L’architecture Croisée religieuse

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Eglise de la Croix

Le monastère de la Croix est niché dans la verdure d’une vallée de Jérusalem, à côté de l’avenue ben-Zvi, en contrebas de la Knesset et du Musée d’Israël. C’est une relique des jours où cette vallée était le vignoble des rois croisés de Jérusalem.

Le monastère est construit entre 1039 et 1056 par le roi Bagrat de Géorgie, sur le site d’une église du 5e siècle. La légende chrétienne veut qu’ait poussé à cet endroit l’arbre dans lequel est taillée la croix de Jésus. L’église actuelle date en grande partie du 11e siècle.

Les Géorgiens ont d’excellentes relations avec les Mamelouks. Ceux-ci perdent le monastère en 1300 suite à l’invasion tartare. Restauré en 1305, le monastère est vendu aux Grecs orthodoxes en 1685.

Gethsémani

Gethsémani est situé sur le Mont des Oliviers. C’est l’endroit où Jésus se recueille avant d’être arrêté suite à la trahison de Judas. Appelée Eglise de toutes les nations, l’église actuelle date de 1924. Elle est la dernière de toute une série d’églises.

La première église fut construite entre 379 et 384 par la communauté chrétienne pré-constantinienne pour commémorer la prière du Christ. Cette église est détruite par un tremblement de terre en 745.

Les Croisés construisent ensuite un oratoire dans les ruines, puis le remplacent par une église en 1170. Ils lui donnent une orientation un peu différente afin d’avoir une part de rocher dans chaque abside, une manière d’interpréter matériellement la triple prière du Christ. Le destin de cette église est inconnu. Toujours utilisée en 1323, elle est abandonnée en 1345.

Saint-Etienne

L’église Saint-Etienne est située route de Naplouse, à l’est de la Porte de Damas. Construite en 1900, elle est incluse dans les bâtiments de l’Ecole biblique et archéologique française.

La première église est construite à l’endroit présumé de la lapidation du saint. Des fouilles révèlent le plan de l’église byzantine, qui appartenait à un immense monastère détruit par les Perses en 614. Une petite chapelle est construite avant 638 par le patriarche Sophronius. Cette chapelle est restaurée par les Chevaliers Hospitaliers. Ils construisent des écuries et des âneries à côté de la chapelle. Ils détruisent l’ensemble pendant l’été 1187 pour éviter que Saladin n’utilise ce point stratégique situé près des remparts.

Saint-Jacques

L’église Saint-Jacques est le plus bel édifice religieux du quartier arménien de la Vieille Ville.

Selon la tradition arménienne, une église abrite depuis le 4e siècle la tête de Saint Jacques, frère de Saint Jean l’apôtre, décapité par Agrippa Ier en 44. Sa tête est enterrée sous le pavement actuel d’une petite pièce située au nord de la nef de l’église. Toujours selon la tradition arménienne, un deuxième Saint Jacques est enterré sous l’autel principal de l’église. Il s’agirait d’un des trois Jacques de la tradition chrétienne: Jacques fils de Zébédée, l’un des douze apôtres, Jacques fils d’Alpheus, un autre apôtre, ou encore Jacques frère de Jésus [1].

Jusqu’au 7e siècle, le patriarche grec orthodoxe est à la tête de l’Eglise arménienne. Elle a ensuite son propre patriarche. Le patriarche arménien de Jérusalem est considéré comme le successeur de saint Jacques, frère de Jésus. Dans une charte conservée à la bibliothèque du patriarcat arménien, Omar ibn al-Khattab reconnaît les droits du patriarche arménien sur les lieux saints chrétiens de Jérusalem, Bethléem, Naplouse et Samarie.

Jean de Wurzbourg, pèlerin chrétien, visite l’église à l’époque croisée: “En bas de la descente et au-delà d’une autre rue, se trouve une grande église construite en l’honneur de saint Jacques le Grand, habitée par des moines arméniens, et ils ont au même endroit un grand hospice pour recevoir les pauvres de leur nation.” [2]

Le patriarche arménien est en faveur auprès des Croisés, qui comptent des Arméniens venant de Cilicie. Les Arméniens sont les seuls alliés des Croisés au Moyen-Orient. De nombreux mariages ont lieu entre chevaliers croisés et femmes arméniennes. Les Croisés coopèrent avec enthousiasme à la reconstruction de l’église Saint-Jacques. L’authenticité de la première église est établie puisqu’ils y retrouvent la tête de saint Jacques et la main de saint Etienne.

