Les Ordres de Chevalerie

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Les Ordres de Chevalerie
Ceins ton épée sur ta cuisse, vaillant, dans le faste et l'éclat va, chevauche, pour la cause de la vérité, de la piété, de la justice.

“De nos jours, on constate un regain d'intérêt croissant pour la chevalerie, et ceci au sein de milieux très divers. Il n'est pas impossible que nos sociétés occidentales modernes, dominées entièrement par le “règne de la quantité” et soumises à l'hégémonie des marchands, parcourues de plus par des courants spiritualistes plus ou moins désordonnés et exaltés témoignant du besoin de retrouver un sens sacré à l'existance, ressentent obscurément la nostalgie de l'archétype chevaleresque: la figure d'un homme libre harmonisant l'action extérieure et la contemplation, médiateur entre la terre et le ciel. Tout à la fois enraciné dns le siècle , comme régulateur temorel et défenseur de l'ordre terrestre, et dépositaire d'une mission spirituele sacralisante de justice et de paix, le “Miles Christi” (1) médiéval incarnait en effet un idéal: celui de l'homme héroïque reflétant le visage de l'Homme-Dieu, du Christ en tant que Cosmocrator ² , prêtre et roi à la fois. (…)

Redonner un sens à l'existence temporelle sans fuir pour autant le monde dans des rêveries néo-spiritualistes, spiritualiser la matière, plutôt que de s'engluer dans l'avidité des possessions ou s'avilir dans le vertige des pulsions animales; telle pourrait être l'aspiration profonde d'une humanité qui retrouverait dans l'intériorité du coeur l'inspiration divine authentique. Celle-ci lui apprendrait de nouveau à respecter les lois de la nature dans leur bonté et à soumettre la force à la sagesse afin de rendre gloire au Créateur dans son oeuvre et de trransfigurer ainsi la vie quotidienne. N'est-ce point en effet par la Croix que l'axe horizontal terrestre peut s'ajuster sur l'axe vertical céleste ? (…) “

Gérard de Sorval
Les différents ordres de Chevalerie 

L'ordre du Temple (1118)
Le Très Honorable Ordre du Bain (1399)
L'Ordre constantinien de Saint-Georges (1190)
L'Ordre de Saint Jean de Jérusalem ou Ordre souverain de Malte (1113)
L'Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem (1099)
L'Ordre de Saint-Lazarre de Jérusalem (vers 1200)
L'Ordre Teutonique (1198)
Les Ordres de Calavatra (1158), d'Alcantara (1177) et de St-Jacques-de-l'épée (1170)
Le Noble Ordre de la Toison d'Or (1430)
L'Ordre de Saint Michel (1469)
L'Ordre du Saint-Esprit (1578)
L'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis (1693)
Ordre de Saint Benoît d'Aviz (1187)
L'Ordre du Christ du Portugal (1319)
La Légion d'Honneur
L'ORDRE DU TEMPLE
Après la prise de Jérusalem le 15 Juillet 1099 par les croisés et l'instalation des Francs en Terre Sainte, les pélerins se mirent à affluer vers le tombeau du Christ et, pour assurer la police des routes, neufs chevaliers ayant à leur tête Hugues de Payens fondèrent en 1118 l'Ordre qui prendrait le nom du Temple lorsque Baudoin, en sa qualité de roi de Jérusalem, lui assignerait une demeure dans le voisinage d'un couvent de chanoines régulier, sur l'emplacement du Temple de Salomon. Régis d'abord pr la règle de Saint Basile, ce fut au concile de Troyes, en 1128 (ou 1129), que la règle du Temple, d'inspiration cistercienne, fut proposée par saint Bernard et adoptée.

LE TRES HONORABLE ORDRE DU BAIN
. Si la pratique du bain pour la réception d'un chevalier remonte au XIe siècle, l'Ordre du Bain proprement dit ne fut créé par Henri IV d'Angleterre qu'en 1399. Il en est pour la première fois question à l'occasion du couronnement de ce roi et l'on admet généralement qu'il fut institué en mémoire de cet événement qui vit quarante-six gentilshommes ” prendre le bain ” avant d'être armés chevaliers.
. Le même événement se produisit en 1413 lors du couronnement du roi Henri V : on parle dans les chroniques de cinquante gentilshommes qui, avant d'être reçus chevaliers de l'Ordre du Bain, s'étaient baignés avec le roi. A la fin du XVe siècle, plusieurs cérémonies rituelles disparurent, mais la coutume resta de faire toujours un certain nombre de nouveaux chevaliers à l'occasion du couronnement du nouveau roi.

. Sous le règne de Charles Il (1660-1685), on continua à nommer des chevaliers du Bain suivant le même rituel, mais sous les règnes de Jacques 11, de Guillaume III et de la reine Anne, les circonstances politiques firent que l'Ordre tomba un peu dans l'oubli. Ce n'est qu'en 1725 qu'il fut tiré de l'obscurité par le roi Georges Ier qui lui donna un nouvel éclat. Ce monarque décida qu'il serait désormais décerné à des candidats qui auraient mérité la reconnaissance spéciale de la Couronne ou rendu des services signalés à l'Etat. Le nouvel Ordre se divisait en deux : un ordre civil récompensant le mérite et un ordre militaire réservé au souverain qui en était le grand maître et à trente-six chevaliers compagnons seulement.
. Mais la cérémonie préliminaire du bain n'exista plus et les anciennes traditions de jeûne et de veille disparurent. En 1847, la reine Victoria créa deux nouvelles divisions dans la hiérarchie de l'Ordre : les chevaliers Commandeurs et les Compagnons.

. A partir de ce moment-là, l'Ordre tendit désormais à récompenser toutes sortes de services. Ses membres, civils ou militaires, forment trois classes : grand-croix, commandeurs et compagnons. Comme tous les ordres britanniques, il est conféré avec parcimonie.

ORDRE CONSTANTINIEN DE SAINT-GEORGES
 

. L'empereur Constantin, après sa victoire sur Maxence le 28 octobre 312, décida de créer une légion de cinquante ” croisés ” chargés d'accompagner au combat le sacré ” labarum ” orné de la croix divine. Ce fut là l'origine de la ” milice constantinienne de Saint-Georges “. L'Ordre reçut officiellement de l'empereur de Constantinople, Ange Comnène, des règles et un statut en 1190, et la règle de saint Basile lui fut imposée.

. Après la chute de Constantinople, le 24 mai 1453, les princes italiens offrirent une large hospitalité aux Comnène et aux chevaliers constantiniens. L'Ordre, tout en demeurant strictement familial, passa aux Bourbons de Naples à la mort du duc François ler Farnèse.
. Pendant les guerres de l'Empire, la dignité suprême de l'Ordre émigra un moment en Sicile, mais elle revint en 1814 dans la capitale du royaume de Naples.

. Après les traités de 1815, Marie-Louise, archiduchesse d'Autriche, ex-impératrice des Français, reçut les duchés de Parme et de Plaisance. Se fondant sur l'ancien droit des ducs de Parme et sur le fait qu'elle descendait directement de la famille des Farnèse, elle se déclara grande maîtresse de l'Ordre Constantinien, mais c'est, en fait, un nouvel ordre qu'elle fonda le 26 décembre 1816. Le roi des Deux Siciles restait grand maître du véritable Ordre Constantinien.
. En 1860, tous les biens de l'Ordre Constantinien de l'ex-royaume des Deux-Siciles étaient restitués, par décret de Garibaldi, au patrimoine national du nouvel état italien, mais l'Ordre n'était pas pour autant supprimé.

. L'Ordre est aujourd'hui la propriété dynastique de la Maison royale des Deux-Siciles. Il est destiné, comme par le passé, à la glorification de la Croix, la propagation de la Foi, la défense de l'Eglise, l'assistance hospitalière et la bienfaisance.

ORDRE DE SAINT JEAN DE JERUSALEM
. L'Ordre Souverain et Militaire de Saint-Jean de Jérusalem, plus connu sous le nom d'Ordre de Malte, a eu pour berceau l'église Sainte-Marie-Latine à Jérusalem, bâtie en 1048, et le monastère et l'hôpital édifiés sous ses murs à l'intention des chrétiens résidant dans la Ville sainte. L'église était desservie par des religieux, et l'hospice par des frères hospitaliers. A la suite de la conquête de Jérusalem, en 1099, le bienheureux Gérard Tenque sépara les hospitaliers des religieux et fonda l'Ordre de Saint-Jean-Baptiste qui fut approuvé par Pascal II en 1113. Cinq ans après, le grand maître Raymond du Puy le convertissait en un ordre religieux de chevalerie, que Calixte II confirma en 1120.

. La chute de Jérusalem en 1187 força les chevaliers de Saint-Jean à se retirer à Margat, en Phénicie, puis à Saint-Jean-d'Acre. De là, ils passent dans l'île de Chypre et, en 1309, à Rhodes dont ils se sont emparés et où ils sont restés jusqu'en 1522. Après le siège de Rhodes, les chevaliers, contraints de capituler, reçurent de l'empereur Charles Quint l'île de Malte où ils allèrent s'installer en 1530. Ils s'y maintinrent jusqu'en 1798, date à laquelle l'île fut prise par Bonaparte. Le grand maître Ferdinand de Hompesch abdiqua en 1799 et l'Ordre tenta de se mettre sous la protection de l'empereur Paul ler de Russie, mais son successeur, Alexandre Ier, refusa la grande maîtrise en 1801.
. L'Ordre se réfugia dans les villes d'Italie, mais ses biens furent confisqués presque partout. C'est la papauté qui l'empêchera de disparaître. En effet, Léon XII le transporta dans les Etats de l'Eglise en 1827; Grégoire XVI, en 1834, autorisa son installation définitive à Rome, au palais de Malte, où se trouve le grand magistère, encore aujourd'hui.
. Au XIX eme siècle, après avoir été administré par des lieutenants généraux, l'Ordre Souverain de Malte fut gouverné de nouveau par un grand maître dont le titre fut rétabli, en accord avec le Saint Siège, en 1879.

. L'Ordre est revenu à sa vocation hospitalière primitive et ses œuvres actuelles témoignent de son intense activité auprès des pauvres et des malades.

ORDRE DU SAINT SEPULCRE DE JERUSALEM
. L'Ordre du Saint-Sépulcre doit son institution à l'antique coutume d'armer des chevaliers sur le tombeau du Christ, au temps des croisades, coutume qui subsiste encore aujourd'hui. Les historiens rapportent que Godefroy de Bouillon fonda en 1099 un ordre de chanoines réguliers dont la mission était de veiller sur le Saint-Sépulcre et d'y célébrer les offices. Ces religieux furent placés en 1112 sous la règle de saint Augustin par le patriarche de Jérusalem, et confirmés comme tels dix ans après par une bulle de Calixte II.

. Dès le début du XIIe siècle, les chanoines-soldats du Saint-Sépulcre participèrent aux combats en compagnie d'un tiers-ordre composé de combattants qui portaient le nom de chevaliers. Mais c'est seulement après la perte de la Terre sainte que la dénomination d' ” Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem ” apparaîtra dans les textes, et notamment dans une charte qui fut, en 1549, déposée officiellement à Jérusalem, au trésor du Saint-Sépulcre.
. A la fin du XIIIe siècle, au retour de ses membres en Europe, l'Ordre comportait à la fois des chevaliers adoubés, des chanoines réguliers et des confréries de laïques qui lui étaient rattachées et facilitaient aux pèlerins le voyage de Jérusalem.

. Le pape Innocent VIII (1484-1492) réunit les chevaliers du Saint-Sépulcre aux Hospitaliers de Saint-Jean, comme étant de mêmes vœux et règles, alors que ceux-ci étaient à Rhodes; mais dès 1496 Alexandre VI (Borgia) les sépara de nouveau, en transportant au Saint-Siège le pouvoir de conférer cet ordre de chevalerie et déclara que ce pouvoir serait délégué au vicaire général, gardien du Saint-Sépulcre, et qu'il pourrait conférer cet Ordre aux pèlerins et voyageurs de Terre sainte. Depuis 1847, l'Ordre est devenu un ordre équestre pontifical sans vrai rapport avec les anciens chanoines-chevaliers. De l'ancien ordre militaire ne subsistent que des monastères de chanoinesses autonomes les uns par rapport aux autres.
. De 1907 à 1949, le pape en était le grand maître, mais de nouveaux statuts furent accordés en 1949 et désormais la grande maîtrise est assurée par un cardinal.    

ORDRE DE SAINT LAZARE DE JERUSALEM
. Si la tradition le fait remonter à Jean Hyrcan, fils de Simon Macchabée, la véritable histoire de l'Ordre commence, comme pour les Templiers ou les Hospitaliers, avec l'arrivée des croisés à Jérusalem. Le premier grand maître fut le bienheureux Gérard Tenque auquel succéda Roger Boyant, ancien recteur de l'Hôpital de Saint-Jean, devenu lépreux; d'où la coutume qui voulut que les grands maîtres fussent lépreux.

. A l'origine uniquement religieux, l'Ordre devint militaire vers 1200. Son but originel était de recevoir les chevaliers des divers ordres atteints de la lèpre. Mais son caractère militaire, sous la domination franque en Palestine, est indéniable puisqu'en 1244 on trouve les chevaliers au combat de Gaza, où ils se font massacrer. Innocent IV autorise alors l'élection d'un maître en Europe. En 1256 néanmoins, lorsque les chevaliers quittent la Palestine pour installer leur magistère en Europe, ils constituent avec les Templiers, les Hospitaliers et les Teutoniques l'un des quatre grands ordres militaires.
. C'est en 1244 que l'Ordre se développa en France grâce aux libéralités de Louis IX qui, à son retour de la croisade, installa les chevaliers au château de Boigny dont le grand maître fera sa résidence en 1291. L'Ordre ne fut jamais, depuis lors, bien portant. La papauté, dont il dépendait, le réunit, en 1603, à l'Ordre de Saint-Maurice dont les ducs de Savoie était maîtres héréditaires, ce qui équivalait, en fait, à sa disparition. Henri IV voulut le maintenir en France et fonda l'Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel, auquel il réunit SaintLazare, mais Rome ne reconnut pas la fusion.

. Saint-Lazare devint, désormais, en France un ordre dynastique que dominèrent les rois de France et qui prit officiellement le titre d'Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem.
En 1703 fut imprimé pour les deux ordres réunis un nouveau cérémonial.

. Supprimé par la Révolution française, il ressuscita sous la Restauration, Louis XVIII prenant seulement le titre de protecteur de l'Ordre.
. Après 1830, les chevaliers se regroupèrent pour former avec les débris de l'Ordre une association nobiliaire et se placèrent sous la protection spirituelle des patriarches grecs melchites catholiques d'Antioche, d'Alexandrie et de Jérusalem. Ce protectorat dura jusqu'en 1930, date à laquelle le grand magistère fut restauré.   

ORDRE TEUTONIQUE
. L'Ordre Teutonique, dit encore de Sainte-Marie-des-Allemands, tire son origine du poste de secours installés sous la tente par de riches marchands de Brême et de Lubeck pendant le siège de Saint Jean-d'Acre, au moment de la troisième croisade (1189-1192).
. Cette institution primitive se développa et devint un hôpital sous le protectorat d'allemands fortunés. A l'arrivé du duc Frédéric de Souabe, en 1190, son chapelain Conrad et son chambellan Burkhard en prirent la direction et donnèrent aux hospitaliers la règle de SaintJean. La prise d'Acre en 1191 permit d'y transporter l'hôpital, qui fut appelé Hôpital des Allemands à Jérusalem, en prévision de l'installation du siège de l'Ordre dans la Ville sainte. Le Pape Célestin III et l'empereur Henri IV encouragèrent cette fondation; avec le concours des chevaliers de Saint-Jean et du Temple, en mars 1198, les princes allemands la convertirent en un ordre de chevalerie, appelé Ordre Teutonique et approuvé le 19 février 1199 par la bulle Sacrosancta Romana.

. Les chevaliers faisaient les trois vœux et s'engageaient à soigner les malades et à combattre les infidèles.
Le siège de l'Ordre était à Acre d'où il fut transféré, après la perte de cette ville en 1291, à Venise, puis, en 1309, à Marienbourg, en Prusse, et à Koenigsberg en 1457. Au XIIIe siècle, vingt-et-un de ses chevaliers et cent servants étaient allés en Prusse pour pacifier ce pays encore païen; la puissance de l'Ordre devait s'y maintenir pendant deux cents ans.
Il eut aussi à lutter contre la Pologne qui gagna sur son armée la bataille de Tannenberg le 15 juillet 1410.

. Le 10 avril 1525, le grand maître Albrecht de Brandebourg ayant embrassé la religion protestante se fit proclamer, par le traité de Cracovie, duc de Prusse. Cependant, les chevaliers demeurés fidèles à la foi catholique élurent pour chef de l'Ordre, en 1526, Walther de Cronberg, dont la résidence fut fixée à Mergentheim, en Franconie, avec l'approbation de Charles Quint; le Saint-Empire conféra désormais l'investiture au grand maître.
. En 1805, le traité de Presbourg fit de la grande maîtrise un apanage de la lignée masculine des Habsbourg-Lorraine. L'archiduc Eugène, Le grand maître de l'Ordre, ayant renoncé le 30 avril 1923 à cette dignité, l'évêque Norbert-Jean Klein fut élu le même jour grand maître et réélu le 13 juin 1930. Depuis cette date, la grande maîtrise est assurée par un abbé mitré dont l'autorité ne dépend que du pape.

. L'Ordre compte aujourd'hui un millier de membres, prêtres, religieuses et laïcs, qui poursuivent dans ses dispensaires et ses écoles l'œuvres des hospitaliers de Jérusalem.  

ORDRE DE CALVATRA
. L'Ordre de Calatrava fut fondé en 1158 par le bienheureux Raymond Serrat, abbé du monastère cistercien de Fitero, en Espagne, pour défendre la forteresse de Calatrava située le long de la frontière avec la zone musulmane, au sud de la Castille. Le pape Alexandre 111 confirma l'Ordre le 25 septembre 1164. Par une déclaration du chapitre général datée du mois de septembre 1187, les chevaliers furent affiliés à l'Ordre de Cîteaux et tous les membres de l'Ordre étaient considérés comme des moines cisterciens, la règle étant celle de l'Ordre de Cîteaux. Comme les Templiers, ses membres n'exerçaient aucune activité hospitalière.

