Archive pour janvier, 2007

SUCCESSIONS SPIRITUELLES

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LES MULTIPLES 

SUCCESSIONS SPIRITUELLES 

  

Les Maîtres dispersés allaient dans différentes directions, partout à la face du Monde  » reconstruire  » le Temple. 

  

Certains furent les Instigateurs de la Franc Maçonnerie, à preuve qu’elle s’en réclame elle-même sans cesse, et que la Tradition fait du Duc de MONTAGU ou MONTAIGU, cité dans les Célèbres Constitutions d’ANDERSON, fut, selon certains, le descendant direct de PIERRE DE MONTAGU ou MONTAIGU, Grand Maître de l’ORDRE du TEMPLE de 1219 à 1232, ceci ne pouvant encore qu’ajouter à la croyance qui fait de la Maçonnerie la Fille, au moins spirituelle de l’Ordre. 

  

Encore faut-il préciser que le rite maçonnique le plus ancien, dit rite d’HRODOM et de KILWINNING, selon les sources les plus sérieuses aurait été créé par des Templiers et des Compagnons bâtisseurs en accord avec Robert BRUCE. 

  

D’autres avec des sensibilités différentes firent d’autres choses. 

  

Certains Templiers s’étant échappés vers l’Italie, il faut leur attribuer les enseignements « studia humanista » des Oratores « Poetae » ou Humanistae », qui comprenaient les Sciences du Verbe, Grammaire, Rhétorique, poétique, et qui prônaient le libre développement de l’Homme. 

  

En Italie toujours, Pétrarque recherche la sagesse des  » païens éclairés »… Léonardo BRUNI décrit l’idéal de la personne cultivée et politiquement active… 

Un convent Templier a été tenu à SPALATC en Dalmatie en 1318. Un texte conservé à la Grande Bibliothèque d’Istanbul apporte la preuve de cette réunion sans autre commentaires. 

  

Dès 1348, on assiste à la fondation de l’Université de PRAGUE par CHARLES IV, sous l’impulsion de son Chancelier Jean de NEUMAR, dont on suppose qu’il appartenait à la Commanderie du Temple de METZ. 

  

Sur ce Propos, Jean de NEUMAR a d’ailleurs rencontré PETRARQUE à PRAGUE en 1350. 

  

Tout le « mouvement » Humaniste qui va exploser, sera imprégné des Sublimes Connaissances et va se développer avec elles. 

  

- Nous conseillons au lecteur, sur ce propos, de voir les enseignements de Johannes REUCHLIN en Autriche, qui furent par la suite repris par Eliphas LEVI, puis par PAPUS et Stanislas de GUAITA ( lequel s’installa en Lorraine près d’un ancien site Templier ), mais avant eux, par SIDENIUS, BARUCHIAS, etc… et notamment sur le secret du VERBE, le seul mot capable d’accomplir des miracles… 

  

En FRANCE, l’ORDRE caché, s’est perpétué également directement par les COMPAGNONS CENTONARIS DU SAINT DEVOIR ( Aujourd’hui encore en activité ), et notamment à partir d’un « Convent » de STRASBOURG en 1315 qui développa le Rite du Trait » qui est de pure Chevalerie Templière, puis indirectement au travers des MASSENIES qui apparurent dès 1355/1360. 

  

L’ORDRE DE VIRECOURT qui avait été créé dès 1311 par Raynaud de CHANOT de VIRECOURT et ses fils se développa à cette époque mais demeura très secret et eut peu d’adeptes, même s’il en subsiste certaines traces encore récentes. 

  

Des « Groupes » se lièrent notamment au sein des LOGES DE JUNON ( la Sospita Mater Regina, Juno en latin, divinité à rapprocher de HERA la Grecque et de la TANIT de CARTHAGE ), calquées sur les Loges de SPARTE. 

  

Ces loges se multiplièrent, y compris à l’étranger sous des noms tels que JUVENIS, JUVENTUS…, mais ne devinrent jamais importantes et furent absorbées généralement par les Massenies. 

  

A noter qu’au Temple, JUNON est aussi ISIS et DEMETER, « divinité » de la Défense, de la Fécondité et du Pouvoir. 

  

A noter aussi que certaines Commanderies s’organisèrent très vite sous d’autres formes, cas notamment de la Commanderie de CERNON, dite Commanderie Sainte EULALIE, qui commandait à LA COUVERTOIRADE et à LA CAVALERIE, ou à celle de SONBERNOM, petite commune de l’Ouest Dijonnais. 

  

D’autres Templiers dès 1307 fuient vers l’Espagne, en particulier auprès des Commanderies de BURGOS en Vieille Castille et à GERONE en Catalogne, mais aussi en NAVARRE et sont à l’origine de la fondation de l’Ordre de CALATRAVA. 

  

D‘autres rallièrent THOMAR au Portugal où le Roi Denis de Portugal eut l’idée de réunir certains les Templiers du Portugal avec certains Templiers d’Espagne et avec ceux échappés de France en un Nouvel Ordre qui prit pour Nom « ORDRE DU CHRIST ». Cet ordre fut reconnut comme tel par le Pape Jean XXII le 14 Mars 1319. Il fut légalement fondé en Ordre religieux en 1325 par Gils MARTINEZ. Cet Ordre a été sécularisé en 1789. IL est aujourd’hui exclusivement religieux. Son Grand Maître actuel est Fernando Pinto Peirera de Fontès. ( à ne confondre en rien avec Souza Fontes ). Seules quelques reliques et une messe annuelle pour les « frères anciens » avec une supplique « à Gualdim  » Maître fondateur de l’Ordre ancien » ( fils de Hugues de Payens), rappelle les liens avec l’Ordre du Temple. 

  

Nous l’avons dit, les Sublimes Connaissances furent à nouveau dispersées … 

  

Elles le sont toujours, la reconstruction est à peine commencée … 

  

Nombreux toutefois parmi ces Initiés sont demeurés à travers le Temps fidèles GARDIENS DU TEMPLE, VEILLEURS SILENCIEUX …, gardiens du VERBE, quelquefois dissimulé sous le V.I.T.R.I.O.L, abréviation de Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenia, Occultum Lapidem… 

  

Notons ici encore pour le lecteur que cette croyance qui assimile quelquefois le VERBE du VITRIOL, est à rapprocher aussi de la croyance R+C+ qui parle d’un esprit vivant à l’intérieur de la Terre, d’où, pour certains, immortalité par le retour à la poussière et le renouveau issu de la putréfaction… 

  

  

PROPOS SUR LA SUCCESSION LARMENIUS 

  

Il n’est pas question ici, de reprendre toute cette histoire, mais de préciser certains points. 

  

La succession, dite « succession  LARMENIUS, émane d’une charte dite « TABULA AUREA LARMENII » datée du 13 Février 1324, qui n’aurait été en réalité connue visiblement qu’en 1864 (?). 

  

Quoiqu’il en soit, le document LARMENIUS est un faux confectionné par le Jésuite BONNANI ( pour le Bénéfice du Duc de BRISSAC ?). 

  

Ce fait est d’ailleurs confirmé par LEDRU et MORISSON de GREENFIELD, spécialiste Anglais de l’époque, membre lui-même du mouvement « FABRE-PALAPRAT », ainsi que par le Vicomte d’ASFELD. 

  

L’encre, la calligraphie, la paléographie, l’épaisseur du parchemin, en témoignent de surcroît. Il est vrai que LARMENIUS est un Nom qui ne figure en aucune pièce du procès ! – La Traduction du texte en a été réalisée par Elizé de MONTAGNAC en 1864, chez Auguste AUBRY, Imprimeur Editeur à PARIS. 

  

« L’inventeur », et bénéficiaire « indirect », en était le Pharmacien Bernard-Raymond FABRE PALAPRAT. Ce fait a d’ailleurs été confirmé aussi par feu Laurent DAILLIEZ dans sa thèse de Doctorat d’Histoire. Il est encore contrôlable au fait que l’ensemble des écrits avaient été déposés à la Bibliothèque Nationale ( dépôt VERNOIS ). Reconnaissons toutefois à PALAPRAT de réelles qualités d’ésotériste, même si Daniel LIGOU le qualifie de remarquable fantaisiste. 

  

En effet, le document LARMENIUS ( Johannès – Marcus ), au delà d’un simple faux, doit être perçu comme une réelle réalisation constructive pour atteindre un objectif spirituel lequel n’a pas moins de qualité que n’importe quelle création, compris celle qui fait de la Maçonnerie l’héritière du Temple! Les documents « historiques » du fonds PALAPRAT sont conservés à la Bibliothèque Nationale où ils ont été déposés en 1871 ( dépôt VERNOIS ) et la Charte LARMENIUS quant à elle, est actuellement conservée à Londres. 

A noter sur l’ensemble de « l’oeuvre » PALAPRAT-LARMENIUS, que sa filiation directe en est réellement éteinte. Son dernier conseil s’est déroulé le 12 Mars 1841, après s’être divisée en 2, voire 3 Branches dès 1838 ( GUIGNECQ, MORETON de CHABRILLON, JUGE … ?) 

  

Une « relance » de développement des idées de PALAPRAT prend jour à BRUXELLES courant 1934 à la diligence de 4 anciens commissaires de Police, Emile BRIFFAUT, Alfred NEVUWTH, Théodore CORRIAS et Emile, Isaac VANDERBERG ou VANDENBERG, qui créent à cette fin un rituel maçonnique complet. VANDENBERG aurait quitté cette organisation pour y revenir en 1939 avec  Antonia Campello Pinta de Souza Fontès et le Français GUERARDELLE.

  

Ceci renforce encore  ce « folklore », surtout lorsqu’on sait que GUERARDELLE serait encore G. de V., alias Jacques GAVILLET, « Grand Maître » de la Commanderie ( templière ) de VAULX … 

  

Une autre voie semble encore devoir être signalée avec intérêt, créée vers 1945 par Don Jaime de Mora y Aragon, cousin de Souza Fontès, et frère de l’actuelle Reine FABIOLA, lequel serait, paraît-il, connu pour avoir appartenu à une loge nazie…, mais ceci est encore une autre histoire… à prendre au pur conditionnel. 

  

Pour être plus précis encore, la filiation LARMENIUS est également revendiquée par d’autres groupes, et notamment la filiation dite « Suza Fontès », renforcée de « formes » Hispanisantes, ou encore la voie PELADAN qui prit davantage forme Maçonnique. 

  

L’Ordre Souverain et Militaire du Temple de Jérusalem, dont l’actuel S…G…M… est Pierre, Denis, Joseph, Ghislain PASLEAU ( Avènement en 1965 à HUY, Belgique ) en est également descendant via la succession « Constantin PLATOUNOFF ». 

  

Nous n’aborderons pas les filiations Apostolique, « Lignée Vieille Catholique Romaine », ou la « Lignée Syrienne Orthodoxe d’Antioche », le folklore a ses limites que nous ne franchirons pas, surtout parce que nous nous sentons au moins partiellement alliés moralement à l’ensemble de l’oeuvre de Frère P.P. PASLEAU, dont la quête Chevaleresque n’est plus à démontrer au delà, justement, de tout folklore. 

  

PROPOS FINAL SUR LA MAçONNERIE 

  

Il n’est pas question ici, une fois encore, de reprendre tout ce qui a été déclaré, dit, écrit ou publié sur le sujet mais d’être radicale : 

  

La Franc-Maçonnerie n’est pas la continuité du Temple

  

Si le Temple a largement inspiré cette Vénérable Confrairie et spécifiquement dans ses hauts-grades (le mot de Passe du 33ème degré du REAA n’est-il pas YALOM ED SEUQCAJ ?), il n’est pas pour autant question d’autre chose que de recherche d’inspiration et aucune légende sur le sujet ne peut apporter quelque commencement de preuve que ce soit , inclus les légendes de la Stricte Observance et du Baron de Hund. 

  

Il n’ y a rien d’autre à dire ici sur le sujet sinon que de rappeler l’une des devises de la Chevalerie du Temple : 

  

Un Chevalier Arabe n’est pas un Chevalier, c’est un Arabe. 

