Archive pour juin, 2008

La restauration des Templiers

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La restauration des Templiers

 

 

Au cours des siècles, en Europe et en Amérique, des Ordres et des associations de tous les genres ont été fondés, revendiquant leur descendance directe des templiers et se rapportant, dans leurs rites, leurs oeuvres et leurs règles, à ceux du très célèbre Ordre (voir bibliographie: G. Ventura, T. e templarismo…; M. Lo Mastro, Dossier T: …; et B. Blandre, L’Ordre …). La filiation prétendue directe de l’Antique Ordre, toutefois, est sans fondement, fausse du point de vue juridique et historique; dans tous les cas, une reviviscence éventuelle de l’Ordre (en théorie possible) doit passer par le Saint Siège.

La situation de la fondation créée en 1979 à Poggibonsi (Sienne), est, au contraire, différente grâce à l’initiative de M. le Comte Marcello Alberto Cristofani della Magione. Celui-ci, en effet, a donné naissance à une association de laïques qui désirent se rapprocher des idéals et du style de vie décrits par S. Bernard dans Liber ad Milites Templi de Laude novae militiae pour les Templiers (sans prétendre une filiation directe de l’antique Ordre) et se proposent, comme intentions particulières, de prendre soin de la liturgie et de la lecture de l’office divin, de l’approfondissement de la spiritualité et de la culture de la chevalerie chrétienne, de l’assistance des pélerins et du soutien moral et matériel du prochain et, en particulier, des chrétiens en Terre Sainte et de l’éducation des jeunes. Reconnue civilement le 21.9.1979, l’association avec ses constitutions de type chevaleresque et avec des claires allusions à l’antique Ordre, a été approuvée (8.9.1988) par l’Archevêque de Sienne, Mons. Mario Jsmaele Castellano, comme association privée de fidèles sous le titre de « Milizia del Tempio » (Milice du Temple) (Ordo Militiae Christi Templique Hierosolymitani). Le 24.11.1989, Mons. Castellano a approuvé quelques modifications aux constitutions alors que le 18.11.1990, le nouvel Archevêque de Sienne, Mons. Bonicelli, a approuvé la règle sous le titre de « Regola dei poveri cavalieri di Cristo dell’Ordine della Milizia del Tempio » (Règle des pauvres chevaliers du Christ de l’Ordre de la Milice du Temple), tirée de celle de l’antique Ordre et adaptée à nos jours. Pendant ce temps, le 13.9.1989, le Pape Jean-Paul II avait concédé in perpetuum, une série d’indulgences plénières pour les moments les plus déterminants de la vie des chevaliers.

Selon la règle, la nouvelle « Milice » réunit trois catégories de membres: les chevaliers avec profession solennelle qui se consacrent de façon perpetuelle à la Milice avec l’investiture et la promesse d’observer les trois conseils évangéliques classiques ainsi que le témoignage public de foi (quatrième promesse) et les chevaliers non profés (ou « en obéissance ») qui, avec l’investiture, s’engagent à tendre vers la perfection de la vie chrétienne; les femmes (ou les dames) qui, restant dans leur état, désirent collaborer de plusieurs façons avec la Milice, toujours sous l’autorité du grand maître de la Milice; la troisième catégorie est composée d’hommes et de femmes qui, à cause de leur jeune âge et de leur inexpérience ne sont pas retenus prêts pour assumer un engagement définitif: ils servent dans les files de la Milice comme donats, prononçant seulement une promesse temporaire, à renouveler tous les trois ans.

Pour être admis à la profession et à l’investiture, il faut un noviciat de la durée d’au moins un an et avoir 21 ans.

Même les adultes qui, tout en partageant les idéals, ne peuvent ou ne désirent pas s’engager avec la « Règle », peuvent se joindre à la Milice; ceux-ci sont cooptés comme chapelains (évêques ou prêtres) ou comme « décorés » (pour leur mérite) ou inscrits comme amis.