. Calatrava fut rattaché à la Couronne par les Rois Catholiques en 1487, à la mort du trentième grand maître. Le 25 juillet 1835, le gouvernement espagnol ayant supprimé les monastères, le prieur du Sacro Convento fut expulsé, tandis que les chevaliers faisaient sauter leur propre forteresse. La situation des ordres ne fut réglée que le 17 octobre 1851 quand ils furent tous regroupés sur un même territoire, celui de Ciudad-Real, qui constitua un diocèse exempt et reçut le titre de Privato de las Ordenes. A sa tête se trouve l'évêque prieur, assisté d'un chapitre canonial dont les membres appartiennent obligatoirement à l'un des quatre ordres : Calatrava, Alcan Saint-Jacques-de-l'Epée et Montesa.

. L'Ordre de Calatrava est devenu aujourd'hui purement honorifique, mais des Comendadoras vivent encore dans deux couvents, Madrid et à Burgos.

ORDRE D'ALCANTARA
. L'Ordre d'Alcantara aurait été fondé en 1156 ou 1178 par deux frères, Suarez et Gomez, qui, sur le conseil d'un ermite, bâtirent une forteresse sur les frontières de Castille, dans le diocèse de Ciudad Rodrigo, pour résister aux Maures; ils lui donnèrent le nom de Saint Julien-du-Poirier. L'Ordre fut confirmé, en tant que religion militaire, par le pape Alexandre III en 1177 à la prière de Gomez qui n'avait alors que le titre de prieur; mais dans une bulle du pape Lucius III, datée de 1183, il est désigné comme grand maître. Cette bulle octroya aux chevaliers la règle de saint Benoît.

. Sous le deuxième grand maître, Don Benoît Suarez, se fit l'union fraternelle avec les chevaliers de Saint-Jacques-de-l'Epée. Les deux grands maîtres jurèrent une alliance éternelle entre eux et un fidèle attachement aux rois de Castille et de Léon contre les Maures. Les chevaliers reçurent la règle de Cîteaux et leur sceau porta un poirier en mémoire de leur institution.
. Le roi de Léon, qui s'était rendu maître d'Alcantara, sur le Tage, en fit don aux chevaliers de Calatrava, mais ces derniers conseillèrent au souverain de confier la place aux chevaliers de Saint-Julien à condition qu'ils se réuniraient à ceux de Calatrava. L'union se fit en 1218 mais les chevaliers d'Alcantara, qui prirent alors leur dénomination actuelle, n'en conservèrent pas moins leur indépendance et prirent une part importante dans les guerres successives contre les Maures.

. Supprimé une première fois en 1872, l'ordre d'Alcantara fut définitivement rétabli par le général Franco en 1936.

ORDRE MILITAIRE DE SAINT-JACQUES-DE-L'EPEE
. L'ordre militaire de Saint-Jacques-de-l'Epée prit naissance, en Espagne, dans la province de Léon, vers l'année 1170. Des chanoines réguliers de l'ordre de saint Augustin bâtirent à cette époque plusieurs hôpitaux sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice, dans le but de secourir les nombreux pèlerins qui étaient continuellement attaqués par les Maures, alors maîtres d'une partie de l'Espagne.
. Peu de temps après, treize gentilshommes se joignirent à ces religieux et s'engagèrent, se plaçant sous l'invocation de saint Jacques, à assurer les chemins et à rendre le passage facile aux chrétiens en combattant les infidèles. Immédiatement après, ces chevaliers s'unirent aux moines de Lerio et se soumirent à la règle de saint Augustin. Ils jetèrent les premiers fondements de l'ordre de Saint-Jacques-del'Epée, qui fut successivement approuvé par un bref du pape Alexandre III, en 1175, et par Innocent III, en 1200.

. L'ordre de Saint-Jacques fut administré par un grand maître jusqu'en 1493. A la mort de Don Alonso de Cardenas, quarantième grand maître de l'ordre cette année-là, le pape Alexandre VI incorpora, à perpétuité, sa grande maîtrise à la couronne d'Aragon, en faveur de Ferdinand V le Catholique. Depuis cette époque, les rois d'Espagne ont conservé les titre et dignité de grand maître et administrateur de l'ordre qui est ainsi placé sous la protection de la couronne.  

LE NOBLE ORDRE DE LA TOISON D'OR
. L'Ordre de la Toison d'Or, le plus glorieux et le plus illustre de tous les temps, fut fondé par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, le 10 janvier 1430, jour de son mariage avec Isabelle de Portugal. Son but principal était la gloire de Dieu et la défense de la religion chrétienne, comme le rappelait l'inscription figurant sur le tombeau du duc à Dijon :

” Pour maintenir l'Eglise qui est de Dieu maison,
J'ai mis sus le noble ordre, qu'on nomme la Toison. “

. Cette confrérie de chevalerie avait été appelée du nom de la Toison d'or conquise par Jason lors de l'expédition des Argonautes en Colchide, mais très rapidement la symbolique biblique devait prévaloir sur la légende païenne et dès la fin du règne de Philippe le Bon, l'évêque Guillaume de Filastre, qui fut chancelier de l'Ordre, ne trouve pas moins de six toisons, celle de Jason, de Gédéon, de Jacob, de Mesa, de Job et de David, correspondant chacune à une vertu que devait posséder tout bon chevalier.
. L'Ordre n'en avait pas moins un caractère politique et son éclat, ainsi que le luxe dont étaient entourées ses cérémonies, assurait au Grand Duc d'Occident un prestige international et lui permettait, en choisissant des personnages parmi les plus importants des anciens duchés et comtés unis sous son sceptre, de renforcer le lien dynastique entre ses divers Etats.
A plusieurs reprises, Charles Quint et ses successeurs se réservèrent le titre honorifique de Duc de Bourgogne, comme chef de cette maison, afin de pouvoir conserver la maîtrise de l'Ordre.

. A la mort de Charles II, roi d'Espagne, dernier descendant de Charles Quint, son petit-neveu, Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV et de l'Infante Marie-Thérèse, qu'il avait institué héritier de tous ses Etats, voulut conserver la grande maîtrise de l'Ordre. Mais l'empereur Léopold ler, chef de la branche autrichienne des Habsbourg, s'attribua également les titres et les souverainetés non territoriales de la Maison de Bourgogne, à commencer par celle de la Toison d'Or. Ainsi naquit la division de l'Ordre.
. Napoléon ler, le 15 août 1809, après avoir vaincu l'Autriche à Wagram et mis Joseph sur le trône d'Espagne, décida de créer l'Ordre des Trois Toisons d'Or, mais le projet souleva de telles protestations de la part des titulaires de la Légion d'Honneur que le décret resta sans lendemain.

. Aujourd'hui, l'ordre habsbourgeois de la Toison d'Or, aux destinées duquel préside Son Altesse Impériale Otton, archiduc d'Autriche, a conservé le caractère religieux et aristocratique que lui avait donné Philippe le Bon et le français est resté sa langue officielle.
. L'Ordre espagnol a pour grand m2Cltre, depuis le 14 mai 1977, le roi Juan Carlos ler d'Espagne. Le décret royal de 1847 qui en fit un ordre royal à caractère civil précisait qu'il continuerait à être régi par ses anciens statuts, avec les mêmes insignes et le même nombre de chevaliers qui était de vingt-quatre lors de sa création et qui fut successivement porté à trente, puis cinquante.  

ORDRE DE SAINT-MICHEL
. L'Ordre de Saint-Michel fut créé à Amboise le ler août 1469 par Louis XI. Le roi de France en assurait la grande maîtrise et les chevaliers, au nombre de trente-six, devaient lui prêter serment. Lorsque Henri III fonda l'Ordre du Saint-Esprit en 1578 pour regrouper sa noblesse, les statuts prescrivirent que ses deux cents chevaliers devaient être membres de Saint-Michel, qui prit ainsi la place de second ordre du royaume.

. L'institution subit de nombreuses modifications, à commencer par l'abandon du système électif des membres, qui furent nommés par le roi seul. Le nombre de ses chevaliers ne cessa d'augmenter, surtout à partir du début des guerres de religion. On en aurait alors compté près de cinq cents, parmi lesquels des civils et des anoblis récents.
. A la suite de nouveaux abus, Louis XIV procéda, en 1661 et 1665, à une réforme sévère et fixa ses effectifs à cent, non compris les chevaliers du Saint-Esprit. Mais, à partir du règne du Roi-Soleil, l'institution prit un caractère assez particulier, devenant surtout la récompense des savants, des écrivains, des artistes, anoblissant ceux qui n'étaient pas ” nés “.

. Aboli sous la Révolution, il fut rétabli par Louis XVIII et continua d'être décerné dans le même esprit jusqu'à la chute de la monarchie légitime en 1830. Sous la Restauration, les chevaliers furent au nombre de cent, non compris ceux du Saint-Esprit. Après Charles X, il ne semble pas qu'il y ait eu des nominations, bien qu'une ” survivance ” de Saint-Michel ait été assurée par les prétendants ” légitimistes ” de la maison de Bourbon-Anjou (branche ” puinée ” dite encore d'Espagne) au trône de France.

ORDRE DU SAINT-ESPRIT
. C'est pour regrouper autour de lui et s'attacher les principaux chefs du ” parti catholique ” en pleine guerre de religion qu'Henri III créa en décembre 1578 un nouvel ordre de chevalerie dédié au ” benoist Saint-Esprit “, en souvenir de son accession aux trônes de Pologne, puis de France un jour de Pentecôte.
. Les statuts fondamentaux de l'Ordre précisaient que les membres français devaient être au nombre de cent (par la suite, des étrangers, toujours peu nombreux, furent admis en surnombre) : quatre-vingt sept chevaliers nobles de trois générations, âgés d'au moins trente cinq ans (vingt-cinq pour les princes), déjà membres de l'Ordre de Saint-Michel; à partir d'Henri IV, les enfants royaux qui recevaient le cordon au berceau; neuf ecclésiastiques, dont le grand aumônier de France, quatre grands officiers (ou administrateurs) : le chancelier, le prévôt-maître des cérémonies, le grand trésorier, le secrétaire greffier.
. Les obligations des chevaliers étaient entièrement orientées vers une fidélité inaltérable à leur foi et à leur grand maître, les statuts ne rappelant que de façon discrète les devoirs d'assistance charitable ou d'entraide mutuelle imposés à la plupart des ordres chevaleresques.

. L'Ordre brilla de tout son éclat sous Louis XIV et devint le plus illustre des ordres de l'Ancien Régime. La noblesse resta toujours une condition nécessaire aux chevaliers, qui lia les mains du roi lui-même.

. La Législative abolit l'Ordre du Saint-Esprit. Louis XVIII le rétablit dès son arrivée en France et, reconnaissant la noblesse d'Empire, y fit entrer les maréchaux et les hauts dignitaires de la France napoléonienne. S'il disparut en France à l'avènement de Louis-Philippe, Louis XIX, 10e chef et souverain grand maître, comte de Marnes, ancien duc d'Angoulême et ancien Dauphin, fit, toutefois, une nomination, dans l'Ordre, celle de François, comte de Bouillé, pair de France, en 1837, donc en exil. Henri V, 1 le chef et souverain grand maître, comte de Chambord, aurait reçu dans l'Ordre : Henri, prince de Parme, comte de Bardi; Robert Ier, duc de Parme, et Charles, duc de Madrid, prétendant au trône d'Espagne sous le nom de Charles VII (1868).  

ORDRE ROYAL ET MILITAIRE DE SAINT-LOUIS
. L'édit de création de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, signé par Louis XIV, date du 5 avril 1693. Le roi se déclarait grand maître de l'Ordre, ainsi que ses successeurs. Le Dauphin en faisait partie et l'Ordre entier devait comprendre huit grand-croix, vingt huit commandeurs et le nombre de chevaliers que Sa Majesté jugerait à propos d'y admettre.
. La profession de la religion catholique, apostolique et romaine était une condition formelle d'admission. L'édit de 1693 ne mentionnait pas de conditions nobiliaires, mais exigeait un minimum de dix ans de service en qualité d'officier dans les armées de terre et de mer.

. On peut distinguer, dans l'histoire de l'Ordre jusqu'en 1792, deux périodes distinctes. Dans la première, qui va jusqu'à la mort de louis XIV, l'Ordre récompensera les meilleurs serviteurs de la monarchie; leur rang dans l'Ordre était indépendant de leur grade. Dans la seconde période, l'Ordre fut la récompense naturelle de tous les officiers.
. Les ultimes promotions de Saint-Louis, sous Louis XVI, eurent lieu en 1777, 1789, 1790, 1791 et 1792. Le décret du ler janvier 1791, sanctionné le 7, supprima le nom de Saint-Louis, ainsi que le serment. Sous le nom de Décoration Militaire, il devait être accordé aux officiers de toutes armes et de tout grade. Le décret du 30 juillet 1791 supprima à son tour tout ordre et toute décoration, mais conserva la Décoration Militaire. Le 15 octobre 1792, la Décoration fut elle-même supprimée.

. Louis XVIII, à peine sur le trône, rétablit l'Ordre de Saint-Louis, en faveur non seulement de ses anciens fidèles, mais aussi de nombreux officiers de l'ancienne armée impériale. Charles X restaura les cérémonies de l'Ordre. Henri V, 8e chef et souverain grand maître, comte de Chambord, membre de l'Ordre en droit dès 1836, comme héritier de Louis XIX, aurait nommé chevalier en 1875 Henri, prince de Parrne, comte de Bardi.  

ORDRE DE SAINT-BENOIT D'AVIZ
. Le roi Alphonse-Henriquez ler de Portugal ayant pris, en 1147, la ville d'Evora sur les Maures et convaincu qu'il devait cette victoire à la protection de la Très Sainte Vierge, donna le nom de Confrères de Sainte-Marie d'Evora à une troupe de chevaliers formée par ses soins dans le but de garder et défendre la ville. Les chevaliers demeurèrent plusieurs années dans les murs d'Evora.
. En 1187, Henriquez, ayant de nouveau battu les infidèles, leur enleva la forteresse d'Aviz et en confia la garde à la milice des Confrères de Sainte-Marie d'Evora. Ceux-ci, en venant s'y établir, se constituèrent en ordre religieux et militaire sous le nom de chevaliers de l'Ordre d'Aviz. Jean de Cirita, légat du pape et abbé de Taronca, leur donna des statuts selon lesquels les chevaliers devaient observer la règle de saint Benoît et de Cîteaux.

. Une fusion s'opéra, entre 1352 et 1385, entre les chevaliers d'Aviz et ceux d'Alcantara, mais en 1385 l'Ordre redevint complètement indépendant.
. Les chevaliers faisaient primitivement vœu de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. En 1496, le pape Alexandre VI changea le vœu de chasteté absolue en vœu de chasteté conjugale; en 1505, le pape Jules II délia les chevaliers du serment de pauvreté. En 1443, les rois de Portugal eurent l'administration et la maîtrise de l'Ordre, et en 1551 le pape Jules III confina cette grande maîtrise.

. En 1789, la reine Maria sécularisa les ordres militaires et leur donna de nouvelles constitutions. D'après les nouveaux statuts, l'Ordre de Saint-Benoît d'Aviz s'appela l'Ordre du Mérite Militaire de Saint-Benoît d'Aviz et devint purement honorifique.
Les statuts actuels datent du 24 novembre 1963.

ORDRE DU CHRIST DU PORTUGAL
 . Après l'abolition de l'Ordre du Temple, le roi de Portugal Denis ler obtint, en 1319, du pape Jean XXII l'autorisation de créer la ” Milice du Christ “. Ce fut, dans le principe, une simple continuation, sous un nom nouveau, de celui du Temple et de nombreux Templiers y trouvèrent refuge. Les chevaliers du Christ, comme ceux du Temple, étaient destinés à combattre les Maures. Le chef-lieu de l'Ordre était à Castro-Marino; plus tard, il fut transporté à Thomar.
. Cet Ordre était soumis à la règle de saint Benoît et les chevaliers jouissaient de tous les privilèges, droits, exemptions et juridictions dont avaient bénéficié les chevaliers du Temple. Ils furent peu à peu déchargés des trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Alexandre VI (pape de 1492 à 1503) leur permit de se marier et les rois de Portugal les comblèrent de richesses. Jean Ier (roi de 1385 à 1433) leur abandonna même toutes les possessions et les colonies de l'Afrique, ne se réservant que le droit de suzeraineté. Mais l'Ordre devint si puissant qu'il fut décidé que ses nouvelles conquêtes seraient une propriété de la couronne et le pape Jules 111 réunit, en 1550, la grande maîtrise de l'Ordre à la couronne. de Portugal. Les rois, à dater de ce jour, devinrent les administrateurs de l'Ordre.

. En 1789, l'Ordre du Christ, comme celui d'Aviz, fut réorganisé par la reine Maria qui lui donna de nouveaux statuts, en vigueur jusqu'en 1918. Il était devenu purement honorifique. Les statuts actuels datent du 24 novembre 1963 et l'Ordre prend place après celui d'Aviz.  

LA LEGION D'HONNEUR
Formules de serment abolies de la Légion d'honneur

. La Légion d'Honneur fut créée par un décret du 29 floréal an X (19 mai 1802), proclamé loi de la République par Bonaparte, Premier Consul, qui voyait par cette création non seulement un moyen de récompenser les mérites, mais aussi un instrument de gouvernement pour réorganiser la nation.
. L'Ordre National de la Légion d'Honneur ne peut être considéré comme un ordre de chevalerie stricto sensu, mais plutôt comme un ordre de décoration. A la différence des autres ordres recensés dans ce livre, aucun rituel ne fut jamais utilisé, à l'exception du serment qui fut maintenu, avec quelques modifications, par les divers régimes qui se sont succédé ; le serment a été supprimé par le décret du 5 septembre 1870.
. Les formules de serment qui suivent sont données dans l'ouvrage de Jules Renault : La Légion d'honneur et les Anciens Ordres Français de Chevalerie (10).

Consulat
(De 1802 à 1804.)

. Je jure, sur mon honneur, de me dévouer au service de la République, à la conservation de son territoire dans son intégrité, à la défense de son Gouvernement, de ses Lois et des propriétés qu'elles ont consacrées ; de combattre par tous les moyens que la justice, la raison et les Lois autorisent, toute entreprise tendant à rétablir le régime féodal, à reproduire les titres et qualités qui en étaient l'attribut ; enfin, de concourir de tout mon pouvoir au maintien de la Liberté et de l'Egalité. (Loi de création du 29 floréal an X.)

