Archive pour le 6 novembre, 2007

Les Haschaschin et les Templiers

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Les Assassins
(Secte ismaélienne tirée de la dissidence chiite)

Conditionnés selon un processus initiatique rituel et appelés  » fida Iyyun  » (d’où le nom moderne de  » fedayin  » qui désigne les membres d’organisations subversives musulmanes).

Les assassinats ont lieu de préférence le vendredi, dans les mosquées et à l’heure de la prière solennelle, devant le peuple réuni. La victime, vizir, prince, dignitaire religieux, tous très protégés par une garde imposante, impressionnant la foule admirative. L’envoyé d’Alamout est là, quelque part, membre de la garde ou fidèle en prière… Il frappe, la victime s’écroule, l’Assassin hurle le message de l’Ordre, une formule apprise, et sourit avant de se laisser immoler par les gardes déchaînés. La foule est apeurée…jeunes en mal d’aventures ou croyants en quête de rigueur… Dix, quarante conversions assurées.
On a souvent dit, au vu de ces scènes irréelles, que les hommes de Hassan étaient drogués , agissant sous l’effet du haschisch. Et leurs ennemis les appelaient « haschischioun  » (fumeurs de haschisch  ), pour les déconsidérer aux yeux de tous. Le mythe des  » Assassins  » n’en fut que plus effrayant. D’ailleurs, en Occident, le mot  » assassin  » devint synonyme de  » Meurtrier « .
Hassan, grand savant, connaissait parfaitement les plantes et leurs vertus curatives, sédatives ou stimulantes.Il cultivait toutes sortes d’herbes et soignait ses fidèles quand ils étaient malades, sachant leur prescrire des potions pour leur rafraîchir le tempérament.

Quoiqu’il en soit, selon les textes provenant d’Alamout, Hassan lui-même aimait appeler ses adeptes « Assassiyoun « , ceux qui sont fidèles au Assas, au  » fondement  » de la foi. Chose certaine, Les Assassins avaient une foi et une dévotion sans limites, sans nuances. Foi constamment raffermie par le plus serré des enseignements, la plus efficace des organisations, la plus stricte répartition des tâches.
Les Assassins vouaient un culte à leur Maître. Le neveu de Richard Coeur de lion, Henri de Champagne, eut l’occasion de se rendre dans un bastion des Assassins en Syrie pour négocier un traité. Pour prouver la loyauté de son armée, le Chef de la citadelle ordonna à plusieurs de ses hommes de se jeter, l’un après l’autre, par dessus les remparts. Henri de Champagne fut, parait-il, ébranlé par ce suicide collectif.

Organisation de l’Ordre
(réparti sur tout le Moyen Orient)

Au sommet de la hiérarchie, Hassan, détenteur de tous les secrets, le Grand Maître de l’Ordre, le Sheikh de la Montagne (partout traduit « le vieux de la Montagne », devant être compris comme terme respectueux, titre honorifique. Sheikh définissant le titre du Grand Maître aurait dû être plutôt traduit par « l’Ancien » mot dénotant un certain respect et non pas « vieux » plus vulgarisé et familier, je pense que cela a été voulu par les traducteurs pour maintenir l’aversion, comme le terme haschischioun dont je parlais plus haut).
Il est entouré de missionnaires-propagandistes, les  » Daï « , au dessous se trouvent les compagnons, les  » Rafik « , les cadres du mouvement. Ayant reçu l’enseignement adéquat, ils sont habilités à commander une forteresse, à diriger l’organisation à l’échelle d’une ville ou d’une province. Les plus aptes seront un jour missionnaires.

Plus bas dans la hiérarchie sont les Lassek, littéralement ceux qui sont rattachés à l’organisation. Ce sont les croyants de base, sans prédisposition particulière aux études ni à l’action violente. Ils comptent parmi eux beaucoup de bergers des environs d’Alamout, nombre de femmes et de vieillards. Puis viennent les Mujib, les répondants, en fait les novices. Ils reçoivent un premier enseignement et, selon leurs capacités, sont orientés soit vers des études plus poussées pour devenir compagnons, soit vers la masse des croyants, soit encore vers la catégorie symbolisant, aux yeux des musulmans de l’époque, la vraie puissance de Hassan Sabbah :la classe des Fidaï, ceux qui se sacrifient (mot arabe qui veut dire  » qui a la foi  » donnant à notre époque les « fedaikin » pendant la guerre du Liban ou « fedayin » nationalistes palestiniens en lutte contre l’oppression israélienne).