Selon la règle et les constitutions, la Milice est dirigée par le grand maître (Maître des pauvres chevaliers du Christ, duc de la Milice du Temple) élu tous les trois ans par le chapitre des treize chevaliers de la justice (conseil).

Au chapitre général, composé de chevaliers et de dames, revient le devoir législatif; au conseil (ou cour d’honneur) celui disciplinaire et de contrôle; au conseil magistral grand prieural, la formulation de la politique de gouvernement.

Cinq ministères sont adjoints aux organes du centre pour la réalisation des devoirs de la Milice: la prélature (le prélat général est nommé tous les trois ans par l’Archevêque de Sienne) pour la formation spirituelle et doctrinale; la lieutenance générale pour l’administration de la discipline, fixer et régler l’élection du nouveau grand maître; le préceptorat magistral (capitaine) pour la formation idéale et chevaleresque; la chancellerie magistrale pour le gouvernement, l’administration et l’organisation générale; le gouvernement pour le maintient du siège magistral et la conservation du patrimoine.

La règle prescrit seulement la lecture en commun des vêpres (les chevaliers profès ont l’obligation du bréviaire quotidien), mais la possibilité de constituer aussi des maisons de vie conventuelle est à l’étude.

Les chevaliers avec profession solennelle (religieux) ou en obéissance (séculaires) portent, selon les cas, un vêtement blanc composé d’une tunique, d’un scapulaire avec croix à huit pointes rouge sur la poitrine et un manteau où la même croix est placée sur l’épaule gauche; les dames, un voile blanc avec la croix sans le bras supérieur; les chapelains, une mozette blanche avec bord et boutons rouges et croix à huit pointes sur la partie antérieure gauche. Les autres inscrits n’ont pas de tenue, mais seulement la décoration ou l’insigne.

La Milice est soutenue financièrement par les contributions de ses membres, par les dons d’organismes publics et privés et par l’activité qu’elle soutient.

Actuellement, la Milice, qui compte une trentaine de chevaliers avec profession solennelle, quelques centaines de chevaliers en obéissance et de nombreux inscrits dans les autres catégories, a constitué une dizaine de préceptorats nationaux (grands prieurés) et de nombreux prieurés et commendes locaux; elle a organisé ou affilié des groupes scouts et des organisations de jeunes en Italie et à l’étranger. Le siège magistral est dans le château de la Magione de Poggibonsi (Sienne), un extraordinaire ensemble de constructions romanes qui remonte au XIème siècle, appartenu jusqu’en 1312 aux Templiers et, lors de leur suppression, aux « Ospedalieri » de Saint Jean de Jérusalem; après être passé dans les mains de différents propriétaires, le 20.1.1979, M. le Comte Marcello Alberto Cristofani della Magione l’achète et en fait le don patrimonial pour le siège magistral de la Milizia del Tempio à constituer.

Siège magistral: Castello della Magione – 53036 Poggibonsi (Siena) 

 

Bibliographie

G. Ventura, T. e templarismo, Roma 1980 (prima ed. 1964); B. Blandre, L’Ordre des chevallers du Temple, du Christ et de Notre Dame. Association ou Ordre religieux esotérique?, in Praxis juridique et religion 3 (1986) 158-63; M. Lo Mastro, Dossier T. 1113-990, Roma [1990]; G. Mantelli, La Magione. Casa t. sulla via Francigena, Poggibonsi 1990; Regola dei poveri Cavalieri di Cristo dell’Ordine della Milizia del Tempio, ivi 1992. 

