Archive pour décembre, 2008

L’ADOUBEMENT Rituel de Guillaume Durand

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L’ADOUBEMENT 

Rituel de Guillaume Durand

 

   Le rite de l’adoubement n’a pas toujours été codifié comme il le fut au Moyen Age. Dans les temps anciens il     s’agissait d’un rite sommaire et pratiqué chez les peuples germains dans sa version primitive et archétype de ce qu’il devint par la suite. L’écrivain qui en parla le mieux fut Léon Gautier en son ouvrage « La Chevalerie ». 

 

Le rituel de « bénédiction du nouveau chevalier » (XIIIe siècle) ne peut être attribué à aucun ordre de chevalerie en particulier. Le rituel qui suit, correspondant à l’adoubement, en mode écclésiastique, du nouveau chevalier, fait partie du premier livre, chap XXVIII du Pontifical de Guillaume Durand, evêque de Mende, canoniste et curialiste, qui rédigea un recueil de rituels et textes liturgiques divers (ce Pontifical est considéré comme un miroir idéal de la chrétienté au Moyen âge. Ce rituel est complété par le chap. XXXVIII, De benedictione armorum (« bénédiction des armes ») du second livre.


Bénédiction du nouveau chevalier

 

1- Dans la bénédiction du nouveau chevalier, on procède de la façon que voici. Le pontife, avant que ne soit dit l’évangile, bénit son épée en disant:

2- Bénédiction de l’épée.  » Exauce nous t’en prions, Seigneur, nos prières; que la dextre de ta Majesté daigne bénir cette épée dont ton serviteur ici présent désire être ceint; que dans la mesure de ta bénédiction il puisse être le défenseur des églises, des veuves, des orphelins et de tous les serviteurs de Dieu contre la cruauté des païens; qu’il épouvante et terrifie ceux qui lui tendraient des pièges; accorde lui de les poursuivre dans l’équité et de nous défendre dans la justice. Par le Christ… » 

on répond: « Amen. »

3- Autre bénédiction: « Seigneur Saint, Père tout-Puissant, dieu éternel, par l’invocation de ton saint nom, par la venue du Christ, ton fils, notre Seigneur, et par le don du Saint Esprit défenseur, bénis cette épée afin que ton serviteur que voici, qui en ce jour en est ceint comme le lui accorde ta bonté, foule aux pieds les ennemis invisibles, soit victorieux en tout combat et demeure toujours sans blessure; nous te le demandons par Jésus Christ…«  

On répond: « Amen.« 

4- On pourrait aussi dire ici les autres bénédictions des armes, que l’on trouve à la rubrique bénédiction des armes. Les armes ainsi bénites, le pontife, avant de ceindre l’épée, entonne:

5- « Béni soit le Seigneur mon Dieu qui éduque mes mains pour le combat. » Et quand on a dit les trois premiers versets suivis du « Gloria Patri…«  le pontife dit: « Sauve ton serviteur. Sois pour lui, Seigneur, une tour. Seigneur exauce… Le seigneur soit avec vous… Prions.« 

6- Oraison : «  Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel, toi qui seul mets toutes choses en ordre et les disposes comme il convient, toi qui, pour réprimer la malice des méchants et pour protéger la justice, as permis aux hommes par une règle salutaire l’usage du glaive sur la terre, toi qui as voulu que soit institué l’ordre militaire pour la protection du peuple, toi qui as fait que soit dit par le bienheureux Jean, alors que des soldats venaient à lui au désert, qu’ils n’extorquassent de l’argent à personne mais qu’ils se contentassent de leur propre solde, nous te supplions, Seigneur, et implorons ta clémence : de même que tu as accordé à ton serviteur le petit David le pouvoir de dominer Goliath, de même que tu as fait triompher Judas Macchabée de la barbarie des nations qui n’invoquaient pas ton nom, de la même façon accorde aussi à ton serviteur ici présent, qui vient de placer son cou sous le joug de la chevalerie, les forces de la piété céleste et l’audace pour défendre la foi et la justice. Accorde-lui un accroissement de sa foi, de son espérance et de sa charité; dispose comme il convient toutes choses en lui: crainte autant qu’amour de Dieu, humilité, persévérance, obéissance et patience en bonne mesure, afin qu’il ne blesse injustement personne avec ce glaive ou avec un autre, qu’avec lui il défende ce qui est juste et droit; lui-même est promu d’un état inférieur au nouvel honneur de la chevalerie; que, de la même façon, il dépouille le vieil homme avec ses manières d’agir et qu’il revête l’homme nouveau afin de te craindre et de t’honorer comme il faut, d’éviter la compagnie des infidèles, d’étendre sa charité sur son prochain, d’obéir avec droiture en toutes choses à sa mission et de s’acquitter jusqu’au bout de sa fonction au service de tous selon la justice. Nous t’en prions par… «  

On répond :  » Amen. « 

7- Après cela le pontife prend sur l’autel l’épée nue et la pose dans la dextre du récipiendaire en disant:
« Reçoit ce glaive au nom du Père et du fils et du Saint-Esprit et sers-t’en pour ta propre défense, pour celle de la sainte Eglise de Dieu, pour la confusion des ennemis de la Croix du Christ et de la foi chrétienne ainsi que la couronne du royaume de France(ou tel autre). Autant que l’humaine fragilité te le permettra, ne blesse personne injustement avec lui. Qu’il daigne t’acorder cela, Celui qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles «  

On répond « Amen »

8- Ensuite, l’épée ayant été remise au fourreau, le pontife ceint le récipiendaire de l’épée avec son fourreau, et l’en ceignant il dit:
« Sois ceint de ton glaive sur ta cuisse, ô toi qui es tout puissant dans le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, mais sois attentif au fait que ce n’est pas par le glaive, mais par la foi, que les saints ont vaincu les royaumes « 

9- Ceint donc de l’épée, le nouveau chevalier la sort du fourreau et, dégainée, il la brandit trois fois dans sa main de façon virile, puis il l’essuie sur son bras et la rengaine.

10- Cela fait, le pontife, distinguant ce nouveau chevalier à son caractère militaire, lui donne le baiser de la paix en disant:
 » sois un soldat pacifique, actif, fidèle et soumis à Dieu . »

11- Puis il lui donne un léger soufflet en disant:
« Réveille-toi du sommeil du mal, et sois vigilant dans la foi en Christ et dans une réputation louangeuse « . « Amen« 

12- Alors les nobles de l’assistance lui remettent ses éperons, là où il est de coutume que cela se fasse, et l’on chante l’antienne: « Ton allure te fait remarquer parmis les fils des hommes; ceins ton épée sur ta cuisse, ô toi qui es très puissant. « 

13- Oraison :  » Dieu éternel et tout-puissant, répands la grâce de ta bénédiction sur ton serviteur N… ici Présent, qui désire d’être ceint de cet estoc remarquable (ou : que tu nous a Ordonné de ceindre de … ); rends-le confiant dans la force de ta dextre; qu’il soit armé Par tes célestes défenses contre toutes les forces adverses afin qu’ainsi dans ce siècle il ne soit troublé par aucune des tempêtes guerrières. Par le Christ… « 

14- Enfin le pontife lui donne son étendard, là où l’on a l’habitude de le faire.

