Archive pour février, 2009

TEMPLIERS EN PROVENCE ORIENTALE

TEMPLIERS EN PROVENCE ORIENTALE

LES TEMPLIERS EN PAYS d'AZUR

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« Les Templiers en Pays d’Azur »Trésors, Secrets, Sites,

de l’Ordre du Temple en Provence orientale (Alpes Maritimes)

par EDMOND ROSSI

Reconnu comme le département de France le plus pourvu en possessions templières, les Alpes Maritimes conservent encore de multiples et intéressantes traces de la présence au Moyen-Age de ces fiers chevaliers.

Quel fut le rôle des Templiers, très tôt installés dans cette région entre mer et montagne ?

Que connaît-on des chroniques oubliées et des règles secrètes de l’Ordre du Temple ?

Par ailleurs, quel crédit accorder aux légendes relatives à leurs trésors cachés ?

Enfin, quels monuments et vestiges portent encore l’empreinte des chevaliers « de la croix et des roses » ?

Les Templiers inspirent d’abord l’image glorieuse de moines soldats se jetant la lance ou l’épée au poing, pour défendre ardemment les lieux saints, à l’époque des croisades.

Par la suite, ce tableau avantageux se nuance, avec l’évocation de leurs richesses, pour s’obscurcir enfin dans l’épaisseur du mystère, avant de n’être plus éclairé que par les sinistres lueurs des bûchers où s’achève l’épopée des frères du Temple, accusés d’hérésie.

Auteur de divers ouvrages traitant de l‘Histoire des Alpes Maritimes, Edmond Rossi, niçois passionné par le passé et la mémoire d’une région qu’il connaît bien, nous entraîne dans une attentive et fascinante découverte des annales et des sites toujours hantés par l’ombre des chevaliers au blanc manteau à la croix rouge.

«Les Templiers en Pays d’Azur » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 18 € : téléphoner au 04 93 24 86 55

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 27 février, 2009 |Pas de commentaires »

Prière Italienne des Templiers

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Preghiera del Templare

Signore, tu che ci chiami in battaglia

Guida la nostra mano

Comanda la nostra parola

Ristora il nostro corpo

Allevia le nostre sofferenze

Purifica il nostro spirito

Che la fede non ci venga a mancare

Che la nostra volontà non ceda

Nel duro cammino del pellegrino

per giungere immacolati al cospetto del Giusto.

Ovunque tu ci chiamerai

A difesa del tuo popolo

Dacci la forza di affrontare il nemico a testa alta

Di non vacillare di fronte alla sua rabbia

Di restare saldi in sella al nostro cavallo

Poiché noi Cavalieri Templari crediamo in Te o Signore

Non più paura

Non più dolore

Perché la luce della tua potenza risplendi sui bianchi mantelli

La Tua Saggezza regni sul mondo

La tua Forza annienti il male

La tua Parola salvi gli empi

Fa sì o Signore,

che il nostro cuore sia puro e umile nel silenzio e nella preghiera

Affinché si realizzi la grande opera

e sia fatta la tua gloria.

Amen.

nnDnn

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 22 février, 2009 |1 Commentaire »

Groupe International d’Etudes Templières

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Groupe International d’Etudes Templières

« Le Groupe International d’Etudes Templières veut être un foyer d’initiatives ordonnées mais extrêmement diverses en vue de retrouver toutes les traces encore existantes de l’activité des Templiers et de participer aux sauvetages des monuments qui le méritent.

Le G.I.E.T, n’a aucun but religieux. Il ne vise ni à critiquer ni à réhabiliter les Templiers. II ne prétend pas non plus rechercher ou financer la recherche de trésors. Il n’a aucune visée ésotérique. Ses principes de travail ont été définis clairement dans les bulletins 1, 2 et 3 dont une réédition est à la disposition des personnes intéressées. »

Ainsi se définissait, lors de sa création en 1971, l’association dont les membres regroupés autour de sont président-fondateur Jean Schelstraete – engagé à sauver la Commanderie de Coulommiers depuis 1966(3) – mirent en place différentes actions (expositions, conférences, etc..) afin de soutenir l’action entreprise par son président.

