Archive pour le 3 janvier, 2007

Le patriotisme

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Le patriotisme

Quels sont les devoirs du chrétien envers la patrie ? Et tout d’abord, en tant qu’homme ?

Le patriotisme est inhérent à la nature même de l’homme, nous naissons dans une patrie, nous ne la choisissons pas, comme nous ne choisissons pas notre famille.

Jean Ousset, dans son ouvrage « Patrie, Nation, Etat », l’exprime de cette manière : « De même qu’il nous faut un père et une mère pour naître, il n’est pas d’homme qui ne doive à une patrie sa première et fondamentale expression d’animal politique » [3]. Ici réside le mensonge de Jean-Jacques Rousseau car la patrie n’est pas un contrat social. La patrie n’est ni un club, ni un parti politique.

C’est dans la patrie, et par elle à travers mes parents, que je reçois la vie et les aliments nécessaires pour le corps et l’âme : l’éducation, la culture, la langue, toutes les caractéristiques qui déterminent ce peuple concret dans lequel Dieu m’a placé. C’est ce que ne peux pas m’arracher du coeur, que je ne peux pas abandonner.

La patrie, dans ce sens, est un facteur d’unité si naturel qu’il est antérieur et supérieur à tous les autres facteurs d’unité artificiels qui divisent les hommes. C’est pourquoi la patrie doit être au-dessus de tous les partis politiques, elle dépasse les classes sociales. C’est le grand mensonge du marxisme : « Prolétaires de tous les pays unissez-vous ».

La guerre de 1914 fit la preuve de l’erreur fondamentale de ce slogan. Pour les marxistes la patrie était une invention de la bourgeoisie pour opprimer le prolétariat. En 1914, l’Internationale Socialiste fut dissoute et fractionnée car les prolétariats allemand, français, italien, autrichien ou anglais réagirent dès le début en tant qu’Allemands, Anglais, Italiens, Français ou Autrichiens et non en tant que prolétaires

.Un homme peut changer de classe sociale, quitter la classe sociale à laquelle il appartient. Il peut progresser et s’ouvrir un chemin dans l’existence. Il peut perdre tout ce qu’il a et se prolétariser, mais il ne pourra pas échapper à l’empreinte indélébile que sa patrie laisse à jamais dans sa personnalité.

On est Argentin, Français, Russe, Chinois, Italien avant d’appartenir à une classe sociale ou à une idéologie déterminée.

La patrie est ce que j’ai en moi, et c’est pourquoi le patriotisme, avant toute autre chose, apparaît comme un sentiment.

Personne n’est venu nous expliquer que c’est un devoir, une obligation ou une vertu que d’aimer et d’honorer ses parents. Nous les aimons de manière naturelle, cela vient spontanément du fond de nous.

De la même façon naît le patriotisme. Il est possible que nous n’ayons pas l’occasion immédiate de le prouver, mais il apparaît comme un sentiment très fort dans les moments de crise ou de difficultés, ou lorsque nous nous trouvons hors de notre patrie.

Le patriotisme est, en premier lieu, un sentiment naturel issu de l’appartenance naturelle à cette patrie où nous naissons et vivons et que nous n’avons pas choisie. Cette appartenance nous impose des obligations, comme nous en avons envers notre famille et nos parents bien que nous ne les ayons pas choisis.

C’est avec la prise de conscience de cette appartenance et des obligations qui en découlent, que le patriotisme devient vertu. Tout d’abord vertu naturelle, vertu humaine.

Il est certain que pour être patriote il n’est pas nécessaire d’être chrétien, il est suffisant d’être un homme. Le patriotisme apparaît donc dans son premier aspect comme une vertu humaine.

Saint Thomas, dans la « Somme Théologique », l’appelle « Pietas » que nous traduisons par piété, en évitant de confondre ce mot avec le sens courant qu’il possède aujourd’hui.

Saint Thomas donne au mot « pietas », un sens très précis : « L’homme est constitué débiteur, à des titres différents, vis-à-vis d’autres personnes, selon les différents degrés de perfection qu’elles possèdent et les bienfaits différents qu’il en a reçus. A ce double point de vue, Dieu occupe la toute première place, puisqu’Il est absolument parfait et qu’Il est par rapport à nous le premier principe d’être et de gouvernement.