Empire
(Du 11 juillet 1804 au ler janvier 1805.)

. Je jure, sur mon honneur, de me dévouer au service de l'Empire, à la conservation de son territoire dans son intégrité, à la défense de l'Empereur, des lois de la République et des propriétés qu'elles ont consacrées ; de combattre par tous les moyens que la justice, la raison et les lois autorisent toute entreprise tendant à rétablir le régime féodal, à reproduire les titres et qualités qui en étaient l'attribut ; enfin, de concourir de tout mon pouvoir au maintien de la liberté et de l'égalité.

(Du ler janvier 1805 au 20 mars 1811)

J . e jure, sur mon honneur, de me dévouer au service de l'Empire, à la conservation du territoire dans son intégrité, à la défense de l'Empereur, des lois de la République et des propriétés qu'elles ont consacrées ; de combattre par tous les moyens que la justice, la raison et les lois autorisent toute entreprise tendant à rétablir le régime féodal ; enfin, de concourir de tout mon pouvoir au maintien de la liberté et de l'égalité, bases premières de nos constitutions.

(Du 20 mars 1811, jour de la naissance du roi de Rome, au ler avril 1814.)

. Je jure d'être fidèle à l'Empereur et à sa dynastie ; je promets, sur mon honneur, de me dévouer à son service, à la défense de sa personne et à la conservation du territoire de l'Empire dans son intégrité ; de n'assister à aucun conseil ou réunion contraires à la tranquillité de l'Etat ; de prévenir Sa Majesté de tout ce qui se tramerait, à ma connaissance contre son honneur, sa sûreté ou le bien de l'Empire.

Première Restauration
(Du 19 juillet 1814 au 26 mars 1816.)

. Je jure d'être fidèle au Roi, à l'honneur et à la patrie (Ordonnance du 19 juillet 1814, article 13.)

Cent-Jours
(Du 13 mars 1815 au 29 juin 1815.)

. Même serment que de 1811 à 1814.

Deuxième Restauration
(Du 26 mars 1816 au 13 avril 1830.)

. Je jure d'être fidèle au Roi, à l'honneur et à la patrie, de révéler à l'instant tout ce qui pourrait venir à ma connaissance, et qui serait contraire au service de Sa Majesté et au bien de l'Etat ; de ne prendre aucun service et de ne recevoir aucune pension ni traitement d'un Prince étranger, sans le consentement exprès de Sa Majesté ; d'observer les lois, ordonnances et règlements et généralement faire tout ce qui est du devoir d'un brave et loyal Chevalier de la Légion d'Honneur. (Ordonnance du 26 mars 1816.)

Louis-Philippe
(Du 13 août 1830 au 24 février 1848.)

Je jure fidélité au Roi des Français, obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du Royaume.

Deuxième République
(De 1848 à 1852.)

Je jure obéissance à la Constitution et fidélité au Président de la République.

(Du 16 mars 1852 au 2 décembre 1852.)

. Je jure fidélité au Président de la République, à l'honneur et à la patrie ; je jure de me consacrer au bien de l'Etat et de remplir les devoirs d'un brave et loyal chevalier de la Légion d'Honneur. (Décret du 16 mars 1852, art. 29.)

Deuxième Empire
(De 1852 à 1870)

. Je jure fidélité à l'Empereur, à l'honneur et à la patrie ; je jure de me consacrer au bien de l'Etat et de remplir les devoirs d'un brave et loyal chevalier de l'Ordre impérial de la Légion d'Honneur.

Troisième République
(5 septembre)

Suppression du serment. (Décret du 5 septembre 1870.)
http://hautsgrades.over-blog.com/article-les-ordres-de-chevalerie-44021606.html

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 1 février, 2010 |1 Commentaire »

Hugues de Payns, chevalier champenois, fondateur de l’ordre des Templiers

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Hugues de Payns, chevalier champenois, fondateur de l’ordre des Templiers
(Thierry Leroy)
L’histoire légendaire des Templiers a fait couler beaucoup d’encre. Pourtant, aucun historien ne s’est jamais intéressé à la vie et la personnalité du premier maître des Templiers. Pourquoi ? C’est pour répondre à cette question que Thierry Leroy, natif de Payns et président de la Fondation Hugues de Payns, a décidé de publier ses travaux.

Dans la bibliographie consacrée à l’Ordre du Temple, aucun ouvrage n’est consacré à son fondateur, Hugues de Payns. Ce livre tente, à partir de chroniques, chartes et archives de l’époque concernée, de faire le point sur les quelques repères connus de la vie et de l’œuvre de ce grand personnage.
Thierry Leroy, natif de Payns, professeur de musique. Fondateur et président de la fondation Hugues de Payns, à Payns Conférencier.

Sommaire
Contexte historique
Les pauvres chevaliers du Christ
Hugues de Payns, seigneur champenois
Hugues de Payns, fondateur de l’Ordre des Templiers
La famille d’Hugues de Payns
La commanderie de Payns
Portraits d’Hugues de Payns

 

Thème : Biographie
Prix : 18,29 €
Frais de Port : 2,97 €
Référence :
MDB004
ISBN : 2-913052-10-x
Dimensions: H.21cm x l.13cm
220 pages / Poids : 361g
© La Maison du Boulanger, 1ère édition en 1997, réédité et mis à jour en 2001

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 30 janvier, 2010 |Pas de Commentaires »

In Memoriam

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Je ne suis pas Noble

Par mon Sang

Je ne suis pas un Prêtre

Par mon Education

Je ne suis pas un Lettré

Par ma Paysannerie

Je ne suis qu’un Pauvre Chevalier

Par la volonté du très Haut et
Par les valeurs de mon Cœur

Je combattrai en Chevalier

Par l’appétit de mon épée
Pour la Justice et le Droit

Mais! je saurais mourir en Chevalier

Simplement pour mon Honneur.

Bien Fraternellement.
D.E.a.S.

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 25 janvier, 2010 |1 Commentaire »

L’Ordre du Temple

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Charité, Simplicité, Obéissance

L'Ordre oblige, par la même, chacun à:

· Méditer

· Écouter.

· Discipliner sa pensée, sa langue, ses gestes.

· Vaincre ses imperfections, ses désirs.

· Combler ses lacunes personnelles.

· Être présent dans l'Ordre.

· Participer activement à ses travaux.

· Vivre templièrement chaque instant de son existence.

· Aimer et servir son prochain quel qu'il soit.

Telle est en résumé la Règle basique pour chacun.

Tout templier doit participer à l'office de sa commanderie ou de sa Province (par

défaut, au service religieux de sa confession) et se rendre à autant de

convocations qui lui seront faites.

L'Ordre  n'est pas une religion. Il

fait parti de LA RELIGION, fondée par le Pape d’Avignon, Sa Sainteté Jean

XXII. Bien plus que Chrétien, l’Ordre est plutôt christique.

C'est dire que s'il vient pour convertir (au sens étymologique) il se propose

comme un point de convergence pour réunir au delà des barrières formelles et

théologiques. L'Ordre n'oublie certainement pas, que le Pape est le Vicaire du

Christ, chef de l'Eglise de Pierre que reconnaît l'Ordre. Rappelez-vous que, au

moyen âge, il ne dépendait que du Saint Père à l'exclusion de toute autre

dépendance.

Pour cela L'Ordre du Temple consacre à Sa Sainteté, une piété filiale, une

fraternelle déférence et obéissance dans la mesure où il ne contredit pas

l'immense espérance d'une reconnaissance qui effacerait la dissolution inique de

1312 et qui depuis ce moment tache de boue la face de l'Eglise.

L’investiture est donnée aux Frères qu’après les avoir éprouvés dans leurs

comportements journaliers. Les grands tests sont : la charité, l’altruisme, le

dévouement, la fidélité… et, par-dessus tout, être capable de garder un secret

Source:

http://jeanduboisdecroix.vip-blog.com/

La Royale Observance Templière est un ordre maçonnique destiné à des Frères libres dans des loges libres. Nous sommes des loges d'adoption où nos Frères sont masculins ou féminins.

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 9 janvier, 2010 |8 Commentaires »

PRIERE

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PRIERE

 Grand Architecte, Père de l’Univers,

Moi…(si la prière est dite à haute voix en loge, un temps de silence permet à chacun de penser à son nom)

Je m’unis de cœur et d’esprit à tous les membres de notre fraternité, sans distinction d’aucune sorte,

Et, selon la connaissance et la conscience que j’ai de Toi,

Je te rends gloire et te prie, humblement, de m’accorder la force de grandir dans Ton amour,

En pratiquant, chaque jour d’avantage, le bien, le beau et le juste,

Pour le bonheur de ceux qui m’entourent, de ma famille et de la France,

Et participe ainsi, en ouvrier zélé, à l’établissement du Temple de sagesse, de moralité et de paix, que notre Ordre, tel un reflet de Ton Royaume, a pour mission de bâtir sur notre Terre.

+++

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 9 janvier, 2010 |Pas de Commentaires »

Symbolique chevaleresque par Saint Paul

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Symbolique chevaleresque par Saint Paul

Revêtez l’armure de Dieu pour pouvoir résister aux manœuvres du Diable. Car ce n’est pas contre des adversaires de chair et de sang que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les Esprits du Mal qui habitent les espaces célestes. C’est pour cela qu’il nous faut endosser l’armure de Dieu, afin qu’au jour mauvais vous puissiez résister et, après avoir tout mis en œuvre rester fermes.
Tenez-vous donc debout, avec la Vérité pour ceinture, la justice pour cuirasse et pour chaussures le Zèle à propager l’évangile de la paix ; ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais ; enfin recevez le casque du Salut et le glaive de l’Esprit, c'est-à-dire la Parole de Dieu

Saint Paul (Ep 6, 11-17)

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 7 janvier, 2010 |Pas de Commentaires »

Mystica Verba Profaris est un vieux dilemne débattu mille fois … par les Templiers !

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Mystica Verba Profaris est un vieux dilemne débattu mille fois …

…”Mystica Verba Profaris”, inscription gravée dans la pierre d'une voûte de la nef de la Chapelle Templière de TOMAR (Portugal) et de sa signification.

Certains véhicules de tradition veulent que la signification de Mystica Verba Profaris (inscription de Tomar, mais aussi d'une dalle de la Cathédrale de Prague, soit “tu prononceras les paroles mystérieuses”.

Cette traduction est largement éronée si l'on en croit divers éminents spécialistes du latin templier féodal.

Au reste mystica ne devrait pas être retenue pour mystérieux (qui est mysteria) mais mythique (dans le sens du ''Mysthe'').

La signification officielle - retenue dans les textes romains (Comte de Jerphagnon Ancien Conservateur adjoint de la Bibliothèque du Vatican) et qui émane de travaux de ces éminents spécialistes de la traduction, est:

“Ne souilles pas la myste parole” - Parole étant pris en son sens de Verbe Initial(comme dans Au commencement était le Verbe .) Souiller étant plutôt pris dans le sens de “profaner” c'est à dire trahir ..

Pour Henry Clairvaux, tout comme pour les “authentiques templiers”, mais il est vrai qu'il y en a peu, ceci conduit à la traduction réelle suivante:

“Ne trahis pas le Verbe”

La Légende rapporte en effet que pour accéder ''de l'autre côté” du temple visible: le candidat devait prononcer un son (parole) sans aucune déformation. Elle dit aussi que toute déformation au lieu d'ouvrir “la porte de ce qui domine” (céleste) ouvre, à l'inverse la porte de ce qui est dominé (celle des enfers .) …

Cette formule rejoint une autre ancienne formule “secrète” du Temple qui est “Res non Verba” qui se traduit par “des Actes et non des mots” (Faire et non Dire) ce qui signifie que le Verbe évoqué est un Acte (de création, de construction, voire de destruction) et non simple verbiage .. Cette formule rejoint elle même celle de la “parole perdue” dont la prononciation parfait génère une vibration qui peut bouleverser l'ordre des éléments … Ce “son” est également évoqué dans les traditions orientales et extrême orientales mais aussi dans les traditions celtiques.

Il est ou serait la Clef, ( le Sésame ), des Portes du Temple Intérieur et Extérieur, c'est à dire de l'Universel.

Il est, lorsqu'il est bien maîtrisé, la contraction du ” SON MOT DE PASSE DE TOUS LES CIELS ” [ évoqué d'ailleurs par JESUS ], et qui se compose comme suit:

” aaa ooo zezophazazzzaïeozaza eee iii zaieozoakhoe ooo uuuÿthoêzaozaez êêê zzêêzaoza khozaêkheudêÿtuyuaalethukh.ÿ”

Ce Son ordinairement appelé “OM” ou “Aum” ou encore “Heaume” fut d'ailleurs l'une des clefs du Chant Messin, base du Chant Grégorien. On doit le rapprocher du OIW, [ prononcer OYOUNE ], le SON GERME de LUMIERE chez les CELTES. Ce son ne pouvait être prononcé par un profane.

Il est aussi à rapprocher, d'une certaine manière du “cri” de certains arts martiaux, le “cri” qui paralyse ou tue …

Selon “l'échelle des commandeurs”, le “Verbe Initial” serait une formule baptisée “Phrase de la Parole Perdue'' qui est : Le Verbe - Formule expliquant la création ( Shem ), sache l'entendre ( - a ) si tu es assez fort pour être l'Initié ( Israël ): La Formule de l'Ineffable ( Adonaï ) doit toujours rester le Guide de notre Lignée ( Elohenou ); Cette formule ( Adonaï ), c'est la Loi de Conservation de l’énergie, Loi Unitaire de la Matière et de l'Esprit qu'en abrégé on appelle l'Unité ( Ehad ), soit la prononciation: ” Shema Israël Adonaï Elohenou Adonaï Ehad “.

D'autres évoquent le son “I.N.R.I.” (comme l'écriteau de la Sainte croix ?) qui seraient les Lettres Initiales de la Parole Perdue et Retrouvée, savoir : I(aninim) pour Eau, N(our) pour Feu, R(uach) pour Air, I(ebschach) pour Terre, sont les symboles des 4 Eléments, mais aussi , I(gne) N(atura) R(enovatur) I(ntegro) pour “par le Feu la Nature sera régénérée”.

Toujours est-il que Mystica Verba Profaris se traduit ” en langage templier ” par :

“Ne trahis pas le Verbe” .

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 7 janvier, 2010 |11 Commentaires »

Livre de la Sagesse

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Livre de la Sagesse 

Chapitre 1 

  

1 

Aimez la justice, vous qui êtes les juges de la terre; que vos pensées sur le Seigneur soient selon la droiture, et cherchez-le d'un coeur sincère; 

2 

car il se laisse trouver par ceux qui ne le tentent point, et il se manifeste à ceux qui se confient à lui. 

3 

En effet, les pensées perverses séparent de Dieu, et sa puissance, quand on la met à l'épreuve, accuse les insensés. 

4 

La sagesse n'entre pas dans une âme qui médite le mal, et n'habite pas dans un corps esclave du péché. 

5 

L'Esprit-Saint, éducateur des hommes, fuit l'astuce; il s'éloigne des pensées dépourvues d'intelligence, et se retire quand approche l'iniquité. 

6 

En effet, la Sagesse est un esprit qui aime les hommes, et il ne laisse pas impuni le blasphémateur pour ses discours, car Dieu est le témoin de ses reins, le véritable scrutateur de son coeur, et il entend ses paroles. 

7 

Car l'Esprit du Seigneur remplit l'univers, et lui qui contient tout, sait tout ce qui se dit. 

8 

Aussi celui qui tient des discours impies ne saurait rester caché, et la justice vengeresse ne l'oublie pas. 

9 

Car il y aura une enquête sur les desseins du l'impie; la rumeur de ses paroles arrivera jusqu'au Seigneur, pour le châtiment de ses iniquités. 

10 

Une oreille jalouse entend tout, et le bruit des murmures ne lui échappe pas. 

11 

Gardez-vous donc des murmures inutiles, et préservez votre langue du blasphème; car la parole la plus secrète ne sort pas impunie, et la bouche qui ment donne la mort à l'âme. 

12 

Ne courez pas après la mort par les égarements de votre vie; et n'attirez pas sur vous la perdition par les oeuvres de vos mains. 

13 

Car Dieu n'a pas fait la mort, et il n'éprouve pas de joie de la perte des vivants. 

14 

Il a créé toutes choses pour la vie; les créatures du monde sont salutaires; il n'y a en elles aucun principe de destruction, et la mort n'a pas d'empire sur la terre. 

15 

Car la justice est immortelle. 

16 

Mais les impies appellent la mort du geste et de la voix; la regardant comme une amie, ils se passionnent pour elle, ils font alliance avec elle, et ils sont dignes, en effet, de lui appartenir. 

Chapitre 2 

  

1 

Ils se sont dit, raisonnant de travers: «Il est court et triste le temps de notre vie, et, quand vient la fin d'un homme, il n'y a point de remède; on ne connaît personne qui délivre du séjour des morts. 

2 

Le hasard nous a amenés à l'existence, et, après cette vie, nous serons comme si nous n'avions jamais été; le souffle, dans nos narines, est une fumée, et la pensée, une étincelle qui jaillit au battement de notre coeur. 

3 

Qu'elle s'éteigne, notre corps tombera en cendres, et l'esprit se dissipera comme l'air léger. 

4 

Notre nom tombera dans l'oubli avec le temps, et personne ne se souviendra de nos oeuvres. Notre vie passera comme une trace de nuée; elle se dissipera comme un brouillard, que chassent les rayons du soleil, et que la chaleur condense en pluie. 

5 

Notre vie est le passage d'une ombre; sa fin est sans retour, le sceau est apposé et nul ne revient. 

6 

«Venez donc, jouissons des biens présents; usons des créatures avec l'ardeur de la jeunesse, 

7 

enivrons-nous de vin précieux et de parfums, et ne laissons point passer la fleur du printemps. 

8 

Couronnons-nous de boutons de roses avant qu'ils ne se flétrissent. 

9 

Qu'aucun de nous ne manque à nos orgies, laissons partout des traces de nos réjouissances; car c'est là notre part, c'est là notre destinée. 

10 

«Opprimons le juste qui est pauvre; n'épargnons pas la veuve, et n'ayons nul égard pour les cheveux blancs du vieillard chargé d'années. 

