Archive pour le 7 janvier, 2007

Idées reçues sur les Croisades

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Les Croisades ont une image très négative dans l’opinion publique des sociétés occidentales contemporaines. Cela provient d’une désinformation systématique qui a été relayée par les révolutionnaires marxistes tiers-mondistes puis par les Islamistes radicaux. Elle permet de culpabiliser les Occidentaux et de miner les fondements des sociétés européennes ainsi que d’exonérer le monde arabo-musulman de ses responsabilités, de ses blocages et de ses insuffisances. Les arguments habituellement présentés sont simplistes et souvent contradictoires.

 

Les Croisades ont constitué une agression contre le monde musulman.

Cette affirmation fait fi de la chronologie et de la réalité historique. C’est l’Islam, à la suite de la prédication du prophète Mahomet, qui s’est étendu au moyen de la conquête militaire. Cette conquête, trop souvent pudiquement appelée « expansion musulmane », a été jalonnée de nombreuses exactions et massacres. Des communautés chrétiennes, parmi les plus anciennes n’ont eu d’autre choix que la conversion ou le statut d’inférieurs ou « dhimmis » que l’Islam reconnaît aux « gens du livre » (Chrétiens, Juifs et Zoroastriens).

Ce statut de « protégés » est en fait totalement discriminatoire et comporte un certain nombre d’obligations comme le paiement d’un impôt et le port d’un vêtement ou de signes spéciaux. Les communautés chrétiennes ont, dans un certain nombre de cas, pu survivre à la conquête musulmane comme en Egypte et en Syrie, mais le nombre de leurs fidèles a considérablement baissé au cours des siècles et de nombreux lieux de culte ont été confisqués par les autorités musulmanes pour être transformés en mosquées. Dans d’autres régions, comme en Afrique du Nord, les communautés chrétiennes ont simplement totalement disparu au bout de quelques siècles. Les terres reprises aux Arabo-musulmans et aux Turcs n’étaient pour certaines que passées depuis fort peu de temps à l’Islam. Antioche, prise par les croisés, n’était que depuis douze ans aux mains des Turcs.

Les croisades sont donc une « reconquête« , à l’image de la Reconquista espagnole menée pendant plusieurs siècles par les royaumes chrétiens du nord pour libérer le pays de l’Islam et qui ne s’achèvera qu’en 1492, avec la prise de Grenade.

Les Croisades furent également une entreprise de libération des chrétiens d’Orient, un motif invoqué par le Pape Urbain II quand il prêcha la première croisade à Clermont en 1095.

Les Croisés latins entretiendront des rapports avec les chrétiens d’Orient et des seigneurs francs s’uniront par les liens du mariage à des princesses arméniennes.

Les Croisades sont l’expression du fanatisme et de l’intolérance de la religion chrétienne.

Cet argument reflète les préjugés de notre époque à l’encontre de toute affirmation de la foi religieuse.

La notion même de tolérance a été forgée au XVIIIème siècle par les philosophes des Lumières. Elle est étrangère au monde médiéval et l’intolérance n’est pas l’apanage de la Chrétienté.

Il faut à cet égard rappeler la cause immédiate de la première croisade.

La ville sainte de Jérusalem occupait une place centrale dans l’imagination médiévale. Mais le calife musulman Al-Hakim entreprit de détruire le Saint-Sépulcre et d’interdire l’accès des Lieux Saints. Les Chrétiens ne voulaient pas au départ s’emparer militairement des Lieux Saints

Ce n’est que lorsqu’il s’avéra impossible d’aller s’y recueillir que germa l’idée de Croisade.

Dès que l’accès aux Lieux Saints redevint possible, les Croisades s’arrêtèrent.

La Croisade est une « guerre sainte ».

La Croisade est souvent un peu hâtivement qualifiée de « guerre sainte ». Elle est souvent mise en parallèle avec la guerre sainte musulmane ou Djihad.

