formidable mais entraînent à l’apprentissage de la volonté proprement dite, en incitant à l’autodiscipline, celle de l’EXACTITUDE.
    Certes, d’aucuns pourront s’exclamer que ce genre d’attitude ressemble à la laisse du chien qu’on oblige à devenir esclave ; laisse dont on se libère le week end. Cette considération n’est pas totalement erronée ; mais elle reste relative car nous pouvons rompre avec une habitude si nous en restons conscient et le voulons, la modifier de manière pragmatique et en toute liberté
    Il convient d’ensemencer plus largement, par la suite. Ces petites habitudes, une fois acquises, mènent vers un plus large investissement. Il ne coûte pas plus d’être présent à chaque acte de la vie, en pensant au programme de la journée tous en laçant ses chaussures, par exemple. Il n’est pas plus accablant de se concentrer sur un problème tout en se rendant à son travail, à pied ou en bus.
    Lorsqu’on est à son travail il faut s’appliquer en y apportant toute son attention, son cœur et sa conscience. L’un se plaindra :
    « Je ne puis point m’intéresser à un travail que je n’aime pas ! »
    Soit.
    Mais alors pourquoi l’avoir choisi ? Ou bien, s’il ne vous plaît pas, pourquoi ne pas vous interroger sur les possibilités d’en changer ? Voilà un bon sujet de concentration et de méditation.
    Après le courage au travail vient le courage aux loisirs. Bien des gens accomplissent consciencieusement leur labeur, mais ils n’ont plus celui d’occuper profitablement leurs loisirs. Aussi le repos, tel que le comprennent beaucoup de personnes, n’est pas toujours défatigant. Il n’est pas reposant que de s’enfermer dans l’atmosphère viciée d’un bistroquet et de s’exciter dans d’interminables parties de cartes, ou bien de vaines diatribes sur la politique en faisant et défaisant le monde, sur le zinc. La philosophie du comptoir alimente plus la caisse du bistroquet que le champ des idées en délire. Il n’est pas détendant de se rendre dans les estaminets, dancings et autres lieux d’énervement qui conduisent, tôt ou tard, au vice, à la luxure et à la maladie.
    Le vrai repos s’obtient dans le calme, la détente alternant avec une activité complémentaire. En conséquence, un travailleur manuel s’imposera une activité intellectuelle et artistique (lecture, étude, audition d’œuvres culturelles, et cœtera) ; l’intellectuel inclinera ses loisirs vers des tâches manuelles (culture physique, yoga, bricolage, jardinage, et cœtera)
    La campagne est l’endroit idéal, à cet égard, car elle ouvre son livre de terre aussi bien à l’ouvrier qu’à l’ingénieur, au technicien qu’au poète.
    Les loisirs, que nous laisse le métier, peuvent apporter beaucoup de joies et de profits, si nous avons le courage d’abandonner les distractions absurdes, les passe-temps imbéciles, les amusements nuisibles que, à notre décharge cependant, la publicité tapageuse nous invite et presse d’accomplir au profit de quelques hommes d’affaires, mercantiles.
    Afin de réaliser ces possibilités il suffit d’avoir le courage de changer nos habitudes et, à cette fin, de susciter des impulsions opportunes. Il convient d’avoir le COURAGE DES CHANGEMENTS. Cela n’est pas facile car l’habitude est une seconde nature ; bénéfique ou maléfique selon les cas, il n’est pas facile d’en changer, même si la volonté est puissante. Lorsque l’imaginaire lutte contre la volonté c’est presque toujours le premier qui vainc.
    Un homme menait une vie miséreuse, étriquée et sans joie dans un emploi monotone. Or, on lui proposa une situation au Maroc mais il ne put se résoudre à accepter ce changement, pourtant très avantageux. Comme une personne s’en étonnait, il répondit :
    « Que voulez-vous, il me faudrait quitter mon pays, mon quartier, mes amis, mes habitudes. Je n’ai pas le courage. »
    Pour n’avoir pas eu le courage, petit, d’abandonner quelques habitudes de médiocre saveur, un homme laissa passer la chance de sa vie de termite. Quel désastre !
    Il convient de savoir que le courage est indispensable quand on veut échapper à sa triste condition d’esclave, d’infirme.
    Beaucoup de gens traînent, après eux, des poids morts qui les rivent à des situations médiocres, comme des forçats à des boulets. Voici une histoire probante, à ce sujet :
    « Deux frères, dont le père était mort couvert de dettes, crurent bon d’honorer sa mémoire d’une manière louable, à priori, mais désolante à posteriori. »
    « L’un remboursa les créanciers de son père et signa des reconnaissances de dettes. Obligé de se mouvoir, ainsi, dans les limites étroites d’un budget lourdement amputé, il végéta toute sa vie, ne put pas fonder un foyer et succomba finalement, à la suite d’un procès que lui intentèrent ses créanciers. »
    « L’autre, au contraire, abandonna une succession dont il n’était nullement responsable (ni légalement, ni moralement) et partit à l’étranger, y réussit, revint en France avec une importante fortune et s’offrit, à ce moment, la fantaisie de rembourser les créanciers que son frère n’avait pu régler. »
    « Ce geste le fit couvrir de louanges. Les mêmes qui avaient maudit le frère incapable de les rembourser (bien qu’il y ait sacrifié sa vie), portèrent aux nues celui qui, par un geste facile, leur apportait un argent sur lequel ils ne comptaient plus. »
    En général, ce sont les questions d’ordre sentimental qui constituent les poids morts les plus aliénants ; les sentiments n’ayant rien de commun avec l’AMOUR-CARITAS, évidemment. Ainsi, tel veut conserver la vieille demeure familiale qui tombe en ruine et engloutit, peu à peu, en des réparations inefficaces, toutes ses économies et celles de sa famille, quand ce ne sont pas les revenus conjugaux, en ruinant les enfants, l’épouse et les proches. Tel autre détruit son avenir pour ne pas se séparer d’une mère égoïste ou jalouse, qui l’accapare, en fait sa chose, l’empêche de se marier ou de s’adonner à une activité qui l’éloignerait d’elle.
    Il existe mille autres chaînes qui opèrent à la manière de la laisse pour le chien. Il y a tout l’arsenal des habitudes pernicieuses qui font dépenser son énergie, son temps et son argent, inutilement. Ce sont les rêveries inutiles et stériles, la partie de cartes quotidienne, la « parlotte politique » (verbiage ou logorrhée stérile qui signe la déficience intellectuelle des bovidés) et l’évocation de lieux communs (concepts vidés de toute leur substance), la flânerie sans but, les apéritifs, et cœtera. Il y a, essentiellement, le refus de toute originalité de la pensée et du sentiment.
    Dans notre monde en délire, tout est fait pour qu’une standardisation de la pensée et du sentiment s’établisse, dans la société. Ainsi, les « mass médias » endorment-ils l’une et l’autre, tout en nous pressant de satisfaire notre estomac, de jouer au loto et d’assister aux matches sportifs.
    La maxime chère à César : « Panem et circemses », mise en pratique auprès des peuples reste toujours le moyen parfait de les endormir, de les conditionner, de les manipuler comme des robots et marionnettes, de les faire tourner comme girouettes à tous les vents de doctrine.
    La « pensée du ventre » semble la seule que nous autorise le contexte social, contemporain, car elle rassure les gouvernants. Actuellement nous assistons à l’envahissement des séries télévisées, américaines, qui relèvent d’une morale primaire et dont le but est évident : conditionner et contrôler mentalement les peuples occidentaux. Il est interdit de penser et les émissions d’autrefois, où l’intelligence et l’esprit étaient interpellés, ont disparu. L’avènement de la technocratie a refoulé les philosophes dans l’oubli car ils sont dangereux ; ils « pensent mal » (sic).