Un Chevalier Teuton n’est pas un Chevalier, c’est un Teuton. 

Une chevaleresse n’est pas un Chevalier, c’est une Femme. 

Un Chevalier d’un ordre maçonnique n’est pas un Chevalier, c’est un maçon.

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 22 janvier, 2007 |Pas de commentaires »

LA CHAINE ININTERROMPUE DES TEMPLIERS (Ou l’après 1307)

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LA CHAINE ININTERROMPUE 

(Ou l’après 1307) 

  

Pour les historiens et les purs juristes, la Vie de l’Ordre était achevée. 

  

Si CLEMENT V a réellement dissout l’ORDRE en 1312, il n’a dissout l’ORDRE que dans son aspect RELIGIEUX, même si, bien entendu, l’ORDRE se trouvait, sans conteste, et par le même fait, également dissout MILITAIREMENT. 

  

Toutefois, l’Ordre en termes d’ assemblée spirituelle ne prit pas fin pour autant et moins encore ses autres structures qui n’étaient pas concernées,, en particulier son ordre intérieur. Sur ce propos, il est pertinent de relever certaines «énigmes de l’histoire, notamment la survivance réelle – et continue de l’ordre en Angleterre -, mais aussi le convent de 1312 qui se tint sur  les lieux mêmes de la création initiale, ou encore la création en 1314 de l’Ordre du Temple et des Compagnons Centonarii qui se scinda selon les sources en 1321 en deux « confrairies », l’une chevaleresque, l’autre compagnonnique, laquelle a toujours son siège dans la région de Nevers. 

  

Une « trace  quasi indélébile » de survivance a par ailleurs été relevée au lieudit « Le Temple sur Authie » (actuellement Conchil le Temple, Pas de Calais), ou à Montreuil sur Mer (62), mais aussi en différents endroits, comme le prieuré de l’Agnel … 

  

Quoi qu’il en soit, l’esprit survécu et l’Ordre retourna à l’invisible dans le même esprit et les mêmes conditions que les années précédent sa fondation. Depuis, son Histoire continue… à preuve Ta présence ici et la nôtre ! 

  

La Tradition reprit son chemin. Elle passa de Jacques de MOLAY à Raynaud de CHANOT de VIRECOURT,  » extirpé de justesse  » de la dernière bataille de l’Ordre, en forêt de BROUVELIEURES en un endroit appelé FREMIFONTAINE, où les derniers Templiers tombèrent dans un combat à Un contre Dix et presque désarmés, face à la puissante Armée du Duc THIBAUT II de Lorraine qui voulait plaire à Philippe LE BEL. 

  

Notons pour l’Histoire que Raynaud de CHANOT de VIRECOURT avait lui-même été arrêté le 26 Mai 1311 en compagnie de Jean de CHAALI et de Pierre de MADIES, et qu’ils furent relâchés peu après… Raynaud avait été appelé par Jacques de MOLAY en sa prison du Temple. Il lui transmit les Sublimes Connaissances sauf une « clef » que détenait un  » Moine Rouge  » avec pour charge de la lui transmettre au dernier moment:  » Si DIEU le VEUT  » avait dit le Maître… 

C‘est ce  » Moine Rouge  » qui extirpa d’ultime justesse Robert de CHANOT de VIRECOURT de la Bataille de FREMIFONTAINE où étaient venus tomber les derniers Chevaliers de METZ, de MOUSSON, de PIERREVILLERS, de VIRECOURT, de GELUCOURT, de CHARMES , de VIC … Il l’initia aux derniers secrets. C’est encore lui qui, quelques années plus tard vint chercher le Fils cadet de Raynaud pour l’emmener en Gavarnie et au Rhazes. Ce  » Moine Rouge  » n’était autre que Thibaud GAUDIN, Ancien Grand-Maître de l’ORDRE DU TEMPLE, XXI° du Titre, le  » Chaînon Manquant « …, prétendu mort pour se dissimuler du Roi deux années avant l’installation de Molay, précisément à la suite d’une altercation avec le Roi qui, selon lui laissait augurer de mauvais présages … 

  

Sur sa fin, nul doute que Jacques de MOLAY instruisit aussi Robert de BEAUJEU des choses de l’Ordre, ainsi que Pierre d’AUMONT, lequel quitta la France pour l’Ecosse et devint Maître Réformateur de l’Ordre à ABERDEEN, où il créa l’ORDRE CHEVALERESQUE D’ABERDEEN, au sein duquel  » dirigeait  » la  » FRATERNITE DES FRERES EN EXIL « ,  base de création de l’ORDRE DU CHARDON, que l’on retrouve aussi en Lorraine et qui subsiste toujours. Le  » Moine Rouge « , lui, comme Ancien Grand Maître, détenait la « clef des clefs », véritable LIEN entre les autres et leur permettant de s’assembler. Une fois encore, l’ensemble des  » Sublimes Connaissances  » étaient dispersées…. 

  

Robert de BEAUJEU, Pierre d’AUMONT et Raynaud de CHANOT de VIRECOURT jurèrent qu’ils ne transmettraient leurs enseignements que par parties et selon la tradition, de manière à disperser à nouveau sur toute la face de la Terre l’ensemble des Sublimes Connaissances. Par ce serment, ils décidèrent qu’aucun ne les détiendrait à nouveau toutes, sauf par lui de les réunir seul et sans aide et de le prouver en convent aux Maîtres invisibles dans une cérémonie au cours de laquelle il remettrait ses preuves qui consistent en la réunion des trois glaives dont les initiales des noms forment le nom « LEX » ( Loi ), en déclamant devant eux la formule ancestrale gravée dans la pierre en un seul endroit au monde et en réalisant le prodige de mêler dans le même flot les  » Eaux du début et celles de la Fin « … Raynaud de CHANOT de VIRECOURT passa le reste de sa Vie sur les Routes de l’Europe, ayant pour refuge principal un Château de VAUDEMONT-SION … Son fils cadet fit de même en Espagne. Raynaud de CHANOT était un personnage quasi légendaire dès son entrée au Temple. Il était en effet le fils de Guillaume le Faidit et de Béatrice la Cathare. Il épousa Marguerite de MOUTREY, ( petit fief voisin de VIRECOURT ) en 1280. Elle lui donna 5 fils. Il fut avec eux le fondateur de l’Ordre de Virecourt. 

  

L’ORDRE, à nouveau, retournait à l’Invisible … 

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 22 janvier, 2007 |2 Commentaires »

LA CONSTITUTION VISIBLE DES TEMPLIERS

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LA CONSTITUTION VISIBLE

  

  

La constitution visible de l’Ordre du Temple a pour point de départ une rencontre au couvent du mont OLYMPE en 1054, de différents Initiés sous la conduite du Grand Maître Michel PSELLOS, lui-même conseiller d’ISAAC 1° COMNENE. 

  

La Tradition fait également état de la présence de Frédéric de LORRAINE et de Gérard de BOURGOGNE, lesquels occuperont tous deux quelques années plus tard le trône de Saint Pierre, l’un Frédéric de LORRAINE dès 1057 sous le Nom d’ETIENNE IX, l’autre en 1059 sous le Nom de NICOLAS II. La Tradition rapporte que c’est à cette occasion que Michel PSELLOS aurait également reçu voeu de Odon de LAGERY, alors âgé de 12 ans et qui occupera à son tour le Trône de Saint Pierre sous le Nom d’URBAIN II en 1088. 

  

Nous préciserons ici au lecteur que Michel PSELLOS, le Byzantin, fut en son temps le restaurateur de la Philosophie Platonicienne, laquelle n’est pas sans rapport avec l’ORDRE, lorsque l’on sait que l’un des buts de l’ORDRE était d’établir la République d’ Europe, voire une République Universelle basée sur les principes de l’ATLANTIDE … 

  

Michel PSELLOS avait été initié aussi par le Maître arabe IBN AL – HAYTHAM HAZIN, qui passait pour l’un des Physiciens et Mathématiciens les plus habiles du Monde, adepte et développeur lui-même des théories Pythagoriciennes. Ils créent entre eux l’ORDRE DE LA FRATERNITE D’ORIENT ET DE THEBES, Ordre ayant lui-même survécu aux ans et qui a été le « moteur de la résurgence visible » de notre Ordre, dans sa forme actuelle en 1989… 

  

Parmi eux, il faut signaler la présence importante de DAR EL HICKMET HAKEM, le Fondateur au CAIRE vers 1010 – 1015, de la  » Maison de la Sagesse « . 

  

Trente deux années plus tard, soit en 1086, avec l’appui de Odon de LAGERY, lequel occupera le Trône de Saint Pierre en 1088 sous le nom de URBAIN II, ils rencontrent l’ORDRE d’AMUS et désignent les Neuf Chevaliers qui seront chargés de créer la Nouvelle Chevalerie et effectuent un important voyage qui s’achèvera en 1090 à CONSTANTINOPLE, où Hugues de Payens et Godefroy de Saint Omer sont initiés par Michel PSELLOS. 

  

En 1095, Odon de LAGERY, devenu URBAIN II, lance l’appel pour la première croisade. 

Dans ce contexte, Hugues de PAYENS et GODEFROY de SAINT OMER poursuivent leur objectif et retrouvent Michel PSELLOS à CONSTANTINOPLE aux premiers jours de 1096, en compagnie du Grand Maître MELCHISSEDEC Le Jeune, qui était l’Ambassadeur de HASSAN BEN SABBAH, Chef des HASHASHINS, connu sous le nom « du VIEUX de la MONTAGNE ». 

  

Ils sont alors initiés par lui aux secrets de PYTHAGORE et aux Sublimes Connaissances d’ Orient et d’Occident, d’où, à l’origine visible les 7 degrés initiatiques de l’Islam chez les Templiers. Ils poursuivent leur « voyage » jusqu’en Orient où ils sont présentés à Nicolas STETATE qui présidait aux corporations de bâtisseurs byzantins. Avec deux religieux, l’un de CITEAUX, frère Jean, l’autre de LUXEUIL, Frère Jacques, ils pénètrent en AGARTHA au Tibet par la porte du Soleil d’Or au symbole du soleil flamboyant. 

De retour en France, ils rencontrent Etienne HARDING qui organise une rencontre entre Hugues de PAYENS et THEOCLETE, 77ème Successeur de Saint Jean. C’est de Théoclète que Hugues détient ses pouvoirs sur l’Ordre en création. 

  

Hugues et Godefroy passèrent alors Neuf années à recruter, et à initier à leur tour, ceux qui deviendront leurs compagnons d’armes dans leur projet fabuleux, et parmi les premiers desquels il faut compter Guy de BOURGOGNE, qui occupera, lui aussi le Trône de Saint Pierre en 1119 sous le Nom de CALIXTE II. 

  

Dans le courant de l’Automne-Hiver 1098/1099, de retour en France, ils rencontrent Bernard FONTAINE (dit de CLAIRVAUX), lequel les initie aux secrets des Ordres religieux et les conduit à donner à leur projet la forme d’un Ordre Religieux Militaire. 

  

Au Solstice d’été de l’année suivante, le 24 Juin 1099, ils fondent l’ORDRE DU TEMPLE. La cérémonie se déroule dans une étrange propriété de la Forêt de TROYES, aujourd’hui appelée Forêt du TEMPLE, elle-même au sein de la Forêt d’ORIENT. Les soubassements de cette propriété, qui deviendra par la suite le siège secret de l’Ordre, reposent sur ONZE Colonnes. Ils Jurent secret, chacun adossé à l’une des Onze colonnes de ce lieu. 

