Archive pour janvier, 2009

TROIS SIECLES DE CHEVALERIE AU ROYAUME DU CONGO (1500-1800)

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TROIS SIECLES DE CHEVALERIE AU ROYAUME DU CONGO (1500-1800)

Humour imaginatif ou fiction historique, se demandera peut-être, au vu du titre, le lecteur prévenu mais non averti – tant il est vrai que la plupart de nos manuels oublient des faits essentiels dans l’histoire, comme l’existence au coeur de l’Afrique d’un vaste royaume chrétien indépendant. Bien peu savent en effet que le propre fils du roi du Congo fut ordonné évêque en 1521, qu’en 1608 le royaume du Congo eut son ambassadeur à Rome, qu’un catéchisme bilingue (portugais-kikongo) fut édité en 1624. Parlons donc de ce royaume, pour mieux y situer l’influence chevaleresque, moins faible et dénaturée qu’il y paraît.

L’histoire du Congo interfère avec celle de l’Europe à partir de 1482, lorsque le Portugais Diogo Câo explore l’embouchure du grand fleuve. De 1485 à 1487, des prêtres tertiaires de Saint François profitent des contacts pris avec le roi pour demeurer à sa cour. Le terrain ayant été ainsi préparé, une première caravane missionnaire débarque en 1491. (Notons que le terme  » caravane  » est employé ici dans un sens proche de celui des courses maritimes qui avaient succédé, chez les Chevaliers de Saint Jean, à leurs expéditions terrestres.). Le comte de Soyo, la province maritime du royaume, est baptisé le 3 avril. Le roi Nzinga Nkuwu l’est un mois plus tard, dans sa province de Mbanza (à 150 km à l’intérieur des terres : 300 km à pieds, en 17 jours, aujourd’hui au Nord-Est de l’Angola, à quelques kilomètres de la frontière du Congo-Kinshasa). Il prend le nom de Joâo Ier (Jean II régnait alors sur le Portugal).

Son fils Mbemba Nzinga est baptisé avec sa mère le 4 juin. Sous le nom de Dom Afonso Ier, il succède à son père en 1506, non sans des difficultés causées par le parti païen traditionnel, dirigé par son frère cadet. On retrouve en lui bien des traits qui firent des saints de rois européens tels que Louis de France ou Etienne de Hongrie : même souci de l’évangélisation et du salut de son peuple, même application pour la construction d’églises, même sens du pardon des ennemis après la victoire du bon droit, même zèle pour la justice et la paix. Il s’oppose au trafic d’esclaves, sollicite l’envoi de médecins, pharmacien, conseiller juridique. Les écoles se multiplient, pour les filles comme pour les garçons. La capitale sera appelée Congo di Ngunga (Congo de la Cloche – à cause du campanile de la première église) puis prendra le nom de San Salvador, la cathédrale construite de 1517 à 1526 ayant ce vocable. A sa mort en 1543, l’oeuvre accomplie est déjà très prometteuse.

Surtout, le fils de ce grand roi est envoyé à 11 ans au Portugal d’où il revient après 15 ans d’études, en 1521, comme premier évêque du Congo (les seuls évêques noirs que l’Afrique ait connus jusque-là au Soudan et en Ethiopie n’étaient pas catholiques). Monseigneur Henrique Kinu Mwemba était évêque titulaire d’Utique et auxiliaire de l’évêque de Funchal. Malheureusement il mourut en 1531. Néanmoins les prêtres affluent : chanoines séculiers de Saint Jean l’Evangéliste, Franciscains, Dominicains, puis dans la seconde moitié du siècle Jésuites et Carmes Déchaux… La dévotion envers la croix devient caractéristique de la piété congolaise.

Mais le clergé indigène, souvent vénal à ce qu’on rapporte par la suite, reste peu nombreux et doit aller se faire ordonner à Saint Paul de Loanda, dans l’Angola portugais. Le Congo est ainsi rattaché à cette colonie, ce qui explique que les rois du Portugal aient joui sur lui du droit de  » patronage  » (padroado) : aucun prêtre ne peut s’y rendre sans son autorisation. Ainsi en 1645, au moment où les Capucins vont entrer en scène, on ne comptera plus pour tout le royaume que huit prêtres, dont deux Jésuites qui tiennent un grand collège depuis 1623.