    Parallèlement, on assiste au retour en force des religions dont les gouvernements ont redécouvert le rôle moralisateur qu’il leur fallait pour maîtriser le mental de nos contemporains. Le matraquage politique des médias, le mensonge par omission ou délibéré, la suggestion hypnotique à des fins politiques, toutes ces manœuvres ont remplacé la culture universelle qui « fait penser » (sic).
    Pourtant, tout un chacun sait que la morale est multiple. Il y avait la morale capitaliste, puis communiste et soviétique, nazie, totalitaire, et cœtera. Chacune chercha à s’imposer, par la violence physique et intellectuelle, psychologique et psychique. Ce phénomène s’accroît avec le temps et continuera de le faire, de manière exponentielle, dans la perspective d’un gouvernement mondial.
    L’endormissement de la pensée, lié au conditionnement multiforme, est un opium dont il faut se libérer. Cette libération soit s’effectuer par nécessité de survie pour l’espèce humaine car elle débouche sur la notion universelle de RESPONSABILITE, l’accroissement infini de sa dimension.
    Par conséquent, il convient de se libérer des chères routines qui paraissent garantir la paix, la tranquillité, de l’amour du farniente, mais qui empêchent de voir neuf, d’agir de manière nouvelle et enlisent dans la banalité, la médiocrité et le marasme. Les conditionnements peuvent tuer s’ils nous dégradent au rang de robots pour les gouvernements qui nous manipulent par les sentiments et ne font jamais appel à notre raison…, ce qui serait trop dangereux, pour eux !
    Ayons donc le courage de nous libérer des poids morts, de l’endormissement de notre pensée, qui nous paralysent et nous tuent.
    « Les insoumis sont le sel de la terre. S’ils venaient à disparaître, avec quoi salerait-t-on ? »
    André GIDE
    « Faut-il réveiller les esclaves ? »
    André MALRAUX
    III) REVEILLONS-NOUS !
    La PEUR paralyse toutes les potentialités de l’homme ; en général, elle repose sur l’ignorance, voire sur de pseudo certitudes. Il existe plusieurs sortes de peurs, physique et psychique.
    Beaucoup de gens se croient courageux car ils échappent à la peur physiologique, alors qu’ils restent pusillanimes, psychiquement. Ils craignent tout, sont en perpétuelle inquiétude pour eux-mêmes, leur famille, leur situation, leurs biens. Ils s’inquiètent des hommes, événements, choses, créant ainsi un climat d’insécurité, restrictif, pernicieux, attractif des mauvaises influences autour d’eux.
    Les pensées, quand elles sont concentrées suffisamment sur un sujet, créent une ambiance propice à leur réalisation. Ainsi, une loi fondamentale peut être énoncée :
    « Nous n’avons pas ce que nous méritons, souvent, mais nous avons surtout ce qui nous ressemble. »
    En redoutant un événement douloureux nous pouvons le susciter. Les exemples abondent en ce domaine. Celui qui a peur des abeilles ou d’un chien risque fort de se faire piquer par les unes et mordre par l’autre.
    La peur est réalisatrice car elle puise son énergie cinétique dans la puissance du subconscient. Aussi est-elle importante, cette phrase de la Bible :
    « Ne craignez point ! »
    Afin de se guérir de la peur, plusieurs méthodes existent, les unes d’ordre physique et les autres d’ordre psychique. Sur le plan physique, la technique respiratoire, profonde, avec relâchement du plexus solaire, est satisfaisante. Il convient de respirer lentement et à fond, en trois phases :
    - D’abord par le ventre
    - Puis avec la cage thoracique
    - Enfin par la partie pectorale.
    Ce processus s’effectue d’une seule et même coulée. On expire ensuite en vidant les poumons, d’abord par le ventre, puis le bas de la poitrine et le haut de celle-ci, enfin. Il convient de ne pas forcer sur l’inspiration.
    Sur le plan psychique, il convient de cultiver, en se concentrant, les idées de calme, d’optimisme, de courage en admettant la vanité des choses et l’incorruptibilité du SOI. Il est indispensable de semer le grain de la confiance en soi dans le tracassin de la vie. Cet ensemencement fera éclore la robuste plante du vrai courage, celui de chaque jour dans la lutte pour la vie et l’évolution.
    La paresse est le fruit de la peur ; cette assertion peut paraître troublante mais elle s’avère néanmoins. La crainte est le premier pas vers la vertu, aimait à dire la mentalité des années 1930. Erigée en moyen de contrôle mental, par les gouvernants dans tous les pays, la peur repose sur des expédients psychologiques ou des faits réels, exploités ou bien manipulés. On a peur du gendarme, du voisin et de l’opinion à notre sujet, de penser mal, et cœtera. Par conséquent, on est porté à esquiver les petites peines, les ennuis de l’existence en essayant de correspondre, le mieux possible, au mode standard de la pensée et du sentiment ; on devient paresseux par peur. Tout devient plus difficile et le plus petit obstacle se transforme en une montagne ; on trébuche alors que l’homme courageux passe en se jouant. Le moindre ennui devient une catastrophe pour l’individu peureux.
    Le peureux devient paresseux par crainte de la vie et il subit son existence au lieu de la maîtriser.
    La paresse n’est donc que de la PEUR à l’état larvaire. Le paresseux s’abstient d’agir car il redoute l’échec, ou bien la réaction d’autrui, l’effort physique ou mental, le changement de ses habitudes ; il craint les hommes et les événements et a peur de tout. Cette peur inhibe tout épanouissement et toute réussite.
    La paresse n’est pas, à posteriori, un vice. Cependant elle peut en engendrer par autodestruction. La peur de vivre peut entraîner la schizophrénie ou bien le suicide, la marginalisation et la délinquance.
    Il convient donc de réaliser que tout être vivant a le droit imprescriptible de : VIVRE, RESPIRER, AIMER, TRAVAILLER, SE REPOSER, et cœtera.
    Personne n’est le paria de personne, ni son esclave, ni son despote.
    Il convient donc d’apprendre à réfléchir à l’avance sur ce qu’il convient de faire, d’examiner avec calme et bon sens la manière adéquate de résoudre un problème. Les mille péripéties de la vie offrent quotidiennement de petits problèmes dont il faut trouver la solution la plus rapide, la plus simple et la plus avantageuse. On résout ces petites questions en y mettant un peu d’attention et, ainsi, on habitue le cerveau à fonctionner vite et correctement lorsque survient une difficulté plus importante. Quand se trouve une tâche qui répugne, il importe de faire l’effort de l’accomplir en se répétant que la peine subséquente se traduira par un acquis psychique aux avantages irréfutables.
    La difficulté la plus dure est de se mettre au travail ; il faut la surmonter en démarrant aussitôt, par un mouvement prompt et enthousiaste. L’essentiel n’étant pas de réussir mais d’entreprendre. Comment déclencher ce départ, alors qu’il s’agit d’un labeur pour lequel on n’a aucune attirance ?
    Le remède est plus facile qu’on ne le croit. Il convient, tout d’abord, de faire l’analyse des phases d’exécution du travail, dresser l’inventaire détaillé des actes divers, relatifs à la tâche. Certains, de ceux-ci, s’avèreront aisés et agréables. Ce sont eux qui faciliteront le démarrage.