11 

Que notre force soit la loi de la justice; ce qui est faible est jugé bon à rien. 

12 

Traquons donc le juste, puisqu'il nous incommode qu'il est contraire à notre manière d'agir, qu'il nous reproche de violer la loi, et nous accuse de démentir notre éducation. 

13 

Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et se nomme fils du Seigneur. 

14 

Il est pour nous la condamnation de nos pensées, sa vue seule nous est insupportable; 

15 

car sa vie ne ressemble pas à celle des autres, et ses voies sont étranges. 

16 

Dans sa pensée, nous sommes d'impures scories, il évite notre manière de vivre comme une souillure; il proclame heureux le sort des justes, et se vante d'avoir Dieu pour père. 

17 

Voyons donc si ce qu'il dit est vrai, et examinons ce qu'il lui arrivera au sortir de cette vie. 

18 

Car si le juste est fils de Dieu, Dieu prendra sa défense, et le délivrera de la main de ses adversaires. 

19 

Soumettons-le aux outrages et aux tourments, afin de connaître sa résignation, et de juger sa patience. 

20 

Condamnons-le à une mort honteuse, car, selon qu'il le dit, Dieu aura souci de lui.» 

21 

Telles sont leurs pensées, mais ils se trompent, leur malice les a aveuglés. 

22 

Ignorant les desseins secrets de Dieu, ils n'espèrent pas de rémunération pour la sainteté, et ils ne croient pas à la récompense des âmes pures. 

23 

Car Dieu a créé l'homme pour l'immortalité, et il l'a fait à l'image de sa propre nature. 

24 

C'est par l'envie du diable que la mort est venue dans le monde, 

25 

ils en feront l'expérience, ceux qui lui appartiennent. 

Chapitre 3 

  

1 

Les âmes des justes sont dans la main de Dieu, et le tourment ne les atteindra pas. 

2 

Aux yeux des insensés, ils paraissent être morts, et leur sortie de ce monde semble un malheur, 

3 

et leur départ du milieu de nous un anéantissement; mais ils sont dans la paix. 

4 

Alors même que, devant les hommes, ils ont subi des châtiments, leur espérance est pleine d'immortalité. 

5 

Après une légère peine, ils recevront une grande récompense; car Dieu les a éprouvés, et les a trouvés dignes de lui. 

6 

Il les a essayés comme l'or dans la fournaise, et les a agréés comme un parfait holocauste. 

7 

Au temps de leur récompense, ils brilleront; comme des étincelles, ils courront à travers le chaume. 

8 

Ils jugeront les nations et domineront sur les peuples, et le Seigneur régnera sur eux à jamais. 

9 

Eux qui ont mis en lui leur confiance, ils comprendront la vérité, ses fidèles habiteront avec lui dans l'amour; car la grâce et la miséricorde sont pour ses élus. 

10 

Mais les impies auront le châtiment mérité par leurs pensées perverses, eux qui ont méprisé le juste, et se sont éloignés du Seigneur. 

11 

Car qui rejette la sagesse et la correction est voué au malheur; leur espérance est vaine, leurs efforts sont infructueux, et leurs oeuvres sans profit. 

12 

Leurs femmes sont insensées, leurs enfants pleins de malice, et leur postérité est maudite. 

13 

C'est pourquoi heureuse la femme stérile et sans tache, dont la couche ne connaît pas la souillure! Elle aura son fruit à la visite des âmes. 

14 

Heureux encore l'eunuque qui de sa main n'a pas fait l'iniquité et qui n'a pas conçu de pensées criminelles contre le Seigneur! Il recevra une récompense de choix pour sa fidélité, et il aura dans le temple du Seigneur le sort le plus désirable. 

15 

Car du travail des bonnes oeuvres le fruit est glorieux, et la racine de la prudence ne périt pas. 

16 

Mais les enfants des adultères n'atteindront pas leur fin, et la race sortie d'une couche criminelle disparaîtra. 

17 

Si leur vie est longue, ils seront comptés pour rien, et leur vieillesse à la fin sera sans honneur. 

18 

S'ils meurent promptement, ils n'auront pas d'espérance, ni de consolation au jour du jugement. 

19 

Car la race injuste a toujours une fin funeste. 

Chapitre 4 

  

1 

Mieux vaut la stérilité avec la vertu; sa mémoire est immortelle, car elle est connue de Dieu et des hommes. 

2 

Quand on l'a sous les yeux, on l'imite; quand elle n'est plus là, on la regrette; couronnée dans l'éternité, elle triomphe, ayant remporté la victoire dans des combats sans souillure. 

3 

Mais la nombreuse postérité des impies est sans utilité; issue de rejetons bâtards, elle ne jettera pas de racines profondes, et ne s'établira pas sur un fondement assuré. 

4 

Alors même qu'ils se couvriraient pour un temps de verts rameaux, fixés au sol sans solidité, ils seront ébranlés par le vent, et déracinés par la violence de l'ouragan. 

5 

Leurs rameaux seront brisés encore tendres, leurs fruits sont inutiles, trop verts, pour être mangés, et impropres à tout usage. 

6 

Car les enfants nés de sommeils impurs sont témoins du crime contre leurs parents quand on les interroge. 

7 

Mais le juste, lors même qu'il meurt avant l'âge, trouve le repos. 

8 

Une vieillesse honorable n'est pas celle que donne une longue vie; ni celle qui se mesure au nombre des années. 

9 

Mais la prudence tient lieu pour l'homme de cheveux blancs, et l'âge de la vieillesse, c'est une vie sans tache. 

10 

Etant agréable à Dieu, il était aimé de lui, et, comme il vivait parmi les pécheurs, il a été transféré. 

11 

Il a été enlevé de peur que la malice n'altérât son intelligence, ou que la ruse ne pervertît son âme. 

12 

Car l'enchantement du vice obscurcit le bien et le vertige de la passion pervertit un esprit sans malice. 

13 

Arrivé en peu de temps à la perfection, il a fourni une longue carrière. 

14 

Car son âme était agréable au Seigneur; c'est pourquoi le Seigneur s'est hâté de le retirer du milieu de l'iniquité. 

15 

Les peuples le voient sans y rien comprendre, ne se mettant pas ceci dans l'esprit que la grâce de Dieu et sa miséricorde sont avec ses élus, et qu'il a souci de ses saints. 

16 

Mais le juste qui meurt condamne les impies qui survivent, et la jeunesse arrivée si vite à la perfection condamne la longue vieillesse de l'homme injuste. 

17 

Ils verront la fin du sage, mais sans comprendre les desseins de Dieu sur lui, ni pourquoi le Seigneur l'a mis en sûreté. 

18 

Ils verront et se moqueront, mais le Seigneur se rira d'eux; 

19 

et après cela ils seront un cadavre sans honneur, ils seront parmi les morts dans l'opprobre pour toujours. Le Seigneur les brisera, et, réduits au silence, les précipitera; il les ébranlera de leurs fondements, et ils seront détruits jusqu'au dernier; ils seront dans la douleur, et leur mémoire périra. 

20 

Ils viendront pleins d'effroi à la pensée de leurs péchés, et leurs crimes, se dressant devant eux, les accuseront. 

Chapitre 5 

  

1 

Alors le juste sera debout en grande assurance, en face de ceux qui l'ont persécuté, et qui méprisaient ses labeurs. 

2 

A cette vue, ils seront agités d'une horrible épouvante, ils seront dans la stupeur devant la révélation du salut. 

3 

Ils se diront, pleins de regret, et gémissant dans le serrement de leur coeur: «Voilà donc celui qui était autrefois l'objet de nos moqueries, et le but de nos outrages! 

4 

Insensés, nous regardions sa vie comme une folie et sa fin comme un opprobre. 

5 

Comment est-il compté parmi les enfants de Dieu, et sa part est-elle parmi les saints? 

6 

Nous avons donc erré, loin du chemin de la vérité; la lumière de la justice n'a pas brillé sur nous, et sur nous ne s'est pas levé le soleil. 

7 

Nous nous sommes rassasiés dans la voie de l'iniquité et de la perdition, nous avons marché dans des déserts sans chemin, et nous n'avons pas connu la voie du Seigneur. 

8 

A quoi nous a servi l'orgueil, et que nous a rapporté la richesse avec la jactance? 

9 

Toutes ces choses ont passé comme l'ombre, comme une rumeur qui s'enfuit; 

10 

comme le navire qui fend l'onde agitée, sans qu'on puisse découvrir la trace de son passage, 

11 

ou comme l'oiseau traversant les airs, sans qu'on relève aucun vestige de sa route; mais il bat à coups de plumes l'air léger, d'un puissant élan il le déchire, s'y fait un chemin en agitant ses ailes; puis, on n'y voit aucun indice de son passage; 

12 

ou comme, lorsque la flèche a été lancée vers son but, l'air qu'elle a fendu revient aussitôt sur lui-même, et l'on ne sait plus par où elle a passé: 

13 

Ainsi nous-mêmes, nous sommes nés et nous avons cessé d'être, et nous n'avons à montrer aucune trace de vertu; et dans notre iniquité, nous avons été retranchés.» 

14 

En effet, l'espoir de l'impie est comme le duvet que le vent emporte, comme le givre léger que disperse l'ouragan, comme la fumée qu'un souffle dissipe, comme le souvenir de l'hôte d'un jour qui s'évanouit. 

15 

Mais les justes vivent éternellement; leur récompense est auprès du Seigneur, et le Tout-Puissant a souci d'eux. 

16 

C'est pourquoi ils recevront de la main du Seigneur le magnifique royaume et le splendide diadème; car il les protégera de sa droite, de son bras, il les couvrira comme d'un bouclier. 

17 

Il saisira son zèle comme armure, et il armera la création pour se venger de ses ennemis. 

18 

Il revêtira comme cuirasse la justice, et prendra pour casque un jugement sincère. 

19 

Il prendra la sainteté comme un bouclier inexpugnable. 

20 

De son inexorable colère il fera un glaive aigu, et l'univers combattra avec lui contre les insensés. 

21 

Les traits de la foudre bien dirigés partiront, et, du sein des nuages, comme d'un arc bien tendu, voleront au but marqué. 

22 

Sa colère, comme une baliste, lancera une masse de grêle; l'eau de la mer se soulèvera contre eux, et les fleuves se précipiteront avec furie. 

23 

Le souffle de la puissance divine s'élèvera contre eux, et les dispersera comme un tourbillon: et ainsi l'iniquité fera de toute la terre un désert, et la malice renversera les trônes des puissants. 

Chapitre 6 

  

1 

Ecoutez donc, ô rois, et comprenez; écoutez l'instruction, vous qui jugez les extrémités de la terre. 

2 

Prêtez l'oreille, vous qui dominez sur la multitude, qui êtes fiers de commander à des foules de peuples. 

3 

Sachez que la force vous a été donnée par le Seigneur, et la puissance par le Très-Haut, qui examinera vos oeuvres et sondera vos pensées. 

4 

Parce que, étant les ministres de sa royauté, vous n'avez pas jugé avec droiture, ni observé la loi, ni marché selon la volonté de Dieu; 

5 

terrible et soudain, il fondra sur vous, car un jugement sévère s'exerce sur ceux qui commandent. 

6 

Aux petits, on pardonne par pitié; mais les puissants sont puissamment châtiés. 

7 

Le souverain de tous ne reculera devant personne, il ne s'arrêtera par respect devant aucune grandeur; car il a fait les grands et les petits, et il prend soin des uns comme des autres. 

8 

Mais les puissants seront soumis à une épreuve plus rigoureuse. 

9 

C'est donc à vous, ô rois, que s'adressent mes discours, afin que vous appreniez la sagesse et que vous ne tombiez point. 

10 

Ceux qui observent saintement les saintes lois seront sanctifiés, et ceux qui les auront apprises auront de quoi répondre. 

11 

Mettez donc vos complaisances dans mes paroles, désirez-les, et vous aurez l'instruction. 

12 

La sagesse est brillante, et son éclat ne se ternit pas; facilement on l'aperçoit quand on l'aime, facilement on la trouve quand on la cherche. 

13 

Elle prévient ceux qui la cherchent, et se montre à eux la première. 

14 

Celui qui se lève matin pour la chercher n'a pas de peine: il la trouve assise à sa porte. 

15 

Car penser à elle, c'est la perfection de la prudence, et celui qui veille à cause d'elle sera bientôt libre de soucis; 

16 

elle-même va de tous côtés chercher ceux qui sont dignes d'elle, elle se montre amicalement à eux dans leurs voies, et les assiste dans tous leurs desseins. 

17 

En effet, son commencement le plus assuré est le désir de l'instruction. 

18 

Or le soin de l'instruction conduit à l'amour, l'amour fait qu'on obéit à ses lois, l'obéissance à ses lois assure l'immortalité, 

19 

et l'immortalité donne une place près de Dieu. 

20 

Ainsi le désir de la sagesse conduit à la royauté. 

21 

Si donc, ô rois des peuples, vous mettez votre plaisir dans les trônes et le sceptre, honorez la sagesse, afin de régner éternellement. 

22 

Mais ce qu'est la sagesse et son origine, je vais l'exposer, sans vous cacher les mystères de Dieu. Je remonterai jusqu'au début de la création, je mettrai au grand jour ce qui la concerne, et je ne m'écarterai pas de la vérité. 

23 

Loin de moi de faire route avec l'envie dévorante! Elle n'a rien de commun avec la sagesse. 

24 

Le grand nombre des sages fait le salut de la terre, et un roi sage la prospérité de son peuple. 

25 

Recevez donc l'instruction par mes paroles, et vous vous en trouverez bien. 

Chapitre 7 

  

1 

Je suis moi-même un mortel, semblable à tous et descendant du premier qui fut formé de terre. 

2 

J'ai été formé quant à la chair dans le sein de ma mère, pendant dix mois prenant consistance dans le sang, par la semence de l'homme, durant le repos du sommeil. 

3 

Moi aussi, à ma naissance, j'ai respiré l'air commun à tous, je suis tombé sur la même terre, et, comme celui de tous, mon premier cri fut un gémissement. 

4 

J'ai été élevé dans des langes et avec des soins infinis. 

5 

Aucun roi n'a eu un autre commencement d'existence. 

6 

Il n'y a pour tous qu'une seule manière d'entrer dans la vie et d'en sortir. 

7 

C'est pourquoi j'ai prié, et la prudence m'a été donnée; j'ai invoqué, et l'esprit de sagesse est venu en moi. 

8 

Je l'ai préférée aux sceptres et aux couronnes, et j'ai estimé de nul prix les richesses auprès d'elle. 

9 

Je ne lui ai pas égalé les pierres les plus précieuses, car tout l'or du monde n'est auprès d'elle qu'un peu de sable, et l'argent, à côté d'elle, doit être estimé comme de la boue. 

10 

Je l'ai aimée plus que la santé et la beauté; j'ai préféré la posséder plutôt que la lumière, car son flambeau ne s'éteint jamais. 

11 

Avec elle me sont venus tous les biens, et des richesses innombrables sont dans ses mains. 

12 

Et je me suis réjoui de tous ces biens, car la sagesse les amène avec elle; j'ignorais pourtant qu'elle en était la mère. 

13 

Je l'ai apprise sans arrière-pensée, et je ne cache point ses trésors. 

14 

Car elle est pour les hommes un trésor inépuisable; ceux qui en usent ont part à l'amitié de Dieu, à qui les recommandent les dons acquis par l'instruction. 

15 

Que Dieu me donne d'en parler comme je le voudrais, et de concevoir des pensées dignes des dons que j'ai reçus! Car c'est lui qui conduit la sagesse, et qui dirige les sages. 

16 

Nous sommes dans sa main, nous et nos discours, et toute la prudence et le savoir-faire. 

17 

C'est lui qui m'a donné la véritable science des êtres, pour me faire connaître la structure de l'univers, et les propriétés des éléments, 

18 

le commencement, al fin et le milieu des temps, les retours périodiques du soleil, les vicissitudes des temps, 

19 

les cycles des années et la position des étoiles, 

20 

la nature des animaux et les instincts des bêtes, la puissance des esprits et les raisonnements des hommes, les différentes espèces des plantes et la vertu des racines. 

21 

Tout ce qui est caché et à découvert, je l'ai appris; 

22 

car la sagesse, ouvrière de toutes choses, me l'a enseigné. En elle, en effet, il y a un esprit intelligent, saint, unique, multiple, immatériel, actif, pénétrant, sans souillure, infaillible, impassible, aimant le bine, sagace, ne connaissant pas d'obstacle, bienfaisant, 

23 

bon pour les hommes, immuable, assuré, tranquille, tout-puissant, surveillant tout, pénétrant tous les esprits, les intelligents, les purs et les plus subtils. 

24 

Car la sagesse est plus agile que tout mouvement; elle pénètre et s'introduit partout, à cause de sa pureté. 

25 

Elle est le souffle de la puissance de Dieu, une pure émanation de la gloire du Tout-puissant; aussi rien de souillé ne peut tomber sur elle. 

26 

Elle est le resplendissement de la lumière éternelle, le miroir sans tache de l'activité de Dieu, et l'image de sa bonté. 

27 

Etant unique, elle peut tout; restant la même, elle renouvelle tout; se répandant, à travers les âges, dans les âmes saintes, elle en fait des amis de Dieu et des prophètes. 

28 

Dieu, en effet, n'aime que celui qui habite avec la sagesse. 

29 

Car elle est plus belle que le soleil, et que l'arrangement harmonieux des étoiles. Comparée à la lumière, elle l'emporte sur elle; 

30 

car la lumière fait place à la nuit, mais le mal ne prévaut pas contre la sagesse. 

Chapitre 8 

  

1 

La sagesse atteint avec force d'un bout du monde à l'autre, et dispose tout avec douceur. 

2 

Je l'aimai et la recherchai dès ma jeunesse; je cherchai à l'avoir pour épouse, et j'étais épris de sa beauté. 

3 

Elle fait voir la gloire de son origine en ce qu'elle habite avec Dieu, et le maître de toutes choses l'aime. 

4 

Car c'est elle qui initie à la science de Dieu, et qui choisit parmi ses oeuvres. 

5 

Si la richesse est un bien désirable en cette vie, quoi de plus riche que la sagesse, qui opère toutes choses? 

6 

Si la prudence préside au travail, qui mieux que la sagesse est l'ouvrière de tout ce qui existe? 