Le Djihad est un devoir pour tout bon musulman qui doit répandre par les armes la religion de Mahomet. Le monde est un vaste champ de bataille et le but final est la conversion de tous à la foi du Prophète.

Ce parallèle avec la croisade est fallacieux et malhonnête. Le Christ n’a jamais été un chef politique et militaire alors que Mahomet a encouragé la conquête violente et s’est présenté comme le chef d’une communauté autant religieuse que politique qui s’appelle l’Umma. Le monde païen antique est passé à la nouvelle religion du Christ pacifiquement par la prédication, la force du message évangélique et le sang des martyrs.

La Croisade fut une institution temporaire, fruit de circonstances particulières et née de la nécessité de défendre la Chrétienté tandis que le Djihad est une institution permanente créée dans un but évident de conquête religieuse.

Les Croisades, plutôt que des « guerres saintes », sont des « guerres justes » qui sont à distinguer des guerres privées.

La Croisade fut avant tout un pèlerinage armé. La prise de la croix ressemble au vœu du Pèlerin. La croisade est ponctuée de messes, de jeûnes, de processions. L’historien et chroniqueur Joinville se comporte comme un pélerin.

Les Croisades furent des entreprises essentiellement politiques.

Les objectifs politiques n’étaient pas absents de l’entreprise des Croisades. Certaines Croisades furent déviées de leurs objectifs initiaux. Le cas le plus fameux est celui de la Quatrième croisade qui aboutit au sac de Constantinople ce qui brouillera durablement les Catholiques et les Orthodoxes. Mais dans la majorité des cas, ce furent des intentions spirituelles qui guidèrent les pas des Croisés.

Les Croisades ont obéi à des motivations économiques.

Cette affirmation a été sans cesse répétée à des générations d’élèves et d’étudiants par des professeurs d’obédience marxiste pour lesquels tous les faits historiques s’expliquent par des raisons économiques. Il s’agit de réduire les Croisades à de vulgaires pillages organisés dans le but de s’emparer de nouvelles terres.

Il est exact que l’Occident connaissait depuis l’an mille une forte poussée démographique. Les défrichements nombreux des forêts en sont une preuve.

Cependant, les terres disponibles sont encore très nombreuses en Occident. On ne voit pas bien l’intérêt des paysans d’Occident d’entreprendre un périlleux et long voyage pour un résultat très aléatoire. Les terres de Syrie et de Palestine n’étaient pas très fertiles et on y pratiquait un élevage dans le cadre du nomadisme.

Les Croisades ne sont en aucun cas une « colonisation » de peuplement. Les Croisés ne furent en Terre sainte qu’une minorité noyée dans une majorité indigène. Les rois francs de Jérusalem ne disposeront pour se défendre que d’un peu plus d’un millier de chevaliers.

Le même argument vaut pour les chefs croisés qui avaient dans l’aventure tout à perdre et rien à gagner : Raymond de Saint-Gilles, le comte de Toulouse, était un des plus grands princes d’Occident. Godefroy de Bouillon, duc de Basse Lorraine, refusera le titre de « roi de Jérusalem », préférant le titre d’avoué du Saint-Sépulcre et se retrouvera à la tête d’un modeste Etat.

Certains chefs croisés se sont même endettés personnellement pour partir en croisade. Des entreprises commerciales ont pu accompagner çà et là les Croisades.

En aucun cas, les motivations économiques ne furent décisives.

Les croisés se sont livrés à de nombreux massacres à l’encontre des minorités juives et des Musulmans.

Cette objection reflète une tendance actuelle consistant à juger des événements historiques à l’aune du moralisme contemporain inspiré de l’idéologie des Droits de l’homme. On tombe alors dans l’anachronisme.

La croisade des pauvres gens a été incontestablement marquée par des Pogroms contre les communautés juives, en particulier en Rhénanie ; il semble que ces événements se placent dans le cadre plus général de violences exercées par les ruraux contre les populations citadines. Il est à noter que de nombreux évêques protégèrent et aidèrent les Juifs.

