Archive pour octobre, 2006

Des soldats du Christ.

883014099.jpgDes soldats du Christ. 

4. Mais les soldats du Christ combattent en pleine sécurité ales combats de leur Seigneur, car ils n’ont point à craindre d’offenser Dieu en tuant un ennemi et ils ne courent aucun danger, s’ils sont tués eux-mêmes, puisque c’est pour Jésus-Christ qu’ils donnent ou reçoivent le coup de la mort, et que, non-seulement ils n’offensent point Dieu, mais encore, ils s’acquièrent une grande gloire: en effet, s’ils tuent, c’est pour le Seigneur, et s’ils sont tués, le Seigneur est pour eux; mais si la mort de l’ennemi le venge et lui est agréable, il lui est bien plus agréable encore de se donner à son soldat pour le consoler. Ainsi le chevalier du Christ donne la mort en pleine sécurité et la reçoit dans une sécurité plus grande encore. Ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée; il est le ministre de Dieu, et il l’a reçue pour exécuter ses vengeances, en punissant ceux qui font de mauvaises actions et en récompensant ceux qui en font de bonnes. Lors donc qu’il tue un malfaiteur, il n’est point homicide mais malicide, si je puis m’exprimer ainsi ; il exécute à la lettre les vengeances du Christ sur ceux qui font le mal, et s’acquiert le titre de défenseur des chrétiens. Vient-il à succomber lui-même, on ne peut dire qu’il a. péri, au contraire, il s’est sauvé. La mort qu’il donne est le profit de Jésus-Christ, et celle qu’il reçoit, le sien propre. Le chrétien se fait gloire de la mort d’un païen, parce que le Christ lui-même en est glorifié, mais dans la mort d’un chrétien la libéralité du Roi du ciel se montre à découvert,-puisqu’il ne tire son soldat de la mêlée que pour le récompenser. Quand le premier succombe, le juste se réjouit de voir la vengeance qui en a été tirée; mais lorsque c’est le second qui périt « tout le monde s’écrie : Le juste sera-t-il récompensé? Il le sera sans doute, puisqu’il y a un Dieu qui juge les hommes sur la terre (Psalm. LVII, 11). » Il ne faudrait pourtant pas tuer les païens mêmes, si on pouvait les empêcher, y par quelque autre moyen que la mort, d’insulter les fidèles ou de les opprimer. Mais pour le moment, il vaut mieux les mettre à mort que de les laisser vivre pour qu’ils portent les mains sur les justes, de peur que les justes, à leur tour, ne se livrent à l’iniquité.

5. Mais, dira-t-on, s’il est absolument défendu à un chrétien de frapper de l’épée, d’où vient que le héraut du Sauveur disait aux militaires

 

a C’est la même pensée que Jean de Salisbury exprime dans son Polycratique, livre VII, chapitre XXI en parlant des Templiers. Il n’y a guère qu’eux, dit-il, dans tout le monde,qui fassent légitimement la guerre.

 

de se contenter de leur solde, et ne leur enjoignait pas plutôt de renoncer à leur profession (Luc., III, 13) ? Si au contraire cela est permis, comme ce l’est en effet, à tous ceux qui ont été établis de Dieu p’ dans ce but, et ne sont point engagés dans un état plus parfait, à qui, je vous le demande, le sera-t-il plus qu’à ceux dont le bras et le courage nous conservent la forte cité de Sion, comme un rempart protecteur derrière lequel le peuple saint, gardien de la vérité, peut venir s’abriter en toute sécurité, depuis que les violateurs de la loi divine en sont tenus éloignés ? Repoussez donc sans crainte ces nations qui ne respirent que la guerre, taillez en pièces ceux qui jettent la terreur parmi nous, massacrez loin des murs de la cité du Seigneur, tous ces hommes qui commettent l’iniquité et qui brûlent du désir de s’emparer des inestimables trésors du peuple chrétien qui reposent dans les murs de Jérusalem, de profaner nos saints mystères et de se rendre maîtres du sanctuaire de, Dieu. Que la double (a) épée des chrétiens soit tirée sur la tête de nos ennemis, pour détruire tout ce qui s’élève contre la science de Dieu, c’est-à-dire contre la foi des chrétiens, afin que les infidèles ne puissent dire un jour : Où donc est leur Dieu?

6. Quand ils seront chassés, il reviendra prendre possession de son héritage et de sa maison dont il a dit lui-même, dans sa colère : « Le temps s’approche où votre demeure sera déserte (Matth., XXIII, 38), » et dont le Prophète a dit en gémissant: « J’ai quitté ma propre maison, j’ai abandonné mon héritage (Jerem., XII, 7) ; » et il accomplira cette autre parole prophétique : « Le Seigneur a racheté son peuple et l’a délivré ; aussi le verra-t-on plein d’allégresse, sur la montagne de Sion, se réjouir des bienfaits du Seigneur. » Livre-toi donc aux transports de la joie, ô Jérusalem, et reconnais que voici les jours où Dieu te visite. Réjouissez-vous aussi et louez Dieu avec elle, déserts de Jérusalem, car le Seigneur a consolé son peuple, il a racheté la Cité sainte et il a levé son bras saint aux yeux de toutes les nations. Vierge d’Israël, tu étais tombée à terre, et personne ne se trouvait qui te tendît une main secourable; lève-toi maintenant, secoue la poussière de tes vêtements, ô vierge, ô fille captive, ô Sion, lève-toi, dis-je, et même élève-toi bien haut et vois au loin les torrents de joie que ton Dieu fait couler vers toi. On ne t’appellera plus l’abandonnée, et la terre où tu t’élèves ne sera plus une terre désolée, parce que le Seigneur a mis en toi toutes ses complaisances et tes champs vont se repeupler. Jette tes yeux tout autour de toi et regarde; tous ces hommes se sont réunis pour venir à toi; voilà le secours qui t’est envoyé d’en haut. Ce sont ceux qui vont

 

a Saint Bernard veut parler, en cet endroit, des deux glaives, le matériel et le spirituel, dont il est question dans la lettre deux cent cinquante-sixième et au livre IV de ta Considération, chapitre lit, n. 7.

 

accomplir cette antique promesse : « Je t’établirai dans une gloire qui durera des siècles et ta joie se continuera de génération en génération tu suceras le lait des nations et tu seras nourrie aux mamelles qu’ont sucées les rois (Isa., LX. 15). » Et cette autre encore : « De même qu’une mère caresse son petit enfant, ainsi je vous consolerai et vous trouverez votre paix dans Jérusalem (Isa. LXVI, 13).» Voyez-vous quels nombreux témoignages reçut, dès les temps anciens, la milice nouvelle et, comme sous nos yeux s’accomplissent les oracles sacrés, dans la cité du Seigneur des vertus? Pourvu que maintenant le sens littéral ne nuise point au spirituel, que la manière dont nous entendons, dans le temps, les paroles des prophètes, ne nous empêche pas d’espérer dans l’éternité, que les choses visibles ne nous fassent point perdre de vue celles de la foi, que le dénûment actuel ne porte aucune atteinte à l’abondance de nos espérances et que la certitude du présent ne nous fasse point oublier l’avenir. D’ailleurs la gloire temporelle de la cité de la terre, au lieu de nuire aux biens célestes ne peut que les assurer davantage, si toutefois nous croyons. fermement que la cité d’ici-bas est une fidèle image de celle des cieux qui est notre mère.

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 18 octobre, 2006 |Pas de commentaires »

De la milice séculière.

teuton.jpgDe la milice séculière. 

3. Quels seront donc le fruit et l’issue, je ne dis pas de la milice, mais de la malice; séculière, si celui qui tue pèche mortellement et celui qui est tué périt éternellement ? Car, pour me servir des propres paroles de l’Apôtre : « Celui qui laboure la terre doit labourer dans l’espérance d’en tirer du fruit, et celui qui bat le grain doit espérer d’en avoir sa part (I Corinth., IX, 10). ». Combien étrange n’est donc point votre erreur, ou plutôt quelle n’est pas votre insupportable fumeur, ô soldats du siècle, de faire la guerre avec tant de peine et de frais, pour n’en être payés que par la mort ou par le péché? Vous chargez vos chevaux de housses de soie, vous recouvrez vos cuirasses de je ne sais combien de morceaux d’étoffe qui retombent de tous côtés (a); vous peignez vos haches, vos boucliers et vos selles; vous prodiguez l’or, l’argent et les pierreries sur vos mors et vos éperons, et vous volez à la mort, dans ce pompeux appareil, avec une impudente et honteuse fureur. Sont-ce là les insignes de l’état militaire? ne sont-ce pas plutôt des ornements qui conviennent à des femmes? Est-ce que, par hasard, le glaive de l’ennemi respecte l’or? épargne-t-il les pierreries ? ne saurait-il percer la soie? Mais ne savons-nous pas, par une expérience de tous les jours, que le soldat qui marche au combat n’a besoin que de trois choses, d’être vif, exercé et habile à parer les coups, alerte à la poursuite et prompt à frapper? Or on vous voit au contraire nourrir, comme des femmes, une masse de cheveux qui vous offusquent la vue, vous envelopper dans de longues chemises qui vous descendent jusqu’aux pieds et ensevelir vos mains délicates et tendres sous des manches aussi larges que tombantes. Ajoutez à tout cela quelque chose qui est bien fait pour effrayer la conscience du soldat, je veux dire, le motif léger ou frivole pour lequel on a l’imprudence de s’engager dans une milice d’ailleurs si pleine de dangers; car il est bien certain que vos différends et vos guerres ne naissent que de quelques mouvements irréfléchis de colère, d’un vain amour de la gloire, ou du désir de quelque conquête terrestre. Or on ne peut certainement pas tuer son semblable en sûreté de conscience pour de sembles raisons.

