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Un chevalier était d’abord un guerrier, « sicarius », « buccellarius », « gladiator », puis remplaçant tout les autres termes : un « miles ». Il était protégé au départ par un haubert (cotte de mailles constituée de centaines de petits anneaux de métal) , par dessus laquelle, il portait un surcot, « broigne », « gambison », qui abritait le haubert du soleil et de l’eau. Le gambison est une sorte de pourpoint, faite de toile et fortement rembourrée sur le dos, la poitrine et les jambes.
  

C’est à partir de l’époque Carolingienne (VIIIème siècle) que les cavaliers lourdement armés devinrent une vraie pièce maîtresse du dispositif militaire.

Les sources latines les appellent « milites » les opposant aux gens à pied « pedites »

Guillaume « le Conquérant » ou Godefroy de Bouillon l’emportèrent ainsi, grâce à la valeur et à l’ardeur de leurs chevaliers.
 

Ils n’étaient pas seulement des militaires au service des princes et des rois mais souvent compagnons d’armes de ces même princes et faisaient en majorité partie de l’aristocratie guerrière. Depuis leurs enfances, ils se préparaient au  métier des armes.
 

Le cavalier du Xème siècle

Sous la cotte d’armes nous trouvons une tunique longue, très colorée, descendant jusqu’au dessus des genoux.

Les jambes, non armées, sont couvertes de chausses en peaux.

Aux souliers, sont attachés les éperons.

La cotte se réunit au casque par un couvrenuque.
 

Le cavalier du XIIIème siècle

L’habillement du chevalier du XIIIème siècle gagne en élégance.

La cote d’arme d’étoffe ne descendant qu’au-dessus des genoux couvre entièrement le haubert de mailles, dont les manches seuls restent apparentes.

Le capuchon de mailles tient au haubert et est serré à la hauteur des tempes par une mince courroie bouclée ou nouée par derrière.

Les gantelets de mailles tiennent aux manches et peuvent laisser la main libre au moyen d’une fente pratiquée au poignet.

Le ceinturon, large, pendant, est retenu par une ceinture qui serre la taille.

Les jambes sont, ainsi que les pieds, revêtus de chausses de mailles.
 

Extrait de l’encyclopédie médiévale de Viollet le Duc
 

Le cavalier du XIVème siècle

Vers le début du XIVème siècle, la cotte de maille fut recouverte de plaques d’acier. Elle pesait entre vingt et vingt cinq kilos et protégeait la poitrine, les cuisses.

les genoux et les bras. Le chevalier se battait à cheval essentiellement au moyen d’une lance et d’une épée (son bien le plus précieux à qui il donnait un nom), en groupes rangés, autour d’un « dominus », d’un prince.

Ainsi monté, il ressemblait a une forteresse vivante.

Néanmoins, la moindre blessure infectée pouvait entraîner la mort car la médecine de l’époque était restée dans l’ignorance.

A noter que le cheval est « houssé » . Ainsi, la housse d’étoffe n’est pas un simple ornement : elle préserve efficacement le cheval des traits d’arbalète et même des coups d’épée.
 
 
L’armement du chevalier

Sous son haubert de maille, « osberc », « hauberc », « haubergeon », une tunique, habituellement à capuchon, de près de vingt mille anneaux, totalisant douze kilos, nous trouvons le « gambesson » ou « gambison » (c’est un habit matelassé qui sert à amortir le choc des coups divers, du XIIème, XIIIème et XIVème siècle) . 
 
A noter que le haubert de mailles est le vêtement le plus important du chevalier.
 

Par dessus tout cela, le chevalier porte une cotte, « cote », « turnicle », « cortelle », « surcot ». Cette cote d’armes (faite de soie assez forte : « cendal ») est, à proprement parler, la tunique d’étoffe ou de peau que l’on pose, à partir de la fin du XIIème siècle sur le haubert de mailles. Elle permet d’empêcher le soleil d’échauffer le tissu de fer, ou la pluie de pénétrer trop facilement. Elle n’a pas d’intérêt défensif pour l’armure. A partir du XIIIème siècle, on voit ces cottes armoyées, c’est à dire chargées de pièces du blason de ceux qui les portent.

Pour protéger le cœur et les cotes, le plastron est l’élément de protection indispensable au chevalier. Plus haut, le camail est la pour protéger la tête et le cou du porteur.
  
Sous son heaume, « helme », « hiaumet », « yaume », une armure de tête qui n’apparaît proprement dit qu’à la fin du XIIème siècle (lourd de trois kilos), le chevalier porte un bonnet molletonné qui amortit et protége des coups venant par le haut.
Par dessus son haubert de maille, il porte une broigne (trois kilos) . 