7 

Aime-t-on la justice? Les labeurs de la sagesse produisent les vertus; elle enseigne la tempérance et la prudence, la justice et la force, ce qu'il y a de plus utile aux hommes pendant la vie. 

8 

Désire-t-on une science étendue? Elle connaît le passé et conjecture l'avenir; elle pénètre les discours subtils et résout les énigmes; elle connaît à l'avance les signes et les prodiges; elle sait les événements des temps et des époques. 

9 

Aussi ai-je résolu de la prendre pour compagne de ma vie, sachant qu'elle serait pour moi une conseillère de tout bien, et une consolation dans mes soucis et mes peines. 

10 

Par elle, me disais-je, j'aurai de la gloire dans les assemblées, et, jeune encore, de l'honneur auprès des vieillards. 

11 

On reconnaîtra ma pénétration dans les jugements, et devant moi les grands seront dans l'admiration. 

12 

Si je me tais, ils attendront que je prenne la parole; si je parle, ils tiendront les yeux fixés sur moi; et si je prolonge mon discours, ils mettront la main sur leur bouche. 

13 

Par elle, j'obtiendrai l'immortalité, et je laisserai à la postérité un souvenir éternel. 

14 

Je gouvernerai des peuples, et les nations étrangères me seront soumises. 

15 

En entendant parler de moi, des rois redoutables me craindront: je me montrerai bon au milieu du peuple, et vaillant à la guerre. 

16 

A mon retour dans ma maison, je me reposerai auprès d'elle; car sa société ne cause aucune amertume, ni son commerce aucun ennui, mais le contentement et la joie. 

17 

Méditant ces pensées en moi-même, et réfléchissant en mon coeur que l'immortalité est le fruit de l'union avec la sagesse, 

18 

qu'il y a dans son amitié une noble jouissance, et dans les oeuvres de ses mains des richesses inépuisables, qu'on acquiert la prudence dans un commerce assidu avec elle, et la gloire à prendre part à sa conversation: j'allai de tous côtés, cherchant le moyen de l'avoir avec moi. 

19 

J'étais un enfant d'un bon naturel, et j'avais reçu en partage une bonne âme; 

20 

ou plutôt, étant bon, je vins à un corps sans souillure. 

21 

Mais, sachant que je ne pourrais obtenir la sagesse si Dieu ne me la donnait, - et c'était déjà de la prudence que de savoir de qui vient ce don, - je m'adressai au Seigneur, et je l'invoquai, et je lui dis du fond de mon coeur: 

Chapitre 9 

  

1 

«Dieu des pères, Seigneur de miséricorde, qui avez fait l'univers par votre parole, 

2 

et qui, par votre sagesse, avez établi l'homme pour dominer sur toutes les créatures que vous avez faites, 

3 

pour régir le monde dans la sainteté et la justice, et exercer l'empire dans la droiture du coeur, 

4 

donnez-moi la Sagesse qui est assise près de votre trône, et ne me rejetez pas du nombre de vos enfants. 

5 

Car je suis votre serviteur et le fils de votre servante, un homme faible, à la vie courte, et peu capable de comprendre le jugement et les lois. 

6 

Quelqu'un serait-il parfait parmi les enfants des hommes, s'il manque de la sagesse qui vient de vous, il sera compté pour rien. 

7 

Vous m'avez choisi pour régner sur votre peuple, et juger vos fils et vos filles. 

8 

Et vous m'avez dit de bâtir un temple sur votre montagne sainte, et un autel dans la cité où vous demeurez, sur le modèle du saint tabernacle que vous avez préparé dès l'origine. 

9 

Avec vous est la Sagesse qui connaît vos oeuvres, qui était là quand vous faisiez l'univers, et qui sait ce qui est agréable à vos yeux, et ce qui est juste selon vos commandements. 

10 

Envoyez-la de vos cieux très saints, envoyez-la du trône de votre gloire, afin qu'elle m'assiste dans mes labeurs, et que je connaisse ce qui vous est agréable. 

11 

Car elle connaît et comprend toutes choses, et elle me conduira avec prudence dans mes oeuvres, et me gardera par sa gloire. 

12 

Et ainsi mes oeuvres vous seront agréables, je gouvernerai votre peuple avec justice, et je serai digne du trône de mon père. 

13 

Quel homme, en effet, peut connaître le conseil de Dieu, ou bien peut pénétrer ce que veut le Seigneur? 

14 

Les pensées des homme sont incertaines, et nos opinions sont hasardées. 

15 

Car le corps, sujet à la corruption, appesantit l'âme, et sa demeure terrestre accable l'esprit aux pensées multiples. 

16 

Nous avons peine à deviner ce qui est sur la terre, et nous trouvons avec difficulté ce qui est sous notre main: qui donc a pénétré ce qui est dans le ciel? 

17 

Qui a connu votre volonté, si vous ne lui avez pas donné la Sagesse, et si vous n'avez pas envoyé d'en haut votre Esprit saint? 

18 

Ainsi ont été rendues droites les voies de ceux qui sont sur la terre, et les hommes ont appris ce qui vous est agréable, et ils ont été sauvés par la Sagesse.» 

Chapitre 10 

  

1 

C'est la sagesse qui garda le premier homme formé par Dieu, pour être le père du genre humain, le seul créé; 

2 

elle le tira de son péché, et lui donna le pouvoir de gouverner toutes les créatures. 

3 

S'étant éloigné d'elle dans sa colère, l'injuste périt avec sa fureur fratricide. 

4 

Quand, à cause de lui, la terre fut submergée, la sagesse la sauva, dirigeant le juste sur un bois sans valeur. 

5 

Lorsque les nations étaient confondues dans leur commune iniquité, la sagesse connut le juste et le conserva sans reproche devant Dieu, et le garda invincible contre sa tendresse pour son fils 

6 

Ce fut elle qui, au milieu de la ruine des méchants, sauva le juste, qui s'enfuit loin du feu descendu sur les cinq villes. 

7 

En témoignage de leur perversité, cette terre désolée continue de fumer, les arbres portent leurs fruits hors de saison; monument d'une âme incrédule, une colonne de sel reste là debout. 

8 

Ayant négligé la sagesse, non seulement ils ont été privés de la connaissance du bien, mais ils ont laissé aux vivants un monument de leur folie, afin que leurs crimes ne puissent tomber dans l'oubli. 

9 

Mais la sagesse a délivré du malheur ses fidèles. 

10 

C'est elle qui conduisit par des voies droites le juste fuyant la colère de son frère, qui lui montra le royaume de Dieu, et lui donna la science des choses saintes; elle l'enrichit dans ses pénibles labeurs, et fit fructifier ses travaux. 

11 

Elle l'assista contre d'avares oppresseurs, et lui fit acquérir des richesses. 

12 

Elle garda contre ses ennemis, et le protégea contre ceux qui lui dressaient des embûches; elle lui donna la victoire dans un rude combat, pour lui apprendre que la piété est plus puissante que tout. 

13 

Elle n'abandonna pas le juste vendu, mais le préserva du péché; 

14 

elle descendit avec lui dans la fosse, et ne le quitta pas dans les chaînes, jusqu'à ce qu'elle lui eut procuré le sceptre royal, et la puissance sur ses oppresseurs; elle convainquit de mensonge ceux qui l'avaient accusé, et lui donna une gloire éternelle. 

15 

Elle délivra des nations qui l'opprimaient le peuple saint et la race sans reproche. 

16 

Elle entra dans l'âme du serviteur de Dieu, et, par des signes et des prodiges, elle tint tête à des rois redoutables. 

17 

Elle rendit aux saints le salaire de leurs travaux, elle les conduisit par une route semée de merveilles, et fut pour eux un ombrage pendant le jour, et comme la lumière des étoiles pendant la nuit. 

18 

Elle leur fit traverser la mer Rouge, et les conduisit à travers les grandes eaux. 

19 

Elle submergea leurs ennemis, puis des profondeurs de l'abîme elle les rejeta. 

20 

C'est pourquoi les justes enlevèrent les dépouilles des impies, et chantèrent votre saint nom, Seigneur, et louèrent de concert votre main qui combattait pour eux. 

21 

Car la sagesse ouvrit la bouche des muets et rendit éloquente la langue des enfants. 

Chapitre 11 

  

1 

Elle fit réussir leurs oeuvres par la main d'un saint prophète. 

2 

Ils firent route à travers un désert inhabité, et dressèrent leurs tentes dans des régions sans chemin. 

3 

Ils résistèrent à leurs ennemis, et tirèrent vengeance de leurs adversaires. 

4 

Ils éprouvèrent la soif et vous invoquèrent, et l'eau leur fut donnée d'un rocher escarpé, et d'une pierre, l'apaisement de leur soif. 

5 

Ce qui avait fait le châtiment de leurs ennemis devint pour eux une bénédiction dans leur détresse. 

6 

En effet, tandis que les eaux d'un fleuve intarissable étaient troublées par un sang impur, 

7 

en punition du décret qui frappait de mort les enfants, vous donniez à vos fidèles, contre tout espoir, une eau abondante, 

8 

leur montrant ainsi, par la soif qu'ils ressentirent alors, de quel châtiment vous frappiez vos adversaires. 

9 

Après cette épreuve, quoique punis avec miséricorde, ils surent comment étaient tourmentés les impies jugés dans la colère. 

10 

Vous avez éprouvé les uns comme un père qui avertit, et vous avez châtié les autres comme un roi sévère qui condamne. 

11 

Absents ou présents, ils furent également tourmentés. 

12 

Un double chagrin les saisit, et ils gémissaient au souvenir de ce qui était arrivé. 

13 

Car en apprenant que leurs propres tourments tournaient à l'avantage des fugitifs, ils reconnurent la main du Seigneur. 

14 

Celui qu'ils avaient autrefois exposé et rejeté avec mépris, ils l'admirèrent à la fin des événements, lorsqu'ils eurent souffert une soif bien différente de celle des justes. 

15 

En punition des pensées extravagantes de leurs perversité, qui les égaraient et leur faisaient adorer des reptiles sans raison et de vils animaux, vous leur envoyâtes en châtiment une multitude de bêtes stupides: 

16 

pour leur apprendre que l'on est puni par où l'on a péché. 

17 

Il n'était pas difficile à votre main toute-puissante, qui a fait le monde d'une matière informe, d'envoyer contre eux une multitude d'ours ou de lions féroces, 

18 

ou des bêtes nouvellement créées, pleines de fureur et inconnues, respirant une vapeur enflammée, exhalant une fumée infecte, ou lançant par les yeux de terribles éclairs, 

19 

capables, non seulement de donner la mort par une blessure, mais de foudroyer de peur par leur seul aspect. 

20 

Et, sans cela même, ils pouvaient périr par un simple souffle, poursuivis par la justice, et dispersés par le souffle de votre puissance. Mais vous avez tout réglé avec mesure, avec nombre et avec poids. 

21 

Car la souveraine puissance est toujours à vos ordres, et qui donc résisterait à la force de votre bras? 

22 

Le monde entier est devant vous comme l'atome qui fait pencher la balance, comme la goutte de rosée matinale qui tombe sur la terre. 

23 

Mais, parce que vous pouvez tout, vous avez pitié de tous, et vous fermez les yeux sur les péchés des hommes pour qu'ils se repentent. 

24 

Car vous aimez toutes les créatures, et vous ne haïssez rien de ce que vous avez fait; si vous aviez haï une chose, vous ne l'auriez pas faite. 

25 

Et comment un être subsisterait-il, si vous ne le vouliez, se conserverait-il, si vous ne l'aviez appelé à l'existence? 

26 

Mais vous pardonnez à tous, parce que tout est à vous, Seigneur, qui aimez les âmes. 

Chapitre 12 

  

1 

Car votre esprit incorruptible est dans tous les êtres. 

2 

C'est pourquoi vous châtiez avec modération ceux qui tombent, et, quand ils pèchent, vous les avertissez et vous les reprenez, afin que, renonçant à leur malice, ils croient en vous, Seigneur. 

3 

Vous aviez en haine les anciens habitants de votre terre sainte, 

4 

parce qu'ils se livraient à des oeuvres détestables de magie, 

5 

à des cérémonies impies, et à des meurtres cruels d'enfants, dévorant des chairs humaines et s'abreuvant de sang. Ces initiés à d'abominables mystères, 

6 

ces parents meurtriers d'êtres sans défense, vous vouliez les détruire par la main de nos pères, 

7 

afin que cette terre que vous honorez entre toutes reçût une digne colonie d'enfants de Dieu. 

8 

Cependant, comme ils étaient hommes, vous avez usé de clémence, et vous avez envoyé, comme avant-coureurs de votre armée, des frelons pour les faire périr peu à peu. 

9 

Non qu'il vous fût impossible de faire tomber ces impies, dans une bataille rangée, sous la main des justes, ou de les exterminer d'un seul coup par des bêtes féroces, ou par un ordre rigoureux 

10 

mais, en exerçant vos jugements par degré, vous leur donniez lieu de faire pénitence, quoique vous sussiez bien qu'ils étaient une race perverse, que leur malice était innée, et que leurs pensées ne changeraient jamais; 

11 

car c'était une race maudite dès l'origine. Ce n'est pas non plus par crainte de personne que vous vous êtes montré indulgent pour leurs péchés. 

12 

Qui en effet pourrait vous dire: «Qu'avez-vous fait?» Qui pourrait s'opposer à votre jugement? Qui vous accuserait de faire périr les nations que vous avez faites? Qui viendrait plaider contre vous la cause d'hommes impies? 

13 

Car il n'y a pas d'autre Dieu que vous, qui prenez soin de toutes choses, afin de montrer que vous ne jugez pas injustement. 

14 

Il n'y a ni roi ni tyran qui puisse se lever contre vous, pour la défense de ceux que vous avez châtiés. 

15 

Mais, comme vous êtes juste, vous réglez tout avec justice, et vous regardez comme une chose contraire à votre puissance de condamner aussi celui qui ne mérite pas de châtiment. 

16 

Car votre puissance est le fondement de la justice, et c'est parce que vous êtes le Seigneur de tous que vous usez d'indulgence envers tous. 

17 

C'est à ceux qui ne croient pas à votre toute-puissance que vous montrez votre force, et vous confondez l'audace de ceux qui la connaissent. 

18 

Maître de votre force, vous jugez avec douceur, et vous nous gouvernez avec une grande indulgence, car la puissance est avec vous quand vous le voulez. 

19 

En agissant ainsi, vous avez appris à votre peuple que le juste doit être humain, et vous avez inspiré à vos enfants la joyeuse espérance que, s'ils pèchent, vous leur accordez le temps du repentir. 

20 

Si, en effet, vous avez puni, avec tant de ménagement et d'indulgence, les ennemis de vos serviteurs, bien qu'ils fussent dignes de mort, leur donnant le temps et l'occasion de se convertir de leur malice, 

21 

avec quelle circonspection jugez-vous vos enfants, dont les pères ont reçu de vous des serments et des alliances, jointes à de magnifiques promesses! 

22 

Quand vous nous corrigez, vous flagellez nos ennemis mille fois plus fort, pour nous apprendre, quand nous jugeons, à songer à votre bonté, et, quand nous sommes jugés, à espérer en votre miséricorde. 

23 

Voilà pourquoi vous avez tourmenté par leurs propres abominations les injustes qui passaient leur vie dans la folie. 

24 

Car ils s'étaient enfoncés si loin dans les voies de l'erreur, qu'ils regardaient comme des dieux les plus vils des animaux, s'étant laissé tromper comme des enfants sans raison. 

25 

Aussi comme à des enfants sans raison, leur avez-vous envoyé d'abord un châtiment dérisoire. 

26 

Mais ceux qu'une correction dérisoire n'a pas amendés, subiront un châtiment digne de Dieu. 

27 

Châtiés par ceux qu'ils prenaient pour des dieux, ils furent exaspérés de leurs souffrances, et, voyant Celui qu'ils avaient autrefois refusé de connaître, ils le reconnurent pour le Dieu véritable; c'est pourquoi la suprême condamnation tomba sur eux. 

Chapitre 13 

  

1 

Insensés par nature tous les hommes qui ont ignoré Dieu, et qui n'ont pas su, par les biens visibles, voir Celui qui est, ni, par la considération de ses oeuvres, reconnaître l'Ouvrier. 

2 

Mais ils ont regardé le feu, le vent, l'air mobile, le cercle des étoiles, l'eau impétueuse, les flambeaux du ciel, comme des dieux gouvernant l'univers. 

3 

Si, charmés de leur beauté, ils ont pris ces créatures pour des dieux, qu'ils sachent combien le Maître l'emporte sur elles; car c'est l'Auteur même de la beauté qui les a faites. 

4 

Et s'ils en admiraient la puissance et les effets, qu'ils en concluent combien est plus puissant celui qui les a faites. 

5 

Car la grandeur et la beauté des créatures font connaître par analogie Celui qui en est le Créateur. 

6 

Ceux-ci pourtant encourent un moindre reproche; car ils s'égarent peut-être en cherchant Dieu et en voulant le trouver. 

7 

Occupés de ses oeuvres, ils en font l'objet de leurs recherches, et s'en rapportent à l'apparence, tant ce qu'ils voient est beau! 

8 

D'autre part, ils ne sont pas non plus excusables; 

9 

car, s'ils ont acquis assez de science pour arriver à connaître le monde, comment n'en ont-ils pas connu plus facilement le Maître? 

10 

Mais ils sont bien malheureux, et ils mettent leur espérance en des objets sans vie, ceux qui ont appelé Dieu des ouvrages de la main des hommes, de l'or et de l'argent travaillés avec art, des figures d'animaux ou une pierre inutile, ouvrage d'une main antique. 

11 

Voici qu'un artisan a coupé un arbre facile à travailler; il en ôte adroitement toute l'écorce, et, le façonnant avec habileté, il en fabrique un meuble utile pour l'usage de la vie. 

12 

Son travail achevé, il emploie ce qui reste à faire cuire ses aliments, et satisfait sa faim. 

13 

Quant aux derniers débris, qui ne sont plus d'aucun usage, au bois tordu et plein de noeuds, il le prend, le taille pour occuper ses loisirs, et, par un travail habile, lui donne une figure: il le fait ressembler à un homme. 

14 

Ou bien il en fait l'image de quelque vil animal, le peint de vermillon, en recouvre la surface d'une couleur rouge, et fait disparaître sous un enduit toutes les taches. 