 

Les informations sur Poggibonsi

ont été envoyées par le siege magistral de la Milice:

Castello della Magione, 1
53036 Poggibonsi (Italia)
Tel. : 0039 – 0577 – 936009
Fax.: 0039 – 0577 – 992363

cancelleria@ordo-militiae-templi.org

http://www.ordo-militiae-templi.org/startfr.htm

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 24 juin, 2008 |6 Commentaires »

Les Templiers et la Mort

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Lorsqu’un frère passe de vie à trépas, chose que personne ne peut éviter, nous demandons de chanter la messe pour le repos de son âme et l’office doit être fait par les prêtres qui servent le souverain prêtre, car c’est à vous qu’il appartient d’exercer la charité. Là ou se trouve le corps, tous les frères qui sont présents doivent dire cent patenôtres durant les sept jours qui suivent. Et tous les frères qui sont du commandement de cette maison doivent dire les cent patenôtres, comme il est dit ci-dessus, pour implorer la pitié de Dieu. Nous prions aussi et commandons par notre autorité pastorale, qu’un pauvre soit nourri de viande et de vin jusqu’au quarantième jour en souvenir du frère mort, comme s’il était encore vivant. Toutes les autres offrandes, lesquelles sont faites sans discrétion pour la mort d’un frère, en la solennité de Pâques et aux autres fêtes, et que les pauvres chevaliers du Temple ont coutume de faire de leur propre volonté, nous les défendons expressément.
La Règle des Templiers, qui est bien connues et a été étudiée par de nombreux historiens prévoyait les Prieres ( 100 patenotres pendant les 7 jours qui suivent le déces d’un Frere et 200 pour les Maîtres )pour les Freres défunts qui etaient ensevelis , en signe d’humilite, dans un simple linceul et inhumés a même la terre dans un lieu proche de la chapelle de la communauté

Un templier ne possédant rien en propre et ayant en général fait don de ses biens à l’Ordre, ses vêtements, armes et équipements retournaient au freres charges de leur entretien

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 21 juin, 2008 |Pas de commentaires »

COURONNE DES ROIS DE FRANCE ET AUTRES.