On la fabrique en cuir, riveté des carrés de cuir, de fer, ou d’os pour mieux parer les coups.
 
La lance, « hauste », à dater du XIème siècle est essentielle pour le cavalier. La hampe, dont la longueur, ne dépasse pas trois mètres (9 pieds), atteint 5 mètres (15 pieds), vers la fin du XIVème siècle.

Lorsque le cavalier ne combat pas, le bois de la lance repose sur l’étrier droit. En pleine action et bien menée, les gens de pied ne pouvaient soutenir son choc redoutable.

Dès que les lances étaient rompues, pendant les charges, alors le chevalier mettait la main à son épée.
 
Son épée, « branc » (deux kilos en moyenne) est l’arme principale autant pour l’attaque que pour la défense. C’est aussi l’arme qui représente le mieux la noblesse.

Pendant la seconde moitié du XIIIème siècle, il y a deux genres d’épée : les épées longues à lames légères et cannelées servant pendant le combat à cheval et les épées à lames lourdes et à section quadrangulaire servant à pied. Les premières sont de taille et les secondes sont d’estoc.
 
L’écu « escu », « targe », « bouclier », (trois kilos) sert à se protéger du devant.

 Écu Normand, en forme d’amande du XIIème siècle : 1.30mx36cm
 Écu français du début du XIIIème siècle : 1.50m de hauteur.
 Écu français du milieu du XIIIème siècle : 1m de hauteur maxi.
 

A la fin du XIIIème siècle et au début du XIVème siècle, les blasons peints sur les écus sont bien lisibles, de telle sorte « qu’on put les voir de loin » .

Il est suspendu au cou du chevalier ou en bandoulière part une courroie, appelée « guige » ou « giche » .

Au début du XIIème siècle, l’écu circulaire ou en forme d’amande apparaît.

Puis, il dut diminuer de hauteur pour ne pas embarrasser le cheval.

Vers 1300, l’écu devient un triangle équilatéral et n’a guère plus de 60 centimètres de largeur sur 60 centimètres de longueur.
 

Les tournois

Des règles simple mais strictes furent observés des les premiers tournois qui étaient des batailles entres deux camps de chevaliers. Il ne fallait pas blesser le cheval, touché l’adversaire aux jambes était une maladresse.

Pour gagner la joute, il fallait désarçonner son adversaire, briser sa propre lance sur l’écu de l’autre. Seuls les chevaliers et leurs écuyers étaient autorisés a pénétrer dans l’arène et il était interdit aux spectateurs d’avoir des armes. Ainsi dans les tournois, le vainqueur recevait une forte somme et aussi les armes des vaincus.

De plus il recevait les honneurs de la dame pour laquelle il s’était battue, les couleurs de la dame, à son bras. A la guerre, la capture des chevaliers représentait de fortes sommes (la rançon), les simples soldats, eux, sont tués sans pitié.

 Armes et chevaux (le prix de quatre-vingt fantassins) leur appartenant, ils ont des pages, des écuyers et des valets d’armes à leurs services. Ils possèdent des terres, en général des fiefs, qu’ils transmettent sous certaines conditions à leur descendance.
 

Le page et l’écuyer

Le page : garçon destiné à devenir chevalier, envoyé vers sept ans dans une autre famille noble.

Il sert à table, apprenant ainsi les bonnes manières, aide le seigneur à s’habiller le matin, puis apprend à monter à cheval et à se battre à l’épée (entraînement durant de longues heures à l’épée en bois) .

L’écuyer : vers quatorze ans, le page devenait alors écuyer d’un chevalier. Il suit son seigneur au combat et l’équipe pour la bataille, s’occupe de ses chevaux et de son armure.

La plupart des écuyers devenaient chevaliers vers vingt et un ans. Toutefois, un écuyer pouvait devenir chevalier sur-le-champ, s’il avait fait preuve de grande bravoure au combat. L’écuyer passait de longues heures à s’entraîner aux joutes à l’aide d’un bouclier en bois pivotant, la « quintaine », lui servait de cible.
 
L’adoubement

En raison même de la compétence militaire qu’impliquait l’état de chevalier, nul ne l’était de naissance. On devenait chevalier à la suite d’un acte volontaire et conscient qui s’insérait en général dans un rituel.

A la faveur de ce rituel, l’aspirant à la chevalerie, qualifié d’écuyer, devenait « chevalier nouveau » .