15 

Puis, lui ayant disposé une habitation convenable, il le place contre la muraille et le fixe avec du fer. 

16 

Il prend bien garde qu'il ne tombe, sachant que le Dieu ne peut s'aider lui-même, car ce n'est qu'une statue qui a besoin d'appui. 

17 

Cependant il le prie au sujet de ses biens, de ses mariages et de ses enfants, et il ne rougit pas de parler à ce qui n'a point d'âme. Il demande la santé à ce qui est sans force, 

18 

la vie à ce qui est mort, le secours à ce qui ne peut rendre aucun service, un heureux voyage à ce qui ne peut se servir de ses pieds. 

19 

Pour assurer ses profits, ses entreprises, le succès de son travail, il demande l'énergie à ce qui a les mains les plus débiles. 

Chapitre 14 

  

1 

En voici un autre qui pense à prendre la mer, et se dispose à voyager sur les flots en fureur: il invoque un bois plus fragile encore que le vaisseau qui le porte; 

2 

car, ce vaisseau, c'est la passion du lucre qui l'a inventé, et c'est l'habileté de l'ouvrier qui l'a construit. 

3 

Mais, ô Père, c'est votre providence qui le gouverne, vous qui avez même ouvert un chemin dans la mer, et une route sûre au milieu des flots, 

4 

montrant par là que vous pouvez délivrer de tout péril, afin que, même sans la science de la navigation, on puisse se mettre en mer. Vous ne voulez pas que les oeuvres de votre sagesse restent inutiles; c'est pourquoi les hommes, confiant leur vie à un bois fragile, 

5 

traversent les vagues sur un radeau, et échappent à la mort. 

6 

Et jadis, alors que les géants orgueilleux périssaient, l'espérance de l'univers échappa sur une barque, et, gouvernée par votre main, laissa au monde la semence d'une postérité. 

7 

Car béni est le bois qui sert à un juste usage. 

8 

Mais l'idole, oeuvre de la main des hommes, est maudite, elle et son auteur: celui-ci parce qu'il l'a faite, celle-là parce qu'étant périssable, elle est appelée Dieu; 

9 

car Dieu hait également l'impie et son impiété, 

10 

et l'oeuvre et l'ouvrier seront pareillement châtiés. 

11 

C'est pourquoi les idoles des nations seront visitées, parce que, créatures de Dieu, elles sont devenues une abomination, un scandale pour les âmes des hommes, un piège pour les pieds des insensés. 

12 

L'idée de faire des idoles fut le principe de la fornication, et leur invention a amené la perte de la vie. 

13 

Il n'y en avait pas à l'origine et il n'y en aura pas toujours. 

14 

C'est la vanité des hommes qui les a introduites dans le monde; aussi leur fin prochaine est-elle arrêtée dans la pensée divine. 

15 

Un père accablé par une douleur prématurée a façonné l'image d'un fils qui lui a été trop tôt enlevé; et cet enfant qui était mort, il s'est mis à l'honorer comme un Dieu, et il a institué parmi les gens de sa maison des rites pieux et des cérémonies. 

16 

Puis, cette coutume impie, s'affermissant avec le temps, fut observée comme une loi, et, sur l'ordre des princes, on adora les statues. 

17 

Quand on ne pouvait les honorer en face, parce qu'ils habitaient trop loin, on se représentait leur lointaine figure, et l'on façonnait une image visible du roi vénéré, afin de rendre à l'absent des hommages aussi empressés que s'il eût été présent. 

18 

Et, pour le succès de la superstition, ceux qui ne le connaissaient pas y furent amenés par l'ambition de l'artiste. 

19 

Celui-ci, en effet, désireux de plaire au maître puissant, épuisa tout son art à embellir le portrait. 

20 

Et la foule des hommes, séduite par l'élégance de l'oeuvre, regarda comme un Dieu celui qui naguère était honoré comme un homme. 

21 

Ce fut un piège pour les vivants que les hommes, sous l'influence de l'infortune ou de la tyrannie, eussent donné à la pierre ou au bois le nom incommunicable. 

22 

Bientôt ce ne fut pas assez pour eux d'errer dans la notion de Dieu; vivant dans un état de lutte violente, par suite de leur ignorance, ils appelaient du nom de paix de tels maux. 

23 

Célébrant des cérémonies homicides de leurs enfants ou des mystères clandestins, et se livrant aux débauches effrénées de rites étranges, 

24 

ils n'ont plus gardé de pudeur ni dans leur vie, ni dans leurs mariages. L'un tue l'autre par la trahison, ou l'outrage par l'adultère. 

25 

C'est partout un mélange de sang et de meurtre, de vol et de tromperie; de corruption et d'infidélité, de révolte et de parjure, 

26 

de persécution des gens de bien, d'oubli des bienfaits, de souillure des âmes, de crimes contre nature, d'instabilité dans les unions, d'adultère et d'impudicité. 

27 

Car le culte des idoles sans nom est le principe, la cause et la fin de tout mal. 

28 

Leurs divertissements sont de folles joies, et leurs oracles, des mensonges; ils vivent dans l'injustice et se parjurent sans scrupule. 

29 

Comme ils mettent leur confiance en des idoles sans vie, ils n'attendent aucun préjudice de leurs parjures. 

30 

Mais un juste châtiment les frappera pour ce double crime: parce que, s'attachant aux idoles, ils ont eu sur Dieu des pensées perverses, et parce qu'ils ont fait par fourberie des serments contre la justice, au mépris des plus saintes lois. 

31 

Ce n'est pas la puissance des idoles par lesquelles ils on juré, c'est la châtiment dû aux pécheurs qui atteint toujours la prévarication des impies. 

Chapitre 15 

  

1 

Mais vous, ô notre Dieu, vous êtes bon, fidèle et patient, et vous gouvernez tout avec miséricorde. 

2 

Lors même que vous péchons, nous sommes à vous, connaissant votre puissance; mais nous ne voulons pas pécher, car nous savons que nous sommes comptés parmi les vôtres. 

3 

Vous connaître est la justice parfaite, et connaître votre puissance est la racine de l'immortalité. 

4 

Nous n'avons pas été égarés par l'invention d'un art funeste, ni par une figure barbouillée de diverses couleurs, vain travail d'un peintre: 

5 

objets dont l'aspect excite la passion de l'insensé, qui s'éprend pour la figure inanimée d'une image sans vie. 

6 

Affectionnant le mal, ils sont dignes de telles espérances, aussi bien ceux qui les font que ceux qui les aiment ou les adorent. 

7 

En effet, voici un potier qui pétrit laborieusement la terre molle; il façonne chaque vase pour notre usage, et de la même argile, il fait des vases qui sont destinés à de nobles emplois, et d'autres à des emplois tout contraires, sans distinguer nullement à quel usage chacun d'eux devra servir: c'est le portier qui en est juge. 

8 

Ensuite, par un travail impie, de la même argile, il façonne une vaine divinité, lui qui, naguère fait de terre, retournera bientôt au lieu d'où il a été tiré, quand on lui redemandera son âme qui lui avait été prêtée. 

9 

Pourtant il ne s'inquiète pas de ce que ses forces s'épuisent, ni de ce que sa vie est courte; mais il rivalise avec ceux qui travaillent l'or et l'argent, il imite ceux qui travaillent l'airain, et met sa gloire à exécuter des figures trompeuses. 

10 

Son coeur est comme de la cendre, son espérance est plus vile que la terre, et sa vie est de moindre valeur que l'argile. 

11 

Car il méconnaît celui qui l'a fait, qui lui a inspiré une âme agissante, et a mis en lui un souffle de vie. 

12 

Il regarde notre existence comme un amusement, la vie comme un marché où l'on se rassemble pour le gain; car, disent-ils, «il faut acquérir par tous les moyens, même le crime.» 

13 

Car celui-là sait bien qu'il est plus coupable que tous les autres, qui, de la même terre, façonne des vases fragiles et des idoles. 

14 

Mais ils sont tous très insensés, et plus malheureux que l'âme d'un enfant, les ennemis de votre peuple qui le tiennent dans l'oppression! 

15 

Car ils ont regardé comme des dieux toutes les idoles des nations, qui ne peuvent user de leurs yeux pour voir, ni de leurs narines pour respirer l'air, ni de leurs oreilles pour entendre, ni des doigts de leurs mains pour toucher, et dont les pieds sont incapables de marcher. 

16 

C'est un homme qui les a faites, et c'est celui à qui on a prêté le souffle qui les a façonnées. Il n'est pas d'homme qui puisse faire un Dieu semblable à lui, 

17 

car, étant mortel, il ne fait de ses mains impies qu'une oeuvre morte; il vaut mieux que les objets qu'il adore, car au moins il a la vie, et eux ne l'ont jamais eue. 

18 

Ils rendent un culte aux animaux les plus odieux, lesquels, jugés d'après la stupidité, sont pires que les autres. 

19 

Il n'y a rien de bon en eux qui fasse naître l'affection, comme à l'aspect d'autres animaux; ils échappent à la louange de Dieu et à sa bénédiction. 

Chapitre 16 

  

1 

C'est pourquoi ils ont été justement châtiés par des créatures semblables et tourmentés par une multitude de bêtes. 

2 

A la place de ces fléaux, vous avez accordé des bienfaits à votre peuple, et, pour satisfaire son ardent désir, vous lui avez préparé un aliment merveilleux, des cailles en nourriture: 

3 

de sorte que les uns, malgré leur désir de manger, à l'aspect répugnant des insectes envoyés contre eux, prirent en aversion même leur appétit naturel, tandis que les autres, après une légère privation, goûtèrent une nourriture nouvelle. 

4 

Car il fallait qu'une disette inévitable affligeât les premiers, les oppresseurs, et qu'il fût seulement montré aux autres comment leurs ennemis étaient tourmentés. 

5 

En effet, lorsque ceux-ci souffraient de la fureur de bêtes cruelles, et qu'ils périssaient sous la morsure de serpents tortueux, votre colère ne dura pas jusqu'à la fin; 

6 

ils furent troublés un moment, en vue de leur correction, et ils eurent un signe de salut, pour leur rappeler les préceptes de votre loi. 

7 

Car celui qui se tournait de son côté était guéri, non par l'objet qu'il avait sous les yeux, mais par vous, qui êtes le sauveur de tous. 

8 

Mais par là, vous avez aussi appris à nos ennemis que c'est vous qui délivrez de tout mal. 

9 

En effet, la morsure des sauterelles et des moucherons les fit périr, et il ne se trouva aucun moyen de sauver leur vie, parce qu'ils méritaient d'être châtiés de la sorte. 

10 

Vos enfants ne furent pas vaincus par la dent des serpents venimeux, car votre miséricorde vint à leur secours et les guérit. 

11 

C'est pour que vos paroles leur revinssent en mémoire qu'ils étaient blessés, et promptement guéris, de peur que, venant à les oublier entièrement, ils ne fussent exclus de vos bienfaits. 

12 

Ce ne fut ni une herbe, ni un médicament qui les guérit, mais votre parole, Seigneur, qui guérit tout. 

13 

Car vous avez puissance sur la vie et sur la mort; vous menez aux portes du séjour des morts et vous en ramenez. 

14 

L'homme, dans sa méchanceté, peut bien donner la mort, mais non ramener l'esprit une fois sorti, ni délivrer l'âme que le schéol a reçue. 

15 

Mais il est impossible d'échapper à votre main. 

16 

Les impies qui prétendaient ne pas vous connaître ont été flagellés par la force de votre bras; des eaux extraordinaires, la grêle et des pluies inexorables les ont tourmentés, et le feu les a consumés. 

17 

Ce qui était le plus étrange, c'est que, dans l'eau qui éteint tout, le feu n'était que plus ardent, car l'univers combat pour les justes. 

18 

Tantôt la flamme s'adoucissait, afin que les animaux envoyés contre les impies ne fussent pas consumés, et que ceux-ci, à cette vue, reconnussent qu'un jugement de Dieu les poursuivait. 

19 

Tantôt elle brûlait au sein même de l'eau, avec plus de force que n'en comporte la nature du feu, afin de détruire tous les produits d'une nation impie. 

20 

Au lieu de cela, vous avez rassasié votre peuple de la nourriture des anges, et vous leur avez donné du ciel, sans travail, un pain tout préparé, procurant toute puissance et approprié à tous les goûts. 

21 

Cette substance, envoyés par vous, montrait la douceur que vous avez envers vos enfants, et ce pain, s'accommodant au désir de celui qui le mangeait, se changeait en ce qu'il voulait. 

22 

La neige et la glace soutenaient la violence du feu sans se fondre, afin qu'ils sussent que le feu, qui brûlait dans la grêle et étincelait dans la pluie, détruisait les récoltes de leurs ennemis, 

23 

et qu'il oubliait ensuite sa vertu propre, pour l'entretien des justes. 

24 

Car la créature, soumis à vous, son Créateur, déploie son énergie pour tourmenter les méchants, et se relâche pour procurer le bien de ceux qui se confient en vous. 

25 

C'est pourquoi, se pliant alors à tous ces changements, elle était aux ordres de votre grâce, qui nourrit tout, selon la volonté de ceux qui étaient dans le besoin; 

26 

afin que vos enfants que vous aimez, Seigneur, apprissent que ce ne sont pas les différentes espèces de fruits qui nourrissent les hommes, mais que c'est votre parole qui conserve ceux qui croient en vous. 

27 

Car ce qui résistait à l'action destructive du feu se fondait aisément, échauffé par le moindre rayon de soleil: 

28 

afin d'apprendre à tous qu'il faut devancer le soleil pour vous rendre grâces, et vous adorer dès le lever du jour. 

29 

Quant à l'ingrat, son espérance fondra comme la glace d'hiver, et s'écoulera comme une eau inutile. 

Chapitre 17 

  

1 

Car vos jugements sont grands et difficiles à expliquer; aussi les âmes sans instruction se sont-elles égarées. 

2 

Alors que les méchants s'étaient persuadés qu'ils pouvaient opprimer la nation sainte, enchaînés par les ténèbres et prisonniers d'une longue nuit, enfermés sous leur toit, ils gisaient-là, fuyant eux-mêmes votre incessante providence. 

3 

Alors qu'ils imaginaient rester cachés avec leurs péchés secrets, sous le voile épais de l'oubli, ils furent dispersés, saisis d'une horrible épouvante, et effrayés par des fantômes. 

4 

Les réduits où ils se renfermaient ne les préservaient pas de la crainte: des bruits effrayants retentissaient autour d'eux, et des spectres leur apparaissaient avec des visages lugubres. 

5 

Il n'y avait pas de feu capable de donner de la lumière, et les flammes brillantes des astres ne pouvaient éclairer cette horrible nuit. 

6 

Parfois seulement, leur apparaissait une masse de feu, allumée d'elle-même, effrayante, et, épouvantés de cette vision dont ils n'apercevaient pas la cause, ils jugeaient ces apparitions plus terribles encore. 

7 

L'art dérisoire des magiciens était à bout, et leur prétention à la sagesse honteusement convaincue de fausseté. 

8 

Eux qui se faisaient forts de chasser des âmes malades la terreur et le trouble, ils étaient malades eux-mêmes d'une peur ridicule. 

9 

Car, quoiqu'il n'y eût rien de terrible pour les effrayer, le passage des animaux et le sifflement des serpents les terrifiaient; 

10 

et ils mouraient de frayeur, se refusant à voir cet air auquel nul ne peut échapper. 

11 

- Car la perversité est craintive, condamnée qu'elle est par son propre témoignage; pressée par sa conscience, elle s'exagère toujours le mal. 

12 

La crainte, en effet, n'est pas autre chose que l'abandon des secours qu'apporterait la réflexion. 

13 

L'espérance étant moindre au fond du coeur, on s'effraie d'autant plus d'ignorer la cause de ses tourments. - 

14 

Eux, pendant cette nuit d'impuissance, sortie des profondeurs du schéol impuissant, endormis du même sommeil, 

15 

étaient tantôt agités par des spectres terrifiants, tantôt abattus par la défaillance de leur âme; car une épouvante subite et inattendue s'était répandue sur eux. 

16 

De même tous les autres, quels qu'ils fussent, tombant là sans force, étaient retenus comme enfermés dans une prison sans verrous. 

17 

Le laboureur, le berger, l'ouvrier occupé aux rudes travaux de la campagne, surpris par le fléau, étaient soumis à l'inévitable nécessité; 

18 

car tous étaient liés par la même chaîne de ténèbres. Le vent qui sifflait, le chant mélodieux des oiseaux dans les rameaux épais, le bruit des eaux précipitant leur cours, 

19 

le fracas des pierres qui roulaient, la course invisible des animaux bondissants, les hurlements des bêtes féroces, l'écho se répercutant dans les cavités des montagnes, tout les faisait pâmer d'effroi. 

20 

Car tandis que tout l'univers était éclairé d'une lumière brillante, et se livrait sans obstacle à ses travaux, 

21 

sur eux seuls s'étendait une nuit pesante, image des ténèbres qui devaient les recevoir; mais ils étaient encore plus à charge à eux-mêmes que les ténèbres. 

Chapitre 18 

  

1 

Cependant une grande lumière brillait pour vos saints; les Egyptiens entendaient leur voix sans voir leur visage, et, malgré leurs souffrances passées, les proclamaient heureux. 

2 

Et parce que, après avoir été maltraités, ils ne se vengeaient pas, ils leur rendaient grâces, et leur demandaient pardon de les avoir traités en ennemis. 

3 

A la place de ces ténèbres, vous avez donné à vos saints une colonne de feu, guide dans une route inconnue, soleil inoffensif pour leur glorieux pèlerinage. 

4 

Ils méritaient bien d'être privés de lumière, et d'être emprisonnés dans les ténèbres, ceux qui tenaient enfermés vos enfants, par qui la lumière incorruptible de votre loi devait être donnée au monde. 

5 

Ils avaient résolu de faire périr les enfants des saints, et, l'un de ces derniers ayant été exposé et délivré, vous leur avez, pour leur châtiment, enlevé la multitude de leurs fils, et vous les avez engloutis tous ensemble dans les flots impétueux. 

6 

Cette nuit avait été connue d'avance par nos pères, afin que, sachant bien à quelles promesses ils avaient cru, ils eussent meilleur courage. 

7 

Et ainsi votre peuple attendit la délivrance des justes et l'extermination de ses ennemis. 

8 

De même que vous avez châtié nos adversaires, du même coup vous nous avez glorifiés en nous appelant à vous. 