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COURONNE DES ROIS DE FRANCE ET AUTRES. Sous la troisième race de nos rois, on observe dans leurs monnaies et dans leurs sceaux pour Couronne un cercle d’or, enrichi de pierreries et rehaussé de fleurs de lys. Dominicy nous a représenté les sceaux de Robert et de Henri Ier, rois de France, avec cette espèce de Couronne, où les fleurs de lys sont assez mal figurées. Les monnaies de Philippe le Bel et des rois qui lui ont succédé présentent l’image de ces princes avec cette même Couronne. Quelques auteurs avancent que ce fut François Ier qui commença à la porter fermée, pour contrecarrer CharlesV, roi d’Espagne, qui avait été élu empereur, et pour montrer qu’il était souverain d’un royaume qui ne relevait que de Dieu. Quoique cette assertion ait quelque fondement, on lit qu’à l’entrée de Louis XII dans Paris, en 1498, le grand écuyer porta son heaume et tyambre, sur lequel y avoit une Couronne de fines pierres précieuses et au dessus du heaume, au milieu de la dite Couronne, y avoit une fleur de lys d’or, comme empereur. Ce sont les termes du Cérémonial de France, qui semblent marquer que cette Couronne était fermée, puisqu’elle avait au sommet une fleur de lys. Il faut néanmoins remarquer que dans les monnaies de ce prince, la Couronne n’est qu’un cercle rehaussé de fleurs de lys, comme dans la monnaie d’or qu’il fit battre à l’honneur du pape Jules II. Le même roi, dans les testons qu’il fit forger à Milan, est représenté avec un bonnet retroussé et une Couronne de fleurs de lys sur le retroussis. François Ier est pareillement figuré dans quelques testons avec ce même bonnet, mais avec cette différence, que la Couronne de fleurs de lys est au-dessus du retroussis. Il paraît encore en quelques cas, avec une Couronne entremêlée de fleurs de lys et de rayons. Enfin il est représenté en d’autres, avec une Couronne rehaussée de fleurs de lys et de fleurons, et fermée par en haut, ce qui a été continué par ses successeurs. Nous reproduisons, ci-contre, la Couronne de François Ier, roi de France, d’après le portrait de ce prince, peint par Raphaël et conservé à Fontainebleau. (Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale.)
Il est constant que les Rois de France n’ont porté la Couronne fermée que dans les derniers siècles ; ce qui a donné sujet à l’auteur de l’ancienne Chronique de Flandre, de dire qu’entre les Couronnes des Rois, celle de l’Empereur est seule couverte par dessus. Mais Du Cange ne sait si l’on ajoute créance à ceux qui ont écrit que François Ier prit la Couronne fermée pour contrecarrer Charles v ; car il estime plutôt qu’il le fit, parce qu’il s’aperçut que les rois d’Angleterre, ses inférieurs en dignité, la portaient de cette façon, il y avait longtemps. En effet, non seulement toutes les monnaies d’or et d’argent de Henri VIII le représentent avec la Couronne fermée, mais même dans celles de Henri VI et de Henri VII, elle est figurée de la même manière. On croit que cette Couronne est celle d’Édouard-le-Confesseur, dont les rois d’Angleterre sont couronnés le jour de leur sacre, laquelle Couronne est archée en croix, dit Froissart, lorsqu’il raconte les cérémonies du couronnement de Henri dit de Lancastre, en l’an 1399. Pourtant, cet Henri, ou du moins Henri v, son successeur, paraît avec une Couronne de fleurs de lys non fermée, sur une monnaie d’argent frappée à Calais, qui représente, d’un côté, la face entière et le buste de ce prince, avec de grands cheveux, et la Couronne précitée. Les monnaies d’Édouard III sont semblables.