Le Grand Maître les choisit parmi les adeptes qui ont d’immenses réserves de foi, d’habileté et d’endurance, mais peu d’aptitudes à l’enseignement.
Jamais il n’enverrait au sacrifice un homme qui pourrait devenir missionnaire.

L’entraînement du FidaÏ est une délicate tâche à laquelle Hassan s’adonne avec passion et raffinement.

Apprendre à dissimuler son poignard, à le sortir d’un geste furtif, à le planter net dans le coeur de la victime, ou dans son cou s’il est protégé d’une cote de maille, se familiariser avec les pigeons voyageurs, mémoriser les alphabets codés, instruments de communication rapide et discrète avec Alamout ; apprendre parfois un dialecte, un accent régional, savoir s’insérer dans un milieu étranger, hostile, s’y fondre pendant des semaines, des mois,endormir toutes les méfiances en attendant le moment propice à l’exécution ; savoir suivre la proie comme un chasseur ; étudier avec précision sa démarche, ses vêtements, ses habitudes, ses heures de sortie, parfois, quand il s’agit d’un personnage exceptionnellement bien protégé, trouver le moyen de s’engager auprès de lui, l’approcher, se lier avec certains de ses proches.

On raconte que, pour exécuter l’une de leurs victimes, deux Fidaï durent vivre deux mois dans un couvent chrétien en se faisant passer pour des moines. Remarquable capacité de dissimulation, souci continuel de précision et de technicité, patience, audace et infaillibilité à tout instant, tous ces faits permettent de douter de l’usage de haschisch qui pousserait à un moment ou à un autre à une faute, une erreur dans l’action. Plus important que tout, l’adepte doit acquérir la foi nécessaire pour affronter la mort, la foi en un paradis auquel il aura droit à l’instant même où sa vie lui sera ôtée. C’est à Alamut, que s’est propagée l’idée pro-ismaélienne que celui qui est initié au sens sprirituel caché des révélations divines et a réalisé cette quête intérieure, naît alors spirituellement, c’est sa résurrection « Qiyamat », il peut accéder alors à la vision mystique « Didar », et n’a plus à craindre la mort physique.
Hassan Sabbah a réussi à bâtir la machine à tuer la plus redoutable de l’histoire.

Vers 1105, les haschischin, avec l’appui d’un émir d’Alep, parvinrent à étendre leur domination sur une grande partie des montagnes de Syrie et du Liban où, à l’apogée de leur puissance, vers le milieu du XIIe siècle, ils tenaient un grand nombre de forteresses. Aprés la mort de Hassan Sabbah, d’autres Grands-Maîtres ou « Vieux de la Montagne » se succédèrent dont Rashid ed Din el Sinan qui traitait d’égal à égal avec Saladin. La secte des haschischin fut anéantie en 1256, lors de la prise de la forteresse d’Alamut par les Mongols et en Syrie, par les Mamelouks qui s’emparèrent de Masyad, leur dernière forteresse, en 1272.

Assassins et Templiers

Qu’ils soient drapés de noir avec un turban et armés d’une dague effilée, ou tout de blanc vêtus, frappés de la croix de Malte et armés d’une épée gigantesque, les deux Ordres entrenaient certaines relations diplomatiques et même militaires (notamment avec les Assassins de Syrie). Bien qu’opposés du point de vue religieux, il n’est pas à écarter une certaine collaboration et un enrichissement culturel et mutuel des deux Ordres, une sorte de communion d’esprit dans la lignée des ordres de chevalerie. Les templiers apprirent l’usage des chiffres arabes, l’astronomie… et acquirent un niveau d’évolution supérieur a celui de leurs contemporains, d’où l’essort économique de l’ordre et son indépendance vis à vis des autorités .