Pour la bénédiction de cet étendard, chercher plus bas, après la bénédiction des armes.


Bénédiction des armes

 

1. On fait de la façon suivante la bénédiction des armes et de l’étendard de guerre :  » Notre secours est dans le Nom du Seigneur… Le Seigneur soit avec vous… Prions. « 
Oraison :  » Que le signe et la bénédiction de Dieu tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, soit sur ces armes et sur celui qui les revêt. Qu’il les revête Pour protéger la justice. Nous te demandons, Seigneur Dieu, de le protéger et de le défendre, toi qui vis pour les siècles des siècles.  » On répond :  » Amen. « 

2. Oraison :  » Dieu tout-puissant, en la main de qui se trouve toute pleine victoire, toi qui as même accordé des forces miraculeuses à David pour mettre hors de combat le rebelle Goliath, dans notre humble prière nous implorons ta clémence afin que par une Piété sanctificatrice tu daignes bénir ces armes. Accorde à ton serviteur N…. qui désire porter ces mêmes armes, de s’en servir librement et victorieusement pour la protection et la défense de notre Sainte Mère l’Église, des orphelins et des veuves, contre l’assaut des ennemis visibles et invisibles. Par le Christ… « 
On répond  » Amen. « 

3. Bénédiction du glaive.  » Daigne bénir, nous t’en prions, Seigneur, ces épées et tes serviteurs que voici, qui sous ton inspiration désirent s’en charger, que leur piété pour toi leur soit un rempart et les garde sans blessure. Par le Christ ….  » On répond  » Amen. « 

4. Bénédiction de l’étendard de guerre. Oraison :  » Dieu tout-puissant et éternel, qui es la bénédiction et la force de tous ceux qui triomphent, jette un regard propice sur nos humbles prières et, de ta céleste bénédiction, sanctifier cet étendard qui a été préparé pour servir à la guerre; qu’il soit fort contre les nations ennemies et rebelles et qu’il soit entouré du rempart de ta protection; qu’il soit terrible aux ennemis du peuple chrétien; qu’il soit assurance et confiance dans leur victoire certaine pour ceux qui mettent en toi leur foi. Tu es, Dieu, celui qui détruit les guerres et tu accordes le secours de ta céleste protection à ceux qui mettent en toi leur espoir. Par le Christ… «  On répond :  » Amen. « 

5. Enfin il l’asperge avec l’eau bénite.

6. Dans la remise de l’étendard on dit aussi  » Reçois cet étendard sanctifié par la céleste bénédiction. Que le Seigneur te donne la grâce, pour son nom et pour son honneur, de pénétrer puissamment sain et sauf avec cet étendard les bataillons ennemis. «  On répond :  » Amen. « 

7. Quand on le remet au porte-étendard, que celui-ci lui donne le baiser de paix .

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 29 décembre, 2008 |4 Commentaires »

Armorial des Maitres de l’Ordre du Temple

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Essai sur la symbolique Templière. Illustré

Si les livres sur l’Histoire de l’Ordre du Temple abondent, ceux traitant de manière monographique des armes des maitres de l’Ordre, de leurs biographies et de la symbolique templière, sont inéexistants. Sans soute, quelques ouvrages s’y sont essayés, mais celà se fit généralement en quelques lignes sans profondeur et en fournissant des interprétations imaginaires, imprécises voire délirantes.

Il nous a semblé utile de combler cette lacune et de donner, à tous ceux qui s’intéressent au Temple, une base précise, sérieuse et argumentée pour l’étude de sa galaxie biographique et symbolique; celle-ci éclaire bien des points de sa philosophie, de ses comportements, de ses prises de position, parfois étranges et à terme de sa fin. Car fidèle à l’esprit traditionnel, c’est par la symbolique que le Temple a communiqué l’essentiel de ses options spiritulles et de ses idéaux.

Cette étude appelée à devenir une référence, ouvre de nombreuses pistes sur maints aspects restés obscurs. Elle permettra d’étudier sous un angle nouveau l’histoire controversée et, bien souvent surprenante de l’Ordre du Temple

Auteur[s] : Bernard Marillier
Éditeur : Pardès
Pages : 160

http://www.tilsafe.com/libfr/001-LHS-DPS/Armorial+des+Maitres+de+l’Ordre+du+Temple.html

 

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 27 décembre, 2008 |Pas de commentaires »

Chevaliers Templiers ! Prière du Soir de Noel ! N’oubliez pas !

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Moi, je file un rancard
A ceux qui n’ont plus rien
Sans idéologie, discours ou baratin
On vous promettra pas
Les toujours du grand soir
Mais juste pour l’hiver
A manger et à boire
A tous les recalés de l’âge et du chômage
Les privés du gâteau, les exclus du partage
Si nous pensons à vous, c’est en fait égoïste
Demain, nos noms, peut-être grossiront la listeAujourd’hui, on n’a plus le droit
Ni d’avoir faim, ni d’avoir froid
Dépassé le chacun pour soi
Quand je pense à toi, je pense à moi
Je te promets pas le grand soir
Mais juste à manger et à boire
Un peu de pain et de chaleur
Dans les restos, les restos du coeur

Autrefois on gardait toujours une place à table
Une soupe, une chaise, un coin sans l’étable
Aujourd’hui nos paupières et nos portes sont closes
Les autres sont toujours, toujours en overdose

J’ai pas mauvaise conscience
Ça m’empêche pas de dormir
Mais pour tout dire, ça gâche un peu le goût de mes plaisirs
C’est pas vraiment de ma faute si y’en a qui ont faim
Mais ça le deviendrait, si on n’y change rien

J’ai pas de solution pour te changer la vie
Mais si je peux t’aider quelques heures, allons-y
Y a bien d’autres misères, trop pour un inventaire
Mais ça se passe ici, ici et aujourd’hui

Jean-Jacques Goldman
MOI, JE FILE UN RANCARD

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 24 décembre, 2008 |Pas de commentaires »

NOEL 2008 ! JOURNEE DU PARDON !

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L’occasion de faire l’expérience de la miséricorde de Dieu en recevant le sacrement de réconciliation.

En latin
Ignosce, da veniam, venia sit
obsecro ut mihi ignoscas

en anglais,  « excuse me »
 
Allemand : Entschuldigung !,
Es tut mir leid
 
En grec moderne : σύγνομη sighnomi
 
En grec ancien :  sugnomê
ou alors : σύγνομην αιτουμαι sugnomên aïtoumaï 
   
Espagnol : lo siento
 
en italien: mi dispiace
 
en hindi : pardon : maaf keejiegaa ou  mujhe dukh
en hongrois: bocsánat,  bocs
aussi: elnézést (kérek)  [èlnéézééchte]
 
bocsáss meg!
 