  

Ils sont 9 Chevaliers de France, accompagnés de Bernard de CLAIRVAUX et de Guy de BOURGOGNE, le  » Moine Rouge  » ( en raison des couleurs de sa famille ), qui porte épée sur la lame de laquelle on peut lire  » In Nomine Domini « … encore une fois ONZE… 

  

Cette épée, selon une certaine tradition, sera remise plus tard, au cours de la Troisième Croisade, à un Roi venu de Bretagne, qui deviendra presque tout aussi légendaire que celui auquel il se réfère, savoir ARTHUR, et ce, sous le Nom de RICHARD 1°, surnommé « Coeur de Lion ». Relevons ici pour l’anecdote historique que ce Roi Anglais reçut les sacrements du mariage dans l’Eglise Templière de CHYPRE et que, plus tard, il fut inhumé à CHALUS, en France, sous protectorat de l’Ordre du Temple. Son gisant est aujourd’hui en l’Abbaye de FONTEVRAUX. Toute cette période du Moyen Age est marquée, nous l’avons dit, par la Domination Intellectuelle et la Puissance de l’Eglise de Rome. Il est Impossible à quiconque de ne point plier genoux devant elle et son épouvantable et toute permanente Inquisition rôdant partout. 

  

Les Initiateurs de l’ORDRE le savent et c’est d’ailleurs la raison de leur longue préparation qui ne compte pas moins de 3 successeurs au Trône de Saint Pierre dans les « fondateurs ». 

  

Bernard de CLAIRVAUX, lui aussi est « choisi » ( par Etienne HARDING ) et formé selon ce grand dessein et c’est ce qui explique notamment son immense notoriété alors qu’il n’était encore âgé que d’une vingtaine d’années… 

  

C’est lui qui fut choisi pour « structurer » le projet sous forme d’un ordre religieux, partant du principe que c’est de l’intérieur d’une telle puissance que l’on peut agir et non de l’extérieur… 

  

L’Ordre est officiellement créé le 24 Décembre 1118 à JERUSALEM sous la Règle provisoire des Chanoines de Saint Augustin et placés sous le Régime de l’Ordre du Saint Sépulcre. Dans le même temps, ils créent l’Ordre des Compagnons, qui allait devenir  » l’aile de génie  » des Templiers. 

  

Dans le courant de l’hiver 1127, en FRANCE, ils achèvent les préparatifs de cette structuration en Ordre Militaire et Religieux et Bernard de CLAIRVAUX, sous autorité de Hugues de CHAMPAGNE, ( Oncle de Hugues de PAYENS et Véritable Fondateur de CLAIRVAUX), réunit un Concile à TROYES le 13 Janvier 1128 pour donner une Règle propre à l’Ordre « dit de la Milice du Christ ». 

  

Cette première règle n’a pas été écrite par l’Abbé de CLAIRVAUX, elle avait été préparée par les Chevaliers eux-mêmes, aidés en cela de Guy de BOURGOGNE et d’Etienne, Patriarche de Jérusalem. Cette première règle fait référence au Pape SAINT HILAIRE. Elle fut « remise » à l’Ordre par le Pape HONORIUS. Elle est frappée de la Croix Papale ( Croix de Lorraine ), dont le sceau a été inversé. 

  

La mission de Bernard de CLAIRVAUX quant à la règle fut sa mise en forme calligraphiée latine, encore que cette tâche fut confiée à un humble moine-scribe répondant au nom de Jehan Mihiel ( Jean Michel ). Le seul écrit de l’Abbé de CLAIRVAUX pour l’Ordre fut le LIBER AD MILITES TEMPLI: DE LAUDE NOVAE MILITIAE » ( Livre à l’adresse des Chevaliers du Temple: Eloge de la Nouvelle Chevalerie. Encore que ce livre a également été écrit à la demande de Hugues de Payens comme le prouve le texte lui-même dans son prologue: 

  

            « …. Semel, et secundo, et tertio, nisi falor, petisti ma me, Hugo carissime, ut tibi tuisque commilitonibus scriberen exhortationis sermonem, et adversus hostilem tyrannidem, quia lanceam non liceret, stilum vibrarem, asserens vobis non parum fore adiutorii, si quos armis non possum, litteris animarem. 

  

            Ce qui se traduit par:  » A une, à deux, et même à trois reprises, sauf erreur, mon très cher Hugues, tu as sollicité de ma part un écrit d’exhortation pour toi et tes compagnons d’armes. Tu voulais que, à défaut de lance, je brandisse ma plume contre le tyran ennemi, car tu m’affirmais que je vous serais d’un réel secours, en vous encourageant par un texte, puisque je ne puis le faire par les armes. 

  

Il s’agit d’ailleurs plus d’un « Traité » que d’un texte ou d’une lettre. La datation de celui-ci n’est d’ailleurs pas certaine: il a des dates limites qui sont, d’une part le Concile de Troyes de 1129 et la date de mort de Hugues de Payns, soit 1136. Les historiens les plus sérieux datent ce texte de l’année qui a  suivi le Concile de Troyes, soit 1130, tout au moins pour sa publication. 

  

LA PREMIERE COMMANDERIE 

  

La Première « Commanderie » fut installée à LA COUDRIE près de CHALLANS en Vendée. Hugues de Payens estimait en effet que le siège devait être éloigné de la direction des choses de l’état et aussi près de l’Océan pour pouvoir mettre en chantier ce qui allait rapidement devenir la première marine du monde. Et ainsi commence, de manière visible, et déjà complexe, ce qui sera l’Histoire de l’ORDRE DU TEMPLE

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 22 janvier, 2007 |Pas de commentaires »

Denis Ier de Portugal et les Templiers

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Denis Ier de Portugal

(Lisbonne 1261 – Odevilas 1325)

Denis de Portugal, surnommé le Fermier ou le Père de la Patrie ou encore le Libéral, était le deuxième fils du roi Alphonse III et de son épouse l’infante Béatrice de Castille (1242-1303) et devint le sixième roi de Portugal en 1279 (et le cinquième des Algarves) à la place de son aîné Robert qui avait été déclaré bâtard de Mahaut de Dammartin.

Comme héritier du trône, Denis Ier fut très tôt formé par son père, pour diriger le Portugal. Lorsqu’il monta sur le trône, le Portugal était de nouveau en conflit avec l’Église catholique. Denis tenta de résoudre le problème signant un traité avec le pape Nicolas III où il promettait de protéger les intérêts de Rome au Portugal, particulièrement, en donnant asile au Portugal à l’Ordre du Temple, persécuté en France, sous le nom d’Ordre du Christ (lire encadré ci-dessous).

La Reconquista étant terminée, Denis Ier fut surtout un roi administratif et pacifique malgré de petits conflits avec la Castille dont il obtint la possession des bourgades de Serpa et Moura, les territoires au-delà du Guadiana et la rectification des frontières de Ribacoa. Il signa un traité des limites avec Ferdinand IV de Castille le 12 septembre 1297. Ce traité est encore en vigueur. Une fois le problème résolu, aucune autre guerre n’eut lieu durant son règne, justifiant ainsi le souvenir qu’il a laissé d’un roi étrangement pacifique pour son époque.

Ainsi, les priorités de gouvernement furent essentiellement l’organisation du pays et la continuation des actions de son père. Denis a publié le noyau du Code civil et criminel se concentrant sur la protection des classes moins favorisées contre les abus de pouvoir.

Durant son règne, il voyagea dans le pays visitant les bourgs et apportant des solutions aux problèmes rencontrés. Avec l’aide son épouse, la reine Isabelle d’Aragon dite sainte Isabelle (1271-1336), Denis essaya d’améliorer la vie des pauvres et fonda diverses institutions de charité.

Préoccupé par les infrastructures du pays, Denis ordonna l’exploitation de mines de cuivre, d’argent, d’étain et de fer et organisa les exportations de ces produits vers les autres pays européens. Il signa le premier traité de commerce avec l’Angleterre en 1308 et fonda la marine marchande portugaise.

Denis institua la première réforme agraire du Portugal, redistribua des terres en morcelant les terres féodales et ecclésiastiques, encouragea l’agriculture et fonda diverses communautés rurales, des marchés et des foires. Sous son règne, le Portugal produisit plus de céréales dépassant ses besoins et exporta l’excédent. Un de ses plus grands bienfaits fut la plantation de pins pour protéger les terres arables de l’avance des sables sur les côtes. La forêt de pin de Leira existe toujours.

Denis forma une marine marchande pour commercer avec la Catalogne, la Bretagne, l’Angleterre et les pays nordiques. Installant des marchands génois à Lisbonne, il fut le promoteur des grands navigateurs et fit venir des pays voisins des techniciens en navigation. Les Açores auraient été découvertes une première fois sous son règne.

Denis Ier mis le Portugal sur un pied d’égalité avec les autres royaumes de la péninsule Ibérique.

La culture fut un autre de ses cendres d’intérêt. Denis aimait la littérature et écrivit lui-même quelques livres sur des thèmes comme l’administration ou la chasse et des ouvrages de poésie. Il fonda, en 1290, l’Université de Lisbonne qu’il transféra à Coimbra en 1307. Par son décret Magna Charta Priveligiorum, il fonda l’Université de Coimbral et défendit l’utilisation et l’enseignement du latin à la place du portugais.

Cependant, les dernières années de son règne furent marquées par des conflits entre ses deux fils : Alphonse, l’héritier légitime et Alphonse Sanches, comte d’Albuquerque, son fils illégitime.

Généalogie

De son mariage en 1282 avec Isabelle d’Aragon, dite sainte Isabelle, (1271-1336) :

  • Constance (3 janvier 1290-18 novembre 1313) qui épousa Ferdinand IV, roi de Castille
  • Alphonse IV de Portugal (1291-1357), son successeur

De Marie Pires :

  • Jean Alphonse (1288-1336), seigneur de Lousã et Arouse

De Marinha Gomes :

  • Marie Alphonse qui épousa João de Lacerda, noble de Castille

D’Aldonça Rodrigues Telha :

  • Alphonse-Sanche (1289-1329) comte d’Albuquerque, rival d’Alphonse IV

De l’Ordre du Temple à l’Ordre du Christ

Suppression de l’Ordre du Temple

Le 30 décembre 1308, alors que l’affaire des templiers est déjà fortement engagée en France depuis plus d’un an, le pape ordonne au roi Denis de Portugal de faire arrêter les templiers de son ressort. Une commission d’enquête est créée dans le pays. Elle est présidée par l’évêque de Lisbonne et comprend le supérieur de l’ordre des franciscains ainsi qu’un juriste, Joao de Luis. Des templiers au nombre de 28 sont alors interrogés, ainsi que six autres témoins. Pour éviter que les biens du Temple ne tombent entre d’autres mains, le roi ordonne leur confiscation en janvier 1310, jusqu’à ce que l’Église statue officiellement sur l’ordre incriminé. L’enquête menée au Portugal, sans recours à la torture, ne dénote rien de condamnable contre le Temple ou ses membres et un concile provincial réuni peu après sur les suites à donner en arrive aux mêmes conclusions.

Création de l’Ordre du Christ

Le roi Denis est inquiet des rumeurs selon lesquelles le pape songe à faire bénéficier l’Hôpital des biens du Temple. Les hospitaliers ont déjà beaucoup de possessions sur la rive sud du Tage et leur destiner le patrimoine templier de la rive nord du même fleuve leur donnerait des biens d’une telle densité d’implantation dans cette zone stratégique qu’ils seraient sans doute capables de porter ombrage à l’autorité royale. Après quelques tractations, le roi obtient en 1319 que le patrimoine du Temple passe à un nouvel ordre, proprement portugais.

La bulle fondatrice Ad ea ex quibus accordée par le pape avignonnais Jean XXII le 14 mars 1319 proclame d’abord la naissance du nouvel ordre qu’elle désigne du nom d’ « Ordre des chevaliers du Christ» (Ordem de Cavalaria de N. S. Jesus Cristo) et elle institue la forteresse de Castro Marim, située à l’extrême sud-est du pays, à l’embouchure du Guadiana, maison chêvetaine. Elle impose ensuite la règle de Calatrava à la nouvelle confrérie et nomme à sa tête Dom Gil Martins, l’ancien maître de l’ordre d’ Avis. Elle transfère tous les anciens biens et droits du Temple à la nouvelle milice, mais la place sous l’autorité éminente de l’abbé cistercien du monastère d’Alcobaça, au diocèse de Lisbonne. Le père abbé se voit donc conférer le droit de visite et de correction sur toutes les maisons de l’ordre du Christ. Chaque maître de l’ordre devra ainsi prêter serment de fidélitéà l’abbé, représentant en l’instance le souverain pontife. Enfin, la bulle prévoit qu’en cas de vacance à la maîtrise, une personne, à la fois militaire et religieuse, expressément professe du nouvel ordre, devra être choisie comme maître. Malheureusement, au siècle suivant, ce dispositif de protection ne pourra résister à la cupidité des souverains portugais, attisée par les importantes richesses de l’ordre.