Les deux Ordres avaient ce même principe de chevalerie religieuse :
Tuer ou mourir avec la même force de foi, avec la même paix intérieure des moines.
Ils avaient les mêmes ennemis jurés : les Turcs et les mongols.
Entraînés à tuer lors des batailles, les Assassins représentaient l’équivalent islamique des Templiers, si ce n’est que les Assassins étaient particulièrement formés à tuer individuellement. A l’instar des Assassins, les Templiers étaient des guerriers accomplis, endurcis par le mode de vie très strict des moines, la mort ne leur faisait pas peur.

Les deux Ordres religieux furent reniés par leur propre appartenance et par les plus hauts dignitaires religieux qu’ils soient chrétiens ou musulmans, princes, vizir, roi ou sultan. Assassins ou Templiers, dévoués à leur religion propre ont été traités d’hérétiques, d’incroyants, de mécréants, d’infidèles…

Les deux Ordres étaient entourés de mystères, de secrets :

trésors, drogues, sorcellerie, pratique de l’alchimie et des sciences, cérémonies secrètes ou actions dans l’ombre, dissolution complète des deux Ordres avec disparition quasi-totale des membres ou témoignages écrits ou autres.

Les livres disparus ou brûlés appartenant aux deux Ordres, expliqueraient pourquoi les puissants d’Occident et d’Orient mettaient tant d’acharnement à les détruire. En effet, on sait par exemple que la doctrine ismaélienne autorisait certaines correspondances, certaines relations d’importance entre les deux religions. Avaient-ils eu accès par leurs connaissances propres et mutuelles à une sorte de découverte fondamentale pour l’Humanité ? Ces deux communautés avaient-elles trouvé la symbiose parfaite des deux religions en une ? Avaient-ils eu accès à une sorte d’inspiration visionnaire ? On dit aussi qu’ils auraient eu la révélation de Dieu en l’Homme, la vision de la forme humaine d’Allah, de façon plus ésothérique, une relation entre hiérocosmos et microcosmos (évoqué par la suite par Shabestarî, soufi d’Azerbaïdjan au XIVème siècle). Encore plus mystique, l’évocation d’un drame cosmique relaté par les fatimides, opposant Lumière et Ténèbres et dont le protagoniste serait l’Ange de l’Humanité. Que représente donc le Baphomet rapporté par les Templiers de retour d’Orient, cette représentation d’une créature à 2 visages, imberbe à l’Occidentale ou ornée d’une barbe musulmane ? démon ou représentation de l’homme parfait ? symbole reliant la sagesse de l’islam et de la chrétienté ?

Dans les plus hautes cours d’Orient, on reprochera aux Assassins de sympathiser avec les chevaliers du Temple et princes croisés, pour mieux infliger aux Seldjoukides et à Al-Afdal de sévères défaites. Aussi en 1113, à la mort de l’un de leurs protecteurs, on assista à de véritables règlements de comptes, les bâtinis et leurs sympathisants furent alors poursuivis, massacrés ou jetés du haut des murailles par une foule déchaînée qui exécuta plus de 200 membres, cela calma pour un temps le nombre des meurtres sur commandes mais augmenta le nombre d’infiltrations plus discrètes de l’organisation, dont les membres ne se réunirent plus qu’en conseils secrets.

La plupart de ceux qui échappèrent au massacre vinrent sans hésitation se réfugier dans les territoires francs, dès 1113, pour échapper à leur extermination. Ils furent plutôt bien accueillis par la noblesse franque qui entretint avec eux des relations diplomatiques amicales puisque les deux clans luttaient bien contre des ennemis communs. Bohémond II et son beau-père Baudouin II entretenaient de fréquentes relations avec des membres influents de la secte des assassins. Avec leur aide les francs remportent deux victoires : Azaz le 23 Juin 1125 et Tell al-Shaqab le 25 janvier 1126.

Quant aux Templiers, ils jouaient un rôle d’intermédiaires avec le monde musulman. Ils furent très appréciés des différents suzerains du fait de leur soutien militaire et financier. Génie militaire, intrépidité et expérience au combat, leur bravoure fut très remarquée.

Comme les ismaéliens, ils étaient des guerriers mystiques et croyants, et combattaient les envahisseurs Turcs et Mongols. Ils firent construire une succession de forteresses dans le désert du Moyen-Orient. Leur honnêteté et leur intégrité étaient irréprochables.

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 6 novembre, 2007 |Pas de commentaires »

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