Plus tard, toujours selon la tradition arménienne, Saladin accorde aux Arméniens un firman, à savoir un permis concernant les lieux saints. Après la conquête turque de 1517, le sultan Sélim Ier leur accorde également un firman les assurant de leurs droits et leur donnant autorité sur les communautés syriennes, coptes et éthiopiennes de la ville.

A l’origine, l’église Saint-Jacques était très large. Elle est en partie détruite par l’invasion perse, et restaurée au 8e siècle. L’église actuelle, qui date du 11e siècle, est bâtie par les Croisés après la prise de Jérusalem en 1099.

On ne voit pas l’abside de l’extérieur. L’arcade romane est haute et étroite, avec une coupole elle aussi tout en hauteur. La superficie est de 17,5 m x 24 m. L’abside est divisée par quatre larges colonnes carrées recouvertes de faïences bleues pour former une nef centrale et des portiques. Les colonnes supportent les huit arches de la coupole. Les murs sont recouverts de carreaux bleus sur une hauteur de deux mètres.

Dans le choeur, les trois autels sont: au centre celui de saint Jacques, frère de Jésus, à droite celui de saint Jean-Baptiste, à gauche celui de la Vierge Marie. L’intérieur de l’église est entièrement médiéval. La voûte de la coupole centrale est typiquement arménienne. Les travaux du 12e siècle ont servi à consolider l’édifice des 10e et 11e siècles. La chapelle Saint-Etienne, qui date du 11e siècle, sert à la fois de sacristie et de baptistère. La chapelle de Echmiadzin était sans doute le narthex de l’église médiévale. La porte, à la décoration élaborée, était probablement l’entrée principale.

Saint-Jean-Baptiste

Située dans une zone en retrait du Mauristan, l’église est en partie enterrée autour de rues dont le niveau a grimpé avec les siècles. On y entre par la rue du quartier chrétien.

Une église existe dès le milieu du 5e siècle. Après sa destruction par les Perses en 614, elle est restaurée par Jean l’Aumônier. Les fondations du 5e siècle sont utilisées par les marchands d’Amalfi pour l’église du 11e siècle. L’église devient ensuite le berceau des Chevaliers Hospitaliers.

Voici la description qu’en fait Jean de Wurzbourg, pèlerin chrétien à l’époque croisée: “En face de l’église du Saint-Sépulcre, sur le côté opposé, on trouve une belle église construite en l’honneur de Jean le Baptiste, à côté de laquelle un hôpital reçoit dans plusieurs pièces une multitude énorme de malades, à la fois hommes et femmes, qui sont secourus et soignés chaque jour à très grands frais…” [3]

La façade actuelle avec ses deux petits clochers est une addition moderne.

Saint-Sépulcre

Le Saint-Sépulcre est situé au coeur du quartier chrétien, dans la partie nord-ouest de la Vieille Ville, au bout de la Via Dolorosa. Construit à l’endroit où Jésus-Christ a été crucifié et enterré, il est considéré comme “la” grande église de la chrétienté.

En 326, l’impératrice Hélène, mère de Constantin, fait construire plusieurs églises pour commémorer les grandes étapes de la vie du Christ. Erigée entre 326 et 335, l’église constantinienne reste en place pendant trois cents ans. Elle était la plus grande de Jérusalem, avec une longueur de 115 m. On y entrait par trois portails situés à l’est. L’abside de l’église était à l’ouest, en direction de la tombe de Jésus, celle-ci étant considérée comme le principal site sacré de la chrétienté.

Sur la partie supérieure droite de la mosaïque de Madaba, qui montre Jérusalem vers 570, le Saint- Sépulcre est représenté au centre d’une Vieille Ville entourée de remparts. On voit son escalier, ses trois portes, sa basilique et sa coupole. Considéré au 6e siècle comme le monument le plus important de Jérusalem, il a sur la mosaïque une importance considérable par rapport aux 19 autres bâtiments.

L’église constantinienne est détruite par les Perses en 614. Le patriarche Modestus utilise les matériaux de l’église pour construire un édifice plus petit. Grâce au pèlerin chrétien Arculfe, on a une description de l’édifice de 680 et un plan, résultat des diagrammes qu’Arculfe fait sur des tablettes de cire [4].

Cette seconde église est détruite par un tremblement de terre en 746. En 967, les Musulmans brûlent la nouvelle église et tuent le patriarche. En 1009, Al-Hakim, gouverneur fatimide d’Egypte, ordonne la destruction de toutes les églises chrétiennes, y compris celle du Saint-Sépulcre.