L’Ordre du Christ, résurgence de l’Ordre du Temple

Les historiens considèrent que l’Ordre du Christ a été le principal refuge des Templiers qui échappèrent à la grande arrestation du 13 octobre 1307 en France ; ce nouvel ordre portugais devint ainsi la (seule ?) résurgence de l’Ordre du Temple. La plupart des chevaliers templiers arrivèrent au Portugal par la mer, car une partie de la flotte templière qui avait quitté La Rochelle pour éviter sa réquisition, accosta au port de Serra d’El Reis, un bastion portuaire érigé par Gualdim Pais, aujourd’hui disparu. De ce fait, l’Ordre du Christ hérita des connaissances des Templiers en matière de construction et de navigation maritime. Elles seront utilisées, un siècle plus tard, par l’infant Henri le navigateur, gouverneur de l’Ordre du Christ, pour mettre au point sa fameuse caravelle, dont les voiles arborent fièrement la croix templière, et, plus tard encore, par Christophe Colomb, lui-même gendre du Grand Maître de l’Ordre du Christ.

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 21 janvier, 2007 |1 Commentaire »

Dynastie Capétienne – Rois de France (987-1328) -Rois de Navarre (1305-1349)

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http://www.monarchies.org/etats/france/dynastie_capetienne.htm

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 20 janvier, 2007 |Pas de commentaires »

Jacques de MOLAY, grand maître des Templiers mort sur le bûcher, à l’origine de la légende des ROIS MAUDITS

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Jacques de MOLAY, grand maître des Templiers mort sur
le bûcher, à l’origine de la légende des ROIS MAUDITS

Concertée par le roi Philippe IV le Bel et ses agents, la destruction de l’Ordre du Temple dont Jacques de Molay est le vingt-deuxième grand maître, débute le 13 octobre 1307 par l’arrestation à la même heure et dans toute la France de l’ensemble des Templiers. S’assurant habilement le soutien de l’opinion publique, le roi de France calme également les scrupules du pape Clément V, qui prononce l’abolition de l’Ordre lors du concile de Vienne, en 1312. Lorsque Jacques de Molay nie publiquement ses prétendus aveux le 18 mars 1314, il est jeté au bûcher, sur lequel il aurait, selon la légende, maudit le pape, ainsi que les rois de France « jusqu’à la treizième génération ».

Dernier grand maître des Templiers, Jacques de Molay, né vers 1245 au château de Rahon (Haute-Saône), tirait son origine des sires de Longwy et son nom d’un petit village dépendant de cette terre. Vers l’an 1265, il fut admis, encore très jeune, dans l’ordre des Templiers et reçu par Imbert de Peraudo, visiteur de France et de Poitou, dans la chapelle du Temple, à Beaune. A peine arrivé en Palestine, il se distingua contre les infidèles. A la mort de Guillaume de Beaujeu, quoique Molay ne fût pas en Orient, une élection unanime le nomma grand maître.Il se trouva en 1299 à la reprise de Jérusalem par les Chrétiens. Forcé ensuite de se retirer dans l’île d’Arad et de là dans l’île de Chypre, il allait rassembler de nouvelles forces pour venger les revers des armes chrétiennes, lorsque le pape l’appela en France (1305). Arrivé avec 60 chevaliers et un trésor très considérable, il fut reçu avec distinction par Philippe le Bel, qui le choisit pour parrain de l’un des enfants de France. En rappelant le grand maître, la politique, qui préparait la destruction de l’ordre, avait donné pour prétexte le projet de réunir l’ordre du Temple et celui de l’Hôpital. Le plan de cette destruction, concerté par le roi et ses agents, fut caché avec tant d’adresse, que, le 13 octobre 1307, tous les Templiers furent arrêtés à la même heure dans toute la France. L’opération avait été conduite par Guillaume de

Nogaret, qui arrêta lui-même les 140 Templiers de Paris, accompagné de gens d’armes. Originaire du Languedoc, il était légiste du roi. La veille de l’arrestation, le grand maître avait porté le poêle à la cérémonie de l’enterrement de la princesse Catherine, héritière de l’empire de Constantinople, épouse du comte de Valois.

Depuis l’arrestation des chevaliers et du grand maître, les destinées de cet illustre chef furent liées à celles de l’ordre entier. On sait que cet ordre avait été institué en 1118 par des croisés français, dans l’unique but de protéger et de défendre les pèlerins qui se rendaient aux saints lieux. La noblesse et la bravoure des chevaliers, l’utilité et le gloire de leur institution, la rendirent recommandable dès son origine. Les statuts en furent dressés lors du concile de Troyes (14 janvier 1128) ; et, pendant deux siècles, les privilèges accordés par les papes, la reconnaissance des rois, des grands et du peuple, l’autorité et le crédit qu’augmentaient chaque jour les exploits et les grandes richesses des Templiers, en firent l’ordre le plus puissant de la chrétienté.

Il dut exciter la jalousie, même des rois, car dans le haut rang où il s’était élevé, il était difficile que tous les chefs et tous les chevaliers se maintinssent toujours et partout dans cette sage modération qui aurait pu seule prévenir ou désarmer l’envie et la haine. Malheureusement pour l’ordre, le roi de France eut plusieurs motifs de le perdre et le principal peut-être, ce fut la pénurie du trésor royal, laquelle le rendit moins difficile sur les moyens de s’approprier une partie des biens de l’ordre, et de jouir de tous pendant longtemps.

A l’instant où furent arrêtés le grand maître et tous les chevaliers qui étaient avec lui dans le palais du Temple à Paris, le roi occupa ce palais et s’empara de leurs possessions et de leurs richesses. En arrêtant les autres chevaliers dans les diverses parties de la France, on saisit aussi leurs biens. Des inquisiteurs procédèrent aussitôt contre tous, les interrogèrent en les livrant aux tortures, et en les menaçant de les livrer. Partout, ou presque partout, ils arrachèrent au plus grand nombre des chevaliers l’aveu de quelques-uns des crimes honteux dont on les accusait et qui offensaient à la fois la nature, la religion et les mœurs : aux menaces on joignait des moyens de séduction pour obtenir les aveux qui devaient justifier les rigueurs des mesures employées.

Au commencement des procédures, trente-six chevaliers étaient morts à Paris dans les tortures. Philippe le Bel mit en usage tous les moyens qui pouvaient perdre l’ordre et les chevaliers dans l’opinion publique. Le pape, croyant sa propre autorité blessée par les agents du roi, avait d’abord réclamé en faveur des chevaliers. Philippe sut bientôt calmer les scrupules du pontife. La faculté de théologie applaudit aux mesures du roi, et une assemblée convoquée à Tours (24 mars 1308), s’expliquant au nom du peuple français, demanda la punition des accusés, et déclara au roi qu’il n’avait pas besoin de l’intervention du pape pour punir des hérétiques notoirement coupables.

Jacques de Molay avait été envoyé avec d’autres chefs de l’ordre auprès du pape, pour s’expliquer devant lui, mais sa marche fut arrêtée à Chinon, où des cardinaux vinrent l’interroger. Des historiens ont cru que Philippe le Bel avait procuré la tiare à Clément V, en lui imposant diverses conditions, l’une desquelles était l’abolition de l’ordre. Dans les premières informations, un très grand nombre de chevaliers firent les aveux exigés ; et l’on croit généralement que le grand maître lui-même céda, comme ceux-ci, ou à la crainte des tourments et de la mort, ou à l’espérance qu’il obtiendrait quelques conditions favorables pour l’ordre, s’il ne résistait pas aux projets de la politique du roi.

Cependant le pape, obligé de donner une apparence juridique aux moyens violents qui devaient amener la destruction de l’ordre, convoqua en 1308 un concile œcuménique à Vienne pour 1310 (il s’ouvrira finalement en 1311), et nomma une commission qui se rendit à Paris, afin de prendre contre l’ordre en général une information nécessaire et même indispensable pour motiver la décision du concile. La bulle porte que l’ordre comparaîtra devant le concile, par le ministère de ses défenseurs.

Jacques de Molay fut amené en présence de ces commissaires du pape, et on lui lut, en langue vulgaire, les pièces de la procédure. Quand il entendit des lettres apostoliques qui supposaient qu’il avait fait à Chinon certains aveux, il manifesta son étonnement et son indignation contre une telle assertion.

Un grand nombre de Templiers comparurent après leur chef. L’affaire prit alors un caractère imposant et extraordinaire ; les chevaliers se montrèrent dignes et de l’ordre et d’eux-mêmes, et des grandes familles auxquelles ils avaient l’honneur d’appartenir. La plupart de ceux qui, forcés par les tourments ou la crainte, avaient fait des aveux devant les inquisiteurs, les révoquèrent devant les commissaires du pape. Ils se plaignirent hautement des cruautés qu’on avait exercées envers eux, et déclarèrent en termes énergiques vouloir défendre l’ordre jusqu’à la mort, de corps et d’âme, devant et contre tous, contre tout homme vivant, excepté le pape et le roi.

Le grand maître demandait sans cesse qu’on le conduisît en présence du pape, qui devait le juger. 546 Templiers, soit de ceux qui avaient fait des aveux, soit de ceux qui avaient toujours résisté aux moyens des oppresseurs, se déclarèrent et se constituèrent défenseurs de l’ordre. Bientôt d’autres chevaliers, détenus dans les diverses prisons de la France, demandèrent à partager cet honorable péril, et ils furent traduits à cet effet dans les prisons de la capitale. Alors le nombre des défenseurs fut d’environ 900. Il était facile de justifier l’ordre ; et, comme ils commençaient à le faire avec un succès qui déconcertait le roi et ses agents, on imagina un moyen aussi cruel que prompt : ce fut de livrer au jugement des inquisiteurs les chevaliers qui, ayant rétracté les aveux précédents, soutenaient l’innocence de l’ordre.

Les affaires des Templiers semblaient donc en bonne voie, vers le printemps de 1310. L’ordre avait trouvé à Paris une légion de défenseurs, représentés par des procureurs réguliers. Pour ceux qui voulaient étouffer la vérité, il n’était que temps d’agir. Ils agirent, en effet : et ils n’avaient encore imaginé rien d’aussi scandaleux que l’expédient dont ils usèrent. Ils profitèrent de ce que les procès contre l’ordre et contre les personnes se poursuivaient parallèlement, et de ce que les juges du procès contre les personnes étaient, à Paris, à leur dévotion, pour effrayer mortellement les témoins du procès contre l’ordre. Le jugement des personnes, dans l’évêché de Paris, appartenait, en vertu des lettres du pape, au concile provincial, présidé par l’archevêque de Sens, métropolitain de Paris.

Or, l’archevêque de Sens était le frère de l’un des principaux ministres du roi, Enguerrand de Marigny. Il assembla à Paris le concile de sa province. Ce tribunal d’inquisition avait le droit de condamner sans entendre les accusés et de faire exécuter ses arrêts du jour au lendemain. Les procureurs des prisonniers comprirent la terrible menace impliquée dans la brusque convocation de cette assemblée. Ils la signalèrent, dès le 10 mai 1310, à la commission pontificale. Mais le président de ladite commission, l’archevêque de Narbonne, se retira dès qu’ils eurent dénoncé l’attentat projeté,

disant « qu’il avait à entendre ou à célébrer la messe ». Les autres commissaires ne surent que répondre : « Nous vous plaignons de tout notre cœur ; mais l’archevêque de Sens agit régulièrement contre les personnes ; nous ne pouvons rien. »

Tous ceux qui persistèrent dans leurs rétractations furent déclarés hérétiques relaps, livrés à la justice séculière et condamnés au feu. Ceux qui n’avaient jamais fait d’aveux et qui ne voulurent pas en faire furent condamnés à la détention perpétuelle, comme chevaliers non réconciliés. Quant à ceux qui ne rétractèrent pas les aveux des impiétés et des turpitudes imputées à l’ordre, ils furent mis en liberté, reçurent l’absolution et furent nommés Templiers réconciliés. Pour accuser, interroger, juger les prétendus relaps, les condamner aux flammes et faire exécuter le jugement, il suffit du temps qui s’écoula du lundi 11 mai au lendemain matin. 54 chevaliers périrent à Paris ce jour-là. Condamnés comme relaps par l’archevêque de Sens et ses suffragants, ils furent empilés dans des charrettes, et brûlés publiquement entre le bois de Vincennes et le Moulin-à-Vent de Paris, hors de la porte Saint-Antoine.