    Diriger, gouverner, c’est prévoir énonce un axiome. Lorsque l’on étudie un budget, il convient de penser au coût de fonctionnement, aux charges y afférentes. En effet, beaucoup de gens commettent l’erreur de ne pas voir plus loin que la réalisation à atteindre et oublient les conséquences. Ainsi, dès que l’on achète un ordinateur et son imprimante, viennent se greffer de multiples fardeaux comme la révision, l’entretien, les fournitures et logiciels, les virus et antivirus, la dépréciation et la vétusté, voire l’obsolescence, au bout de quelques mois seulement. Peut-être convenait-il de louer un appareil plutôt que de l’acheter, pour des raisons évidentes ? A moins que l’on ait décidé de le garder toute la vie.
    Souvent, les frais d’entretien et de fonctionnement sont plus onéreux que l’investissement originel. D’où la difficulté d’être, pour certaines personnes, le concepteur et le comptable ; pourtant, c’est une condition indispensable. Beaucoup d’affaires périclitent, voire tombent en faillite, à cause de la carence de leurs dirigeants et de leur incapacité à gérer un budget de manière lucide et objective. De nos jours, pour cent créateurs d’entreprise, cinquante abandonnent au bout de six mois ; au bout d’une année, il n’en reste que vingt cinq. Dix d’entre eux pourront durer et prospérer. L’exemple suivant est probant, parmi tant d’autres encore.
    « Un jour quelque écervelé, aux dents longues et à la parole facile, décida d’ouvrir un débit de boisson. A l’entendre, il allait gagner des mille et des cents ; la bière était vendue dix fois son prix et le reste à l’avenant. Sa compagne, dont le cerveau devait servir à prendre des rhumes (de cerveau évidemment) plutôt qu’à réfléchir posément, se réjouissait déjà d’entendre le bruit ineffable du tiroir-caisse. Or, à peine le commerce ouvert, voilà que nos fanfarons s’empressèrent de puiser dans le tiroir-caisse, oubliant que, chaque jour, les frais fixes devaient, d’abord, être couverts par les recettes éventuelles. Au bout d’un mois les difficultés commencèrent ; ils remplacèrent l’eau d’Evian par celle du robinet, trichèrent de ci, de là, et furent contrôlés par un Inspecteur des fraudes. Puis il y eut dépôt de bilan. Depuis lors, ces doux imbéciles vitupèrent contre le gouvernement, les impôts, l’injustice du sort. »
    En ce contexte, il convient de remarquer que si toute réalisation, même partielle, porte en elle-même un encouragement, une incitation à continuer, à mieux faire et agir vers l’achèvement, elle reste néanmoins une suggestion dont il convient de se garder. Le risque de tomber dans l’excès et la folie des grandeurs, s’avère. Cependant, comme le prélude du musicien, l’ébauche du peintre, le rôle de tout accomplissement, si médiocre soit-il, est d’exercer un pouvoir suggestif sur son auteur (confer : Charles BAUDOIN). Il convient donc d’en tenir compte avec esprit critique.
    Toutes les tâches ne se prêtent pas à la compartimentation, à la modulation par ordre de facilité ou de moindre répugnance ; mais la plupart permettent cette dissection. En y procédant, on exerce son esprit d’analyse. En opérant le classement des parties de l’ouvrage concourant à l’exécution complète, on apprend à travailler avec ordre et méthode. Cette attitude améliore le résultat final et permet de gagner du temps.
    Une autre forme de paresse consiste dans la répugnance à penser par soi-même. Elle correspond à la crainte de penser mal, de passer pour un imbécile, de commettre le délit d’opinion qui existe depuis l’origine des civilisations. Les opposants risquent leur vie à tout moment, même de nos jours. Ainsi, les Russes blancs furent décimés par des agents secrets, soviétiques, à l’étranger et à l’aide de seringues hypodermiques contenant du cyanure de potassium (le célèbre parapluie bulgare, notamment). Aussi la réserve s’impose-t-elle. Toutefois, il est possible de penser par soi-même quand les idées ne constituent pas de danger pour soi-même, ni les autres. Certes, cette notion est relative ; il suffit de penser pour soi-même et non pas pour les autres, en toute tolérance universelle. Cette liberté de penser est encore possible, de nos jours. Pour combien de temps ? C’est une autre question.
    Aucun avancement mental, véritable, n’est permis si on ne s’exerce pas à penser par soi-même. On peut emmagasiner une masse considérable de connaissances et ne rester, en définitive, qu’un INTELLECTUEL stérile et verbeux. Des gens très instruits, militants syndicaux et politiques, animateurs éducateurs, habiles à manipuler les personnes et formés à cet effet (pour la bonne cause, évidemment…!) n’en sont pas moins des aliborons et leurs diplômes en sont, parfois, une attestation symbolique qui mérite bien, en langage familier, le nom de « peaux d’ânes ». L’esprit populaire a des formules parfois géniales.
    Il vaut mieux avoir compris qu’appris ! La détention de diplômes universitaires ne signifie ni une référence ni une tare. Cela signe, plus simplement, que l’on a un acquis intellectuel et que, peut-être, on est intelligent… Ce qui est déjà beaucoup.
    Il faut réaliser que l’esclavage, dans lequel se vautrent les peuples, n’est que la conséquence de leur impuissance à penser par eux-mêmes. Cette misère morale, intellectuelle, psychologique, psychique, physique est savamment entretenue par les classes dirigeantes, au moyen d’entreprises d’abrutissement telles que certaines presses, radios, télévisions, cinémas et le sport opium.
    « Faut-il réveiller les esclaves », interrogeait le philosophe André MALRAUX. Poser la question c’est y répondre. La libération est affaire de PENSEE ; il ne faut pas chercher d’autres moyens préliminaires ; autrement, une autre dictature remplace la précédente et ainsi de suite.
    On apprend à penser par soi-même grâce à l’exercice de l’attention, de l’observation, de la réflexion, du sens critique tourné d’abord vers soi-même, de l’effort de comparaison.
    Dans la pratique de tous les jours, il convient de s’habituer à poser les questions essentielles devant un problème quelconque, une opinion, la propagande politique, la publicité, les dogmes, et cœtera :
    De quoi s’agit-il, exactement ?
    Qu’est-ce qui me prouve que ?
    Quels sont les précédents vécus ?
    Où cela me mènera-t-il ?
    Qu’en récolterai-je ?
    Quelles en seront les conséquences ? Dans l’immédiat et le futur ?
    Comment m’y prendre pour… ? Et cœtera.
    Beaucoup de personnes, même cultivées, préfèrent l’effort physique à son homologue intellectuel. Prendre, chaque jour et à une heure fixe, un crayon pour noter sur un carnet « ad hoc » une réflexion, une maxime, une pensée, cela semble facile à priori. La plupart des gens n’y arrivent point, néanmoins.
    Les éducateurs de la volonté recommandent d’accomplir quotidiennement ce petit exercice, dont les résultats sont d’autant plus remarquables que nous éprouvons de dégoût à nous y livrer.
    « Le temps est un grand maître ; le malheur est qu’il tue ses élèves. »
    BOUDDHA
    « Quand le doigt montre la lune, l’imbécile ne voit que le doigt. »
    CONFUCIUS
    IV) OPTIMISME OU PESSIMISME
    L’optimisme n’est pas antinomique de la lucidité à l’égard de l’existence, bien que cette perspicacité rende pessimiste par la force des choses. L’humour n’est pas loin !
    Être optimiste, en effet, c’est ne pas rester triste, ni résigné, devant la réalité sinistre de la vie. Il convient d’accepter l’évidence sans s’y compromettre, néanmoins ; toute la nuance est là. Garder l’espoir devant l’avenir perfectible de l’homme et la société, malgré le saccage de la planète par les politiciens sadiques et matérialistes ; cette attitude permet de rester jeune tant est synonyme de jeunesse l’espérance du BIEN.