Il peut se faire encore que François Ier adopta la Couronne fermée, pour se distinguer des princes non souverains, des ducs et des comtes, qui avaient aussi le droit de porter la Couronne, et qui la faisaient graver sur leurs monnaies. Le savant Selden, en ses Titres d’honneur, a avancé que cette espèce de Couronne est d’une invention récente, et qu’en l’an 1200 les ducs et les comtes n’en avaient point. Il le prouve par un passage de l’Histoire de Geoffroy de Ville-Hardouin, qui fait parler ainsi le duc de Venise, aux députés du marquis de Montferrat, des comtes de Flandre, de Blois, de Saint-Paul, de Brienne et autres : Bien avons quenu que vostre seignors sont li plus hauts homes que soient sans Couronne. Cette citation semble être formelle pour conclure que le marquis de Montferrat et les autres comtes ne portaient pas alors de Couronnes. Du Cange trouve néanmoins que les ducs même en France, ont porté Couronne avant cette époque. Car nos Annales rapportent que Charles le Chauve au retour de Rome vint à Pavie, où il tint ses états, et qu’après avoir établi Boson, frère de sa femme, duc de ces provinces, et l’avoir ceint la tête d’une Couronne ducale, il vint en France : « Romam exiens, Papiam venit, ubi et placitum suum habuit ; et Bosone, uxoris suæ fratre, duce ipsius terra constituto, et corona ducali ornato, et collegis ejus in eodem regno relictis, ad monasterium Sancti Dionysii pervenit. » Nous lisons même qu’au temps de Geoffroy de Ville-Hardouin, les Couronnes de ducs étaient aussi en usage. Roger de Howden raconte que Jean, comte de Mortain, ayant appris en France la mort de Richard ier, roi d’Angleterre, son père, il se mit en route pour aller recceillir la Couronne, et que, passant par Rouen, le jour de la fête de Saint Marc, « accintus est gladio ducatus Normanniæ, in Matrici ecclesia, per manum Wateri, Rotomagensis archiepiscopi ; et prædictus archiepiscopus posuit in capite ducis circulum aureum, habentem in summitate per circuitum rosas aureas. »
Il est constant qu’aux sacres des rois, les ducs et les comtes qui avaient la qualité de pairs de France, ou ceux qui les ont représentés, s’y sont trouvés avec la Couronne sur la tête. Le Cérémonial français dit qu’au sacre de Charles VIII les pairs séculiers étaient vestus de manteaux, ou socques de Pairie, renversez sur les épaules, comme un épitoge, ou chappe de docteur, et fourrez d’hermines, ayans sur leurs testes des cercles d’or, les ducs à deux fleurons, et les comtes tout simples. (Du Cange — Glossarium — Des Couronnes des rois de France).
On doit ajouter que Charles V est le premier roi de France dont le contre-sceau porte un écu sommé d’une Couronne (1364- 1389).
La Couronne de la reine Catherine de Médicis, sommant son sceau armorial en bronze, dont l’original est conservé à l’Hôtel des Monnaies, à Paris, paraît être unique de son genre. Elle consiste en un étroit bandeau d’or, enrichi de pierres précieuses rondes, surmonté de quatre fleurs de lys alternées avec quatre feuilles d’ache, entre lesquelles quatre petites perles sont posées sur des pointes aussi d’or. Les fleurs de lys et les feuilles d’ache sont diadémées de huit demi-cercles croisés d’or, surmontés d’un trèfle aussi d’or. La figure, ci-contre, en est la reproduction exacte.
La réglementation des Couronnes, tant pour la noblesse que pour les princes du sang de France, n’a été complétée que sous le règne de François Ier, et probablement au moment où ce monarque prit définitivement lui-même la Couronne fermée, dont le cercle-bandeau resta toujours rehaussé de fleurs de lys, comme auparavant, pour signe du rang suprême. De là pour point de départ :
Le Prince héritier eût la Couronne entièrement ouverte à huit fleurs de lys ; et après la réunion du Dauphiné à la France, une Couronne close par quatre dauphins posés la tête en bas, issants du cercle-bandeau fleurdelisé, et réunis par la queue au sommet par une fleur de lys.
Le Prince du sang royal, non héritier du trône, la Couronne ouverte à quatre fleurs de lys et quatre fleurons d’ache alternatifs.
Mais l’une et l’autre de ces Couronnes avaient les cercles-bandeaux moins larges et les fleurs de lys moins hautes que ceux de la Couronne royale. Cette hiérarchie, ayant été jugée nécessaire pour désigner le rang de aucun des princes de la famille royale, elle dut provoquer et amener naturellement une semblable réglementation hiérarchique pour les Couronnes qui seraient attribuées désormais à chacun des titres nobiliaires de duc, marquis, comte, vicomte et baron, laquelle réglementation était désirée par les grands eux-mêmes dont la Couronne à fleurons, de même forme pour tous, causait des erreurs déplorables que tous aspiraient à voir cesser. Il est incontestable que cette règlementation date du commencement du xvie siècle, si ce n’est de la fin du XVe.