Finnois: anteeksi
 
Estonien: vabandust
 
Polonais: przepraszam
 
Russe: извини(те), прости(те) 
 
en italien,  « scusa » ou « scusi »
[quote=Sisyphe]En grec moderne : σύγνομη sighnomi [/quote]
cela s’écrit συγγνώμη et c’est accentué sur le oméga..
On dit également Με συγχωρείς = me sigchoris 
 
en bulgare :
извинете [izvinètè]
прощавайте [proshtavaïtè]
plutпрощавам [proshtavam]
съжалявам [sëjalyavam]
 
en breton : digarezit ac’hanon ou eskuzit ac’hanon
 
en danois : undskyld
 
En Basque : sentitzen dut / sentitzen diat ou sentitzen diñat  

En Vietnamien : tôi rất tiếc
 
En malayalam:  manichiKeuneume
 
En roumain,  » « îmi pare rău » ou « scuzaţi-mă » .
 
Suedois: Ursäkta / Förlåt mig
Jag är ledsen
 
En thai :
- Si le locuteur est un homme : ขอโทษครับ (khô thôt krap)
- Si le locuteur est une locutrice : ขอโทษคะ (khô thôt khaa)
 
En lao : »khô thôt »
 
Tchèque:prosím
 
Anglais:please
 
Espagnole et portuguais:por favor
 
Allemand:bitte
 
Basque:mesedez
 
Breton:mar plij
 
Finnois:kiitos
 
Italien:per favore
 
Roumain:vã rog
 
Slovène:za mene
 
Suèdois:tack
 
en croate:
žao mi je
oprosti
 
Quechua de Cuzco : pampachayuway ou dispinsayuway
Quechua Argentin : dispensaay
 
Serbian
- formal: Извините (Izvinite), non formal: Извини (Izvini)
- formal: Опростите (Oprostite), non formal: Опрости(Oprosti)
- Пардон
I- Жао ми је (žao mi je)
 
Portuguese :
Desculpe-me,
desculpa
Lamento
 
Ucranian
Простите
 
en breton du Morbihan: men digaréet
 
En irlandais: gabh mo leithscéal
 
En gaélique d’Ecosse: gabh mo leisgeul
 
En gallois: esgusodwch chi, mae’n ddrwg gyda fi, maddewch i mi
 
en japonais :
gomen:
gomen nasai
 
Neerlandais:
Aux Pays-Bas: Neem me niet kwalijk
 
En Belgique: Excuseer me
 
Occitan languedocien : desconsolat

JOYEUX NOEL A TOUS , A TOUTES, à MES FRERES, AUX AMIS ET MES ENNEMIS  !

TRES CORDIALEMENT

FRATER

SJ

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 16 décembre, 2008 |1 Commentaire »

L’hérédité de l’adoubement et l’anoblissement et l’Ordre des Templiers

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L’hérédité de l’adoubement et l’anoblissement 

  

Fondé, vers 1119, pour la défense des colonies de Terre Sainte, l’Ordre du Temple groupait deux catégories de combattants, distinctes par le costume, les armes et le rang : en haut, les « chevaliers » ; en bas, les simples « sergents » — manteaux blancs contre manteaux bruns. Nul doute que, dès le principe, l’opposition ne répondît à une différence d’origine sociale, parmi les recrues. Cependant, rédigée en 1130, la plus ancienne Règle ne formule à cet égard aucune condition précise. Un état de fait, déterminé par une sorte d’opinion commune, décidait évidemment de l’admission dans l’un ou l’autre grade. Postérieure d’un peu plus d’un siècle, la seconde Règle procède, au contraire, avec une rigueur toute juridique. Pour être autorisé à revêtir le blanc manteau, il est d’abord nécessaire que le postulant, dès avant son entrée dans l’Ordre, ait été adoubé. Mais cela même ne suffit point. Il lui faut en outre être « fils de chevalier ou extrait de chevaliers du côté de son père » ; en d’autres termes, comme il est dit dans un autre passage, être « gentilhomme ». Car, précise encore le texte, c’est à cette condition seulement qu’un homme « doit et peut » recevoir la chevalerie. Il y a plus. Arrive‑t‑il qu’un nouveau venu, taisant sa qualité chevaleresque, se soit glissé parmi les sergents ? La vérité une fois connue, il sera mis aux fers (290). Même chez des moines soldats, en ce milieu du XIIIe siècle, p.446 l’orgueil de caste, qui tient à crime toute déchéance volontaire, parlait plus haut que l’humilité chrétienne. 1130 ; 1250 ou environ : entre ces deux dates, que s’était‑il donc passé ? Rien de moins que la transformation du droit à l’adoubement en un privilège héréditaire. 

Dans les pays où la tradition législative ne s’était point perdue ou avait repris vie, des textes réglementaires avaient précisé le droit nouveau. En 1152, une constitution de paix de Frédéric Barberousse à la fois interdit aux « rustres » le port de la lance et du glaive — armes chevaleresques — et reconnaît pour « légitime chevalier » celui-là seulement dont les ancêtres l’ont été avant lui ; une autre, en 1187, défend expressément aux fils des paysans de se faire adouber. Dès 1140, le roi Roger II de Sicile ; en 1234, le roi Jacques Ier d’Aragon ; en 1294, le comte Charles II de Provence ordonnent de n’admettre à la chevalerie que les descendants de chevaliers. En France, il n’était alors guère de lois. Mais la jurisprudence de la cour royale, sous Saint Louis, est formelle. De même, les coutumiers. Sauf grâce spéciale du roi, aucun adoubement ne saurait être valable si le père de l’adoubé ou son aïeul, en ligne masculine, n’ont déjà été chevaliers (peut‑être dès ce temps, en tout cas un peu plus tard, les coutumes provinciales d’une partie au moins de la Champagne accepteront cependant que cette « noblesse » puisse se transmettre par le « ventre » maternel). La même conception semble également à la base d’un passage, à la vérité moins clair, du grand traité de droit castillan, les Siete Partidas, que fit rédiger, vers 1260, le roi Alfonse le Sage. Rien de plus remarquable que la quasi-coïncidence dans le temps et le parfait accord de ces divers textes, à la fois entre eux et avec la règle du Temple, ordre international. Du moins sur le continent — car l’Angleterre, nous le verrons, doit être mise à part — l’évolution des hautes classes obéissait à un rythme fondamentalement uniforme (291)

Sans doute, lorsqu’ils élevaient expressément cette barrière, souverains et tribunaux avaient‑ils à peine le sentiment d’une innovation. De toujours, la grande majorité des adoubés avaient été pris parmi les descendants de chevaliers. Aux yeux d’une opinion de groupe de plus en plus exclusive, p.447 seule la naissance, « garante », comme devait dire Raimon Lull, « de la continuation de l’honneur ancien », paraissait habiliter à l’observation du code de vie auquel engageait la remise des armes. « Ah Dieu ! qu’il est mal récompensé le bon guerrier qui de fils de vilain fait chevalier ! » s’écrie, vers 1160, le poète de Girard de Roussillon (292). Cependant, le blâme même dont ces intrusions étaient l’objet prouve qu’elles n’étaient pas exceptionnelles. Aucune loi, aucune coutume ne les rendaient caduques. Elles semblaient d’ailleurs parfois presque nécessaires au recrutement des armées ; car, en vertu du même préjugé de classe, on concevait mal que le droit de combattre à cheval et équipé de pied en cap fût séparable de l’adoubement. Ne vit‑on pas encore, en 1302, à la veille de la bataille de Courtrai, les princes flamands, désireux de se faire une cavalerie, donner la colée à quelques riches bourgeois, auxquels leur richesse permettait de se procurer la monture et l’équipement nécessaires (293) ? Le jour où ce qui n’avait été longtemps qu’une vocation héréditaire de fait, susceptible de beaucoup d’accrocs, devint un privilège légal et rigoureux fut donc, même si les contemporains n’en eurent pas une claire conscience, une très grande date. Les profonds changements sociaux qui s’opéraient alors sur les frontières du monde chevaleresque avaient certainement beaucoup contribué à inspirer des mesures aussi draconiennes. 