    L’espoir est une vertu jeune, une forme agréable de courage. La jeunesse n’est pas seulement un âge ; elle est aussi une attitude vers l’action. Elle est une disposition de la volonté, un talent de l’imagination, une intensité de l’émotion. Elle est la fraîcheur des sources profondes de la vie. Par conséquent, la jeunesse n’est pas significative de l’âge sur les plans physique et moral. La vieillesse consiste moins à prendre de l’âge que de déserter notre idéal et, par là, de sombrer dans la tristesse.
    Sans tomber dans le travers du naïf, du béat, qui voient la vie en rose et sans réalisme, il est important d’avoir une vue sereine et positive des choses. Si le constat est négatif, il convient d’agir de manière positive. La personne triste, morose, grincheuse, récriminatrice, critique à outrance, a un rayonnement nocif ; elle est antipathique. Elle l’est car elle cristallise un état négatif, en lui attribuant une densité perpétuelle, alors qu’au contraire tout passe, tout est transitoire et que l’homme passe aussi.
    L’optimiste agit comme tel, bien qu’il soit pessimiste en regard de la réalité ; il ne s’agit que de lucidité et nous l’avons démontré. Il n’y a donc pas de contradiction.
    L’optimiste, de par sa façon d’envisager les événements, de les commenter, d’en faire ressortir les aspects instructifs et significatifs, révélateurs même, dans une stricte objectivité, a un rayonnement positif et il peut infléchir les événements de manière bénéfique. C’est, là, la justification de sa lucidité. Sa bonne humeur, son ESPOIR dans des temps meilleurs, son entrain engendrent la sympathie et créent une ambiance favorable au développement de la confiance en soi et en l’avenir.
    Il ne faut pas se méprendre sur ce problème en l’ignorant. Dans la vie courante, le pessimiste triste constitue une grave menace pour l’entourage lorsqu’il est DEFAITISTE, donc destructeur. En effet, il contamine par ses comportements dépressifs. Il sème le doute, la peur ; il dissout l’ardeur à l’action, la volonté.
    Etre pessimiste devant l’existence ? Oui, dès lors qu’il s’agit d’un constat inhérent à la réalité. Etre triste en abandonnant tout espoir ? Non, car ce n’est pas une attitude constructive.
    L’optimiste pourrait être un pessimiste qui ne reste pas dans la tristesse ni la lâcheté. Il est un pessimiste qui applique la célèbre règle d’hygiène mentale :
    « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. »
    « Rendre le bien pour le bien ; rendre la justice pour le mal ».
    Maxime populaire
    « La propension à parler provient, souvent, d’une incapacité de se taire. »
    Maxime populaire
    CONCLUSION
    Être courageux ou ne pas être ? La société des hommes a pu poser cette question millénaire, avec plus ou moins d’acuité selon les régimes politiques, sans la résoudre néanmoins. Le pragmatisme n’est pas évident.
    L’habitude des petites victoires sur soi-même constitue un acte de courage qui mène à la confiance en soi. Ces médiocres accomplissements, par leur répétition, s’installent en comportements acquis. Ils deviennent une nouvelle manière d’être de notre subconscient. Celui-ci, malgré sa lâcheté foncière et grâce à sa crédulité totale, ne craint plus et n’a plus PEUR.
    La masse des petites difficultés surmontées, des obstacles franchis, des réussites obtenues, sont là comme témoin et exemple.
    Mais, et surtout, rappelons-nous bien :
    a) Il faut du courage pour s’habituer à penser par soi-même.
    Alors qu’il est facile d’accepter les idées offertes par le journal, la radio, la télévision, la propagande, les propos des amis, parents et « Monsieur TOUT LE MONDE ».
    La recherche de la vérité est difficile car « Les hommes auront toujours horreur de la vérité, parce qu’ils sont fainéants et crédules » (Robert DUNAN).
    La vérité réclame du travail, exige un esprit subtil et critique qui est, sans doute, une des qualités la plus rare au monde.
    La vérité a besoin de courage car le mensonge se venge lorsqu’il est démasqué.
    Il est donc naturel que les hommes se laissent aller à vivre sans vérité. La loi du moindre effort les y incite ; souvent aussi leur propension à la malveillance et, constamment, leur lâcheté.
    b) Il faut du courage pour avoir l’esprit de suite.
    Mais la plupart des gens sont capables d’un effort énergique, à la condition qu’il ne dure pas longtemps. Pourtant, il ne suffit pas d’être courageux à certaines heures d’enthousiasme ou d’exaltation et demeurer, le reste du temps, dans l’indifférence passive.
    Le vrai courage n’est que s’il dure, persiste et devient quotidien. Pour l’acquérir il faut de nombreux petits efforts à chaque jour, que l’habitude consolidera. Il est important d’achever toute tâche commencée et de n’entreprendre qu’après l’avoir terminée. Avoir de l’esprit de suite c’est fournir la régularité dans l’effort.
    L’agitation, la dispersion, la superficialité sont le lot des bavards qui discourent sur des choses qu’ils ne connaissent pas et ils s’activent inutilement. On trompe facilement ces personnes avec de belles paroles, des promesses irréalisables. Pour elles, l’adage indien qui prône que l’on « attrape les mouches avec du miel et les hommes avec de belles paroles », s’avère. Elles sont le stéréotype de l’électeur idéal, l’éternel dupe, le « gogo ». Elles sont incapables de voir la réalité en face ; leurs décisions sont hâtives et irréfléchies. Aussi, se heurtent-elles sans cesse à mille difficultés qu’elles auraient pu prévoir et rien ne leur réussit.
    c) Il faut du courage pour être patient.
    Supporter, sans se plaindre, les mille difficultés de la vie, leur faire face paisiblement, s’efforcer de les vaincre dans la bonne humeur et sans troubler la paix de l’entourage.
    La confusion entre la patience et la résignation est catastrophique. La première est une vertu car elle est faite de courage. La seconde est surtout faite de mollesse, de paresse et, parfois, d’amoralisme. Ainsi arrive-t-on à se résigner à tout, même à l’injustice, le mensonge et la honte.
    d) Il faut du courage pour être persévérant.
    Car c’est la manifestation d’une volonté forte, se possédant pleinement et se montrant capable de résister aux obstacles. Il faut du courage pour lutter contre les difficultés et échecs. Il faut du courage pour ne pas se résigner à ce que les êtres veules considèrent comme la fatalité.
    L’homme énergique ne jette pas le manche après la cognée. Pour lui, la vie c’est agir et poursuivre un but sans se décourager. Cette poursuite de la persévérance ne doit pas être confondue avec l’entêtement.
    La ténacité se fonde sur la raison tandis que l’entêtement provient du manque de réflexion. Celui qui affirme : « Je n’ai jamais varié », ne se porte pas un compliment. S’ancrer dans un comportement, alors que tout se modifie car le temps passe, les hommes marchent, c’est faire preuve de cécité psychologique, intellectuelle, de paresse.
    « Car, ici bas, vivre c’est changer et pour être parfait il faut avoir changer souvent » (confer : NEUMANN). Ici-bas, une seule constante existe : le CHANGEMENT.
    Le courage ne saurait être confondu avec une morale stoïcienne, glacée. Il n’est point inscriptible au sein d’un épicurisme facile, non plus. Il pourrait constituer une attitude impersonnelle à l’égard de la vie contemporaine qui est dure et cruelle, dans une perspective ouverte et ouvrante vers la constructivité positive.