Précisément le Portugal, alors en guerre contre l’Espagne, va refuser aux premiers Capucins leur  » visa « . Comme si la Providence voulait marquer que la colonisation ne devait être qu’au service de ses desseins, les Hollandais protestants, déjà établis au Brésil (1630), prennent Loanda (1641), que les Portugais ne reprendront qu’en 1648, une fois les capucins bien installés, après être passés par l’Espagne. En Europe, on avait cru le Congo passé à l’hérésie. En fait, voici ce qui s’était passé.

 » L’an 1641, les Hollandais se rendirent à la ville de San Salvador, pour y présenter quelques cadeaux au roi (dom Garcia II). Ils lui remirent également un livre portugais, rempli des erreurs et hérésies de Calvin et entièrement opposé à notre sainte foi. Après avoir fait lire ledit livre et ayant appris son contenu, le roi fit convoquer tous les habitants de la ville sur la place publique, qui est très grande. Il ordonna d’allumer un grand feu, puis en présence de tout le monde et des Hollandais eux-mêmes, avec ferveur il exhorta tout le peuple à rester ferme et stable dans la foi catholique romaine, puis impétueusement il jeta le livre au feu. Se tournant vers l’église cathédrale, l’épée en main, il fit de nouveau la profession de la foi, se déclarant prêt à verser son sang et à donner sa vie même pour elle. Il fit cette déclaration avec tant d’énergie et de ferveur qu’il étonna tous les présents. Depuis lors ces Hollandais n’ont plus osé tenter le roi ou ses sujets dans les choses de la foi.  »

C’est le Capucin Jean-François de Rome qui rapporte ce fait dans sa relation de la mission de 1645 : il raconte quasi l’accueil qui leur fut réservé par le comte de Soyo, les protégeant contre un vaisseau hollandais qui tentait de s’opposer à leur débarquement.

Déjà Alvare II (1587-1614) avait demandé des prêtres au Saint Père en lui envoyant comme ambassadeur Dom Antonio Manuel Nsaku Ne Vunda (celui-ci mourut peu après son arrivée à Rome et l’on voit encore son monument funèbre à Santa Maria Maggiore). Mais ce fut Dom Garcia II (1641-1661) qui les accueillit : en un peu moins de deux siècles, 400 Capucins vont ainsi parvenir au Congo et en Angola. Dom Garcia demanda ensuite des évêques, mais cela ne put se faire. De là vient sans doute que les derniers baptisés durent s’éteindre à l’aube du XIXème siècle, tandis qu’une évangélisation foudroyante allait reprendre trois quarts de siècles plus tard. Le royaume, lui, ne devait pas survivre aux incessantes guerres civiles qui le dépeuplaient et faisaient le jeu des esclavagistes, qui eux-mêmes ne devaient pas manquer de les provoquer !

C’est dans ce contexte qu’on trouve au royaume du Congo l’Ordre Militaire du Christ (Militia Christi). Jean-François de Rome remarque que le roi Garcia II portait sur son camail la croix de chevalier du Christ. François Bontinck note à ce propos :

 » L’Ordre Militaire du Christ fut érigé par le Pape Jean XXII le 15 mars 1319, pour remplacer au Portugal l’Ordre des Templiers, supprimé en 1312. Cet Ordre eut pour tâche principale la défense du Portugal contre les invasions des Maures de l’Afrique du Nord. Parmi ses membres il y avait des prêtres (freires clerigos) et des frères laïcs (freires cavaleiros) ; tous devaient obéissance au grand-maître (Grâo Mestre), même quand celui-ci n’était pas prêtre. Les freires cavaleiros ayant l’autorisation de se marier, les freires clerigos rejetèrent la juridiction du grand-maître et se mirent sous celle d’un prior major. Le 9 janvier 1443, le Pape Eugène IV nomma le prince Henri le Navigateur grand-maître à vie de l’Ordre. A partir de ce moment, cette dignité resta dans la famille royale du Portugal ; le 30 décembre 1551 le Pape Jules III l’accorda définitivement à tous les souverains du Portugal. Les freires cavaleiros n’ayant plus les obligations des religieux, le titre de  » Chevalier du Christ  » devint une distinction honorifique accordée par les rois du Portugal. Celle-ci fut également donnée aux rois du Congo. Alvaro II commença à accorder l’habit de Chevalier du Christ de sa propre autorité. En 1607 il en fut sévèrement réprimandé par le  » Conselho de India  » de Lisbonne, le  » Conselho de Portugal  » de Madrid et le roi Philippe III, grand-maître de l’Ordre. Le roi Alvaro III (1615-1622), lui aussi, s’arrogea le droit de conférer cette dignité malgré l’opposition de l’évêque de San Salvador, et ses successeurs continuèrent, indépendamment du grand-maître de l’Ordre au Portugal.  »