DESCRIPTION EXACTE DES COURONNES EN USAGE POUR LES DIFFÉRENTS TITRES NOBILIAIRES
Couronne de prince. — Un bonnet évasé en velours cramoisi, retroussé d’hermine et diadémé de quatre demi-cercles croisés d’or surmontés d’un globe d’azur sommé d’une croix et cintré d’or.
Couronne de duc. — Un cercle d’or, enrichi de rubis et d’émeraudes, surmonté de huit fleurons d’ache d’or, posés sur des pointes aussi d’or.
Couronne de marquis. — Un cercle d’or, enrichi de rubis et d’émeraudes, surmonté de huit fleurons d’or ; quatre de feuilles d’ache et quatre alternatifs formés de trois grosses perles, posées en trèfle.
Couronne de comte. — Un cercle d’or enrichi de rubis et d’émeraudes, surmonté de seize grosses perles de compte, élevées sur des pointes d’or.
Couronne de vicomte. — Un cercle d’or enrichi de rubis et d’émeraudes, surmonté de quatre grosses perles de conte, entre chacune desquelles eut une perle plus petite, posée un peu plus bas.
Couronne de baron. — Un cercle d’or enrichi de rubis et d’émeraudes, entortillé d’un collier ou chapelet de perles moyennes. Depuis certain temps, l’usage s’est répandu de surmonter le cercle d’or de cette Couronne, de quatre grosses perles. C’est une imitation de la Couronne des lords de la Grande-Bretagne. (Marquis Claude Drigon de Magny — Des couronnes héraldiques, Florence, 1878).
Couronne de chevalerie. — Dans les Pays-Bas espagnols et autrichiens, les souverains accordaient une Couronne de noblesse dite de chevalerie qu’on posait sur le casque. Elle se composait d’un cercle d’or, orné de rubis et de saphirs, surmonté de quatre feuilles d’ache, alternées avec quatre grosses perles, posées sur des pointes aussi d’or. Elle est encore concédée ainsi en Néerlande et en Belgique, aux simples écuyers ou nobles.
Couronne de prince Romain. — Les princes actuels créés par le Saint-Siége usent, par erreur, de la Couronne de prince du Saint-Empire Romain. Or, le Saint-Empire Romain n’existe plus depuis 1806. La Couronne de prince romain consiste en un étroit cercle d’or, enrichi de pierres précieuses, surmonté de seize pointes triangulaires aussi d’or.
La Couronne est fourrée d’un bonnet conique de pourpre se terminant en pointe, ainsi qu’on le voit sur les diplômes modernes des SFORZA CESARINI, ducs de Savelli, princes romains (1818). Elle surmonte un manteau de pourpre fourré d’hermine, sur lequel on pose les armoiries du titulaire.
Couronne du roi d’Aragon. — Il existe une médaille d’Alphonse v, surnommé le Magnanime, roi d’Aragon, (né en 1416, mort en 1458), gravée par Victor Pisanello, en Italie, représentant le buste de ce souverain, à côté duquel on voit sa Couronne qui est composée d’un cercle surmonté de quatre fleurons d’ache dont les interstices sont ornés de perles. Ces fleurons sont alternés avec quatre grosses perles et montés, comme celles-ci, sur des pointes curvilignes. (Trésor de numismatique et de glyptique, Paris, 1834).
Couronne de Russie. — Les anciens grands princes de Russie portaient sur la tête, non point une Couronne, mais un bonnet rond (Koibok), orné de perles et de pierres précieuses. La Couronne des tzars, au contraire, forme un bonnet conique. On conserve dans le Trésor du monastère de Saint-Alexandre Newski, à Pétersbourg, la toque ronde du prince Alexandre Newski.
Sur le cercueil de l’empereur de Russie, Alexandre ier, on plaça, en 1826, lors des obsèques de ce souverain, la Couronne impériale et la Couronne royale de Pologne. On y vit porter aussi les vieilles Couronnes de Sibérie, de Kazan, d’Astrakhan, de Crimée et de Géorgie, tirées du Palais des Armures (Oranjeinala Palata), dépôt précieux de joyaux et d’antiquités nationales.