La procédure indique nominativement quelques-uns des chevaliers qui subirent cet honorable supplice. Parmi eux, Gaucerand de Buris, Guido de Nici, Martin de Nici, Gaultier de Bullens, Jacques de Sansy, Henry d’Anglesy, Laurent de Beaune, Raoul de Frémi. Tous les historiens qui ont parlé du supplice des chevaliers du Temple ont attesté la noble intrépidité qu’ils montrèrent jusqu’à la mort : entonnant les saints cantiques et bravant les tourments avec un courage chevaleresque et une résignation religieuse, ils se montrèrent dignes de la pitié de leurs contemporains et de l’admiration de la postérité. « Ils souffrirent, dit un chroniqueur du temps, avec une constance qui mit leurs âmes en grand péril de damnation, car elle induisit le peuple ignorant à les considérer comme innocents. »

C’en était fait ; il n’était plus possible d’entretenir la moindre illusion sur la liberté de la défense. Deux des procureurs élus, sur quatre, avaient disparu. La commission n’en reprit pas moins, le 13, l’ironique comédie de ses séances dans la chapelle Saint-Éloi. Mais quelque chose était changé depuis la veille. L’apparition du premier témoin qu’on introduisit fut émouvante. C’était un chevalier du diocèse de Langres, Aimery de Villiers-le-Duc, âgé d’une cinquantaine d’années, templier depuis vingt-huit ans. Comme on lui lisait les actes d’accusation, il interrompit, « pâle et comme terrifié », protestant que, s’il mentait, il voulait aller droit en enfer par mort subite, se frappant la poitrine de ses poings, levant les bras vers l’autel, les genoux en terre. « J’ai avoué, dit-il, quelques articles à cause de tortures que m’ont infligées Guillaume de Marcilly et Hugues de La Celle, chevaliers du roi, mais tout est faux. Hier, j’ai vu cinquante-quatre de mes frères, dans les fourgons, en route pour le bûcher, parce qu’ils n’ont pas voulu avouer nos prétendues erreurs ; j’ai pensé que je ne pourrais jamais résister à la terreur du feu. J’avouerais tout, je le sens ; j’avouerais que j’ai tué Dieu, si on voulait. »

Et il supplia les commissaires et les notaires de ne pas répéter ce qu’il venait de dire à ses gardiens, de peur qu’il ne fût brûlé, lui aussi. Cette déposition tragique fit assez d’impression sur les gens du pape pour qu’ils se décidassent à surseoir provisoirement. Ils ne reprirent leurs opérations, désormais fictives, qu’après six mois d’interruption, et seulement pour la forme.

Les témoins entendus à partir de décembre 1310 furent tous des Templiers réconciliés par les synodes provinciaux, c’est-à-dire soumis, qui comparurent « sans manteau et barbe rase ». Quand l’enquête fut enfin close, on l’expédia en deux exemplaires pour servir à l’édification des pères du prochain concile de Vienne. Elle remplit deux cent dix-neuf feuillets d’une écriture compacte.

Le concile de Vienne, prorogé à plusieurs reprises, avait été fixé en dernier lieu au mois d’octobre 1311 et s’ouvrit le 13 de ce mois, jour anniversaire de l’arrestation, quatre ans plus tôt, des Templiers dans toute la France. Clément V employa les mois qui précédèrent ce terme à réunir, contre ceux qu’il avait condamnés d’avance, un immense arsenal de preuves. Il savait qu’on disait couramment en Occident : « Les Templiers ont nié partout, excepté ceux qui ont été sous la poigne du roi de France ». Il fallait couper court à ces rumeurs ; c’est pour cela qu’il rédigea alors des bulles pour exhorter les rois d’Angleterre et d’Aragon à employer la torture, malgré les coutumes locales de leurs royaumes, qui interdisaient cette procédure. Des ordres de torture furent expédiés aussi, au dernier moment, en Chypre et au Portugal. Il y eut encore, à cette occasion, des effusions de sang martyr. Nous avons la relation des supplices infligés en août et septembre 1311, par l’évêque de Nîmes et l’archevêque de Pise ; ces prélats n’envoyèrent, du reste, au pape, que les dépositions agréables ; ils passèrent sous silence les témoignages des obstinés.

Guillaume Le Maire, évêque d’Angers, convoqué au concile œcuménique de Vienne, comme tous les prélats de la Chrétienté, rédigea son « avis » par écrit, en ces termes : « Il y a, dit l’évêque, deux opinions au sujet des Templiers ; les uns veulent détruire l’ordre sans tarder, à cause du scandale qu’il a suscité dans la Chrétienté et à cause des deux mille témoins qui ont attesté ses erreurs ; les autres disent qu’il faut permettre à l’ordre de présenter sa défense, parce qu’il est mauvais de couper un membre si noble de l’Église sans discussion préalable. Eh bien, je crois, pour ma part, que notre seigneur le pape, usant de sa pleine puissance, doit supprimer ex officio un ordre qui, autant qu’il a pu, a mis le nom chrétien en mauvaise odeur auprès des incrédules et qui a fait chanceler des fidèles dans la stabilité de leur foi. » Guillaume Le Maire avait son siège fait. Mais supposé qu’un évêque, moins zélé royaliste, eût voulu s’éclairer sincèrement au moment de l’ouverture du procès, voici comment la question de la culpabilité du Temple se serait posée à sa conscience.

Au cours de la lecture des procédures faites contre l’ordre, 9 chevaliers se présentèrent comme délégués de 1500 à 2000, et offrirent de prendre la défense de l’ordre accusé. L’auguste assemblée s’attendait à ce dernier acte d’équité, d’intérêt ou de pitié. Or le pape les fit mettre aux fers, et l’ordre ne fut point défendu par ces dignes mandataires, quoique les membres du concile fussent d’avis de les entendre. Clément V se vanta de cet acte dans une lettre du 11 novembre 1311 adressée au roi. La session se termina donc brusquement sans que l’incident eût d’autre suite.

L’ordre du Temple était accusé d’être tout entier corrompu par des superstitions impies. D’après les formulaires d’enquête pontificaux, qui contiennent jusqu’à cent vingt-sept rubriques, il était notamment inculpé d’imposer à ses néophytes, lors de leur réception, des insultes variées au crucifix, des baisers obscènes, et d’autoriser la sodomie. Les prêtres, en célébrant la messe, auraient omis volontairement de consacrer les hosties ; ils n’auraient pas cru à l’efficacité des sacrements.

Enfin les Templiers auraient été adonnés à l’adoration d’une idole (en forme de tête humaine) ou d’un chat ; ils auraient porté nuit et jour, sur leurs chemises, des cordelettes enchantées par le contact de cette idole. Telles étaient les accusations majeures. Il y en avait d’autres : le grand-maître et les autres officiers de l’ordre, quoiqu’ils ne fussent pas prêtres, se seraient cru le droit d’absoudre les frères de leurs péchés ; les biens étaient mal acquis, les aumônes mal faites. Le réquisitoire représentait tous ces crimes comme commandés par une Règle secrète.

Il va de soi que les officiers de Philippe le Bel pratiquèrent dans tous les « Temples » de France de sévères perquisitions, en vue d’y découvrir des objets compromettants, à savoir : 1° des exemplaires de la Règle secrète ; 2° des idoles ; 3° des livres hérétiques. La lecture des inventaires nous apprend qu’ils ne trouvèrent que quelques ouvrages de piété et des livres de comptes ; çà et là, des exemplaires de la règle irréprochable de saint Bernard. A Paris, Guillaume Pidoye, administrateur des biens séquestrés, présenta aux commissaires de l’Inquisition « une tête de femme en argent doré, qui renfermait des fragments de crâne enveloppés dans un linge ».

C’était un de ces reliquaires comme il y en a dans la plupart des trésors ecclésiastiques du XIIIe siècle ; il était exposé, sans doute, les jours de fête, à la vénération des Templiers, et il n’est pas impossible que des chevaliers aient déposé dessus, pour les sanctifier,

les cordelettes ou scapulaires dont la règle primitive leur imposait de se ceindre, en signe de chasteté ; mais il n’y a pas là d’idole ni d’idolâtrie, puisque les fidèles qui font toucher, encore aujourd’hui, des chapelets aux reliques ne passent point pour des idolâtres.

L’enquête ne produisit donc contre l’ordre aucun document matériel, aucun « témoin muet ». Toute la preuve repose sur des témoignages oraux. Mais les dépositions à charge, si nombreuses qu’elles soient, perdent toute valeur si l’on considère qu’elles ont été arrachées par la procédure inquisitoriale. Le mot d’Aimery de Villiers-le-Duc est décisif : « J’avouerais que j’ai tué Dieu. » Il ne reste donc qu’à examiner les faits allégués, au point de vue du bon sens.

Si les Templiers avaient réellement pratiqué les rites et les superstitions qui leur sont attribués, ils auraient été des sectaires ; et alors il se serait trouvé parmi eux, comme dans toutes les communautés hétérodoxes, des enthousiastes pour affirmer leur foi en demandant à participer aux joies mystiques de la persécution. Or, pas un templier, au cours du procès, ne s’est obstiné dans les erreurs de sa prétendue secte. Tous ceux qui ont avoué le reniement et l’idolâtrie se sont fait absoudre.

Chose surprenante, la doctrine hérétique du Temple n’aurait pas eu un martyre ! Car les centaines de chevaliers et de frères sergents qui sont morts dans les affres de la prison, entre les mains des tortionnaires, ou sur le bûcher, ne se sont pas sacrifiés pour des croyances ; ils ont mieux aimé mourir que d’avouer, ou, après avoir avoué par force, que de persister dans leurs confessions. On a supposé que les Templiers étaient des Cathares ; mais les Cathares, comme les anciens montanistes d’Asie, avaient la passion du supplice ; au temps même de Clément V, les « dolcinistes » d’Italie se sentaient fortifiés miraculeusement par la proclamation répétée et frénétique de leurs doctrines. Chez les Templiers, pas de joie sacrée, pas de triomphe en présence du bourreau. C’est pour une négation qu’ils ont tout enduré.

Si les Templiers s’étaient réellement livrés aux excès, non seulement monstrueux, mais stupides, qui leur furent reprochés, tous, interrogés l’un après l’autre, et forcés de confesser, auraient décrit ces excès de la même manière. D’accord entre eux quand ils parlent des cérémonies légitimes de l’ordre, ils varient grandement, au contraire, sur la définition des prétendus rituels blasphématoires. Michelet, qui croyait aux désordres du Temple, a très bien observé « que les dénégations sont identiques, tandis que les aveux sont tous variés de circonstances spéciales » ; il en tire la conclusion « que les dénégations étaient convenues d’avance et que les différences des aveux leur donnent un caractère particulier de véracité ». Mais quoi ? Si les Templiers étaient innocents, leurs réponses aux mêmes chefs imaginaires d’accusation ne pouvaient pas ne pas être identiques ; s’ils étaient coupables, leurs aveux auraient dû être pareillement identiques.