9 

En effet, les pieux enfants des saints offraient leur sacrifice en secret, et faisaient d'un commun accord ce pacte divin: que les saints participeraient aux mêmes biens et aux mêmes dangers; - chantant déjà d'avance les hymnes de leurs pères. 

10 

Pour leur faire écho, retentissaient les cris discordants des ennemis, et l'on entendait des lamentations sur les enfants qu'on pleurait. 

11 

L'esclave et le maître étaient punis de la même peine, et l'homme du peuple souffrait la même chose que le roi. 

12 

Ils avaient tous pareillement, dans un seul genre de mort, des morts sans nombre, et les vivants ne suffisaient pas aux funérailles, car leurs plus nobles rejetons avaient été exterminés en un instant. 

13 

Ils avaient refusé de croire à cause de leurs sortilèges; quand arriva l'extermination des premiers-nés, ils reconnurent que ce peuple était fils de Dieu. 

14 

Pendant qu'un profond silence enveloppait tout le pays, et que la nuit était arrivée au milieu de sa course rapide, 

15 

votre Parole toute-puissante s'élança du haut du ciel, de son trône royal, comme un guerrier impitoyable, au milieu d'une terre vouée à l'extermination, 

16 

portant comme un glaive aigu votre irrévocable décret; elle était là, remplissant tout de mort; elle touchait au ciel et se tenait sur la terre. 

17 

Aussitôt des visions de songes effrayants les troublèrent, et des terreurs inattendues tombèrent sur eux. 

18 

Jetés par terre çà et là à demi-morts, ils révélaient la cause pour laquelle ils mouraient. 

19 

Car les songes qui les troublaient la leur avaient révélée, afin qu'ils ne mourussent pas sans savoir pourquoi ils étaient si rudement frappés. 

20 

L'épreuve de la mort atteignit aussi les justes, et il y eut dans le désert une destruction de la multitude; mais votre colère ne dura pas longtemps. 

21 

Car un homme sans reproche se hâta de combattre pour les coupables; prenant les armes de son ministère, la prière et l'encens expiatoire, il résista à la colère divine et mit un terme au fléau, montrant qu'il était votre serviteur. 

22 

Il vint à bout de cette sédition, non par la force corporelle, ni par la puissance des armes; mais il dompta par la parole celui qui les châtiait, en rappelant les serments faits aux pères et les alliances. 

23 

Lorsque déjà les morts étaient tombés en tas les uns sur les autres, s'interposant, il arrêta la colère, et ferma à l'Exterminateur le chemin des survivants. 

24 

Car sur la robe qui tombait jusqu'à terre était tout l'univers; les noms glorieux des pères étaient gravés sur les quatre rangées de pierres précieuses, et votre majesté sur le diadème de sa tête. 

25 

Devant ces symboles, l'Exterminateur se retira, il en fut effrayé; car la seule expérience de votre colère était suffisante. 

Chapitre 19 

  

1 

Mais une colère sans miséricorde poursuit les impies jusqu'à la fin. Car Dieu savait d'avance quelle serait leur conduite: 

2 

Qu'après avoir permis aux justes de s'en aller, et pressé leur départ avec grande instance, ils en auraient du regret et se mettraient à leur poursuite. 

3 

En effet, ils n'avaient pas encore achevé leurs deuils, et ils se lamentaient encore aux tombeaux de leurs morts, qu'ils s'engagèrent dans un autre dessein de folie, et poursuivirent comme des fugitifs ceux qu'ils avaient conjurés de s'éloigner. 

4 

Une juste nécessité les entraînait à cette fin, et leur faisait oublier ce qui venait de leur arriver, afin qu'ils subissent dans la pleine mesure le châtiment 

5 

et que, tandis que votre peuple bénéficiait d'un glorieux passage, ils trouvassent une mort étrange. 

6 

Car la création tout entière fut transformée dans sa nature, obéissant aux commandements particuliers qui lui étaient donnés, afin que vos enfants fussent conservés à l'abri de tout mal 

7 

Ainsi on vit une nuée couvrir le camp de son ombre; là où il y avait auparavant de l'eau, apparut la terre ferme; la mer Rouge ouvrit un libre passage, et les flots impétueux se changèrent en un champ de verdure. 

8 

Ils y passèrent, - toute une nation, - protégés par ta [sic] main, ayant sous les yeux de merveilleux prodiges. 

9 

Comme des chevaux en pâturage, comme des agneaux bondissants, ils vous glorifiaient, Seigneur, vous, leur libérateur. 

10 

Car ils se rappelaient encore ce qui s'était passé en leur séjour au pays étranger: comment, à la place des autres animaux, la terre avait produit des moustiques, et le fleuve, au lieu de poissons, une multitude de grenouilles. 

11 

Plus tard, ils virent encore une étrange production d'oiseaux, lorsque, poussés par la convoitise, ils demandèrent une nourriture délicate: 

12 

pour les satisfaire, des cailles montèrent du côté de la mer. 

13 

Mais le châtiment tomba sur les pécheurs, non sans être signalé d'avance par de violents éclairs. Il souffrirent justement pour leurs crimes, 

14 

car ils avaient montré pour l'étranger la haine la plus odieuse. D'autres n'avaient pas voulu recevoir des gens qui ne les connaissaient pas; ceux-là avaient réduit en esclavage des étrangers qui leur avaient fait du bien. 

15 

Il y a plus, - car voici une autre considération en faveur des premiers: C'est en ennemis qu'ils recevaient ces étrangers; 

16 

ceux-là, au contraire, accueillirent votre peuple avec des fêtes; et, après l'avoir admis à la jouissance de leurs droits, l'accablèrent de cruelles souffrances. 

17 

Aussi furent-ils frappés d'aveuglement, comme ceux qui assiégeaient la porte du juste, lorsque, enveloppés de ténèbres profondes, ils cherchaient chacun l'entrée de la porte. 

18 

Car les éléments échangeaient leurs propriétés, comme dans le psaltérion les sons changent de rythme; tout en conservant le même ton. C'est ce qu'on peut voir clairement par les faits qui se sont passés. 

19 

Les animaux terrestres devenaient aquatiques, et ceux qui nagent passaient sur la terre. 

20 

Le feu dépassait dans l'eau sa vertu naturelle, et l'eau oubliait sa propriété d'éteindre. 

21 

D'autre part, la flamme n'atteignait pas la chair des frêles animaux répandus tout autour, et ne fondait pas cet aliment céleste, semblable au givre et fusible comme lui. 

  

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 2 janvier, 2010 |1 Commentaire »

Statuts Secrets des frères élus de la Milice du Temple

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Ici commencent les statuts secrets des frères élus de la Milice du Temple,  approuvés par Roger de Montagu, précepteur de Normandie et Robert de Barris, procurateur de Normandie.

Art. 1. - Les temps préparés par les saints sont révolus. II faut faire pénitence, le royaume de Dieu étant proche pour ceux qui ont été baptisés dans le feu et le Saint-Esprit.

Art. 2.3.4. - Des chapitres secrets et de la manière de les tenir: portes closes, un veilleur sur le toit. Les Frères Élus doivent être avertis par un signe secret, immédiatement après none, qu'un chapitre sera tenu dans la nuit.

Art. 5.6.7. - Comment il faut s'assurer des personnes aptes à recevoir l'initiation. Leur montrer l'insuffisance de la règle commune, les attirer hors de la Babylone moderne, l'Église, dont l'enseignement est vide. L'Église n'est que la Synagogue de l'Anté-Christ. Mais les élus s'élèvent sur les hauteurs de la Vérité. Certains sont venus d'Outre-Mer nourris de la manne divine et ayant des visions. Ils sont saints. Dieu étant auprès d'eux, et possèdent le Trésor céleste de la Sagesse.

Art. 8. - Il est interdit d'admettre parmi les Élus, les Frères qui méprisent la règle officielle, parce que celui qui est négligent dans les petites choses le sera bientôt dans les grandes.

Art. 9. - L'ignorance étant la source de beaucoup d'erreurs, nul ne sera adonis parmi les Élus s'il ne connaît, au moins, le « Trivium et le Quadrivium ». Exception faite pour les musulmans qui n'ont aucune part à la Babylone romaine et à ses erreurs.

Art. 10. - Seront exclus rigoureusement les descendants d'Arefast, homme-lige du due de Normandie Richard II, qui, par sa trahison, a causé le martyre d'Étienne et de Lisoë à Orléans. Clercs ou Laïcs qu'ils soient exclus de la fraternité des Élus jusqu'à la septième génération.

Art. 11. - Rituel de la réception des Élus : serment de garder le secret de l'Ordre, la moindre indiscrétion étant punie de mort. Le récepteur baisera successivement le néophyte sur la bouche, pour lui transmettre le souffle, au plexus sacré, lequel commande la force créatrice, à l'ombilic, enfin au membre viril, image du principe créateur masculin.

Art. 12. - Acte de Foi au Dieu Créateur et à Son Fils qui n'est pas né, n'est pas mort, n'a pas été crucifié et n'est pas ressuscité. Haine éternelle au tyran séculier et à sa synagogue de l'Ante-Christ annoncé par Jean.

Art. 13. - Le néophyte foulera la Croix au pied et crachera dessus ; il recevra ensuite la tunique blanche avec la ceinture.

Art. 14. - Celui qui croirait avoir licence de se permettre de vitupérer Jésus, Fils de Marie, en raison de l'outrage infligé par nous au bois de la Croix, sera exclu des chapitres et son instruction ne sera pas poussée plus avant.

Art. 15. - Les chapitres ne doivent pas durer au-delà de la troisième nuit. Ils se termineront par ces mots que dira le précepteur, le visiteur ou le Maître : « Allez, et ne jetez pas ce qui est saint aux chiens, ni vos perles aux pourceaux, de peur qu'ils ne se retournent contre vous et vous dévorent. Dans la liberté qui vous est acquise comme vrai chrétien de Dieu, vous devez rester et ne jamais lever la main vers le Ciel comme ceux qui sont dans les liens de l'esclavage. Que le Dieu protecteur remplisse vos cœurs de foi, de paix et de joie ; afin que vous soyez pleins d'espérance et de la force du Saint-Esprit ». Le Prieur ou visiteur étend alors les mains vers les Frères, les bénit sans faire le signe de la Croix, et dit : « Que le Dieu de la Sagesse, de la Lumière ci de la Paix soit avec tous! Amen ». Les Frères sortent en silence.

Aux chapitres de réception, le précepteur dit en général : Nous plions le genou devant le Père de tout, de qui vient toute paternité au Ciel et sur la Terre (la main sur la tête du néophyte) afin qu'il te fortifie (ici le nom du néophyte) en vertu de la richesse de sa grâce, par son Esprit dans l'homme intérieur et que le vrai Christ demeure par la foi dans ton cœur fortifié et mieux établi, afin qu'avec tous les Élus et les Saints, tu comprennes ce qu'il y a de large, de long, de haut et de profond dans la science supérieure et dans l'amour du vrai Christ et afin que tu sois rempli de Dieu en surabondance ».  Ces prières, les cérémonies et les coutumes mêmes de l'Ordre devront être souvent variées pour que les indiscrets et les malintentionnés ne les puissent surprendre.

Art. 16 - Les statuts secrets ne seront traduits en aucune langue vulgaire et ne seront jamais mis entre les mains d'aucun Frère. Ils seront lus à haute voix les jours de l'Epiphanie, du Vendredi-Saint, de la Saint-Jean et de la Saint-Michel au cours du chapitre nocturne, expliqués et suivis de nouvelles ordonnances.  Le précepteur apaisera les querelles, les mésintelligences, les incidents domestiques. Il n'y aura pas de réception ces jours-Ià.

Art. 17. -Les statuts de l'Ordre ont été apportés d'Outre-Mer par les Maîtres, ils ne sont en contradiction ni avec les Évangiles ni avec les préceptes des Apôtres. Leur doctrine est celle-ci : renoncer au monde, mater les désirs de la chair, poursuivre les brigands voleurs, usuriers, détracteurs, fornicateurs. Par le travail matériel et moral faire notre vie, ne causer de tort à aucun homme de bien, recevoir avec amour ceux qui s'intéressent à notre savoir, obéir à Dieu avant d'obéir à l'homme. Si nous nous en tenons à ces règles de vie, nous n'avons nul besoin des sacrements qui sont vendus dans la synagogue de Satan, et si nous ne tenons pas notre règlement, les sacrements ne nous donneront rien pour notre salut. Ceci est la somme de notre justification, le résumé de notre savoir, à quoi aucune cérémonie ne peut rien ajouter.

Art. 18. - Attention, Frères, que personne ne vous tente, parce qu'il y a beaucoup de faux christs menteurs. Ils sont l'Anté-Christ et renient le vrai Christ par leur vie souillée. Le royaume de Dieu n'est pas dans les mots des dogmes, mais dans la vertu. II n'est pas dans le boire et le manger, mais dans la justice, la paix et la joie de l'Esprit-Saint. Ce n'est pas la pratique extérieure qui fera venir le Royaume de Dieu, et ceux qui le prétendent, mentent. Le Royaume de Dieu est en nous. L'Église du vrai Christ au temps du Pape Sylvestre s'est changée en synagogue de l'Anté-Christ, et la Rome de Pierre, en Babylone moderne. De là sont venus autrefois les Pharisiens et maintenant les faux prophètes du peuple et les maîtres-menteurs qui, s'asseyant dans les chaires des Conciles, patronnent des sectes de perdition en reniant le Dieu qui les a rachetés. Ils honorent Dieu des lèvres et il est loin de leur cœur.

Art. 19. - Les Élus sont parmi les sept cents dont il est écrit qu'ils ne plient pas le genou devant Baal. Ils ont été choisis et ne sont pas de ceux à qui Dieu a donné des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre, un esprit pour les punir. Sur nous aussi étaient les ténèbres, mais le jour de l'élection est venu. Rejetons les œuvres de ténèbre, que nous commettions dans la Synagogue de l'Anté-Christ et revêtons nous des armes de la lumière, soyons un corps et une âme. Élus dans l'espérance de la vocation, soyons de ceux qui n'ont qu'un Seigneur dans la foi, le baptême de l'Esprit, un Dieu Père de tous, qui est au dessus de nous tous et en nous tous.

Art. 20. - Les Élus étaient la race de choix, la sainte assemblée, le peuple de l'acquisition dans lequel il n'y a ni Juifs, ni Sarrasins, ni libres, ni esclaves, ni hommes, ni femmes - qui est « Un » dans le vrai Christ-Dieu, nous vous annonçons un Dieu qui est révélé dans le Monde, nous vous annonçons un Christ fils unique de Dieu, qui était de toute éternité en Dieu, qui n'est jamais né, n'a jamais souffert, qui ne peut pas mourir, qui est omniscient, qui a anime l'âme du fils de Marie et qui a ainsi été dans le monde, que le monde n'a point connu parce que les hommes charnels n'ont pas compris ce qu'est l'Esprit. Tenez pour certain que le fils de Marie et de Joseph a tout lait : son enseignement, ses miracles, ses œuvres saintes, par la force et la puissance de ce vrai Christ qui était de toute éternité émané de Dieu, qui pour un temps s'était uni à l'âme de Jésus, mais qui n'a jamais apparu charnellement. Parce que le fils de Joseph et de Marie a été, saint, libre de tout péché et crucifié, nous vénérons en Dieu et nous le prions. Mais le bois de la Croix, nous le tenons pour le signe de la bête dont il est question dans l'Apocalypse.

Art. 21. - Si vous vivez selon l'esprit de Dieu qui vit en vous et vous guide, vous n'êtes plus sous la loi mais sous la grâce. Délivrés des liens de la mort dans lesquels vous avez été détenus, servez avec un esprit renouvelé et dans le vieil esprit des Saintes Écritures. Avant votre délivrance vous étiez prisonniers de la loi. Cette loi était votre maître en Christ, afin que par cette loi vous soyez justifiés et choisis. Ayant été choisis, vous n'avez plus de maître, vous avez la liberté des fils de Dieu. Dieu vous ayant choisi et vous l'ayant reconnu, ne vous tournez plus vers les faibles, les insuffisants enseignements de la synagogue de l'Anté-Christ et servez-le de tout votre cœur.

Art. 22. - Inutile de jeûner. Le Templier est délié du carême et des autres jeûnes, mais il doit prendre garde ce faisant de ne scandaliser personne. Tout est pur pour les purs. Mangez de la viande et remerciez Dieu qui vous donne l'abondance.

Art. 23. - Si un Juif ou un Sarrasin, que la nouvelle Babylone condamne, vous invite à manger mangez de tout ce qui vous offert et méprisez les hypocrites qui réprouvent le mariage et évitent la nourriture que Dieu a créée, au lieu de remercier Dieu de ce qu'il donne à l'homme.

Art. 24. - Si vous voyagez vers l'Orient ou vers l'Espagne, vous devez conduire la guerre avec justice et charité, chercher à protéger le faible et à punir le coupable Ne pensez surtout ni à votre gloire propre, ni à profiter de la cupidité des princes, ni à vous enrichir par la rapine. Pendant la période de paix, vous devez songer souvent que votre Dieu est aussi celui des Juifs et des Sarrasins et que ceux qui, derrière le voile du christianisme, s'attachent à poursuivre l'hypocrisie frauduleuse du Pape, sont plus agréables à Dieu que ceux qui mésusent des vertus de notre Saint Ordre, dans le but de satisfaire à leur propre gloire et non pour la glorification de Dieu.

Les Frères sont tenus à faire des stages dans les maisons de l'Ordre où il y a beaucoup d'Elus afin que par des conversations fréquentes ils augmentent en eux-mêmes la lumière de leur élection. Et, comme nombreux sont les fils de nos pères qui sont dispersés dans le monde et occupés à diverses professions ou métiers, nous vous engageons à les reconnaître à l'aide des signes appropriés. Si vous passez à Orléans, allez pieusement vers les murs de la ville où les glorieux martyrs de la science divine « Stéphanus et Lisoë », avec dix autres fils de nos pères, ont été brûlés sur l'ordre du Roi, Robert le Pieux, et des évêques. De cela, nous vous supplions en Dieu.

Art. 25. - Les lois courantes, qu'elles soient de l'Ordre ou de la Synagogue de l'Anté-Christ, doivent être accomplies devant les yeux des hommes; afin de ne pas occasionner de scandale. Observez notre régime, observez également les lois de Rome. Dans votre cœur n'honorez cependant que la loi écrite de vos cœurs par l'Esprit Saint.