 

a Cet usage est défendu aux Templiers par leur règle, chapitre XXVIII. « Ils n’auront aucune étoffe sur leurs boucliers ni sur leurs haches non plus que sur leurs autres armes,:etc. » L’or et l’argent sur les mors et sur les éperons leur sont également interdits par le chapire XXVII de la même règle.

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Louange de la nouvelle milice.

godefroicrois.jpgLouange de la nouvelle milice. 

I. Un nouveau genre de milice est né, dit-on, sur la terre, dans 1e pays même que le Soleil levant est venu visiter du haut des cieux, en sorte que là même où il a dispersé, de son bras puissant, les princes des ténèbres, l’épée de cette brave milice en exterminera bientôt les satellites, je veux dire les enfants de l’infidélité. Elle rachètera de nouveau le peuple de Dieu et fera repousser à nos yeux la corne du salut, dans la maison de David son fils (Luc. I, passim). Oui, c’est une milice d’un nouveau genre, inconnue aux siècles passés, destinée à combattre sans relâche un double (a) combat contre la chair et le sang, et contre les esprits de malice répandus dans les airs. Il n’est pas assez rare de voir des hommes combattre un ennemi corporel avec les seules forces du corps pour que je m’en étonne ; d’un autre côté, faire la guerre au vice et au démon avec les seules forces de l’Aine, ce n’est pas non plus quelque chose d’aussi extraordinaire que louable, le monde est plein de moines qui livrent ces combats; mais ce qui, pour moi, est aussi admirable qu’évidemment rare, c’est de voir les deux choses réunies, un même homme pendre avec courage sa double épée à son côté et ceindre noblement ses flancs de son double baudrier à la fois. Le soldat qui revêt en même temps son âme de la cuirasse de la foi et son corps d’une cuirasse de fer, ne peut point ne pas être intrépide et en sécurité parfaite; car, sous sa double armure, il ne craint ni homme ni diable. Loin de redouter la mort, il la désire. Que peut-il craindre, en effet, soit qu’il vive, soit qu’il meure, puisque Jésus-Christ seul est sa vie et que, pour lui, la mort est un gain? Sa vie, il la vit avec confiance et de bon coeur pour le Christ, mais ce qu’il préférerait, c’est d’être dégagé des liens du corps et d’être avec le Christ; voilà ce qui lui semble meilleur. Marchez donc au combat, en pleine sécurité, et chargez les ennemis de la croix de Jésus-Christ avec courage et intrépidité, puisque vous savez bien que ni la mort, ni la vie ne pourront vous séparer de l’amour de Dieu qui est fondé sur les complaisances qu’il prend en Jésus-Christ, et rappelez-vous ces paroles de l’Apôtre, au milieu des périls : « Soit que nous vivions ou que nous mourions, nous appartenons au Seigneur (Rom. XIV, 8).» Quelle gloire pour ceux qui reviennent victorieux du combat, mais quel bonheur pour ceux qui y trouvent le su martyre ! Réjouissez-vous, généreux athlètes, si vous survivez à votre e, victoire dans le Seigneur, mais que votre joie et votre allégresse soient doubles si la mort vous unit à lui: sans doute votre vie est utile et votre victoire glorieuse; mais c’est avec raison qu’on leur préfère une sainte mort; car s’il est vrai que ceux qui meurent dans le Seigneur sont bienheureux, combien plus heureux encore sont ceux qui meurent pour le Seigneur?

 

a Pierre le Vénérable s’exprime à peu près de même, dans la lettre vingt-sixième du livre VI, il dit en effet : « Qui ne se réjouirait et n’éprouverait la plus vive allégresse en vous voyant marcher non pas à un simple mais à un double combat à la fois… » Vous êtes des moines par vos vertus, et des soldats par vos actes. »

 

2. Il est bien certain que la mort des saints dans leur lit ou sur un champ de bataille est précieuse aux yeux de Dieu, mais je la trouve d’autant plus précieuse sur un champ de bataille qu’elle est en même temps plus glorieuse. Quelle sécurité dans la vie qu’une conscience pure! Oui, quelle vie exempte de trouble que celle d’un homme qui attend la mort sans crainte, qui l’appelle comme un bien, et la reçoit avec piété. Combien votre milice est sainte et sûre, et combien exempte du double péril auquel sont exposés ceux qui ne combattent pas pour Jésus-Christ! En effet, toutes les fois que vous marchez à l’ennemi, vous qui combattez dans les rangs de la milice séculière, vous avez à craindre de tuer votre âme du même coup dont vous donnez la mort à votre adversaire, ou de la recevoir de sa main, dans le corps et dans l’âme en même temps. Ce n’est point par les résultats mais par les sentiments du coeur qu’un chrétien juge du péril qu’il a couru dans une guerre ou de la victoire qu’il y a remportée, car si la cause qu’il défend est bonne, issue de la guerre, quelle qu’elle soit, ne saurait être mauvaise, de même que, en fin de compte, la victoire ne saurait être bonne quand la cause de la guerre ne l’est point et que l’intention de ceux qui la font n’est pas droite. Si vous avez l’intention de donner la mort, et qu’il arrive que ce soit vous qui la receviez, vous n’en êtes pas moins un homicide, même en mourant; si, au contraire, vous échappez à la mort, après avait tué un ennemi que vous attaquiez avec la pensée ou de le subjuguer ou de tirer quelque vengeance de lui, vous survivez sans doute, mais vous êtes un homicide : or il n’est pas bon d’être homicide, qu’on soit vainqueur ou vaincu, mort ou vif, c’est toujours une triste victoire que celle où on ne triomphe de son semblable qu’en étant vaincu par je péché, et c’est en vain qu’on se glorifie de la victoire qu’on a remportée sur son ennemi, si on en a laissé remporter une aussi sur soi à la colère ou à l’orgueil. Il y a des personnes qui ne tuent ni dans un esprit de vengeance ni pour se donner le vain orgueil de la victoire, mais uniquement pour échapper eux-mêmes à la. mort eh bien ! je ne puis dire que cette victoire soit bonne, attendu que la mort du corps est moins terrible que celle de l’âme (a); en effet celle-ci ne meurt point du même coup qui tue le corps, mais elle est frappée à mort dès qu’elle est coupable de péché.

 

a Saint Bernard pense donc avec saint Augustin et saint Ambroise, qu’on ne peut,! sans danger pour son propre salut, tuer, en se défendant, un injuste agresseur. Voir à ce sujet le Livre du Précepte et de ta Dispense, n. 13. On a aussi sur le même sujet une lettre très-remarquable, c’est la soixantième de Hildebert, évêque du Mans, à un prêtre qui avait tué un voleur. Le sentiment de saint Ambroise se trouve exposé dans son traité des Devoirs, livre III, chapitre 4, et celui de saint Augustin dans son traité du libre Arbitre, livre I, chapitre V; livre XXII, contre Fauste, chapitre LXXIV, ainsi que dans la lettre à Publicola.

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A Hugues, soldat du Christ, et maure de la milice, Bernard simple abbé de Clairvaux combattre le bon combat

prhmalte.jpgA Hugues, soldat du Christ, et maure de la milice, Bernard simple abbé de Clairvaux combattre le bon combat 

 

Ce n’est pas une, mais deux, mais trois fois, si je ne me trompe, mon cher Hugues, que vous m’avez prié de vous écrire, à vous et à vos compagnons d’armes, quelques paroles d’encouragement, et de tourner ma plume, à défaut de lance, contre notre tyrannique ennemi, en m’assurant que je vous rendrais un grand service si j’excitais par mes paroles ceux que je ne puis exciter les armes à la main. Si j’ai tardé quelque temps à me rendre à vos désirs, ce n’est pas que je crusse qu’on ne devait en tenir aucun compte, mais je craignais qu’on ne pût me reprocher de m’y être légèrement et trop vite rendu et d’avoir, malgré mon inhabileté, osé entreprendre quelque chose qu’un autre plus capable que moi aurait pu mener à meilleure fin, et d’avoir empêché peut-être ainsi que tout le bien possible se fit. Mais en voyant que ma longue attente ne m’a servi à rien, je me suis enfin décidé à faire ce que j’ai pu, le lecteur jugera si j’ai réussi, afin de vous prouver que ma résistance ne venait point de mauvais vouloir de ma part, mais du sentiment de mon incapacité. Mais après tout, comme ce n’est que pour vous plaire que j’ai fait tout ce dont je suis capable, je me mets fort peu en peine que mon livre ne plaise que médiocrement ou même paraisse insuffisant à ceux qui le liront.