Peu de temps après, avec l’adhésion de nombreux membres – tels Melle Marion Melville et Laurent Dailliez – il fut décidé d’ajouter au G.E.T l’adjectif « International » qui devint le G.I.E.T, tel qu’il est aujourd’hui. Les années passant, le but du G.I.E.T fut alors de rassembler toutes les informations connues sur l’Ordre du Temple, de recenser ses implantations existantes ou les vestiges qu’il en reste sans négliger les légendes.

Les buts de l’association n’ont pas changé aujourd’hui et ses membres poursuivent toujours leurs recherches dans les archives et sur le « terrain » tant en France qu’à l’étranger. Dans ce cadre, nous publions des documents d’études et un bulletin qui rend compte de notre activité, sans oublier d’attirer l’attention des pouvoirs publics et des autorités compétentes sur les vestiges qu’il serait nécessaire de protéger.

En 2005, le G.I.E.T, – par l’intermédiaire de ses membres et des documents qu’il a réalisés – est une association active, composée de membres anciens ou récents, toujours enthousiastes. Tous participent à la collecte d’informations ou d’images dans le même objectif des statuts de la première heure.

Nous nous efforçons de regrouper toutes les informations sur un site Internet, accessibles à tous.

Les bulletins sont toujours élaborés par des bénévoles et envoyés à tous les membres au moins une fois par an.

Ainsi, toute personne intéressée par l’histoire de l’Ordre du Temple, dont la fin tragique bouleversa son époque, peut trouver au travers des différents travaux réalisés par le G.I.E.T un complément d’information à ses interrogations.

Association loi 1901 – déclarée à la préfecture de la Creuse N* 0232005665.

Capacité juridique en date 22 avril 1971

Siège-social :
Commanderie du Vivier – Tercillat – 23350

Téléphone : 06-33-71-20-84

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 16 février, 2009 |5 Commentaires »

L’île de Chypre et les Templiers

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Le culte de la tête au Moyen Orient

 En 1191, l’Ordre du Temple avait acquis de Richard Cœur de Lion l’île de Chypre. Ne pouvant cependant se permettre le luxe d’entretenir une île privée, l’Ordre fut obligé de la revendre, et c’est ainsi que, l’année successive, l’île devint la propriété du roi de Jérusalem Gui de Lusignan.

Les dix-sept Lusignan qui résidèrent, entre 1192 et 1489, dans l’île d’Aphrodite, et notamment à Nicosie, laissèrent derrière eux un trésor de culture française ; ils y instaurèrent une société de type féodale, et créèrent à Nicosie une cour prenant pour modèle celles de l’Occident. C’est ainsi que, pendant trois siècles, Chypre fut un avant-poste de la culture européenne, se peupla d’européens, et surtout de français, qui introduisirent, en architecture, le style gothique ; en musique, « l’ars nova » et plus tard l »’ars subtilior ». L’Église catholique romaine et l’Église grecque orthodoxe locale mélangeaient leurs rites, et dans les églises, on chantait aussi bien en latin qu’en grec.

L’Ordre du Temple garda toujours, néanmoins, des places fortes à Chypre ; et il est curieux, « que personne n’ait songé à rapprocher le nom de Baphomet de Bapho, le port de Chypre [...]. D’autant que, dans l’antiquité, Bapho (ou Baffo) avait un temple fameux consacré à Astarté, qui était à la fois Vénus et la Lune, vierge et mère, et on l’adorait sous la forme d’une pierre noire » (A. Ollivier in Les Templiers, Paris – 1958.

Macrobe écrit que dans l’île de Chypre, Aphrodite a une statue qui la représente portant la barbe (ou le corps velu), un phallus et des parties viriles, mais aussi des vêtements féminins, et qu’on pense qu’elle soit en même temps mâle et femelle. Aristophane l’appelle Aphroditos. Levius dit Vénus le fécond, qui est mâle et femelle comme la féconde Noctiluque (Celle qui éclaire la Lune la nuit). Philochorus également, dans son « Atthis », dit qu’elle se confond avec la Lune, et que, pour lui offrir des sacrifices, les hommes s’habillent en femmes, et les femmes en hommes, puisqu’elle est considérée en même temps mâle et femelle.