    Les énergies positives peuvent se mobiliser, de façon humanitaire, pour constituer un contre pouvoir à l’égard des aspects négatifs de notre civilisation en délire qui sacrifie l’individu à son profit, tel un Moloch tentaculaire.
    Le courage de regarder la réalité en face n’est pas à la portée de tout le monde ; certains n’y résistent pas et se suicident (fuite devant la réalité) ou sombrent dans la schizophrénie (le refus de la réalité).
    L’humanisme cosmique pourrait devenir, demain, l’ultime courage de notre civilisation. Notre Mère, la Terre (GAÏA), nous y invite avant le grand cataclysme.

    LE COURAGE

    Par Edmond FIESCHI
    Note
    Toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur, est illicite (Loi du 11 mars 1957, article 40, 1° alinéa).
    Cette représentation ou reproduction illicite, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du code pénal.
    La loi du 11 mars 1957 n’autorise, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article 41, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à l’utilisation collective d’une part et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration.
    Toutes ces considérations sont résumées par la mention de « copyright ».
    LE COURAGE
    « Le mérite est modeste, la nullité présomptueuse ».
    KOURAL
    I) DE LA FATALITÉ AU COURAGE
    Les professeurs, en matière de réussite, ont la coutume de prôner l’excellence de quelques qualités, essentielles, propres à assurer le succès dans la vie. Bien que non exhaustives, évidemment, elles s’avèrent néanmoins. Ce sont :
    La volonté
    L’audace
    L’ordre et la méthode
    La confiance en soi
    La maîtrise de soi
    L’esprit d’initiative
    L’esprit d’observation
    La réflexion
    L’attention
    La mémoire
    La patience
    Ces qualités sont rarement héréditaires. On les acquiert par la culture intérieure et, pour les amener à leur pleine efficacité, un entraînement spécifique est nécessaire.
    A la base de tout avancement, physique ou moral, l’effort est le facteur « sine qua non ». Or, tout sacrifice implique le courage de se mettre à la tâche et d’y persévérer. La clef de tout progrès, de tout changement positif, reste donc le courage.
    Le courage est le fondement de toutes les vertus mais il convient de définir le sens de ce vocable. Il ne s’agit pas, en l’occurrence, des mouvements impétueux, ébouriffants, fracassants que l’on prête d’ordinaire aux héros. En effet, il y a, dans cette sorte de vaillance, beaucoup d’impulsivité vaniteuse et de m’ »as-tu vu ». Enormément de héros se font tuer stupidement, par bravade et pour épater la galerie, ou bien par orgueil et colère. D’autres se précipitent au massacre par mimétisme et impulsion agressive.
    Ces vaillances là n’en sont pas car elles restent des mouvements violents et instinctifs, des accès passionnés souvent brillants mais sans durée. Elles ne sont pas le fruit d’une victoire sur soi-même.
    La véritable hardiesse requiert :
    La réflexion
    Le calme
    La durée
    au sein de l’action.
    Le véritable courage est, de manière générale, obscur et sans éclat, sans bruit non plus. Il passe souvent inaperçu comme celui de la mère de famille qui travaille dur à l’usine, ou aux champs, pendant la journée, et qui entame une seconde journée de travail au foyer, dès son retour, en préparant les repas, raccommodant le linge, « torchant » les gosses et écoutant, souvent, les doléances de l’époux et ses plaintes. Cette tâche est accomplie avec bonne humeur et une patience inlassable.
    L’héroïsme est donc quotidien ou il n’est pas.
    La majorité des individus qui échouent, dans l’existence, doivent imputer leur insuccès, ou bien leurs échecs, à la paresse. Pour n’avoir pas eu le courage de résister à l’attrait du jeu ou aux sollicitations de la farniente, ils ont tout d’abord gâché leurs années d’étude ou d’apprentissage d’un métier. Puis, faute d’avoir économisé, prévu, ils arrivent sans le sou au terme de leur vie. Pour n’avoir pas pris la résolution de changer quelque chose à leurs comportements habituels, ils se sont chaque jour davantage enlisés dans la médiocrité, la banalité et l’inutilité.
    La lâcheté engendre la paresse « mère de tous les vices ». L’échec sur tous les tableaux, le ratage intégral de l’existence, tout cela est la sanction fatale du manque de courage.
    La hardiesse morale est une vertu proliférante. Elle conditionne ou permet l’exercice et l’épanouissement de toutes les autres potentialités vertueuses. Il faut du cœur pour réfléchir sur soi-même, penser par soi-même, chercher la vérité, prendre la décision d’œuvrer à son propre perfectionnement.
    Il est nécessaire d’avoir de la bravoure pour rester patient et persévérant, calme et paisible, résister aux mouvements de l’orgueil et la vanité, la susceptibilité et la colère, aux entraînements des sens.
    Il est indispensable d’avoir du cran pour se tenir ordonné et économe, travailler vite et bien. Il en faut pour tout ce qui va à l’encontre de nos mauvais instincts et tendances nuisibles, nos mauvais désirs et routines, nos préjugés.
    L’effort est requis dans nos rapports sociaux et face à l’adversité. Il en faut toujours et partout dès que l’on a décidé d’être, simplement, un homme, une femme.
    Il est donc logique d’être courageux.
    « Le chien a quatre pattes mais il ne suit pas quatre pistes à la fois. »
    Proverbe bantou
    II) LE COURAGE AU QUOTIDIEN
    La timidité est normale chez l’enfant et l’adolescent ; chez l’adulte elle est le signe d’une certaine immaturité affective. Dans tous les cas elle correspond à une autodéfense passive, une attitude qui vise à désarmer autrui ; elle reste un refuge.
    Comme toute inhibition de ce genre, elle entrave l’épanouissement de la personnalité. Le remède découle d’un constat : le conflit entre l’imagination et la volonté aboutit à la victoire de la première. Par conséquent, la pensée ne peut rien changer par elle-même, au problème. Il faut conditionner le subconscient par une attitude suggestive, adaptée ; en l’occurrence, il convient de respirer largement et à pleins poumons en bombant le torse, le regard franc posé devant soi, la colonne vertébrale droite.
    Pour chaque défaut à vaincre il suffit, généralement, d’adopter une attitude réactionnelle pour progresser vers la vertu contraire et gagner en courage.
    Alors que les actes d’héroïsme ne sont que des mouvements passionnés, des sursauts passagers qui s’éteignent dès que disparaît l’impulsion motrice, les actes de courage quotidien sont les vraies manifestations de la volonté. La répétition affirme et fortifie la ténacité. L’habitude de l’opiniâtreté constitue la volonté elle-même qui n’existe que si elle s’exerce dans la continuité.
    Le premier grain du courage quotidien doit être semé par une discipline de vie adéquate ; ainsi, il suffit de se lever tous les matins à la même heure et dès la sonnerie du réveil, de se laver aussitôt et minutieusement tout en chantonnant et de partir à son travail tous les jours à la même heure. De même, il convient de se coucher tous les soirs, à la même heure, et de faire chaque chose en son temps.
    Cette organisation a pour but de créer de bonnes habitudes qui deviendront une « seconde nature », un conditionnement libérateur du comportement. Ce sont de petits actes qui n’exigent pas un courage formidable mais entraînent à l’apprentissage de la volonté proprement dite, en incitant à l’autodiscipline, celle de l’EXACTITUDE.