« Mais ce titre convient aussi, secondairement, à nos parents et à notre patrie, desquels et dans laquelle nous avons reçu la vie et l’éducation. Et donc, après Dieu, l’homme est surtout redevable à ses parents et à sa patrie. En conséquence, de même qu’il appartient à la religion de rendre un culte à Dieu, de même, à un degré inférieur, il appartient à la piété de rendre un culte aux parents et à la patrie. D’ailleurs, le culte des parents s’étend à tous ceux du même sang, c’est-à-dire qui ont les mêmes parents ; le culte de la patrie s’entend des compatriotes et des alliés. C’est donc à ceux-là que s’adresse principalement la piété… »  [4].

Telle est la vertu humaine du patriotisme, la piété qui pour Saint Thomas est une partie auxiliaire de la vertu, de la justice.

Pour la justice, je dois donner à chacun ce qui lui revient. Pour la religion, la forme la plus sublime de la justice, je dois donner à Dieu ce qui lui revient ; pour la piété je dois donner ce qui leur revient à mes parents et à ma patrie, parce que j’ai reçu d’eux la vie, l’existence, parce que des parents et de la patrie j’ai reçu tout ce que j’ai.

C’est la vertu chrétienne du patriotisme. Elle est appelée « piété » mais nous devons la comprendre comme une obligation, comme une dette que nous avons envers cette patrie dans laquelle nous avons reçu l’existence.

Unie à la « piété » se trouve la justice légale, qui est aussi une vertu humaine.

La nation, pour sa part, est une sorte d’entreprise chargée d’assurer la transmission de l’héritage que nous recevons. C’est là que nous trouvons la justice légale.

Saint Thomas distingue la justice commutative. Elle règle ou dirige les relations entre les citoyens, entre les membres de la société, c’est elle qui règle aussi le commerce, achats et ventes, le paiement des dettes, la restitution des prêts.

Saint Thomas distingue aussi la justice distributive qui règle et dirige tout ce qui relie le tout à la patrie, c’est-à-dire les relations entre l’Etat et les citoyens, la distribution des charges, des emplois, des impôts.

Et finalement, nous trouvons la justice légale qui règle et dirige les relations des citoyens avec l’Etat, c’est-à-dire nos obligations envers l’Etat qui a en charge la garde du bien commun.

Ainsi nous avons tout d’abord le patriotisme, qui est un sentiment, un bon sentiment. Il est légitime, mais il peut en être fait un mauvais usage. En deuxième lieu, nous avons aussi le patriotisme en tant que vertu humaine. C’est la piété, c’est-à-dire la dette que nous avons envers la patrie . Et finalement la justice légale, c’est-à-dire que nous sommes au service de la patrie, au service du bien commun de toute la société à laquelle nous appartenons.

Bien entendu, le christianisme ne détruit rien de tout cela. L’Evangile ne détruit pas les valeurs humaines. Saint Augustin, dans « La Cité de Dieu », fait l’éloge des vertus des païens. Un païen de l’Empire Romain pouvait être un patriote et, de fait, il l’était. Comme l’était le poète latin qui écrivait : « Dulce et decorum est pro patria mori » – « Il est doux et honorable de mourir pour la patrie ». Valerius Maximus disait : « Les premiers Romains préféraient être pauvres dans un empire riche que riches dans un empire pauvre ». C’étaient des patriotes, avec un patriotisme naturel, un patriotisme humain.

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 3 janvier, 2007 |Pas de commentaires »

Un instrument au service de Dieu

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Un instrument au service de Dieu

Pour un chrétien, la patrie fait partie de la mission que Dieu lui a donnée. C’est notre mission sur cette terre, notre vocation. Si Dieu a voulu que nous naissions ici et maintenant, c’est qu’à travers cette réalité, Il attend quelque chose de nous. La patrie peut être, elle doit être, un instrument au service de Dieu.

Ce bien commun de la patrie, que nous recherchons, d’une certaine façon, s’ordonne au bien commun surnaturel.

Qu’entend-on par là ? Il est certain que la société ne sauve ni ne condamne l’homme. On peut vivre dans une société peuplée de saints et refuser Dieu au plus profond de son âme et se damner. On peut vivre aussi dans une société corrompue et, héroïquement, être à contre-courant et dire oui à Dieu et sauver son âme.

Mais il est vrai que l’environnement social dans lequel nous vivons influe considérablement sur notre façon de vivre. Quand une société est en accord avec la loi naturelle, quand une société se laisse conduire par les principes de l’Evangile, cette société aide tous ses membres à vivre sur cette terre une vie vertueuse et, de cette façon, aide ses membres à atteindre leur destin ultime et à sauver leur âme. Dans ce sens, le bien commun de la société concrète dans laquelle nous vivons, ordonné au bien commun surnaturel, est ainsi d’un grand secours pour atteindre notre destin ultime.

