LES ESSENIENS

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Les tailles respectives, des pays de l’Est de la Méditerranée, ont fait que, de tous temps, la Palestine, comme les autres contrées, eut du mal à conserver son indépendance. Sa petite taille et sa situation (de lieu de passage « presque obligé » pour accéder à l’Egypte), ont fait de la Palestine un objet de convoitise. Elle fut donc, bien souvent envahie ou dominée.

Elle le fut (entre – 200 et – 142) par son voisin la Syrie, sous la dynastie des Séleucides, ainsi qu’entre – 175 et – 164, par Antiochos IV qui, par l’intermédiaire des Kittims, peuple chypriote mercenaire au service des syriens, décrits comme des vautours dévorant le peuple, par vagues successives, attaque, persécute, torture sous prétexte de campagnes de pacification…Mais, en réalité, la cause réelle provient de la défaite de Magnésie du Sipyle contre Rome en – 189, suivie (en – 188) du traité d’Apamée, qui impose au roi de Syrie, Antiochos III, le versement de 12 000 talents (1000 par an… 1 talent d’Or pèse entre 20 et 27 kg). Ainsi les besoins syriens, en métal précieux, deviennent-ils importants. (Antiochos III mourut en – 187 lors de la tentative de pillage du Temple de Bêl en pays d’Eden). Rentrant d’une campagne militaire contre l’Egypte, Antiochos assiège et pille le Temple de Jérusalem – le Trésor est pris en – 167 et « abomination », un autel païen est dressé sur le grand autel des holocaustes. La liberté religieuse est supprimée, les populations massacrées, il ne s’agit pas de dominer un peuple mais de détruire une croyance. Les biens sont confisqués. Les terres regroupées et louées à des colons. Les femmes et les enfants sont massacrés, les survivants sont vendus comme esclaves…

En – 163, Antiochos V rend aux juifs, la liberté religieuse, mais violant son serment, il démantèle les remparts du Temple.

Démétrios Sôter, son neveu, – otage évadé de Rome – prend le pouvoir en – 161, fait tuer le prétendant, son cousin Antiochos et le régent Lysios. Il confirme, comme Grand Prêtre, le Juif Alkime, prêtre selon la tradition d’Aaron, mais c’est un fourbe qui cherche pouvoir et honneurs, il coopère avec Bacchides, un gouverneur important, et cherche à négocier avec le mouvement de l’Alliance, mouvement existant mais qui par réaction à la répression religieuse, avait pris depuis plusieurs années, une forme offensive. Ce mouvement reste fidèle à la loi et alimente la révolte.

Le chef de l’Alliance est Judas Maccabée, il a succédé à son père. Se méfiant d’Alkime, il n’assiste pas à la réunion et évite ainsi la mort… Alkime avait fait égorger ceux qui lui avaient fait confiance, et les avait  jetés dans un puit (1).

Judas Maccabée sera recherché par le gouverneur Bacchides, jusqu’à sa mort en – 160. Son frère Jonathan prendra sa succession comme guide des fidèles de l’Alliance ; recherché, menacé, il devra s’enfuir dans le désert avec les insurgés.

De ces fidèles de l’Alliance, naîtront deux tendances assidéennes

     – Les pharisiens, qui resteront dans la vie publique.

     – Les esséniens qui continueront à vivre selon leur foi dans le désert, en communautés, ils seront opposés à tous ceux qui envahiront l’état de Palestine, et se battront pour la défense de leur foi, alimentant les révoltes et fournissant des proies aux répressions, spécialement le jour du Sabbat (2) (3).

Vous excuserez cette longue introduction, mais si l’on parle souvent des Esséniens, il est beaucoup plus rare de trouver leur origine. Voilà chose faite.

Les Esséniens ont formé un courant religieux au sein du judaïsme. D’autres courants religieux existaient déjà, mais l’essénisme fut de loin, le plus important

Tout en partageant les croyances  et la loi juive, ils appliquaient ses principes avec quelques différences.

C’étaient des êtres qui voulaient vivre la Perfection et la Fraternité, ils avaient le sens de la justice, de la vérité, du droit égal pour tous. Ils étaient désintéressés, menant une vie austère et ascétique, recherchant toujours la pureté, la contemplation, la méditation, les spéculations métaphysiques, l’éternelle recherche du sens caché des oeuvres de Dieu.