La reconstruction a sans doute lieu entre 1030 et 1048, sous les auspices de l’empereur byzantin Constantin IX Monomaque. Les architectes byzantins sauvent les lignes de la rotonde au-dessus du Sépulcre. Mais ils ne reconstruisent pas l’immense basilique de Constantin le Grand, qui allait du Calvaire à la grande rue du marché. L’emplacement reste un champ de ruines jusqu’à l’arrivée des Croisés. Une galerie supérieure est ajoutée dans la rotonde, ainsi qu’une abside sur le côté est.

Le voyageur musulman Nasir-I Khusraw décrit le Saint-Sépulcre de 1047: “L’église actuelle est une très grande construction qui peut contenir 8.000 personnes. L’édifice est très habilement construit de marbres colorés, avec une ornementation et des sculptures. A l’intérieur, l’église est partout ornée de broderie byzantine travaillée avec de l’or et de tableaux. Et ils ont représenté Jésus – que la paix soit avec lui – qui est parfois montré montant un âne. Il existe aussi des tableaux représentant d’autres prophètes, Abraham, par exemple, et Ishmael et Isaac, et Jacob avec son fils – que la paix soit avec eux tous… Dans l’église on trouve une peinture divisée en deux parties représentant le Ciel et l’Enfer. Une partie montre les sauvés au Paradis, alors que l’autre décrit les damnés en Enfer, avec tout ce qu’il y a là-bas. Assurément il n’existe pas d’autre lieu au monde avec une peinture semblable. Dans l’église sont assis un grand nombre de prêtres et de moines qui lisent l’Evangile et disent des prières, jour et nuit ils sont occupés de cette façon.” [5]

Nasir-I Khusraw s’intéresse beaucoup aux peintures et les décrit en détail, comme nombre de voyageurs musulmans pendant la période croisée. La religion musulmane interdisant l’art figuratif, ces voyageurs sont fortement intrigués par toutes ces représentations de personnages et scènes bibliques.

C’est dans cette église que pleurent les Croisés le 15 juillet 1099 après avoir conquis la ville. Ils restaurent le Dôme de l’église byzantine et la crypte Sainte-Hélène. L’Igoumène Daniel visite la ville en 1106: “L’église de la Résurrection est de forme circulaire; elle comprend douze colonnes monolithiques et six piliers, et elle est pavée de très belles dalles de marbre. Il existe six entrées et galeries avec soixante colonnes. Sous les plafonds, au-dessus des galeries, les saints prophètes sont représentés en mosaïque comme s’ils étaient vivants; l’autel est surmonté d’un portrait du Christ en mosaïque. Le dôme de l’église n’est pas fermé par une voûte de pierre, mais il est formé d’une structure de poutres en bois, de façon que l’église soit ouverte dans sa partie supérieure. Le Saint Sépulcre est sous ce dôme ouvert.” [6]

En 1144, la cour intérieure est absorbée par un édifice roman composé d’une basilique surmontée d’un dôme, entre l’église Sainte-Hélène et la Rotonde. Depuis cette époque, l’église du Saint-Sépulcre possède deux dômes, et les cinq sites les plus sacrés du christianisme sont sous un toit. Ancune rénovation majeure n’a été entreprise depuis.

Suite à la prise de Jérusalem en 1187, et après de nombreux débats, Saladin décide de laisser le Saint-Sépulcre aux Chrétiens grecs et aux Chrétiens orientaux [7].

En 1555, on rénove les plaques de marbre recouvrant le Tombeau. En 1648, le dôme est restauré. Il menace à nouveau de s’effondrer en 1719, si bien qu’il est consolidé. La mosaïque qui le couvre est découpée en petits morceaux, qui sont vendus comme souvenirs. L’église est endommagée par un incendie en 1808 et réparée l’année suivante. Le dôme actuel est construit entre 1863 et 1868 grâce aux aides financières des gouvernements français, russe et turc.

A l’heure actuelle, le Saint-Sépulcre se divise en cinq grandes sections: le Golgotha, la Tombe, la Basilique, le Corridor et la Crypte de la Croix. Il a six occupants: les Catholiques latins, les Grecs orthodoxes, les Catholiques arméniens, les Syriens, les Coptes et les Ethiopiens.