A partir du XIIème siècle, le rituel apparaît plus élaboré et étoffé de véritables liturgies, visant à donner tout sons sens dans l’adoubement. Vêtu d’une simple robe, baigné, rasé, le jeune homme qui allait devenir chevalier passait la nuit à prier dans la chapelle du château.

La nuit passée, changeant son vêtement pour de plus beaux habits, il se rendait dans la grande salle du château ou ses amis et sa famille l’attendait pour le féliciter.
 
  
Cérémonie souvent rapide, un chevalier (le parrain) faisait venir l’impétrant et le faisait chevalier « au nom de dieu et de saint Georges » en lui donnant « la colée », c’est à dire en le frappant au cou de la paume de la main, soit, plus tard, du plat de l’épée sur l’épaule.
 

Il recevait le baudrier de chevalerie (c’est une courroie servant à attacher l’épée « cingulum militiae »), les éperons (inventés en Asie, permettent de rester plus facilement en selle tout en combattant) et l’épée de la part de son parrain (en général, cadeau de son père ou du seigneur lui même) ainsi qu’un écu et une lance.

Puis le nouveau chevalier retournait à la chapelle ou le prêtre le bénissait ainsi que son épée.

Des fêtes Accompagnés d’exercice guerriers suivent l’intronisation dont le jeu de la quintaine (les jeunes chevaliers, après avoir été armés se précipitaient lance en avant pour abattre un mannequin d’osier, revêtu d’une armure, symbolisant l’ennemi) .

Ainsi, ils prouvent leurs vaillances et leurs hardiesse, mais surtout, leurs expériences. 
 
Idéal chevaleresque

L’église entend faire de l’entrée en chevalerie une cérémonie chrétienne presque un sacrement et tente par la même de limiter la guerre (conciles de paix, « limitation de la guerre » dont la paix de dieu « pax dei » et la trêve de dieu « tregua dei ») .

Le nouveau chevalier reçoit donc les bénédictions (« la veillée d’armes » ) et le serment pour sacraliser l’emploi de ses armes.

Les formules liturgiques employées rappelaient l’idéal chevaleresque, qui était sensiblement le même que l’idéal proposé aux rois : Le chevalier doit combattre pour le droit à la justice, être brave, généreux, protéger les clercs, les femmes, les faibles, les pauvres et faire preuve de chasteté, d’humilité et d’obéissance, se qui n’empêchera pas un grand nombre de chevaliers de faillir à leurs devoirs.

Saint Bernard, en un texte célèbre, fit l’éloge de la nouvelle chevalerie: « tout chevalier devait se muer en soldat du Christ, ne pas participer aux guerres injustes et tyranniques et réserver ses efforts contre les infidèles, à la croisade » .
Disciplina Militaris
La mentalité féodale n’était guère favorable à la discipline militaire. A partir du XIIème Siècle, des penseurs suggérèrent de reprendre le modèle romain et jugèrent que devenir chevalier impliquait de prêter serment d’obéissance au prince (l’aide et le conseil : « auxilium » et « consilium » ) .

En échange, le seigneur promettait de rendre à son vassal « bonne justice », c’est à dire de s’engager à défendre ses droits, de ne pas le léser et de le protéger contre ses ennemis sur son fief, concession qu’il détenait de ce seigneur.

Ce contrat entre les deux parties pouvaient s’interrompre en cas de mort ou d’infidélité du vassal ou du seigneur.
 
 Le vassal

  L’hommage 

Agenouillé devant son seigneur et les mains jointes (signe de soumission) placées dans les siennes qui sont ouvertes et prêtes à se refermer, il se proclamait son « homme », puis il prononçait le serment de fidélité, sur un livre sacré, ou une saint relique.

Alors le seigneur remettait à son nouveau vassal un objet qui représentait le fief qu’il lui confiait (de la terre, ou des brins de blé…)  : c’est l’investiture.
 
Le vassal est en premier lieu un guerrier qui doit assister son seigneur dans toutes ses expéditions militaires (service de l’ « ost ») . 

Il a aussi la charge de rendre à son seigneur « le service du conseil » en venant à sa « cour » et en étant juge à son tribunal. 

Il doit enfin lui fournir « l’aide aux quatre cas » .
 
L’aide aux quatre cas
 
1er cas Aide financière pour son seigneur lorsque celui-ci est fait prisonnier et qu’une rançon est demandée.
2ème cas Aide financière pour le mariage de la fille aînée de son seigneur.
3ème cas Aide financière pour l’adoubement du fils aîné du seigneur.
4ème cas Aide financière pour partir en croisade.
 