Si l'un de vous a contrevenu à une loi, qu'il se confesse à un de nos prêtres, ou, à défaut du prêtre-Élu, à un laïc-Élu. Tertullien a dit: « Nous, laïcs, ne sommes-nous pas aussi prêtres? C'est l'Église qui a établi une différence entre prêtres et laïcs. Là où trois sont ensemble, il y a une Église parce que chacun vit pour sa foi et dans sa foi. »

Art. 26. - Dans toutes les maisons du Temple, les Élus doivent tenir les grades supérieurs ainsi que celui d'administrateur. De même, les Élus doivent tenir ensemble dans les Chapitres, pour la nomination des visiteurs, précepteurs, procurateurs et autres supérieurs, le Grand Maître excepté qui ne doit pas être un Élu.

Art. 27. - Si un Frère Élu a obtenu la charge de Prieur ou de Préfet, il doit travailler à mettre en état les ateliers de la maison tels que nos usages secrets le réclament, ce qu'il doit faire avec un maître maçon qui soit un descendant de nos Pères. Si celui-là n'est pas encore initié et s'il est habile, vous pouvez lui révéler la lumière. Qu'il se hâte d'édifier le chapitre afin que la lumière de Dieu dissipe bientôt les ténèbres de la synagogue de l'Anté-Christ. Que le prieur rende serviable le chapelain de la maison et si celui-ci est récalcitrant, qu'il le chasse et en prenne un autre. Les chapelains doivent persuader les Frères chevaliers, servants d'armes et Frères servants de se confesser au Supérieur de la maison, lequel a le pouvoir de les délier de leurs péchés, aussi bien les péchés cachés par la honte que ceux qu'ils ont avoués. A ceux qui douteraient de ce privilège, dites que le Pontife suprême et le prêtre supérieur de notre Ordre a reçu ce privilège du Christ, fils de Dieu.

Art. 28. - Les bibliothèques de l'ordre doivent toujours posséder les Écritures Saintes, les Pères de l'Église, les œuvres de Maître Jean Eugène sur la division de la nature, le livre d'Altonis Vercellensis, sur la pressuration ecclésiastique, le monologue et le prosloguim d'Anselme de Canterbury, le livre de canon des concordances et des non concordances de Gratiani, le livre des sentences de Maître Pierre Lombard, le livre de Maître Gilbert sur la Trinité de Jean de Salisbury et, enfin, tous les écrits qui ont été condamnés par les Pharisiens de la Synagogue de l'Anté-Christ, par exemple le divin écrit de Maître Amalrich de Béna et de David de Dinant, dans lesquels vous puiserez des trésors de sagesse. Afin que vous ne soyez pas surpris dans votre inexpérience par les cours de Justice des princes et des évêques, nous vous ordonnons de vous mettre à l'étude sans tarder des décrets et des lois.

Art. 29. - Si un Frère s'oublie, soit par légèreté, soit par bavardage, et fait connaître la plus petite partie des statuts secrets ou de ce qui se passe dans les chapitres nocturnes, qu'il soit puni selon la grandeur de sa faute par une détention à temps dans les chaînes et soit exclu à jamais des Chapitres. Si la trahison est prouvée et s'il a parlé avec mauvaise intention, qu'il soit condamné à la prison perpétuelle ou même mis à mort secrètement si le bien général l'exige.

Si l'on vous interroge en justice sur les usages, lois statuts et entreprises secrètes de l'Ordre, résistez à cette tyrannie en niant et en jurant de votre ignorance. L'accusation de faux serment tombera avec la malédiction divine non pas sur vous, mais sur les iniques inquisiteurs. A vous, au contraire, la récompense de la vérité méconnue.

Art. 30. - Si un Frère est mourant, un autre Frère doit se tenir auprès de lui, ne pas le laisser seul et tâcher d'appeler un Élu. Le malade doit demander à voir un Élu d'une maison voisine s'il n'y en a pas de présents dans la sienne. Si le mourant est tourmenté par des scrupules, l'Élu doit le tranquilliser, l'entendre en confession et le déclarer délivré de tous ses péchés, quels qu'ils soient. Ne jamais permettre que le malade s'entretienne avec un Frère clerc ou laïc qui ne soit pas Élu. Le mort sera enterré avec sa ceinture rouge, on dira pour lui la Messe du Saint-Esprit, en vêtements rouges et sur la pierre tombale on gravera le plus vieux signe du salut, le Pentalpha .

 

 

Ici commence le liber consolamenti ou Statuts secrets rédigés pour les Frères Consolés de la Milice du Temple, par Maître Roncelinus

Art. 1er. - Le peuple qui marchait dans l'obscurité a vu une grande lumière et ceux qui étaient dans l'ombre de la mort ont vu cette lumière. Pour nous aussi la lumière a lui. Nous étions tous dans le deuil et nous avons été consolés, dans la terreur et l'esclavage et nous avons reçu l'esprit d'adoption des enfants qui nous fait crier: « Un seul est notre Père, Maître, Sauveur, Consolateur - Un seul est notre Dieu et son Esprit donne au nôtre l'assurance que nous sommes fils de Dieu ».

Art. 2. - A vous, Frères, il est donné de connaître les secrets du royaume de Dieu; heureux nos yeux et nos oreilles qui voient et entendent. Sachez que Papes, Rois, Évêques, Abbés et Maîtres ont désiré voir et entendre ce que vous entendez et voyez, mais ils ne l'ont ni vu ni entendu et ne le connaîtront jamais.

Art. 3. - Le temps est venu où l'on n'adorera le Père ni à Jérusalem, ni à Rome. L' Esprit est Dieu et, si vous êtes en Dieu, vous l'adorerez en Esprit et en Vérité. Sachez que tout ce que Jésus a dit par le vrai Christ, est esprit et vie en Dieu. C'est l'esprit de Dieu qui vivifie. La chair de Jésus ne peut servir à rien.

Art. 4. - Dieu est Amour et quiconque reste dans l'amour reste en Dieu et Dieu en lui. Nous vous parlons en secret de ce qui reste caché aux enfants de la Babylone nouvelle qui sera réduite en cendre et en poussière par les plus humbles serviteurs de Dieu. Nous vous parlons de la Sagesse de Dieu, révélée à nos Pères qui nous l'ont transmise pour notre gloire et notre bien. Aucun prince ou grand prêtre de ce temps ne l'ont connue. S'ils l'avaient connue, ils n'adoreraient pas le bois de la Croix, et n'auraient pas brûlé ceux qui possédaient le Vrai Esprit du Vrai Christ.

Art. 5. - Vous qui êtes les Temples de Dieu, construits sur les fondements de la Sagesse et de la Sainteté antiques, sachez que Dieu ne fait point de différence entre les personnes: Chrétiens, Sarrasins, Juifs, Grecs, Romains, Francs ou Bulgares, parce que tout homme qui prie Dieu est sauvé.

Art. 6. - Le Consolé est délivré du joug que les enfants de Babylone ont établi sur des dogmes faux. Parmi les Juifs et les Sarrasins, soyez comme si vous étiez des Sarrasins et des Juifs. Avec les fils de Babylone, soyez comme les fils de Babylone bien que par l'Élection et le Consolamentum vous soyez libérés.

Rendez-les heureux et tâchez d'attirer à vous ceux dont les yeux s'ouvrent, mais agissez avec prudence à cause de l'Évangile éternel et afin d'éviter le scandale.

Art. 7. - A vous qui êtes saints, tout est permis. Cependant, il vous faut garder d'abuser de cette permission. Ne laissez jamais rien soupçonner de ce que vous êtes autour de vous. Ayez dans vos maisons des lieux de réunion vastes et cachés, auxquels on accédera par des couloirs souterrains, pour que les Frères puissent se rendre aux réunions sans risques d'être inquiétés.

Art. 8. - Il y a des Élus et des Consolés dans toutes les régions du monde. Là où vous verrez construire de grands bâtiments, faites les signes de reconnaissance et vous trouverez beaucoup de justes instruits de Dieu et du Grand Art. Ils en ont hérité de leurs pères et maîtres et sont tous frères. Dans ce cas, sont les Bons Hommes de Toulouse, les Pauvres de Lyon, les Albigeois, ceux des environs de Vérone et de Bergame, les Bajolais de Galicie et de Toscane, les Bégards et Bulgares.

Par les chemins souterrains vous les amènerez à vos chapitres et, à ceux qui concevraient quelque crainte, vous conférerez le Consolamentum en dehors des chapitres, devant trois témoins.

Art. 9. - Vous recevrez fraternellement les Frères de ces groupements et de même les Consolés d'Espagne et de Chypre recevront fraternellement les Sarrasins, les Druses et ceux qui habitent le Liban Et si l'Esprit divin animait des Sarrasins ou des Druses, vous pouvez les admettre comme Élus ou comme Consolés.

Art. 10. - Nul frère ne sera reçu s'il ne compte trente-cinq ans d'âge et s'il n'a acquis les vrais fruits de son élection. Pour le prouver, il justifiera de son instruction et de ses connaissances dans les décrets avant son admission.

Art. 11. - Il est expressément recommandé de s'entourer des plus grandes précautions vis-à-vis des moines, prêtres, évêques, abbés et docteurs de la science, parce qu'ils agissent en traitres afin de se rouler plus librement dans la boue de leurs crimes. Si vous les admettez après une longue probation, que ce soit en dehors du chapitre, en présence de trois Frères, et sans rien leur révéler des statuts et coutumes de l'Ordre.

Art. 12. - Avec les laïcs qui servent Dieu dans la simplicité de leur cœur, il est permis de prendre moins de précautions et de les recevoir soit comme Élus, soit comme Consolés, après une probation raisonnable.

Art. 13. - Rituel de « Consolamentum » : le néophyte écrira sa confession générale et l'adressera au Précepteur. I1 confirmera cette confession par serment, en présence de deux témoins, et elle sera conservée dans les archives du chapitre. Il dira ensuite les Psaumes, l'Antienne tirée du Deutéronome et il sera béni par tous les Frères, qui poseront leur main droite sur sa tête, après quoi il jurera silence, obéissance et fidélité.

Le précepteur l'absout de tous ses péchés. Il le délie de tous les commandements de l'Église au nom de Dieu qui n'est pas engendré et qui n'engendre pas, au nom du vrai Christ qui n'est pas mort et ne peut mourir. On récite alors les trois Prières:

Pendant la première, le néophyte se tient debout, les mains levées.

Durant la seconde, il s'agenouille, les bras en croix.

Pour la troisième, il se prosterne la face contre terre.

 

Art. 14-15-16.

-La première prière est celle de Moïse: «Magnificetur, fortitudo Domini… » suivie de ces mots: Dixit que Dominus vivo ego et implebitur gloria Domini universa terra. Après quoi le précepteur coupe un peu de la barbe, des cheveux et de l'ongle de l'index droit du néophyte en disant: « Sers Dieu, tu souffriras plus dans ton cœur que dans ton corps en signe de l'alliance de Dieu avec l'esprit de l'homme ».

- La seconde prière est celle du fils de Marie qui est appelé Jésus: « Pater aeterne glorifica nos… » (Saint jean, c. XVII), suivie de: « Facta est vox de coelo, iste filius meux dilectus in quo mihi bene complacuit ». Le récepteur passe ensuite un anneau à l'index droit du Frère en disant: « Fils de Dieu, prends cet anneau en signe de ton union éternelle avec Dieu, la Vérité et nous-mêmes ».

- La troisième prière dite de Baphomet, est celle qui sert d'ouverture au Coran et qui porte le nom de « Fatiha ». Le récepteur ajoute: « Un Maître, une Foi, un Baptême, un Dieu Père de tous, et chacun qui invoque le nom de Dieu est sauvé ». I1 relève alors le néophyte et oint ses paupières avec l'huile sainte en disant : « je te veux oindre, ami de Dieu, avec l'huile de la Grâce, afin que tu voies la Lumière de notre Baptême du Feu et qu'elle brille pour toi et pour nous tous sur le chemin de la Vérité et de la Vie Éternelle ».

Art. 17. - La figure de Baphomet est retirée de sa châsse et le récepteur dit: « Le Peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière et elle a brillé pour ceux qui étaient assis dans les ombres de la mort. I1 y en a trois qui rendent témoignage à Dieu et au monde, et ces trois sont: Un » (Saint-Jean).

Tous les Frères s'écrient: « Yah Allah! », c'est-à-dire, « Splendeur de Dieu », baisent l'image et la touchent de leur ceinture. Le récepteur prend ensuite le néophyte par la main et dit: « A présent le Fils de l'Homme est glorifié et Dieu est glorifié en Lui. Voici un nouvel ami de Dieu, qui parle à Dieu quand il lui plaît, à Dieu auquel vous devez rendre grâce, parce qu'il vous a conduit là où vous désiriez aller et qu'il a exaucé vos désirs. Que la Lumière Divine reste dans nos cœurs et nos esprits. Amen ». Pour terminer la cérémonie, on chante le chant tiré du Livre de la Sagesse, chant qui marque la fin du chapitre.

Art. 18 - Le néophyte est conduit aux archives où on lui enseigne les : mystères de la science divine, de Dieu, de Jésus enfant, du véritable Baphomet, de la Nouvelle Babylone, de la nature des choses, de la vie éternelle ainsi que la science secrète, la grande Philosophie, Abrax et les talismans. Choses qui toutes doivent être rigoureusement cachées aux ecclésiastiques admis dans l'Ordre.

Art. 19. - Il est interdit dans les maisons où tous les Frères ne sont pas des Élus ou des Consolés, de travailler certaines matières par la science philosophique et donc de transmuter les métaux vils en or et en argent. Ceci ne sera jamais entrepris que dans les lieux cachés et en secret.

Art. 20. - Il est rigoureusement interdit de choisir pour Grand-Maître un Consolé. Les autres postes et charges principaux de l'Ordre sont réservés aux Élus et aux Consolés.

Source : http://www.lesfilsdelavallee.fr/?f042f32908431fa90d25e42d87ff6ec2=429b9974e01e734a791262c51ff8f937

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 2 janvier, 2010 |1 Commentaire »

Les Vrais Templiers modernes

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Les Vrais Templiers modernes, hommes et femmes adultes de notre temps, héritiers des hautes valeurs spirituelles et morales des Templiers du moyen âge, participent par leurs interfaces et les actions de leurs membres, soit directement, soit indirectement, au maintien du devoir de mémoire.

Devoir de mémoire afin que l’on n’oublie pas le sacrifice des martyrs, ni les  tortures subies par les hommes, les femmes ou les enfants,  quelle que soit leur religion, quelle que soit leur race ou leur nationalité, au nom de  principes tels que le racisme, la xénophobie ou l’intégrisme.

L’intégrisme dogmatique, qu’il soit politique ou religieux, ainsi que la haine raciale et a xénophobie restent des plaies bien vivaces et la honte de l’humanité.

Nous pensons que le devoir de mémoire doit rappeler que nulle race n’est supérieure à une autre, que nul, fût il chef d‘état, ne peut indûment persécuter, déporter ou faire déplacer des familles ou des peuples.

Les Templiers du XXIème siècle, Chrétiens œcuméniques, reconnaissent  le droit à l’existence et au développement harmonieux des autres religions tolérantes. Ils reçoivent dans les rangs de l’Ordre du Mérite du Temple des personnalités reconnues, quelle que soit leur religion : toutes les grandes religions modernes ne parlent elles pas dans leurs écritures sacrées de tolérance ? ? Le Christ, après tout, était Juif…

Il est reconnu par les Israélites comme un prophète …Il existe des “Arabes” Chrétiens , des “Chinois” Chrétiens , des “Africains” Chrétiens ainsi que  des  ”Eurasiens” Musulmans ou des “Eurasiens” Bouddhistes : on voit bien l’illusion  entretenue par les dictateurs (politiques ou religieux).

 La France est composée de Gaulois ( Goths, Visigoths, Parisii, Francs, Vandales…tout un ensemble de peuplades ) , de Romains ( eux mêmes constitués d’Ombres, de Sabins, de Volsques, ’Etrusques… Tout un autre ensemble de peuplades), et desdescendants de tous ceux qui, au cours des siècles, ont décidés de s’y implanter, etd’y travailler (quelle que soit leur religion : Chrétiens catholiques, Protestants, Juifs, Musulmans, Athées…): ce qui fait un peuple est son vécu en commun et les valeurs qu’il partage, plus qu’une limitation géographique, par définition construite, ou une race ou religion : beaucoup reste encore à faire en ce sens, il ne faut que se référer à ce qui vient de se passer dans les Balkans pour en avoir une illustration. Les Templiers du XXI ème siècle, dans leur rôle de Templiers,  ne se réclament pas d’une nationalité particulière, et reconnaissent le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes . Chaque membre respecte la fidélité individuelle de chacun des autres membres envers son pays.

Les Templiers du XII éme siècle ont créé une économie moderne pour l’époque, ils ont crée lé système « bancaire » avec les lettres de crédit, ils ont fondé un système économique performants. Ils ont été un lien social entre les peuples et ont accepté en leurs rangs des membres de classes sociales différentes.

Les Templiers du XXI siècle se veulent être promouvant à leur image en aidant au renforcement du lien social, au sein de chaque nation, au sein de la communauté internationale, et cela sans volonté d’hégémonie ni prétentions particulières.

De part leur vocation de tolérance, de fraternité, de charité, de défense des valeurs fondamentales de l’humanité, les Templiers modernes s’opposent de toutes leurs forces à la manipulation des esprits, à l’exploitation des faibles et des enfants, à la haine ou la discrimination  raciale et à la dictature sous toutes ses formes.

Par ces aspects, le devoir de mémoire n’est pas seulement le rappel actuel ou futur des sacrifices consentis par nos anciens pour la défense de la liberté et de la démocratie, c’est aussi une action vers le futur afin que de telles atrocités ne soient plus possibles.

Les Templiers modernes aident par leurs actions, au rappel des valeurs fondamentalesde l’humanité. Ils soutiennent toutes les organisations, associations, fondations qui ont la même vocation ou qui participent, directement ou indirectement, au maintien du lien social, au soulagement de la misère, à la compréhension entre les peuples, au développement économique et social, au rappel des horreurs du passé et à la prévention de leur récidive dans le futur.

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 9 décembre, 2009 |6 Commentaires »