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Voici comment on faisait chevalier au Temple:

sriimg200110308882251p.jpgVoici comment on faisait chevalier au Temple:

 

  • C’est ainsi que l’on doit faire frère et recevoir au Temple  » Beaux seigneurs frères, vous voyez bien que la majorité est favorable pour faire de celui-ci un frère. S’il y avait parmi vous quelqu’un qui connût en lui une chose de nature à l’empêcher d’être un frère selon la règle, qu’il le dise, car il serait préférable qu’il le dise avant plutôt qu’après qu’il sera venu devant nous. «  Si personne ne dit rien, on le doit aller chercher et mettre en une pièce près du chapitre. Puis l’on doit lui envoyer deux ou trois prud’hommes, parmi les plus anciens de la Maison, qui sachent au mieux lui montrer ce qui convient.
  • Quand il sera devant eux, ils doivent bien lui dire :  » Frère, requérez-vous la compagnie de la Maison? «  S’il dit oui, ils doivent lui montrer les grandes duretés de la Maison et les salutaires commandements qui y sont, ainsi que toutes les autres duretés qu’ils sauront lui présenter. Et s’il dit  » qu’il souffrira volontiers tout cela pour Dieu, et qu’il veut être serf et esclave de la Maison à tout jamais, tous les jours de sa vie « , ils doivent lui demander s’il a épouse ou fiancée, s’il a jamais fait voeu ou promesse dans un autre ordre, s’il a des dettes envers quelque homme du monde qu’il ne puisse payer; s’il est sain de corps et n’a aucune maladie cachée, s’il n’est serf de personne.
  • Et s’il dit que non, qu’il est bien quitte de toutes ces choses, les frères doivent entrer en chapitre et dire au Maître ou à celui qui tient sa place :  » Sire, nous avons parlé à ce prud’homme qui est dehors et nous lui avons montré les duretés de la Maison, ainsi que nous avons pu et su. Et il dit qu’il veut être serf et esclave de la Maison, et que, de toutes les choses que nous lui demandâmes, il en est quitte et délivré ; il n’y a en lui rien qui l’empêche de pouvoir et de devoir être frère, s’il plaît à Dieu et à vous et aux frères.  »
  • Le Maître doit demander derechef que s’il y avait quelqu’un qui sût contre lui autre chose, qu’il le dise, car mieux vaudrait l’entendre maintenant qu’après. Si personne ne répond rien, il doit dire :  » Voulez-vous qu’on le fasse venir de par Dieu ?  » Les prud’hommes diront :  » Faites-le venir de par Dieu. «  Alors ils doivent retourner vers celui à qui ils parlèrent et lui demander :  » Etes-vous encore en votre bonne volonté?  » S’il dit oui, ils doivent lui dire et enseigner comment il doit requérir la compagnie de la Maison. C’est qu’il doit venir en chapitre, et il doit s’agenouiller devant celui qui le tient les mains jointes, et doit dire :  » Sire, je suis venu devant Dieu et devant vous, et devant les frères, et vous prie et vous requiers, par Dieu et par Notre-Dame, que vous m’accueilliez en votre compagnie et me donniez part aux bienfaits de la Maison, comme celui qui à tout jamais veut être serf et esclave de la Maison.  »
  • Celui qui préside le chapitre doit lui dire :  » Beau frère, vous requérez une bien grande chose, car de notre ordre vous ne voyez que l’écorce qui est au-dehors. Car l’écorce, c’est que vous nous voyez avoir de beaux chevaux et de beaux équipements, et bien boire et bien manger, et avoir de belles robes, et il vous semble ainsi que vous y seriez bien aise. Mais vous ne savez pas les durs commandements qui sont par-dedans : car c’est rude chose que vous, qui êtes sire de vous-même, vous vous fassiez serf d’autrui. Car à grand’ peine ferez-vous jamais ce que vous voudrez : car, si vous voulez être en la terre deçà la mer, l’on vous mandera delà, ou si voulez être à Acre, l’on vous enverra en la terre de Tripoli, ou d’Antioche, ou d’Arménie, ou l’on vous mandera en Pouille, ou en Sicile, ou en Lombardie, ou en France, ou en Bourgogne, ou en Angleterre, ou en plusieurs autres terres où nous avons des maisons et des possessions. Et si vous voulez dormir, on vous fera veiller; et si vous voulez quelquefois veiller, on vous commandera que vous alliez vous reposer en votre lit.  »
  • S’il est frère sergent et qu’il veuille être frère conventuel, on peut lui dire qu’on l’affectera aux plus vils travaux que nous avons, par aventure au four, Ou au moulin, ou à la cuisine, ou sur les chameaux, ou à la porcherie, ou sur plusieurs autres offices que nous avons. Et celui qui préside lui dira :  » Vous aurez souvent à souffrir d’autres durs commandements : quand vous serez à table et que vous voudrez manger, l’on vous ordonnera que vous alliez où l’on voudra, et vous ne saurez jamais où. Et pour beaucoup de grondeuses paroles que vous entendrez maintes fois, il vous conviendra de souffrir. Or, regardez, beau doux frère, si vous pourrez bien souffrir toutes ces duretés.  »
  • Et s’il dit :  » Oui, je les souffrirai toutes, s’il plaît Dieu « , le Maître ou celui qui le remplace doit dire :  » Beau frère, vous ne devez requérir la compagnie de la Maison ni pour posséder des seigneuries ou des richesse, ni pour avoir l’aise de votre corps, ni pour recueillir des honneurs. Mais vous la devez requérir pour trois choses : l’une pour fuir et abandonner le péché de ce monde ; l’autre pour faire le service de Notre-Seigneur; et la troisième pour être pauvre et pour faire pénitence en ce siècle, afin de sauver votre âme; et telle doit être l’intention pour laquelle vous la devez demander.  »
  • Et il doit aussi lui demander : » Voulez-vous être, tous les jours de votre vie, serf et esclave de la Maison ? «  Et il doit dire :  » Oui, s’il plaît à Dieu, sire.  »  » Voulez-vous laisser votre propre volonté, tous les jours de votre vie, pour faire ce que votre commandeur vous commandera? «  Et il doit dire :  » Sire, oui, s’il plaît à Dieu.  »
  • Et le Maître dira :  » Or veuillez sortir, et priez Notre-Seigneur qu’il vous conseille.  » Alors quand il sera dehors, celui qui préside le chapitre peut dire :  » Beaux seigneurs, vous voyez que ce prud’homme a grand désir de la compagnie de la Maison et dit qu’il veut être, à tout jamais de sa vie, serf et esclave de la Maison. J’ai déjà demandé s’il y avait l’un de vous qui sût en lui une chose pour laquelle il ne dût être frère avec droiture; qu’il le dise, car après que le postulant serait devenu frère, il n’en serait rien cru.  »
  • Si personne ne dit rien, le Maître dira :  » Voulez-vous qu’on le fasse venir de par Dieu?  » Les prud’hommes diront alors :  » Faites le venir de par Dieu. «  L’un des prud’hommes qui lui avait parlé auparavant le doit aller quérir et lui montrer derechef comment il doit demander la compagnie de la Maison, comme il l’avait fait précédemment.
  • Quand il sera venu en chapitre, il doit s’agenouiller, joindre les mains et dire :  » Sire, je viens devant Dieu, devant vous et devant les frères, et vous prie et vous requiers, pour Dieu et pour Notre Dame, que vous m’accueilliez en votre compagnie et aux bienfaits de la Maison, spirituellement et temporellement, comme celui qui veut être serf et esclave de la Maison tous les jours de sa vie. «  Celui qui préside le chapitre lui doit demander :  » Etes-vous bien résolu, beau frère, à vouloir être serf et esclave de la Maison, à laisser votre propre volonté tous les jours pour faire celle d’autrui? Voulez-vous souffrir toutes les duretés qui sont d’usage en la Maison et faire tous les commandements que l’on vous fera?  » Il doit dire  » Sire, oui, s’il plaît à Dieu.  »
  • Ensuite celui qui préside le chapitre doit se lever et dire  » Beaux seigneurs, levez-vous et priez Notre-Seigneur et Madame sainte Marie pour qu’ils lui donnent de bien faire.  » Chacun doit dire une fois le Pater noster, s’il lui plaît, et le frère chapelain doit dire après l’oraison du Saint-Esprit. Puis celui qui préside le chapitre doit prendre les Evangiles et les ouvrir; celui qui doit être reçu frère doit les prendre à deux mains et être à genoux. Celui qui préside le chapitre doit lui dire :  » Beau frère, les prud’hommes qui vous ont parlé ont fait les demandes nécessaires, mais, quoique vous ayez répondu à eux et à nous, ce sont paroles vaines et oiseuses, et vous ni nous ne pourrions avoir grand dommage de choses que vous nous ayez encore dites. Mais voici les saintes paroles de Notre Seigneur, et sur les choses que nous vous demandons, répondez la vérité, car si vous mentiez, vous seriez parjure et vous pourriez perdre la Maison, ce dont Dieu vous garde. »
  •  » Premièrement, nous vous demandons si vous avez épouse ou fiancée, qui pourrait vous demander par le droit de sainte Eglise. Car, si vous mentiez et s’il advenait que demain, ou après-demain, ou plus tard elle vînt ici et pût prouver que vous fussiez son baron et vous demander par le droit de sainte Eglise, l’on vous ôterait l’habit, on vous mettrait aux fers et l’on vous ferait travailler avec les esclaves. Et quand on vous aurait fait assez de honte, on vous prendrait par le poing, on vous rendrait à la femme, et vous auriez perdu la Maison à tout jamais.
  •  » Deuxièmement, avez-vous été dans un autre ordre où vous auriez fait vœu ni promesse. Car si vous l’eussiez fait, qu’on pût le prouver et que cet ordre vous réclamât pour son frère, on vous ôterait l’habit et l’on vous rendrait à cet ordre, mais avant on vous aurait infligé assez de honte et vous auriez perdu la compagnie de la Maison à tout jamais.
  •  » Troisièmement, avez-vous une dette envers quelque homme du monde, que vous ne puissiez payer par vous-même ou par vos amis, sans avoir recours aux aumônes de la Maison? Sinon, on vous ôterait l’habit et l’on vous rendrait au créancier, puis la Maison ne serait tenue en rien ni envers vous, ni envers le créancier.
  •  » Quatrièmement, êtes-vous sain de votre corps, atteint d’aucune maladie cachée, sauf de ce qui peut être apparent? Car s’il était prouvé que vous en étiez atteint dans la vie séculière avant que vous ne fussiez notre frère, vous en pourriez perdre la Maison, dont Dieu vous garde !
  •  » Cinquièmement, avez-vous promis ou donné à quelque homme du monde ou à un frère du Temple, ou à tout autre, de l’or, de l’argent ou autre chose, pour qu’il vous aide à entrer dans cet ordre? Car ce serait simonie et vous ne pourriez vous en disculper à l’égard de notre Maison; si vous en étiez convaincu, vous en perdriez la compagnie de la Maison. Ou si vous étiez serf de quelqu’un et qu’il vous demandât, on vous rendrait à lui et vous auriez perdu la Maison. «  Si le postulant est frère chevalier, on ne lui demande rien de cela, mais on peut lui demander s’il est fils de chevalier et de dame, si ses pères sont de lignage de chevaliers et s’il est né de loyal mariage.