Les arbalétriers
 
 Au concile de Latran, en 1139, Innocent III interdit l’usage de l’arbalète, considérée comme « trop barbare et non digne des combattants chrétiens » (cette arme est autant redoutée par les hommes d’armes que par les chevaliers) .

La croisade relancera l’intérêt destructeur de l’arbalète, le roi de France, Philippe II « Auguste », et le roi d’Angleterre, Richard cœur de Lion, en autoriseront l’emploi contre les infidèles.

A la fin du XIIème siècle, l’arbalète devient une « arme de guerre », l’ arme du soldat à pied par excellence. Cette dernière dérive de l’arc (fait de deux pièces, la 1ère: un arc en bois ou en corne, la 2ème : l’arbrier, fait de bois, creusé dans le sens de la rainure) et permet un tir plus précis, son trait (ou carreaux « quarrel » : pointe à section carrée, carrelet : forme perforante mesurant en général de 15 à 30 centimètres et pesant en moyenne de 50 à 60 grammes) à courte distance, est plus puissant que la flèche elle même.

A noter que la cadence est son point faible, inférieure du fait que l’armement de la corde est plus long (2 traits, contre 10 flèches dans le même temps) .
 
 
Le trait empenné (mesurant au maximum 25 centimètres et fait de bois, de métal et de plumes), appelé « vireton » était bien meurtrier, les pennes imprimant une rotation en cours de vol, augmentant ainsi la précision et la portée (au maximum 150 mètres), une cotte de mailles était bien vite transpercée.
 
Le transport des traits, pointe en haut, se fait dans de petits carquois de bois, de cuir, ou peau, appelé « couire ». Le tout se porte à la ceinture.

En plein combat, l’arbalétrier est le plus vulnérable. Bien moins protégé (il ne porte pas de cottes de mailles), donc plus léger (sûrement pour avoir les gestes plus rapides et plus surs) .

Sa tête est protégée par un chapeau de fer (composée de plaques d’acier rivetées, ses bords larges protégent la nuque et les épaules) et un camail (pièce de mailles qui recouvre la tête, le cou et les épaules) .

Son bouclier, hors période de combat, est suspendu au cou ou au dos. Au combat, il est tenu sur l’avant-bras par des courroies « énormes » et sur sa face extérieure figure les armes du seigneur ou du prince pour lequel il combat), fait office de rempart à sa personne au moment d’armer l’arbalète, ainsi que sa jaque « gippon » (vêtement composée de toiles fortes cousues sur une matelassure de bourre ou de coton, protégeant quasiment des flèches et des coups d’épée, à manches longues, ou à manches courtes, descendant jusqu’aux genoux) .
 
Les routiers

    Souvent issues de la petite noblesse, de tous pays, les cadets de famille ou le plus souvent les « bâtards », deviennent par nécessité, des mercenaires offrant service à qui payera le bon prix.

Une « solde » leur est donnée, de là vient le nom de « soldats », et leurs bandes s’appellent des « routes », de là le nom de « routiers ».

Ces bandes se groupent en Compagnie « compaigne », ou l’on trouvent quelques chefs anglais et surtout des Bretons, des Gascons et des Espagnols.

Quand la guerre cesse, leurs revenus fondent au soleil et les routiers décident  généralement de poursuivrent leurs activités guerrières pour leur propre compte, attendant la reprise de la guerre, à leur campement.
 
L’organisation des Compagnies

Chacune à ses maréchaux-ferrants, ses bouchers, ses couturières, ses selliers, ses blanchisseuses, ses chirurgiens et aussi ses clercs pour tenir les comptes, rédiger les sommations adressées aux villages et aux châteaux, ainsi que les saufs-conduits vendus aux marchands.

A noter que toutes ces « corporations » pratiquent sous tente.
 
Voici comment Froissart fait parler un vieux routier en retraite

« Comme nous étions réjouis quand nous chevauchions à l’aventure et pouvions trouver sur les champs un riche abbé, ou un riche prieur, ou un riche marchand, ou une route (une troupe) de mulets, chargés de drap d’or ou de soie, de pelleteries, d’épiceries venant de Bruges, ou d’autres marchandises venant de Damas ou d’Alexandrie!. Tout était notre ou rançonné à notre volonté. Tous les jours nous avions nouvel argent. Les vilains d’Auvergne et de Limousin (pays ou opérait sa bande), nous pourvoyaient et amenaient en notre château les blés et la farine, le pain tout cuit, l’avoine pour les chevaux et la litière, les bons vins, les bœufs, les moutons, les brebis, tout gras, et la poulaille et la volaille… Nous étions étoffés comme des rois!. Et quand nous chevauchions, tout le pays tremblait devant nous… Par ma foi, cette vie était bonne et belle! » .
 