 

 

Dans la Monographie du coffret de Monsieur le Duc de Blacas, en parlant de l’image principal du coffret d’Essarois, et en l’identifiant à un éon androgyne, Prosper Mignard fera justement allusion à « la Vénus barbue de Chypre réunissait les deux sexes [...] regardée comme une divinité lunaire ». Dans son ouvrage sur l’Ordre des Templiers, en considérant les statues conservées au musée impérial de Vienne et étudiés par Hammer-Purgstall, John Charpentier écrit qu’ « on se trouve en présence de représentations d’éons, selon toute vraisemblance, c’est-à-dire d’émanations divines, intermédiaires entre le Créateur et la créature, selon la pneumatologie de la Gnose, et d’origine ophite probablement, ce qui donne raison à Hammer-Purgstall. [...] »

N’oublions pas que l’un des chevaliers interrogés, Guillaume de Giac, du diocèse de Besançon, dit que c’est « dans l’île de Chypre, et dans la ville de Limesson », qu’il avait vu la tête qui était l’objet d’un culte secret des Chevaliers. Frère Gaucher vit la même tête deux fois à Paris.

« L’horrible et merveilleuse histoire de la tête parlante est racontée dans les fragments [trouvés par M. Dozy] avec détails. Le patriarche jacobite Dionysius 1er raconte qu’en 765, un homme destiné à être immolé, averti du danger qui le menaçait par la vue de la tête sanglante de son prédécesseur, réussit à s’enfuir et accusa les prêtres harraniens auprès du préfet de la Mésopotamie, Abbas, frère du calife al-Mançour, qui les punit sévèrement. Mamoun dit, en 830, aux députés harraniens : « Vous êtes sans doute ces gens de la tête (parlante) à qui mon père Rachid à eu affaire ». D’après le morceau de la Ghâya, c’est à l’époque du calife al-Moctadir qu’en entrant inopinément dans le temple on aurait découvert la tête, qu’on aurait alors ensevelie. Avons-nous là trois récits différents d’un seul événement, ou bien s’agit-il de trois faits distincts ?

On a émis aussi l’hypothèse « que les têtes découvertes dans le temple par les fonctionnaires musulmans ne fussent pas des véritables têtes humaines, mais des imitations auxquelles on faisait pousser des sons, voire même prononcer des mots, au moyen de certains méchanismes dont parle Masoudî,c’est ce que M. Chwolson a rendu assez probable et on trouvera la chose plus vraisemblable encore si l’on sait que l’expression de la « préparation de la tête » était devenu déjà chez les anciens alchymistes un terme technique ».

Au sujet de la préparation de la tête, « quand le soleil entre dans le signe du Lion, ils (les Sabéens) font venir de Chypre un garçon blond » qu’ils conduisent au temple dit la maison du serpent, le placent dans le puits creusé contenu dans ce temple, le trempent dans l’huile de sésame, lui font manger des feuilles de roses rouges séchées dans une espèce de soupe faite de sept ingrédients : moutarde, lentilles, pois chiches, riz, pois mungo, lupins et blé. Au 28 jour du mois (mai) on le fait éternuer au moyen d’une poudre qu’on lui donne après l’avoir rendu aveugle, on le mène à un chemin qui n’est guère fréquenté, on sépare sa tête de son corps, que l’on enterre, puis on porte sa tête au temple de Câdî (situé près d’une porte de Harran) où on la place sur une colonne, et alors elle pousse un grand hurlement.Là-dessus ils pronostiquent que le nombre des Sabéens augmentera ou diminuera, et qu’ils seront heureux ou malheureux. » (Mémoire posthume de M. Dozy contenant de nouveaux docuemnts pour létude de la religion des Harraniens)