Dans l’édifice actuel, la rotonde se trouve sur la gauche de l’entrée du Saint-Sépulcre. Située au-dessus de la tombe de Jésus, la Rotonde est formée de 18 piliers ronds en marbre, qui supportent le dôme. Les piliers sont pris dans de larges blocs carrés pour résister aux tremblements de terre. Le diamètre de la Rotonde est de 20,9 m et la coupole culmine à 21,5 m du sol. Dans la Rotonde, la Tombe de Jésus inclut la Chapelle de l’Ange (de la Résurrection).

L’arche byzantine relie la Rotonde, construction du 6e siècle, à l’ouest et l’église croisée, du 12e siècle, à l’est. Dans l’église Sainte-Hélène, les piliers supportant le dôme sont des piliers du 7e siècle. La coupole est restaurée par les Croisés.

L’église croisée est située entre l’église Sainte-Hélène et la Rotonde. L’abside de l’église, tournée vers l’est, est restaurée en 1850, puis restaurée à nouveau dans les années 1980. Le centre de l’église est marqué d’une pierre ronde, qui représente l’Omphalos Mundi, le centre du monde pour les Chrétiens, de la même façon que le Rocher de la Fondation sur le Mont du Temple représente le centre du monde pour les Juifs.

La façade sud, érigée par les Croisés, se divise en plusieurs parties: portails principaux, dôme du Golgotha et clocher. Les portails principaux sont ornés d’archivoltes sculptées de feuilles d’acanthe et de médaillons. A la droite des portails, le dôme du Golgotha s’élève au-dessus des deux étages du bâtiment. A la gauche des portails, les six étages du clocher sont ramenés à quatre aujourd’hui.

A la droite de l’entrée, un escalier conduit au Golgotha. Les marches sont recouvertes de plaques de marbre pour éviter les dépradations. A l’est de l’église Sainte-Hélène, treize marches conduisent à une chapelle croisée, la Chapelle de la Découverte de la Croix, qui est la cave dans laquelle la croix de Jésus et celles des deux voleurs ont été retrouvées.

Sainte-Anne

L’église Sainte-Anne, construite en 1140, est le plus bel exemple d’art roman croisé en Terre Sainte. Elle est située dans le quartier musulman de la Vieille Ville, à côté de la porte Saint-Etienne. A l’époque, elle se trouvait être au sud-est de l’église byzantine et de la piscine de Béthesda.

Selon la tradition byzantine, la crypte est située à l’endroit où habitaient Marie et ses parents Joachim et Anne. Une église est construite au milieu du 5e siècle. Elle est détruite lors du passage du calife Al-Hakim en 1009. Les Croisés construisent la belle église romane de Sainte-Anne pour commémorer la maison de la Vierge et desservir une communauté de religieuses. Bientôt trop petite pour contenir une communauté toujours croissante, la façade est repoussée de 7 mètres pour gagner de la place.

Saladin conquiert Jérusalem en 1187. Le 25 juillet 1192, il transforme l’église en école théologique musulmane appelée Salahiyeh. Au-dessus du portail d’entrée, l’inscription de 588 (1192 selon le calendrier chrétien) invoque l’aide de Dieu pour tous les croyants.

Arnold von Harff, pèlerin chrétien, visite Jérusalem à la fin du 15e siècle et force l’interdiction faite aux Chrétiens de pénétrer dans les lieux musulmans: “Nous allâmes vers l’est et arrivâmes à la Maison de Sainte Anne, dont les Chrétiens avaient fait une belle église autrefois, mais maintenant le païen (à savoir le musulman, ndlr) l’a transformé en maison de prière ou mosquée, de façon que les Chrétiens ne puissent y entrer. Mais grâce à une aide secrète nous fûmes autorisés à y entrer. Nous traversâmes le transept, et sur le côté de l’église nous grimpâmes à travers un trou étroit dans l’arcade d’une large fenêtre, forcés de porter des bougies allumées pour y voir, et nous arrivâmes dans une petite pièce voûtée où sainte Anne, la mère de notre Dame Bénie, quitta ce monde. Ensuite nous arrivâmes dans une autre pièce voûtée dans laquelle naquit notre Dame Bénie. Ici est le pardon de tous les péchés… Le jour suivant, le Mamelouk me ramena à l’église du Mont Sion, et personne ne sut que je n’avais pas passé la nuit dans la maison du Mamelouk.” [8]

Plus tard, les Turcs commencent à construire un minaret, mais ce projet est abandonné. Après la guerre de Crimée, en 1856, le Sultan Abd-al-Majid donne le site à l’Eglise catholique française, et l’église est restaurée entre 1863 et 1877. Depuis cette époque, elle est la propriété des Pères Blancs, qui fondent aussi un séminaire de théologie et un musée d’antiquités. La Guerre des Six Jours provoque quelques dégâts dont les réparations sont payées par le gouvernement d’Israël.