  • Après on doit lui demander, qu’il soit frère chevalier ou frère sergent, s’il est prêtre, diacre ou sous-diacre, car s’il avait l’un de ces ordres et qu’il le cachât, il en pourrait perdre la Maison. S’il est frère sergent, on doit lui demander s’il est chevalier. On doit alors lui demander s’il est excommunié, qu’il soit frère chevalier ou frère sergent. Puis celui qui préside le chapitre peut demander aux anciens de la Maison s’il y a autre chose à demander; s’il disent que non, celui qui préside le chapitre dira :  » Beau frère, à toutes les demandes que nous vous avons faites, veillez bien à nous avoir dit la vérité, car, si peu que vous nous ayez menti, vous en pourriez perdre la Maison, dont Dieu vous garde ! « 
  •  » Or, beau frère, or entendez bien ce que nous vous dirons. Promettez-vous à Dieu et à Notre-Dame que tous les jours de votre vie vous serez obéissant au Maître du Temple et à n’importe quel commandeur que vous aurez ? «  Et il doit dire :  » Oui, sire, s’il plaît à Dieu.  »  » Encore promettez-vous à Dieu et à Madame sainte Marie que tous les jours de votre vie, vous vivrez chastement de votre corps ?  » Et il doit dire :  » Oui, sire, s’il plaît à Dieu.  »  » Encore promettez-vous à Dieu et à notre Dame sainte Marie que vous, tous les jours de votre vie, vous vivrez sans avoir rien en propre ?  » Et il doit dire :  » Oui, sire, s’il plaît à Dieu.  »  » Encore promettez-vous à Dieu et à notre Dame sainte Marie que vous observerez tous les jours de votre vie les bons usages et les bonnes coutumes de notre Maison, ceux qui y sont et ceux que le Maître et les prud’hommes de la Maison y mettront?  » Et il doit dire :  » Oui, s’il plaît à Dieu, sire.  »
  •  » Encore promettez-vous à Dieu et à Madame sainte Marie que vous, tous les jours de votre vie, vous aiderez à conquérir, avec la force et le pouvoir que Dieu vous a donnés, la sainte terre de Jérusalem, et que vous aiderez à garder et à sauver celles qui sont tenues par les chrétiens, selon votre pouvoir?  » Et il doit dire :  » Oui, sire, s’il plaît à Dieu.  »  » Encore promettez-vous à Dieu et à Madame sainte Marie que jamais vous ne quitterez cet ordre pour plus fort ni pour plus faible ni pour pire ni pour meilleur, à moins que vous ne le fassiez par congé du Maître et du couvent qui en ont pouvoir? «  Et il doit dire  » Oui, sire, s’il plaît à Dieu.  »  » Encore promettez-vous à Dieu et à Madame sainte Marie que jamais vous ne serez en lieu ou place où nul chrétien ne soit privé à tort et sans raison de ses biens, ni par votre force ni par votre conseil?  » Et il doit dire :  » Oui, sire, s’il plaît à Dieu.  »
  •  » Et nous, de par Dieu et de par notre Dame sainte Marie, et de par monseigneur saint Pierre de Rome, et de par notre père le pape et de par tous les frères du Temple, nous vous admettons à tous les bienfaits de la Maison, qui lui ont été faits dès le commencement et qui lui seront faits jusqu’à la fin, et vous, et votre père, et votre mère et tous ceux de votre lignage que vous voudrez accueillir. Et vous aussi, admettez-nous à tous les bienfaits que vous avez faits et que vous ferez. Et ainsi nous vous promettons du pain et de l’eau et la pauvre robe de la Maison, et beaucoup de peine et de travail. « 
  • Puis celui qui préside le chapitre doit prendre le manteau, le lui mettre au cou et nouer les cordons. Le frère chapelain doit dire le psaume ci-après : Ecce quam bonum , et l’oraison du Saint Esprit, et chacun des frères doit dire le Pater noster. Celui qui le fait frère doit le relever et le baiser sur la bouche; et il est d’usage que le frère chapelain le baise aussi. Puis celui qui le fait frère doit le faire asseoir devant lui et lui dire :  » Beau frère, notre Sire a satisfait votre désir et vous a mis en aussi belle compagnie comme est la chevalerie du Temple, par quoi vous devez faire grand effort pour vous garder de ne jamais faire chose par laquelle il vous arriverait de la perdre. Dieu vous en garde! Et nous vous dirons certaines des choses qui vous reviendront à l’esprit à propos de la perte de l’appartenance à la Maison et, consécutivement, de la perte de l’habit.
  • Or, beau frère, vous avez bien entendu les choses qui vous feraient perdre la Maison, et celles qui vous feraient perdre l’habit, mais non pas toutes; les autres, vous les apprendrez et les garderez, s’il plaît à Dieu; vous les devez demander et vous en enquérir auprès des frères. Car il y a d’autres choses établies, dont on ferait justice si vous les commettiez. C’est que vous ne devez jamais blesser un chrétien, ni le frapper par colère ou par courroux, du poing, de la paume ou du pied, ni le tirer par les cheveux, ni le renverser. Si vous le frappiez d’une pierre, d’un bâton ou d’une arme tranchante, comme je vous l’ai dit ci-dessus, desquels vous le pourriez tuer ou blesser grièvement, votre habit serait en la merci des frères qui vous en priveraient ou vous le laisseraient à leur gré. Vous ne devez jamais jurer par Dieu ou Notre-Dame, par saint ou sainte. Vous ne devez jamais prendre de femme à votre service, sauf si vous êtes malade et avec permission de celui qui peut vous la donner. Jamais vous ne devez embrasser de femme, ni mère, ni sœur, ni parente que vous pourriez avoir, ni aucune autre femme. Jamais vous ne devez appeler un homme lépreux, ni puant, ni traître, ni d’autres vilaines paroles, car toutes les vilaines paroles nous sont défendues, et nous devons pratiquer toute courtoisie et bien faire en tout.
  •  » Or, nous vous dirons comment vous devez dormir. Vous dormirez désormais en chemise, braies et chausses de drap, et ceint d’une petite ceinture. Vous aurez en votre lit trois draps, à savoir un sac pour mettre la paille et deux linceuls. Au lieu d’un des linceuls, vous pouvez avoir une étamine si le drapier vous la veut donner. Le gros drap rayé est une faveur, si vous trouvez quelqu’un pour vous le donner. Vous ne devez avoir que les vêtements que le drapier vous donnera; si vous en achetiez, il en serait fait grande justice.
  •  » Or, nous vous dirons comment vous devez venir à la table, et comment vous devez venir aux heures. Vous devez venir à tous les appels de la cloche. Quand la cloche du manger sonne, vous devez venir à table et devez attendre prêtres et clercs pour le bénédicité, puis vous asseoir et trancher votre pain. Et si vous vous trouvez en un lieu où il n’y a pas de prêtre, vous devez dire un Pater noster en paix, avant que vous vous asseyiez et tranchiez votre pain; ensuite vous pouvez manger votre pain en paix et en silence, et ce que Dieu vous aura donné; vous ne devez rien demander, sauf du pain et de l’eau, car on ne vous promet autre chose. Mais, si les frères mangent autre chose, vous pouvez en demander privément. Si la viande et le poisson étaient crus, mauvais ou gâtés, vous pouvez demander qu’on les remplace; mais il est plus belle chose que votre compagnon le demande à votre place. S’il en a trop, il vous le changera, et s’il n’en a pas assez, il vous donnera autre chose à la place, soit de la viande de la Maison, soit ce qui sera disponible, et sinon vous devez vous tenir coi et patienter.
  •  » Quand vous avez mangé, vous devez aller à la chapelle après les prêtres et rendre grâce à Notre-Seigneur en silence. Vous ne devez pas parler avant d’avoir dit un Pater noster, et le prêtre les grâces. S’il n’y a point de prêtre dans la maison même ou en la plus honnête place à proximité, vous pouvez allez à votre service. Quand vous entendrez sonner none, vous devez venir à la chapelle : s’il y a un prêtre, vous devez l’écouter et, s’il n’y en a pas, vous devez dire quatorze Pater noster, sept pour Notre-Dame et sept pour le jour. Vous devez aussi entendre les vêpres et, s’il n’y a pas de prêtre ni d’église, vous devez dire dix-huit Pater noster, neuf pour Notre-Dame et neuf pour le jour. Ensuite vous devez aller souper. Quand vous entendrez sonner la cloche des complies, vous devez venir prendre la collation de ce qu’on vous apportera : le vin ou l’eau, selon la volonté du Maître. Puis, si on vous donne un ordre, vous devez l’écouter et faire ce qui vous sera commandé. Après quoi, vous entendrez complies S’il y a un prêtre et, sinon, vous direz quatorze Pater noster, sept pour le jour et sept pour Notre-Dame. Puis vous irez vous coucher. Si vous voulez donner un ordre à vos serviteurs, vous pourrez privément leur commander ce qu’il vous plaira. Quand vous serez couché, vous devez dire une patenôtre.
  •  » Lorsque vous entendez sonner matines, vous devez vous levez et, s’il y a un prêtre, les ouïr et, s’il n’y a pas de prêtre, dire vingt-six patenôtres, treize pour Notre-Dame et treize pour le jour. Ensuite, vous devez dire trentre patenôtres pour les morts et trente pour les vivants, avant que vous buviez et mangiez, ne serait-ce que de l’eau. Et vous ne devez vous en dispenser, si ce n’est par maladie de corps, car ils nous sont établis pour nos confrères, nos consoeurs, nos bienfaiteurs et nos bienfaitrices, afin que Dieu les conduise à bonne fin et leur fasse un vrai pardon. Quand vous aurez entendu les matines s’il y a un prêtre, ou dit vous-même matines s’il n’y en a pas, vous pouvez aller vous recoucher.
  •  » Quand vous entendez sonner prime, tierce et midi, l’un après l’autre, vous devez écouter le prêtre s’il y en a un, et, s’il n’y en a pas, dire quatorze patenôtres, sept pour Notre-Dame et sept pour le jour; à tierce, autant, et à midi, autant, et vous devez les dire à la suite avant de manger.
  •  » Toutes les choses que je vous ai dites, vous les devez dire. Mais vous devez dire avant les heures de Notre-Dame, et celles du jour, après, pour la raison que nous fûmes établis en l’honneur de Notre-Dame; vous devez dire celles de Notre-Dame debout et celles du jour assis. Et si vous êtes dans une maison du Temple où un frère du Temple trépasse, ou que vous mangiez du pain de la maison où le frère meurt, vous devez dire cent patenôtres pour le repos de son âme, dans les sept jours qui suivent quand vous le pourrez. Et si Dieu rappelle le Maître à lui, vous devez dire deux cents patenôtres, en quelque lieu que vous soyez, et dans les sept jours. Et vous ne devez vous dispenser des patenôtres des morts, sauf malaise, maladie de corps, comme il a été dit auparavant.
  •  » Or, nous vous avons dit les choses que vous devez faire et celles dont vous devez vous garder au risque de perdre la Maison et de perdre l’habit, ou de vous exposer aux autres peines. Si nous ne vous avons pas tout dit, quoique nous le dussions, vous demanderez le surplus. Dieu vous laisse bien dire et bien faire. Amen.  »