« La cérémonie de la tête humaine est pratiquée par une des nations qui ont le culte des astres. Ils placent cette tête vis-à-vis du garçon qui subit l’épreuve. Pour obtenir la tête il s’emparent d’un garçon blond aux yeux d’un bleu très foncé et mêlé de rouge, aux sourcils réunis, à chevelure abondante… il y a des variantes à cette histoire. La tête est placée dans une niche sur un monceau de cendres d’olives criblées auxquelles on a mêlé une petite quantité de cendres produites par la crémations des corps. Ils garnissent le tout de coton épluché. Ils brûlent de l’encens près de la tête, et celle-ci leur fait des révélations sur la cherté des vivres ou le bon marché, sur les changements de dynasties et sur les événements futurs. Son œil ne cesse pas de voir, quoiqu’il n’ait plus la faculté de cligner. S’ils ont négligé quelques cérémonies du cultes des astres, le tête réclame la réparation. … Au temps du calife al-Moctadir, le magistrat eut avis de leurs manèges ; on entra dans le temple, chassa les prêtres et trouva la tête, qu’on enterra. »

On peut aussi se reporter à ce que Fulcanelli écrit à son sujet :

« Cette image, sur laquelle on ne possède que de vagues indications ou de simples hypothèses, ne fut jamais une idole, comme certains l’ont cru, mais seulement un emblème complet des traditions semtes de l’Ordre, employé surtout au-dehors, comme paradigme ésotérique, sceau de chevalerie et signe de reconnaissance. On le reproduisait sur les bijoux, aussi bien qu’au fronton des commanderies et au tympan de leurs chapelles. Il se composait d’un triangle isocèle à sommet dirigé en bas, hiéroglyphe de l’eau, premier élément créé, selon Thalès de Milet, qui soutenait que « Dieu est cet Esprit qui a formé toutes choses de l’eau ». Un second triangle semblable, inversé par rapport au premier, mais plus petit, s’inscrivait au centre et semblait occuper l’espace réservé au nez dans la face humaine. Il symbolisait le feu, et, plus précisément, le feu enclos dans l’eau, ou l’étincelle divine, l’âme incarnée, la vie infuse dans la matière. Sur la base inversée du grand triangle d’eau s’appuyait un signe graphique semblable à la lettre H des Latins, ou à « l’eta » des Grecs, avec plus de largeur cependant, et dont la barre centrale se coupait d’un cercle médian. Ce signe en stéganographie hermétique, indique l’Esprit universel, l’Esprit créateur, Dieu. À l’intérieur du grand triangle, peu au-dessus et de chaque côté du triangle de feu, on voyait à gauche le cercle lunaire à croissant inscrit, et à droite le cercle solaire à centre apparent. Ces petits cercles se trouvaient disposés à la manière des yeux. Enfin, soudée à la base du petit triangle interne, la croix posée sur le globe réalisait ainsi le double hiéroglyphe du soufre, principe actif, associé au mercure, principe passif et solvant de tous les métaux. Souvent, un segment plus ou moins long, situé à la pointe du triangle, se creusait de lignes à tendance verticale où le profane reconnaissait, non point l’expression du rayonnement lumineux, mais une sorte de barbiche. Ainsi présenté, le baphomet affectait une forme animale grossière, imprécise, d’identification malaisée. C’est ce qui expliquerait sans doute la diversité des descriptions qu’on en a faites, et dans lesquelles on voit le baphomet comme une tête de mort auréolée, ou un bucrâne, parfois une tête d’hapi égyptien de bouc, et mieux encore, la face horrifiante de Satan en personne » Fulcanelli, Les Demeures Philosophales, Tome I, P. 287-289.