L’invraisemblance des charges, la férocité des procédés d’enquête, le caractère contradictoire des aveux étaient sûrement de nature à inquiéter des juges, même des juges de ce temps-là. Et quels cœurs auraient résisté à la comparution des suppliciés de l’enquête, à l’exhibition de leurs plaies, à leurs protestations d’amour pour l’Église persécutrice, à ces accents douloureux dont l’écho, recueilli par les notaires de la grande commission, émeut et persuade encore ! Ceux qui avaient leurs raisons pour que la lumière ne se fit pas devaient chercher, par tous les moyens, à supprimer, jusqu’au bout, les débats publics. Le bâillon qui fut mis, en effet, sur la bouche des derniers défenseurs de l’ordre au concile de Vienne, réuni pour les entendre, est encore un argument en faveur des Templiers.

L’histoire du concile de Vienne est mal connue. Mais on devine des intrigues du roi de France pour forcer la main du pape, du pape pour escamoter la sentence du concile. Clément V était disposé à en finir ; il disait, au rapport d’Alberico da Rosate : « Si l’ordre ne peut pas être détruit per viam justitiae, qu’il le soit per viam expedientiae, pour que notre cher fils le roi de France ne soit pas scandalisé. » Mais il ne se sentait pas maître des trois cents pères assemblés : il n’était sûr que des évêques français ; ceux d’Allemagne, d’Aragon, de Castille et d’Italie, qui avaient presque tous acquitté les Templiers de leurs circonscriptions diocésaines, inclinaient à instituer une discussion en règle.

Pour comble d’embarras, il avait fallu que Clément fît enfermer les neuf chevaliers du Temple qui avaient paru inopinément dans Vienne, comme représentants des Templiers fugitifs qui erraient dans les montagnes du Lyonnais : ce qui revenait à supprimer une seconde fois la défense, en violation du droit. Des prélats étrangers s’étaient indignés. On comprit alors autour de Philippe le Bel qu’il y avait lieu de sortir l’ultima ratio de la force. De Lyon, d’où il surveillait le concile, et où il avait convoqué une nouvelle assemblée des prélats, nobles et communautés du royaume « pour la défense de la foi catholique », le roi se rendit à Vienne (mars 1312) avec une armée. Il s’assit à côté du pape. Celui-ci, raffermi, s’empressa de faire lire, devant les pères, une bulle qu’il avait élaborée d’accord avec les conseillers royaux.

C’est la bulle Vox in excelso, du 3 avril 1312 : le pape avoue qu’il n’existe point contre l’ordre de quoi justifier une condamnation canonique ; mais il considère que l’ordre n’en est pas moins déshonoré, qu’il est odieux au roi de France, que personne n’a « voulu » prendre sa défense, que ses biens sont et seraient de plus en plus dilapidés au grand dommage de la Terre Sainte pendant la durée d’un procès dont on ne saurait prévoir la fin ; de là, la nécessité d’une solution provisoire.

Il supprime donc l’ordre du Temple, non par voie de « sentence définitive », mais par voie de provision ou de règlement apostolique, « avec l’approbation du Saint Concile ». Ainsi périt l’ordre du Temple, supprimé, non condamné, égorgé sans résistance.

Les actes du concile de Vienne ont été soustraits dans le temps, et la bulle qui supprime par voie de provision l’ordre du Temple, n’a été imprimée pour la première fois qu’en 1606. Dans sa bulle Considerantes, publiée quatre jours seulement après la bulle d’abolition, le pape déclare que l’ensemble des informations faites contre l’ordre et les chevaliers n’offre pas des preuves suffisantes pour les croire coupables, mais qu’il en résulte une grande suspicion. C’est de cette forme employée par Clément V contre les Templiers, que Clément XIV se prévalut quand il abolit l’ordre des Jésuites ; dans le bref du 31 juillet 1773, on lit : « Le pape Clément V a supprimé et totalement éteint l’ordre militaire des Templiers, à cause de la mauvaise réputation où il était alors, quoique cet ordre eût été légitimement confirmé, quoiqu’il eût rendu à la république chrétienne des services si éclatants que le saint-siège apostolique l’avait comblé de biens, de privilèges, de pouvoirs, d’exemptions et de permissions, et quoique enfin le concile de Vienne, que ce pontife avait chargé de l’examen de l’affaire, eût été d’avis de s’abstenir de porter un jugement formel et définitif. »

Les Templiers de France n’ont pas eu la moindre velléité de se servir de leurs armes. N’est-ce pas une preuve de plus de la soumission de ces hommes que des modernes, afin d’excuser à toute force un criant déni de justice, ont gratuitement accusés d’avoir formé un État dans l’État et d’avoir mis en péril l’unité de la monarchie française ? La bulle Vox in excelso laissa en suspens deux questions difficiles : le sort des templiers prisonniers, le sort des biens du Temple supprimé.

La curée des biens du Temple avait commencé pendant le procès, en dépit de la vigilance des administrateurs. L’appétit des princes avait été aiguisé par cette affaire au point que quelques-uns songèrent à faire partager le sort des Templiers aux hospitaliers et aux chevaliers Porte-Glaive. L’ordre teutonique fut accusé d’hérésie en 1307 par l’archevêque de Riga. C’est déjà l’avidité spoliatrice des princes protecteurs de la Réforme. Après le concile de Vienne, on procéda au dépècement méthodique de la proie. En théorie, toutes les propriétés de l’ordre furent transférées au Saint-Siège, qui les remit aux hospitaliers, mais ce transfert fictif n’empêcha pas la Couronne de retenir la meilleure part. D’abord les dettes du roi envers l’ordre furent éteintes, car les canons défendaient de payer leur dû aux hérétiques.

En outre, il avait saisi tout le numéraire accumulé dans les banques du Temple. Il alla plus loin lorsque les dépouilles des Templiers eurent été officiellement attribuées à l’Hôpital : il prétendit que ses anciens comptes avec le Temple n’ayant pas été réglés, il restait créancier de l’ordre pour des sommes considérables, dont il était d’ailleurs hors d’état de spécifier le montant. Les hospitaliers, substitués aux droits et aux charges du Temple, furent obligés de consentir, pour ce motif, à une transaction : ils payèrent deux cent mille livres tournois, le 21 mars 1313 ; et ce sacrifice ne les délivra même pas des réclamations de la Couronne, car ils plaidaient encore, à ce sujet, au temps de Philippe le Long. Quant aux biens immobiliers, Philippe le Bel en perçut paisiblement les revenus jusqu’à sa mort, et plus tard les hospitaliers, pour en obtenir la délivrance, durent indemniser la Couronne de ce qu’elle avait déboursé pour l’entretien des Templiers emprisonnés de 1307 à 1312 : frais de geôle et de torture. Il paraît avéré, en résumé, que les hospitaliers furent plutôt appauvris qu’enrichis par le cadeau fait à leur ordre.

Restaient les prisonniers. Il paraît qu’après l’abolition de l’ordre, la persécution contre les chevaliers cessa. On relâcha ceux qui voulurent passer par l’humiliation des aveux. Parmi ces libérés, les uns vagabondèrent, d’autres essayèrent de gagner leur vie par des travaux manuels ; quelques-uns entrèrent dans des couvents, et quelques-uns, dégoûtés du métier, se marièrent. Les impénitents et les relaps furent frappés des châtiments de la loi inquisitoriale. Les plus célèbres de ces relaps de la dernière heure furent deux des hauts dignitaires que le pape avait réservés à son jugement personnel : Jacques de Molay et le précepteur de Normandie, Geoffroy de Charnay. Les premiers aveux du grand maître et la longue persécution dont il avait été l’objet permettaient d’espérer qu’abattu par l’infortune, il renouvellerait publiquement la confession des crimes de l’Ordre et par là justifierait les rigueurs exercées par la justice du roi.

Le grand maître de l’Ordre du Temple avait toujours réclamé son jugement, que le pape s’était réservé personnellement ; mais le pontife, craignant la présence du grand maître, nomma trois commissaires pour le juger à Paris, ainsi que trois autres chefs de l’ordre. C’est donc seulement le 22 décembre 1312 que Clément V, de concert avec Philippe le Bel, appointa trois cardinaux français, Arnaud de Farges son neveu, Arnaud Novelli moine de Cîteaux, et Nicolas de Fréminville frère prêcheur, pour examiner ces grands chefs, qui naguère, pour se sauver eux-mêmes, avaient abandonné leurs frères. Ils étaient chargés d’entendre la dernière déposition de Jacques de Molay, et celle des trois chefs détenus avec lui, dont Geoffroy de Charnay. Que leur demandait-on ? De reconnaître la justice du double arrêt de condamnation, fondé sur la vérité des accusations imputées à l’Ordre des Templiers et conformes aux témoignages déjà nombreux recueillis par les tribunaux : c’eût été pour les deux souverains un triomphe éclatant et ils s’y attendaient.

Le 18 mars 1314, les quatre chevaliers furent amenés au portail de Notre-Dame pour écouter leur sentence ; à savoir le « mur », la détention à perpétuité. Molay et Charnay avaient été soutenus jusque-là par l’assurance d’une délivrance prochaine, plusieurs fois promise : ils étaient en prison depuis sept ans ; ils refusèrent d’y rentrer désespérés. Dans son Histoire des chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, l’abbé de Vertot affirme qu’au moment où tous ses juges et tout Paris s’attendaient à voir Jacques de Molay confirmer publiquement ses prétendus aveux, « on fut bien surpris lorsque ce prisonnier secouant les chaînes dont il était chargé, s’avança jusqu’au bord de l’échafaud, d’une contenance assurée ; puis, élevant la voix pour être mieux entendu : il est bien juste, s’écria-t-il, que dans un si terrible jour, et dans les derniers moments de ma vie, je découvre toute l’iniquité du mensonge, et que je fasse triompher la vérité.

Je déclare donc, à la face du ciel et de la terre, et j’avoue quoiqu’à ma honte éternelle, que j’ai commis le plus grand de tous les crimes ; mais ce n’a été qu’en convenant de ceux que l’on impute avec tant de noirceur, à un ordre que la vérité m’oblige aujourd’hui de reconnaître pour innocent. Je n’ai même passé la déclaration qu’on exigeait de moi que pour suspendre les douleurs excessives de la torture, et pour fléchir ceux qui me les faisaient souffrir. Je sais les supplices que l’on a fait subir à tous ceux qui ont eu le courage de révoquer une pareille confession. Mais l’affreux spectacle qu’on me présente n’est pas capable de me faire confirmer un premier mensonge par un second, à une condition si infâme : je renonce de bon cœur à la vie qui ne m’est déjà que trop odieuse. Et que me servirait de prolonger de tristes jours que je ne devrais qu’à la calomnie ?…. »

Illustre par sa naissance qui le faisait parent du roi, Geoffroy de Charnay, maître de Normandie et frère du dauphin d’Auvergne, confirma cette déclaration et s’associa au repentir de son maître. Les deux autres chevaliers présents persistèrent dans leurs aveux. Comme la foule remuait, les cardinaux, partageant le trouble commun et n’osant décider du sort des relaps, livrèrent sans délai au prévôt de Paris les deux confesseurs tardifs de la vérité ; le roi fut prévenu, et le conseil assemblé à l’instant les condamna à la mort, sans réformer la sentence des commissaires du pape, sans faire prononcer aucun tribunal ecclésiastique. Le soir du même jour, un échafaud se dressa, dans l’île de la Cité, en face du quai des Augustins. Les deux chevaliers, Molay et Charnay, montèrent sur le bûcher, que l’on alluma lentement, et ils furent brûlés à petit feu.

Semblable aux martyrs qui célébraient les louanges de Dieu, Jacques de Molay chantait des hymnes au milieu de la flamme. Mézeray rapporte qu’on entendit le grand-maître s’écrier : « Clément ! juge inique et cruel bourreau ! je t’ajourne à comparaître, dans quarante jours, devant le tribunal du souverain juge. » Quelques-uns écrivent, dit Vertot, qu’il ajourna pareillement le roi à y comparaître dans un an. Peut-être que la mort de ce prince, et celle du pape, qui arrivèrent précisément dans les mêmes termes, ont donné lieu à l’histoire de cet ajournement. Une autre légende affirmera plus tard que le grand maître du Temple se serait écrié : « Maudits ! Maudits ! vous serez tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races !… ». Tout le monde donna des larmes à un si tragique spectacle, et on prétend que des personnes dévotes recueillirent les cendres de ces dignes chevaliers. Si ces sortes de traditions ne sont pas toujours véritables, elles permettent du moins de croire que l’opinion publique, qui les accueillit, jugeait que les condamnés étaient innocents. Toute l’affaire s’explique par ce mot profond de Bossuet : « Ils avouèrent dans les tortures, mais ils nièrent dans les supplices ».