Au XIIe siècle, une nouvelle puissance était née : celle du patriciat urbain. En ces riches marchands qui, volontiers, se faisaient acquéreurs de seigneuries et dont beaucoup, pour eux‑mêmes ou pour leurs fils, n’eussent point dédaigné le « baudrier de chevalerie », les guerriers d’origine ne pouvaient manquer de percevoir des éléments beaucoup plus étrangers à leur mentalité et à leur genre de vie, beaucoup plus inquiétants aussi, par leur nombre, que les soldats de fortune ou les officiers seigneuriaux, parmi lesquels, jusque‑là, s’étaient presque exclusivement recrutés, en dehors des personnes bien nées, les candidats à l’initiation par l’épée et la colée. Aussi bien connaissons‑nous, par l’évêque Otton de Freising, les réactions des barons allemands devant les adoubements qu’ils jugeaient trop aisément distribués, dans p.448 l’Italie du Nord, à la « gent mécanique » ; et Beaumanoir, en France, a très clairement exposé comment la poussée des nouvelles couches, empressées à placer leurs capitaux en terres, amena les rois à prendre les précautions nécessaires pour que l’achat d’un fief ne fît pas de tout enrichi l’égal d’un descendant de chevaliers. C’est quand une classe se sent menacée qu’elle tend, surtout, à se clore. 

Gardons‑nous, toutefois, d’imaginer un obstacle, par principe, infranchissable. Une classe de puissants ne saurait se transformer, absolument, en caste héréditaire sans se condamner à exclure de ses rangs les puissances nouvelles dont l’inévitable surgissement est la loi même de la vie ; par suite, sans se vouer, en tant que force sociale, à un fatal étiolement. L’évolution de l’opinion juridique, au terme de l’ère féodale, tendit beaucoup moins, en somme, à interdire rigoureusement les admissions nouvelles qu’à les soumettre à un très strict contrôle. Tout chevalier naguère pouvait faire un chevalier. Ainsi pensaient encore ces trois personnages que Beaumanoir met en scène, vers la fin du XIIIe siècle. Pourvus eux‑mêmes de la chevalerie, ils manquaient d’un quatrième comparse, de même dignité, dont la présence était exigée, par la coutume, pour un acte de procédure. Qu’à cela ne tînt ! Ils happèrent en chemin un paysan et lui donnèrent la colée : « Chevalier soyez ! » A cette date, cependant, c’était retarder sur la marche du droit ; et une lourde amende fut le juste châtiment de cet anachronisme. Car, désormais, l’aptitude de « l’ordonné » à conférer l’ordre ne subsistait plus, dans son intégrité, que si le postulant appartenait déjà à un lignage chevaleresque. Lorsque tel n’est point le cas, l’adoubement, en vérité, demeure encore possible. Mais à condition d’être spécialement autorisé par l’unique pouvoir auquel les conceptions alors communément répandues accordaient l’exorbitante faculté de lever l’application des règles coutumières : celui du roi, seul dispensateur, comme dit Beaumanoir, des « novelletés ». 

On l’a déjà vu, telle était, dès Saint Louis, la jurisprudence de la cour royale française. Bientôt l’habitude se prit, dans l’entourage des Capétiens, de donner à ces autorisations la forme de lettres de chancellerie désignées, presque dès le p.449 début, sous le nom de lettres d’anoblissement : car être admis à recevoir la chevalerie, n’était‑ce pas obtenir d’être assimilé aux « nobles » d’origine ? Les premiers exemples que nous possédions de ce genre de documents, promis à un si grand avenir, datent de Philippe III ou de Philippe IV. Parfois, le roi usait de son droit pour récompenser sur le champ de bataille, selon l’antique usage, quelque trait de bravoure : ainsi, Philippe le Bel, en faveur d’un boucher, le soir de Mons‑en‑Pevèle (294). Le plus souvent, cependant, c’était afin de reconnaître de longs services ou une situation sociale prééminente. L’acte ne permettait pas seulement de créer un nouveau chevalier ; l’aptitude à l’adoubement se transmettant, par nature, de génération en génération, il faisait, du même coup, surgir un nouveau lignage chevaleresque. La législation et la pratique siciliennes s’inspirèrent de principes tout pareils. De même, en Espagne. Dans l’Empire, les constitutions de Barberousse, à vrai dire, ne prévoient rien de tel. Mais nous savons, par ailleurs, que l’Empereur s’estimait en droit d’armer chevaliers de simples soldats (295) ; il ne se considérait donc pas comme lié, personnellement, par les interdictions, en apparence absolues, de ses propres lois. Aussi bien, à partir du règne suivant, l’exemple sicilien ne manqua pas d’exercer son action sur des souverains qui, pour plus d’un demi-siècle, devaient unir les deux couronnes. Depuis Conrad IV, qui commença à régner indépendamment en 1250, nous voyons les souverains allemands concéder, par lettres, à des personnages qui n’y étaient pas habilités de naissance, la permission de recevoir le « baudrier de chevalerie ». 

Assurément les monarchies ne parvinrent pas sans peine à établir ce monopole. Roger II de Sicile, lui-même, fit une exception en faveur de l’abbé della Cava. En France, les nobles et les prélats de la sénéchaussée de Beaucaire prétendaient encore, en 1298, — avec quel succès ? nous ne savons — au droit de créer librement des chevaliers parmi les bourgeois (296). La résistance fut vive surtout du côté des hauts feudataires. Sous Philippe III, la cour du roi dut entamer une procédure contre les comtes de Flandre et de Nevers, coupables d’avoir, de leur propre gré, adoubé des « vilains » p.450 — qui, en réalité, étaient de fort riches personnages. Plus tard, dans les désordres du temps des Valois, les grands princes apanagés s’arrogèrent, avec moins de difficulté, ce privilège. Ce fut dans l’Empire, comme il était naturel, que la faculté d’ouvrir ainsi à de nouveaux venus l’accès de la chevalerie se divisa, finalement, entre le plus grand nombre de mains : princes territoriaux, comme, dès 1281, l’évêque de Strasbourg (297) ; voire, en Italie, communes urbaines, comme, dès 1260, Florence. Mais s’agissait‑il là d’autre chose que du dépècement des attributs régaliens ? Le principe qui au seul souverain reconnaissait le droit d’abaisser la barrière restait sauf. Plus grave était le cas des intrus qui, en quantité certainement considérable, mettaient à profit une situation de fait pour se glisser indûment dans les rangs chevaleresques. La noblesse demeurant, dans une large mesure, une classe de puissance et de genre de vie, l’opinion commune, en dépit de la loi, ne refusait guère au possesseur d’un fief militaire, au maître d’une seigneurie rurale, au guerrier vieilli sous le harnois, quelle que fût son origine, le nom de noble et, par suite, l’aptitude à l’adoubement. Puis, le titre naissant, comme à l’ordinaire, du long usage, au bout de quelques générations personne ne songeait plus à le contester à la famille ; et le seul espoir qui, au bout du compte, restât permis aux gouvernements était, en s’offrant à sanctionner cet abus, de tirer de ceux qui en avaient bénéficié un peu d’argent. Il n’en est pas moins vrai que, préparée au cours d’une longue gestation spontanée, la transformation de l’hérédité de pratique en hérédité juridique n’avait été rendue possible que par l’affermissement des pouvoirs monarchiques ou princiers, seuls capables à la fois d’imposer une police sociale plus rigoureuse et de régulariser, en les sanctionnant, les inévitables et salutaires passages d’ordre à ordre. Si le Parlement de Paris n’avait été là ou s’il avait manqué de la force nécessaire à l’exécution de ses sentences, on n’aurait vu, dans le royaume, si petit sire qui n’eût continué à distribuer, à sa volonté, la colée. 