    Certes, d’aucuns pourront s’exclamer que ce genre d’attitude ressemble à la laisse du chien qu’on oblige à devenir esclave ; laisse dont on se libère le week end. Cette considération n’est pas totalement erronée ; mais elle reste relative car nous pouvons rompre avec une habitude si nous en restons conscient et le voulons, la modifier de manière pragmatique et en toute liberté
    Il convient d’ensemencer plus largement, par la suite. Ces petites habitudes, une fois acquises, mènent vers un plus large investissement. Il ne coûte pas plus d’être présent à chaque acte de la vie, en pensant au programme de la journée tous en laçant ses chaussures, par exemple. Il n’est pas plus accablant de se concentrer sur un problème tout en se rendant à son travail, à pied ou en bus.
    Lorsqu’on est à son travail il faut s’appliquer en y apportant toute son attention, son cœur et sa conscience. L’un se plaindra :
    « Je ne puis point m’intéresser à un travail que je n’aime pas ! »
    Soit.
    Mais alors pourquoi l’avoir choisi ? Ou bien, s’il ne vous plaît pas, pourquoi ne pas vous interroger sur les possibilités d’en changer ? Voilà un bon sujet de concentration et de méditation.
    Après le courage au travail vient le courage aux loisirs. Bien des gens accomplissent consciencieusement leur labeur, mais ils n’ont plus celui d’occuper profitablement leurs loisirs. Aussi le repos, tel que le comprennent beaucoup de personnes, n’est pas toujours défatigant. Il n’est pas reposant que de s’enfermer dans l’atmosphère viciée d’un bistroquet et de s’exciter dans d’interminables parties de cartes, ou bien de vaines diatribes sur la politique en faisant et défaisant le monde, sur le zinc. La philosophie du comptoir alimente plus la caisse du bistroquet que le champ des idées en délire. Il n’est pas détendant de se rendre dans les estaminets, dancings et autres lieux d’énervement qui conduisent, tôt ou tard, au vice, à la luxure et à la maladie.
    Le vrai repos s’obtient dans le calme, la détente alternant avec une activité complémentaire. En conséquence, un travailleur manuel s’imposera une activité intellectuelle et artistique (lecture, étude, audition d’œuvres culturelles, et cœtera) ; l’intellectuel inclinera ses loisirs vers des tâches manuelles (culture physique, yoga, bricolage, jardinage, et cœtera)
    La campagne est l’endroit idéal, à cet égard, car elle ouvre son livre de terre aussi bien à l’ouvrier qu’à l’ingénieur, au technicien qu’au poète.
    Les loisirs, que nous laisse le métier, peuvent apporter beaucoup de joies et de profits, si nous avons le courage d’abandonner les distractions absurdes, les passe-temps imbéciles, les amusements nuisibles que, à notre décharge cependant, la publicité tapageuse nous invite et presse d’accomplir au profit de quelques hommes d’affaires, mercantiles.
    Afin de réaliser ces possibilités il suffit d’avoir le courage de changer nos habitudes et, à cette fin, de susciter des impulsions opportunes. Il convient d’avoir le COURAGE DES CHANGEMENTS. Cela n’est pas facile car l’habitude est une seconde nature ; bénéfique ou maléfique selon les cas, il n’est pas facile d’en changer, même si la volonté est puissante. Lorsque l’imaginaire lutte contre la volonté c’est presque toujours le premier qui vainc.
    Un homme menait une vie miséreuse, étriquée et sans joie dans un emploi monotone. Or, on lui proposa une situation au Maroc mais il ne put se résoudre à accepter ce changement, pourtant très avantageux. Comme une personne s’en étonnait, il répondit :
    « Que voulez-vous, il me faudrait quitter mon pays, mon quartier, mes amis, mes habitudes. Je n’ai pas le courage. »
    Pour n’avoir pas eu le courage, petit, d’abandonner quelques habitudes de médiocre saveur, un homme laissa passer la chance de sa vie de termite. Quel désastre !
    Il convient de savoir que le courage est indispensable quand on veut échapper à sa triste condition d’esclave, d’infirme.
    Beaucoup de gens traînent, après eux, des poids morts qui les rivent à des situations médiocres, comme des forçats à des boulets. Voici une histoire probante, à ce sujet :
    « Deux frères, dont le père était mort couvert de dettes, crurent bon d’honorer sa mémoire d’une manière louable, à priori, mais désolante à posteriori. »
    « L’un remboursa les créanciers de son père et signa des reconnaissances de dettes. Obligé de se mouvoir, ainsi, dans les limites étroites d’un budget lourdement amputé, il végéta toute sa vie, ne put pas fonder un foyer et succomba finalement, à la suite d’un procès que lui intentèrent ses créanciers. »
    « L’autre, au contraire, abandonna une succession dont il n’était nullement responsable (ni légalement, ni moralement) et partit à l’étranger, y réussit, revint en France avec une importante fortune et s’offrit, à ce moment, la fantaisie de rembourser les créanciers que son frère n’avait pu régler. »
    « Ce geste le fit couvrir de louanges. Les mêmes qui avaient maudit le frère incapable de les rembourser (bien qu’il y ait sacrifié sa vie), portèrent aux nues celui qui, par un geste facile, leur apportait un argent sur lequel ils ne comptaient plus. »
    En général, ce sont les questions d’ordre sentimental qui constituent les poids morts les plus aliénants ; les sentiments n’ayant rien de commun avec l’AMOUR-CARITAS, évidemment. Ainsi, tel veut conserver la vieille demeure familiale qui tombe en ruine et engloutit, peu à peu, en des réparations inefficaces, toutes ses économies et celles de sa famille, quand ce ne sont pas les revenus conjugaux, en ruinant les enfants, l’épouse et les proches. Tel autre détruit son avenir pour ne pas se séparer d’une mère égoïste ou jalouse, qui l’accapare, en fait sa chose, l’empêche de se marier ou de s’adonner à une activité qui l’éloignerait d’elle.
    Il existe mille autres chaînes qui opèrent à la manière de la laisse pour le chien. Il y a tout l’arsenal des habitudes pernicieuses qui font dépenser son énergie, son temps et son argent, inutilement. Ce sont les rêveries inutiles et stériles, la partie de cartes quotidienne, la « parlotte politique » (verbiage ou logorrhée stérile qui signe la déficience intellectuelle des bovidés) et l’évocation de lieux communs (concepts vidés de toute leur substance), la flânerie sans but, les apéritifs, et cœtera. Il y a, essentiellement, le refus de toute originalité de la pensée et du sentiment.
    Dans notre monde en délire, tout est fait pour qu’une standardisation de la pensée et du sentiment s’établisse, dans la société. Ainsi, les « mass médias » endorment-ils l’une et l’autre, tout en nous pressant de satisfaire notre estomac, de jouer au loto et d’assister aux matches sportifs.
    La maxime chère à César : « Panem et circemses », mise en pratique auprès des peuples reste toujours le moyen parfait de les endormir, de les conditionner, de les manipuler comme des robots et marionnettes, de les faire tourner comme girouettes à tous les vents de doctrine.
    La « pensée du ventre » semble la seule que nous autorise le contexte social, contemporain, car elle rassure les gouvernants. Actuellement nous assistons à l’envahissement des séries télévisées, américaines, qui relèvent d’une morale primaire et dont le but est évident : conditionner et contrôler mentalement les peuples occidentaux. Il est interdit de penser et les émissions d’autrefois, où l’intelligence et l’esprit étaient interpellés, ont disparu. L’avènement de la technocratie a refoulé les philosophes dans l’oubli car ils sont dangereux ; ils « pensent mal » (sic).
    Parallèlement, on assiste au retour en force des religions dont les gouvernements ont redécouvert le rôle moralisateur qu’il leur fallait pour maîtriser le mental de nos contemporains. Le matraquage politique des médias, le mensonge par omission ou délibéré, la suggestion hypnotique à des fins politiques, toutes ces manœuvres ont remplacé la culture universelle qui « fait penser » (sic).