Couronne impériale de la tzarine Elisabeth i — Parmi les Couronnes diverses dont les souverains russes ceignent tour à tour leur front dans la cérémonie du couronnement et qui figurent dans l’Atlas des Antiquités de l’Empire de Russie, aucune ne donne l’idée de plus de richesse et d’éclat que la Couronne impériale d’Elisabeth i. Il ne paraît pas que cette Couronne ait été conservée intacte au Trésor du Kremlin. Probablement, à une époque qui n’est pas connue, on en aura démonté les rubis et les diamants pour les disposer d’autre manière, suivant un caprice ou un goût plus moderne Cette Couronne rappelle la forme de la Couronne impériale actuelle des tzars dont elle parait être le type. C’est un diadème plutôt qu’une Couronne héraldique. Elle est formée d’un cercle de pierreries supportant deux parties semi-sphériques renflées à l’extérieur seulement. Le centre ou vide entre ces deux segments est traversé par un demi-cercle courbé portant à son sommet un globe surmonté d’une croisette de pierreries. Le travail en est tout à fait oriental et rappelle le style russe.
Couronne d’Irlande. — On ne peut pas refuser aux anciens Irlandais l’usage des Couronnes ; leurs annales en font souvent mention. On y trouve que l’Asiou, c’est-à-dire la Couronne de la reine épouse de Cahire-More, fut volée à l’assemblée de Téamor ; que Dorinog ô Brien, roi de la Momonie, et en partie de l’Irlande, avait emporté la couronne de ses ancêtres, lorsqu’il fit le voyage de Rome ; Ward, antiquaire de quelque réputation, dit que les rois d’Irlande paraissaient dans toutes les solennités, même dans les combats, la Couronne en tête. Cette marque de distinction fut fatale, selon Marianus Scotus, au monarque Brien-Boiromhe, à la fameuse bataille de Clontarfe, où il fut reconnu et tué par des fuyards Danois. Selon Hector Boétius, les rois d’Écosse, depuis Fergus jusqu’à Achaius, qui mourut en 819, portaient une Couronne d’or, unie en forme de palissade ou rempart, Militaris valli forma. On ne peut douter qu’ils n’aient emprunté cette enseigne de royauté de leurs ancêtres les Milésiens, comme ils en avaient tiré leur origine. On trouva, en 1692, à dix pieds en terre, une Couronne d’or en forme de bonnet ; ce furent des ouvriers qui la découvrirent en coupant de la tourbe dans un marais à Barnanely, autrement the Devils-Bit, dans le comté de Tippérary, en Irlande. Cette Couronne, qui pèse cinq onces d’or, est assez bien travaillée ; elle ressemble aux Couronnes des empereurs d’Orient, et est composée d’un casque et d’un diadème, selon la description qu’en fait Selden. Elle n’a ni croix, ni aucun autre attribut du christianisme, ce qui fait croire qu’elle a été faite à l’époque du paganisme. Cette curieuse pièce d’antiquité fut vendue à Joseph Comerford, et était conservée dans le château d’Anglure, en Champagne, dont il avait acheté la terre. Depuis cette époque, les journaux ont souvent fait mention de pareilles trouvailles dans des marais et tourbières. Il y a quelques années un sceptre d’or fut pareillement trouvé en défrichant un champ en Irlande. Il était travaillé en toile d’araignée, et presque tous les objets de cette nature et ornements qu’on a trouvés depuis sont travaillés de cette manière et avec beaucoup d’art. (P. O’KELLy, Essai historique sur l’Irlande, p. 53).
La Couronne princière en Irlande, au moyen-âge, était formée de trois feuilles de fraisier, montées sur un diadème d’or, telle que la portait les O’Neill, princes de Tvrone et de Clanaboy.
COURONNES, subst. fém. plur., marques de dignité sur les écus d’armoiries.
La Couronne du roi est un cercle de huit fleurs de lys, formé d’autant de demi-cercles qui soutiennent une double fleur de lys.
La Couronne du dauphin est un cercle de huit fleurs de lys, fermé de quatre dauphins en demi-cercles, dont les queues soutiennent une double fleur de lys. Ce n’est que depuis le règne de Louis xiv qu’ils la portent fermée.
La Couronne des enfants de France est un cercle surmonté de huit fleurs de lys ; la Couronne des princes du sang est semblable.