Il n’était alors guère d’institution qui, aux mains de gouvernements éternellement besogneux, ne se transformât, peu ou prou, en machine à faire de l’argent. Les autorisations p.451 d’adoubement n’échappèrent pas à ce sort commun. Pas plus que les autres expéditions des chancelleries, les lettres royales, à de rares exceptions près, n’étaient gratuites. Parfois aussi on payait pour ne pas avoir à prouver son origine (298). Mais Philippe le Bel semble avoir été le premier souverain à mettre, ouvertement, la chevalerie dans le commerce. En 1302, après la défaite de Courtrai, des commissaires parcoururent les provinces, chargés de solliciter les acheteurs d’anoblissement, en même temps que de vendre, aux serfs royaux, leur liberté. On ne voit pas, cependant, que cette pratique ait été dès ce moment, en Europe ni en France même, bien générale ou qu’elle ait beaucoup rapporté. De la « savonnette à vilains », les rois, plus tard, devaient apprendre à faire une des ressources régulières de leur trésorerie et les riches contribuables un moyen d’échapper, par une somme une fois versée, aux impôts dont la noblesse exemptait. Mais, jusque vers le milieu du XIVe siècle, le privilège fiscal des nobles demeura encore aussi mal défini que l’impôt d’État lui-même ; et l’esprit de corps, très puissant dans les milieux chevaleresques — auxquels les princes eux‑mêmes avaient conscience d’appartenir — n’eût guère permis, sans doute, de multiplier des faveurs ressenties comme autant d’insultes à la pureté du sang. Si le groupe des chevaliers à titre héréditaire ne s’était pas, à la rigueur, fermé, la porte n’était pourtant que faiblement entrouverte — beaucoup moins aisée à franchir certainement qu’elle ne l’avait été auparavant ou ne devait l’être, à l’avenir. D’où, la violente réaction antinobiliaire qui, en France du moins, éclata au XIVe siècle. De la forte constitution d’une classe et de son exclusivité peut‑on rêver symptôme plus éloquent que l’ardeur des attaques dont elle est l’objet ? « Sédition des non‑nobles contre les nobles » : le mot, presque officiellement employé au temps de la jacquerie, est révélateur. Non moins, l’inventaire des combattants. Riche bourgeois, premier magistrat de la première des bonnes ville, Étienne Marcel se posait, expressément, en ennemi des nobles. Sous Louis XI ou Louis XIV, il eût été, lui-même, l’un d’eux. En vérité, la période qui s’étend de 1250 à 1400 environ fut, sur le p.452 continent, celle de la plus rigoureuse hiérarchisation des couches sociales.

Marc Bloch

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La Chevalerie selon Marc Bloch (1886-1944)

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La chevalerie 

  

I. L’adoubemen

  

p.435 A partir de la seconde moitié du XIe siècle, divers textes, qui bientôt vont se multipliant, commencent à mentionner qu’ici ou là une cérémonie a eu lieu, destinée, disent‑ils, à « faire un chevalier ». Le rituel en est à plusieurs actes. Au postulant, généralement à peine sorti de l’adolescence, un chevalier plus ancien remet d’abord les armes significatives de son futur état. Notamment, il le ceint de l’épée. Puis vient, presque toujours, un grand coup que, du plat de la main, ce parrain assène sur la nuque ou la joue du garçon : la « paumée » ou « colée » des documents français. Épreuve de force ? Ou bien, comme le pensèrent, dès le moyen âge, certains interprètes un peu tardifs, mode de fixation du souvenir, qui, au jeune homme, devra, selon le mot de Raimon Lull, rappeler, sa vie durant, la « promesse » ? De fait, les poèmes montrent volontiers le héros appliqué à ne point plier sous cette rude gifle, la seule, observe un chroniqueur, qu’un chevalier doive jamais recevoir, sans la rendre (279). Nous le savons, d’autre part, le soufflet était, dans les mœurs juridiques du temps, un des procédés de commémoration le plus fréquemment infligés aux témoins des actes de droit — plutôt, en vérité, qu’à leurs participants. Mais de ce geste, originellement conçu comme si essentiel à la cérémonie que celle‑ci, tout entière, en prit son nom habituel d’ »  adoubement », (d’un vieux verbe germanique qui voulait dire : frapper), le sens premier p.436 était, semble‑t‑il, bien différent et beaucoup moins purement rationnel. Le contact ainsi établi entre la main de l’adoubeur et le corps de l’adoubé transmettait de l’un à l’autre une sorte d’influx : tout comme cet autre soufflet, que l’évêque donne au clerc qu’il consacre prêtre. Une manifestation sportive, enfin, terminait souvent la fête. Le nouveau chevalier s’élance à cheval et va, d’un coup de lance, transpercer ou abattre une panoplie fixée à un pieu : la « quintaine ». 

Par ses origines et par sa nature, l’adoubement se rattache visiblement à ces cérémonies d’initiation dont les sociétés primitives, comme celles du monde antique, fournissent tant d’exemples — pratiques qui, sous des formes diverses, ont toutes pour objet commun de faire passer le jeune garçon au rang de membre parfait du groupe, dont jusque‑là son âge l’avait exclu. Chez les Germains, elles étaient à l’image d’une civilisation guerrière. Sans préjudice peut‑être d’autres traits — tels que la coupe des cheveux, qui parfois se retrouvera plus tard, en Angleterre, unie à l’adoubement chevaleresque —, elles consistaient essentiellement en une remise des armes, que Tacite a décrite et dont la persistance, à l’époque des invasions, est attestée par quelques textes. Entre le rituel germanique et le rituel de la chevalerie, la continuité n’est pas douteuse. Mais, en changeant d’ambiance, l’acte avait également changé de sens humain. 