Fulcaneli lui-même cite un fragment d’une étude que Pierre Dujos consacre aux chevaliers du temple dans sa « Bibliographie générale des sciences occultes » et qui dit : « Les frères du Temple – on ne saurait plus soutenir la négative – furent vraiment affiliés au Manichéisme. Du reste, la thèse du baron de Hammer est conforme à cette opinion. Pour lui, les sectateurs de Mardeck, les Ismaéliens, les Albigeois, les Templiers, les illuminés, etc…, sont tributaires d’une même tradition secrète émanée de cette Maison de la Sagesse (Dar-el-hickmet), fondée au Caire vers le XIe siècle. »

Enfin Pierre Dujols admet la variante de von Hammer : « Baphe Meteos, qu’on pourrait traduire par baptême de Mété. On a constaté, justement, un rite de ce nom chez les Ophites. En effet, Mété était une divinité androgyne figurant la Nature naturante. Proclus dit textuellement que Métis, nommé Natura germinans, était le dieu hermaphrodite des adorateurs du Serpent. On sait aussi que les Hellènes désignaient, par le mot Métis, la Prudenœ vénérée comme épouse de Jupiter. En somme, – il conclut – de cette discussion philologique que le Baphomet était l’expression païenne de Pan. Or, comme les Templiers, les Ophites avaient deux baptêmes : l’un, celui de l’eau, ou exotérique ; l’autre, ésotérique, celui de l’esprit ou du feu. Ce dernier s’appelait le baptême de Mété.[...] Cette purification,se trouve indiquée sur une des idoles gnostiques découvertes par M. de Hammeér, et dont il a donné le dessin reproduit ici. Elle tient dans son giron, – remarquez bien le geste : un bassin plein de feu. C’est de cette allégorie que le fameux mythe du Graal tire son origîne.

 

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 6 février, 2009 |2 Commentaires »

1129 : les Templiers au Concile de Troyes

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1129 : les templiers au concile de Troyes
Une miniature du XIIIe siècle qui représente Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer recevant, du roi Baudoin de Jérusalem, l’ancien temple de Salomon Les templiers sont créés en Palestine, vers 1120, par deux chevaliers, Hugues, le seigneur de Payns, et son ami Geoffroy de Saint-Omer. Ceux qui se nomment d’abord les « pauvres chevaliers du Christ » se vouaient à la sauvegarde de Jérusalem, conquise par les Chrétiens depuis 1099, et à la protection des pélerins occidentaux qui affluaient, proies faciles pour les brigands. Baudouin, le roi de Jérusalem, leur offrit pour quartier général l’ancien temple de Salomon, ce qui leur valut leur nom de templier.
Ils font preuve, dès l’origine, d’une spécificité inédite dans le monde occidental : ils respectent, comme les moines, des vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, mais, comme les chevaliers, ils portent l’épée et s’en servent. Au fil des ans, ils se sont dotés d’une règle de vie.

La petite troupe, dont on ignore l’effectif, si elle est efficace, reste informelle. Pour se développer, ces moines-soldats ont besoin d’une reconnaissance officielle, de nouvelles recrues et de moyens financiers. Hugues de Payns et plusieurs de ses compagnons reviennent d’Orient, en 1127, dans cet objectif. L’officialisation dont les templiers ont besoin est organisée à Troyes, en janvier 1129 (ou 1128, lire ci-dessous).