Mais lorsque la société est corrompue, quand le mensonge, l’erreur, la délinquance, les moeurs deshonnêtes règnent en maîtres, cette société devient un obstacle pour le salut.

De l’ordre qui règne dans la société dépendent le salut ou la condamnation de beaucoup.

Mais, au-delà de cela, la nation peut avoir, dans le plan de Dieu, une mission concrète qui, parfois, n’est pas si facile à reconnaître.

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 3 janvier, 2007 |Pas de commentaires »

Donner sa vie pour la patrie

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Donner sa vie pour la patrie

Si nous sommes capables de donner notre vie par impulsion, dans un instant, en un éclair, il nous en coûte apparemment bien davantage de la donner jour après jour. Lors d’un moment d’exaltation patriotique, le geste héroïque est presque facile, il semble aisé de faire face et de donner son sang. C’est ce qui arrive lors des persécutions et du sacrifice des martyrs. Lorsque les chrétiens étaient conduits au martyre on leur disait : « ou bien vous encensez les idoles, ou nous vous jetons aux lions », et on les menaçait des pires tortures pour qu’ils renient le Christ. Et le martyr proclamait :« Non, je ne renierai pas le Christ » et criant « Gloire au Christ ! » il tombait là, mort.

Les « cristeros » affrontaient le peloton d’exécution en criant « Vive le Christ-Roi ! » comme l’ont crié tant de chrétiens et de prêtres en Espagne pendant la persécution communiste.

Il peut arriver que Dieu, un jour, nous demande cet héroïsme. Comme tout chrétien doit avoir dans son âme la disposition au martyre et donner sa vie pour le Christ en donnant son témoignage envers Lui, de même tout chrétien, tout patriote doit être prêt à donner sa vie pour la patrie. Cela, Dieu le demande à quelques-uns, en certaines circonstances. Ce n’est pas habituel.

Mais ce que Dieu nous demande à tous, en tant que chrétiens, en tant que patriotes, c’est de donner notre vie dans l’effort quotidien, à chaque instant, et cela est souvent le plus difficile.

L’héroïsme quotidien est plus difficile, plus difficile aussi est l’accomplissement du devoir de tous les jours. Il est plus difficile d’édifier la patrie peu à peu avec un effort soutenu de tous les jours. Nous nous enthousiasmons pour quelque chose qui, à un moment donné, va, par un coup de baguette magique, nous apporter la solution à tous les problèmes de la patrie. Nous nous enthousiasmons, mais cet enthousiasme est comme une flambée fugace, comme un éclair soudain, car ce n’était pas là qu’était le fait important. Car ce n’était pas là qu’était la solution des problèmes de la patrie, ce n’était pas cela que Dieu nous demandait.

N’allons pas penser que tout va changer en un jour et que tout sera merveilleux parce que tel parti ou tel autre aura été élu. N’allons pas penser que nous devons jouer le tout pour le tout pour la patrie à l’occasion d’une élection, d’une manifestation, etc… pour ensuite nous décourager, nous essouffler et redire encore : il n’y a rien à faire ! Il faut s’adapter aux temps nouveaux ! Il faut désormais faire comme tout le monde ; toutes expressions d’un scepticisme destructeur.

L’héroïsme au service de la patrie, n’est pas uniquement constitué de ces faits d’armes exceptionnels qui peuvent aller jusqu’au sacrifice de la vie, même si nous devons être prêts à les assumer à un moment quelconque de l’histoire, si Dieu nous le demande.

L’héroïsme au service de la patrie, est d’abord celui du travail silencieux de chaque jour, l’héroïsme quotidien de l’effort nécessaire pour s’occuper de sa famille, l’héroïsme du travail, du témoignage personnel, l’héroïsme de l’engagement pour la vérité, l’héroïsme de celui qui édifie la patrie peu à peu dans sa propre vie comme dans celle des autres, en influant sur ce qui l’entoure : à l’école, au travail, au bureau, à l’usine, à la campagne et à la ville, en étant un témoin du Christ, en témoignant pour la vérité, en sachant marcher à contre-courant, contre la mode, en sachant dire « non » quand tout le troupeau dit « oui » et se laisse entraîner et porter par l’erreur, le mensonge, la propagande.

C’est cet héroïsme quotidien que Dieu nous demande, pour que se réalise la construction de la patrie.

Publié dans:VALEURS DE FRANCE |on 3 janvier, 2007 |Pas de commentaires »

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