Chez les Germains, tous les hommes libres étaient des guerriers. Il ne s’en trouvait aucun, par suite, qui n’eût droit à l’initiation par les armes : du moins, là où la tradition du peuple imposait cette pratique, dont nous ignorons si elle était partout répandue. Par contre, une des caractéristiques de la société féodale fut, comme l’on sait, la formation d’un groupe de combattants professionnels, constitué avant tout par les vassaux militaires et leurs chefs. A ces soldats par excellence devait naturellement se restreindre l’application de l’antique cérémonie. Celle‑ci, à vrai dire, risquait de perdre dans ce transfert tout substrat social tant soit peu fixe. Elle avait servi de rite d’accès au peuple. Or le peuple, au sens ancien — la petite cité des hommes libres — n’existait plus. Elle commençait à servir de rite d’accès à une classe. Mais cette classe manquait encore de p.437 tous contours précis. Il arriva que, par endroits, l’usage disparut : tel semble avoir été le cas chez les Anglo‑Saxons. Dans les pays qu’avait marqués la coutume franque, il se maintint, au contraire ; mais sans être, pendant longtemps, d’un emploi bien général, ni, à aucun degré, obligatoire. 

Puis, à mesure que les milieux chevaleresques prenaient une conscience plus nette de ce qui les séparait de la masse « sans armes » et les élevait au‑dessus d’elle, le besoin se fit sentir plus impérieusement de sanctionner, au moyen d’un acte formaliste, l’entrée dans la collectivité ainsi définie : soit que le nouvel admis fût un jeune garçon qui, né parmi les « nobles », obtenait d’être accepté dans la société des adultes ; soit qu’il s’agit, beaucoup plus rarement, de quelque heureux parvenu qu’une puissance récemment acquise, sa force ou son adresse semblaient égaler aux membres des anciens lignages. Dès la fin du XIe siècle, en Normandie, dire du fils d’un grand vassal : « il n’est pas chevalier » équivalait à le supposer encore enfant ou adolescent (280). Assurément, le souci de signifier ainsi, par un geste sensible aux yeux, tout changement d’état juridique comme tout contrat répondait à des tendances caractéristiques de la société médiévale : témoin, le rituel, souvent si pittoresque, de l’accession aux corps de métier. Encore fallait‑il, cependant, pour imposer ce formalisme, que le changement d’état fût clairement perçu comme tel. C’est pourquoi la généralisation de l’adoubement se présenta vraiment comme le symptôme d’une modification profonde dans la notion de chevalerie. 

Durant le premier âge féodal, ce qu’on avait entendu par le terme de chevalier était, avant tout, tantôt une situation de fait, tantôt un lien de droit, mais purement personnel. On se disait chevalier parce qu’on combattait à cheval, avec l’équipement complet. On se disait le chevalier de quelqu’un lorsqu’on tenait de ce personnage un fief, qui obligeait à le servir ainsi armé. Or, voici que, maintenant, ni la possession d’un fief, ni le critère, forcément un peu flottant, du genre de vie ne vont plus suffire à mériter ce nom. Il y faudra, en outre, une sorte de consécration. La transformation était accomplie vers le milieu du XIIe siècle. p.438 Un tour de langage usité dès avant 1100 aidera à en saisir la portée. On ne « fait » pas seulement un chevalier. On l’ »  ordonne » tel. Ainsi s’exprime, par exemple, en 1098, le comte de Ponthieu, qui s’apprête à armer le futur Louis VI (281). L’ensemble des chevaliers adoubés constitue un « ordre » : ordo. Mots savants, mots d’Église, mais que l’on trouve, dès le début, dans des bouches laïques. Ils ne prétendaient nullement, du moins dans leur premier emploi, suggérer une assimilation avec les ordres sacrés. Dans le vocabulaire que les écrivains chrétiens avaient emprunté à l’Antiquité romaine, un ordo était une division de la société, temporelle aussi bien qu’ecclésiastique. Mais une division régulière, nettement délimitée, conforme au plan divin. Une institution, en vérité. Non plus seulement une réalité toute nue. 

Comment, cependant, dans une société habituée à vivre sous le signe du surnaturel, le rite, d’abord purement profane, de la remise des armes, n’aurait‑il pas reçu une empreinte sacrée ? Deux usages, l’un et l’autre fort anciens, servirent de point de départ à l’intervention de l’Église. 

D’abord, la bénédiction de l’épée. Elle n’avait originellement rien eu de particulier à l’adoubement. Tout ce qui était au service de l’homme semblait alors mériter d’être mis ainsi à l’abri des pièges du Démon. Le paysan faisait bénir ses récoltes, son troupeau, son puits ; le nouveau marié, le lit nuptial ; le pèlerin, son bâton de voyage. Le guerrier, naturellement, agissait de même pour les outils propres à sa profession. Le vieux droit lombard ne connaissait‑il pas déjà le serment « sur les armes consacrées » (282) ? Mais, plus que toutes autres, celles dont le jeune guerrier se parait pour la première fois semblaient appeler une pareille sanctification. Un rite de contact en était le trait essentiel. Le futur chevalier déposait un moment son glaive sur l’autel. Des prières accompagnaient ou suivaient ce geste. Inspirées du schéma général de la bénédiction, on les voit cependant, de bonne heure, se produire sous une forme spécialement appropriée à une première vêture. Telles, elles apparaissent déjà, peu après 950, dans un pontifical rédigé dans l’abbaye de Saint‑Alban de Mayence. Fait sans doute, pour une bonne part, d’emprunts à des sources plus anciennes, ce p.439 recueil se propagea rapidement dans toute l’Allemagne, la France du Nord, l’Angleterre et jusqu’à Rome même, où il fut imposé par l’influence de la cour ottonienne. Il répandit au loin le modèle de la bénédiction de l’épée « nouvellement ceinte ». Entendons bien, d’ailleurs, que cette consécration ne constituait alors dans la solennité qu’une sorte de préface. L’adoubement se déroulait ensuite selon ses formes particulières. 

La encore, pourtant, l’Église pouvait tenir son rôle. Le soin d’armer l’adolescent n’avait pu appartenir, originellement, qu’à un chevalier déjà confirmé dans ce titre : son père, par exemple, ou son seigneur. Mais il arriva aussi qu’on le confiât à un prélat. Dès 846, le pape Serge avait passé le baudrier au Carolingien Louis II. De même, Guillaume le Conquérant fit plus tard adouber un de ses fils par l’archevêque de Canterbury. Sans doute l’honneur ainsi rendu allait‑il moins au prêtre qu’au prince de l’Église, chef de nombreux vassaux. Un pape ou un évêque, cependant pouvaient‑ils renoncer à s’entourer d’une pompe religieuse ? La liturgie, par là, était comme invitée à imprégner la cérémonie tout entière. 