La  » Formule de profession  » correspond aux articles (en latin) 274 à 278 de la Règle:

  •  » Renoncez-vous au siècle? R. Je le veux. V. Déclarez-vous obéissance suivant l’institution canonique et selon les préceptes du seigneur pape? R. Je le veux. V. Promettez-vous la conversion des mœurs? R. Je le veux. «  A ce moment, on lui adresse la parole et, après, il dit tout le psaume : Que Dieu nous aide et qu’il nous bénisse (10).
  • Après, il déclare sa profession :  » Moi, N…, je veux servir avec l’aide de Dieu la règle fraternelle du Christ et de sa milice et je promets pour la vie éternelle de subir tous les jours de ma vie le joug de la règle. Et afin que je puisse tenir fermement cette promesse, je présente perpétuellement cette obéissance, en présence des frères, que je dépose de ma main sur l’autel qui est consacré à Dieu tout-puissant et à la Bienheureuse Marie et à tous les saints. Et, ensuite, je promets obéissance à Dieu et à cette Maison, de vivre sans biens propres, et de tenir la chasteté suivant les préceptes du seigneur pape et de tenir la conversion des frères de la maison de la milice du Christ.  »
  • Ensuite il se renonce sur l’autel , et, prostré, il dit  » Recevez-moi, Seigneur, selon votre parole et votre esprit. «  A ce moment-là les autres : R.  » Et ne me confonds pas dans mon espérance.  » Il dit ensuite : V.  » Le Seigneur est ma lumière. R. Le Seigneur est le protecteur de ma vie .  » Ensuite :  » Kyrie eleison, Christe eleison, Kyrie eleison. Notre Père…  » Le prêtre dit :  » Et ne nous induis pas en tentation…  » Psaumes : Je lève les yeux (121/120) ; Accorde-nous Seigneur (85/84); Sauve ton serviteur (86/85); Que ma supplication vienne à ta présence,Seigneur (119/118) ; Je suis errant comme une brebis perdue (119/118); Voici qu’il est bon (133/132); Que le nom du Seigneur soit béni (113/112); Seigneur exauce ma prière (39/38) Oraison.
  • Prions. Reçois, nous t’en prions, Seigneur, ton serviteur. Eloigne de lui l’orage de ce siècle et la couverture du diable afin que tu le défendes et le sauves des instances du siècle et qu’il se réjouisse au siècle futur et que tu lui accordes la félicité, par le Christ…
  • Prions. Dieu, qui par toi et par tous nos saints pères gardes la régularité, nous t’implorons avec bienveillance afin que par l’intercession de tous tes saints tu accordes la clémence à ton serviteur et que tu reçoives sa renonciation au siècle; que tu conserves son coeur de la vanité du siècle, que tu le fasses accéder à l’amour de sa vocation et qu’il persévère dans ta grâce, pour qu’il soit rempli de la grâce que tu lui as promise et qu’il puisse exécuter sa profession pour que, par elle, il mérite d’arriver dignement aux persévérances qu’il t’a promises. Par Jésus-Christ notre Seigneur, ton fils, qui avec toi vit et règne…
Publié dans:L'ordre des Templiers |on 17 octobre, 2006 |Pas de commentaires »

Le rituel de « bénédiction du nouveau chevalier »

templaredituttovestito2abc.gifLe rituel de  »bénédiction du nouveau chevalier » (XIIIe
 siècle) ne peut être attribué à aucun ordre de chevalerie en
 particulier. Le rituel qui suit, correspondant à l’adoubement, en
 mode ecclésiastique, du nouveau chevalier, fait partie du premier
 livre, chap. XXVIII du Pontifical de Guillaume Durand, évêque de
 Mende, canoniste et curialiste, qui rédigea un recueil de rituels et
 textes liturgiques divers (ce Pontifical est considéré comme un miroir
 idéal de la chrétienté au Moyen âge. Ce rituel est complété par le
 chap. XXXVIII, De benedictione armorum (« bénédiction des
 armes ») du second livre.

Bénédiction du Nouveau Chevalier 

1- Dans la bénédiction du nouveau chevalier, on procède de la façon que
 voici. Le pontife, avant que ne soit dit l’évangile, bénit son
 épée en disant: 

2- Bénédiction de l’épée.  » Exauce nous t’en prions,
 Seigneur, nos prières; que la dextre de ta Majesté daigne bénir cette
 épée dont ton serviteur ici présent désire être ceint; que dans la
 mesure de ta bénédiction il puisse être le défenseur des églises, des
 veuves, des orphelins et de tous les serviteurs de Dieu contre la
 cruauté des païens; qu’il épouvante et terrifie ceux qui lui
 tendraient des pièges; accorde lui de les poursuivre dans l’équité
 et de nous défendre dans la justice. Par le Christ… » on répond:
  »Amen. » 

3- Autre bénédiction:  »Seigneur Saint, Père tout-Puissant, dieu
 éternel, par l’invocation de ton saint nom, par la venue du
 Christ, ton fils, notre Seigneur, et par le don du Saint Esprit
 défenseur, bénis cette épée afin que ton serviteur que voici, qui en
 ce jour en est ceint comme le lui accorde ta bonté, foule aux pieds
 les ennemis invisibles, soit victorieux en tout combat et demeure
 toujours sans blessure; nous te le demandons par Jésus Christ… »
 On répond:  »Amen. » 

4- On pourrait aussi dire ici les autres bénédictions des armes, que
 l’on trouve à la rubrique bénédiction des armes. Les armes ainsi
 bénites, le pontife, avant de ceindre l’épée, entonne: 

5-  »Béni soit le Seigneur mon Dieu qui éduque mes mains pour le
 combat. » Et quand on a dit les trois premiers versets suivis du
  »Gloria Patri… » le pontife dit:  »Sauve ton serviteur.
 Sois pour lui, Seigneur, une tour. Seigneur exauce… Le seigneur soit
 avec vous… Prions. » 

6- Oraison :  » Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel,
 toi qui seul mets toutes choses en ordre et les disposes comme il
 convient, toi qui, pour réprimer la malice des méchants et pour
 protéger la justice, as permis aux hommes par une règle salutaire
 l’usage du glaive sur la terre, toi qui as voulu que soit institué
 l’ordre militaire pour la protection du peuple, toi qui as fait
 que soit dit par le bienheureux Jean, alors que des soldats venaient à
 lui au désert, qu’ils n’extorquassent de l’argent à
 personne mais qu’ils se contentassent de leur propre solde, nous
 te supplions, Seigneur, et implorons ta clémence : de même que tu as
 accordé à ton serviteur le petit David le pouvoir de dominer Goliath,
 de même que tu as fait triompher Judas Macchabée de la barbarie des
 nations qui n’invoquaient pas ton nom, de la même façon accorde
 aussi à ton serviteur ici présent, qui vient de placer son cou sous le
 joug de la chevalerie, les forces de la piété céleste et l’audace
 pour défendre la foi et la justice. Accorde-lui un accroissement de sa
 foi, de son espérance et de sa charité; dispose comme il convient
 toutes choses en lui: crainte autant qu’amour de Dieu, humilité,
 persévérance, obéissance et patience en bonne mesure, afin qu’il
 ne blesse injustement personne avec ce glaive ou avec un autre,
 qu’avec lui il défende ce qui est juste et droit; lui-même est
 promu d’un état inférieur au nouvel honneur de la chevalerie; que,
 de la même façon, il dépouille le vieil homme avec ses manières
 d’agir et qu’il revête l’homme nouveau afin de te craindre
 et de t’honorer comme il faut, d’éviter la compagnie des
 infidèles, d’étendre sa charité sur son prochain, d’obéir avec
 droiture en toutes choses à sa mission et de s’acquitter
 jusqu’au bout de sa fonction au service de tous selon la justice.
 Nous t’en prions par…  » On répond :  » Amen.  » 

7- Après cela le pontife prend sur l’autel l’épée nue et la
 pose dans la dextre du récipiendaire en disant:  »Reçoit ce glaive
 au nom du Père et du fils et du Saint-Esprit et sers-t’en pour ta
 propre défense, pour celle de la sainte Église de Dieu, pour la
 confusion des ennemis de la Croix du Christ et de la foi chrétienne
 ainsi que la couronne du royaume de France(ou tel autre). Autant que
 l’humaine fragilité te le permettra, ne blesse personne
 injustement avec lui. Qu’il daigne t’accorder cela, Celui qui
 vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des
 siècles  » On répond  »Amen » 

8- Ensuite, l’épée ayant été remise au fourreau, le pontife ceint
 le récipiendaire de l’épée avec son fourreau, et l’en ceignant
 il dit:  »Sois ceint de ton glaive sur ta cuisse, ô toi qui es
 tout puissant dans le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, mais sois
 attentif au fait que ce n’est pas par le glaive, mais par la foi,
 que les saints ont vaincu les royaumes  » 

9- Ceint donc de l’épée, le nouveau chevalier la sort du fourreau
 et, dégainée, il la brandit trois fois dans sa main de façon virile,
 puis il l’essuie sur son bras et la rengaine. 