La Couronne ducale est un cercle à huit grands fleurons refendus. La plupart de ceux qui portent cette Couronne la mettent sur une toque de velours de gueules, terminée par une perle, à cause de leur titre de prince, ou de ce qu’ils prétendent descendre de maison souveraine.
La Couronne de marquis est de quatre fleurons et de trois perles en manière de trèfle entre chaque fleuron.
La Couronne de comte est un cercle d’or, à seize grosses perles au-dessus.
La Couronne de vicomte est un cercle d’or à quatre grosses perles au-dessus.
La Couronne de baron est un cercle sur lequel se trouvent, en six espaces égaux, des rangs de perles, trois à trois en bande.
La Couronne des vidames est un cercle sur lequel il y a quatre croix pattées, pour désigner qu’ils ont été établis afin de soutenir les droits de l’église.
Aucune Couronne de barons, comtes ou marquis ne pouvaient être mises sur les armes, sans y être autorisées par lettres-patentes en due forme, sous peine de 1500 fr. d’amende. (Arrêt du parlement, août 1663.)
Couronnes étrangères
Le pape porte sur son écu une Tiare, espèce de mitre environnée de trois Couronnes à fleurons l’une sur l’autre, la troisième terminée par un globe surmonté d’une croix, le tout d’or ; sur le derrière et au bas de la mitre il y a deux pendants.
L’empereur a sur ses armoiries une Toque en forme de tiare, avec un demi-cercle qui soutient un globe cintré, sommé d’une croix, le tout d’or ; il y a en bas deux pendants ou fanons.
Le roi d’Espagne porte sur l’écu de ses armes une Couronne dont la forme est semblable à celle de France, excepté qu’au lieu de fleurs de lys il y a des fleurons et un globe terminé par une croix pour cimier.
Les Couronnes des autres rois de l’Europe sont assez semblables à celle du roi d’Espagne.
La Couronne du grand-duc est un cercle à une fleur de lys épanouie à chaque face, et nombre de rayons aigus.
La Couronne de l’archiduc est un cercle à huit fleurons autour d’une toque d’écarlate, et un demi-cercle dessus, de dextre à sénestre, garni de perles, qui porte un globe cintré surmonté d’une croisette.
Les Couronnes des électeurs de l’Empire sont en manière de toque écarlate, rebrassées d’hermine, diadémées d’un demi-cercle couvert de perles, surmonté d’un globe terminé par une croisette.
Le doge de Venise portait sur ses armes et sur sa tête, les jours de cérémonies, une toque ducale d’étoffe d’or, avec quelques rangs de perles. On le nomme le Corne.
Les Romains avaient huit sortes de Couronnes pour récompenser les actions de valeur :
1° L’ovale, qui était de myrte, pour les généraux qui avaient vaincu sans effusion de sang. Ils étaient honorés du petit triomphe, qu’on appelait ovation ;
2° La navale ou rostrale, qui était un cercle d’or où il y avait des proues et poupes de navire gravées, pour un capitaine ou un soldat qui avait le premier sauté dans un vaisseau ennemi ;
3° La vallaire. C’était un cercle d’or ou d’argent, relevé de pals ou pieux, pour un soldat qui avait le premier forcé la palissade des ennemis ;
4° La murale. C’était un cercle d’or ou d’argent, sommé de tours, pour celui qui le premier avait monté sur la muraille d’une ville assiégée, et y avait arboré l’étendard ;
5° La civique. C’était une branche de chêne avec les glands, ou bien d’yeuse, pour celui qui avait sauvé la vie à un citoyen ;
6° La triomphale. C’était une branche de laurier (dans la suite on la fit d’or), pour un général qui avait gagné une bataille ou conquis une province ;
7° L’obsidionale ou graminée, parce qu’elle se faisait d’herbe appelée gramen, qu’on cueillait sur le lieu même. On la donnait aux généraux qui avaient forcé une armée de décamper ;
8° La castrense, qui se faisait d’or ou d’argent, et avait à l’entour des pieux de palissade qui faisaient comme autant de rayons. Elle se donnait à celui qui avait forcé le camp ennemi, ou qui avait gagné des tranchées et barrières où l’ennemi s’était fortifié
Courtoisie = ( Cte Philippe Michaux )

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 5 juin, 2008 |2 Commentaires »

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