Ne subsistait-il donc de la chevalerie qu’un titre honorifique ? Les nobles étaient nombreux à San Salvador à porter la  » Croix du Christ « . On connaît aujourd’hui au moins un exemplaire de cet insigne, autrefois exposé au musée de préhistoire de l’université Lovanium de Léopoldville – devenue ensuite  » UNAZA « , université nationale du Zaïre, à Kinshasa. Voici comment il est décrit par Bontinck :

 » Le médaillon a un diamètre de 14,5 cm ; il pèse 170 g. Il se compose de deux plaques de cuivre argenté, glissant l’une sur l’autre. Chaque plaque porte la même croix gravée dorée de l’Ordre du Christ. La chaîne en cuivre doré pèse 110 g.  »

Et Paul de Meester précise qu’en recevant cette distinction des mains du prêtre, les  » Ne-kava  » (déformation du portugais cavaleiros pour chevaliers) faisaient serment de fidélité au roi et à la foi.

On le voit, même s’ils sont ténus, les éléments de l’institution chevaleresque n’en sont pas moins présents dans la première chrétienté du Congo. Quant à l’idéal chevaleresque, les Portugais qui l’y ont transmis l’ont fait fidèlement et ont trouvé là un terrain favorable à son épanouissement, comme les rois Afonso Ier et Garcia II nous en ont fourni l’exemple.

Abbé Bernard Pellabeuf.

Sources :

Jean-François de Rome, ofm cap., La fondation de la mission des Capucins au royaume du Congo (1648). Traduite de l’Italien et annotée par François Bontinck. Publications de l’Université Lovanium de Léopoldville n° 13. Edition Nauwelaerts, Louvain-Paris 1964.

Paul de Meester, professeur à la faculté de Lettres, Université nationale du Zaïre, Lubumbashi, l’Eglise d’Afrique d’hier et d’aujourd’hui. Edition Saint-Paul Afrique, Kinshasa 1980. (pp. 53-68 pour notre sujet).

http://pageliasse.hautetfort.com/archive/2007/10/26/trois-siecles-de-chevalerie-au-royaume-du-congo-1500-1800.html

 

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 21 janvier, 2009 |1 Commentaire »

SIGILLUM GUARDIANI SACRI CONVENTUS MONTIS SION.

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Certificat du saint voyage    

 Le sceau est un ovale dont les deux bouts finissent en pointe autour duquel sont ces mots : SIGILLUM GUARDIANI SACRI CONVENTUS MONTIS SION. Il y a au bas, autant que j’en puisse juger, Notre-Seigneur lavant les pieds de ses disciples, et en haut, les douze disciples à genoux, et Jésus-Christ qui les quitte et qui monte au ciel environné de lumière.

 

Tatouage des pèlerins     

Avant que de quitter Bethléem, il faut que je dise comment on se fait imprimer ici sur le bras les marques que l’on a fait le voyage de Jérusalem. Ils ont pour cela plusieurs formes de différentes façons, desquelles chacun choisit celle qui lui plaît davantage. Ce sont d’ordinaire les drogmans [Interprète dans les échelles du Levant] qui font cela et qui gardent aussi ces formes.

Quand on a choisi celle qui agrée le plus, on met dessus un charbon qu’on a pilé, ensuite de quoi, on applique la forme sur le bras, de sorte que les traits où est entrée cette poudre de charbon se peuvent voir distinctement. Après cela, celui qui doit imprimer la marque vous prend le bras de sa main gauche, et en tient la peau étendue bien ferme, pendant que, de sa main droite, il tient deux aiguilles attachées ensemble et enveloppées de laine, avec lesquelles il pique dans les lignes marquées le plus également qu’il lui est possible, afin que la trace en soit mieux marquée, et quoiqu’il enfonce assez avant, le sang n’en sort pas. Mais je crois que la petitesse des trous, que l’on peut à peine apercevoir en est la cause. Après cela, on frotte cet endroit du bras avec une espèce d’encre, qui dans l’espace de vingt-quatre heures qu’on l’y laisse avec le linge dont on l’a enveloppé, pénètre tellement que les lignes où l’on a fait les petits points d’aiguille, paraissent noires ou bleuâtres, mais si bien faites qu’on dirait qu’elles sont peintes, et cette couleur demeure toujours aussi belle, tout le temps que la personne vit.