Ils se référaient au Tétragramme, puisque celui-ci portait le « Nom ». Aimant les enfants, ils recueillaient et élevaient des orphelins, ils soutenaient les plus déshérités. Comme ils étaient très religieux, ils leurs apprenaient à respecter les oeuvres du Seigneur, à prier régulièrement, en choisissant de préférence les belles prières ancestrales.

Ils croyaient à la réincarnation et à l’immortalité de l’âme qui nous suit pendant des siècles. Leur recherche était permanente.

Comme ils étaient très courageux, ils pouvaient entreprendre n’importe quel travail. Ils ont développé la médecine, la chirurgie, la spagirie : l’art des plantes ou simples cueillies à des époques bien précises, selon la position de la lune ou de certaines planètes, qui étaient la base de leurs traitements. Ils joignaient à cela, des dons comme le magnétisme, ils étaient habiles à remettre en place les membres accidentés. On les appelait Thérapeutes.

Ils rêvaient du Messianisme. Très spiritualistes et très mystiques, ils espéraient la venue d’un Messie d’Israël qui pourrait être la réincarnation d’un  prophète. Ils avaient subi l’influence d’Ezéchiel le visionnaire, qui vivait au début du VIème siècle avant J. C et ils souhaitaient que le Messie attendu soit un descendant de David et soit semblable à Moïse.

Dans cette attente, ils se sont donnés des Maîtres de Justice, c’est à dire des initiés, qui étaient leurs instructeurs, interprètes de la divinité et qui devaient avoir des relations directes avec d’anciens maîtres, tel Jérémie, successeur spirituel d’Osée sept siècles avant J. C., maître membre de la classe sacerdotale, réputé comme serviteur de Dieu, Etre très bon, très compatissant, chassé de son pays par les persécutions des envahisseurs chaldéens, emprisonné et mort des suites de ses persécutions.

Les Esséniens ont formé des communautés dont certaines ont été très importantes, notamment dans la région de Quomrâm et dont on pu reconstituer la vie.

La Palestine, lieu de passage a beaucoup souffert des nombreuses invasions contre l’Egypte.

Les Thérapeutes ont toujours lutté pour défendre Israël. Ils croyaient aux anges, messagers des volontés de Dieu et des révélations. Hénoch, instruit par Ouriel (Lumière de Dieu) disait que ses guides étaient des anges, en hébreu « Elim ». Ils pratiquaient l’astronomie et considéraient les anges comme des guides des astres, manifestations de la présence divine.

Les « élim » inspirèrent des écrits formant une vaste bibliothèque répandue en Orient et dont certains écrits sont venus jusqu’à nous grâce aux découvertes de Quomrâm.

Cette notion d’ange est vieille comme le monde, pour certains c’était des Elohims, pour d’autres, des créatures non physiques qui inspiraient les êtres, et chacun avait sa mission.

C’est Henoch qui a donné aux Esséniens leur calendrier, en tous points semblable à notre calendrier actuel.

Henoch était un patriarche, personnage biblique, initié, très attachant, recherchant toujours les écrits cachés, vivant près de deux siècles avant notre ère. Il faisait respecter le sabbat, institué par Dieu dans la nuit des Temps, il prêchait qu’au jugement dernier, les « justes » seront reconnus par Dieu, et participeront dans l’avenir au bien du monde ou au bien du monde à venir ; et Dieu marquera chaque être par un nom qui lui sera propre, et en correspondance avec les astres.

Les prophètes ont une grande action dans l’évolution de l’humanité, et nous pouvons dire que chacun en son temps, eu sa spécialité…

Tous n’étaient pas oints par les prêtres, mais ils ont été le courant messianique qui a permis aux populations de supporter leurs souffrances.

Presque chaque prophète pourrait avoir un qualificatif, Osée reçoit la révélation et parle d’amour au nom de Dieu, Ezéchiel surnommé le consolateur, Elie, Elisée et Amos ont insisté sur la justice céleste, Isaïe sur la sainteté, Jérémie a laissé de nombreux écrits confiés à Baruch, Isaïe, dit le tendre, la religion intérieure émanait de lui, et surtout le prophète Elie qui assurait que Dieu amènerait un jour la paix, et qu’Israël reconstituerait sa force,  retrouverait le Temple de Salomon et sa patrie.