Le principal reproche fait aux Croisés est la prise de Jérusalem le 15 juillet 1095 au terme de la première Croisade et qui fut suivie d’un horrible massacre. Sans justifier cet acte, on peut remarquer que le massacre de la population après la prise d’une ville est une pratique courante au Moyen – Age et se poursuivra en Europe jusqu’ à l’époque moderne. Le fait est également avéré lors de la prise de Damas par les Mongols. C’est une pratique de guerre que l’on retrouve aussi entre Chrétiens.

Les Croisades sont responsables de l’hostilité et de la haine durable entre l’Occident et le monde musulman.

L’hostilité entre l’Occident chrétien et le monde musulman ne date pas des Croisades.

Si les torts sont partagés, il ne faut pas caricaturer la situation créée en Orient par les Croisades. Des alliances ont pu se nouer entre Chrétiens et Musulmans, quelquefois contre leurs propres coreligionnaires.

Des amitiés et une estime réciproque ont pu naître entre les chefs militaires. La plus connue est celle du roi Richard Cœur de Lion et du chef musulman Saladin.

Les contacts culturels ont été plus limités mais non point absents, en particulier dans le domaine de l’architecture.


Les dates clés

  1095-1099 : Première croisade.

  1095 : La première croisade est prêchée par Urbain II à Clermont.

  1096 : les croisades populaires sont conduites par Pierre l’Ermite.

  1099 : Prise de Jérusalem par les croisés. Fondation du royaume franc de Jérusalem.

  1147-1149 : Deuxième croisade.

  1187 : Les croisés défaits à la bataille d’Hattin.

  1189-1192 : Troisième croisade.

  1202-1204 : Quatrième croisade.

  1204 : Les Croisés prennent Constantinople.

  1248-1254 : Septième croisade conduite par Saint Louis.

  1270 : Huitième croisade.

  1270 : Saint Louis meurt devant Tunis.

A noter

« Les prises d’armes de l’Occident contre le monde musulman sont bien antérieures à la première croisade. L’Occident avait eu depuis longtemps à lutter contre les musulmans parce que les musulmans l’attaquaient directement chez lui.

L’Espagne avait été presqu’entièrement conquise par les Arabes dès 711-718 et, depuis lors, la Galice, les Asturies et les vallées pyrénéennes luttaient péniblement pour refouler l’envahisseur. Au siècle suivant, les Arabes de Tunisie conquirent sur les Byzantins la Sicile (prise de Palerme 830, de Messine 842 et de Syracuse 876). Ils prirent même pied dans la péninsule italienne où ils occupèrent Bari (848) et Tarente (856). Une de leurs bandes était allée – audace et sacrilège inouïs – piller à Rome la Basilique Saint-Pierre (846) ». René GROUSSET, in Les croisades, Ed. Quadrige/PUF, 1994, p.16. 1ère édition, 1944.

« L’idée de la croisade fut bien l’œuvre propre du pape Urbain II. Il en garda longtemps le secret et ne révéla son projet que soigneusement mûri, dans un manifeste solennel, au concile de Clermont-Ferrand, le 27 novembre 1095. Ce jour-là il appela la chrétienté aux armes pour la délivrance du Saint-Sépulcre, pour la délivrance aussi des chrétiens opprimés par l’Islam (…).

L’idée d’Urbain II, idée force, idée en marche qui allait bouleverser le monde, se distingua des entreprises antérieures par son caractère proprement religieux, originellement désintéressé, entièrement international. Ce fut toute la chrétienté que le Pape appela à la lutte contre l’Islam. ». René GROUSSET, in Les croisades, opus cit. p.19.