Le plan de l’église est cruciforme. La nef et les deux côtés du transept sont terminés par des absides, comme c’est la coutume dans les églises croisées. L’église a une largeur de 18,5 m et une longueur de 34 m. Sur le mur nord, on voit bien l’endroit à partir duquel la nef a été allongée de 7 mètres pour agrandir l’édifice.

La façade penche légèrement vers la gauche pour symboliser la tête penchée du Christ sur la croix. La crypte est plus ancienne que l’église. Les fondations des piliers se confondent avec la structure originale du sanctuaire primitif.

Sainte-Marie-Latine

Située dans le Mauristan, l’église du Rédempteur, construite en 1898, épouse le plan de l’église croisée Sainte-Marie-Latine. Elle possède quelques vestiges croisés. La porte de l’entrée nord est médiévale. Elle est décorée des signes du Zodiaque et des symboles des mois. Dans l’hospice attenant au sud de l’église, un magnifique cloître à doubles piliers date du 11e siècle, avec une restauration de l’époque ayyubide datant du 13e siècle.

Tombeau de la Vierge

Le Tombeau de la Vierge est situé à Gethsémani, sur le Mont des Oliviers. On l’appelle aussi l’église de l’Assomption. La tombe de la Vierge peut être vue dans une crypte assez profonde qui ressemble à la grotte de la Croix dans l’église du Saint-Sépulcre. Le Nouveau Testament ne dit rien de la mort de Marie. C’est Transitus Mariae, un ouvrage anonyme datant du 2e ou du 3e siècle, qui mentionne son enterrement dans une grotte de la vallée de Jehosaphat.

L’existence d’une église est attestée par des auteurs de la fin du 6e siècle. L’église est probablement détruite par les Perses en 614, et reconstruite par la suite puisqu’elle est décrite par Arculfe en 670.

Les Croisés trouvent les ruines laissées par le calife Al-Hakim en 1009. En 1130, les Bénédictins reconstruisent une double église, à l’emplacement probable de l’église byzantine. Les Chrétiens l’appellent l’église de l’Assomption, conformément à la croyance chrétienne qui veut que Marie soit montée au ciel.

En 1187, Saladin détruit partiellement léglise. Celle-ci est restaurée par les Franciscains au 14e siècle, puis reconstruite par l’Eglise grecque orthodoxe en 1757.

La façade et l’escalier monumental datent du début du 12e siècle. On voit aussi la tombe de la Reine Mélisende, morte en 1161, et la niche où sont enterrés d’autres membres de la famille de Baudouin II. Un linteau médíéval surplombe la deuxième porte. Les murs de la grotte de Gethsémani ont été peints au 12e siècle. La superficie de la grotte est de 17 m x 9 m, avec une hauteur maximale de 3,5 m. Le sol était recouvert d’une mosaïque dont il ne subsiste que quelques vestiges.

La Jérusalem médiévaleMarie Lebert – 2006


[1] Har-El (M.). This is Jerusalem. Jerusalem, Steimatsky, 1985, p. 31.[2] John of Wurzburg. Description of the Holy Land. Palestine Pilgrims Text Society, volume 5, 1896. Reprint: New York, AMS Press, 1971, p. 45.

[3] John of Wurzburg. Description of the Holy Land. Palestine Pilgrims Text Society, volume 5, 1896. Reprint: New York, AMS Press, 1971, p. 44.

[4] Arculfe I, 2-3, 6, 7-8. Cité dans: Peters (F.E.). Jerusalem. Princeton University Press, 1985, p. 204-206.

[5] Nasir-I Khusraw. Diary of a Journey Through Syria and Palestine. Palestine Pilgrims Text Society, volume 4, 1893. Reprint: New York, AMS Press, 1971, p. 60.

[6] The Pilgrimage of the Russian Abbot Daniel in the Holy Land. Palestine Pilgrims Text Society, volume 4, 1895. Reprint: New York, AMS Press, 1971, p. 11-15.

[7] Gabrieli (F.). Arab Historians of the Crusades. Berkeley and Los Angeles, University of California Press, 1969, p. 174-175.

[8] The Pilgrimage of Arnold von Harff, 1496-1499. London, The Harkluyt Society, NS 94, 1946, p. 211-212.

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 15 novembre, 2007 |Pas de Commentaires »

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