Si l’on imprimait ces marques autre part que sur le bras, et sur un endroit où la chair fût plus tendre et le sentiment plus vif, cela ne se passerait pas si doucement, car ayant eu la curiosité de m’en faire appliquer quelques-unes sur la poitrine, cela me fit bien passer l’envie de rire. J’en ai vu pourtant qui, soit par dévotion, soit par grimace, s’en faisaient mettre sur toute la poitrine

Frais et péages en Terre sainte    

Pour la satisfaction et l’instruction de ceux qui voudraient entreprendre le voyage de la Terre sainte, je mettrai ici tout d’un temps un état ou liste des frais que les pèlerins sont obligés de faire, de quelque qualité ou condition qu’ils puissent être car, à cet égard, il n’y a point de changement ou de différence, même entre le maître et son valet, il faut que chacun paye également, ce qui fait qu’on pourrait avec raison appeler cet argent une capitation.

Premièrement donc quand on est arrivé à Jaffa, qui est le port de mer le plus près de la Terre sainte, il faut donner à l’Aga ou gouverneur une somme de quatorze écus, dont les drogmans du Cloître ont la moitié, et pour cela ils sont obligés de vous fournir un cheval et de vous mener jusqu’à Jérusalem, et quand on repasse à Jaffa, il faut encore payer quatorze écus.

Quand on vient à Jérusalem, il faut payer pour passer à la Porte, deux écus et demi, un demi à l’Officier, deux et demi au Grand Drogman du Cloître, et un au second Drogman. Pour la première fois qu’on entre dans l’église du Saint-Sépulcre, on donne quinze écus, et ensuite à toutes les fois qu’on ouvre la porte, deux écus et demi et environ trente sous à un Turc qui demeure auprès de l’église, au portier quinze sous. Pour la visite des lieux saints qui sont hors de Jérusalem avec ce qu’il faut donner au drogman, il en coûte environ trois écus. Les Turcs veulent aussi qu’on leur donne pour la visite du sépulcre de David deux écus et demi. Les frais qu’il faut faire pour aller à Bethléem, tant pour le louage des chevaux, que pour ce qu’il faut au drogman, vont à quatre écus ? mais si l’on veut voir quelques places extraordinaires, il en coûte bien davantage, parce qu’il n’y a pas de prix fixé.

Pour se faire appliquer la marque sur le bras, on donne ordinairement à celui qui le fait, un sequin d’or, qui vaut deux écus et demi.

Quand on part de Jérusalem, il faut faire un présent au couvent pour le bon traitement qu’on y a reçu, mais comme il n’y a point de prix fixé, chacun donne selon son moyen, ou selon qu’il est libéral

Cornelius de Bruyn - Voyage au Levant

http://www.villemagne.net/site_fr/jerusalem-cornelius-de-bruyn.php#050

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 17 janvier, 2009 |Pas de commentaires »

Traduction du mot Templier dans toutes les Langues

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Allemand
Templier =   Templer

Anglais
Templier =  Templar

Arabe
Templier  = الداوي فرسان الهيكل

 Bulgare
Templier  = Тамплиер

 Catalan
Templier  = Templer

Chinois (simplifié)
Templier  = 武士

 Chinois (traditionnel)
Templier  = 武士

 Coréen
Templier =  템플

Croate
Templier  = Student

 Danois
Templier =  Templar

 Espagnol
Templier =  Templario

Finnois
Templier =  Templar

 Grec
Templier =  Του Ναού

Hébreu
Templier =  היכל

 Hindi
Templier =  टमप्लर

Indonésien
Templier =  Kelenteng

 Italien
Templier  = Templare

Japonais
Templier  = テンプル騎士団

Letton
Templier  = Templiešu

Lituanien
Templier =  Tamplierius

Néerlandais
Templier =  Templar

 Norvégien
Templier =  Templar

Polonais
Templier =  Templariusze

Portugais
Templier =  Templário

Roumain
Templier =  Templierilor

Russe
Templier  = Храмовник

 Serbe
Templier =  Студент

Slovaque
Templier =  Templářské

 Slovène
Templier =  Študent

 Suédois
Templier =  Templar

Tchèque
Templier =  Templářské

 ukrainien
Templier  = Храмовнік

vietnamien
Templier =  Đền

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 5 janvier, 2009 |4 Commentaires »

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