10- Cela fait, le pontife, distinguant ce nouveau chevalier à son
 caractère militaire, lui donne le baiser de la paix en disant:  »
 sois un soldat pacifique, actif, fidèle et soumis à Dieu . » 

11- Puis il lui donne un léger soufflet en disant:  »Réveille-toi
 du sommeil du mal, et sois vigilant dans la foi en Christ et dans une
 réputation louangeuse  ».  »Amen » 

12- Alors les nobles de l’assistance lui remettent ses éperons, là
 où il est de coutume que cela se fasse, et l’on chante
 l’antienne:  »Ton allure te fait remarquer parmis les fils des
 hommes; ceins ton épée sur ta cuisse, ô toi qui es très puissant.
  » 

13- Oraison :  » Dieu éternel et tout-puissant, répands la grâce de
 ta bénédiction sur ton serviteur N… ici Présent, qui désire
 d’être ceint de cet estoc remarquable (ou : que tu nous a Ordonné
 de ceindre de … ); rends-le confiant dans la force de ta dextre;
 qu’il soit armé Par tes célestes défenses contre toutes les forces
 adverses afin qu’ainsi dans ce siècle il ne soit troublé par
 aucune des tempêtes guerrières. Par le Christ…  » 

14- Enfin le pontife lui donne son étendard, là où l’on a
 l’habitude de le faire. Pour la bénédiction de cet étendard,
 chercher plus bas, après la bénédiction des armes.

Bénédiction des Armes

1. On fait de la façon suivante la bénédiction des armes et de
 l’étendard de guerre :  » Notre secours est dans le Nom du
 Seigneur… Le Seigneur soit avec vous… Prions.  » Oraison :
  » Que le signe et la bénédiction de Dieu tout-puissant, Père,
 Fils et Saint-Esprit, soit sur ces armes et sur celui qui les revêt.
 Qu’il les revête Pour protéger la justice. Nous te demandons,
 Seigneur Dieu, de le protéger et de le défendre, toi qui vis pour les
 siècles des siècles.  » On répond :  » Amen.  » 

2. Oraison :  » Dieu tout-puissant, en la main de qui se trouve
 toute pleine victoire, toi qui as même accordé des forces miraculeuses
 à David pour mettre hors de combat le rebelle Goliath, dans notre
 humble prière nous implorons ta clémence afin que par une Piété
 sanctificatrice tu daignes bénir ces armes. Accorde à ton serviteur
 N…. qui désire porter ces mêmes armes, de s’en servir librement
 et victorieusement pour la protection et la défense de notre Sainte
 Mère l’Église, des orphelins et des veuves, contre l’assaut
 des ennemis visibles et invisibles. Par le Christ…  » On répond
  » Amen.  » 

3. Bénédiction du glaive.  » Daigne bénir, nous t’en prions,
 Seigneur, ces épées et tes serviteurs que voici, qui sous ton
 inspiration désirent s’en charger, que leur piété pour toi leur
 soit un rempart et les garde sans blessure. Par le Christ ….  »
 On répond  » Amen.  » 

4. Bénédiction de l’étendard de guerre. Oraison :  » Dieu
 tout-puissant et éternel, qui es la bénédiction et la force de tous
 ceux qui triomphent, jette un regard propice sur nos humbles prières
 et, de ta céleste bénédiction, sanctifier cet étendard qui a été
 préparé pour servir à la guerre; qu’il soit fort contre les
 nations ennemies et rebelles et qu’il soit entouré du rempart de
 ta protection; qu’il soit terrible aux ennemis du peuple chrétien;
 qu’il soit assurance et confiance dans leur victoire certaine pour
 ceux qui mettent en toi leur foi. Tu es, Dieu, celui qui détruit les
 guerres et tu accordes le secours de ta céleste protection à ceux qui
 mettent en toi leur espoir. Par le Christ…  » On répond :  »
 Amen.  » 

5. Enfin il l’asperge avec l’eau bénite. 

6. Dans la remise de l’étendard on dit aussi  » Reçois cet
 étendard sanctifié par la céleste bénédiction. Que le Seigneur te
 donne la grâce, pour son nom et pour son honneur, de pénétrer
 puissamment sain et sauf avec cet étendard les bataillons ennemis.
  » On répond :  » Amen.  » 

7. Quand on le remet au porte-étendard, que celui-ci lui donne le
 baiser de paix . 

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 17 octobre, 2006 |Pas de commentaires »

Saint-Matthias.

templarchurcht3.jpgLE SERMENT DES CHEVALIERS

Le monde est entraîné dans une ronde infernale. Si nous ne voulons pas être pris nous-mêmes dans cette ronde, il nous faut avoir conscience d’une autre façon de penser. 

L’être humain fonctionne à différents niveaux, génétique, culturel et personnel. Ce sont des aspects dont les racines proviennent d’un fond ancestral dont notre subconscient garde le souvenir. Nous vivons dans un tout planétaire, dans un espace qui nous entoure. Tant d’êtres désincarnés vivant et se déplacent dans cet espace. 

Pour le réaliser, il nous faut nous souvenir de notre omni conscience originelle, voir la réalité profonde de toute chose, car toute chose est Vie et Lumière. Dieu est l’âme de l’éternité. L’âme du monde qui produit les variations du devenir. L’homme est appelé par son essence divine à dominer toute chose spirituellement. 

Puisque la société actuelle est à son déclin, devant les événements ou les sentiments, nous devons remplacer la logique naturelle par une logique transcendantale, retrouver notre lumière, notre raison agissante par son pouvoir intérieur. 

En unifiant les pouvoirs de l’âme et de l’esprit, nous pouvons être certains que nous sommes sur le chemin initiatique. Soyons en harmonie avec l’univers mais surtout transformons notre désir en vouloir. C’est une longue route parfois bien difficile. II arrive que la nostal­gie de nos origines nous étreint et il se forme un arrêt en nous,… Réfléchissons que le sommeil et la mort portent en eux l’aube et l’éveil, qu’ils nous amèneront à la Connaissance si nous avons en nous assez d’amour. L’amour nous sauvera toujours de nous-mêmes et de notre indif­férence. 

L’homme a soif de divin et voudrait suivre le chemin initiati­que qui est science, foi, intelligence et sensibilité. L’être animé d’un feu vivant et d’un feu sexuel, est parfois débordé par la vie. 

Les religions peuvent nous aider maïs les religions établies se sont socialisées, sont devenues traditionnelles et peuvent être ressenties comme un simple code racial. Nous oublions trop souvent leurs origines qui expliquent presque toujours le temps présent. 

La voie ésotérique est plus simple à mon avis. On ne peut la réaliser que dans notre inconscient. Dans cet inconscient, on trouve des éléments rejetés par le conscient, refoulés par l’éducation en nous-mêmes. II peut y avoir dialectique entre le moi et l’inconscient jusqu’à former une synthèse, mais n’oublions pas que tout en étant relié au moi, l’inconscient baigne dans l’inconscient collectif ! II a un tel pouvoir sur nous dans des domaines si différents, comme la volonté de puissance, la sexualité… qu’il donne aux êtres un potentiel énergétique parfois très puissant. 

Il faut que l’inconscient passe avec ordre dans notre conscient pour que nos structures mentales communiquent avec les sphères dans lesquelles la notion de temps ou d’espace nous apparaît. 

Plus que jamais il nous faut nous accrocher à la Tradition qui est la conscience véritable de notre unité intérieure, cette Tradition que des Êtres supérieurs nous ont léguée sous des formes différentes. On la retrouve dans les mythes… dans les histoires : il était une fois… dans les images, les tableaux, ou une page musi­cale. Tout cela fait partie du message spirituel. 

A travers la science des nombres ou des idéogrammes des anciens, transformés en langage, on retrouve la révélation antique ou la révéla­tion directe que certains initiés ont reçue. Tout cela fait partie du Secret inhérent à la Connaissance qui, elle, est la communion avec l’ineffable. 

Les templiers 1avaient bien compris et ont oeuvré sur les trois plans ; physique, psychique, spirituel. Ils ont eu la révélation cosmique. 

II nous faut dépasser notre intellect pour recevoir cette révélation cosmique, le sens vital des émanations. Cela nous amènera à la libération. La recherche des étapes de cette libération et sa découverte seront le premier éveil. C’est dans la profondeur de notre âme et le silence de notre être que se fera l’union mystique et que nous la réaliserons. ! 

Je vous ai parlé assez souvent de la Tradition et particulière­ment de la tradition templiers pour ne pas revenir là-dessus. 