Clément V succomba un mois (20 avril 1314) après l’exécution de Molay, d’une maladie affreuse ; Guillaume de Nogaret, qui avait supervisé l’arrestation des Templiers à travers toute la France en 1307, mourut le 27 avril 1314, empoisonné ; Philippe le Bel, à son tour, disparut quelques mois plus tard, le 29 novembre 1314,

au cours d’une chasse au sanglier (il serait tombé de cheval). A sa mort, c’est son premier fils, Louis X le Hutin qui monte sur le trône. Mais il meurt deux ans plus tard, à l’âge de 26 ans, d’une fièvre qu’il aurait contractée en entrant dans une grotte dont la fraîcheur l’avait saisi après qu’il se fût trop échauffé à jouer à la paume. Son épouse, la reine Clémence, étant enceinte, Philippe le Long, frère de Louis, ne prit que le titre de régent : Clémence accoucha, le 15 novembre 1316, d’un fils auquel on donna le nom de Jean, et qui ne vécut que cinq jours (Jean Ier le Posthume).

Philippe prit alors le titre de roi sous le nom de Philippe V ; mais ce ne fut pas sans contestation. Louis X avait eu de Marguerite, sa première femme, une fille, nommée Jeanne, héritière du royaume de Navarre : le duc de Bourgogne, son oncle, prétendait qu’elle devait hériter aussi du royaume de France ; et comme depuis Hugues Capet c’était la première fois que la couronne cessait d’être transmise directement du père au fils, pour remonter du neveu à l’oncle, on pouvait essayer d’opposer la coutume des pays où les femmes règnent aux coutumes des deux premières dynasties qui les excluaient du trône. Cette contestation fut solennellement jugée dans une assemblée tenue à Paris ; et l’on y approuva les anciens usages qui ont toujours eu force de loi, quoiqu’on n’en trouve le texte écrit nulle part, pas même dans la loi salique, qui ne contient pas un seul article relatif à la couronne. Philippe V régna six ans et mourut à 29 ans. C’est le dernier fils de Philippe le Bel, Charles IV, qui monta sur le trône en 1322 avant de mourir lui aussi six ans plus tard. Il était âgé de 33 ans.

Ainsi, en l’espace de quatorze ans, les trois fils de Philippe le Bel, qui tenaient de leur père cette beauté mâle qui donne l’espoir d’une longue vie et d’une nombreuse postérité, montèrent sur le trône, et disparurent sans laisser d’héritiers. La couronne passa à une branche collatérale, dans la personne de Philippe de Valois, premier prince du sang ; mais comme la veuve du feu roi se trouvait enceinte, il ne prit que le titre de régent, jusqu’au jour où elle accoucha d’une fille. La loi salique, invoquée en 1316 par le second fils de Philippe le Bel pour s’emparer du trône, scellait en 1328 l’extinction de la dynastie capétienne.

Aucun chroniqueur italien ne fut dupe du procès inique fait aux Templiers : ni Villani, ni Dino Compagni, ni Boccace (dont le père était à Paris à l’époque du procès), ni l’auteur des Storie Pistolesi, ni Dante. Tous ont goûté l’ironie d’une aventure où périrent comme hérétiques les plus fidèles serviteurs de la Cour romaine, les défenseurs les plus obstinés de la foi. Les écrivains français du temps furent, naturellement, plus prudents ; ils n’osaient s’inscrire en faux contre le pape et le roi, mais on voit bien ce qu’ils en pensent :

Bien gaaingnié l’avoient celz,
Se voirs estoit qu’en disoit d’elz… (si ce qu’on disait d’eux était vrai)
Plusieurs, ou monde condampnez
Sont lassus au ciel couronnez,
Et les aime Diex et tient chiers.
Mais ça aval (ici-bas), en ceste Eglise,
Nous convient trestouz (il nous faut tous) la devise
Tenir du pape et l’ordinance…
L’en puet bien decevoir (on peut bien tromper) l’Eglise ;
Mes l’en ne puet en nule guise (aucunement)
Diex decevoir ; je n’en dis plus. Qui voudra die le surplus.
Publié dans:L'ordre des Templiers |on 20 janvier, 2007 |16 Commentaires »

Empreintes Templières

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 Notre-Dame.

                                      Les Templiers la vénéraient beaucoup ; tous les matins aux matines, 13 prières lui étaient adressées. Le prieuré St-Jean du Bout du Pont avait pour armes : «  D’azur à une Notre-Dame d’argent. » Il faut savoir que la présence d’une vierge dans des armoiries est un fait très rare.

Lieu d’Inhumation

Le pape le plus vénéré par les Templiers fut Sylvestre II. Or ce pape à sa mort et suivant ses dernières volontés, fut placé sur un chariot tiré par deux bœufs et enterré là où les bêtes s’arrêtèrent. Par la suite, les Templiers adoptèrent cette façon d’être inhumé et beaucoup furent enterrés ainsi.

Chiffre 8. 

                           Ce chiffre est très employé pour les constructions réalisées par les Templiers : cathédrales, églises, châteaux mais aussi pour les tours octogonales, spécialité des Templiers. Un membre de la famille de Rieux fut templier et son arrière-petit-fils, Jean de Rieux, construisit la tour octogonale du château de Sourdéac.

La Vigne. 

                        Elle était cultivée bien avant les Templiers (858, Anuan à Tréal) mais ils contribuèrent grandement à son extension. Dans les environs, il y a beaucoup de villages, de lieux-dits nommés les Vignes ou la Vigne : Carentoir, Sixt-sur-Aff, les Fougerêts et La Gacilly où quatre vignes existaient au XIV° siècle : le château, la Haute-Bardaie, la Glouzie et la Gazaie ; cette dernière était située entre ce village et la Provostais et portait le nom de Vigne Caradeuc ; à cet endroit, un village et un giratoire portent le nom de Vigne.

Le Chêne.

                                  Le chêne guien ou chêne à gui est très respecté par les Templiers. Est-ce un souvenir ou une résurgence du druidisme ? Le chêne de la Sauvegarde de la commanderie du Temple de Carentoir se trouvait à Fondelienne : c’est là qu’en 1314, les chefs templiers des alentours furent exécutés. Le nom de chêne fut donné par les Templiers à un grand nombre de ferme, villages et lieux-dits.

L’Orient. 

                        C’est un terme très usité par les Templiers car, pour eux, «  c’est la terre où nait la lumière ». Les commanderies de Payns et de Thors étaient séparées par la forêt d’Orient  . A La Gacilly, il y a la ferme de Bel-Orient. Or, en 1600 et quelques, cette ferme appartenait  à un Goyon de Coispel en Renac, famille qui devait devenir par la suite la famille de Gouyon et qui avait eu des Croisés et peut-être des Templiers.

L’Epine. 

                        C’est un bois qui a une très forte symbolique pour les Templiers :

§         le bois de l’épine entre dans la composition de l’arche sainte,

§         le Christ est couronné d’épines,

§         dans le Cantique des Cantiques, très en vogue chez les Templiers, il est dit : « Je suis la rose pareille au lys au milieu des épines »,

§         l’épine dorsale de l’homme abrite la colonne vertébrale et donc la vie.

St Nicolas.

                                  C’était le saint patron des Templiers. Les seigneurs croisés comme les Montfort, les Montauban ou les Lohéac firent connaissance avec les saints vénérés en Orient lors de leurs voyages et ils rapportèrent leur culte, en particulier celui de St Nicolas

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 20 janvier, 2007 |Pas de commentaires »

Particularités Templières

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Particularités Templières

                                                        On pourrait même dire les particularismes :

§         l’habit, appelée la chlamyde, est une robe blanche avec la croix pattée rouge d’où le surnom de Moines Rouges donné aux Templiers en Bretagne.

§         la bannière à plusieurs pendants de couleur noire et blanche appelée baussant et comportant la devise : non nobis domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam.

§         leur implantation en France

Ø      une maison-mère pour tout le grand Ouest qui se trouve à Poitiers.

Ø      une baylie pour une grande province, Payns était une baylie ; pour la

         Bretagne ce sera La Nouée puis La Feuillée

Ø      une préceptorerie pour un territoire presque départemental mais plutôt diocésain. La

        préceptorerie deviendra la commanderie avec les Hospitaliers de St-Jean; Bonlieu était une

        commanderie ; pour le Morbihan, ce sera le Temple de Carentoir

Ø      des maisons rattachées, secondaires, parfois secrètes, appelées granges, loges, pavillons ou encore épines.  Toutes ces maisons étaient construites près des voies de circulation existantes

         c’est à dire :

§         les anciennes voies romaines

§         les chemins de St Jacques de Compostelle.

                  Pour éviter de payer les droits d’octroi à l’entrée des villes seigneuriales ou le passage des

rivières, les Templiers construisirent leurs propres chemins afin de contourner ces lieux de paiement.

            Toutes les maisons templières furent construites sur le même modèle, celui d’une ferme fortifiée, très rarement celui d’un château et avec des particularités :

§         toujours une chapelle .

§         près d’un ou de plusieurs étangs car les Templiers ne mangeaient pas de viande trois jours par semaine; ils mangeaient alors du poisson.

§         la proximité d’un vieux chêne appelé le chêne de la Sauvegarde.

§         très près d’une fontaine, de lieux de guet, de ressources minières.

L’emblème des Templiers, c’est l’hexagramme, c’est à dire l’étoile à six branches, appelé aussi le sceau de Salomon ( rappelez-vous la mosquée El Aqsa).

Les couleurs préférées sont le blanc, le rouge et le noir.

Ils ont une dévotion très, très grande envers Notre-Dame.

Leur saint patron est St Nicolas et leur sainte patronne est  Ste Catherine

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 20 janvier, 2007 |1 Commentaire »

La Réalité de la Voie

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L’existence en soi-même a trois termes : le moi, l’être conscient ou
 Esprit, 
Dieu en l’être divin… Ceci représente le suprême aspect de la vérité,
 le 
mystère des choses et la vraie vérité de ces choses.

L’élévation et la puissance spirituelle transforment les phénomènes
 et 
les formes extérieures de notre vie et les rend plus proches de leur
 réalité.

C’est la puissance qui est en nous qui allume notre flamme
 d’aspiration… La 
réalité est supra cosmique et transcendante… C’est pour cela,
 qu’à son 
exemple, nous devons nous efforcer de transcender le mal et la
 souffrance 
pour les voir dans leur réalité…La vie nous apparaît parfois comme une
 chaîne 
de conséquences, rigoureuse… Et même bien souvent, dans nos rêves, la 
partie intermédiaire entre la conscience, la pure inconscience et la
 partie 
subconsciente qui est en nous projettent ces conséquences que nous
 prenons 
pour une réalité… Mais ces mêmes conséquences apparaissent irréelles
 quand 
nous sommes sur le bord d’un autre plan de conscience. Car là, nous
 pouvons 
réaliser ces expériences passées et nous pouvons arriver à entrer dans
 l’Etre 
universel… A ce moment là, nous commençons à voir les images-symboles,
 et 
rien d’autres choses. Mais, attention à l’interprétation et à
 l’illusion 
de la connaissance. Dans le même esprit méfions nous aussi des écrits.
 Ils 
ne sont parfois que les  »empreintes » de la connaissance.