C’est en souvenir de lui, que le soir de la Pâque juive, à la fin de la cérémonie, l’assistance disait : « Cette année nous sommes ici, l’année prochaine à Jérusalem ». Depuis qu’Israël est né de nouveau, la phrase est supprimée.

Cette succession de prophètes, nous amène à Daniel que nous pouvons considérer comme le dernier prophète avant la venue de Jésus Christ. Il avait annoncé la venue de Jésus, la venue du fils de l’homme qui siègerait à la droite de Dieu, le jour du jugement dernier.

Le dernier Maître de justice, prophète anonyme, est mort en martyr, 70 ans avant la venue du Christ.

Il y eut de nombreuses communautés esséniennes, les unes importantes, les autres très étroites, vivant en respectant la lettre plutôt que l’esprit de la Loi de Moïse, les esséniens ont très vite été en lutte avec l’Eglise, dès qu’elle a mis en place ses structures. Eux qui vivaient dans la grande simplicité, n’ont pas admis le luxe tapageur, ni les excès de ceux qui représentaient l’Eglise nouvelle. Ils ne comprenaient pas, entre autre, que certains évêques fassent promener en litière, leur maîtresse, peu habillée mais chargée de bijoux, à la vue de chacun ; et les incompréhensions en entraînant d’autres, un véritable fossé s’est créé. Ce fut une guerre sourde, intérieure, amenant des drames… Les Esséniens se sont peu à peu fondus dans la masse…

A l’heure actuelle, seuls ceux que vous appelez sectaires subsistent, ce sont les descendants des Esséniens les plus rigides, la majorité d’entre eux, vit en Europe Centrale, et, immigrant en Palestine, y créent un vrai problème. Ils n’arrivent pas à s’intégrer.

La plupart de ces mouvements vivent en suivant la lettre, non l’esprit de la Loi donnée par Moïse, d’où procès, emprisonnements, etc… contre les juifs, indistinctement. C’est ce qui a présidé à la naissance de l’anti-sémitisme souvent latent.

La foi qui les habitait, la pratique stricte de leur religion, malgré les supplices et les déportations, et leur amour pour Dieu, ont permis à ces âmes religieuses et à de nombreux prophètes, connus ou inconnus de guider un peuple jusqu’à nos jours, et de conduire l’homme vers la vie éternelle.

Depuis que l’homme existe, il se pose toujours la même question sur la vie et la mort. La mort est l’opposée de la naissance, non de la vie ; naissance et mort sont deux facettes nécessaires à notre incessante et multiple manifestation.

Le temps est l’éternelle présence dont les activités rythmées créent le » maintenant » qui se recrée sans cesse. La queste de l’homme est toujours difficile. Elle est l’étape obligatoire de l’Initiation et provoque parfois un effroi mystique, devant le chemin à parcourir. Toute manifestation de la vie a son contraire, parfois déroutant, parfois douloureux. Mais cette résorption de la dualité se fait par des sacrifices librement assumés. La conscience d’éternité est affranchie des lois de l’espace-temps.

L’être qui est conscient de l’unité, comprend la vie et la conscience universelle. Il viendra un moment où vous aurez la conscience intégrale de votre réalité. Recherchez la lumière de l’esprit pour accomplir votre devoir dans la justice et l’amour. Si vous acceptez vie et mort, vous serez libérés. Vous ne connaîtrez plus l’opposition qui est en vous. Attachez vos pensées aux choses invisibles, aux choses spirituelles, et vous vous dégagerez de certaines contingences qui vous entravent et vous limitent, il faut les transcender et plonger dans votre conscience, jusqu’à sa source.

Nos états de conscience empruntent leurs valeurs à l’instinct émotionnel, à la pensée abstraite ou à la spiritualité pure, mais tous nous ramènent au moi. Nous avons souvent la nostalgie d’un autre monde, de l’amour et de la mort… souvent ce ne sont que des réminiscences des vies antérieures.

Etre homme, c’est trouver l’être en son centre de vie. Dieu est universel, dans l’absolu ; dans l’homme. Celui-ci n’est que sa projection, et comme telle, le plus souvent déformée. Sans sagesse, l’homme est perdu. Notre conscience est la suite d’un passé sans commencement, ou plus exactement très lointain. Nous préparons perpétuellement le futur. Dans notre inconscient, tous les courants sont perçus depuis leur origine. Il faut nous libérer du passé pour suivre la Voie et pour ne pas projeter sur l’avenir la peur du passé ; ne pas avoir la nostalgie de notre enfance car nous devons toujours aller de l’avant. Il faut construire la route des générations à venir. L’évolution de chacun doit se faire en souplesse.