« Ce qui reste à l’actif d’Urbain II, c’est d’une part l’idée de la croisade, d’autre part son succès. Vers 1090, l’Islam turc, ayant presqu’entièrement chassé les Byzantins de l’Asie, s’apprêtaient à passer en Europe. Dix ans plus tard, non seulement Constantinople sera dégagée, non seulement la moitié de l’Asie mineure sera rendue à l’hellénisme, mais la Syrie maritime et la Palestine seront devenues colonies franques. La catastrophe de 1453, qui était à la veille de survenir dès 1090, sera reculée de trois siècles et demi. Et toute cela sera l’œuvre voulue et consciente d’Urbain II. Au geste du grand pape, barrant la descente du fleuve, le cours du destin va être arrêté et brusquement refluera« . René GROUSSET, L’épopée des croisades, Ed. Perrin, 1995, p.16.

« Aussitôt que le Pape Urbain eut, avec éloquence, offert ses sujets de plaintes aux oreilles des chrétiens, la grâce de Dieu permit qu’une incroyable ardeur de partir pour les pays étrangers enflammât une innombrable quantité de personnes, les persuadant de vendre leurs biens et d’abandonner tout ce qu’elles possédaient.

Un admirable désir d’aller à Jérusalem ou d’aider ceux qui partaient, animait également les riches et les pauvres, les hommes et les femmes, les moines et les clercs, les citadins et les paysans ». Orderic Vital, Histoire ecclésiastique, livre IX, p. 412, cité par Jacques Heers, in Libérer Jérusalem, Perrin, 1999.

Pour aller plus loin

  La Croix et le Croissant, Actes de la IVème université d’été de Renaissance catholique, 1995.

  L’Orient des Croisades, Georges Tate, collection Découvertes, Gallimard, 1991.

  La Croisade au Moyen-Age, Alain Demurger, Nathan, 1998.

  La Première croisade, libérez Jérusalem, Jacques Heers, Perrin, 1995.

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 7 janvier, 2007 |8 Commentaires »

L’Esprit Lui-même prie en moi.

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L’Esprit Lui-même prie en moi.

  Nous parlons de prier. Mais savons-nous prier ? Est-ce que je sais même en quoi consiste la vraie prière ? Honnêtement, je dois avouer que je ne le sais pas. Je sens en moi un appel profond dans une direction, mais je suis dans les ténèbres.

  Heureusement, «l’Esprit vient au secours de notre faiblesse : car nous ne savons que demander pour prier comme il faut ; mais l’Esprit Lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables, et celui qui sonde les cœurs sait quel est le désir de l’Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu» (Rm 8.26-27).

  La prière est dans mon cœur. Elle jaillit de mon cœur. Et pourtant, elle n’est pas mon œuvre à moi tout seul. L’Esprit m’a été donné ; Il est répandu en mon cœur, et c’est Lui qui prie en moi. L’Esprit vient du cœur de Dieu, désireux d’allumer en mon propre cœur la même flamme que dans le sien.

  Nous connaissons tous les passages de Saint Paul qui nous répètent cela, mais n’avons-nous pas trop tendance à les considérer de manière purement théorique, ou, pour nous exprimer de manière plus noble, comme des « réalités de foi », c’est-à-dire des choses dont on parle avec conviction, mais on ne les vit que dans une obscurité totale. Cette présence de l’Esprit dans mon cœur serait une chose qui se situerait uniquement au niveau de Dieu et à laquelle je ne pourrais communier qu’à travers des formules intellectuelles. La réalité elle-même échapperait totalement à mon expérience. Est-ce cela vraiment que veut dire Saint Paul ?

  Frauderait-il, en réaction contre ce que cette attitude a d’excessif, exiger que toute existence chrétienne authentique soit une expérience de l’Esprit, à la manière des Apôtres recevant les langues de feu, le matin de la Pentecôte ? Cela n’a jamais été l’enseignement de l’Église. Mais, entre les deux extrêmes, se situe une attitude vraie, accessible à tous les chrétiens, où la présence de l’Esprit dans nos vies est une réalité qui a une influence directe sur notre manière d’être, sur nos relations d’amour avec nos frères, sur notre prière.