La connaissance est une acquisition progressive, réfléchie. Elle est
 personnelle 
et constructive, elle nous vient de l’intérieur lorsque nous avons
 su écouter 
mais surtout entendre. Ecouter est le plus souvent passif, tandis
 qu’entendre 
est actif et sélectif. Pour parler, pour transmettre, il faut entendre
 dans 
le silence. Il contient tous les sons, comme le noir contient toutes
 les 
couleurs…. La connaissance nous donne la confiance. Elle doit se
 différencier 
de la foi et de la croyance. La foi est le plus souvent une conviction
 non 
réfléchie, un postulat ou un dogme. Elle est parfois destructive. Elle
 provient 
souvent de l’ignorance, et nous devons brûler l’ignorance… La
 connaissance 
n’est pas la sagesse car pour atteindre la sagesse, il faut arriver
 à une 
initiation élevée

La sagesse est la réalité, ou souffle divin, qui est l’âme du monde.
 Elle 
est le souffle de l’être, le rayon de magnificences du tout puissant,
 le 
reflet de la lumière éternelle. Elle nous enseigne la discipline,
 l’intelligence, 
la justice et la force. La transmission du message de la sagesse s’est
 fait 
à travers tous les temps. Mais, nous, humains, pour comprendre et
 transmettre 
ce message, il nous faut avoir un côté de pureté, un esprit de
 sacrifice 
et un grand esprit de tolérance. Pour ceux qui refusent de comprendre : 
L’amour et la connaissance sont les deux aspects qui permettent
 d’accéder 
à la divinité,

« Sophia », la sagesse éternelle a toujours été considérée
 comme étant l’
épouse divine. On lit sur certains monuments anciens : IOA, ce qui
 signifie 
la divinité. Elle est l’éternel féminin présentant les trois
 aspects ; la 
Terre et la Mère, qui sont l’aspect physique et l’aspect
 matière, celle-
ci animée par l’Esprit qui permet la manifestation de la vie. Le
 féminin 
est coexistant à l’éternel masculin, donc à la divinité. Ainsi, la
 divinité 
est triple dans son unité. 

Les chrétiens l’ont bien compris puisqu’ils récitent toujours
 l’ »ave » trois 
fois. Dans certaines tribus, de pays différents, il existe des
 statuettes 
ayant un seul corps et trois têtes qui forment la triade divine.

Dans l’étude des Sefirots, la Sékkina dit :  »dans le principe
 et avant tous 
les siècles j’ai été créée et je ne cesserai d’exister ».

Cette phrase est reprise dans l’office de la sainte Vierge, le 8
 décembre pour 
l’Immaculée Conception.

Ceci est évoqué sur notre plan par la fugue musicale. Il y a le thème,
 puis 
ce même thème est décalé avec d’autres rythmes et d’autres
 mélodies. Ce 
sont des mondes qui s’interpénètrent en se complétant.   A chaque
 nouveau 
thème apparaît un autre monde qui enrichit l’ensemble, comme pour
 l’harmonie 
des sefirots. Chaque sephira a sa propre vie et complète l’autre.
 En s’enrichissant 
les unes les autres et en se complétant, elles constituent un ensemble
 formant 
une voie unique. En musique, la fugue nous fait entrer dans le domaine
 de 
la réalité intérieure où nous sentons la spirale qui est en nous et sa
 rotation 
créationniste. Elle possède, -comme nous - le double symbole soit les
 deux 
sens du mouvement : naissance, renaissance. C’est la polarité et
 l’équilibre 
de deux courants cosmiques contraires. C’est aussi la
 représentation du 
voyage qu’accomplit l’âme du défunt jusqu’à sa destination
 finale. Pour 
que cet accomplissement arrive à son but, il faut que durant sa vie
 physique 
l’âme recherche sa vie intérieure pour qu’elle se poursuive dans sa
 vie 
de désincarnée. Mais l’âme de chacun est distincte. Dieu est le
 tout complet 
et absolu d’où émanent toutes les âmes, étincelles divines semblables
 qui 
perdent leur égalité dans le déroulement de la vie… car les hommes ne
 rayonnent 
pas tous avec la même intensité de chaleur et de lumière. C’est
 pour tout 
cela que le Magister doit guider le disciple vers la connaissance de
 lui-
même. C’est un problème de conscience de part et d’autre. Il faut
 diriger 
le disciple vers l’invisible afin qu’il devienne plus conscient, pour
 qu’
il acquiert une nouvelle acuité et la maîtrise de sa force.

N’oubliez pas qu’il existe un double danger ; pour celui qui n’est
 pas prêt 
à transmettre, il y a un risque d’erreur, et pour celui qui
 n’est pas prêt 
à recevoir, il y a un risque de déséquilibre. Pour un magister, diriger 
une Massenie est une décision cosmique. Il faut dépasser les apparences 
pour ne voir que l’au-delà. Tout correspond et s’emboîte dans
 le monde divin, 
humain, et naturel pour ne former qu’un tout. Notre âme est notre
 essence 
divine. Sa forme cosmique, universelle en toute chose, a une
 potentialité 
réelle, et c’est en le réalisant que nous devons vivre notre vie
 présente 
en fonction du futur. La méditation, qui est une ascension de la
 conscience 
au dessus des niveaux objectifs et subjectifs, nous aide à le
 réaliser…
Il y a un éternel contraste entre la luminosité de la conscience et les 
formes qui l’obscurcissent. Lorsque l’on a entrevu la lumière, on
 est au 
point de non retour. La lumière est une double polarité réelle, un
 courant 
de projection et d’absorption. Tout cela ne se fait pas sans ressentir
 parfois 
un sentiment de solitude, voire d’abandon. Mais la solidarité
 humaine est 
une force vibratoire et elle donne une existence à toute chose
 physique, 
nous rapproche les uns des autres et nous aide. Il nous faut remplir
 notre 
rôle assigné par le Seigneur, et ne pas oublier que les âmes ont leur
 initiative 
propre. Elles font partie intégrante du Seigneur mais elles ont
 toujours 
le choix dans tout événement. Il faut une attitude soumise, humble pour 
connaître et comprendre, pour atteindre la connaissance de soi et celle 
du Seigneur.

Seule la liberté de conscience peut permettre d’y accéder. Souhaitons
 qu’
un jour, cette liberté de conscience se retrouve chez tous les peuples
 qui 
pourront ainsi ne plus parler en vain de fraternité… apprendre à
 aimer 
tous les êtres dans leur diversité au lieu de les combattre… réclamer 
et admettre pour les autres cette liberté de conscience au lieu de ne
 la 
réserver qu’à eux-mêmes… Pourtant, l’universalité est
 l’aboutissement, le 
résultat concret, la réalisation de cette liberté de conscience.
 Pensons 
aussi, dans bien des cas, à la rédemption de l’homme. C’est une
 oeuvre intérieure 
et personnelle. C’est par sa valeur spirituelle, par la religion de son 
coeur et par l’élan mystique que l’homme trouvera sa rédemption. De
 ce jour 
commencera l’expiation de ses fautes dans son for intérieur.
 L’expiation 
corporelle ne peut être que celle d’une justice humaine toujours
 imparfaite. 
Seule sa souffrance et sa sincérité l’amèneront à la rédemption
 qu’aucune 
religion ne pourra lui accorder, même devant un repentir sincère. Votre 
âme doit passer par-dessus l’illusion du temps, de l’espace et de
 toutes 
choses. Comme la goutte de pluie à l’eau, notre âme doit retourner à la 
grande âme qui est au-delà de toutes choses. La conscience profonde de
 l’
homme peut communiquer avec le Cosmos, la conscience universelle. Dans
 sa 
vie courante, l’homme, en donnant une âme aux actes les plus courants,
 communique 
avec la conscience universelle.

Parfois, nous avons la nostalgie de nos vies antérieures. Nous
 voudrions comprendre 
à travers elles, notre présent. Mais il n’est pas donné à tous de
 les revoir 
et c’est mieux dans un sens. Prenons ce que l’on nous donne
 sans vouloir 
absolument lever le voile du Passé. Lorsque nous avons un contact avec
 les 
désincarnés, ils nous montrent parfois quelques-unes de nos vies.
 Lorsque 
nous atteignons un certain de réalisation, ils nous montrent le chemin
 parcouru. 
A nous de comprendre et de déduire que ce n’est qu’après de nombreuses
 vies 
que nous atteindrons le niveau de conscience qui marque la fin de la
 détresse, 
de la souffrance des existences matérielles. Alors nous serons délivrés 
de la loi du karma…. Mais en attendant, il faut vivre. Ayons toujours 
présent à notre esprit que pour comprendre et entendre Dieu, nous
 devons 
faire le silence en nous, construire le Temple en nous, et retrouver la 
lumière et l’esprit. C’est la voie qui conduit objectivement à
 notre fusion 
consciente dans le père.

Il faut vivre avec l’espoir car les jours d’amour et d’action
 se rejoignent… Soyons 
persuadés que le message viendra en son temps.

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 17 janvier, 2007 |Pas de commentaires »

PARCHEMIN DE CHINON – ABSOLUTION DU PAPE CLEMENT V AUX CHEFS DE L’ORDRE DES TEMPLIERS

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PARCHEMIN DE CHINON – ABSOLUTION DU PAPE CLEMENT V
AUX CHEFS DE L’ORDRE DES TEMPLIERS

Chinon, diocèse de Tours, 17-20 août 1308



Il s’agit d’un exemplaire original, constitué d’une seule feuille de grandes dimensions (700×580 mm), qui était à l’origine accompagnée des trois sceaux des trois légats apostoliques qui formaient la commission spéciale apostolique ad inquirendum nommée par Clément V: Bérenger Frédol cardinal prêtre titulaire de l’Eglise des s. Nereo et Achille, et neveu du pape, Etienne de Susy, cardinal prêtre de S. Ciriaco in Therminis, Landolfo Brancacci, cardinal diacre de S. Angelo. Le document est dans un assez bon état de conservation, malgré la présence de nombreuses taches violacées très visibles du fait d’attaques bactériologiques. Une copie authentique était jointe à l’original, et est toujours conservée par les Archives Secrètes Vaticanes, avec la référence suivante: Archivum Arcis, Armarium D 218.

Le document contient l’absolution accordée par Clément V au dernier grand maître des templiers, le frère Jacques de Molay, ainsi qu’aux autre chefs de l’ordre après qu’ils aient fait acte de repentance et demandé le pardon de l’Eglise; après l’abjuration formelle, obligatoire même pour ceux qui étaient seulement soupçonnés d’activités hérétiques, les membres de l’Etat Major des Templiers sont réintégrés dans la communauté catholique, et de nouveau autorisés à recevoir les sacrements. Le document appartient à la première phase du procès contre les Templiers, quand Clément V était encore convaincu de pouvoir garantir la survie de l’ordre religieux-militaire, et répond à la nécessité apostolique de lever pour les moines-guerriers l’infamie de l’ex-communication à laquelle ils s’étaient tout d’abord eux-mêmes condamnés, maintenant qu’ils admettaient avoir renié Jésus-Christ sous la torture de l’Inquisiteur français. Comme d’autres sources de la même époque le confirment, le pape soutient que des comportements condamnables s’étaient bien introduits parmi les Templiers, et prévoit une réforme radicale de l’ordre, pour le fondre ensuite dans l’autre ordre religio-militaire, celui des Hospitaliers. L’acte de Chinon, qui absout les Templiers mais ne les décharge pas de leurs responsabilités, était le présupposé de la réforme, mais resta lettre morte. La monarchie française réagit par un véritable chantage, qui contraignit le pape au compromis ambigu de 1312, durant le Concile de Vienne : ne pouvant s’opposer à la volonté du roi Philippe Le Bel qui réclamait l’élimination de l’ordre des Templiers, le pape fit sortir l’ordre de la réalité concrète, sans pour autant le condamner ou l’abolir, mais plutôt en l’isolant dans une sorte d’ « hibernation » par une habile utilisation du droit canon. Après avoir expressément déclaré que le procès n’avait pas prouvé les accusations d’hérésie, Clément V suspendra l’ordre des Templiers dans une sanction non définitive, afin d’obéir à la nécessité supérieure d’éviter de graves troubles pour l’Eglise, avec interdiction de continuer à user le nom ou les signes distinctifs de l’ordre sous peine d’ex-communication.

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 17 janvier, 2007 |Pas de commentaires »
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