Pourquoi Troyes ? Vraisemblablement parce que c’est le cœur du diocèse d’origine de Hugues de Payns et qu’il y possède de solides appuis, à commencer par le comte de Champagne. Thibaud II règne depuis 1125, date de l’abdication en sa faveur de son oncle Hugues 1er, parti rejoindre, en Orient, les templiers. Ensuite, Troyes est une localisation pratique pour celui qui fut, au sens propre comme au sens figuré, la sommité du concile : Bernard de Clairvaux, qui avait créé, depuis 1115, son abbaye sur les terres du comte de Champagne.
Pour autant, l’officialisation d’une règle de vie des templiers ne fut pas l’occasion d’une solennité exceptionnelle ; le concile convoqué en janvier 1129 est un concile de base : ni concile universel, ni concile général, mais concile régional. La ville de Troyes en avait précédemment connu quatre identiques, en 429, 867, 875 et 1104. Le plus important datait de 1107, présidé par le pape Pascal II. En 1129, le pape Honorius II a délégué comme président son légat, Mathieu d’Albano, plus connu en Champagne sous son nom civil de Mathieu du Rémois.
À l’ouverture de la réunion – qui dura une petite semaine -, sous les voûtes encore romanes de la cathédrale de Troyes, il est entouré de tous les prélats de la région : les archevêques de Reims et Sens, les évêques de Chartres, Soissons, Paris, Orléans, Châlons, Laon, Beauvais, et bien sûr de Hatton, l’évêque de Troyes. Sont également présents Étienne Harding, l’abbé de Cîteaux, l’abbé de Pontigny, ceux de Trois-Fontaines, Saint-Remi de Reims, Saint-Étienne de Dijon, Molesme et Clairvaux, le comte Thibaud et le comte de Nevers. Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer sont là, bien sûr, accompagnés de quatre ou cinq de leurs
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frères templiers.
C’est Jean de Saint-Michel qui fut chargé du compte rendu. Comme il l’explique dans le prologue, à Troyes, la règle du Temple n’est pas née de rien. Hugues de Payns a présenté celle qui était suivie à Jérusalem. Il y eut discussions, approbations, amendements et modifications, pour aboutir en définitive à une règle de soixante-douze articles rédigés en latin : un cadre, principalement moral, brossé à larges traits et qui explicite, au quotidien, la vie communautaire.
Peu de différences avec la règle d’un ordre religieux, à ceci près qu’il est nécessaire de ménager la force de ces soldats. L’article 1er de la règle souligne que leur mission première est le courage. Pas question de leur imposer une trop lourde ascèse : les templiers ont droit au vin et à la viande.

Progressivement, la règle sera précisée, pour mieux s’adapter à l’expansion de l’ordre du Temple et aux différents problèmes rencontrés dans l’organisation quotidienne. En 1260, par exemple, la règle ne compte plus soixante-douze mais six cent soixante-dix-huit articles. Quelques évolutions sont substantielles, comme le rattachement direct au pape (1139) et la levée de l’interdiction d’intégrer des chevaliers excommuniés. Mais si les articles se sont multipliés, l’esprit est resté fidèle à celui qu’ont impulsé les pères du concile de Troyes. La règle primitive de 1129 est demeurée fondatrice de tous les ordres religieux et militaires, qu’il s’agisse des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem ou, en Espagne, des ordres d’Alcantara ou de Calatrava.

Le concile eut des répercussions immédiates, déclenchant le succès spectaculaire que rencontrèrent Hugues de Payns et ses compagnons dans ce qu’on appellerait aujourd’hui leur grande « campagne de communication » : une vaste tournée en Europe pour susciter les vocations et les donations.
Avant même l’ouverture du concile, dès l’arrivée de Hugues de Payns, le comte de Champagne avait donné l’exemple. Il avait fait don aux pauvres chevaliers du Christ d’une exploitation agricole qu’il possédait près de Sézanne, à Barbonne (aujourd’hui Barbonne-Fayel). Une autre donation a été effectuée à Troyes, pendant le concile ou juste après. Le dénommé Raoul le Gros, dit Crassus, fait don, avec l’assentiment de son épouse, d’une ferme aux portes de Troyes, dans le quartier de Preize. La charte est signée en présence de Hugues de Payns et des templiers qui l’accompagnaient.
Là, comme bientôt dans de nombreux pays d’Occident, autour des donations de terres et de maisons, vont s’organiser les premiers lieux de vie qui deviendront les commanderies templières : petits monastères organisés autour de leur chapelle, les bases logistiques des troupes d’Orient. L’élan était donné.
Valérie ALANIÈCE

Source : « Le concile de Troyes ou la naissance de l’ordre du Temple », par F. Gilet et V. Alanièce, Mémoire de Champagne, T. 1, éd. Guéniot, 2000
Le 13 janvier 1129, la cathédrale de Troyes accueille un concile dont l’objectif est de définir la règle de vie des templiers

Les voûtes de l’actuelle cathédrale de Troyes n’ont pas abrité le concile. En 1128, c’était l’époque de la cathédrale romane, qui était du reste en travaux et fut détruite par un incendie en 1188

http://www.lest-eclair.fr/index.php/cms/13/article/245265/1129___les_templiers_au_concile_de_Troyes

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 1 février, 2009 |1 Commentaire »

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