Je vais vous donner le serment que faisaient les Templiers, en renouvelant leurs voeux au mois de Février de notre calendrier, le jour de la Saint-Matthias. 

Ils se mettaient à genoux, formaient un cercle et réunissaient les pointés de leurs épées vers le centre. Ils pouvaient le faire par groupe de cinq ou individuellement et commençaient à l’apparition de la première étoile. 

« Dans notre âme et conscience, nous renouvelons le serment de servir Dieu et les hommes jusqu’au sacrifice de notre vie si cela était nécessaire,de relier la chevalerie au sacerdoce, A l’exemple d’un de nos maîtres Gormon 1′arménien, d’obéir à notre église Johannite en sauvegardant la tradition, d’avoir conscience de notre unité intérieure, de travailler dans l’ombre, de ne pas répandre ce qui ne doit pas être dit, d’aider notre prochain quand il est dans l’ennui. Notre fraternité d’armes doit être unie par le pouvoir et le savoir, de ne jamais faillir à l’honneur.Nous jurons de garder l’honneur, la probité, l’amour de Dieu et des hommes et de respecter notre serment. Amen » 

Vous vous souvenez certainement d’une vision que j’avais eue où vous étiez cinq réunis, il y avait Jean parmi vous et une femme que je ne connais pas, transformée en homme. 

Tous vous souvenez aussi qu’au début de notre séjour à Hermé, j’avais vu ce serment des chevaliers mais que je n’avais pas entendu les paroles échangées. 

J’ai rencontré ces jours-ci une personne qui a une propriété à Coursegoule, dans la montagne des Alpes Maritimes. En creusant son jardin, elle a trouvé une croix templière ayant une minuscule gravure au dos représentant le Temple. A côté de cette médaille, un étroit bijou en ovale fait d’un alliage, avec deux barres de séparation. Dans un petit carré une pierre rouge, dans le second une plaque de métal, dans le troisième plus rien. J’ai demandé à ce que l’on pousse les investigations mais il y a eu tant de commanderies et maisons templières dans une France pas très grande, que cela n’est pas anormal. 

Les Templiers n’ont été que deux siècles parmi nous et leur empreinte est encore visible de nos jours. Pourquoi ? Ce n’est pas le fait d’avoir souffert pendant leurs guerres. D’autres combattants depuis, ont subi aussi des guerres très meurtrières et lorsque rarement quelqu’un parle d’eux, cela n’attire qu’un sourire ému et l’on dit : c’est le passé ! Ce n’est pas non plus parce qu’ils ont édifié des églises et des bâtiments. Des bâtisseurs de cathédrales nous ont laissé des merveilles…. 

Je pense que la cause est le fait de leur initiation. J’ai ren­contré à plusieurs reprises en voyage des initiés templiers qui sont devenus au cours des âges des guides, d’autres se réincarneront encore et suivent leur Karma. Parmi eux, il y a eu de grands initiés qui étaient en contact avec des Maîtres vivant dans l’astral qui les ins­truisaient dans l’ombre. Certains de vous ont des réminiscences de ce lointain passés qu’ils voudraient faire revivre…. Un jour des documents provenant d’endroits divers comme Argigny par exemple, nous apprendront ce qu’était leur vie ésotérique réelle. 

Recherchez en vous par la méditation ou par d’autre voie le pourquoi de ce que voua sentez confusément. Vous arriverez à percer le véritable mystère des Templiers que certains connaissent mais ne peuvent dire tant que les documents n’apporteront pas la preuve irréfutable.

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 17 octobre, 2006 |Pas de commentaires »

Les Raisons de leur arrestation :

templarcoverpicture1.jpgLes Raisons de leur arrestation :Essayons d’analyser de plus prêt les raisons de cette arrestation.

Essayons d’analyser de plus prêt les raisons de cette arrestation.

  • Forte de plus de 15 000 lances, la milice templière constitue un état dans l’état. Ce qui représente un très gros danger pour le pouvoir de Philippe Le Bel, roi de France. (Surtout qu’à cette époque, il n’y avait aucune armée royale rééllement constituée)
  • Après le désastre de Saint-Jean d’âcre (28 mai 1291), les Templiers se replient en Europe, et s’installent dans leur maison chevétaine de Paris, ce qui accroît la méfiance du Roi.
  • A cette époque, le Temple emmagasine une véritable fortune (Comme nous l’avons vu ultérieurement), et comme le Roi est criblé de dette …
  • Beaucoup de mensonges et de médisances ont été répandu sur le dos des Templiers par des Templiers renégats (Esquieu de Floyran par exemple) à propos de sodomie, d’hérésie et d’idolâtrie
    (Cf. Section « Baphomet »).
  • L’ordre est international par essence, mais Philippe Le Bel a des idées tout à fait nationalistes et totalitaires, d’où de nombreuses désapprobations de sa part.
  • Le Roi a peut être eu peur que son fils qui le succédera (Louis X) ne soit pas capable de contrôler les Templiers.
  • Des historiens pensent que le Roi lui même fit acte de candidature auprès de l’Ordre, certains pensent que c’est son autre fils (Philippe le Long) qui fit acte de candidature. Mais le temple refusa. Si tel a été le cas, ce refus entraîna une grande rancune de la part de Philippe le Bel.
  • De nombreuses personnes pensent que comme la Terre Sainte est perdue, l’ordre a échoué dans sa mission et n’a donc plus aucune raison d’être.
  • Jacques de Molay alors Grand Maitre de L’Ordre refuse catégoriquement de fusionner avec les Hospitaliers pour constituer un nouvel ordre.
  • Comme nous l’avons vu précédemment, l’Ordre a bénificié de nombreuses prérogatives: seul le Pape avait autorité, aucun impôt n’était prélevé, etc… tout celà entraîne naturellement de nombreuses jalousies.
  • On les accuse également de se préoccuper plus de politique que de théologie.
  • Enfin, certains pensent que durant les quinze dernières années de leur existence, les Templiers étaient devenus orgueilleux, et possédaient une haute opinion de leur mission ainsi que de leur
    ordre.
  • Les héros de l’Ordre sont pour la plupart tombés à Saint Jean D’âcre. Par conséquent, l’Ordre ne contient quasiment plus que des Chevaliers n’ayant pas participés à la conquète de la Terre Sainte.
  • Le pape Clément V sait qu’il doit sa tiare au Roi de France, par conséquent, Philippe le Bel est assuré d’une certaine neutralité.
Publié dans:L'ordre des Templiers |on 16 octobre, 2006 |Pas de commentaires »

La malédiction du grand maître

mazzullotemplari.jpgLa malédiction du grand maître

13 octobre 1307 Arrestation des Templiers Par Jean Brillet (Bordeaux)

Les grandes étapes du règne de Philippe le Bel Le conflit de la décime Forfaiture de Bernard Saisset Attentat à Anagni Les Mâtines de Bruges Un pape français en Avignon Arrestation des Templiers Les amants scandaleux

Au matin du vendredi 13 octobre 1307, tous les Templiers de France sont arrêtés sur ordre du roi Philippe IV le Bel (le petit-fils de Saint Louis).

Un ordre contesté L’ordre du Temple est né en Terre sainte, en 1119, après la première Croisade, à l’initiative du chevalier champenois Hugues de Payns qui voulait protéger les pélerins se rendant à Jérusalem. Il a été officialisé par le concile de Troyes, neuf ans plus tard. L’ordre tire son nom du temple de Salomon, à Jérusalem, où il a installé son siège à ses débuts. Ses forteresses à l’architecture puissante et efficace, comme Mont-Thabor, ont marqué durablement le paysage de la Palestine. Ses commanderies destinées au recrutement des nouveaux chevaliers et à l’hébergement des invalides, ont couvert l’Europe.

Le prestige des moines-soldats au manteau blanc frappé d’une croix rouge a été immense pendant les deux siècles qu’ont duré les Croisades,… malgré la trahison ignominieuse du grand maître Gérard de Ridefort à la bataille de Hattîn, en 1187.

Devise des Templiers: « Memento finis » (« Pense à ta fin », en chrétien… et « Pense à ton but » en soldat)

La huitième et dernière Croisade s’achève par la mort tragique du roi Saint Louis devant Tunis en 1270, et les possessions franques de Terre sainte tombent définitivement entre les mains des musulmans avec la chute de Saint-Jean-d’Acre le 28 mai 1291, malgré la résistance héroïque des Templiers autour du grand maître Guillaume de Beaujeu.

Au début du XIIIe siècle, le Temple dispose d’une force militaire impressionnante de quinze mille hommes, bien plus que n’importe quel roi de la chrétienté aurait pu en lever.  Mais de soldats, les Templiers se sont reconvertis en usuriers et ont complètement perdu de vue la reconquête des Lieux saints de Palestine! C’est que de considérables donations ont rendu l’ordre immensément riche et l’ont transformé en l’une des principales institutions financières occidentales… et la seule qui soit sûre. Il gère ainsi, en véritable banquier, les biens de l’Eglise et ceux des rois d’Occident (Philippe le Bel, Jean sans Terre, Henri III, Jaime Ier d’Aragon,…)

Dès lors, l’opinion européenne commence de s’interroger sur la légitimité du Temple. Le roi Philippe le Bel lui-même a souvenance que les Templiers avaient refusé de contribuer à la rançon de Saint Louis lorsqu’il avait été fait prisonnier au cours de la septième croisade! Relancer la Croisade

Suivant une idée déjà ancienne, évoquée par Saint Louis et les papes Grégoire X, Nicolas IV et Boniface VIII, Philippe le Bel souhaite la fusion de l’ordre du Temple avec celui, concurrent, des Hospitaliers afin de constituer une force suffisante pour préparer une nouvelle croisade à laquelle le roi de France et le pape sont très attachés.