C’était chose faite au XIe siècle. Un pontifical de Besançon, qui fut établi en ce temps, ne contient, il est vrai, que deux bénédictions de l’épée, l’une et l’autre fort simples. Mais de la seconde il ressort clairement que l’officiant était supposé remettre lui-même l’arme. Cependant, pour trouver un véritable rituel religieux de l’adoubement, c’est plus au nord qu’il faut regarder, vers ces pays d’entre Seine et Meuse qui furent l’authentique berceau de la plupart des institutions proprement féodales. Notre plus ancien témoin est ici un pontifical de la province de Reims, compilé, vers le début du siècle, par un clerc qui, tout en s’inspirant du recueil mayençais, n’en puisait pas moins abondamment dans les usages locaux. La liturgie comporte, avec une bénédiction de l’épée, qui reproduit celle de l’original rhénan, des prières, de même sens, applicables aux autres armes ou insignes : bannière, lance, bouclier, à la seule exception des éperons dont la remise sera jusqu’au bout réservée à des mains laïques. Vient ensuite une bénédiction du futur p.440 chevalier lui-même. Enfin, la mention expresse que l’épée sera ceinte par l’évêque. Puis, après une lacune de près de deux siècles, le cérémonial apparaît pleinement développé, en France encore, dans le Pontifical de l’évêque de Mende, Guillaume Durant, rédigé vers 1295, mais dont les éléments essentiels datent vraisemblablement du règne de saint Louis. Ici le rôle consécrateur du prélat est poussé aux dernières limites. Il ne ceint plus seulement le glaive ; il donne aussi la paumée ; il « marque », dit le texte, le postulant « du caractère chevaleresque ». Passé au XIVe siècle dans le Pontifical Romain, ce schéma, d’origine française, devait devenir le rite officiel de la chrétienté. Quant aux pratiques accessoires — le bain purificateur, imité de celui des catéchumènes, la veillée des armes —, elles ne semblent pas s’être introduites avant le XIIe siècle ni avoir jamais été autre chose qu’exceptionnelles. Aussi bien, la veillée n’était‑elle pas toujours vouée entièrement à de pieuses méditations. A en croire un poème de Beaumanoir, il arrivait qu’elle se fît, profanement, au son des vielles (283)

Ne nous y trompons pas — aucun de ces gestes religieux ne fut jamais indispensable à l’acte. Les circonstances, d’ailleurs, en eussent assez souvent empêché l’accomplissement. Ne fit‑on pas, de tout temps, des chevaliers sur le champ de bataille, avant ou après le combat ? Témoin encore, après Marignan, la colée que — de l’épée, selon l’usage du moyen âge finissant — Bayard donna à son roi. En 1213, Simon de Montfort avait entouré d’un pieux éclat, digne d’un héros croisé, l’adoubement de son fils, que deux évêques, au chant du Veni Creator, armèrent chevalier pour le service du Christ. Au moine Pierre des Vaux‑de‑Cernay, qui y assista, cette solennité arrache un cri caractéristique : « O nouvelle mode de chevalerie ! Mode jusque‑là inouïe. » Plus modeste, la bénédiction de l’épée elle‑même, au témoignage de Jean de Salisbury (284), n’était pas générale vers le milieu du XIIe siècle. Elle semble cependant avoir été alors très répandue. L’Église, en un mot, avait cherché à transformer l’antique remise des armes en un « sacrement » — le mot, qui se rencontre sous la plume de clercs, n’avait rien de choquant à une époque où, la théologie étant encore p.441 bien loin de la rigidité scolastique, on continuait volontiers à confondre sous ce nom toute espèce d’acte de consécration. Elle n’y avait pas réussi pleinement. Mais elle s’était du moins taillé une part, ici plus large, là plus restreinte. Ses efforts, en marquant l’importance qu’elle attachait au rite d’ordination, contribuèrent grandement à aviver le sentiment que la chevalerie était une société d’initiés. Et, comme à toute institution chrétienne il fallait la sanction de fastes légendaires, l’hagiographie vint à la rescousse. « Quand on lit, à la messe, les épîtres de saint Paul », dit un liturgiste, « les chevaliers restent debout, pour l’honorer, car il fut chevalier (285). » 

  

II. Le code chevaleresque 

  

Cependant, une fois entré en scène, l’élément religieux ne borna point ses effets à fortifier, dans le monde chevaleresque, l’esprit de corps. Il exerça également une puissante action sur la loi morale du groupe. Avant que le futur chevalier ne reprît son épée sur l’autel, un serment lui était ordinairement demandé, qui précisait ses obligations (286). Tous les adoubés ne le prêtaient point, puisqu’ils ne faisaient pas tous bénir leurs armes. Mais, avec Jean de Salisbury, les écrivains d’Église estimaient volontiers que, par une sorte de quasi-contrat, ceux‑là même qui ne l’avaient point prononcé des lèvres s’y étaient « tacitement » soumis, par le seul fait d’avoir accepté la chevalerie. Peu à peu les règles ainsi formulées pénétrèrent dans d’autres textes : d’abord, dans les prières, souvent fort belles, qui scandaient le déroulement de la cérémonie ; plus tard, avec d’inévitables variantes, dans divers écrits en langue profane. Tel, peu après 1180, un passage célèbre du Perceval de Chrétien de Troyes. Puis ce sont, au siècle suivant, quelques pages du roman en prose de Lancelot ; dans le Minnesang allemand, une pièce du « Meissner » ; enfin et surtout, le petit poème didactique français intitulé L’Ordene de Chevalerie. Cet opuscule eut un vif succès. Bientôt paraphrasé en une « couronne » de sonnets italiens, imité, en Catalogne, par Raimon Lull, il ouvrit la voie à la foisonnante littérature qui, p.442 durant les derniers siècles du moyen âge, devait épuiser jusqu’à la lie l’exégèse symbolique de l’adoubement et, par ses outrances, dénoncer, avec la décadence d’une institution passée du droit à l’étiquette, l’affadissement de l’idéal même qu’on affectait de faire sonner si haut. 

Dans sa fraîcheur, pourtant, cet idéal n’avait pas été sans vie. Il se superposait aux règles de conduite dès auparavant dégagées par la spontanéité des consciences de classe : code de fidélité des vassaux — la transition apparaît clairement, vers la fin du XIe siècle, dans le Livre de la Vie Chrétienne de l’évêque Bonizon de Sutri, pour qui le chevalier, visiblement, est encore, avant tout, un vassal fieffé ; — surtout code de classe des gens nobles et « courtois ». A ces morales mondaines, le nouveau décalogue emprunta les principes les plus acceptables à une pensée religieuse : largesse, poursuite de la gloire, le « los » ; mépris du repos, de la souffrance et de la mort — « celui-là », dit le poète allemand Thomasin, « ne veut pas faire métier de chevalier qui ne veut vivre que doucement » (287). Mais c’était en colorant ces normes mêmes de teintes chrétiennes ; et, plus encore, en nettoyant le bagage traditionnel des éléments de nature très profane qui y avaient tenu et, en pratique, continuaient d’y tenir une si large place : ces scories qui, sur les lèvres de tant de rigoristes, depuis saint Anselme jusqu’à saint Bernard, avaient amené le vieux jeu de mots, tout gonflé du mépris du clerc pour le siècle non militia, sed malitia (288). « Chevalerie égale méchanceté » après l’annexion définitive, par l’Église, des vertus chevaleresques, quel écrivain désormais eût osé répéter cette équation ? Enfin aux préceptes anciens, ainsi épurés, d’autres étaient venus s’ajouter, qui portaient l’empreinte de préoccupations exclusivement spirituelles. 