Il faut arriver à dépouiller son moi, pour cela, la méditation, la réflexion, nous amènent sur le chemin occulte. La méditation nous permet, par une conception objective sur le soi, de dépasser notre moi ; nous plongeons dans notre inconscient, nous entrons dans une sphère du psychisme indépendante de notre moi. Notre être intérieur connaît le secret du sacré, la présence et la puissance divine qui nous permettent d’aider notre prochain par la parole, même silencieuse, en nous rapprochant de son âme par l’esprit et par le coeur. La femme de tout temps, a été la prêtresse de l’amour magique ; au-delà de la sexualité, elle allume le feu mystique chez les êtres, ce feu qui nous permet de franchir les plans pour arriver à l’union psychique avec le cosmos, avec l’univers. Les êtres gagnés par ce feu sentiront ce courant irréversible qui les rapprochera, aussi bien dans le monde de la nuit que dans le monde des lumières. Ils ressentiront la vie humaine dans la pensée céleste, ils ramèneront leur passé invisible dans le monde visible. Pour nous accomplir, nous devons connaître et traverser ces plans.

Dans les mystères égyptiens, les lumières avaient une grande importance, c’était la vie manifestée, tout comme les épées, signe de  pureté. Dans la chevalerie templière, nous retrouvons celà, les lumières accompagnent les réunions ainsi que la flamme de la veilleuse, symbole de l’esprit. La réunion de nos esprits et de nos coeurs perpétue la tradition. En Massenie, nous ne devons pas imposer, mais suggérer, montrer, expliquer… Ceci pour amener progressivement nos frères à l’Initiation. L’Initiation se gagne, et souvent demande de réels sacrifices. L’illumination intérieure se répandra dans notre conscience, ayons en nous le Temple immuable dont le grand symbole est basé sur la  Trinité, le moi, le divin, l’être conscient, autrement dit « le connaissant », le « connu », la « connaissance », « l’amour », tout cela formant le « Un », l’unité éternelle du multiple.

Dans le temple mathématique, vibrations et matériaux ont un sens précis. C’est pour cela que l’homme, l’univers et le sanctuaire ont des correspondances entre eux. Le nombre d’Or qui entre dans la construction du Temple, des églises et autres lieux de prière, est la mesure de la dynamique du sacré. En rapprochant la symbolique de l’homme et celle du Temple, les êtres sont capables de rendre l’invisible présent, et possible, l’impossible. Tout temple, cathédrale, etc… représentant une synthèse. Les maçons bâtisseurs nous ont permis de communier avec l’invisible dans l’immatérielle beauté des espaces qu’ils ont créé. Au-delà de la pierre, il y a le nombre, au-delà du visible, l’invisible.

Il n’y a qu’une réalité : l’absolu, transcendant et immuable qui conduit notre vie. Cela entraîne une chaîne de conséquences rigoureuses parfois très dures ; mais la route d’amour monte vers la lumière où tout est harmonie, et quand notre heure viendra de quitter notre terre, Dieu accueillera notre âme qui un jour renaîtra, car dans l’éternel cosmos, nous sommes éternels…

NB. Précisions de quelques points sur les combats :

 (1) Le rôle du prêtre impie tenu par Alkime, l’a également été à des époques différentes par Ménélas, Hyroam et Hyroam II…
(2) Les Esséniens ont été présents en Palestine du IIIème siècle avant J. C. jusqu’au XIIIème siècle après J. C.
(3) Les envahisseurs apprirent très vite que les Esséniens ne se défendaient pas le jour du Sabbat. Une grande partie d’entre eux furent massacrés par les romains de Pompée.

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 16 juin, 2007 |2 Commentaires »

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 24 septembre, 2007 à 19:16 lecocq écrit:

    trés intéressant, ils savaient déjà presque tout et nous nous savons presque rien …

  2. le 12 mai, 2008 à 10:38 walter écrit:

    merci pour ces lumières.Il est difficile de renconter des personnes ayant une relation avec les Guides invisibles…

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