    Pourtant, tout un chacun sait que la morale est multiple. Il y avait la morale capitaliste, puis communiste et soviétique, nazie, totalitaire, et cœtera. Chacune chercha à s’imposer, par la violence physique et intellectuelle, psychologique et psychique. Ce phénomène s’accroît avec le temps et continuera de le faire, de manière exponentielle, dans la perspective d’un gouvernement mondial.
    L’endormissement de la pensée, lié au conditionnement multiforme, est un opium dont il faut se libérer. Cette libération soit s’effectuer par nécessité de survie pour l’espèce humaine car elle débouche sur la notion universelle de RESPONSABILITE, l’accroissement infini de sa dimension.
    Par conséquent, il convient de se libérer des chères routines qui paraissent garantir la paix, la tranquillité, de l’amour du farniente, mais qui empêchent de voir neuf, d’agir de manière nouvelle et enlisent dans la banalité, la médiocrité et le marasme. Les conditionnements peuvent tuer s’ils nous dégradent au rang de robots pour les gouvernements qui nous manipulent par les sentiments et ne font jamais appel à notre raison…, ce qui serait trop dangereux, pour eux !
    Ayons donc le courage de nous libérer des poids morts, de l’endormissement de notre pensée, qui nous paralysent et nous tuent.
    « Les insoumis sont le sel de la terre. S’ils venaient à disparaître, avec quoi salerait-t-on ? »
    André GIDE
    « Faut-il réveiller les esclaves ? »
    André MALRAUX
    III) REVEILLONS-NOUS !
    La PEUR paralyse toutes les potentialités de l’homme ; en général, elle repose sur l’ignorance, voire sur de pseudo certitudes. Il existe plusieurs sortes de peurs, physique et psychique.
    Beaucoup de gens se croient courageux car ils échappent à la peur physiologique, alors qu’ils restent pusillanimes, psychiquement. Ils craignent tout, sont en perpétuelle inquiétude pour eux-mêmes, leur famille, leur situation, leurs biens. Ils s’inquiètent des hommes, événements, choses, créant ainsi un climat d’insécurité, restrictif, pernicieux, attractif des mauvaises influences autour d’eux.
    Les pensées, quand elles sont concentrées suffisamment sur un sujet, créent une ambiance propice à leur réalisation. Ainsi, une loi fondamentale peut être énoncée :
    « Nous n’avons pas ce que nous méritons, souvent, mais nous avons surtout ce qui nous ressemble. »
    En redoutant un événement douloureux nous pouvons le susciter. Les exemples abondent en ce domaine. Celui qui a peur des abeilles ou d’un chien risque fort de se faire piquer par les unes et mordre par l’autre.
    La peur est réalisatrice car elle puise son énergie cinétique dans la puissance du subconscient. Aussi est-elle importante, cette phrase de la Bible :
    « Ne craignez point ! »
    Afin de se guérir de la peur, plusieurs méthodes existent, les unes d’ordre physique et les autres d’ordre psychique. Sur le plan physique, la technique respiratoire, profonde, avec relâchement du plexus solaire, est satisfaisante. Il convient de respirer lentement et à fond, en trois phases :
    - D’abord par le ventre
    - Puis avec la cage thoracique
    - Enfin par la partie pectorale.
    Ce processus s’effectue d’une seule et même coulée. On expire ensuite en vidant les poumons, d’abord par le ventre, puis le bas de la poitrine et le haut de celle-ci, enfin. Il convient de ne pas forcer sur l’inspiration.
    Sur le plan psychique, il convient de cultiver, en se concentrant, les idées de calme, d’optimisme, de courage en admettant la vanité des choses et l’incorruptibilité du SOI. Il est indispensable de semer le grain de la confiance en soi dans le tracassin de la vie. Cet ensemencement fera éclore la robuste plante du vrai courage, celui de chaque jour dans la lutte pour la vie et l’évolution.
    La paresse est le fruit de la peur ; cette assertion peut paraître troublante mais elle s’avère néanmoins. La crainte est le premier pas vers la vertu, aimait à dire la mentalité des années 1930. Erigée en moyen de contrôle mental, par les gouvernants dans tous les pays, la peur repose sur des expédients psychologiques ou des faits réels, exploités ou bien manipulés. On a peur du gendarme, du voisin et de l’opinion à notre sujet, de penser mal, et cœtera. Par conséquent, on est porté à esquiver les petites peines, les ennuis de l’existence en essayant de correspondre, le mieux possible, au mode standard de la pensée et du sentiment ; on devient paresseux par peur. Tout devient plus difficile et le plus petit obstacle se transforme en une montagne ; on trébuche alors que l’homme courageux passe en se jouant. Le moindre ennui devient une catastrophe pour l’individu peureux.
    Le peureux devient paresseux par crainte de la vie et il subit son existence au lieu de la maîtriser.
    La paresse n’est donc que de la PEUR à l’état larvaire. Le paresseux s’abstient d’agir car il redoute l’échec, ou bien la réaction d’autrui, l’effort physique ou mental, le changement de ses habitudes ; il craint les hommes et les événements et a peur de tout. Cette peur inhibe tout épanouissement et toute réussite.
    La paresse n’est pas, à posteriori, un vice. Cependant elle peut en engendrer par autodestruction. La peur de vivre peut entraîner la schizophrénie ou bien le suicide, la marginalisation et la délinquance.
    Il convient donc de réaliser que tout être vivant a le droit imprescriptible de : VIVRE, RESPIRER, AIMER, TRAVAILLER, SE REPOSER, et cœtera.
    Personne n’est le paria de personne, ni son esclave, ni son despote.
    Il convient donc d’apprendre à réfléchir à l’avance sur ce qu’il convient de faire, d’examiner avec calme et bon sens la manière adéquate de résoudre un problème. Les mille péripéties de la vie offrent quotidiennement de petits problèmes dont il faut trouver la solution la plus rapide, la plus simple et la plus avantageuse. On résout ces petites questions en y mettant un peu d’attention et, ainsi, on habitue le cerveau à fonctionner vite et correctement lorsque survient une difficulté plus importante. Quand se trouve une tâche qui répugne, il importe de faire l’effort de l’accomplir en se répétant que la peine subséquente se traduira par un acquis psychique aux avantages irréfutables.
    La difficulté la plus dure est de se mettre au travail ; il faut la surmonter en démarrant aussitôt, par un mouvement prompt et enthousiaste. L’essentiel n’étant pas de réussir mais d’entreprendre. Comment déclencher ce départ, alors qu’il s’agit d’un labeur pour lequel on n’a aucune attirance ?
    Le remède est plus facile qu’on ne le croit. Il convient, tout d’abord, de faire l’analyse des phases d’exécution du travail, dresser l’inventaire détaillé des actes divers, relatifs à la tâche. Certains, de ceux-ci, s’avèreront aisés et agréables. Ce sont eux qui faciliteront le démarrage.
    Diriger, gouverner, c’est prévoir énonce un axiome. Lorsque l’on étudie un budget, il convient de penser au coût de fonctionnement, aux charges y afférentes. En effet, beaucoup de gens commettent l’erreur de ne pas voir plus loin que la réalisation à atteindre et oublient les conséquences. Ainsi, dès que l’on achète un ordinateur et son imprimante, viennent se greffer de multiples fardeaux comme la révision, l’entretien, les fournitures et logiciels, les virus et antivirus, la dépréciation et la vétusté, voire l’obsolescence, au bout de quelques mois seulement. Peut-être convenait-il de louer un appareil plutôt que de l’acheter, pour des raisons évidentes ? A moins que l’on ait décidé de le garder toute la vie.