Du chevalier, clercs et lais s’accordent donc à exiger cette piété, sans laquelle Philippe Auguste lui-même estimait qu’il n’était point de vrai « prudhomme ». Il doit aller à la messe, « tous les jours » ou, du moins, « volontiers » ; il doit jeûner le vendredi. Cependant ce héros chrétien demeure, par nature, un guerrier. De la bénédiction des armes, n’attendait‑on pas avant tout qu’elle les rendît efficaces ? Les prières expriment clairement cette croyance. Mais l’épée, p.443 ainsi consacrée — si nul ne songe à interdire de la tirer, au besoin, contre des ennemis personnels ou ceux d’un maître — le chevalier l’a reçue, avant tout, pour la mettre au service des bonnes causes. Déjà les vieilles bénédictions du Xe siècle finissant mettent l’accent sur ce thème, que développent largement les liturgies postérieures. Ainsi une discrimination, d’intérêt capital, s’introduisait dans le vieil idéal de la guerre pour la guerre, ou, pour le gain. Avec ce glaive, l’adoubé défendra la Sainte Église, particulièrement contre les païens. Il protégera la veuve, l’orphelin, le pauvre. Il poursuivra les malfaiteurs. A ces préceptes généraux, les textes laïques joignent volontiers quelques recommandations plus spéciales qui touchent la conduite au combat : ne point tuer le vaincu sans défense ; — la pratique des tribunaux et de la vie publique : ne point participer à un faux jugement ou une trahison ; si on ne peut les empêcher, ajoute modestement l’Ordene de Chevalerie, quitter la place ; — enfin les incidents de la vie quotidienne : ne pas donner de mauvais conseils à une dame ; aider, « si l’on peut », son prochain dans l’embarras. 

Que, tissée de beaucoup de ruses et de violences, la réalité fût loin de répondre toujours à ces aspirations, comment s’en étonner ? Inclinera‑t‑on, d’autre part, à observer que du point de vue, soit d’une morale d’inspiration « sociale », soit d’un code plus purement chrétien, une pareille table des valeurs peut sembler un peu courte ? Ce serait se laisser aller à juger, là où l’historien a pour seul devoir de comprendre. Il est plus important de noter qu’en passant des théoriciens ou liturgistes d’Église aux vulgarisateurs laïques, la liste des vertus chevaleresques paraît bien avoir souvent subi un assez inquiétant amenuisement. « Le plus haut ordre que Dieu ait fait et commandé, c’est l’ordre de chevalerie », dit, avec son ampleur coutumière, Chrétien de Troyes. Mais il faut avouer qu’après ce préambule sonore les enseignements que son prudhomme donne au jeune garçon par lui armé paraissent d’une déconcertante maigreur. Peut‑être, à vrai dire, Chrétien représente‑t‑il plutôt la « courtoisie » des grandes cours princières du XIIe siècle que la « prudhommie », pénétrée de souffles religieux, comme, au siècle suivant, on l’entendait autour de Louis IX. Ce p.444 n’est pas hasard sans doute si l’époque et le milieu mêmes où vécut ce saint adoubé ont donné naissance à la noble prière qui, recueillie dans le Pontifical de Guillaume Durant, nous offre comme le commentaire liturgique des chevaliers de pierre, dressés par les imagiers au portail de Chartres ou au revers de la façade de Reims : « Seigneur très saint, Père tout Puissant… toi qui as permis, sur terre, l’emploi du glaive pour réprimer la malice des méchants et défendre la justice ; qui, pour la protection du peuple as voulu instituer l’ordre de chevalerie… fais, en disposant son cœur au bien, que ton serviteur que voici n’use jamais de ce glaive ou d’un autre pour léser injustement personne ; mais qu’il s’en serve toujours pour défendre le Juste et le Droit. » 

Ainsi l’Église, en lui assignant une tâche idéale, achevait de légitimer l’existence de cet « ordre » des guerriers qui, conçu comme une des divisions nécessaires d’une société bien policée, s’identifiait de plus en plus avec la collectivité des chevaliers adoubés : « O Dieu, qui après la chute, as constitué dans la nature entière trois degrés parmi les hommes », lit‑on dans une de ces prières de la liturgie bisontine. C’était en même temps fournir à cette classe la justification d’une suprématie sociale, dès longtemps ressentie en fait. Des chevaliers, le très orthodoxe Ordene de Chevalerie ne dit‑il pas qu’il convient de les honorer par‑dessus tous les autres hommes, prêtre excepté ? Plus crûment, le roman de Lancelot, après avoir exposé comment ils furent institués « pour garantir les faibles et les paisibles », ne poursuit‑il pas, conformément au goût du signe, familier à toute cette littérature, en montrant dans les chevaux qu’ils montent le propre symbole du « peuple » qu’ils tiennent « en droite subjection » ? « Car dessus le peuple doit seoir le chevalier. Et de même qu’on point le cheval et que celui qui dessus sied le mène où il veut, de même le chevalier doit mener le peuple à son vouloir. » Plus tard, Raimon Lull ne croira pas heurter le sentiment chrétien en déclarant conforme au bon ordre que le chevalier « tire son bien‑être » des choses que lui procurent « la fatigue et la peine » de ses hommes (289). État d’esprit nobiliaire, s’il en fut, éminemment favorable à l’éclosion de la noblesse la plus stricte. 

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Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 12 décembre, 2008 |Pas de commentaires »

Serment des Maitres Templiers de la Province de Portugal

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Je…,chevalier de l’Ordre du Temple et nouvellement élu maître des chevaliers qui sont en Portugal, promets à Jésus christ, mon seigneur et à son vicaire…le souverain pontife, et à ses successeurs, obéissance et fidélité perpétuelles; et je jure que je ne défendrai pas seulement de parole, mais encore par la force des armes et de la vie , les mystères de la foi , les sept sacrements, les quatorze articles de la Foi, le symbole de la Foi et celui de Saint Athanase, les Livres, tant l’ancien que le Nouveau Testament, avec les commentaires des Saints Pères qui ont été reçus par l’Église , l’unité de DIEU et la pluralité des personnes de la Sainte Trinité : que Marie fille de Joachim et d’Anne, de la tribu de Juda et de la race de David, est toujours demeurée Vierge , avant l’enfantement, pendant l’enfantement et après l’enfantement.

Je promets d’être soumis et obéissant au Maître Général de l’Ordre, selon les statuts qui nous ont été prescrits par notre père Saint Bernard.

Que toute les fois qu’il sera besoin, je passerai les mers pour aller combattre; que je donnerai secours contre les rois et les princes infidèles ; que je ne serai jamais sans armes et cheval; qu’en présence de trois ennemis je ne fuirai point et leur tiendrai tète, s’ils sont aussi infidèles ; que je ne vendrai point les biens de l’Ordre, ni ne consentirai qu’ils soient vendus ou aliénés;que je garderai perpétuellement la chasteté.

Que je serai fidèle au roi , que je ne livrerai point aux ennemis les villes et les places appartenant à l’Ordre, et que je ne refuserai point aux personnes religieuses, principalement aux religieux de Citeaux et à leurs abbés, comme étant nos frères et compagnons, aucun secours, soit par paroles, soit par Bonnes Oeuvres et même par les armes.

En foi de quoi, de ma propre Volonté, je jure que j’observerai toutes ces choses.Dieu me soit en aide, et ses Saints Evangiles.

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 1 décembre, 2008 |1 Commentaire »

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