L’affaire est mise à l’ordre du jour de plusieurs conciles et l’on élabore même un projet dans lequel Louis de Navarre aurait été grand maître du nouvel ordre. Son dramatique échec résulte de l’entêtement et de l’étroitesse d’esprit du grand maître Jacques de Molay ainsi que de l’agressivité du ministre du roi, Guillaume de Nogaret.

Durant l’été 1306, Jacques de Molay donne son opinion à Clément V sur le projet de fusion. Le pape en reste pantois. L’argumentaire du grand maître n’a qu’un seul but non avoué: garder une place qui risque de lui échapper. Guillaume de Villaret, le grand maître des Hospitaliers, n’a pas présenté son point de vue car il n’a pu se rendre à la convocation.

Le drame

Tous les Templiers de France sont donc arrêtés par les sénéchaux et les baillis du royaume au terme d’une opération de police conduite dans le secret absolu par Guillaume de Nogaret. Ils sont interrogés sous la torture par les commissaires royaux avant d’être remis aux inquisiteurs dominicains.

Parmi les 140 Templiers de Paris, 54 sont brûlés après avoir avoué pratiquer la sodomie ou commis des crimes extravagants comme de cracher sur la croix ou de pratiquer des « baisers impudiques ». L’opinion publique et le roi lui-même y voient la confirmation de leurs terribles soupçons sur l’impiété des Templiers et leur connivence avec les forces du Mal.

Le roi obtient du pape Clément V la suppression de l’ordre, au concile de Vienne, en 1312. Elle est officialisée le 3 avril 1312 par la bulle  » Vox in excelso », bien qu’il soit tout à fait exceptionnel qu’un ordre religieux soit purement et simplement dissous. Le 3 mai 1312, le pape affecte le trésor des Templiers à l’ordre concurrent des Hospitaliers, à l’exception de la part ibérique qui revient aux ordres militaires locaux. Le roi de France et ses conseillers plaident en faveur de cette solution respectueuse de la volonté des nombreux bienfaiteurs du Temple.

En 1313, sur la base de documents comptables, l’ordre de l’Hôpital restitue 200.000 livres au trésor royal pour solde de tout compte. Le successeur de Philippe, Louis X,  réclamera toutefois un supplément, estimant que son père a été floué. L’affaire est close en 1317, quand le nouveau roi Philippe V reçoit 50.000 livres supplémentaires. Avec l’affaire du Temple, la monarchie capétienne montre qu’elle entend suivre son intérêt politique et ne plus se comporter en vassale de l’Eglise.

La malédiction du grand maître

Au terme d’un procès inique, le grand maître des Templiers, Jacques de Molay, est lui-même brûlé vif à la pointe de l’île de la Cité le 19 mars 1314. Une plaque rappelle le triste sort de cet homme sans envergure qui ne sut pas réformer son ordre quand il en était temps et le laissa disparaître sans réagir.

La légende veut qu’à l’instant de succomber dans les flammes, Jacques de Molay lance une malédiction à l’adresse du roi et du pape, les invitant à le rejoindre dans la mort avant la fin de l’année. Or,c’est ainsi que vont se passer les choses! Quelques semaines après le supplice, on apprend que les belles-filles du roi, Marguerite et Blanche, trompent allègrement leur époux avec des chevaliers de la cour. Jeanne, la soeur de Blanche, est elle-même au courant de leurs frasques. Les amants sont terriblement punis. Ce  » scandale de la Tour de Nesle » ternit la fin du règne.

Le roi Philippe le Bel meurt sur ces entrefaites le 29 novembre d’une maladie que les historiens n’ont pu identifier de façon certaine. Ses trois fils lui succèdent tour à tour avant que la couronne ne passe enfin à une branche cadette de la dynastie des Capétiens, les Valois.

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 13 octobre, 2006 |Pas de commentaires »

Symbolisme de la Croix

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Symbolisme de la Croix

Le mystère de la Rédemption est généralement présenté de la manière suivante : l’homme déchu de l’État primordial et devenu esclave de Satan par le péché est « racheté » – à la manière d’un esclave que l’on rachète – par le sang du Christ, sorte de rançon payée au Diable. Cette conception juridique, accessible à la mentalité « moraliste » de la moyenne de l’humanité, n’en laisse pas moins de côté certains aspects beaucoup plus profonds du Mystère. Il importe donc, sans la renier, de dépasser nettement cette conception en exposant certains aspects essentiels du symbolisme de la Croix, et notamment le plus profond de tous, à savoir sa signification métaphysique.La Croix figure deux axes, l’un vertical et l’autre horizontal de manière à distinguer nettement deux ordres ou deux domaines profondément différents : le monde créé et le monde spirituel. Le monde créé – ou naturel – considéré soit dans son ensemble, soit dans un de ses états particuliers comme l’état humain, par exemple, est tout naturellement représenté par la plan horizontal où se déploient toutes les possibilités du monde ou d’un monde, tandis que le « monde spirituel » – surnaturel ou métaphysique – se situe sur la verticale, le point de rencontre de la verticale et du plan horizontal étant finalement le « centre » d’un monde ou d’un état – le Cosmos – par où s’établit la communication entre ce domaine de la manifestation et le « monde spirituel ». On conçoit aussitôt que la spiritualité n’a rien à voir avec le déploiement des réalités terrestres, qui se situe en quelque sorte sur la circonférence de la « Roue cosmique », mais elle est au contraire un « retour au centre », suivant les rayons de la roue, donc une véritable « concentration » en un point unique, d’où le symbolisme de la « Porte étroite » que l’on retrouve dans l’Évangile (Mt 7,13-14), ou encore le symbolisme du Coeur, qui, loin d’être le siège du sentiment comme le croient volontiers les modernes, est le lieu de la manifestation du Principe Suprême, du Verbe, de l’Intellect ou du Saint-Esprit.

Mais il importe d’ajouter aussitôt que ce « retour au Centre » ne peut nullement se produire sur l’initiative de la « circonférence » : il faut en quelque sorte que le Centre « rayonne » pour atteindre les points situés sur la circonférence afin de les ramener au Centre. Dans cette représentation, la « chute » correspond à l’éloignement du Centre, à la rupture de l’Unité et de l’Harmonie avec le Centre et à la dispersion de la multiplicité sur la circonférence. Sans doute importe-t-il de noter qu’au regard de l’Unité cette dispersion est toute illusoire et que la « multiplicité unifiée » n’en subsiste pas moins au regard de l’Unité ab aeterno et in actu (de toute éternité et en acte), mais pour les individualités humaines dispersées sur la circonférence, l’illusion et toutes ses conséquences demeurent tant que la Lumière du Verbe-Intellect ne vient pas dissiper les « ténèbres existentielles ». Quand à la Rédemption, elle est évidemment, dans son aspect essentiel, le « Retour au Centre » et à l’Unité principielle.

Cette fonction à la fois « rayonnante », « unifiante », « attractive » et « hiérarchisante » du Centre à l’égard de la circonférence apparaît dans de nombreux textes scripturaires, dont nous citerons les principaux : « Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire; et je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn 6,44) ; Caïphe prophétise que Jésus devait mourir « afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11,52). Il faudrait enfin citer toute l’Épître aux Éphésiens où l’on voit le dessein divin de « réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre » (1,10) ; « En lui tout l’édifice, bien coordonné, s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur » (2,21), « en sorte que Christ habite dans vos coeurs par la foi; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu » (3,17-19). Ce texte capital résume en quelques lignes tout le symbolisme de la Croix, dont nous allons maintenant reprendre l’explication.

Nous avons parlé du Centre qui « rayonne » vers la circonférence et qui ramène celle-ci à l’Unité principielle ; nous avons envisagé également un double « mouvement », un mouvement de « chute » ou d’éloignement et un mouvement inverse de « rédemption » ou de retour au Centre. Il importe essentiellement de bien comprendre que ce double mouvement (analogue aux deux phases de la respiration ou aux pulsations du coeur) est intemporel et, d’une façon générale, en dehors de toutes les conditions d’existence quelles qu’elles soient, c’est-à-dire qu’il ne d’effectue pas sur la circonférence comme telle. La « chute » de l’homme et la « Rédemption » s’accomplissent le long des rayons de la roue, de sorte que la « Rédemption » n’agit pas sur la Circonférence comme telle, ce qui est nettement indiqué par la parole évangélique : « Mon Royaume n’est pas de ce monde » (cf. aussi Luc 17,20). Ceci explique le caractère « extra-social » et pour ainsi dure « non humain » du christianisme : la fonction essentielle de la « Rédemption » est, répétons-le, non pas je ne sais quelle « amélioration » de la circonférence comme telle, mais le retour au Centre des points dispersés sur la circonférence, et cela le long des rayons, d’où le rôle et la signification de la Croix. « Porter sa croix » ne signifie donc pas, d’un point de vue métaphysique, supporter les épreuves de la vie, ce qui ne dépasse guère le point de vue « moral » ou « psychologique » et se situe encore sur la circonférence ; « porter sa croix » signifie « tracer la Croix à l’intérieur du cercle », afin de tout ramener au Centre.

Ce rôle « unificateur » de la Croix apparaît nettement dans les symboles de la Rose-Croix, du nimbe crucifère, ou encore de la Rose gothique ; la « Rose mystique » représente alors la circonférence ramenée au Centre par l’action unifiante du Verbe-Rédempteur ou de l’Esprit-Vivifiant. C’est encore la « multiplicité unifiée » et hiérarchisée, l’Épouse Mystique, la Sainte Plèbe de Dieu, le véritable Israël selon l’Esprit, l’Église et la Vierge, si bien que le symbole de la Rose-Croix contient à lui tout seul tout ce que nous dirons du Mystérium magnum et du Mystérium Caritatis

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 10 octobre, 2006 |3 Commentaires »
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