Licenciées après le traité de Brétigny, les Grandes Compagnies se répandent dans le royaume, ravagent et terrorisent les campagnes. L’épouvante se trouve à la porte des maisons!.

Le traité de Brétigny, signé le 8 mai 1360, découle de la défaite de Poitiers et de la captivité du roi de France, Jean II. Ce traité prévoit la cession en pleine souveraineté de l’Ouest du royaume de France au roi Édouard III, d’Angleterre.
 
 A noter que le traité de Brétigny est le premier grand traité de la guerre de Cent-ans.
 
 Charles V tente de se débarrasser des routiers en les envoyant en Hongrie contre les Turcs, mais le projet échoue.

Le roi charge alors Bertrand du Guesclin de les regrouper et de les emmener en Espagne. Celui-ci parvient à rassembler la plupart des Grandes Compagnies et ensemble, se dirigent vers l’Espagne. 

Ainsi, les Grandes Compagnies soutiendront la cause d’Henri de Trastamare contre Pierre le Cruel, avant de se disperser.
 
Les capitaines des grandes compagnies

En 1361, le connétable de France, Jacques de Bourbon, est battu et tué à Brignais par des routiers rebelles.
En 1362, Arnaud de Cervolle , capitaine d’origine périgourdine, (surnommé l’Archiprêtre car il perçoit des revenus de l’archiprêtré de Vélines) est au service de Charles V et avec Bertrand du Guesclin, tente de chasser de France les grandes compagnies. Arnaud de Cervolle commande donc un contingent de l’armée royale envoyée pour combattre les routiers en Bourgogne, mais celui-ci est écrasé par les écorcheurs, près de Lyon.

En 1364, Arnaud de Cervolle participe à la bataille de Cocherel.

En 1365, Arnaud de Cervolle prend le commandement des grandes compagnies qu’Urbain V et Charles V ont décidé, pour s’en débarrasser, d’envoyer combattre les Turcs en Hongrie. C’est un échec car ils ne peuvent traverser l’Allemagne.

En 1366, Arnaud de Cervolle est tué dans une querelle avec un homme d’armes, alors qu’il tentait une nouvelle fois de rassembler les bandes de routiers dispersées en Languedoc.

De 1390 à 1391, les dernières bandes sont anéanties dans le Massif central.

En 1410, le Castillan, Rodrigue de Vallandrando, arrive en France et se joint à la bande du seigneur de l’Isle-Adam, qui louvoie entre Armagnacs et Bourguignons. Il finit par se rallier au duc de Bourgogne. La rapidité de ses déplacements tient du prodige et l’épouvante qu’il suscite en fait presque un personnage de légende. Ses nombreux prisonniers faits à Anthon, lui assurent d’énormes rançons; les États du Dauphiné, en témoignage de reconnaissance, lui concèdent la seigneurie de Puzagnan, et Charles VII lui donne le titre d’écuyer du roi.

Vers 1430, fautes de guerres, les routiers, appelés les « écorcheurs », sèment dans les campagnes la terreur et tuent.

Entre 1430 et 1435, La bande de Rodrigue garde son autonomie, et tandis que les écorcheurs ravagent les régions de l’Est et du Nord-est, elle va exploiter le Centre et l’Aquitaine. Les sollicitations les plus vives lui viennent de Castille, où le roi Jean II et son connétable, Alvaro de Luna, sont menacés par une coalition féodale. Rodrigue passe en Espagne, écrase l’armée rebelle, et gagne le titre de maréchal de Castille.

En 1445, une grande partie des routiers est intégrée dans l’armée permanente de Charles VII. Les autres doivent se disperser.
 

Publié dans : VALEURS DE FRANCE |le 12 février, 2007 |1 Commentaire »

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1 Commentaire Commenter.

  1. le 14 mars, 2007 à 16:17 Mourgue écrit:

    Bonjour,
    Permettez-moi de vous informer de la publication d’un essai consacré à l’histoire de Mérigot Marchès, le fameux chef routier qui sévit en Auvergne à la fin du 14ème siècle (« Mérigot Marchès », éditions Le Manuscrit, Paris).
    Merci de votre attention
    Cordialement
    Alain Mourgue

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