  Si nous reprenons les différentes étapes dont nous avons parlé, nous constatons une progression. Renoncer à considérer le centre de notre activité de prière au niveau de la tête, des représentations, des systèmes de penser. Entrer dans notre cœur. Y découvrir tout un monde désordonné d’émotions et de blessures, qui émanent de notre cœur, et qui ont besoin d’être purifiées. Nous avons découvert qu’il y avait une possibilité effective d’intégrer toutes ses blessures de notre cœur dans le mouvement de la Rédemption, en les faisant venir à la lumière, de manière à les offrir consciemment à l’action rédemptrice de Jésus.

  Ainsi, sans même l’avoir dit, sommes-nous arrivés à parler déjà d’un mouvement de l’Esprit en nous. Si nous pouvons faire ce dont je viens de parler, c’est que, réellement, l’Esprit du Seigneur est à l’œuvre en nous, qui nous permet de démêler, dans le réseau complexe de nos émotions, ce que nous pouvons avec patience et persévérance offrir à la grâce de purification et de résurrection du Sauveur. Tout ce dont nous avons parlé est déjà une œuvre de l’Esprit.

  Continuons alors dans la même ligne. Au-delà de tous ces mouvements désordonnés du cœur, surtout à partir du moment où l’œuvre de Jésus commence à rétablir l’ordre, nous reconnaissons des mouvements moins déréglés qui, progressivement, finissent même par être bien ordonnés ; et ainsi, sans que nous y prenions garde, le fond de notre cœur apprend à se mettre en branle spontanément vers le Seigneur. C’est seulement après coup, en regardant ce qui s’est passé, que nous constatons que, de fait, l’Esprit du Seigneur était discrètement, silencieusement, à l’œuvre au fond de notre cœur. Au fur et à mesure que la paix s’est établie dans les profondeurs, un certain dynamisme mystérieux se met en branle, auquel il nous faut apprendre à coopérer.

  C’est ainsi que nous apprenons à assumer tous les mouvements de notre cœur, les bons, les moins bons et même les mauvais, pour les orienter vers Dieu. Les uns viennent directement du Père et retournent à Lui. Les autres ont besoin d’être transformés, assumés par la mort et la résurrection de Jésus. Tous demandent à être intégrés consciemment dans ce dynamisme de l’Esprit répandu en nos cœurs. Il s’agit d’apprendre à être éveillés aux mouvements de notre cœur, de manière à les unir volontairement et consciemment à l’action de l’Esprit Saint qui est en nous.

  Tout ceci n’implique aucune « grâce mystique ». Il s’agit seulement, dans la douceur et la simplicité, de prendre conscience que notre cœur est vivant et que cette vie, nous pouvons l’offrir à l’Esprit Saint pour qu’Il l’entraîne dans son mouvement vers le Père.

  Saint Paul dit que l’Esprit demande en nous en des gémissements inexprimables. Ce dernier mot mérite que nous y prêtions attention. L’action normale de l’Esprit n’est pas de nous donner des idées claires, ni de nous donner des lumières, ni même de nous donner quoi que ce soit. L’action de l’Esprit est de nous entraîner vers le Père. «Tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont Fils de Dieu. Aussi bien n’avez-vous pas reçu un esprit d’esclaves pour retomber dans la crainte ; vous avez reçu un Esprit de fils adoptifs qui vous fait vous écrier : « Abba ! Père ! » L’Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu» (Rm 8.14-15). L’Esprit est un témoin ; Il est un dynamisme qui nous entraîne. Ne cherchons surtout pas à Le cerner, à L’identifier, à Le saisir pour Le contrôler. Ce serait L’expulser de notre cœur ; ce serait L’éteindre. Laissons-Lui toute sa liberté pour prier en nous, de sa manière voilée, cachée et mystérieuse, que nous jugeons à ses fruits. Dans la mesure où nous constaterons que nous apprenons à prier, que – sans savoir pourquoi – nous sommes devenus capables de demander à Dieu et d’être exaucés, c’est un signe que, en dépit de toutes nos faiblesses évidentes, l’Esprit prie en nous.

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