    Souvent, les frais d’entretien et de fonctionnement sont plus onéreux que l’investissement originel. D’où la difficulté d’être, pour certaines personnes, le concepteur et le comptable ; pourtant, c’est une condition indispensable. Beaucoup d’affaires périclitent, voire tombent en faillite, à cause de la carence de leurs dirigeants et de leur incapacité à gérer un budget de manière lucide et objective. De nos jours, pour cent créateurs d’entreprise, cinquante abandonnent au bout de six mois ; au bout d’une année, il n’en reste que vingt cinq. Dix d’entre eux pourront durer et prospérer. L’exemple suivant est probant, parmi tant d’autres encore.
    « Un jour quelque écervelé, aux dents longues et à la parole facile, décida d’ouvrir un débit de boisson. A l’entendre, il allait gagner des mille et des cents ; la bière était vendue dix fois son prix et le reste à l’avenant. Sa compagne, dont le cerveau devait servir à prendre des rhumes (de cerveau évidemment) plutôt qu’à réfléchir posément, se réjouissait déjà d’entendre le bruit ineffable du tiroir-caisse. Or, à peine le commerce ouvert, voilà que nos fanfarons s’empressèrent de puiser dans le tiroir-caisse, oubliant que, chaque jour, les frais fixes devaient, d’abord, être couverts par les recettes éventuelles. Au bout d’un mois les difficultés commencèrent ; ils remplacèrent l’eau d’Evian par celle du robinet, trichèrent de ci, de là, et furent contrôlés par un Inspecteur des fraudes. Puis il y eut dépôt de bilan. Depuis lors, ces doux imbéciles vitupèrent contre le gouvernement, les impôts, l’injustice du sort. »
    En ce contexte, il convient de remarquer que si toute réalisation, même partielle, porte en elle-même un encouragement, une incitation à continuer, à mieux faire et agir vers l’achèvement, elle reste néanmoins une suggestion dont il convient de se garder. Le risque de tomber dans l’excès et la folie des grandeurs, s’avère. Cependant, comme le prélude du musicien, l’ébauche du peintre, le rôle de tout accomplissement, si médiocre soit-il, est d’exercer un pouvoir suggestif sur son auteur (confer : Charles BAUDOIN). Il convient donc d’en tenir compte avec esprit critique.
    Toutes les tâches ne se prêtent pas à la compartimentation, à la modulation par ordre de facilité ou de moindre répugnance ; mais la plupart permettent cette dissection. En y procédant, on exerce son esprit d’analyse. En opérant le classement des parties de l’ouvrage concourant à l’exécution complète, on apprend à travailler avec ordre et méthode. Cette attitude améliore le résultat final et permet de gagner du temps.
    Une autre forme de paresse consiste dans la répugnance à penser par soi-même. Elle correspond à la crainte de penser mal, de passer pour un imbécile, de commettre le délit d’opinion qui existe depuis l’origine des civilisations. Les opposants risquent leur vie à tout moment, même de nos jours. Ainsi, les Russes blancs furent décimés par des agents secrets, soviétiques, à l’étranger et à l’aide de seringues hypodermiques contenant du cyanure de potassium (le célèbre parapluie bulgare, notamment). Aussi la réserve s’impose-t-elle. Toutefois, il est possible de penser par soi-même quand les idées ne constituent pas de danger pour soi-même, ni les autres. Certes, cette notion est relative ; il suffit de penser pour soi-même et non pas pour les autres, en toute tolérance universelle. Cette liberté de penser est encore possible, de nos jours. Pour combien de temps ? C’est une autre question.
    Aucun avancement mental, véritable, n’est permis si on ne s’exerce pas à penser par soi-même. On peut emmagasiner une masse considérable de connaissances et ne rester, en définitive, qu’un INTELLECTUEL stérile et verbeux. Des gens très instruits, militants syndicaux et politiques, animateurs éducateurs, habiles à manipuler les personnes et formés à cet effet (pour la bonne cause, évidemment…!) n’en sont pas moins des aliborons et leurs diplômes en sont, parfois, une attestation symbolique qui mérite bien, en langage familier, le nom de « peaux d’ânes ». L’esprit populaire a des formules parfois géniales.
    Il vaut mieux avoir compris qu’appris ! La détention de diplômes universitaires ne signifie ni une référence ni une tare. Cela signe, plus simplement, que l’on a un acquis intellectuel et que, peut-être, on est intelligent… Ce qui est déjà beaucoup.
    Il faut réaliser que l’esclavage, dans lequel se vautrent les peuples, n’est que la conséquence de

  9. le 4 août, 2011 à 7:41 Edmond FIESCHI écrit:

    De nos jours les anciennes traditions se perdent et, avec elles, un certain Savoir occulte qui, pour avoir été réprimées, sanctionnées et éradiquées de notre Culture par les grandes Églises chrétiennes, dont les Inquisitions, avait perduré quelque peu jusqu’après guerre. Depuis lors, elles ont pratiquement disparu et les Anciens, méprisés par les jeunes gens, de nos jours, s’enferment dans le silence. En ce contexte il est nécessaire, voire indispensable, de publier quelques pans de cette Tradition qui emprunte aux anciens folklores celtiques, druidiques ; afin qu’elle ne soit pas totalement perdue… Car, un Ancien qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle. Aux Jeunes générations d’Hommes de comprendre cette évidence… Respectez donc les Anciens si vous souhaitez leur Savoir ! Ce sera un signe d’intelligence, faute de savoir les aimer en les respectant.

    Autrefois les Sorcières ou sorciers (vocable désignant des personnes herboristes et guérisseuses) connaissaient l’utilité de certains animaux à sang froid, dont le crapaud, pour agir en attaque ou défense, notamment contre l’hypnose collective. Personnellement, j’avais eu connaissance de ce « secret » par des Gitans dont quelques-uns pratiquaient l’hypnose théâtrale pour gagner leur vie, il y a plus de 60 ans déjà. Lors d’une représentation en milieu rural, un Hypnotiseur gitan observa l’inefficacité de sa pratique et comprit, aussitôt, son origine ; il invita donc une personne, dans la salle, à se débarrasser de l’animal à sang froid qu’il possédait, arguant que, lui, avait besoin de gagner sa vie ; la présence de la bête l’empêchait de travailler. Aussitôt un paysan, amusé mais compatissant, s’en alla en emportant son crapaud qu’il protégeait dans une caisse. Évidemment il connaissait la parade, contre l’hypnose, et voulait mettre le Gitan dans l’embarras. Quel est donc le rôle du crapaud à cet égard ?

    La suite sera donnée dans une semaine et, d’ici là, réfléchissez tous à ce problème. A bientôt !…

  10. le 8 août, 2011 à 15:06 IAO écrit:

    Très Estimé Frère,

    Belle initiative aussi il semblerait qu’il soit nécessaire de trouver un autre hébergeur, je me permets donc de suggérer « Blogspot », qui nécessite toutefois d’avoir une adresse de type gmail.com.

    https://www.google.com/accounts/ServiceLogin?service=blogger&passive=1209600&continue=http://www.blogger.com/home&followup=http://www.blogger.com/home&ltmpl=start#s01

    Egalement, il est souhaitable qu’il y ait une page dédiée à l’accueil des suggestions et questions diverses de vos lecteurs, vous pourrez répondre sur la messagerie privée des intéressés lorsque vous recevrez des messages devant demeurer personnels.

    Fraternelles salutations.

    IAO

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